mercredi 20 février 2019

Real life




Le jour passe paisiblement, dans la plaine qui défile languide,
Je vois au loin, elles progressent lentement, les hardes paisibles,
J'avance silencieusement dans l'air pur et le soleil timide,
L'hiver est en train de partir, je sens le printemps qui arrive.
Paix miraculeuse, calme quotidien dans une vie de famille.

Au plus profond de mon âme, grouillante de désespoir
Le combat fait rage, les péchés pleuvent et le sang coule noir
Le vacarme infini de la guerre au creux de ma vie, de ma foi,
Parvient à monter jusqu'à la terre, jusqu'aux cieux parfois
Un démon qui hurle, presque vainqueur, sa mauvaise joie.

Le ciel lumineux ouvre ses portes infinies aux oiseaux
Qui tracent de leurs ailes déterminées un chemin nouveau.
Je fais un signe de croix sur le front des enfants purs et beaux
Je fais ce que j'ai à faire, je souris, je parle en choisissant mes mots
Paix relative, calme quotidien dans une vie avec de petits maux.

Au plus profond de mon âme, sous l'azur de nos corps étoilés,
Je suis sur le point de me noyer dans la mer de mes péchés.
La fin est proche, ils avancent, les monstres, pour m'achever
C'est le moment de me relever, Seigneur de toutes les armées!
Toutes les cartouches de mon chapelet ont été égrenées.

Il reste une balle, une seule, celle de ta miséricorde, de ta pitié
Tison brûlant déposé sur mon âme impure par ton messager
Dans le fracas d'une bataille, dans cette guerre de tranchées,
Elle vole, elle traverse les corps, les os, les cœurs, tous les murs érigés,
Elle dévoile les blessures mortelles sous nos chairs, l'unique réalité,
Par ton sang, dans mon sang, elle brûle et guérit tout péché.









samedi 15 décembre 2018

Dans le ciel où rien ne luit

"Notre vie est un voyage
Dans l'hiver et dans la nuit
Nous cherchons notre passage
Dans le ciel où rien ne luit."


"Tous les dieux, les cieux, les enfers sont en toi" (13 hours, le film)

 "L'épigraphe du Voyage est d'autant plus extraordinaire qu'elle est semble-t-il inventée par Céline..."(...)
"Dans ce ciel où rien ne luit, dans cette nuit, quelle est donc la nature précise du jour qui poindra au bout du voyage, au bout de la nuit ?" (Lounès Darbois)

"Depuis qu'il a levé l'étendard de la Croix, c'est à son ombre que tous doivent combattre et remporter la victoire" (Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus)


"Or, des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem et dirent : "Où est le roi des Juifs qui vient de naître? En effet, nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus l'adorer" (Mathieu, 2.1-2)




Nous cherchons dans l'univers
Une lueur, un espoir, une vie
Nous n'avons rien compris
Au voyage,
C'est dans la douleur, c'est en nos enfers
Que surgit l'amour, que naît la vie

Je Suis Celui qui Suis

Notre ciel étoilé est trompeur,
Les Rois Mages l'ont vite appris
Lorsque l'étoile a disparu, a fui
Ils ont poursuivi avec ardeur
Dans l'étable, l'hiver et la nuit.
Ils ont trouvé le Maître de la Vie

Le Chemin, La Vérité, la Vie

C'est d'un cœur brisé et noyé
Que naît le feu de l'Esprit
C'est dans une âme détruite
Faite de cendres et de péchés
De nos peurs et de nos rages
Que le Christ se fait passage.

L'Agneau de Dieu que voici

Rendus à notre vallée de larmes, notre terre,
Sous notre ciel où rien ne luit,
C'est à genoux et en nous-mêmes
Quand tout est foutu, tout est fini,
Sous le joug si lourd de nos peines
Que vient, dans le silence de nos nuits,

Notre Seigneur Jésus-Christ.

Sous notre ciel où rien ne luit,
Si ce n'est l'ombre de ta Croix,
J'avance, Seigneur et je t'oublie
Je trébuche sur ma voie
Je désespère et Tu me pries
De lever les yeux de ma foi

Vers ta  Face, ma seule Patrie







mercredi 12 décembre 2018

Céline prophète de Matzneff, par Lounès Darbois

Je ne sais comment qualifier ce texte. Peut-être cette citation :

"Mais tout ceci ne serait rien si le diagnostic célinien était fait d'idées. Céline n'a jamais eu aucune idée sur rien, il a eu un vécu."

http://www.juanasensio.com/archive/2018/11/27/celine-prophete-de-matzneff-par-lounes-darbois.html#more




Notre vie est un voyage
Dans l'hiver et dans la nuit
Nous cherchons notre passage
Dans le ciel où rien ne luit.


dimanche 7 octobre 2018

"Laissez venir à Moi tous les petits enfants"

"Le monde visible prend tout son relief avec le monde invisible. Tous nos combats du quotidien ont un impact plus grand que nous l'imaginons, ils concernent l'ensemble du monde invisible, le combat du Bien et du Mal.L'enjeu est le salut du monde. Nous sommes épaulés dans nos combats par le monde invisible." (extrait d'un sermon dominical)


Souvent, je pense à trois petits enfants perdus ou avortés par leurs mères.
Ils me sont proches, sans les connaître, ils me sont très chers.
Dans mes chapelets, ils apparaissent tous ensemble
Trois petits chérubins, trois anges au cœur tendre.

Ils batifolent au Ciel, donnant à la Vierge bien de la peine,
Turbulents, si vivants et agités,
Au Ciel où ils grandissent et apprennent,
Au fil de mes jours, de mes mois, de mes années.

Leur temps n'est pas le nôtre mais ils vivent dans nos prières
Mes yeux sont leurs yeux, ma bouche est leurs cris
Ils contemplent toute la beauté de l'univers
A chaque instant où je vis, où je prie.

Dans une famille au Ciel, et très aimés, et très chers
Avec Marie notre Mère et Dieu notre Père.

samedi 26 mai 2018

Vous êtes le diesel de la terre




Dans le matin, il luit faiblement, garé devant la maison
Notre deuxième demeure, notre Jumpy, notre cocon.
Ma grosse caisse au doux métal  qui contient tout le monde,
Qui recouvre et protège mon univers, tout un monde...
Combien d'enfants, petits et grands, éveillés ou somnolents
Combien de sacs de courses, balancés derrière, devant,
De pacs de terreaux, de fleurs arrachées à une jardinerie
De vélos, de tentes, de bottes, de sandwichs un peu pourris
Au gré des routes, des plaines, des cahots, de la belle forêt
Au gré des saisons, de l'hiver au chaud, de l'été bien frais,
Il avance pendant que larmes brûlantes coulent doucement,
Colères rentrées, rages incontrôlées surgissent brutalement,
Ruminations concentrées, contemplations rêveuses
Des paysages, hérons féeriques, biches merveilleuses
Avec des rythmes éperdus, des sons mélancoliques
Un cœur, un moteur, des artères nourries de musique
Il galope, et son ronronnement continu me mène
Sans coup férir dans une autre dimension, une arène
Celle de mon cœur, de mon âme, dans ce monde je vis,
Au plus profond de mon être, je conduis et je prie...

jeudi 19 avril 2018

Acouphènes




C'est le soir. Dans le silence de la nuit qui vient
Avec ses bruits furtifs, ses pas de loup, ses cris
Je guette l'endormissement du monde, son soupir,
Sa longue voix profonde, son sommeil, et le mien.

Et alors un message doux et aigu me parvient!
A l'oreille, il pianote, décidé et frénétique,
La liaison se brouille puis reprend, hystérique,
Je m'enfonce dans mon cerveau, je la tiens!

Le télégraphe se déchaîne, l'oreille fait le lien,
Il ne me lâche plus, il m'informe, toute la nuit,
Quel est son langage, quelle est sa musique?
Décoder l'acouphène, écouter sans fin.

Nouveau jeu, nouvelles règles pour survivre
Comprendre ce morse, répondre ou mourir.