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samedi 19 août 2023

Chronique estivale 26

 Hier retour en Beauce depuis la Bretagne. Avec mon fils aîné et trois chats. Dans le Jumpy non climatisé. J'ai bien cru ne jamais parvenir au bout. Il faisait jusqu'à 35 degrés dans la voiture.

Mon fils a pris de très mauvaises décisions et directions depuis plus de dix ans. Nous essayons, seuls avec lui, de le confronter à ses choix et à le pousser à prendre enfin une bonne décision qui engagerait sa vie. C'est un combat usant, difficile, une horrible croix et ce qui me fait tenir le coup c'est le soutien indéfectible de mon mari. Lorsque l'un de nous deux craque, l'autre prend le relai.

Tout n'est pas merveilleux dans le monde des familles nombreuses catholiques pratiquantes. Loin de là. Mais tout est éclairé et transcendé par la grâce de Dieu.

Ceux qui parviennent jusqu'à ce petit blog auront une prière pour moi.


jeudi 10 août 2023

Chronique estivale 20

 





Avec ma mère, ma fille et sa cousine, nous visitons l'étonnant et très beau parc de la "Vallée des saints", en Bretagne. De gigantesques statues de granit contemplent de toute leur hauteur la région. Sculptures homériques édifiées dans le ciel tourmenté. Elles font face et corps avec les éléments : la pluie et le vent.

Des statues de saints bretons aux prénoms étranges et mystérieux. Entre ciel et terre, leur taille immense témoignent de la proximité des cieux. La spiritualité est quelque chose de profondément concret, terrestre, humain, et ces sculptures le démontrent.

Ma fille de douze ans gambade avec sa cousine dans la prairie : quel âge merveilleux, ce début de l'adolescence, cette sortie de l'enfance où de la petite fille naît lentement la jeune fille. Auréolée d'une innocence émouvante (elle se cache la vue lorsqu'elle est témoin d'un baiser dans un film! Comme si l'intimité de cet acte éclatait au grand jour et l'aveuglait par la puissance de sa révélation) avec parfois des éclairs de précocité propre à cette génération. 

Notre société ne fait pas de cadeaux à l'enfance : elle ne la prolonge guère, elle accélère le passage à l'âge adulte avec un brutal dévoilement des réalités de la vie. 

Horizon

Vivre oscillant sur corde raide

L'abîme profond, la marge faible

Marcher vers l'horizon sans aide

Fixer le but, ferme et en paix


Avancer bravant les orages

Persévérer avec courage

Supporter tous les ravages

Ne pas se plaindre des dommages


S'enfoncer sans peur dans la nuit

Braver l'ombre, écouter les cris

Se diriger vers ce qui luit

Traquer la Vérité qui fuit


Se relever de nos blessures

La Grâce guérit nos brûlures

Dans la brise et son murmure

Dieu nous garde par son Armure.

dimanche 12 septembre 2021

Enfer

 Dans la maisonnette fleurie

Le doux cocon où tous unis

En liens familiaux les plus forts

Liens du sang, plus forts que la mort


L'enfer niche et tisse sa toile

Tous les jours, tension infernale,

Nous suce tous jusqu'à la moelle

Dans nos cœurs, corps, esprit s'installe.


Les liens du sang, ô chair royale,

Nourrissent l'hôte parasite

Et le combat n'est pas loyal.


Dans la maisonnette fleurie

Le doux cocon où tous unis

Déjà morts, chair empuantie

Le démon se repaît âmes, corps, esprits.


Dans la maisonnette fleurie

Les enfants dansent, jouent et rient.

Les parents travaillent et se plient

A tous leurs devoirs et soucis.

Enfants? Parents? Cœurs, corps, esprits?

Vidés! Des sépulcres blanchis...


vendredi 19 février 2021

Le chaos féminin



 En sortant d'une petite messe de village hier, je salue dans l'église une maman; et c'est parti pour un historique du parcours scolaire de tous ses enfants, parcours compliqué parce que ce sont des gens compliqués et souvent insatisfaits; nous marchons vers la sortie pendant qu'elle continue de m'entretenir. A l'extérieur, je m'interromps deux secondes pour interpeller ma voisine venue à la messe et qui me guette. Elle prend le relai de la maman et me raconte ses derniers jours avec son mari malade et dépressif, sa fille et son tunisien, tout ceci entrecoupé de larmes et soupirs. Une grand mère que je connais, de passage pour seconder sa fille, nous interrompt pour me saluer et m'interroge aussi longuement sur sa conduite à tenir : rester encore soutenir sa fille ou bien s'en retourner chez elle.

Résultat, je reste sur le porche de l'église un bon quart d'heure à écouter, à hocher de la tête, à m'exclamer avec conviction. Les jumeaux et Gabrielle attendent patiemment dans la voiture. Les lectures du jour étaient bien tombées : "Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour et qu'il me suive." Toutes ces dames, dans l'angoisse et l'incertitude se sentaient concernées par ces paroles un peu raides.

Pour ma part, je suis rentrée un peu accablée par toutes ces confidences de soucis, fardeaux, questions sans réponses, etc... Il est vrai que les femmes ont une propension, un goût pourrait-on presque écrire, pour le malheur. J'ai repris alors un passage d'une prière de mon carnet de mon groupe de "Prière des Mères", extrait que j'aime énormément et qui résume assez bien le chaos féminin : 

"Nous sommes résolues dans nos demandes, 

Nous avons perdu trop de temps à nous inquiéter et à essayer de tout rectifier par nous même, ou encore, à ne rien faire du tout."

Toutes ces dames manquent de pragmatisme masculin. Il faut bien avouer que l'homme a une façon bien à lui d'éviter de se noyer dans un verre d'eau. Cela peut parfois nous horripiler car il pourrait donner le sentiment de contourner les problèmes par paresse, par égoïsme, par prudence (!) mais, pour ma part,  je pense que le réalisme masculin équilibre la balance de l'harmonie familiale face à l'énergie féminine souvent désordonnée.

dimanche 21 juin 2015

Fête des pères

Etre père, une mystique de l’enchaînement volontaire


Il n'y a qu'un aventurier au monde, et cela se voit très notamment dans le monde moderne : c'est le père de famille. Les autres, les pires aventuriers ne sont rien, ne le sont aucunement en comparaison de lui." Cette assertion est délibérément et doublement provocatrice, puisqu'en guise de sainteté elle fait l'éloge de l'aventure et qu'en guise d'aventurier elle semble choisir M. Prudhomme. Péguy le sait : nul n'est, en apparence, plus pantoufflard, plus (petit-)bourgeois que le père de famille. Il sait aussi que les libertins, les bambocheurs, les explorateurs, les brûleurs de chandelles par les deux bouts, tous ceux qui revendiquent pour eux l'aura de l'aventure, daubent à l'infini sur ce lourdaud engoncé et pusillanime. Mais il connaît également, pour en avoir lui-même fait l'épreuve, l'étrange particularité, la désappropriante propriété dont est pourvu le père de famille : "Les autres ne souffrent qu'eux-mêmes. Ipsi. Au premier degré. Lui seul souffre d'autres. Alii patitur.Lui seul, autrement dit, déjoue les contraintes de la finitude : son être déborde son moi. Et que lui vaut cette prouesse ontologique, ce n'est pas un pouvoir accru, c'est une vulnérabilité plus grande. Il souffre d'autres, qu'on appelle à tort les siens, car ils ne sont pas à lui, mais lui à eux : il n'est pas leur possesseur, il est leur possession, il leur appartient, il leur est livré, il est, risque même Péguy, leur "otage". Pour le dire d'une autre métaphore, ce chef de famille n'est pas un pater familias, mais un roi déchu qui a fait, en fondant un foyer, le sacrifice de sa liberté souveraine. Avant d'avoir charge d'âmes et de corps, il était seul maître de sa vie; le voici désormais assujetti, dépendant, privé de la possibilité de trouver refuge en lui-même : le confort du quant à soi lui est définitivement interdit.
Ainsi le bourgeois n'est pas celui qu'on pense : littéralement et constamment hors de lui, le père de famille mène l'existence à la fois la plus aventurière et la plus engagée qui se puisse concevoir. D'une part, il est exposé à tout et le destin, pour l'atteindre, n'a pas besoin de tireurs d'élite, il lui suffit de frapper au hasard dans l'un quelconque de ses membres : "C'est lui, mon ami, qui les a, et lui seul, les liaisons dangereuses". D'autre part, il est responsable de tout, et même de l'avenir, même du monde où il n'entrera pas : "Il est assailli de scrupules, bourrelé de remords, d'avance, (de savoir) dans quelle cité de demain, dans quelle société ultérieure, dans quelle dissolution de toute une société, dans quelle misérable cité, dans quelle décadence, dans quelle déchéance de tout un peuple ils laisseront [sic], ils livreront, demain, ils vont laisser, dans quelques années, le jour de la mort, ces enfants dont ils sont, dont ils se sentent si pleinement, si absolument responsables, dont ils sont temporellement les pleins auteurs. Ainsi rien ne leur est indifférent. Rien de ce qui se passe, rien d'historique ne leur est indifférent."Bourrelé de remords, dit Péguy, et il donne à entendre dans ce participe à la fois le tourment et la graisse. Car les moqueurs ont raison : le père de famille est gros. Il est même deux fois trop gros : trop gros, trop gauche pour décoller du monde, et trop gros pour y évoluer avec quelque chance de succès. Trop gros pour monter au ciel et trop gros pour la course, le concours et la concurrence, c'est à dire pour la loi politique du temporel. Trop gros pour fuir, trop gros pour gagner. Bref, il est handicapé. Mais, ajoute aussitôt Péguy en réponse au sarcasme des sveltes, c'est précisément cette double entrave, cette maladresse et cette adhérence ontologiques qui condamnent le père de famille à l'aventure et qui font la valeur mystique de sa vie.
("Le mécontemporain" par Alain Finkielkraut)

dimanche 15 juin 2014

Republications en ce dimanche de la Sainte Trinité et pour la fête des pères


Fête de la Sainte Trinité écrit lorsque les jumeaux avaient trois quatre ans


Fête des pères écrit après la naissance de Gabrielle à l'occasion de la fête des mères mais c'est un texte plutôt pour les pères de famille.


"Fêtes des mères, merci aux hommes." Fête des pères

Ecrit à l'occasion d'une fête des mères mais que je republie aujourd'hui pour la fête des pères, spéciale dédicace au père de mes enfants, mon mari.




Gabrielle bébé, époque où j'ai écrit ce texte
 

   "La guerre était sans nul doute la chose la plus simple à faire, mais c'était surtout la plus difficile à réussir". ( Dantec,Babylon Babies)

 "Je ne vous souhaite pas beaucoup de bonheur : vous vous ennuieriez : je ne vous souhaite pas non plus de malheur; mais à la suite de la philosophie populaire je répète simplement : "vivez davantage" et tâchez de ne pas trop vous ennuyer;..." (Dostoïevski)

"Qu'est-ce que c'est que t'as jamais fait de plus courageux ? Il envoya sur la route un crachat sanglant. Me lever ce matin, dit-il."
(La Route, Cormac McCarthy)

« Le destin ordinaire des hommes n’est-il pas de chercher très loin, et souvent au péril de leur vie, ce qu’ils avaient , sans le savoir à portée de la main ? » ( p.94, Les Prédestinés, de Bernanos ).




Je suis en retard sur tout en ce moment, mais vraiment en retard, je n'arrive pas à être à l'heure pour un seul de mes repas, rendez-vous ou biberon. Tout se fait dans la précipitation la plus chaotique, c'est la Guerre, la Grande Guerre qui s'effectue à coups de conduites en voiture (-"Maman, le Code dit que faire 130 au lieu de 90, c'est au moins 4 points en moins, ou peut-être bien un retrait de permis, je sais plus... -Tu sais mon grand, c'est bien simple, si tu veux avoir ton putain de Code, il te suffit d'observer comment ta mère conduit et de faire exactement l'inverse de tout ce qu'elle fait! Pas compliqué tout de même..."), à coups de biberons trop froids ou trop chauds, à coups de leçons récitées entre deux couloirs ou derrière une porte pendant que j'enfile un pantalon que je n'arrive pas à fermer (oh joies de la maternité!), à coups de réveils qu'on n'entend plus sonner, à coups de montagnes de repassage devant lesquelles on passe sans oser regarder, à coups de papiers de sécu dont on a perdu les ordonnances, à coups de rendez-vous avec des profs. à qui on ment en expliquant qu'on fera travailler tous les jours notre mouflet cet été ("Sisi! Comptez sur moi!! Vous avez raison! Tout ceci n'est pas tenable!"), à coups de questions imbéciles dont on n'écoute absolument pas la réponse mais qu'on s'oblige à poser parce que c'est important pour l'enfant ("Ta journée s'est bien passée? Ton contrôle, tu l'as réussi? Ah c'est demain le contrôle? Non? C'est passé depuis une semaine? Ah bon... Mais c'est qui qui avait un fichu contrôle de SVT??!! Personne? C'était de l'anglais? !!Mais alors pourquoi tu m'as pompée l'air pendant UNE HEURE avec la reproduction sexuée des tulipes??!! Qu'est-ce que j'en ai à faire moi, de la reproduction des végétaux??!! Déjà que je maîtrise même pas la mienne de reproduction... Quoi mon lapin? C'est quoi ma reproduction?... C'est rien, je parlais à ta grande sœur, n'écoute pas tout s'il te plait, Maman est fatiguée.") et je me disais qu'il faudrait que j'évoque cette banalité du quotidien, cette existence mi-cuite comme dirait Lounès*... Hum. Ma qué mi-cuite?! Je suis cuite entièrement, carbonisée même, mais mi-cuite? Jamais. Bref, c'est ma fête, comme on dit, la fête des mères!!

Heidi demande où se situe le secret de la vraie joie. J'ai mis du temps à le comprendre, mais je crois bien que ce secret se trouve dans cette guerre du quotidien. Elle est là la vraie vie, il est là le combat pour les hommes et les femmes véritables! Vous voulez vivre des moments intenses? C'est simple, faites du mieux que vous pouvez  dans ce qui quadrille votre journée et vous verrez que tout aura une saveur nouvelle, un goût salé inattendu ("Vous êtes le sel de la terre"...)

Hier soir, pause entre deux rounds de la vie de famille.  Avec mon mari, je regarde avec jubilation Very bad trip, l'histoire d'une bande de copains partis à Las Vegas enterrer la vie de garçon de l'un d'entre eux qui va se marier le lendemain. Mon mari éclate de rire devant les turpitudes des noceurs... Je l'observe un moment, heureuse de le voir souriant et détendu, j'observe son beau visage que je connais par cœur, de celui qui n'a jamais ménagé sa peine pour nous rendre tous heureux... Que d'heures passées à jouer avec les plus jeunes, à réparer des "guns" en plastique, à faire des courses, à déboucher des lavabos, apporter un biberon, recoucher un petit, discuter avec les plus âgés, que d'heures passées à préparer des cours, corriger des copies, remplir des dossiers, à discuter avec des garagistes, des banquiers, que d'heures passées dans cette banalité du quotidien qui ont fait de lui mon compagnon d'armes préféré et unique... J'ai pu compter sur lui dans les moments de grande joie ou de grande peine, mais surtout, surtout, j'ai pu compter sur lui tous les jours que Dieu fait et c'est cela qui le rend si inestimable à mes yeux... Si je suis une mère de famille aujourd'hui c'est d'abord et avant tout parce que lui est un père et qu'il a accepté de soumettre toute sa vie, tous ses instants à sa famille...

Je songe à ce film vu il y a quelque jours, avec Russel Crowe, Les trois derniers jours : une mère de famille accusée d'un crime crapuleux sur sa patronne est condamnée à la prison à perpétuité; son mari décide, en voyant qu'il n'y a plus de recours possible pour l'innocenter, de la faire évader et de s'enfuir avec elle et leur petit garçon. A un moment donné, il va voir sa femme au parloir et sa femme, déprimée, désespérée lui fait une mauvaise scène et lui dit : "Et si j'étais coupable? Hein, tu y as pensé à ça? " Puis elle s'en va énervée. Lui ne dit rien, fait rappeler sa femme et en la voyant lui dit d'un ton sec : "Ferme-là! Je te connais, je sais qui tu es et je sais que tu n'as pas tué cette femme". Elle en reste coite, sa femme, de la confiance absolue de son mari, elle retrouve espoir en écoutant la voix souveraine de ce petit prof. aux lunettes sales, aux épaules voutées, au pantalon froissé qui prend soudain une ampleur, une majesté inattendue et magnifique... Il assume, il assume tout, sa vie misérable, le regard des autres, son petit garçon malheureux, il assume tout parce que c'est sa femme et il est son mari, il la connait bien, et c'est tout, et tout découle de cette évidence.

Je pourrais dire aussi à mon cher mari : je te connais, je sais tout ce dont tu es capable pour nous, pour nous rendre heureux et je veux t'en remercier, particulièrement, parce que tu as réussi cela, tu témoignes de ce que c'est que d'être un homme, un vrai : "un prêtre, un guerrier, un poète" dit Stag par la bouche de Baudelaire. Un Prêtre qui sait, qui réfléchit et qui nous indique à nous, les tiens, le chemin, la route pour notre petite famille, qui montre la Voie, un Guerrier accompli du quotidien, un Poète qui a créé  toutes ces œuvres d'art uniques et singulières que sont nos enfants et cette famille que nous formons....







Notes
* Chez Lounès : "Je ne comprendrai jamais les gens « calmes » du monde du travail, qui parlent lentement, qui ne font jamais un pas de côté, qui vivent entièrement tièdes et mi-cuit dans une vie quotidienne qui se répète."

vendredi 19 juillet 2013

Vacances suite


Un Papa, une Maman et ... un petit poussin!


Petit soleil levant et...

.... soleil couchant






trottinette



... courgettes

mercredi 24 avril 2013

Mariage pour tous : mariage d'État ou mariage privé ?


Mariage pour tous : mariage d'État ou mariage privé ?

Publié le 24/04/2013
Définitivement adopté hier, mardi 23 avril, à l'Assemblée nationale, le "mariage pour tous" ne présente aucune utilité juridique, patrimoniale ou autre. Ce qu’un libéral devrait demander, c'est que l'État cesse de s'occuper du mariage qui est une affaire privée.
Par Daniel Benbassat.
Mariage (CC, marysecasol.com)
Rappel : souvent détourné de sa vraie signification, libéral veut dire favorable aux libertés individuelles civiques, politiques, économiques.
Un avis libéral sur le mariage pour tous
Fatigué par toute cette exubérante polémique autour du mariage pour tous ou seulement pour les couples hétérosexuels, je souhaitais revenir aux fondamentaux du mariage.
Qu’est-ce que le mariage et à quoi sert-il ?
Sans être un anthropologue chevronné, je pense pouvoir dire que dans la plupart des civilisations, c’est un contrat temporaire ou définitif entre un homme et une femme, dans le but de faire des enfants, de les élever et de faire en sorte qu’ils arrivent à l’âge adulte dans les meilleurs dispositions physiques et mentales.
Vu sous un angle darwiniste génétique, on peut dire que c’est le meilleur moyen pour les deux partenaires de faire subsister une bonne partie de leurs gènes. Comme cela existe aussi chez les mammifères, les enfants élevés par leurs propres parents sont mieux soignés et ont une espérance de vie supérieure.
Donc une vision libérale immédiate est de dire : cette solution est celle qui est privilégiée par la nature, c’est la meilleure, donc il n’y a aucun impératif de l’imposer à la société.
Pour un libéral, le point important, c’est le contrat entre deux (ou plusieurs !) personnes, qui ne nécessite aucunement d’être validé et encore moins interdit par l’État.
Ce qu’un libéral devrait demander, c'est que l'État cesse de s'occuper du mariage qui est une affaire privée. Chacun devrait pouvoir s'unir avec qui il veut, selon ses propres modalités, qu’elles soient civiles ou religieuses, tant que les partenaires sont majeurs et  consentants.
Quel impact sur les enfants ?
Cependant, il ne faut pas oublier les enfants. Ceux-ci, en tant que mineurs, doivent être protégés contre des modèles de famille qui les mettraient en difficulté dans leur éducation et dans leur vie.
C'est pourquoi, même pour un libéral, il faudrait sans doute interdire l'adoption d'enfants aux familles non composés d'un homme et d'une femme tous deux majeurs. En effet, jusqu'à présent les études sur cet aspect sont plutôt rares et souvent partiales, mais celle du professeur Regnerus, sociologue américain, effectuée sur plusieurs milliers de familles, semble montrer qu’il y a bien un effet négatif sur les enfants.
Même si le principe de précaution est appliqué de manière exagérée dans beaucoup de cas, quand il s’agit d’enfants, il faudrait quand même y réfléchir à deux fois, et attendre de nouvelles études plus complètes, qu’elles confirment ou infirment cet effet.
Pourquoi l’État se mêle-t-il de marier les gens ?
Avant la révolution française, le mariage civil n’existait pas et tout le monde était obligé de se marier à l’Église. Mais dans les sociétés antérieures, et même au Moyen-Âge, le mariage était un contrat privé d’ordre familial ou clanique où l’église catholique n’avait pas grand-chose à dire.
D’ailleurs, en Asie et en Afrique, beaucoup de mariages sont encore arrangés par les familles et leur souci est bien plus patrimonial que romantique.
Pour affaiblir le pouvoir de l’Église, les révolutionnaires ont transféré ce pouvoir de marier les gens, de l’Église vers la mairie, et c’est ce dernier qui devient obligatoire (loi du 20 septembre 1792).
Par la suite, le code Napoléon conserve cet aspect civil du mariage, tout en restreignant le droit des femmes.
Ce que l’on peut conclure de cela, c’est que le mariage civil n’a aucune utilité juridique, patrimoniale ou autre, et que c’est une tentative d’affaiblir l’Église catholique pendant la révolution française qui s’est transformée en une contrainte inutile de l’État sur les individus et leur liberté de contracter.
La fiscalité du mariage
Bien entendu, du point de vue de l’État qui ne cesse de vouloir tout contrôler et tout gérer, le mariage civil a un objectif, c’est un objectif fiscal et redistributif.
Par exemple, l’État peut décider qu’une politique nataliste s’impose pour différentes raisons :
  • Fournir de la chair à canon à profusion lorsque les tensions s’intensifient avec d’autres États ;
  • Augmenter la population rapidement dans les cas de croissance aiguë, son nombre étant insuffisant pour répondre aux demandes des entreprises ;
  • Faire baisser les salaires en augmentant le chômage structurel (ce qui est fait actuellement par l’immigration et la forte natalité des immigrants).
Dans ce cas, il emploie la fiscalité : diminution de l’impôt pour les couples mariés, quotient familial pour privilégier les familles ayant de nombreux enfants, allocations familiales au nombre d’enfants, coût de l’assurance maladie non proportionnel à la taille de la famille, etc.
Il faut bien comprendre que ceux qui ne rentrent pas dans le modèle choisi vont payer pour tous les autres, car les recettes du budget de l’État ne peuvent être complètement annulées, même avec le recours à un endettement de plus en plus monstrueux.
Vers un « printemps français »
La manif pour tous, en faveur du mariage civil classique, est donc plutôt idéologiquement collectiviste et étatiste, tout comme l’UMP. À ce titre, elle devrait être dédaignée par les libéraux. Toutefois, elle est tout de même une grosse pierre dans le jardin des socialistes. Petit à petit, elle pourrait se transformer en « printemps français », c’est-à-dire en offensive ouvertement anti-gouvernementale.
Même si la libéralisation de la société française n’est pas pour demain, après deux siècles d’étatisme post-révolutionnaire, tout ce qui peut contribuer à s’en rapprocher devrait être favorisé et mériterait d’être soutenu par les libéraux.
Le printemps français peut être un premier pas vers la liberté. Il sera temps de recentrer le débat lorsque la première étape aura été franchie.

samedi 13 avril 2013

Que faire après le mariage pour tous?


XP : "Le vrai clivage n'est pas entre ceux qui réclament une politique socialiste et les autres une politique libérale. Il est entre ceux qui réclament une politique et ceux qui ne réclament rien."



J'ai participé aux Manifs pour tous anti dénaturation du mariage civil; j'ai signé la pétition pour le CESE; je l'ai fait signer autour de moi, je salue la travail d'information remarquable d'Alliance Vita. Je participerai jusqu'au bout à toutes les actions et manifestations contre la loi dénaturant le mariage.

Pour autant, je suis gênée aux entournures par tout ce foin autour du mariage pour tous : d'abord, parce que la loi, au cas ou quelqu'un aurait loupé un épisode, est passée : désormais, se marier concerne deux personnes du même sexe, comme deux personnes de sexe opposé. La notion classique de mariage est clairement dénaturée dans notre loi française.

Les députés anti mariage pour tous se sont battus dix jours dans l’hémicycle en vain et sachant que c'était en vain. Ils pourront bientôt sortir quelques entretiens intitulés : "Mes dix jours contre Taubira" ou bien : "Moi tout seul contre le mariage pour tous"; ils raconteront leurs heures de lutte et leurs nuits glorieuses... Ils expliqueront qu'ils ont perdu une bataille mais pas la Guerre. Enfin bon. Si, la Guerre, mais peut-être pas d'autres batailles.
Notons au passage qu'ils sont payés pour se battre ainsi et qu'on aimerait que ce ne soit pas que dix jours par an qu'ils décident de s'activer pour de bonnes causes mais passons.

Car il s'agit maintenant de sauver la filiation et l'adoption des enfants en refusant que l'Etat ne s'engage en faveur de la Procréation médicalement assistée et la Gestation pour Autrui.

Il y a de bonnes chances en fait que le gouvernement recule devant ces dernières et pour une raison très simple : les deux se pratiquent de façon très satisfaisante à l'étranger et Taubira a fait judicieusement passer dans la pagaille générale une petite loi facilitant l'intégration, par la France, des enfants nés ainsi à l'étranger. Tout va pour le mieux pour le couple se mettant dans une -fausse et hypocrite- illégalité pour obtenir un enfant.

Si donc le gouvernement recule (ce qu'il a plus ou moins prévu au grès de l'opposition qu'il rencontrera en face), les opposants au mariage pour tous crieront victoire devant la reculade du gouvernement face à la PMA et la GPA; ils expliqueront qu'un grand mouvement solidaire est né en France, que les français ont montré leur opposition, leur révolte pour ces lois iniques (qui sont passées) et que ben oui tout cela est très grave et qu'on a limité les dégâts et le pire ouf bon.

Les catholiques après toutes ces manifs, cette agitation se mêleront au concert de congratulations générales. Il y a aura des hourras et des prières d'action de grâce dans les églises.

Peut-être quelques regrets car la loi est passée, mais discrètement émis.

Et puis plus rien. Voilà. Tout le monde retournera à ses occupations et à sa vie, tout le monde se rendormira dans une bonne conscience du devoir accompli. La loi sera passée, les couples homos pourront fabriquer leurs mouflets comme ils le voudront, il y aura une joyeuse pagaille dans les filiations futures, le mariage civil ne correspondra plus à rien. Evidemment, les maires qui seront opposés à marier les homosexuels auront quelques soucis, l'Eglise aussi à plus ou moins long terme, qui sera traitée d'homophobe, puisqu'elle refusera de marier ou même de bénir ces couples (enfin du moins il faut l'espérer).

Je pense que les chrétiens, et l'Eglise catholique à leurs côtés, devront en fait se réveiller et se dresser à ce moment-là et appliquer ce qui est écrit ici :

"Concrètement, les chrétiens et les juifs, qui sont à peu près les seuls à dénoncer la supercherie3, devraient considérer le « mariage pour tous » comme une rupture unilatérale de contrat entre les églises et l’État et annoncer qu’elles ne seront plus tenues de respecter leurs engagements. En effet, l’État interdit aux églises de marier leurs fidèles avant qu’ils soient passés devant le maire pour le mariage civil. Cet interdit était respecté par les églises sur la base d’un compromis avec l’État autour de la définition traditionnelle du mariage. A partir du moment où l’État redéfinit le mariage pour l’appliquer aux LGBT, le contrat est rompu. Dès lors, les églises devraient de facto se sentir déliées de toute obligation légale et boycotter le mariage civil c’est-à-dire revendiquer leur droit de marier qui elles veulent et quand elles veulent, sans autorisation."

Quand l'Etat devient notre principal ennemi et s'introduit jusque dans nos vies intimes, jusque dans nos lits et dans l'appropriation de nos enfants, nos patrimoines, nos droits les plus élémentaires, je crois qu'il est temps de prendre la mesure de cet Ennemi et de lui refuser la moindre alternative dans laquelle il s'engouffre systématiquement. Jusqu'où le laisserons-nous aller? Il est déjà en train d'obtenir droit de vie et de mort sur nos personnes âgées comme il a obtenu droit de vie et de mort sur nos tout-petits.

"Tout comme l’État n’a pas compétence pour redéfinir nos droits en tant qu’individus, il n’a pas le pouvoir de redéfinir le mariage, a fortiori dans le seul but de satisfaire aux exigences d’un groupe d’intérêt."

Tout commencera en fait, une fois que tout sera terminé.Il est temps de comprendre à quel point trop d'Etat tue nos libertés individuelles. Faire appel aux bonnes volontés politiques aide justement à participer à son expansion déplorable et maléfique. Le mieux est de s'en défaire dans tous les domaines possibles -et Dieu sait qu'il y a des sujets où l'Etat n'est absolument pas utile ou compétent et où il s'est arrogé un pouvoir absolu.










vendredi 22 mars 2013

La Manif pour tous : le comptage sur internet


Dimanche, manifestez votre présence

Attention, lisez bien ceci :

Combien et où ? Pour y répondre nous allons utiliser ZoomZoomZen, une application mobile
qui permettra notamment d’afficher le jour J, une carte géante montrant l’ensemble des e-
manifestants !

Comment faire ?

1. Dès à présent : téléchargez ZoomZoomZen (iPhone ou Android) sur :
Google Play:
(si vous ne disposez pas de smartphone, allez directement à l’étape 3)

2. L’outil est simple et intuitif, d’ici dimanche : familiarisez vous avec l’application et n’hésitez pas à
consulter le site de l’éditeur: http://byjoul.com/ZZZ.html

3. Dimanche à partir 0h30 cliquez sur le bouton ci-dessous avec votre smartphone ou votre
ordinateur portable pour rejoindre l’événement :

je manifeste voir les e-manifestants 

Tenez vous prêts dimanche à partir 0h30, gardez cette page en mémoire dans vos favoris et diffusez
la à tous vos amis, on va tous les rendre ZoomZoom !

NB : Cette application nous permettra de montrer notre mobilisation de manière anonyme, si vous
ne pouvez pas vous rendre à Paris, vous pourrez aussi e-manifester de chez vous !

Pour en savoir plus sur l’outil, n’hésitez pas à consulter le site de l’éditeur:http://www.zoomzoomzen.com/fr/faq.html

mercredi 20 mars 2013

Manifestation pour tous, à dimanche, avenue de la Grande Armée







Il semblerait, aux dernières nouvelles, que la manifestation pour tous de dimanche pourra s’effectuer sur l'Avenue de la Grande Armée.





La traversée de Paris le dimanche 24 mars épisode 2


La préfecture de Paris, par ses interdictions répétées à manifester à Paris le dimanche 24, encourage de fait tout citoyen français à venir se balader à Paris ce même dimanche 24 !! Ma motivation personnelle est de plus en plus forte.

Petit mail envoyé cette après-midi à la Préfecture de Paris : 
Bonjour, 
désireuse de participer à Paris à la manifestation dite "pour tous" le 24 mars à Paris, je me permets de vous écrire pour vous signaler que je serai à Paris ce jour-là, avec toute ma famille et mes enfants et que je circulerai dans Paris à pieds comme cela m'est je l'espère, encore permis. Je respecterai les lieux réservés pour ce faire dans le cadre d'une manifestation et vous demande donc de préciser au plus vite les lieux proposés par vos soins. 
Quoiqu'il arrive, nous serons à Paris ce 24 mars 2013.
Bien à vous,


La traversée de Paris, dimanche 24 mars, pour tous!!!










samedi 2 février 2013

Manif pour tous, "Faire face"



Aujourd'hui manifestation à 15h00 sous la grêle devant la préfecture de Versailles.
7000 pétitions supplémentaires signées.
"Faire face."

Obéron










mardi 29 janvier 2013

Mariage pour tous : la résistance continue.









"Ce matin sur le périphérique. Banderoles déployées sur 3 ou 4 ponts successifs dans les 2 sens du periph. Pour ne pas baisser les bras en ce jour d'ouverture des débats".

[Photo et message reçus ce matin à 9h02 depuis la voiture d’un de mes fils partant bosser]

Et puis n’oubliez pas qu’il semblerait que le Conseil économique, social et environnemental soit légalement tenu d’entamer en son sein un vrai débat avec études préalables, longues procédures, etc. sur un sujet dès lors qu’il en est saisi par une pétition d’au moins 500 000 citoyens… Enfin le dit Conseil économique et social que nous entretenons pourrait servir à quelque chose !
Servons-nous en :
1° Imprimez la pétition ( ICI ), complétez, signez, fendez-vous d’une enveloppe et d’un timbre et postez !
2° Faites suivre le lien à tout votre carnet, tenez la main aux petits vieux ! Houspillez tout le monde !
Et ça urge Nous n’avons guère que dix jours !

mercredi 16 janvier 2013

Un monde libre (ajouts le 17)





Vacances de Noël très familiales, nous restons chez nous: avec les frais de pension et les études supérieures de nos grands nous remettons à plus tard quelques voyages... Notre bétaillère malade depuis la rentrée est toujours chez le garagiste qui doit, selon notre contrat -entretien, pour changer la moindre pièce, en référer à Citroën avec le constat d'un expert : à chaque pièce changée il y a une procédure, puis on se rend compte que c'est pas la bonne pièce, il faut refaire une demande pour en changer une autre, puis attendre la réponse (ou la venue de l'expert), puis commander la pièce, puis le mettre, puis faire des essais, puis se rendre compte que ben non c'est toujours pas ça qui déconne... Il faudrait en fait changer le moteur qui a morflé après la casse du turbo il y a un an mais rien n'y fait, Citroën ne peut s'y résoudre... Deux mois avec une C1 pour remplacer une voiture de 9 places! Merci Citroën. On s'étonne ensuite que l'on rechigne à faire preuve de "patriotisme"...
Noël en famille, avec la veillée le 24 au soir à l'église locale, dans notre paroisse, je m'attarde devant l'Enfant-Jésus et je m'attarderai chaque fois que j'y passerai, Lui confiant mes intentions, ma famille, mes enfants, mes amis. Le dimanche 25, nous sommes invités chez mes parents, nous débarquons dans leur petit appartement cosy et impeccable avec nos godillots : nos parents sont enchantés, Maman a préparé une dinde depuis tôt le matin et j'ai pu profiter de la matinée de Noël, de la distribution de cadeaux à la messe du jour sans être accablée par la tâche d'un grand déjeuner à préparer. C'est le meilleur cadeau qu'on pouvait me faire.
Je profite de ces jours confinés chez soi pour me lancer dans un grand rangement : étagères de bricolage, placards de vêtements, salle de jeux avec matériel de camping, tri des sacs de couchage, inventaire du linge de maison (draps, housses de couette, taies d'oreiller, couvertures), réserves de nourriture, tri des jouets, rangements de papiers administratifs, la maison retrouve figure humaine, je répertorie tout, de la moindre chaussette dépareillée au maillot de bain déchiré. Je brûle d'envahir l'antre-bureau-bunker de mon mari mais n'ose pousser le bouchon aussi loin et me contente d'un petit coup d'aspirateur pendant son absence. J'en profite pour remonter quelques tasses de café vides et sales dont j'avais oublié l'existence et vide des cendriers. A priori, il n'y aura pas trop de grognements du maître de ces lieux...
Je continue de faire travailler mes deux petits jumeaux au prix de mille difficultés, j'essaie de garder mon sang-froid, fais réciter inlassablement les conjugaisons, les mots d'orthographe, les leçons de sciences, de géographie, d'histoire,  ("l'homme de Cro Magnon invente l'art pariétal ou les peintures ru...ru... "-"ruspectes!!" -"Nan rupestres, mon chéri, rupestres...")
Ma fille aînée entre dans les affres des choix des inscriptions post-prépa et cela déchaîne des discussions enflammées à chaque repas pour trouver un compromis dans son avenir pas si lointain que cela entre une possible vie de famille décente et un travail intéressant  ou, du moins, utile à quelque chose... La vision quotidienne de ce qu'implique une vie de famille avec des petits à la maison lui permet d'apprécier certaines réalités concrètes.Je ne veux pas faire de mes filles des "girlfriend" telles qu'en a rencontrées Lounès ou bien des femmes occidentales dégénérées. Je m'aperçois que je suis très attentive à l'éducation de mes filles, sans doute parce qu'il nous est  aujourd'hui plus difficile de  lutter contre des stéréotypes destructeurs pour nous-mêmes.
"La connaissance tue la vie" dit Chantal Delsol en évoquant les progrès de la contraception.  Le problème est qu'aujourd'hui, effectivement nous maîtrisons tout du processus de la vie et il est difficile de choisir la voie de la vie plutôt que d'autres voies. Même les couples catholiques sont bassinés par la voix de la raison qui leurs susurre au creux de leur conscience : "avoir des enfants nécessite des moyens matériels..." Ce qui n'est pas faux mais il me semble que le problème est posé à l'envers : l'ouverture à la vie provoque d'une certaine façon la réussite matérielle, elle pousse à la réussite, au progrès civilisationnel (et personnel) car dès lors que l'enfant paraît, on n'a plus le choix : il faut travailler pour le nourrir et l'éduquer. Tant qu'il n'y a pas d'enjeux, tant qu'il n'y a pas d'enfant, l'homme sera motivé par rien... La réalité est là : ceux qui se disent "ouverts à la vie" sont les premiers à raisonner "contre" la vie.
L'ouverture à la vie c'est se jeter délibérément dans une bataille, dans un combat acharné contre la mort, contre soi, contre tous! Qui veut se battre aujourd'hui? Personne. Qui veut la vie c'est à dire la guerre? Personne.

Gabrielle observe tout ce bruissement familial du haut de ses vingt mois et sait fort bien se glisser dans la mêlée  : le matin, juchée sur un tabouret (elle estime que la chaise haute  ne la concerne plus),elle grignote toutes les tartines des uns et des autres et petit-déjeune la première pour terminer avec les ados lève tard en fin de matinée. Une petite sieste dans son lit déplacé de chambre en chambre (dès qu'il y a une place tranquille quelque part, nous installons son lit) la mène dans l'après-midi à jouer avec les chats de la maison ou bien à se rendre dans le domaine de chacun et vider les placards avec une évidente curiosité. Le soir, son bain est un grand moment de bonheur, elle barbote et piaille furieuse lorsqu'on la sort. Notre petit lutin est notre bonheur, elle met du foutoir et de la gaîté dans toute la maison sans complexe.
A peine suis-je occupée dans ma maison ou dehors qu'un grand se jette sur mon ordinateur pour écouter de la musique ou communiquer avec ses amis, l'excuse la plus classique étant : "j'ai un devoir sur le romantisme noir à terminer" ou bien : "j'ai du code à faire". Ben voyons.
Pierre, Rémi et les jumeaux continuent leurs parties de foot dans la rue juste devant la maison ou leurs balades à trottinette, rollers ou vélos dans le village. Ils jouent beaucoup dehors malgré le temps humide. J'aime les observer même si à la longue les mêlées et les bagarres m'épuisent alors qu'elles semblent, au contraire, revitaliser tous mes petits d'homme. Il faut donc les laisser-faire comme dirait l'autre... De temps à autre leur père intervient et apprend à la horde de nouveaux jeux passionnants : apprendre à compter vite et bien par le biais du Black Jack, apprendre à tirer avec une carabine à plombs dans le jardin. Puis il rentre se réfugier dans son bureau où Gabrielle le rejoint et joue des heures à ses côtés en farfouillant dans cette véritable caverne d'Ali Baba.
Les jours passent mais ne se ressemblent pas tant que cela, le quotidien devient comme de la levure pour faire lever son pain, sa vie. Il en faut, un peu dans chaque pâte, dans chaque existence, c'est nécessaire pour bien vivre et être heureux. Quand il y a trop de levure, quand le quotidien se fait trop pesant, il faut savoir l'alléger un peu mais sans lui la vie serait toute plate et bien fade.
Une sortie restaurant avec toute la famille, une balade à la cathédrale locale, la reprise des activités associatives, tout contribue à équilibrer les charges familiales souvent trop lourdes. C'est mon fil d'Ariane à moi, sur lequel j'oscille en permanence depuis que je suis mariée. Auparavant, j'étais vieille et triste, c'est évident...





Après la rentrée : la Manifestation contre la dénaturation du mariage.
Branle-bas de combat pour manifester contre des lois qui s'immiscent dans ce qui constitue l'essence même de la liberté des individus. Je ne comprendrais jamais pourquoi nous nous livrons si facilement corps et âme (et nos enfants avec) à l'arbitrage d'un Etat omnipotent.
J'emmène avec moi les jumeaux, Pierre et Rémi : les quatre aînés sont depuis la veille sur Paris chez des amis. Mon mari garde la petite dernière, malade. Je pars très tôt, je crains les trains rares et bondés, nous nous rendons à la messe dans Paris puis gagnons notre point de rendez-vous, Denfert-Rochereau : la foule déjà nombreuse est joyeuse, nous battons le pavé allègrement : en 1984, j'avais marché pour l'école libre dans mon uniforme de collégienne... Je veux que mes enfants apprennent à se battre pour préserver leurs libertés, qu'ils soient attentifs dès leur plus jeune âge à ce bien plus précieux entre tous. Nous rentrons le soir épuisés mais ravis, le combat continue maintenant sur internet essentiellement, merveilleux outil de réinformation où les idées circulent, où la vérité éclate, où le mal surabonde et où on appelle à l'élimination des enfants (de mes enfants) sans complexe. Je lis Revel qui écrit :

"La guerre idéologique est une nécessité pour les totalitarismes et une impossibilité pour les démocraties. Elle est consubstantielle à l'esprit totalitaire, inaccessible à l'esprit démocratique. Pour faire la guerre idéologique, il faut d'abord avoir une idéologie. Or les démocraties n'en ont pas une, elles en ont mille, cent mille.La démocratie se manifeste par la critique mutuelle des divers groupes qui composent en sein la pluralité politique et culturelle de la société civile. Notre système est vilipendé de l'extérieur par la propagande communiste et de l'intérieur en vertu de l'exercice normal des prérogatives démocratiques qui consacrent la diversité.(...) Ce qui est une force intérieure en termes de civilisation devient une faiblesse devant un pouvoir totalitaire, le communisme, dont la raison d'être, la condition de survie sont l’annihilation de la démocratie dans le monde."

On pourrait dire que ce pouvoir communiste extérieur qu'observait Revel, ce pouvoir est maintenant au coeur même de notre démocratie dont il a empoisonné toutes les veines ou structures : il suffit de remarquer comment réagit notre gouvernement socialiste en mentant sur les chiffres de la manifestation, en refusant le moindre référendum, en voulant faire payer aux manifestants la réappropriation de leur ville, leurs pelouses, leurs rues, pour conclure que nos démocraties ne sont plus qu'un mot vidé de son sens.
Revel conclut merveilleusement :

 "Aussi la recherche d'une contre-idéologie démocratique, destinée à refouler l'idéologie totalitaire, est-elle vaine. La contre-idéologie démocratique est un mythe. La démocratie n'a pas à se laisser enfermer dans les termes définis par la pensée totalitaire et à construire un reflet antithétique de cette pensée. L'idéologie est mensonge, l'idéologie communiste [ici : SOCIALISTE] est un mensonge total, étendu à tous les aspects de la réalité.(...) ...  la civilisation démocratique se doit de ne survivre et ne peut survivre qu'en opposant à l'idéologie la seule pensée, au mensonge la connaissance de la réalité, à la propagande non point une contrepropagande mais la vérité."

Etre sans cesse dans le réajustement face à la réalité que ce soit dans la pensée ou les actes, comme un équilibriste sur son fil, c'est cela la vie d'un homme, un homme libre. C'est cela que je veux apprendre à mes enfants, à mes amis, c'est comme cela que je veux vivre moi-même, le monde libre que je désire peut être gagné, il existe, il est réel, il est possible, c'est le mien.