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vendredi 23 décembre 2022

Journal du deuxième confinement, Lundi 21 Décembre, un Noël en avance.


 Nous débutons cette période de vacances et donc de grands mouvements migratoires de nos enfants vers "le home, sweet home" par une soirée de "retraite" à... l'hôtel. Nous faisons souvent ce genre de chose avec mon mari même si notre bourse ne nous l'autorise guère. Mais voilà; pour élever des enfants, pour maintenir dans une direction sereine et sans à coups le clan familial, il faut savoir faire des retraites "stratégiques", se requinquer dans les lignes arrières et revenir au front, en forme physiquement et avec quelques objectifs clairs.

Bon, la soirée à l'hôtel avec une débauche d'alcool (champagne, bière, vins blanc et rouge) et des discussions jusqu'à trois heures du matin, ne contribue pas du tout à la remise en forme physique. Mais le moral est excellent après moult discussions passionnantes avec des personnes intelligentes. Comme toujours, nous arrivions avec notre arrogante vertu, dans l'idée de soutenir ce que notre ami hôtelier vit dans son hôtel vide depuis quelques mois, et bien évidemment son accueil admirable dans lequel il s'oublie complètement pour nous recevoir merveilleusement devient un véritable soutien et réconfort pour nous-mêmes. J'investis sa petite cuisine au sous sol magnifique avec des murs de pierre apparente et je prépare des spaghettis avec une sauce tomate "maison". Un ami apporte le produit de sa chasse, des terrines de chevreuil et de sanglier, nous débouchons le champagne, notre hôte nous régale d'un apéro superbe et d'une salade de fruits grandiose.

J'écoute dans le train du retour, l'interview de Rochedy avec David Engels, qui vient d'écrire et d'éditer un ouvrage intitulé sobrement "Que faire?". Evidemment,  tout commence par le long déroulé de la situation occidentale en déclin. Puis quelques pistes apparaissent : former des communautés physiques, intellectuelles, sociales, loin des villes, à la campagne, éduquer intellectuellement (et à la Beauté) les enfants et les jeunes dans des centres scolaires, universitaires  en dehors des structures étatiques, publiques existantes, retirer son argent des banques, etc... Nous faisons tout cela déjà avec Chuck, depuis toujours, nos enfants sont tous passés à un moment donné dans des écoles privées hors contrat, une de nos filles a suivi un cursus universitaire hors contrat pour être institutrice, nous les avons tous élevés à la campagne (avec fréquentation des centres ville pour les études et le travail). Et Chuck manifeste un intérêt tout pragmatique pour les cryptos monnaies.

Engels insiste alors sur la puissance de réaction que représente la cellule familiale. "Pourquoi faire des enfants" interroge, au nom de toute une génération de trentenaires, Rochedy. "La question est  : pourquoi ne pas faire d'enfants" rétorque finement Engelsr. Comme le disait Péguy, dans un merveilleux texte que je dois retrouver sur ce blog, le père de famille est le vrai aventurier de notre époque. Et Engels d'ajouter que, selon des projections assez proches, les vraies forces démographiques aux Etats Unis seront bientôt non pas les hispaniques ou autres mais...les Hamishs. De quoi répondre à la question initiale "Que faire?" face au déclin de l'Occident de façon très simple, et sans révolution ni apocalypse : en ayant des enfants. Voilà qui nous éloigne d'un futur bourré de luttes, de guerres, de forteresses à protéger envers et contre tous à la mode de Raspail, tout cela remplacé par de mignons poupons roses et de gentils enfants courant partout dans nos vertes contrées. C'est d'une efficacité redoutable, comme une solution mathématique qui était juste sous notre nez mais que personne n'avait vue. Engels enfonce le clou : "je ne regrette qu'une seule chose, personnellement : c'est n'avoir pas eu plus tôt, plus jeune, mes deux premiers enfants".

Rochedy revient à la charge avec la question du christianisme (vite défini comme catholicisme pour l'Occident); ce dernier, avec le pape François, ne participerait-il pas au déclin de l'Occident? Non, affirme paisiblement Engels, le catholicisme fait partie même de l'essence européenne; que l'on soit croyant ou pas, il s'agit de connaître et d'assumer cette part de notre être. Et les futurs chrétiens, ceux qui rentrent aujourd'hui dans les séminaires seront ces catholiques "dissidents", qui devront témoigner jusqu'au bout de leur foi. Ils seront donc d'authentiques chrétiens, sans doute moins nombreux, mais beaucoup plus forts que les précédents. Cette analyse, affirmée avec conviction par cet intellectuel brillant et réaliste, me réjouit pour le fiston entré cette année en propédeutique. Il fera donc partie de cette nouvelle génération de catholiques authentiques et solides.

A la fin de cette interview, je me dis que notre famille, avec tous nos enfants, participent tous, chacun à leur manière, à ce renouveau de l'Occident alors même que son déclin n'est pas encore arrivé jusqu'à son terme. En bref, nous avons rempli le cahier des charges de "Que faire". A nos grands maintenant de continuer.

https://youtu.be/89mzU19XQAA

Les enfants entament, disais-je, leur grande migration vers la maison paternelle pour les fêtes. Notre fils aîné, notre Jean Baptiste part de Lille à vélo. Il bivouaque avant hier dans les environs d'Amiens. Il suit la messe à la cathédrale d'Amiens où se trouve le "chef" de saint Jean Baptiste, relique magnifique. Son vélo casse à 10 km de la ville. Il retourne au presbytère de la cathédrale, se fait accueillir par les prêtres de la communauté saint Martin responsables de la cathédrale. Il déjeune, il se douche, bref, c'est l'accueil à la mode martinienne stricto sensu. Le Supérieur de la communauté est de passage pour voir ses prêtres. Il embarque dans la soirée JB et son vélo dans sa voiture et nous les ramène. Nous le retrouvons attablé dans notre cuisine et discutant avec nous dans une simplicité totale.

Ce retour de notre "fils prodigue récurrent", ramassé sur la route par un représentant éminent de notre Eglise, nous plonge dans un de ces moments absolument surnaturel. "Je suis peut-être un looser, me dit JB, mais c'est quand même moi qui fais venir à la table un prieur!" Nous lui décernons sans conteste la palme du meilleur cadeau de Noël. "Je suis venu pour les malades et les pécheurs" dit le Christ...

Nous prions autour de notre crèche, et dans une discrétion absolue, le Supérieur repart dans sa voiture pour regagner sa Maison. "J'ai un sac de couchage dans la voiture si je fatigue trop". Ce Voyageur du soir qui nous ramène une de nos brebis si précieuse restera dans nos cœurs et dans nos esprits à tous. Il repart pour retrouver notre autre fils, Rémi, en propédeutique.

Avec cet évènement, vous l'avez compris,  pour moi, Noël a déjà eu lieu. "Le Christ s'est [déjà] manifesté parmi nous"... Je vous souhaite à tous, surtout à ceux qui souffrent et qui sont en chemin vers Celui qui est Tout, de garder le cap et de parvenir à la crèche et d'expérimenter ce qu'est vraiment l'Amour.

jeudi 10 décembre 2020

Journal du déconfinement, Jeudi 10 Décembre, L'aventure comme Zorro


 Un prêtre m'a dit récemment que sainte Thérèse d'Avila conseillait à ses "filles", lors de leur examen de conscience du soir, de le partager en deux parties : dix minutes d'action de grâce et cinq minutes consacrées à leurs péchés. J'ai trouvé cela très beau, cela nous renvoie à un Dieu qui ne veut que notre bonheur et qui s'y emploie, envers et contre tout, et même malgré nous en fait. De tout mal, Dieu réussit à tirer un bien.

Mais à cette heure-ci, après être tombée en panne en pleine pampa, avec le diagnostic plus que probable que la bagnole soit foutue, j'avoue que l'action de grâce risque d'être un peu courte ce soir. J'ai effectué la même manœuvre qu'avec la voiture de ma fille sur l'autoroute il y a deux ans : la voiture "a claqué" d'un coup, elle a continué de rouler malgré tout, grâce à la force d'inertie, et j'ai réussi à trouver un emplacement pour me garer en douceur sur le côté avant qu'elle ne s'arrête définitivement. Sur l'autoroute ç'avait été un peu plus compliqué, j'avais traversé en diagonale toute la route pour me mettre sur la droite, ceci au milieu des alertes sonores de la voiture et des cris des filles.

Je discute avec le dépanneur une fois dans son camion. "Même pas moyen de prendre un café" je soupire et il opine vigoureusement et il ajoute "et qu'est-ce que va nous sortir le Castex?". -"Mais j'en ai rien à foutre en fait, Castex peut bien nous sortir la lune de son chapeau, mes parents et mes gosses on se réunit à Noel! Et je me refuse à vivre en suivant les conférences d'un Castex!"

Les dames du groupe de lecture s'affolent : comment faire pour la réunion programmée après vingt heures? La maintenir et se glisser nuitamment au travers des villages?

"Un cavalier qui surgit lors de la nuiiit

Court vers l'aventure au galooop!

Son nom?

Il le signe à la pointe de l'épéee

D'un Z qui veut dire Zorrooo!"

Je regarde Speedy qui roupille, une patte sur les yeux. Ouais, c'est plutôt moi, ça. N'est pas Zorro qui veut...


lundi 7 décembre 2020

Journal du deuxième déconfinement, Lundi 7 Novembre, Telegraph Road





 Les choses avancent à petits pas. Pendant ce deuxième confinement, je m'emploie à "déconfiner" mon église de village aux trois-quarts temps fermée. C'est une jolie petite église, très ancienne, dédiée à saint Rémi. Le curé y fait une ou deux messes par an, aux beaux jours, car elle n'est pas chauffée. Les habitants ne connaissent pas leur église car elle est fermée. Avec ce deuxième confinement, le curé convainc les deux paroissiennes détentrices des clés de l'église d'ouvrir une heure par semaine l'église, le dimanche. Je m'engouffre dans la brèche et je farfouille dans la sacristie. Quelques éléments de crèche s'y cachent. Deux dames de passage, ayant remarqué les lumières dans l'église se proposent de les repeindre. Parfait! Ce dimanche, je reviens avec un carton, du tissu, des branchages et je m'attelle à confectionner une crèche. Les deux vieilles paroissiennes sont ravies et, dans l'enthousiasme, je leur suggère de proposer à la mairie d'indiquer l'heure d'ouverture de l'église pour que les habitants puissent s'y arrêter. J'espère que dimanche prochain nous serons quelques uns.

A la maison, c'était aussi les grandes manœuvres. Trois moldaves aux airs de mafieux tchétchènes débarquent vendredi matin pour équiper la maison de pompes à chaleur. Ils travaillent toute la journée et reviennent aussi le samedi. Vendredi soir, mon mari m'interroge : "tu as pu te faire expliquer comment le système fonctionne?" Je lève les yeux au ciel; les moldaves, plutôt rustiques, ne m'ont pas trop adressé la parole, ils parleront le lendemain... avec Chuck. Deux jours de marteau-piqueur, de poussière, de froid et de borborygmes slaves dans toutes les pièces. Les jumeaux et Pierre débarquent vendredi soir et prennent le relais des ouvriers. Je réussis malgré tout à nettoyer et ranger la maison pour le dimanche et nous nous réveillons tous dans une maison pour la première fois en quinze ans, bien chauffée. ça valait vraiment le coup!

Autre bonne nouvelle : notre messe du dimanche, dans le village voisin, tout proche de la maison. Les prêtres ont ajouté quelques messes supplémentaires malgré la hausse de la jauge. 

Une voisine s'arrête devant chez moi, je l'invite à prendre un café : elle me raconte ses déboires familiaux; son mari en grande dépression, sa fille en couple avec un divers. Elle s'est coupée avec toute sa famille et ma voisine ne voit plus son petit-fils, né d'une première union. La fille a eu un bébé avec le divers. Elle vit maintenant dans 60 mètres carrés avec toute la belle famille fraichement débarquée de Tunisie. D'après la mère, elle est "convertie". J'engage la mère (et grand-mère) à renouer avec la fille. Quand cette dernière en aura assez de son nouveau "mari", elle sera peut-être contente de trouver un toit. Mais la question des enfants demeure : il lui sera difficile de garder son bébé. "C'est ce que me prédit la dame que je consulte avec son pendule", conclut sombrement la pauvre femme. Punaise, pas besoin de pendule pour prédire l'avenir... Je lui rétorque assez vivement. Ceci se passe dans notre campagne, pas dans un quartier "populaire" d'une cité. La voisine s'est rapprochée des cellules judiciaires qui traitent des cas de radicalisation. Les flics ne sont guère optimistes pour la fille.

La reine d'Angleterre s'apprête à être vaccinée : il n'y a pas à dire, c'est elle la chef! Elle "en a dans le pantalon" si je puis me permettre. J'attends de voir Véran et Castex se faire piquer devant les caméras au lieu de crier aux complotistes et à l'irresponsabilité chaque fois qu'un pauvre lambda avance timidement son droit à refuser la vaccination. 

Dimanche soir, je suis de "corvée" de voiture pour ramener les jumeaux à 200 km, à leur pension. La route se fait bien au son de Dire Straits... Tout voyage peut devenir une aventure mystique, il suffit d'être disposée, il suffit d'avoir le bon son. Les paroles de Telegraph Road correspondent assez bien à ce que je vis; à mon état d'esprit, à ma volonté; il n'y a que la poésie et la musique pour transcrire aussi bien, aussi justement ce que je suis!  Telegraph Road, est un air qui pourrait prendre pour moi la place d'un psaume biblique.

Je pars de mon chez moi, de ma campagne : 

"A long time ago came a man on a track

Walking thirty miles with a sack on his back
And he put down his load where he thought it was the best
Made a home in the wilderness"
(...)

Then came the churches then came the schools 

Then came the lawyers then came the rules

Ce chez moi, ce pays, traversent bien une période troublée : 
"Then there was the hard times then there was a war"

Je continue à faire ce que j'ai à faire, à présent mettre à l'abri intellectuellement, physiquement mes garçons et tous mes enfants, dans des lieux sûrs, parfois lointains: "And my radio says tonight it's gonna freeze
People driving home from the factories
There's six lanes of traffic
Three lanes moving slow..."

Puis je m'en reviendrai chez moi :
 "You had your head on my shoulder you had your hand in my hair"
Et je ferai ce que j'ai à faire pour les miens, ma famille et mes proches parce que: 
(...)
I've seen desperation explode into flames
And I don't want to see it again...

jeudi 3 décembre 2020

Journal du deuxième confinement, Jeudi 3 Décembre, "c'est proprement surnaturel"


 Comme d'habitude, je suis en retard le matin pour emmener ma petite à l'école, simplement parce que je n'ai pas intégré dans le "timing" le temps passé à produire mon attestation. Une minute en gros mais ça désorganise tout. Evidemment, en revenant de l'école je m'arrête faire des courses. Dois-je refaire une attestation? Question épineuse, digne des délires de nos gouvernants : aller se balader dans un rayon de 20km en trois heures, porter un masque même dans la forêt et sans cueillir les champignons, aller au ski sans remonte pente, aller à l'hôtel (mais pour quel motif acceptable?) sans pouvoir s'y restaurer, aller à l'église sans trop pouvoir s'assoir, etc...

J'avoue essayer faire abstraction le plus possible au quotidien de ces histoires de virus et de restrictions. J'essaie de vivre normalement, ce qui s'apparente de plus en plus à de la survie mentale. Ma sœur me fait rire : elle m'explique avoir acheté de jolies custodes pour ses beaux-parents qui voudraient recevoir la communion par un tiers chez eux de temps en temps. Je lui demande où est-ce qu'elle a acheté ses custodes : "ben par Amazon pardi! c'est mon dieu, Amazon".

Je regarde dimanche un reportage sur un entrepreneur en Alsace, qui a plusieurs boutiques de produits alsaciens, (au départ du pain d'épice) et donc aussi des usines. Il a développé l'affaire de ses parents. Le gars est vraiment attachant; l'entrepreneur inventif, dynamique, travailleur, qui fourmille d'idées et qui crée des emplois, réaliste et humain. Bref, un gars bien. La pandémie passe par là, ou plutôt une gestion étatique passe par là et tout ce qu'il a édifié est balayé. Il reste héroïque dans la tourmente. Il doit fermer ses boutiques, ses usines, licencier des personnes. Il rentre le soir chez lui et pleure devant sa femme et ses deux garçons. Vraiment, il demeure pour moi l'archétype de l'homme "bien". Je voudrais que tous mes garçons lui ressemblent. Curieusement, ce témoignage, même s'il fait froid dans le dos, me procure aussi un sentiment positif. Tant qu'il y aura des personnes comme cet entrepreneur, il y aura de l'espoir pour notre pays. Pourvu que les suicides ne fauchent pas tous ceux qui restent.

Grandes manœuvres hier mercredi, je grimpe à l'échelle dans mon préau pour choper dans le grenier ma crèche. Il y a plusieurs caisses et des sacs de guirlandes. Gaby à qui je demande de tenir l'échelle (c'est symbolique comme soutien mais cela me rassure) m'encourage : "mets ton pied plus bas... oui c'est bon!" Je suis sujette au vertige mais je le surmonte parce que la crèche c'est important. Ironie de l'histoire, j'ai commencé "Les hauteurs béantes" de Zinoviev, magnifique roman sur les totalitarismes. Sur mon échelle, en regardant vers le bas, je cogite comme Zinoviev : ""Comment expliquer cette vitalité de l'ivanisme [ remplacez "ivanisme" par "socialisme" ou bien par  "fanatisme de la crèche"] ... L'histoire ne suit pas du tout le cours qu'il avait prédit. La science le réfute à chaque pas. Tout le monde se moque de lui. Mais il ne fait que se renforcer et s'étendre. C'est proprement surnaturel!"


mercredi 25 novembre 2020

Journal du deuxième confinement, Mercredi 25 Novembre, les éphémères















Les éphémères sont des insectes fascinants à bien des égards : après trois années à l'état larvaire, ils s'envolent un matin du fond d'un lac, par millions, pour une seule journée de vie : le spectacle est très beau. Durant cette journée, ils vont aller à l'essentiel ; s'accoupler et pondre des œufs. Ils ne mangent pas, n'ont même pas de bouche, il n'y a pas de temps à perdre quand on n'a qu'une seule journée à vivre.

Les chrétiens sont censés d'une certaine façon vivre un peu comme ces éphémères : faire comme si la mort aller advenir sous peu, être toujours prêts pour l'éternité. Dans Saint Cyrille de Jérusalem  on trouve cette phrase admirable : " Écoute encore parler le Seigneur : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas » (Mt 24,35) ; c'est que le poids des choses créées n'égale pas celui des paroles de leur Maître."

Notre société est loin de vouloir réduire son temps de vie sur terre, elle cherche plutôt à le prolonger voire à l'éterniser à n'importe quel prix, même si cela implique le suicide d'une partie de la population sacrifiée. J'avoue redouter les annonces grotesques : huit mètres carrés par client, que ce soit en grande surface ou bien dans des petits commerces. Les queues à la soviétique ont de beaux jours devant elles. Quant à la "jauge" pour les messes : nos évêques s'indignent et crient déjà victoire puisque le gouvernement fait mine de reculer devant leurs cris d'orfraie. Gageons que Macron va remonter la jauge jusqu'à cinquante personnes par messe, ce qui évidemment ne changera rien à l'embarras de nos pauvres prêtres; mais cela permettra à nos évêques de s'estimer entendus par le pouvoir. Quand est-ce qu'ils comprendront que ce pouvoir est leur ennemi le plus acharné? Tout le monde parle de règles absurdes; mais non, elles sont au contraire, extrêmement réfléchies, ces règles, très rationnelles pour démonter de façon durable toutes nos libertés fondamentales.

Pour ne pas déprimer, je cuisine ; je me suis lancée dans ces fichues gelées de pommes du jardin et j'avoue avoir galéré. Je me suis aspergée plusieurs fois de jus de pommes, la complication venant du filtrage du jus. Bref, c'est raté pour une première tentative mais je réfléchis déjà à une deuxième tournée et je devrais mieux m'y prendre. J'ai continué avec la pâte de fruit; cette dernière doit sécher pendant quatre ou cinq jours, le résultat est encore incertain.

Ci-dessus, une photo avec mon portable du ciel depuis la chambre des garçons. Toujours Cyrille de Jérusalem citant la Bible : "« le sang versé succède au sang versé dans le monde » (Os 4,2), pour que cette admirable demeure ne reste pas remplie d'injustice, ce monde passera et il en sera inauguré un plus beau. (...)"




lundi 16 novembre 2020

Journal du deuxième confinement, Lundi 16 Novembre, dilemmes

Hier, dans mon petit texte du dimanche, je constatais l'engouement de mes amies pour le documentaire Hold Up. Mais mon propos, mal ficelé, laissait à penser que je participais aussi à l'engouement général. Non. Je faisais parler mes amies quand je disais : "il faut regarder le documentaire Hold up pour comprendre ce qui nous arrive! Tout y est très clair, nous sommes bien menés dans ce bas monde par des êtres maléfiques qui veulent un pouvoir mondial. "

Mais c'est bien moi qui faisais ce constat par la suite : "Point n'est besoin de compter sur un groupement d'hommes ultra puissants ou connectés sur notre planète  (des "riches" dit le docu) pour diriger le monde : l'Etat le fait de lui-même car de son principe même, l'Etat est "programmé" pour grossir, prendre le pouvoir à la place des individus et absorber et digérer tout ce qui arrive en bien ou en mal."


Scarlett Lee, sur facebook, exprime bien mieux moi, en quelques commentaires, le problème avec ce documentaire :

"Oui, parce que les gens rationnels ne peuvent pas adhérer au discours du film alors qu'à la base ils sont allés le voir parce qu'ils sentent bien que le gouvernement est en train de la leur faire à l'envers. Du coup, ils vont se dire que ceux qui contestent sont des abrutis bas-de-plafond et ça, ça sert la dérive autoritaire du régime sous prétexte de crise sanitaire. Ça marginalise la contestation."

"Je maintiens que raconter du bullshit dessert totalement l'opposition aux mesures sanitaires, il y a suffisamment de bonnes raisons de s'y opposer pour ne pas raconter des trucs faux."

"Ce que je trouve curieux, c'est que ce film use et abuse du point godwin, qui on le sait mieux que personne, est l'argument de ceux qui n'ont pas d'arguments, mais ça ne vous met pas la puce à l'oreille...en plus, on est combien à trouver que ce film est un bullshit dans le milieu ? deux, trois peut-être, et c'est encore trop ? si vous ne supportez pas deux ou trois voix discordantes sur plusieurs milliers, vous êtes bien fragiles..."


L'irrationalité ne sert jamais une cause et personnellement, ce qui m'effraie le plus aujourd'hui est de voir à quel point des personnes censées, parfois cultivées, baignent dans une mer d'irrationalité intellectuelle, philosophique.

Sur un autre sujet, je m'interroge sur le bien fondé des manifestations devant les églises. J'ai participé à l'une d'entre elles hier, autorisée par la préfecture. J'y suis allée dans l'idée de m'opposer à ce que je considère comme un empiètement de l'Etat sur nos libertés fondamentales, ici la liberté de culte. Mais outre le fait que j'ai le sentiment d'être un peu (beaucoup) une marionnette de notre gouvernement en participant à ce qu'il autorise comme il donnerait un os à ronger pour éviter qu'on se révolte vraiment, je n'y allais pas spécialement pour réclamer la messe comme c'était le cas des catholiques venus manifester. Même si effectivement la messe fait partie de ce culte catholique, elle en est une des spécificités avec les autres sacrements. C'est vraiment le grignotage de toutes nos libertés fondamentales qui m'inquiète et me pousse à me manifester. Je pense que les catholiques devraient aussi participer à des manifestations de commerçants, par exemple. Bref, affaire non résolue. J'avais le même dilemme dans les manifs pour tous où j'avais le sentiment de faire le jeu de l'Etat et de ne rien obtenir, in fine. L'anesthésie est réussie.

dimanche 15 novembre 2020

Journal du deuxième confinement, Dimanche 15 Novembre, "Tu as payé ta part et il a mangé la tienne"



 Dans mon groupe de prière des mères, toutes ces dames s'agitent : il faut regarder le documentaire Hold up pour comprendre ce qui nous arrive! Tout y est très clair, nous sommes bien menés dans ce bas monde par des êtres maléfiques qui veulent un pouvoir mondial. 

Ce documentaire, mélange de vérités et de délires, fait ressortir quelque chose de fondamental : quoiqu'il arrive en ce monde, que ce soit naturel ou artificiel, que ce soit une pandémie ou une guerre, que ce soit un vaccin ou un accord de paix, une économie détruite ou une économie florissante, notre Etat ou bien nos états en profitent. Car il est dans la nature même de notre Etat de se nourrir des individus, ce qu'ils produisent, de ce qu'ils gagnent, de ce qu'ils perdent, de ce qu'ils sont à leur toute petite échelle individuelle. Point n'est besoin de compter sur un groupement d'hommes ultra puissants ou connectés sur notre planète  (des "riches" dit le docu) pour diriger le monde : l'Etat le fait de lui-même car de son principe même, l'Etat est "programmé" pour grossir, prendre le pouvoir à la place des individus et absorber et digérer tout ce qui arrive en bien ou en mal.

"J'ai vu cet Etat te désarmer et t'obliger. Je l'ai vu croître et de défier. Je t'ai vu renoncer. Peu à peu tout lui abandonner. Je l'ai vu disposer de ton âme. Te promettre et te posséder. Je t'ai vu croire. Je t'ai vu espérer. Je t'ai vu le supplier, pour qu'il te donne. Lui qui ne t'a jamais autant pris. Lui que tu crois solution. Unique rédempteur de tout ce qu'il a détruit." (Obertone, "Eloge de la force").

Est-ce à dire qu'il ne faut pas du tout d'Etat? Je ne serai pas loin de le penser, au vu de l'ampleur que ce dernier a pris. Il s'agirai sans doute de le réduire le plus possible à quelques fonctions régaliennes ultra délimitées, avec des gardes fous très solides, un peu comme un anneau gastrique qui ne laisse filtrer qu'un apport essentiel au corps.

Et c'est là où le phénomène Trump est intéressant : Trump est tout sauf un "homme d'Etat". Il a réussi à prendre le pouvoir, par ce qu'il est, comme personne, comme individu et à passer outre toutes les barrières des hommes d'état, hauts fonctionnaires qui maintiennent les structures, qui constituent  le cocon permettant à l'énorme larve étatique de se développer en paix. Trump a percé ce cocon mais n'a pas réussi malheureusement à exterminer la larve. Mais enfin, il prouve que cela est possible.

Aujourd'hui, messe du dimanche à l'écran avec comme évangile la parabole des talents et ce serviteur, avec un seul talent, qu'il enterre et ne fait pas fructifier. Le Maître est parti en voyage. Qui est-il ce Maître qui laisse pour quelque temps ses serviteurs? Je me plais à penser que c'est Notre Seigneur, absent en ce moment, de nos églises, et qui nous enjoint de ne pas nous laisser aller à rien foutre. Je me plais à penser que lorsqu'Il reviendra, il trouvera des serviteurs et une propriété plus prospères que jamais, car ils auront fait de leur mieux pour garder et protéger les lieux (leurs âmes et leurs églises).

Alors, du coup il s'agit de repenser à nos priorités en ce dimanche, et c'est la discussion que j'ai avec mes garçons : le travail scolaire, la communion à l'église (après la messe à l'écran), une manifestation. Je tranche : la communion du dimanche, priorité numéro une, le travail scolaire en deux, la manif si le un et le deux sont effectués. 

J'hésitais à me rendre à une manifestation devant une église pour la liberté de culte : est-ce que cela ne va pas encore se retourner contre nous et laisser à l'Etat une victoire de plus? Je pense que non, qu'il faut continuer à maintenir la pression contre lui par le biais de ces actes visibles. Donc j'irai tranquillement cet après-midi, avec mon attestation au "motif impérieux". Nous verrons bien. Peut-être aurons-nous une messe à Noël.

"Tu n'y peux rien. Voilà ce que tu crois.

Tu es la brebis sous calmants, le personnage non joueur, la foule. Le patient. Le passager. Celui qui ne voit pas et ne veut rien savoir. Un mécanisme psychologique de conformité. La proie favorite des publicitaires, le refus du principe de réalité, l'abandon de toute forme d'autonomie contre un plan quinquennal.

Tu t'es endormi sur les lauriers des anciens, bercé par la douceur du vieux monde. Hypnotisé par l'assistanat digital, la frénésie de l'immédiat (...). Et tu crois que l'Etat va faire ce qu'il faut. Et c'est là, exactement là qu'est tout le problème.

(...)

Tu as payé ta part sa part et il a mangé la tienne."(Obertone, "Eloge de la force)


samedi 14 novembre 2020

Journal du deuxième confinement, samedi 14 Novembre, "Comment détruire une civilisation."

 



Un congé parental de 28 jours pour les nouveaux pères. Voté dans le budget de notre sécu. Je ne peux que citer Obertone : "Comment tuer une civilisation? Il suffit d'inventer la sécu."

Il continue : "Réduire le besoin d'épargner, de prévoir, de travailler, d'être adulte et responsable. Réduire aussi le besoin de stabilité familiale, de solidarité réelle."

"Réduire le besoin ...de travailler" : en ce temps d'état d'urgence où aucun entrepreneur ne peut prévoir à plus de 15 jours comment gérer sa boîte et où le permis de bosser est donné au compte-goutte et avec des attestations en pagaille à remplir au mot près, comme si vous étiez un gosse de 2 ans ou bien un délinquant (mais non : un délinquant n'est pas surveillé du tout), ce genre de réflexion prend tout son sens.

Si j'arrive à vivre pour voir notre sécurité sociale disparaître, je croirai aux miracles et que je considèrerai mon pays comme sauvé.

En attendant, le week end débute sous un morne ciel gris et bas. Les feuilles d'automne illuminent partout les chemins et les routes comme des lucioles dans le brouillard. Les jumeaux sont rentrés hier soir de leur internat catholique. Ils ont pu avoir des messes dans leur cadre scolaire. Ils passent de merveilleux moments là-bas, avec leurs amis et les prêtres qui les enseignent. Avec Gaby dans sa petite école hors-contrat, je me dis que nous avons bien fait de les placer tous les trois dans ce genre de bastion intellectuel, moral, spirituel.

mercredi 11 novembre 2020

Journal du deuxième confinement, Mercredi 11 Novembre, la saint Martin, Qui servons-nous?



Je lis cette info : "Avec le confinement, les ventes de fromages et d'appareils à raclette explosent". C'est étrange, la raclette est typiquement le plat pour des rassemblements privés, des bonnes bouffes entre copains... Le gouvernement pense comme moi puisque Darmanin vient de pousser les forces de l'ordre à serrer un peu la vis dans les contrôles, en particulier dans les rassemblements privés. Oui, il y aurait des gens qui parfois vont prendre un café plein de virus chez leur voisin ou pire, bouffer une raclette.

Il s'agit pour notre Etat de préparer les foules rebelles et inconscientes  à l'interdiction de fêter Noël et donc de se rassembler à cette occasion. De semaines en semaines, d'interventions télévisées en interventions télévisées, l'étau se resserre. Je pense qu'aux vacances, les gens circuleront d'eux-mêmes pour se retrouver en famille, en faisant fi des amendes. L'Etat sera alors gagnant sur plusieurs tableaux : il pourra clamer haut et fort sa volonté d'avoir fait le maximum pour le sanitaire et il pourra engranger une bonne rente avec les amendes. La loi est maintenant faite pour piéger les individus : quoique l'on fasse, on est en tort et on doit payer.

"Un flic ne sert pas la France. Il sert une administration, et quelques carriéristes".

Bon, Obertone ne verse pas dans la haine du flic, pas du tout; il dresse un constat et personne n'est épargné. Il donne aussi une ouverture : "En compensation, s'ils sont éveillés, les fonctionnaires doivent utiliser leur position à des fins de réinformation, et de responsabilisation. C'est vrai aussi pour les journalistes, enseignants, autorités, élus, médecins, chercheurs, etc. Beaucoup des tiens éprouvent un respect quasi religieux pour de tels statuts. Tous remplacent le curé. Leur parole est écoutée. Si tu es l'un d'entre eux, tu dois user de ce statut, dès que tu en as l'occasion, pour transmettre des messages essentiels."

"Tous remplacent le curé" dit Obertone... Je trouve ce passage dans un article de presse :

"Dans la Grande Bellezza, de Paolo Sorrentino, au hasard d’une réception, le personnage central Jep Gambardella, écrivain inabouti en crise existentielle, échange avec un vieux cardinal mondain de curie. Esquivant la requête du pénitent qui lui partageait avec pudeur sa quête spirituelle, le prélat invoque avec grandiloquence le pays qui a un grand besoin d’écrivains… À sa stupeur, l’écrivain lui rétorque qu’il pensait lui, que le pays, avait au contraire davantage besoin de prêtres. Finalement, à quoi sert le prêtre? Face à l’angoisse de la mort, il sert à proposer un chemin de vie. Le prêtre est donné et exposé pour donner et exposer le Christ.
Comme le rappelait le président la Conférence des Évêques de France, la raison essentielle de la plénitude de son célibat sacerdotal, réside dans ce pouvoir reçu de prononcer ces deux paroles «ceci est mon corps, ceci est mon sang» et «je te pardonne». Telle est sa seule mission humaine à travers le don de chaque sacrement, signe manifeste et incarné: nourrir et consoler l’humanité et s’unir à l’Église entière. Par l’interdiction du culte public, cette mission est entravée."  

lundi 9 novembre 2020

Journal du deuxième confinement, Lundi 9 Novembre, le monopole de la violence, de la justice, du droit, de la vérité

 


https://www.facebook.com/100001425125339/videos/3607136802677122/

https://up-magazine.info/le-vivant/sciences/69298-revirement-loms-condamne-les-politiques-de-confinement/?utm_source=facebook&utm_medium=Social&utm_campaign=SocialWarfare&fbclid=IwAR2fxqlTV8oI2HLaplxCrz9WJ2lyvOvEWfD6m8ckqFPyc6ntpYkBSbs6HRY

Le lundi c'est jour de ménage. Après le week end et le retour de l'internat des jumeaux, il faut ranger et nettoyer un peu. 

Nous avons suivi la messe paroissiale dimanche matin, à l'écran. Avec un sentiment de dégoût et de saturation. Mais nous le referons tous les dimanche matins. Il me semble important de garder un rythme, un rituel même si celui-ci est presque une coquille vide. Pour "densifier" ce culte, nous sommes allés samedi après-midi pour un temps d'adoration du Saint Sacrement, une confession et surtout la communion. Il ne sera pas dit que nous ne ferons pas TOUT ce que nous pourrons pour garder notre vie de foi vivante. Récemment je me suis fait faire un petit bracelet où il y a la devise des Pays-Bas gravée dessus : "Je maintiendrai". Je me posais la question en moi-même : maintenir quoi? Maintenir ma foi me paraît un bon début.

Pour ce deuxième confinement une de mes filles m'explique : "c'est absurde; nous avons le droit de ne rien faire si ce n'est travailler; nous sommes réduits à notre fonction de bête de somme." Et ceci pour payer les impôts qui alimenteront l'Etat.

Maintenir de bonnes lectures (malgré les restrictions d'achats de livres), en ce moment Eloge de la force de Laurent Obertone. Il écrit : "Si tu étais honnête, l'Etat devrait t'inquiéter plus que quiconque. Ce n'est que l'honnête homme qui subit toujours en silence l'idéologie, l'injustice, le fisc, l'insécurité, le dressage, la bureaucratie, le flicage, la culpabilité sociale et raciale, les privations, les pénalités et les redressements, l'interdiction de s'armer et de se défendre, la "lutte contre les inégalités". Et c'est lui qui paye. Toujours. Et le jour où cette administration aura quelque chose à te reprocher, tu comprendras ta douleur.

Tu ne peux pas le récuser. Il est la loi. Tu veux t'y opposer? Tu ne peux pas. Tu es seul. Il te prendra tout. Il n'y a rien en réalité qui t'appartient, puisqu'il a sur toi tout pouvoir. Il fixe lui-même ses limites. Il est le monopole de la violence, de la justice, du droit. De la vérité."

Quel restaurateur, commerçant empêché de travailler ne se reconnaîtra pas dans ce passage? 

"Combien de gens vont mourir de la pauvreté? demande Ferghane Azihari dans un tweet. "Nous ne le saurons pas. Les victimes collatérales sont invisibilisées. Pas un mot pour eux. Aucune décision éclairée n'est possible sans cette info. C'est pas une politique sanitaire, c'est un suicide silencieux dicté par la panique."

Et Obertone de remarquer : "En attendant, tant qu'il y a des riches à plumer et des pauvres à remplir, l'Etat peut grossir. C'est le principe du socialisme. Si tu es payé pour lutter contre la pauvreté, et que tes crédits augmentent avec elle, as-tu intérêt à ce qu'elle diminue? Autant ne jamais manquer de pauvres..."

Je commence à réfléchir à mes cadeaux de Noël; dans une famille nombreuse, c'est une préparation et une organisation de longue haleine mais cette année je vais aller à l'essentiel, parer au plus pressé : je vais offrir le livre d'Obertone à tous mes enfants, même si certains sujets et prises de conscience ne leur sont pas du tout étrangers. Ils pourront, à leur tour discuter et citer le livre autour d'eux. En espérant que ces thèses se répandront aussi bien que notre virus mondial.

dimanche 8 novembre 2020

Journal du deuxième confinement, Dimanche 8 Novembre, "Le principe même d'Etat"

 L'Homme est une cause perdue. Je dirais même plus, l'Homme est la quintessence de la Cause Perdue. 

Tout, dans la nature, que ce soit dans le règne animal ou végétal, c'est à dire dans le monde du vivant, tout suit une chemin prédestiné à assoir sa survie. Il y a des obstacles, souvent majeurs mais il y a aussi des solutions inscrites directement dans l'adn des végétaux et des animaux. Leurs défenses sont en eux-mêmes, leurs armes aussi.

Mais l'homme? Il naît sans défense, nu, incapable de ramper jusqu'au sein nourricier. Son esprit ne se développe que très lentement. C'est une cause perdue d'avance, dès la naissance. Il n'a rien, il est nu.

Et pourtant, cette cause perdue a réussi à survivre, à se développer, à grandir, à se multiplier, à prospérer.

Nous avons oublié cette réalité élémentaire. Nous sommes une cause perdue qui déjoue l'impossible.

Cette réflexion m'est venue hier, en parlant à un ami qui m'expliquait sa nuit de boulot dans le BTP : il part à 18h traiter une dalle en béton de 50m carrés. Le traitement, délicat et difficile, foire. Il y revient à minuit car tout dépend beaucoup des conditions climatiques, de la température, de l'humidité de l'air, etc... ça rate encore. Il revient à 4h du matin, à moitié allongé sur sa dalle, longtemps, avec sa lampe, à gratter délicatement. Le traitement fonctionne. Il me dit : "je ne sais pas trop pourquoi je me suis obstiné, la perte d'argent, réelle, certes, mais aussi sans doute parce que je suis un adepte des causes perdues."

Après avoir raccroché, je débute ma soirée en lisant le dernier livre d'Obertone, "Eloge de la force" :  "Où sont les Troyens? Où sont les Grecs? Comme toi je les ai cherchés dans les ruines de cette guerre qui n'a jamais eu lieu. Avec ton flambeau, parmi les ténèbres humaines, rêvant Achille et Hector, ne trouvant que Macron et Mélenchon.

Ne cherche plus. Regarde-toi."

J'avais oublié que le principe même de notre agir humain, ce qui nous permet de nous en sortir, c'est justement le fait que nous sommes d'abord, (c'est inscrit dans notre corps et dans notre âme pécheresse), nous sommes foutus. Et c'est à partir du moment où nous prenons conscience de cette simple évidence que nous pouvons commencer à fonctionner, à nous battre, à vivre.

Ensuite, il s'agit d'identifier contre quoi et qui se battre. Le virus? Oui, bien sûr, les hommes se battent depuis toujours contre la maladie. Le terrorisme? oui, indispensable et urgent aujourd'hui.

Mais Obertone balaie toutes ces batailles d'un revers de page. Identifier notre véritable ennemi est le propos de son ouvrage : "Tu n'as aucun pouvoir sur ta vie. Ce n'est pas normal. Tu es à la merci de tout. Et tu as un maître qui a tous les pouvoirs. Ce n'est pas normal. Il s'appelle l'Etat. Big Brother."

Hier, dans notre jardin, nous avons fait un feu de branches. Qui est strictement interdit.

Je vais faire quelques courses avec une carte Bitcoins qui fonctionne à priori aux caisses (la plupart sont interdites). Je fais le code en me demandant si mon état bienveillant ne va pas me faire envoyer dans la seconde où je clique sur valider un hélico avec un GIGN surarmé pour m'alpaguer, moi et mon mode de paiement qui échappe au système...

Nous avons appris que nous ne pourrions pas avoir de messe dans nos églises. Nous pouvons y aller, dans les églises, mais pas de messe.

Nous ne pouvons pas circuler dans une autre région que la nôtre. Nous ne pouvons pas nous rassembler avec des amis chez nous. Résultat, je vois maintenant des rassemblements de mémés dans mon supermarchés; elles papotent des heures, debout, entre les rayons, appuyées sur leur caddie.

Nous ne pouvons pas acheter de casseroles ni de collants, ni de vêtements. Il faut pour cela passer par un circuit détourné, contrôlé, avec des factures ou un ticket. Les colis sont remis après être passés par plusieurs mains alors qu'auparavant nous les prenions directement nous-mêmes (c'était moins contaminant à priori...).

Le président de la plus grande puissance mondiale se fait couper à l'antenne par ses propres médias.

Je crois que tous, nous avons mille exemples par jour de la main mise de l'Etat sur nos vies, nos corps et nos esprits.

"Oui, tu as un problème, c'est lui, ton maître, l'Etat. Pas l'équipe aux commandes. Le principe même d'Etat. La foule qui suit. Ta croyance implacable en lui."






samedi 7 novembre 2020

Journal du deuxième confinement, Samedi 7 Novembre, bac à sable



Avec Gaby, nous passons nos soirées devant des docus télévisés animaliers et les émissions de "L'incroyable docteur Pol". C'est un vétérinaire d'origine néerlandaise installé dans le Michigan depuis des années et dont on relate la vie de vétérinaire. C'est absolument passionnant, souvent peu ragoutant mais Gaby est fascinée. Hier soir, dans un docu sur les océans, le commentateur s'emballe sur les créatures marines, "ces as de la transformations, ces virtuoses du sexe". La pornographie animalière ( je provoque!) est hallucinante d'inventivité et je ne suis pas sûre que Gaby doive en apprendre autant. Mais en fait, tout ceci est plutôt sain, on réalise au fil des explications que tous les animaux ont un instinct de conservation extraordinaire et qu'ils se sacrifient entièrement pour leur progéniture ou espèce. Certes, beaucoup se retournent et tuent leurs propres petits mais il y a toujours à la base une logique de survie.

Gaby, comme tous les enfants, observe et commente naturellement et froidement avec ce manque d'empathie et de réalisme propre aux petits et qui disparaît avec l'âge, une fois que les fonctions affectives et rationnelles se coordonnent bien.

J'ai cédé à l'ennui : j'ai "trollé" sur facebook, sous une publication Europe 1 qui annonçait une grève des profs mardi prochain. C'est la première fois, je crois, que je cède à ce petit jeu. J'ai écrit : "J'ai une idée : si on mettait les commerçants qui veulent bosser, eux, à la place des profs en grève. Je suis sûre que leurs cours seraient super intéressants (ils savent compter au moins et ils connaissent la réalité) et ils seraient payés à la place des profs!!"

Puis, en réponse à un commentaire : "il ne s'agit pas d'être meilleur que son pâtissier (ici meilleur que les profs). Il s'agit tout simplement de prendre la place de gens qui n'en n'ont à rien à foutre de bosser (et qui sont payés quand même avec nos impôts). Quand quelqu'un ne fait pas le job, on le remplace. Et très honnêtement, je pense que pas mal de commerçants feraient vraiment des super profs."

Pour mon premier commentaire, j'ai environ 200 like, comme quoi les gens apprécient ce commentaire qui est plus une boutade ou un mouvement d'humeur tourné contre une caste professorale que je connais particulièrement bien. Mais depuis j'ai tous les jours des commentaires vipérins d'une majorité de profs féminines remontées. Je me demande quand est-ce qu'elles vont arrêter de commenter une simple annonce Europe qui date déjà de deux jours... L'un des commentateurs va jusqu'à me dire, faute d'orthographe incluse : "tu me rappeles Trump! "  J'ai été à deux doigts de re commenter en lui expliquant que c'était pour moi un fort beau compliment mais là je pense qu'ils m'auraient lynchée jusque dans mes chiottes. J'avoue que cette expérience est digne de l'observation des docus animaliers que je regarde avec ma fille.

J'ai fait une autre chose étrange, hier; j'ai écouté Arnaud de Montebourg analyser le système de Bercy et expliquer que ce dernier est à changer du tout au tout si l'on veut gouverner intelligemment ce pays. Un gauchiste dénonçant l'étatisme mortifère. Comme quoi tout arrive dans ce pays et même si tout paraît mort et verrouillé, l'anticipation d'un futur libre se fait sentir comme le printemps arrive nécessairement après l'hiver.

vendredi 10 octobre 2014

L'Eglise, la GPA et l'Etat

Paul Hodell-Hallite9 octobre 2014 01:50
Mais si l'état ne réglemente pas, ne fait rien, ne légifère pas, il donne, de fait, son aval. S'il légifère dans le sens pro-GPA/PMA/mariage pour tous, il donne aussi son aval. S'il interdit, il impose également un choix. Un état s'immisce obligatoirement dans les vies privées, quel que soit son choix, et même s'il choisit de ne pas faire de choix. Autoriser la GPA, c'est donner le choix aux gens. Bien sûr qu'il s'agit d'une marchandisation des corps, au même titre que le travail ou la prostitution. Sauf que l'acte commercial concerne la LOCATION d'un ventre, pas l'acte de propriété de l'enfant, comme un salarié vend son temps, loue sa capacité de production, il ne vend pas son corps, son esprit ou son âme. La condamnation de la GPA, qu'elle vienne des cathos/fonctionnaires/anti-libéraux ou de la gauche, vient de la même ascendance marxiste qui considère l'individu comme incapable de faire des choix sans y être contraints. La femme qui loue son ventre fait le choix d'une certaine activité économique, peut-être moralement condamnable pour certains, mais qui n'a pas à être interdite. Il y a aussi l'argument stupide qui consiste à dire que les ventres à louer seront ceux de femmes pauvres, et donc à s'y opposer au nom du refus de l'exploitation. Autant faire fermer les entreprises payant des salariés au salaire minimum.
Ces manifestations ont l'immense avantage de faire le tri entre vrais et faux chrétiens. Entre les partisans de la liberté et ses ennemis. La GPA n'enlève aucune liberté; elle en ajoute une toute petite. Qui, comme le mariage pour tous, concernera l'équivalent de la population d'un village de montagne.
Les manifestants ne sont pas crédibles, et sont fondamentalement étatistes et constructivistes. Après l'adoption du mariage pour tous, si les manifestants étaient sérieux, ils auraient pu défendre leur modèle de société en divorçant civilement de façon massive, en refusant toute allocation familiale, en arrêtant de passer à la mairie avant ou après avoir prononcé leurs voeux... Rien de tout cela ne s'est produit. Ils n'ont jamais coupés les ponts avec l'état, ils continuent à aller à la gamelle, à recevoir un soutien massif de l'état et en se prétendant victimes de cet état.
S'ils en avaient le pouvoir, ils refuseraient probablement le baptême aux enfants nés par GPA.
Les catholiques ont un problème avec la GPA et le mariage pour tous parce qu'ils sont encore marxistes. Ils considèrent que si l'état appelle "mariage" l'union de deux hommes, ces deux hommes sont mariés au même titre qu'un couple passé devant l'autel. Parce que pour un papiste, la légitimité ne vient pas de Dieu, mais de l'état, ou de l'église, deux institutions jumelles. Ils considèrent que la GPA fait de l'enfant un produit parce qu'ils voient l'homme en général comme un pur produit sociologique, un simple héritier d'une tradition, et pas un individu.
Ce qui compte, c'est la manière dont évolue un individu, pas celle dont il est né. En cela, les manifestants se rapprochent chaque jour un peu plus des pharisiens bibliques. Il est probable que les manifestants auraient condamnés la grossesse de la Sainte-Vierge parce que non-naturelle. Qu'a fait la Vierge Marie, sinon porter un enfant qu'elle n'a pas conçue?
On peut défiler aux côtés de ces gens pour d'autres raisons que celles qu'ils évoquent, certes; mais cela revient à ajouter un soldat aux légions de Satan. Refuser la naissance d'enfants sous GPA est aussi condamnable que de pratiquer l'avortement. Il s'agit encore d'éliminer un individu avant sa naissance.

mardi 28 janvier 2014

Quand notre état-dictature tombe le masque





Décidée à me rendre à la manifestation dite "Jour de Colère" le 26 Janvier pour des raisons précises : certes les raisons de manifester sont assez hétéroclites ce jour-là, ça va des catholiques intégristes à quelques membres de la manif pour tous  en passant par les bonnets rouges bretons et les entrepreneurs furieux d'être taxés jusqu'à la disparition de leurs entreprises.Mais cette population disparate dans laquelle je ne me retrouve guère -disons : je ne pourrais adhérer à 100% à l'une des causes en particulier- a l'idée assez innovante de provoquer des alliances momentanées (selon l'expression d'un ami) et je trouve cela particulièrement judicieux : il ne s'agit pas de former un nouveau gouvernement dans l'immédiat mais de dénoncer, en manifestant (ce qui est le propre d'une manifestation) la restriction de nos libertés fondamentales de plus en plus grande : liberté de propriété privée, liberté d'éduquer ses enfants comme on l'entend nous les parents et pas selon des critères socialistes, liberté d'expression, liberté d'entreprendre sans rendre compte (financièrement ou juridiquement) à un Etat omnipotent, liberté d'avoir des relations privées comme on veut avec qui on veut sans que l'Etat légalise, liberté de s'assurer de façon individuelle avec une sécurité sociale privée et pas de payer pour l’Alzheimer du voisin ou l'avortement de la voisine alors qu'on a déjà nos propres enfants à protéger. J'oubliais que dans les associations qui défilaient il y avait le fameux "Hollande dégage" qui me convient assez.

H16 dans un récent article a montré son scepticisme quant à l'évolution vraiment efficace de telles manifestations hétérogènes mais une manifestation est à mon sens qu'un début, une étape nécessaire pour (re) connaître ses partenaires, bref, il ne s'agit pas d'avoir tous les mêmes idées (dans la vie ça n'est jamais comme cela qu'on fonctionne, ça c'est l'utopie socialiste) mais de contractualiser un partenariat autour d'une cause commune (dénonciation d'un état-dictature pour faire simple), partenariat limité dans le temps et dans la finalité. C'est tout. Quand j'achète mon pain à ma boulangère, je ne lui demande pas si elle est catho et pour le mariage gay, mais je lui achète son pain. C'est un peu le principe de cette manifestation; on se retrouve pour un temps limité dans l'espace et dans le temps, pour une dénonciation qui me paraît nécessaire.
J'y retrouve d'ailleurs, assez surprise, des membres de ma paroisse de campagne, tous bons pères de famille.

Je travaille depuis quelques années dans le milieu associatif et souvent nous recevons des incitations de nos sympathisants à fédérer toutes les associations qui existent pour exercer un réel contre-pouvoir face à un état omnipotent : ceci peut se faire de façon très ponctuelle me semble-t-il, comme dans Jour de Colère, mais pas de façon durable sinon on en reviendrait à faire de l'uniformité égalitaire socialiste qui est justement ce que nous voulons éviter à tout prix. Plus il y a de diversité d'opinions, d'actions, mieux c'est. La vérité est comme un diamant à multiples facettes, chacun doit trouver la sienne et sa façon de l'observer et de se l'approprier selon son propre prisme. Mon mari travaille auprès de jeunes et son meilleur mode d'action est la formation intellectuelle. Il a à cœur d'y engager tout son esprit, son énergie, sa passion de la vérité. C'est essentiel pour combler cette part d'incertitude dont parle H16 qui suivrait le relèvement d'un pays dans ses ruines. Quant à moi, je suis plus douée pour marcher et manifester.

Me voilà donc en marche sous une pluie battante, à photographier les divers groupes qui défilent dans une bonne ambiance énergique, déterminée et sympathique. Le temps est affreux nous sommes trempés comme des soupes et congelés comme mon poisson pané. Je défile avec un bon ami "Ilysien" et deux de mes enfants, mon aîné majeur et son frère mineur marchent avec des amis, je les croise de temps à autre.
Vers 16h je me dirige vers la gare Montparnasse et enjoins par téléphone au plus jeune de mes fils de rentrer en train avec moi : il doit repartir pour sa pension. L'aîné à qui j'envoie quelques sms m'explique que son propre train pour la province est à 20h, il peut aller jusqu'au bout. Je lui recommande de bien se disperser dès la fin de la manifestation, prise d'une intuition (appuyée par les dernières manifestations). Il me rassure par téléphone, il n'a aucune envie de terminer en garde à vue, il a des examens importants dans les jours qui viennent.

Je rentre tranquillement, écoute la télévision, m'aperçois que le hand ball et Valérie occupent tout l'espace médiatique français. Vers 19h, coup de fil de mon aîné : "nous sommes coincés par les crs , impossible de repartir, il est probable qu'ils nous embarquent en garde à vue parce que nous voyons des fourgons arriver. Ils ont tout prévu." Je lui enjoins de montrer son billet de train à un crs pour prouver sa bonne foi mais il m'explique que rien que le fait de s'approcher d'un crs est l'objet d'un passage à tabac et d'un embarquement immédiat par des "agents" en civil très violents. Sa batterie rend l'âme, plus de nouvelles. L'angoisse monte, je ne dors pas.

Le lendemain, je passe mon après-midi à appeler tous les commissariats d'arrondissement de Paris pour savoir où est mon fils : comme il est majeur, les officiers de police n'ont pas à me répondre (J. doit normalement appeler quelqu'un, il a droit à un coup de fil mais il m'expliquera qu'il a eu la vraie possibilité de donner ce coup de fil vers 14h alors qu'il a été libéré vers 17h donc ça ne servait à rien selon lui) mais ils le font tous très volontiers en consultant leurs listes, sauf le commissariat du 13ème, place d'Italie et du 18ème, rue de l'Evangile.

Je finis par savoir qu'il est gardé dans le commissariat du 16ème arrondissement et qu'il doit être libéré dans l'heure qui suit. Soulagement intense.

Une fois rentré, J. nous explique que le piège à gardes à vue a été rondement mené : à 18h, dernier discours, mon fils commence par avancer nonchalamment avec des amis vers l'avenue de Breteuil, il n'est pas pressé, son train est à 20h mais il se fait alors refouler par des crs qui installent leurs barrières et leurs disent de trouver une autre sortie. Ils font donc demi-tour, pas inquiets spécialement, et obtiennent la même réponse avec les mêmes barrages aux deux autres sorties de la Place Vauban. Ils sont coincés, et reculent dans les gaz lacrymogène lancés généreusement par les crs, observent des "agents" en civil qui se rapprochent d'eux, les filment et lorsqu'un manifestant tente de s'approcher des crs pour demander à sortir et à partir, le tabassage est immédiat et très violent. Dans la fumée, les gaz, mon fils est paniqué et assiste à des scènes de violence surréalistes, il se retrouve avec de bons pères de famille séparés de leur femme et enfants et voit quelques petites jeunes filles perdues, en pleurs. Quelques manifestants attrapent des barrières qu'on leur a préalablement lancées pour riposter contre le gazage des crs. Il est à peine 18h30...

La provocation est donc largement avérée du côté des crs.

A 23h, après quelques heures de silence absolu du côté des forces de l'ordre, J. se fait embarquer avec un groupe dans un fourgon plein de pisse et de merde et part pour un dépôt, derrière des barbelés aux portes de Paris. On lui notifie sa garde à vue à 1h du matin seulement. Pour quel motif? "Attroupement armé contre des forces de l'ordre"... On croit rêver.

A 3h du matin il est débarqué dans le commissariat du 16ème arrondissement et mis à 7 dans une cellule de 5m carrés. Les officiers hallucinent de tomber sur des jeunes et des pères de famille qui n'ont rien à faire là visiblement. A midi simplement ils mangent  un biscuit et boivent un jus d'orange. Puis ils reçoivent la visite de leur avocat commis d'office qui leur détaille tous les vices de procédure auxquels ils ont eu droit...

A 17h on les fait sortir un par un, demi-heure par demi-heure.

Voilà comment une manifestation témoigne par elle-même de notre état-dictature. On a le sentiment que notre gouvernement fait tout pour que nous passions à l'étape "ukrainienne" qui n'est rien d'autre, au vu de ce qu'ont subi les 250 gav arbitraires et de ces restrictions de liberté, que de la légitime défense la plus urgente et nécessaire aujourd'hui.




http://youtu.be/3HbOkcfdwbA












mardi 1 octobre 2013

Robert Marchenoir, argumentaire sur le travail du dimanche


Dans les commentaires sur le Salon beige : 

"Argument sans valeur. Comment Franck Margain peut-il savoir si le chômage ne serait pas plus bas, et l'Allemagne plus prospère, si les commerces pouvaient y ouvrir le dimanche ?
Il se trouve que la faible amplitude des heures d'ouverture des magasins le jour où les gens sont disponibles pour faire leurs courses est une plainte récurrente des Allemands. Mais je suppose qu'un politicien français est le mieux placé pour expliquer aux citoyens allemands ce qui est bon pour eux, et à quelle heure ils doivent acheter leurs saucisses.
D'autre part, je remarque la stupéfiante prétention de Monsieur Margain, qui se permet de dicter aux Français ce qu'ils doivent faire le dimanche, qui serait "le jour du repos, de la famille, de la foi, de la culture, du sport, pas du supermarché".
De quoi se mêle ce personnage ? Quelle est cette infinie arrogance française, cette mentalité de petit chef qui sommeille chez tant de Français (de droite comme de gauche, d'ailleurs), et qui prétend dicter à autrui ce qu'il devrait faire ou pas faire de ses journées, et à quelle heure, encore, et quel jour de la semaine ?
Que Monsieur Margain fasse du "sport" ou de la "culture" le dimanche, qu'il cultive des asticots dans ses tiroirs ou qu'il parte à la chasse au snark si ça lui chante. Personne n'ira lui chercher des poux dans la tête : il fait bien ce qu'il veut.
Mais qu'il ne se mêle pas de régenter la vie des autres. En quoi ça peut bien le déranger, lui, que des gens achètent du parfum à 21 h 15 ou des perceuses le dimanche, à des gens qui sont volontaires pour les leur vendre ?
Pourquoi Monsieur Margain ment-il comme un arracheur de dents en prétendant que ces derniers sont sous-payés, alors qu'ils ont porté plainte pour conserver le droit de travailler le soir ou le dimanche, et que cela leur rapporte 300 à 500 € de plus à la fin du mois ?
Et que propose-t-il exactement, Monsieur le politicien, pour que les salariés soient "sur-payés" selon son goût ? Monsieur le politicien étatiste peut-il nous expliquer par quel miracle le fait d'entraver la liberté du commerce pourrait augmenter les revenus des salariés ?
Si Monsieur Margain prétend interdire l'ouverture des commerces le dimanche pour des raisons religieuses, alors qu'il soit franc du collier. Qu'il dise que le dimanche est le jour du Seigneur, qu'il cite la Bible, qu'il invoque le quatrième commandement.
Et qu'il ait le courage de dire que, puisque lui est catholique, il veut imposer les préceptes de sa religion à l'ensemble des Français.
Au lieu de se réfugier derrière un néo-marxisme bricolé sous l'étiquette de l'UMP, un parti officiellement de droite.
Ensuite, s'il veut être cohérent avec ses prétentions morales et religieuses, qu'il revendique l'arrêt de la circulation des trains le dimanche, la fermeture des boulangeries le dimanche, la suppression des marchés du dimanche, la fermeture des musées le dimanche, l'interdiction d'ouvrir les librairies le dimanche, l'arrêt des émissions de radio et de télévision le dimanche (notamment la retransmission de la messe sur les chaînes publiques, ainsi que les émissions de Radio Courtoisie), l'interdiction pour La Poste de transporter le courrier le dimanche, la fermeture des hôpitaux le dimanche, la fermeture des restaurants et des hôtels le dimanche, l'interdiction pour les transporteurs routiers d'acheminer les denrées alimentaires le dimanche, l'interdiction pour les éleveurs de nourrir ou de traire leurs bêtes le dimanche, l'arrêt des autobus, des métros et des taxis le dimanche, la clôture des centrales électriques le dimanche, et, bien entendu, l'interdiction d'accéder à Internet le dimanche.
Toutes activités qui nécessitent du travail rémunéré, et donc, je suppose, selon les critères de Monsieur Margain, l'exploitation de travailleurs "sous-payés".
Que je sache, Dieu n'a pas dit à Moïse : "Le septième jour est le jour du repos consacré au Seigneur votre Dieu. Vous ne ferez en ce jour aucun ouvrage, sauf s'il s'agit de vendre des croissants aux Français le matin, de leur vendre le menu du jour à midi, de leur ouvrir les musées l'après-midi, de leur vendre, le soir, le dernier brûlot anti-capitaliste de Thomas Piketty dans votre petite librairie indépendante de gauche, et de leur distribuer l'électricité, l'eau courante et le téléphone toute la journée."
Si vraiment Monsieur Margain est un homme extrêmement pieux et souhaite manifester sa dévotion au Seigneur, qu'il s'inspire des Juifs orthodoxes, et qu'il s'abstienne (entre autres) d'actionner, chez lui, l'électricité le dimanche.
Ce geste symbolique ne diminuera évidemment pas, hélas, la tâche des employés d'astreinte d'EDF et de ses sous-traitants ce jour-là (honteusement "sous-payés" et "exploités", je suppose, selon l'idéologie de Monsieur Margain), mais enfin il aura fait un petit, tout petit sacrifice personnel pour témoigner de sa foi, au lieu de prétendre imposer des sacrifices à autrui.
A noter que si les Juifs orthodoxes s'imposent de ne pas actionner l'électricité le samedi (ainsi que toute une série d'autres pratiques qui peuvent paraître injustifiées, voire carrément bizarres à quiconque ne partage pas leurs croyances), ils ne prétendent pas imposer à l'ensemble de la nation d'en faire autant.
Peut-être Monsieur Margain pourrait-il en prendre de la graine."

Dans les commentaires chez l'Amiral Woland : 
Très drôle, d’habitude je crache sur les sondages, mais il y en a un qui est très drôle. A peu près 70% des Français sondés veulent que les commerces soient ouverts le dimanche, mais sur ces 70%, presque tous refuseraient de travailler le dimanche. Donc, oui au travail le dimanche, mais pour les autres. Oui, [...]
Et où voyez-vous un problème ? A moins de considérer que travailler le dimanche soit une punition, ce qui est effectivement le point de vue des opposants.
Le sondage que vous évoquez est tout à fait cohérent : il témoigne que les Français sont pour la liberté. Si certains veulent travailler le dimanche, ils doivent être libres de le faire. Personne ne réclame l’obligation de travailler le dimanche, bien que ce soit le présupposé du discours des Marco Polo et autres petits chefs néo-marxistes associés.
C’est curieux, que les gens soient à ce point oublieux de ce qu’est la liberté, dans spéhi. Ca se comprend, ils ne sont plus habitués.
Le rythme de travail habituel, traditionnel, en France, c’est du lundi au vendredi (en passant, personne ne semble s’indigner du travail le samedi : pourquoi ?). En tout état de cause, la plupart des gens continueront à travailler du lundi au vendredi.
Ce sondage montre simplement que les Français souhaitent que les gens qui le veulent puissent travailler le dimanche. Ce sera toujours une minorité.
Ces personnes seront donc satisfaites, et les personnes qui profitent des services dispensés le dimanche seront satisfaites aussi.
C’est tellement inconcevable, que les différentes parties à un contrat puissent être satisfaites les unes comme les autres ? C’est tellement inconcevable, que chacun ait des besoins et des aspirations différents, que certains souhaitent travailler le dimanche, que d’autres non, que certains souhaitent bénéficier de services le dimanche, que d’autres non, que certains commerces veuillent ouvrir le dimanche, que d’autres non, que les hommes ne soient pas tous les mêmes, qu’ils puissent collaborer librement et se mettre d’accord librement, sans interférence de petits chefs gouvernementaux ne pouvant concevoir la vie sans brider la vie des autres, sans que la bigoterie religieuse s’en mêle, sans que des blogueurs frustrés cherchent à obliger tout le monde à vivre comme eux (enfin, d’après ce qu’ils en disent, car c’est, plus souvent : faites comme je dis, pas comme je fais) ?
C’est tellement inconcevable que, globalement, vu la diversité des hommes, de leur nature, de leurs capacités et de leurs aspirations, on trouve toujours moyen de s’arranger, et que chacun finit par trouver chaussure à son pied ? Sans que les aspirants communistes et les fascistes planqués derrière leur clavier n’aient à s’en mêler ?
Evidemment, cela va à l’encontre du marxisme épais et gluant dans lequel baigne spéhi depuis des décennies. Cela condredit directement la théorie de la lutte des classes, qui a tellement bien imprégné les esprits que bien des gens n’arrivent plus à penser en dehors de ce cadre, même s’ils ne se considèrent pas comme marxistes.
Et pourtant, c’est bien ainsi que fonctionnent les sociétés, la plupart du temps

lundi 1 juillet 2013

Séminaire Institut Coppet



Extrait :
« Aujourd’hui, nous observons les crises qui ont surgi dans de nombreux pays démocratiques, et notamment aux États-Unis, en Grèce et en Espagne. Ces problèmes ne sont jamais attribués au système démocratique lui-même, mais plutôt à l’économie de marché, à un manque de démocratie, à la cupidité des banquiers, ou aux hommes politiques perfides.
Comme la plupart des gens, moi aussi j’ai eu foi en la démocratie parlementaire. Mais c’était il y a quinze ans. En vérité, je savais très peu de choses sur elle, mais j’avais tout de même des convictions très tranchées. Comme à la plupart d’entre nous, on m’a dit à moi aussi – à travers le système éducatif, les médias et nos hommes politiques – que la démocratie était quelque chose qu’il fallait chérir et faire se développer, et qu’il n’y avait pas d’autre alternative raisonnable. Mais après l’avoir étudié et avoir réfléchi je suis arrivé à une conclusion tout à fait différente.
Beaucoup de gens croient encore que la démocratie est synonyme de liberté. Et de nombreuses personnes éprises de liberté croient encore que le chemin vers la liberté passe par le processus démocratique. Nombreux sont ceux parmi les critiques de la démocratie qui sont convaincus qu’il faut trouver des solutions pour la réformer, mais ne trouvent rien à redire aux principes démocratiques fondamentaux eux-mêmes. Notre livre s’oppose à ces points de vue.
La démocratie est le contraire de la liberté – un fait inhérent au processus démocratique est qu’il tend à réduire de plus en plus la liberté – et la démocratie n’est pas quelque chose qui puisse être réparé. La démocratie est un système collectiviste intrinsèquement défectueux, tout comme le socialisme. (…)
La plupart des gens ont tendance à ne voir que les avantages offerts par l’État, et non les coûts. Une des raisons pour lesquelles il en est ainsi est que l’État collecte les impôts par de nombreuses voies indirectes et détournées — en exigeant que les entreprises collectent les impôts sur les ventes par exemple, ou en exigeant que les employeurs collectent les charges de sécurité́ sociale, ou en empruntant de l’argent sur les marchés financiers (un argent qui finira un jour par être remboursé par les contribuables) ou en faisant gonfler la masse monétaire — de façon à ce que les gens ne se rendent pas compte de la part de leurs revenus que l’État leur confisque en réalité́. Une autre raison à cela est le fait que les actions de l’État sont visibles et tangibles, mais que toutes les choses qui auraient pu être réalisées et qui auraient effectivement été réalisées si le gouvernement n’avaient pas commencé́ par confisquer l’argent du peuple, ces choses, elles, restent invisibles.»