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jeudi 3 décembre 2020

Journal du deuxième confinement, Jeudi 3 Décembre, "c'est proprement surnaturel"


 Comme d'habitude, je suis en retard le matin pour emmener ma petite à l'école, simplement parce que je n'ai pas intégré dans le "timing" le temps passé à produire mon attestation. Une minute en gros mais ça désorganise tout. Evidemment, en revenant de l'école je m'arrête faire des courses. Dois-je refaire une attestation? Question épineuse, digne des délires de nos gouvernants : aller se balader dans un rayon de 20km en trois heures, porter un masque même dans la forêt et sans cueillir les champignons, aller au ski sans remonte pente, aller à l'hôtel (mais pour quel motif acceptable?) sans pouvoir s'y restaurer, aller à l'église sans trop pouvoir s'assoir, etc...

J'avoue essayer faire abstraction le plus possible au quotidien de ces histoires de virus et de restrictions. J'essaie de vivre normalement, ce qui s'apparente de plus en plus à de la survie mentale. Ma sœur me fait rire : elle m'explique avoir acheté de jolies custodes pour ses beaux-parents qui voudraient recevoir la communion par un tiers chez eux de temps en temps. Je lui demande où est-ce qu'elle a acheté ses custodes : "ben par Amazon pardi! c'est mon dieu, Amazon".

Je regarde dimanche un reportage sur un entrepreneur en Alsace, qui a plusieurs boutiques de produits alsaciens, (au départ du pain d'épice) et donc aussi des usines. Il a développé l'affaire de ses parents. Le gars est vraiment attachant; l'entrepreneur inventif, dynamique, travailleur, qui fourmille d'idées et qui crée des emplois, réaliste et humain. Bref, un gars bien. La pandémie passe par là, ou plutôt une gestion étatique passe par là et tout ce qu'il a édifié est balayé. Il reste héroïque dans la tourmente. Il doit fermer ses boutiques, ses usines, licencier des personnes. Il rentre le soir chez lui et pleure devant sa femme et ses deux garçons. Vraiment, il demeure pour moi l'archétype de l'homme "bien". Je voudrais que tous mes garçons lui ressemblent. Curieusement, ce témoignage, même s'il fait froid dans le dos, me procure aussi un sentiment positif. Tant qu'il y aura des personnes comme cet entrepreneur, il y aura de l'espoir pour notre pays. Pourvu que les suicides ne fauchent pas tous ceux qui restent.

Grandes manœuvres hier mercredi, je grimpe à l'échelle dans mon préau pour choper dans le grenier ma crèche. Il y a plusieurs caisses et des sacs de guirlandes. Gaby à qui je demande de tenir l'échelle (c'est symbolique comme soutien mais cela me rassure) m'encourage : "mets ton pied plus bas... oui c'est bon!" Je suis sujette au vertige mais je le surmonte parce que la crèche c'est important. Ironie de l'histoire, j'ai commencé "Les hauteurs béantes" de Zinoviev, magnifique roman sur les totalitarismes. Sur mon échelle, en regardant vers le bas, je cogite comme Zinoviev : ""Comment expliquer cette vitalité de l'ivanisme [ remplacez "ivanisme" par "socialisme" ou bien par  "fanatisme de la crèche"] ... L'histoire ne suit pas du tout le cours qu'il avait prédit. La science le réfute à chaque pas. Tout le monde se moque de lui. Mais il ne fait que se renforcer et s'étendre. C'est proprement surnaturel!"


samedi 7 novembre 2020

Journal du deuxième confinement, Samedi 7 Novembre, bac à sable



Avec Gaby, nous passons nos soirées devant des docus télévisés animaliers et les émissions de "L'incroyable docteur Pol". C'est un vétérinaire d'origine néerlandaise installé dans le Michigan depuis des années et dont on relate la vie de vétérinaire. C'est absolument passionnant, souvent peu ragoutant mais Gaby est fascinée. Hier soir, dans un docu sur les océans, le commentateur s'emballe sur les créatures marines, "ces as de la transformations, ces virtuoses du sexe". La pornographie animalière ( je provoque!) est hallucinante d'inventivité et je ne suis pas sûre que Gaby doive en apprendre autant. Mais en fait, tout ceci est plutôt sain, on réalise au fil des explications que tous les animaux ont un instinct de conservation extraordinaire et qu'ils se sacrifient entièrement pour leur progéniture ou espèce. Certes, beaucoup se retournent et tuent leurs propres petits mais il y a toujours à la base une logique de survie.

Gaby, comme tous les enfants, observe et commente naturellement et froidement avec ce manque d'empathie et de réalisme propre aux petits et qui disparaît avec l'âge, une fois que les fonctions affectives et rationnelles se coordonnent bien.

J'ai cédé à l'ennui : j'ai "trollé" sur facebook, sous une publication Europe 1 qui annonçait une grève des profs mardi prochain. C'est la première fois, je crois, que je cède à ce petit jeu. J'ai écrit : "J'ai une idée : si on mettait les commerçants qui veulent bosser, eux, à la place des profs en grève. Je suis sûre que leurs cours seraient super intéressants (ils savent compter au moins et ils connaissent la réalité) et ils seraient payés à la place des profs!!"

Puis, en réponse à un commentaire : "il ne s'agit pas d'être meilleur que son pâtissier (ici meilleur que les profs). Il s'agit tout simplement de prendre la place de gens qui n'en n'ont à rien à foutre de bosser (et qui sont payés quand même avec nos impôts). Quand quelqu'un ne fait pas le job, on le remplace. Et très honnêtement, je pense que pas mal de commerçants feraient vraiment des super profs."

Pour mon premier commentaire, j'ai environ 200 like, comme quoi les gens apprécient ce commentaire qui est plus une boutade ou un mouvement d'humeur tourné contre une caste professorale que je connais particulièrement bien. Mais depuis j'ai tous les jours des commentaires vipérins d'une majorité de profs féminines remontées. Je me demande quand est-ce qu'elles vont arrêter de commenter une simple annonce Europe qui date déjà de deux jours... L'un des commentateurs va jusqu'à me dire, faute d'orthographe incluse : "tu me rappeles Trump! "  J'ai été à deux doigts de re commenter en lui expliquant que c'était pour moi un fort beau compliment mais là je pense qu'ils m'auraient lynchée jusque dans mes chiottes. J'avoue que cette expérience est digne de l'observation des docus animaliers que je regarde avec ma fille.

J'ai fait une autre chose étrange, hier; j'ai écouté Arnaud de Montebourg analyser le système de Bercy et expliquer que ce dernier est à changer du tout au tout si l'on veut gouverner intelligemment ce pays. Un gauchiste dénonçant l'étatisme mortifère. Comme quoi tout arrive dans ce pays et même si tout paraît mort et verrouillé, l'anticipation d'un futur libre se fait sentir comme le printemps arrive nécessairement après l'hiver.

jeudi 5 novembre 2020

Journal du deuxième confinement, Jeudi 5 Novembre, le trumpisme

 

Une petite traduction, vite fait, bien fait (hum..).
"Quel que soit le vainqueur - et les vrais professionnels de la prédiction, les bookmakers, font maintenant remonter la côte de Donald Trump - Donald Trump a déjà accompli l'impossible. Il a gagné la bataille morale.
Depuis 2016, les Démocrates et la plupart des médias nous ont dit que la victoire de Trump sur Hillary Clinton était une aberration électorale et morale. Trump n'était pas Hugh Hefner, mais "Drumpf" le suprémaciste blanc. Ils nous ont affirmé que les électeurs, échaudés par quatre années à l’ombre du drapeau orange du fascisme, reconnaîtraient leur erreur comme étant un péché, et se repentiraient. Ils nous ont certifié qu'en 2020, les États-Unis reviendraient à la normale et que la classe des politiciens professionnels pourrait retourner à son devoir d'homme d'État, qui consiste à solliciter des dessous de table, à approuver des politiques stupides, comme l'invasion de l'Irak ou le démantèlement de notre base industrielle, et à dire aux ploucs de ne pas s'accrocher à leurs armes, à leur religion et aux autres symboles de leur privilège blanc.
L'illégitimité morale de Trump a fait de sa victoire une insulte à la décence et une menace pour la démocratie (…). Les médias sont allés plus loin : Trump ne transpirait pas seulement la vulgarité, il exhalait aussi les vapeurs fétides de nuits passées avec des prostituées russes et, pire encore, les vapeurs nauséabondes du nationalisme blanc. Il n'était pas seulement un maquereau : il était aussi un fauteur de guerres.
Les sondeurs, lamentablement, ont suivi la ligne des Démocrates presque à l'unanimité. Ils nous ont assuré que Trump n'avait aucune chance : Biden se dirigeait vers une victoire écrasante.
Tel est l'enjeu que les Démocrates se sont fixé, alors même qu'ils misaient sur Biden, le roi de la gaffe, un homme tellement accroc qu'il peine même à se mettre le doigt dans l’œil. Et puisque tel était l'enjeu, les Démocrates ont perdu dès qu'il est apparu clairement que Trump avait gagné en Floride, puis en Ohio. Le raz-de-marée Démocrate n’a pas eu lieu.
À trois heures du matin, lorsque Trump a modestement déclaré qu'il avait « franchement gagné l'élection », un seul État, l'Arizona, avait changé d'avis par rapport à l’élection précédente. Bleu ou rouge, les lignes tracées en 2016 sont restées solides. Biden n'a réussi à faire bouger aucune d’entre elles- malgré le chantage moral, malgré les manipulations orchestrées par les médias, malgré les fausses nouvelles en provenance des bureaux de vote, malgré l'affirmation ridicule selon laquelle les décès du COVID-19 étaient tous de la faute de Trump.
Quoi qu'il advienne désormais, la solidité du soutien dont bénéficie Donald Trump a confirmé qu'il n'y aurait pas de retour en arrière. Les électeurs savent qui il est. Ils ne s'intéressent pas à sa moralité, mais à sa politique. Et ce n'est pas seulement une politique de rejet : elle contient aussi la promesse d'une renouveau économique et sociale.
Or, la politique n'est pas la moralité. Si c'était le cas, nous n'aurions pas eu Trump comme président en premier lieu. Mais l'étroitesse du résultat de cette élection justifie l’improbable discours moralisateur de Trump : ses attaques contre les élites corrompues, sa dénonciation du mépris dans lequel les gouvernants tiennent les gouvernés.
Les problèmes que nous englobons sous le terme de « populisme » sont réels et ne peuvent être balayés sous le tapis. Trump a remodelé la politique américaine, parce que la politique américaine est remodelée par les électeurs. La résistance de Trump, sans même parler de sa possible victoire, le confirme. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, c'est lui qui a dit la vérité aux Américains."
https://spectator.us/hidin-biden-election-trump-politics/?fbclid=IwAR1HvhXeDvFCI5Yg1yer5uKy9irWyp2c5vu7aorf0_5qsc1NaMG6ZTmRWTE

mercredi 4 novembre 2020

Journal du deuxième confinement, Mercredi 4 Novembre, Trump

 



Trump est l'incarnation du monde libre en ce qui me concerne, l'incarnation de la lutte contre le socialisme. Le socialisme, cette lèpre qui s'est répandue partout en Europe et en France et qui a rouillé toutes les structures, tous les cerveaux. Et qui tue, au sens littéral du terme. Ce n'est pas le virus qui assassine le plus aujourd'hui, ni même le terrorisme, c'est bien le socialisme.

Trump est un président qui réussit à ne pas faire de la politique pour diriger son pays.

Je suis donc les élections américaines avec beaucoup d'angoisse, car j'ai vraiment le sentiment que si Trump était évincé, "les ténèbres recouvriraient l'Europe" (citation approximative de la fin d'un roman de Dantec). Ou plutôt les ténèbres recouvriraient cette fois, pour de bon, le monde.

Nos prêtres s'organisent. Il est question, cette fois-ci, de pouvoir fréquenter les églises laissées ouvertes et du coup de pouvoir recevoir quelques sacrements. Ceci dans une quasi clandestinité ou discrétion absolue. Etre chrétien aujourd'hui, être libre aujourd'hui, c'est apprendre à s'enfoncer dans les catacombes ou bien dans les ténèbres. Et se laisser guider par une seule boussole, le Christ. Il est le Chemin, la Vérité, la Vie. Il est la Lumière du monde. Ces moment d'épreuves nous le rappellent de façon concrète. Comment faire face au désespoir de tous ces gens qui vont perdre leur emploi, leur commerce, leur logement, leur vie? Pour la première fois, je ressens le besoin de me rapprocher de ma paroisse, je m'oblige, alors que mon tempérament est plutôt d'un naturel réservé (et certainement égoïste), à me tourner vers d'autres, à proposer des services concrets. Mon expérience de mère de famille nombreuse me sert assez bien.

Je remplis consciencieusement mon attestation avant de sortir; je coche "motif familial impérieux". Si un flic m'interroge, je répondrai un truc du genre : " je dois rencontrer quelqu'un qui a besoin de moi et qui est très très âgé (Dieu est effectivement très vieux et Il a besoin de nous, d'une certaine façon); le rendez-vous est à l'église qui a le droit d'être ouverte".

Je lis la 1ère lecture du jour, elle est parfaite : 

Ainsi, mes bien-aimés, vous qui avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et profond respect ; ne le faites pas seulement quand je suis là, mais encore bien plus maintenant que je n’y suis pas.
Car c’est Dieu qui agit pour produire en vous la volonté et l’action, selon son projet bienveillant.
Faites tout sans récriminer et sans discuter ;
ainsi vous serez irréprochables et purs, vous qui êtes des enfants de Dieu sans tache au milieu d’une génération tortueuse et pervertie où vous brillez comme les astres dans l’univers,
en tenant ferme la parole de vie. Alors je serai fier de vous quand viendra le jour du Christ : je n’aurai pas couru pour rien ni peiné pour rien.
Et si je dois verser mon sang pour l’ajouter au sacrifice que vous offrez à Dieu par votre foi, je m’en réjouis et je partage votre joie à tous.
Et vous, de même, réjouissez-vous et partagez ma joie." (Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2,12-18)


mardi 3 novembre 2020

Journal du deuxième confinement, Mardi 3 Novembre, Enfoncer les portes ouvertes


 On se raccroche aux branches comme on peut. Ce matin je fais travailler Gaby un peu mieux qu'hier. Normalement elle devrait reprendre l'école jeudi, si la maîtresse a les résultats de son test. Il faut dire que les délais de réception de ces tests Covid demeurent très aléatoires. Ca peut varier de 24H à plus d'une semaine. Autour de moi certains pratiquent le test à tout va. Le télétravail que notre gouvernement veut rendre obligatoire (ben oui quoi, pourquoi les gens s'obstinent-ils à vouloir se rencontrer?? ) est déjà pratiqué qu'on le veuille ou non par la multiplication des "cas-contact". On peut être cas-contact moult fois. C'est pratique. 

On se raccroche aux branches comme on peut. Un délai d'une journée est accordé par le gouvernement à la Grande Distribution pour vendre ses produits non essentiels. Le délire, toujours fort, toujours plus loin. Ces gens sont devenus fous. Ils ont perdu tout sens rationnel. Et ils nous gouvernent. Sans doute une des séquelles graves du Covid.

On se raccroche aux branches comme on peut. Il se pourrait que j'ai prié avec une ou deux bobonnes à la maison. Mais j'ai dû rêver. Ou pas. Il faut commencer, je crois, à "enfoncer les portes ouvertes". Au sens littéral du terme.


lundi 2 novembre 2020

Journal du deuxième confinement, lundi 2 Novembre, le jour des défunts










En rentrant hier soir de la pension où j'ai emmené mes garçons et leurs amis (cluster dans le Jumpy), vers 23 heures, je passe à travers champs et j'arrive sur un passage étroit sous un petit pont. Une voiture est encastrée sur le mur droit, complètement de travers. Je me gare et sors dans la foulée. Une jeune femme se précipite : "tout va bien, personne n'est blessé, nous attendons un 4X4 pour nous dépanner." ça sent le plan foireux du jeune con bourré qui a loupé son virage. Sans masque et sans attestation cela va sans dire. Sans rien ajouter, je remonte dans ma voiture et fais demi-tour. Les lapins bondissent dans les champs sous le feu des phares. La campagne est belle à cette époque. les routes tapissées de feuilles s'illuminent à mon passage, comme si je m'enfonçais dans les profondeurs sous-marines d'un océan agité. Il se passe toujours quelque chose dans ces contrées paumées. La solitude est un leurre.

 La journée commence par une messe. Oui, vous avez bien lu, j'ai pu avoir une messe, dans mon église, avec de vrais prêtres. Bon, il n'y avait plus de flics à l'entrée, les terroristes étaient focalisés sur les écoles. J'ai emmené Gaby avec moi, sa maîtresse est malade donc elle a quelques jours de vacances supplémentaires. J'ai mis sur mon attestation de sortie : "motif impérieux". Prier pour les défunts ça me paraît assez impérieux. Dernière messe avant je ne sais quand. Sur le retour, nous nous arrêtons pour observer des chevreuils.

Je repars faire des courses et fais le plein de produits qui seront peut-être estimés "non-essentiels" par les guignols qui nous gouvernent : de la teinture pour cheveux et des paires de collants. J'avais fait une sorte de voyage en Pologne en 86 (avec un passage aussi en République Tchèque) et je me souviens d'un paquetage rempli de maquillage et de collants qui manquaient à la population. Vive notre socialisme soviétique!

J'avoue être beaucoup plus effrayée par ce totalitarisme français que par le terrorisme.



mardi 12 mai 2020

Mardi 12 Mai, Les jours d'après, la situation conditionnelle




 Ce confinement se termine comme il a commencé : par un grand ménage. Avec la tempête qui a sévi depuis deux-trois jours, tout est à balayer, aspirer, dehors comme dans la maison. Hier, grand ménage de la petite école, avec des aménagements pour se rapprocher au mieux des directives d'état. Au bout d'une heure de nettoyage avec quelques mamans, nous prenons un café, baissons nos masques et nous racontons notre période de confinées. La sidération qui a frappé tout le monde, à l'annonce du confinement est encore prégnante. Mais nous commençons à réaliser, à comprendre les tenants et les aboutissements de cette période : le confinement nécessaire puisque l'état de nos structures sanitaires ne donnait aucune autre possibilité de gérer; la privation de nos libertés dans bien des domaines et l'augmentation de ces privations encore aujourd'hui, le crash économique et la récession qui s'annonce. 

Nous aurons tenu une heure en gestes barrière et distanciation sociale.

L'après midi j'embarque un de mes fils pour nettoyer et vider une chambre d'étudiant désormais inutile. Je ressemble à la fin de cette journée à une éponge aux vagues relents saumâtres de javel. Je ne me rappelle même plus l'odeur de mon parfum, Bloom of rose.

Excellente analyse, qui reflètent parfaitement de mon état d'esprit, quelques extraits :

Nous avons subi depuis le 17 mars une période qui fera tristement date dans l’histoire de notre pays sur le terrain des libertés publiques. Chacun de ces 55 jours pendant lesquels nous aurons été privés de notre liberté d’aller et venir, de notre liberté d’entreprendre, a été un jour de trop.
Le confinement n’est pas le résultat direct de l’épidémie ; il est la réponse qu’appelait l’impréparation de l’État devant cette crise sanitaire."
(...)
"Le gouvernement n’aurait jamais dû avoir les pouvoirs inouïs qu’il a saisis grâce à cette crise. Avec le fil à retordre que ce peuple indiscipliné leur a donné depuis des mois («gilets jaunes», grèves des transports publics, manifestations diverses), il est explicable, mais regrettable, que les pouvoirs publics soient réticents à perdre cette pause sociale providentielle obtenue en claquemurant le pays."
(...)
Nous ne pouvons pas être mis, à partir du 11 mai, dans la situation d’un prisonnier en liberté conditionnelle. Nous ne sommes pas des prisonniers en fin de peine: nous sommes par principe libres. Sortir de chez nous n’est pas une faveur qu’il nous faut convaincre l’État de nous accorder: l’État nous doit cette liberté, il nous la doit tout le temps, du 1er janvier au 31 décembre, il n’a pas de justification sinon.
(...)
Si le gouvernement, au lieu de maintenir ce climat anxiogène, au lieu de déconseiller aux Français - comme l’a fait cet irresponsable ministre de la Santé - de réserver leurs vacances, ne fait pas tout pour leur redonner confiance et pour les convaincre que cette période de confinement ne reviendra plus, l’économie ne se relancera pas. Et si l’économie s’enfonce dans le marasme, le pire est à craindre pour notre pays avec des conséquences bien pires encore qu’une surmortalité épidémique.
(...)
Répondre à cette crise sanitaire par l’anéantissement des libertés publiques est plus simple que de travailler à enfin doter le pays des dispositifs préventifs et de soin dont l’insuffisance a précipité ce drame ; mais est-ce seulement cette réponse-là que nous sommes en droit d’attendre des pouvoirs publics après deux mois de confinement?
Pour quelle raison, si l’épidémie reprenait de la vigueur dans quelque temps, le pays ne disposerait-il toujours pas des moyens sanitaires adaptés à la situation et notre gouvernement n’aurait-il que le désastre d’un nouveau confinement à proposer comme solution?"
J'ai terminé un petite herbier à faire durant la période de confinement, commandé par la maîtresse de Gaby.







vendredi 8 mai 2020

Vendredi 8 Mai, Journal de Bord, le temps se couvre

Dehors, le temps se couvre aujourd'hui, il est à l'orage. La pression se fait de plus en plus forte; certains prélats dignes de ce nom dans l'Eglise Catholique lancent un vibrant appel à leurs "Confrères dans l’Épiscopat, au Clergé, aux Religieux, au Peuple de Dieu et à tous les hommes de bonne volonté" pour stopper la vague de limitations à nos libertés engendrée par des états fort intéressés par un pouvoir mondial. Cela se traduit plus directement pour l'Eglise à l'interdiction de célébrer le culte. Aujourd'hui, nous apprenons que certains évêques interdisent formellement à leurs prêtres d'aller célébrer des messes dans les familles, sous le prétexte de "favoritisme". Prétexte pour le moins étrange : depuis des décennies, bien des personnes isolées et des vieillards dans les maisons de retraite se contentent de suivre leur messe à la télévision et reçoivent l'Eucharistie de façon épisodique. Et personne dans notre Eglise ne criait au "favoritisme" pour ceux qui pouvaient se rendre à l'église! Il me semble que cette façon de procéder, dans les familles, auraient permis de renforcer les liens entre tous et de faire profiter à nos prêtres d'une évangélisation au plus près de leurs ouailles.
La pression est énorme pour nos pauvres prêtres : désobéir à leur évêque, eux qui ont fait de leur vœu d'obéissance l'alpha et l'oméga de leur vie spirituelle? Couper les hommes de la Source vive, ce qui est à l'inverse de la finalité fondamentale de leur vocation?
Affaire à suivre de près, ici, un lien pour signer cet appel important : par delà le problème du culte, l'appel reprend toutes les conséquences humaines, économiques, scientifiques, intellectuelles de la gestion de cette crise et c'est passionnant à lire.

Les cardinaux Müller (ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi), Pujats (évêque émérite de Riga) et Zen (évêque émérite de Hong Kong), ainsi que les évêques Viganò (ancien nonce apostolique), Negri (archevêque émérite de Ferrara-Comacchio), Peta (archevêque métropolite d’Astan), Schneider (évêque auxiliaire d’Astana), Lenga (archevêque émérite de Karaganda), Gracida (évêque émérite de Corpus Christi) et Laun (évêque auxiliaire de Salzburg), rejoints par un certain nombre de laïcs (voir ici), lancent cet appel :
http://veritasliberabitvos.info/appel/
Il est possible de signer cet appel ici :
http://veritasliberabitvos.info/signez-lappel/

jeudi 7 mai 2020

Jeudi 7 Mai, Journal de Bord, "l'été culturel et apprenant" avec El Trafiquant

"Cet été sera un été culturel et apprenant" déclare, grandiose, le président. "Les français iront à la redécourverte de nos terroirs, de nos territoires, de notre patrimoine" ajoute en écho un certain Lemoyne, qui porte bien son nom : affidé à la secte d'état. "Pas question d'aller à l'autre bout du monde" ajoute t-il dans un grand élan de fanatisme religieux, persuadé d'être suivi et compris par la masse française sous covid.
En écoutant avec stupeur ces déclarations dignes du langage soviétique le plus pur, l'envie pressante me vient de préparer les passeports de toute la famille et de partir à l'étranger avant que nos frontières soient définitivement fermées pour une durée indéterminée. Objectivement, on n'est pas loin de préparer ses valises comme Georges Marchais et sa Liliane, sauf que ce ne serait pas tout à fait pour rentrer à Paris.
Le monde de demain ressemble de plus en plus au monde d'avant, celui d'une Union Soviétique pimpante, avec son langage, ses codes, ses Plans et ses manières totalitaires d'élus complètement lâchés. Bientôt, les jeunes universitaires, laissés en plan dans le déconfinement, devront aller aux champs contraints et forcés. Les lois liberticides, contraignantes, absurdes se succèdent en rafales et tout le monde est pris sous le feu.
Des voix s'élèvent, de plus en plus en audibles, pour soulever l'idée que, de deuxième vague de corona il n'y aura pas forcément. Pourquoi pas? Mais une deuxième vague de récession économique, de chômeurs, celle-là s'annonce pour de bon à l'horizon et elle est gigantesque.
Je me gare en trombe sur une place "électrique" à mon super U. Un quidam masqué m'interpelle : "z'avez vu que c'est pour les places électriques?!" Je hoche la tête aimablement. "Et vous en avez rien à foutre en fait" insiste t-il avec indignation. "Bah, une amende de plus ou de moins, vous savez, oui, vous avez raison, j'en ai rien à foutre". Ma réponse souriante le fait reculer comme un ragondin dans son terrier.
El Trafiquant désherbe le long de ses haies, avec son engin bruyant au moment où nous nous installons pour le déjeuner sur la terrasse. Impossible de tenir une conversation. Je m'imagine le hacher menu avec son "désherbeur" électrique. Mais El Trafiquant renaîtrait de ses cendres comme les pissenlits ou les orties de son jardin, El Trafiquant est increvable, El Trafiquant est indestructible. Je n'ai pas encore trouvé de solution. L'été s'annonce volcanique.

jeudi 13 mars 2014

POURQUOI IL NE FAUT PLUS JAMAIS VOTER



CHEZ HASHTABLE

Le gouvernement ment. Quelle surprise ! Quelle surprise ?


C’est un véritable festivalls auquel les déhanchements ayraultiques du premier ministre ne changeront rien : tout le gouvernement semble à nouveau mouillé dans un énième scandale dont la proportion, largement enflée par les agitations de la droite et d’une presse frétillante, prend celle d’une affaire d’État.
saperlipopette !Pour résumer, on a appris récemment – quelle abomination – que l’ex-président Sarkozy, non content d’avoir été trahi par un Buisson ardent de l’enregistrer avec son petit dictaphone, avait aussi été mis sur écoute sur tous ses téléphones portables, et que, par voie de conséquence, il avait été écouté aussi lorsqu’il papotait avec son avocat, Me Herzog. Au passage, c’est amusant de s’apercevoir qu’il n’y a jamais eu autant de micros à proximité de Carla, mais que c’était pour enregistrer son mari et pas elle. Comme quoi …
L’histoire aurait pu s’arrêter là si on n’avait pas découvert, cacophonie du gouvernement aidant, que l’enquête en cours était connue des plus hautes personnalités de l’État, dont Taubira, qui aura eu la présence d’esprit de nier, et Ayrault, qui aura eu la présence d’esprit de confirmer. Pataquès et collisions, on s’amuse, on rigole, mais tout ça ne fait guère organisé et contrôlé.
Bref. On découvre donc que le gouvernement raconte des salades.
Une partie de la presse en fait ses gros titres, l’autre verse dans l’analyse enfiévrée. Tout le monde se bouscule pour dire en quoi tout ceci doit être analysé (surtout la presse), en quoi cette affaire est énorme (surtout la droite), en quoi la surprise s’y dispute avec la consternation voire l’effarement (un peu tout le monde).
Diable.
En quoi tout ceci est-il si étonnant ?
Valls aurait menti. Taubira aurait menti. Ayrault aurait menti. Ah. Mais est-ce la première fois ?
Non, c’est même d’un banal achevé. Ce sont des habitués de la pirouette linguistique, de l’atténuation pratique, de la métaphore camouflante ou du pipeautage de grand chemin. Et, du reste, comment imaginer une seule seconde qu’un type à la place de Valls pouvaitne pas être au courant que des écoutes étaient pratiquées ? Comment une personne à la place de Taubira aurait pu ne pas savoir que le système judiciaire enquêtait depuis des mois et des mois sur certains de leur principaux opposants politiques ? Comment imaginer que Ayrault ait été tenu hors de la confidence ? Comment Hollande pouvait-il ignorer tout cela ?
Admettre, même du bout des lèvres, qu’une de ces personnes n’était pas au courant, c’est admettre en creux que ces gens ne sont, tout simplement, pas à la hauteur de leur tâche ! Ce serait admettre que l’appareil d’État leur échappe quasi-totalement, ce qui serait gravissime pour le coup par la démonstration d’une administration sans contrôle… Et si l’on admet qu’ils auraient dû être au courant mais qu’ils ont expliqué, de bonne foi, n’en rien savoir parce qu’ils auraient été débordés dans leurs nombreux dossiers, ou n’auraient pas attaché d’importance à des petits détails techniques d’une procédure parmi tant d’autre, bref, si l’on admet qu’ils disposaient de l’information mais n’en ont rien fait, c’est admettre implicitement qu’ils sont parfaitement incompétents.
Et bien évidemment, imaginer qu’ils puissent admettre tout savoir et même qu’ils pilotaient l’ensemble des écoutes, c’est croire que, tout d’un coup, le cynisme et l’honnêteté sans fard l’emporteraient sur l’hypocrisie et l’habitude du calcul politicien de long terme que leur ambition personnelle leur impose évidemment. Ils préfèreront, de loin, passer pour des menteurs et des hypocrites que pour des cyniques (qu’ils sont pourtant) ; jouer cartes sur table, pour ces individus, revient à finir comme Cahuzac.
De la même façon, on découvre que l’appareil judiciaire écoute un peu tous ceux qui sont mêlés de près ou de loin au pouvoir politique en France. Après avoir feint la surprise de découvrir que la magistrature pencherait un peu pas mal à gauche avec un « Mur des cons » assez gratiné, on feint maintenant d’apprendre que des magistrats, commandités par le gouvernement duquel ils n’ont normalement aucun ordre à recevoir, ont placé sur écoute un paquet de personnes politiques, directement ou indirectement. Et ce serait surprenant ? Mais c’est, là encore, d’un banal parfaitement complet ! Cela se pratique pour ainsi dire depuis que le pouvoir intéresse les hommes, et la gauche, toute drapée de sa morale en carton systématiquement portée en étendard, n’échappe en rien à la règle : ces gens espionnent tous ceux qu’ils peuvent, tout comme la droite l’a toujours fait aussi.
la vie des autres se fait chier
L’opposition trouve à présent scandaleux que les uns aient menti, que les autres aient espionné. Comme ces parangons de vertu et de probité sont mignons à s’égosiller ainsi. Ainsi, Michèle Alliot-Marie, celle-là même qui proposa d’assister Ben Ali lors de la révolution tunisienne, réclame la démission de Taubira pour des raisons éthiques. Quelle blague. L’éthique pour MAM ou Taubira, c’est ce que la vaisselle de mariage est au vieux couples : encombrante, ébréchée et sortie seulement aux grandes occasions.
Tout ceci est, bien évidemment, du parfait théâtre sans le moindre intérêt ! On voit mal Sarkozy et sa clique prendre ça avec détachement alors que des élections approchent et que ceci leur sert d’argumentaire électoral en platine : la gauche vous ment (nan, sans blague !), l’Etat vous espionne (oh, vraiment ?), et tout ceci mérite des actions fermes et déterminées à base de menton en avant et de lippe tremblante de rage.
En réalité, ces affaires lamentables devraient surtout servir de contre-argumentairegénéral à toute élection puisqu’elles ne permettent, en définitive, que de choisir quel guignol, systématiquement de l’un ou l’autre parti, va décrocher la queue du Mickey dans le manège démocratique tintinnabulant. Ces guignols de gauche et de droite ou d’ailleurs se valent bien tous : entre les moyens massifs d’espionnage de la populationmis en place par la précédente équipe de Géo-Trouvetous délétères, moyens qui n’ont pas du tout été mis au placard depuis, loin s’en faut, et ces affaires récentes qui démontrent de façon absolument limpide que les bonnes petites bidouilles n’ont jamais cessé en République Populaire du Bisounoursland, je vois mal exactement ce qui pourrait motiver à voter pour l’une ou l’autre formation dont les objectifs restent évidents : la mise en coupe réglée du pays, le musèlement des vrais opposants et le contrôle étroit de la population.
De surcroît, on ne peut s’empêcher de voir que ces manœuvres qui déstabilisent Valls, Taubira et Ayrault n’auraient sans aucun doute pas autant de retentissement sans une presse aux aguets et dont le comportement montre surtout qu’elle adore ce genre de spectacle, au mépris évident et cynique des problèmes de fond (et de fonds) du pays. On s’en doute, un remaniement ministériel tomberait à point pour faire vendre des copies des zombies journalistiques qui, comme tout zombie, recherchent désespérément des cerveaux.
À quelques jours des scrutins, tout ceci donne un goût délicieux à cette démocratie dont plus personne ne se réclame, n’ayant plus que le mot « République » dans la bouche, l’autre ayant probablement déjà fondu comme un caramel sirupeux mais déjà oublié. De façon évidente, ces gens, tous, se moquent ouvertement du peuple, de l’avenir qu’il leur propose, des problèmes qui s’accumulent.
La démocratie, en France, est devenue une farce ridicule. Ce pays est foutu.
la vie des autres n'aime pas voter

jeudi 6 mars 2014

Les orientations marxistes inquiétantes du Pape François.

Quo vadis Domine
Révérend et filial message à Sa Sainteté le Pape François
du Prince Bertrand d'Orléans-Bragance
Des mouvements radicalement opposés à la propriété privée,
y compris par l'action violente, sont invités à participer à des réunions organisées par d'importants organismes du Saint-Siège et l'un de leurs leaders est reçu par le Souverain Pontife

En ma double qualité de Prince de la Maison impé­riale du Brésil et de participant actif à la vie pu­blique de mon pays, j'ai l'honneur de m'adresser à Votre Sainteté pour Lui faire part d'une grave préoc­cupation concernant la cause catholique au Brésil, et en Amérique du Sud en général.
Les Brésiliens le savent bien, c'est sur les instances du Pape Léon XIII, et malgré le préjudice politique fa­cilement prévisible qui en résulterait, que mon arrière-grand-mère, la Princesse Isabelle, régente de l'Empire, signa le 13 mai 1888 la Lei Àureal , abolissant définiti­vement l'esclavage au Brésil. Cela lui coûta son trône, mais lui valut de passer à l'Histoire comme La Rédemp­trice, et de recevoir des mains du Pape la Rose d'or en récompense de son abnégation en faveur de l'harmonie sociale et des droits des plus faibles.
Mû par le même sens de la justice et du dévoue­ment de mes ancêtres au service du bien commun, je


m'honore d'être à l'origine et d'animer depuis dix ans l'initiative Paz no Campo [Paix dans la campagne, qui promeut l'harmonie sociale dans le secteur agri­cole brésilien. Tâche d'autant plus impérieuse que, de­puis quelques dizaines d'années, les zones rurales du pays sont notoirement troublées par des occupations d'exploitations agricoles, d'agressions, de destructions de plantations, d'expropriations confiscatoires, d'exi­gences environnementales déraisonnables, le tout dans un contexte d'insécurité juridique.
Au coeur de cette agitation agricole — principale entrave au plein développement de l'agriculture et de l'élevage brésiliens, garants de 37 % des emplois au Brésil' et près de la moitié des emplois créés au premier semestre 20134— se trouvent le Mouvement des paysans sans-terre, connu sous son sigle de MST, et l'organi­sation internationale La Via Campesina [La Voie pay­sanne]5.

[1] Un dirigeant national du MST profite du séminaire convoqué par un organisme du Saint-Siège comme tribune pour promouvoir la lutte des classes

C'est donc avec consternation que j'ai pris connais­sance de l'invitation envoyée par l'Académie pontifi­cale des Sciences à M. Joâo Pedro Stédile, coordinateur national du MST et représentant de La Via Campesi­na, à participer en observateur au séminaire organisé par cette Académie, à Rome, le 5 décembre 2013, sur « L'Émergence des personnes socialement exclues », ses dépenses de voyage étant payées par le Vatican, se­lon les déclarations du bénéficiaire lui-même.
Cette consternation s'est diffusée dans les milieux catholiques les plus divers car, comme il était facile de le prévoir, le fameux agitateur du MST profita de l'événe­ment comme tribune pour promouvoir, une fois de plus, ses principes erronés et ses fausses solutions, les uns comme les autres basés sur la prémisse marxiste de la lutte des classes et sur l'utopie d'une société collectiviste.
Deux jours seulement après le séminaire réalisé dans l'enceinte du Vatican, M. Joâo Pedro Stédile fit en effet une conférence aux militants de l'ultra-gauche al­termondialiste d'Italie, dans un ancien théâtre de Rome


occupé par eux. Dans sa présentation, reproduite par l'Agence d'informations Adista6 , il a fait l'apologie de ses méthodes illégales. Selon ce qu'il y a dit, « la route des changements par la voie institutionnelle paraît blo­quée de façon décisive »; et il s'est vanté de ce que « tout ce que le MST a conquis au cours de ses trente ans de vie provient de la pratique des occupations de masse » de domaines agricoles, c'est-à-dire la violation systé­matique de la propriété privée en milieu rural.
La nécessité de ce recours à l'illégalité et même la violence de la part du MST résulterait, selon Stédile, du « contexte historique actuel, [où] le rapport de forces au niveau de la lutte des classes est assez défavorable aux classes ouvrières » — c'est-à-dire aux forces de gauche qui usurpent la représentativité des ouvriers.
Stédile admet même que « le monde vit une pé­riode de reflux du mouvement de masse » qui affecte jusqu'au MST car « les conditions de lutte de classes sont plus difficiles : les masses ressentent l'impossibilité d'une victoire, et font machine arrière ».


1.    NdT. Littéralement : la Loi d'or.
2.    L'initiative Paz no Campo est connue au Brésil pour défendre les principes de la propriété privée et de la libre initiative, selon les enseignements contenus dans les documents du Magistère traditionnel de l'Église.
3.    http://www.feedfood.com.briagronegocio-corresponde-37-dos-empregos-gera­dos-no-pais/


5.    Zone de Texte: - 1 -NdT. Sur José Bové, leader de La Via Campesina : http://www.viacampesina.org/ fr/index.php/actions-et-nements-mainmenu-26/10-ans-domc-ca-suffit-mainmenu­35/41-le-leader-de-la-via-campesina-josovib-suite-e-fortes-protestations
6.    htlp://www.adistaonlineitnop=articolo&id=53494

[2] « Le tournant de la lutte des classes sera mondial... et la terre tremblera »

Mais il affirme que ce manque de soutien populaire ne doit pas décourager les forces de gauche. Appelant à « l'école des marxistes historiques de Grande-Bre­tagne », le chef des envahisseurs de terres agricoles es­père que l'actuelle période de reflux soit aussi une «pé­riode de résistance... prélude à un processus de reprise ».
Cette période de résistance — qui, selon lui, pourra durer «plusieurs années » — doit être mise à profit pour « apprendre les leçons de la lutte des classes au fil du temps ». Et le MST doit en profiter pour sa «formation politique », remettant en valeur et « étudiant Marx, Lé­nine, Gramsci', mais aussi les Brésiliens Paulo Freire, Josué de Castro et tant d'autres », dit Stédile à ses audi­teurs altermondialistes italiens.


Permettez-moi, Saint-Père, de relever la menace par laquelle Stédile a conclu sa harangue : il a insisté sur la nécessité pour « la classe ouvrière de se réunir au niveau international », mais aussi en dehors des ONG et des Forums sociaux mondiaux — puisque ceux-ci auraient échoué dans leur mission d' « organiser le peuple » — et il a indiqué qu'il faut maintenant réu­nir « tous les mouvements sociaux du monde » dans un « autre espace » de confrontation face au capital finan­cier et international. De cette façon, a-t-il conclu, « le tournant de la lutte des classes sera mondial et, enfin, quand la phase d'ascension aura commencé, cela se fera de tous côtés. Et la terre tremblera ».

[3 ] Stédile se vante d'avoir reçu le soutien du Vatican et Leonardo Boff s'en félicite

Pour le moment la terre ne tremble pas. Mais je ne peux m'empêcher de me demander, Saint-Père, pour quelle raison l'Académie pontificale des Sciences a-t-elle invité ce paladin d'une utopie révolutionnaire si viscé­ralement antichrétienne et ce promoteur de la violation systématique des lois. Les classes populaires étant de plus en plus réfractaires à la prédication révolutionnaire, il est en effet évident que le leader du MST et l'ensemble de ses camarades révolutionnaires ne peuvent qu'avoir l'ambition d'instrumentaliser l'Église catholique et cer­tains organismes du Saint-Siège comme compagnons de route dans cette utopique aventure (d'où l'appel à étudier Gramsci, le grand idéologue de cette stratégie).
C'est ce qu'admet J. P. Stédile lui-même dans une entrevue' donnée à la presse aussitôt après sa confé­rence au Théâtre Valle Occupato, se vantant d'avoir réussi à « motiver le Vatican à nous aider, ainsi que La Via Campesina, en tant que mouvements sociaux, pour organiser plusieurs conférences l'an prochain ».
Il en attend « dorénavant un plus grand dialogue entre le Vatican et les mouvements sociaux », dont le ré­sultat serait que « dans nos pays [...] les églises locales écoutent les peuples au lieu du nonce apostolique, un bureaucrate au service de je ne sais qui ». Voilà com­


ment il rétribue le Vatican de l'invitation et du billet d'avion qu'il a reçus de lui, selon ses propres dires...
Si ce n'est les adeptes de la Théologie de la li­bération, quels sont les membres de ces « églises lo­cales » qui devraient mépriser les avis du représentant du Saint-Siège sous le prétexte d'écouter « les peuples » ?
Fort significatif est le ton euphorique par lequel un des coryphées les plus en vue de ce courant – l'ex-frère Leonardo Boff – a commenté l'incursion de M. Stédile au Vatican9.
Boff a manifesté sa joie de voir « les pauvres et les exclus » – en vérité les leaders d'extrême gauche ­maintenant « convoqués à Rome, auprès du Siège Apos­tolique, pour parler en leur propre nom ». Il a relevé que « le thème est éloquent : L'émergence des exclus. Voilà qui nous renvoie à un thème central de la Théo­logie de la libération quand elle en était à ses débuts : l'émergence des pauvres ».
D'après l'ex-religieux, le colloque en question peut signifier « le début d'une nouvelle volonté de réin­venter l'Humanité » (sic). Comme nous voilà proches du mythe de « l'homme nouveau » collectiviste, rêvé par Marx !

Zone de Texte: - 2 -[4] Message d'encouragement à une organisation internationale
Zone de Texte: Peut-être Votre Sainteté n'en a-t-Elle pas été cor¬rectement informée, mais les Brésiliens ont pris contact avec cette organisation subversive en avril 2006 à tra¬vers la télévision, quand ils ont assisté aux larmes de la chercheuse Isabel Gonçalves : cette dernière avait vu des efforts de vingt ans anéantis lors d'une attaque barbare par 2 000 militants de cette organisation contre l'entre¬prise Aracruz Celulose, dans l'État du Rio Grande do Sul'''. Au cours d'une opération parfaitement synchro¬nisée, les vandales avaient dévasté de vastes serres ex¬périmentales, des systèmes d'irrigation, des pépinières de plants, et avaient incendié des installations ainsi que détruit des équipements modernes de laboratoire.responsable d'actes de vandalisme
Tout ce qui vient d'être exposé, Saint-Père, est de nature à choquer des millions de catholiques brési­liens au courant du passé de violence, de crime, de des­truction et de misère que le MST et La Via Campesina ont laissé derrière eux en trente ans d'occupations illé­gales de terres et de domination totalitaire sur les mili­tants qu'ils réunissent dans leurs campements.
Ces Brésiliens seront encore plus déconcertés en ap­prenant qu'en plus de l'invitation envoyée à Joâo Pedro Stédile pour participer au séminaire de l'Académie pon­tificale des Sciences, mentionné plus haut, Votre Sainteté a enregistré sur vidéo, à cette occasion, un message de sa­lutations adressé aux participants de La Via Campesina.
7.      Ici et dans la suite du texte, les passages les plus significatifs de quelques            9. hilp://leonardoboff.wordpress.com/2014/01/10/os-movimentos-populares-latino‑
citations sont soulignés en caractères gras.                                americanos-junto-ao-papa-francisco/

Votre Sainteté peut calculer combien les millions de téléspectateurs effrayés par les sanglots inconsolables de la scientifique, trouveront invraisemblable qu'Elle ait stimulé La Via Campesina à « aller de l'avant » ­précisément ce que la scientifique ne peut plus faire, c'est-à-dire continuer ses méritoires recherches" !
Ces agissements de La Via Campesina, Saint-Père, n'ont pas été les seuls. Pour ne pas m'étendre, je n'en ajouterai qu'un exemple. En juin 2008, des membres de l'organisation ont détruit le fruit des recherches de la Sta­tion expérimentale de canne à sucre de Carpina, dans la Mata Norte'2, organisme lié à l'Université fédérale rurale du Pernambouc (UFRPE). Vers quatre heures du matin, deux centaines de membres de La Via Campesina sont arrivés sur place dans des autobus et ont neutralisé le veilleur de nuit. En une heure de temps, une action rapide leur a suffi pour détruire des plantations expéri­mentales dans les champs, et des résultats de recherches


du Centre de végétation pour les expérimentations. S'y trouvaient aussi des études de la Station expérimentale et celles d'étudiants en maîtrise et en doctorat.
Pour le directeur de l'unité de recherches, Djalma Eusébio, le préjudice scientifique et technologique est incalculable : « Ils ont détruit des plantes issues de re­cherches de plus de dix ans d'amélioration génétique. Également des études menées depuis deux ans ont été complètement détruites. Le préjudice est irréparable » a-t-il dit. Les militants ont pris la fuite avant l'arrivée de la police sur les lieux et ont laissé deux de leurs dra­peaux dans les champs".
Quant aux déprédations commises par le Mouve­ment des paysans sans terre, le MST, pendant des occu­pations de terre à caractère délictueux, voire criminel, leur relation occuperait un ouvrage volumineux. J'en épargne l'insipidité à Votre Sainteté.

[5]Comment La Via Campesina interprètera-t-elle l'encouragement du Pape François à « aller de l'avant » ?
Zone de Texte: bien d'autrui, envahir les propriétés étrangères sous prétexte d'une absurde égalité, sont des choses que la justice condamne et que l'intérêt commun lui-même répudie' (Rerum Novarum, 55). L'Église ne peut stimu¬ler, inspirer ni appuyer les initiatives ou les mouvements d'occupation de terres dans les propriétés agricoles, que ce soit par l'irruption avec usage de la force, ou par l'intrusion avec usage de la ruse ».14
C'est un avertissement que S. S. Jean Paul II répéta en novembre 2002 : « Pour atteindre la justice sociale, ce qu'il faut c'est beaucoup plus que la simple appli¬cation de schémas idéologiques à l'origine desquels se trouve la lutte des classes comme, par exemple, à tra¬vers l'occupation de terres — déjà dénoncée dans mon voyage pastoral en 1991 »15.
Les membres de La Via Campesina interprèteront probablement ses encouragements à « aller de l'avant » d'après leurs actions illégales décrites plus haut. Ce qui les mettra en net contraste avec les mots catégoriques avec lesquels son prédécesseur, S. S. Jean Paul II, a condamné à trois reprises entre 1991 et 2002, les occu­pations illégales de terres reprenant en cela l'enseigne­ment de Léon XIII.
Et plus particulièrement l'avertissement de Jean Paul II aux évêques de la région Sud 1 de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), en visite ad limina apostolorum au mois de mars 1995, quand il réitéra l'enseignement traditionnel de l'Église : « Je rappelle, également, les paroles de mon prédécesseur Léon XIII quand il enseigne qu"enlever de force le
[6]Un leader argentin de « cartoneros » considère la propriété comme du vol et rêve d'un socialisme fortement planifié

On comprend toutefois que Votre Sainteté n'ait pas eu connaissance des faits délictueux concernant La Via Campesina au Brésil, et que les paroles « aller de l'avant » ne signifiaient rien de plus qu'une clause de style destinée à conclure des salutations.
Mais — qu'il me soit permis de le dire avec tout le respect — ma perplexité serait plus grande dans l'éven­tualité où Votre Sainteté ne saurait pas parfaitement qui est Juan Grabois, argentin militant de la « gauche po­pulaire » péroniste, également invité par l'Académie pontificale des Sciences, non seulement comme un des organisateurs du séminaire précité mais aussi comme premier de ses conférenciers, donc celui qui donnerait le ton à l'ensemble du colloque.
Coordinateur du réseau des cartoneros — les ra­masseurs de vieux cartons de Buenos Aires — du Mou­vement des Travailleurs Exclus (MTE), et un des fonda­


teurs de la Confédération des travailleurs de l'économie populaire, cet avocat et militant de la gauche péroniste ne cache pas ses convictions ouvertement marxistes.
Dans un article pour l' AgendaOculta.net16, Grabois soutient la thèse que l' « accumulation originelle » de richesse par les classes aisées « provient d'un grand crime » que « le temps ne lavera jamais ». Pour lui la richesse des particuliers est nécessairement le fruit « du pillage, de l'esclavage, du vol, de la contrebande, de l'évasion de capitaux, de trafics [en tous genres, NdT], de malversations, du non paiement de dettes, de la cor­ruption, du détournement de fonds publics... ».
Et il ajoute : « Voilà, et rien d'autre, ce que sont les méthodes qui figurent au menu de tout aprenti-bour­geois ». Il inclut dans cette dernière catégories les tra­vailleurs de l'économie informelle qui réussissent dans leurs efforts car, selon lui, ils se transforment ipso facto


12.  NdT. Littéralement : la Forêt Nord.
14.  http://www.vatican.vatholy father/john_paul_ii/speeches/1995Imarch/documents/hf jp-ii spe 19950321_brasile-ad-limina_po.html (seulement disponible en portugais).


15.  http://www.vatican.vatholy father/john_paul_ii/speeches/2002/november/docu­ments/hf jp-ii_spe_20021126_brazil-sul-iii-iv_po.html (seulement disponible en portugais)

d'auto exploités en exploiteurs et tissent, eux aussi, des « systèmes péri-capitalistes d'accumulation basés sur le délit, l'exploitation, l'esclavage et la violation de tous les droits sociaux » de leurs collaborateurs et par­tenaires.
Ce qui veut dire que tout propriétaire individuel serait un voleur du simple fait d'être riche : la vieille thèse de Marx et Proudhon. Votre Sainteté notera qu'une simplification aussi grossièrement unilatérale, une telle haine de classe contre le « bourgeois » et la propriété privée, la libre initiative et le système salarial, se situe aux antipodes de la pensée de l'Église, et ne peut que conduire au « socialisme réel ».
C'est précisément le discours de l'idéologue des cartoneros argentins. « La construction d'une écono­mie populaire solidaire, austère, non consumériste », présuppose un « cadre stratégique » à caractère nette­ment socialiste et étatique : la « société sans exploités


ni exploiteurs » ne pourra se réaliser qu'à travers une économie « socialisée et planifiée »17, dit-il, ce qui im­plique « une intervention très forte de 1 'État »18, «régu­lant, planifiant, complétant et finançant les unités popu­laires de production »19.
En quoi ce modèle se distingue-t-il d'un retour à la défunte Union soviétique ? Du poison marxiste enrobé de mélasse humanitaire : voilà ce que sont les idées fonda­mentales de cet avocat révolutionnaire. Votre Sainteté a toutefois invité les cartoneros de Grabois à monter sur la tribune lors du chemin de Croix des Journées mondiales de la Jeunesse20, à Rio de Janeiro, en plus de gratifier leur chef d'autres gestes bienveillants comme l'audience qu'Elle lui a accordée21, deux heures durant, au mois d'août dernier, dans sa résidence de Santa Marta, à Rome.
Ces gestes de Votre Sainteté présupposeraient-ils un appui à la ligne tracée par l'idéologue Juan Grabois ? C'est ma filiale et respectueuse interrogation.

[7] Dans l'enceinte du Vatican résonnent les élucubrations anticapitalistes de Karl Marx

Naturellement Me J. Grabois s'est avidement em­paré de la tribune inaugurale du séminaire du 5 décembre [2013] pour appuyer ses analyses sur le marxisme, et « ex­pliquer » au cardinal Turckson, du Conseil pontifical «Jus­tice et Paix », et aux autres participants à l'événement, que Marx avait raison et qu'il n'avait seulement pas prévu tous les développements ruineux du capitalisme !
Je n'abuserai pas du temps de Votre Sainteté en résumant la conférence de Grabois, intitulée « Capita­lisme d'exclusion, périphéries sociales et mouvements populaires »22. Je souligne simplement qu'il reprend de vieux clichés marxistes sur le « caractère structurel de l'exclusion », qui d'après lui « sortent des entrailles du système économique financier global » comme une « conséquence de structures humaines injustes ».


Il considère donc nécessaire » d'analyser le capitalisme dans sa phase actuelle » globalisée, ainsi que « les nou­veaux antagonismes sociaux qu'il engendre ».
Selon l'avocat marxiste, cette question avait déjà été abordée par Karl Marx dans le chapitre XXIII du Capital. Ce que Marx n'a pas prévu, dit-il, c'est que ce monde globalisé sécrèterait une partie croissante de la population qui resterait en dehors du processus de production formel, constituant la « masse margi­nale » des « travailleurs exclus » qui, pour survivre, en­treraient dans le secteur informel de l'économie : ceux-là constituent « le sujet social le plus dynamique de cette étape historique ». Frei Betto23, cité par Grabois, qualifie les travailleurs de ce secteur comme « pauvre­tariat » (sic).

[8] Le MST et La Via Campesina, paradigmes du nouveau « pauvretariat » pratiquant l'action directe comme instrument de libération

Ces travailleurs informels seraient supposément motivés par l'aspiration à « un monde sans exploitation de l'homme par l'homme, où chacun recevrait selon sa nécessité et contribuerait selon sa capacité » (principe marxiste bien connu). C'est-à-dire que tous seraient des communistes en puissance, adeptes complets de l'uto­pie marxiste, même sans le savoir ! Saint-Père, que cette contre-vérité hurlante — qui prêterait à rire si elle n'était aussi terrible — ait été prêchée dans les enceintes du Siège apostolique, c'est ce qu'on n'arrive pas à comprendre...
Toujours dans sa conférence introductive au col­loque, Grabois reprend à son compte la vieille dualité marxiste oppresseur-opprimé, pour dire qu'émerge aujourd'hui un nouveau prolétariat prêt à se rebeller, constitué par les « va-nu-pieds du XXle siècle, chô­meurs, ramasseurs de vieux cartons, indigènes, paysans


sans terre, immigrés, vendeurs à la sauvette, sans-logis, sans-travail, sans-papiers ».
Selon Grabois, ce « pauvretariat » se présente avec de nouvelles formes d'organisation et de nou­veaux moyens d'action, parmi lesquels il souligne « différentes formes d'action directe », euphémisme forgé par les anarcho-syndicalistes français du début du XXe s. pour désigner l'illégalité et la violence. Cette stratégie d' « action directe » serait nécessaire de nos jours parce que, contrairement aux ouvriers de l'indus­trie qui « comptent sur la grève comme principal ins­trument, les exclus ne peuvent se faire entendre qu 'au moyen d'attroupements, de mobilisations et d'autres formes de lutte habituellement réprimées par la loi ».
L'activiste cartonero mentionne précisément comme paradigmes de cette « action directe » les mou‑



vements invités par l'Académie pontificale des Sciences pour participer au séminaire qu'elle avait organisé : le Mouvement des Travailleurs Exclus (MTE) en Argen­tine (représenté par lui-même, Juan Grabois), et le Mou‑


vement des paysans sans-terre (MST) du Brésil (repré­senté par M. J. P. Stédile), «partie intégrante de La Via Campesina, qui compte plus de cent organisations dans le monde » et dont le siège central est en Indonésie.

[9] Apologie d'une nouvelle société collectiviste et egalitaire

L'agressive exposition de M. Grabois stupéfie sur­tout par un point d'insistance particulier : dans l'éco­nomie informelle populaire actuelle, affirme-t-il, bien que « les moyens de production nécessaires soient à la portée des couches populaires », ils ne sont pas « ex­ploités collectivement » et ne génèrent pas des « rela­tions sociales horizontales » — comme il se devrait.
Il faut donc que l'économie informelle soit aussi contrôlée par le « pouvoir populaire » — autrement dit par de nouveaux soviets. De là naîtrait « une nouvelle société » qui, cela transparaît avec suffisamment de clarté, s'identifie avec le communisme le plus achevé.
Sans compter que, si le modèle de cette « nou­velle société » est celui des « assentamentos »24 de la


réforme agraire contrôlés par le MST, on ne peut oublier que Miguel Stédile (fils de J. P. Stédile), membre de la coordination nationale du mouvement, a déclaré à la re­vue Época (n° 268, juillet 2003) : «Nous voulons la so­cialisation des moyens de production. Nous adapterons au Brésil les expériences cubaine et soviétique » 25
Saint-Père, mon coeur de catholique et de brési­lien ne réussit pas à s'expliquer comment M. Grabois a pu faire résonner dans les enceintes sacrées de la Cité du Vatican une telle apologie du communisme — avec son idéologie fondée sur la négation de la propriété pri­vée et la lutte des classes — soixante-seize ans après que le Pape Pie XI ait condamné ce système anti-naturel comme « intrinsèquement pervers »26 !

[10] Stédile et Grabois placent leurs esperances non seulement dans l'Académie pontificale des Sciences mais aussi dans le Conseil pontifical « Justice et Paix »

Une cause supplémentaire de perplexité vient du fait que l'avocat ayant prononcé un semblable discours ait été invité le jour suivant, par Votre Sainteté, pour une audience privée. Et qu'au cours de cette audience, ait été enregistré le message à La Via Campesina men­tionné plus haut, à quoi s'est ajouté un autre vidéo en­courageant le Mouvement de travailleurs exclus, fondé et animé par ce même militant néo-marxiste convaincu.
On comprend donc que La Via Campesina, le MST et le MTE se soient empressés de tout faire connaître comme « un événement sans précédent », dans un com­muniqué conjoint" amplement diffusé dans les médias et où il est relevé que l' « l'activité fut organisée par le recteur de l'Académie, Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, à la demande du Pape François »
Le communiqué souligne qu' « au terme de la jour­née, Stédile et Grabois poursuivirent par une longue réunion avec le cardinal Turkson, président du Conseil pontifical [I] justice et [P] aix, où ils échangèrent leurs opinions sur différentes questions sociales et discutè­rent d'alternatives pour poursuivre le dialogue entre l'Église catholique et les mouvements populaires ».
De ces rencontres avec des prélats de la Curie ro­maine, le MST et le MTE comptent bien tirer de mul­tipes avantages. Grabois lui-même a affirmé, dans une entrevue à Radio Vaticann: « Nous devons globaliser la lutte (..). Et je crois que dans ces conditions, même le Conseil 'Justice et Paix, avec quelqu'un comme [le cardinal] Turkson, va nous y aider ». Il a également dit qu'il croyait que, « bien que cela puisse paraître un peu étrange », l'Académie pontificale des Sciences « est aussi disposée à suivre de près, en ce qui la concerne,


les revendications, nos positions, nos luttes, et même à renforcer les processus d'organisation. Toujours dans une ambiance de dialogue, de paix, de convivialité, de respect pour les institutions ».
Quant aux promesses de paix et de respect envers les institutions, au moins pour ce qui touche le MST, je me sens dans le droit de les qualifier d'habile dissimula­tion pour mieux recueillir l'appui du Saint-Siège.
Si l'Académie pontificale des Sciences s'est réelle­ment engagée à apporter sa contribution pour renforcer les processus d'organisation de ces soi-disant « mouve­ments sociaux », comme l'affirment ces leaders du MST et du MTE, il n'est cependant pas étonnant de voir leur communiqué commun affirmer que les deux mouve­ments partagent le « sentiment renouvelé » d'avoir reçu « un important appui dans leur lutte », et que « s 'ou­vrait désormais une nouvelle étape dans l'unité glo­bale du camp populaire ». C'est un cri du coeur : cette fois-ci, ça y est, nous réaliserons l'appel de Marx et En­gels : «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !»
Cette « nouvelle étape » ne présagerait certaine­ment rien de bon pour l'Etat de droit et le régime dé­mocratique de nos pays. Car selon le même commu­niqué commun du MST et du MTE, « la démocratie formelle ou bourgeoise a failli. Les formes de représen­tation sont en crise et ne répondent plus aux intérêts des peuples. [..] Il y a un besoin urgent de développer de nouvelles formes de participation populaire parmi ces trois pouvoirs [exécutif, législatif et judiciaire] et de nouvelles formes de représentation politique partout dans le monde pour réaliser une démocratie qui en plus d'être formelle, sera réelle ».


24.  NdT. Zones d'exploitation collective — sur le modèle des kolkhozes russes ­organisés par l'Institut national pour la réforme agraire sur les terres expropriées.
26.  Lettre Encyclique Divini Redemptofis, du 19 mars 1937, § 58 — http:llwww.


vatican.va/holy_father/pius2d/encydicals/documents/hf_p-xi_enc 19031937_di­vini-redemptoris_fr.html

En d'autres termes, le tandem MST — MTE propose le style de « démocratie populaire » en vigueur à Cuba ou dans le Vénézuéla tyrannisé par les chavistes. Donc une dictature de fait, et d'autant plus dangereuse que


ces deux « mouvements sociaux » aspirent à bâillonner la presse libre : « La construction d'une démocratie re­quiert en premier lieu [la démocratisation] des moyens de communication ».

[11] u'où vient l'espérance de ces extrémistes de gauche pour compter sur l'appui d'organismes du Saint-Siège ?

Je ne peux m'empêcher de m'interroger, Saint-Père, avec une profonde appréhension et même avec angoisse : d'où vient à ces extrémistes de gauche l'es­pérance de pouvoir compter sur l'appui d'organismes du Saint-Siège pour mener à bien leurs plans révolu­tionnaires et dictatoriaux ?
Ils semblent convaincus que le Saint-Siège a fait un revirement doctrinal. Un indice en est que le com­muniqué MST — MTE enregistre le fait que « tous les participants firent référence à de nombreuses reprises à l'Exhortation apostolique Evangelii Gaudium comme comportant des catégories et des concepts éclairants sur la situation des exclus et la matrice excluante de l'économie globale ».
Un autre indice en est que Radio Vatican, dans une émission du 22 janvier dernier, s'est associée aux com­
mémorations des trente ans de la fondation du MST". Et qu'elle a pour cela mis ses micros à la disposition du P. Savio Corinaldesi, Missionnaire de St-François Xavier, pour lequel le MST représente « une lumière ». Ce prêtre, recourrant à des expressions d'un radicalisme hors du commun, en vient à dire que le MST est « haï, exécré et combattu par ceux qui haïssent, exècrent et combattent le peuple ». Puis, aussitôt après, convoque le peuple à s'organiser : «Mais, encore aujourd'hui, il y a un message que nous devons tous écouter et mettre en pratique : le peuple sait résoudre ses problèmes, et il le fait quand il s'organise ».
Comment ne pas voir, dans cette ahurissante trans­mission de Radio Vatican, une triste et blâmable sé­quelle de ce qui s'est passé à l'Académie pontificale des Sciences ?

[12] La question sociale n'est pas simplement économique mais avant tout morale et religieuse
Zone de Texte: des deux vices qui se trouvent à l'origine de tous les dé¬sordres et de toutes les révolutions modernes : l'orgueil et la sensualité".
Ces vices alimentent les deux erreurs fondamen¬tales et opposées en apparence de notre époque : le collectivisme utopiste et l'individualisme libéral. D'un côté, ils engendrent en effet un rêve anarchique et éga¬litaire d'une société sans gouvernement, sans classes et sans lois ; et, de l'autre, ils sont à la racine du libéra¬lisme moderne qui refuse toute référence à une vérité objective, à des valeurs absolues, à une loi supérieure et qui conduit, à cause de cela, à la « dictature du rela-tivisme » opportunément dénoncée par celui qui était encore le cardinal Ratzinger32.
De sorte qu'à la racine la plus profonde de la crise an¬thropologique par laquelle passe l'humanité aujourd'hui, il n'y a pas simplement la négation des droits fondamen¬taux de la personne humaine mais principalement la né¬gation de la primauté de Dieu dans l'organisation de la société humaine. Tout le reste n'est que conséquence.
Pour éviter toute équivoque, je tiens à rassurer Votre Sainteté sur le fait que je n'attribue aucun caractère de panacée économique à l'actuel hyper-capitalisme globa­lisé et qu'en tant que catholique, je déplore, entre autres défauts graves de l'économie mondiale contemporaine, le fait que de nombreux secteurs sociaux n'aient pu jouir des bénéfices élémentaires du progrès matériel. Mais la question est loin de se réduire au domaine économique.
Léon XIII a enseigné que la dite « question sociale » est principalement une question d'ordre moral et religieux. Le Pontife a affirmé : « Certains hommes, en effet, profes­sent l'opinion, et elle se répand parmi le peuple, que la question sociale ; comme on dit, n'est qu'une question 'conomique'. Il est très vrai, au contraire, qu'elle est avant tout une question morale et religieuse, et que, pour ce même motif il faut surtout la résoudre d'après les règles de la morale et le jugement de la religion »".
Pour être couronnée de succès, une intervention de la Hiérarchie ecclésiastique dans le domaine écono­mique et social devrait ainsi partir de la dénonciation

[13] Restauration de la civilisation chrétienne
La société actuelle, d'inspiration laïciste, méprise les biens de l'âme. Cette inspiration laïciste a pénétré l'Occident comme un poison à partir du rejet de l'ordre austère et sacral qui, était en vigueur dans la Chrétienté lorsque, selon les paroles lumineuses de Léon XIII, « la


philosophie de l'Évangile gouvernait les États. À cette époque, l'influence de la sagesse chrétienne et sa divine vertu pénétraient les lois, les institutions, les moeurs des peuples, tous les rangs et tous les rapports de la société civile »".


29.  http://it.radiovaticana.va/news/2014/01/22/brasile:_compie_30_anniil_ movimento_%E2%80%9Csem_terra%E2%80%9D/it1-766279
30.  Encyclique Graves de communi, du 18janvier 1901 — http://www.vatican.va/ holy_father/leo_xiii/encyclicals/documents/hf kdii_enc_18011901_graves-de­communi-re_fr.html
31.  Cf. Plinio Conta de Oliveira, Révolution et Contre-Révolution, 'ère Partie, chap. VII, 3.
32.  Le Cardinal a dit : « L'on est en train de mettre sur pied une dictature du relati‑


visme qui ne reconnaît rien comme définitif et qui donne comme mesure ultime uniquement son propre ego et ses désirs » (Sermon de la Messe Pro Eligendo Romano Pontifice, 18/4/2005 — http://www.vatican.va/gpll/documents/homily-pro­eligendo-pontifice_20050418 Jr.html
33.  Zone de Texte: - 6 -Encyclique Immortale Dei, du 1er novembre 1885 — http://www.vatican.va/holy_ father/leo xiii/encyclicals/documents/hf I-xiii_enc_01111885immortale-dei_fr.html

Conformément aussi aux enseignements de Saint Pie X, un véritable retour à l'ordre dans la société humaine suppose donc de restaurer toutes choses dans le Christ — la belle devise de son pontificat : Instaurare omnia in Christo (Ef. 1,10) — et de renouer avec l'idéal chrétien de société, qu'il énonça magistralement. Face à l' « anarchie sociale et intellectuelle » qui se propageait au début du XXème siècle, le saint pontife désignait la véritable solu­tion : « On ne bâtira pas la cité autrement que Dieu ne l'a bâtie ; on n'édifiera pas la société, si l'Église n'en jette les bases et n'en dirige les travaux ; non, la civilisation n'est plus à inventer ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est; c'est la civilisation chrétienne, c'est la cité catholique. Il ne s'agit que de l'instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et di­vins contre les attaques toujours renaissantes de l'utopie malsaine, de la révolte et de l'impiété »m.


En ce qui concerne le relèvement et la régénération des classes ouvrières, Saint Pie X soutenait déjà que «les principes de la doctrine catholique sont fixés » et, citant Léon XIII, soulignait la nécessité de « maintenir la di­versité des classes, qui est assurément le propre de la cité bien constituée, et vouloir pour la société humaine la forme et le caractère que Dieu, son auteur, lui a im­primés »".
En même temps ce grand pontife dénonçait la perversité qu'il y a à « poursuivre la suppression et le nivellement des classes » sociales — comme le font le MST et le MTE — et à substituer les bases naturelles et traditionnelles de la société humaine par la promesse d' «une cité future édifiée sur d'autres principes »36, tout particulièrement ceux de l'égalitarisme.

[14] Les pauvres rejettent la prédication révolutionnaire et aspirent à l'ordre véritable

Ce ne sont donc pas les programmes altermon­dialistes à caractère « écologique » et néo-marxiste des soi-disant « mouvements sociaux » qui résoudront la crise économique actuelle et réduiront la pauvreté dans le monde.
Si le problème est celui de la solution au problème des exclus, Cuba est précisément l'exemple à éviter à tout prix, sous peine de transformer le monde entier en une société de miséreux, et, là oui, bel et bien exclus : exclus du bien-être, exclus de la vie politique, exclus de la culture, exclus de la liberté de voyager et, par-dessus tout, exclus de pratiquer sans entraves la religion catho­lique dans cette île-prison !
Les pauvres ne veulent pas pour eux un tel cauche­mar. C'est justement pourquoi peu d'entre eux se lais­sent enjôler par les rêveries d'un MST ou d'un MTE, dussent ceux-ci revêtir pour leur prédication révolution­naire les habits faussement chrétiens d'une Théologie de la libération à l'orientation clairement marxiste.


Il est significatif qu'en 2009 une enquête de l'institut de sondage Ibopen ait montré que 92% de la population brésilienne considèrent comme illégales les invasions de terres promues par le MST ; 72% des personnes inter­rogées jugent que les pouvoirs publics devraient utiliser la police pour faire appliquer les ordonnances judiciaires d'évacuation de campements illégaux. Plus de 70% des sondés jugent que le MST porte préjudice au développe­ment économique et social, à la création d'emplois et aux investissements nationaux et étrangers. Plus significatif encore : pour 85% des Brésiliens le droit de propriété pri­vée est essentiel pour le pays, clair échantillon qui montre que les peuples rejettent le communisme et sa misère.
Saint-Père, la démagogie de la gauche peut trouver une résonance dans les rédactions de certains journaux et télévisions, dans des milieux universitaires, dans la nomenklatura des partis politiques... et même — il est douloureux de le constater — dans certains milieux ec­clésiastiques ; mais elle ne trompe pas la grande majo­rité du peuple, qui s'éloigne d'elle de plus en plus.

[15] Échec fracassant de la réforme agraire : au lieu d'avantager les pauvres, elle les pénalise

Preuve en est que, parmi les revendications les plus constantes des mouvements imbus de ces idées révolutionnaires, il s'est toujours trouvé l'implantation d'une réforme agraire radicale prétendant éliminer la grande et la moyenne propriété, pour réduire la struc­ture rurale d'une nation dans son ensemble à des terres de petite surface qui, pour la plupart, n'appartiendraient même pas à ceux qui la cultiveraient car elles seraient aux mains de coopératives fortement étatisées.
Or, malgré la propagande gigantesque faite en sa faveur et les sommes considérables mises dans cette propagande, la réforme agraire a échoué au Brésil. La situation économique et sociale dans les « assentamen­tos »38 de réforme agraire est si grave que même des ministres reconnaissent que la grande majorité d'entre eux se sont transformés en authentiques « bidonvilles ruraux ». Reconnaissance tardive puisque cette expres­


sion avait été estampillée de nombreuses années aupa­ravant par le Pr. Plinio Corrêa de Oliveira, dans sa lutte incessante pour alerter les Brésiliens sur l'issue inévi­table de cette aventure. Inévitable, en effet, car tout ce qui contrarie l'ordre naturel finit tôt ou tard en désastre. C'est pourquoi les Français disent avec raison : Chassez le naturel, il revient au galop.
Ce n'est donc pas faute d'avertissement. Depuis le début des années 1950, le Pr. Plinio Corrêa de Oliveira avait noté que la propagande révolutionnaire soufflait dans le sens de la réforme agraire, laquelle finit par prendre substance dans des projets concrets à la fin de ces années-là. C'est pour en bloquer la route qu'il écrivit et lança, en 1960, avec deux évêques et un économiste co-signataires, le livre Réforme agraire — Question de conscience, dans lequel il prophétisa qu'elle était vouée à l'échec. Ce fut la marque initiale d'une lutte qui comporta la publication de

34. Zone de Texte: - 7 -http://jesusmarie.free.friencydique_notre_charge_apostolique.html               37. http://www.estadao.com.brinoticiasinacional,ibopecna-92-condenam-ocupa‑
35. Op. cit. Encyclique Immortale Dei.                                                                   coes-do-mst,485449,0.htm
36. Id.                                                                                                             38. NdT. Voir note 22.

divers livres, manifestes et déclarations, ainsi que des cam­pagnes publiques de divulgation et de pétitions, pendant les quarante années suivantes, jusqu'à son décès en 1995.
Des chercheurs et des professionnels parfaitement compétents réfléchissent aujourd'hui sur l'échec de la réforme agraire. H y a peu de jours encore, le Pr Zander Navarro, de l'Université fédérale du Rio Grande do Sul, dans un article publié dans un grand quotidien du matin à Sâo Paulo,39 décrivant l'exode rural existant du nord au sud du Brésil, a ainsi écrit : «Et il y a les 'assentados'40, [dont la présence dans les zones rurales] devrait être si­gnificative. En fin de compte, ils devraient représenter un ensemble de 1 250 000 familles sur 8 800 campements, oc­cupant 88 000 000 d'hectares : presque l'équivalent de la superficie totale de l'État du Mato Grosso. Mais la ré­forme agraire est un échec fracassant : une bonne partie
[16] Quo vadis, Domine?
Votre Sainteté définit peu à peu et avec prudence la direction de son pontificat. H est naturel que les fidèles sui­vent avec attention les pas successifs qui la manifestent.
Devant les inévitables perplexités que produit tout changement de direction, on comprend que nom­breux soient ceux qui se posent, dans l'intimité de leurs coeurs, la question que, selon la légende, Saint Pierre fit lui-même lorsque, fuyant la persécution de Néron, il rencontra Jésus-Christ venant en sens contraire : Quo vadis, Domine ? — Où allez-Vous, Seigneur ?
A la réponse de Notre Seigneur lui disant qu'Il se dirigeait vers Rome pour y être crucifié à nouveau, Saint Pierre comprit que le moment était venu de souffrir à son tour le martyre. Et c'est avec une grande humilité qu'il se soumit au supplice, demandant à ses bourreaux de le crucifier la tête en bas — selon la pieuse tradition — parce qu'il se considérait indigne de subir une mort égale en tout à celle de son Maître.
Devant les faits détaillés plus haut et les perplexi­tés qu'ils entraînent, un fidèle pourrait être amené à adresser à Votre Sainteté une semblable question — Quo vadis, Domine?
Serait-ce légitime ? Et dans quelles conditions ?
Le Code de droit canonique consacre dans son canon 212 § 345, le plein droit de tout fidèle à exposer respectueu­sement son opinion, dans cette matière ou dans d'autres : «Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouis­sent, ils [tous les fidèles] ont le droit et même parfois le de­voir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de 1 'Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l'intégrité de la foi et des moeurs et
39.  Journal 0 Estado de Sâo Paulo, 22 janvier 2014.
40.  NdT. Les paysans installés dans les « assentamentos » de réforme agraire.
41.  Evaristo Eduardo de Miranda, Docteur en Écologie, responsable du secteur de contrôle par satellite de l'Embrapa.
43.  Noticias Agroinwesti, 17 juin 2011, Cleber Bordignon : Agronegôcio, um mundo de oportunidades (« L'agro-industrie, un monde d'opportunités ») http://www. agroinwesti.com.brnmenu=noticias&id=907
44.  Noticias CNA, 2 novembre 2011, Brasil e EUA: grandes potências para alimen­tar o mundo (« Le Brésil et les États-Unis : grandes puissances pour alimenter la population mondiale ») —

des bénéficiaires ont renoncé, laissant les `assentamentos' raréfiés, spécialement dans la zone qui s'étend du centre du pays vers le haut, surtout au Nord-Est et au Nord ».
Zone de Texte: - 8 -Tandis que les « assentamentos », établis dans un cadre d'agitation et de réforme agraire, ne produisent rien et vivent des oboles de l'État, les petits, moyens et grands agriculteurs, aidés par la technologie, ont une producti­vité tellement élévée qu'un experte de l'Institut brésilien de recherche agronomique (Embrapa) peut commenter : « La production agricole du Brésil alimente 1 milliard de personnes »42. Une autre étude établit que « le prix du panier de la ménagère a été divisé par deux entre 1975 et 2010 »43, ce qui explique que, « au cours des années 1970, la famille moyenne au Brésil dépensait en nour­riture près de 40% du revenu familial. Cette valeur est tombée aujourd'hui à moins de 16% »44.
la révérence due aux pasteurs, et en tenant compte de l'uti­lité commune et de la dignité des personnes ».
C'est ce que je souhaite accomplir dans ce RÉVÉ­REND ET FILIAL MESSAGE, convaincu que Votre Sainteté le recevra avec sa paternelle bienveillance comme une contribution loyale au succès de son émi­nente mission dans le gouvernement de la Sainte Église.
* * *
Réaffirmant mon obéissance sans restriction et pleine d'amour envers la Sainte Église mais aussi envers le Pape, dans tous les termes prescrits par la doctrine catholique, je prie Notre Dame Aparecida, Reine et Patronne du Brésil, d'illuminer Votre Sainteté et d'aider tous les catholiques latino-américains à rester fortes in fade, dans leurs convic­tions catholiques et leur rejet de l'extrémisme de gauche.
Et qu'ainsi cette Terre de la Sainte Croix conjoin­tement avec les nations soeurs de l'Amérique espagnole continuent à former le continent de l'Espérance avec les bénédictions de leur chère protectrice, Notre Dame de Guadalupe.
Zone de Texte:  Embrassant l'anneau du pêcheur, je demande hum­blement la bénédiction apostolique,
in Jesu et Maria
Bertrand d'Orléans-Bragance Sâo Paulo, 8 février 2014
Son Altesse impériale et royale le Prince Bertrand d'Orléans-Bragance descend des empereurs du Brésil qui sont issus des rois de Portugal.
La dynastie de ceux- ci se confond, depuis le )(Vile siècle, avec la Mai­son de Bragance qui remonte à la fin du XIVe et dont la plus glorieuse figure est le connétable Nunez Alvares Pereira, béatifié par le Saint-Siège.
La Maison des Orléans-Bragance est issue du mariage du Comte d'Eu avec la Princesse Isabelle, fille aînée du dernier empereur du Brésil. Par sa mère la Princesse Marie de Bavière, le Prince Bertrand hérite des traditions de la Maison royale des Wittelsbach.
Né en 1941 à Mandelieu —Alpes- Maritimes — il rentra au Brésil à l'âge de quatre ans avec la famille impériale. Fervent catholique, il est un défenseur actif des valeurs fondamentales de la civilisation chrétienne.
Son père, le Prince Pierre-Henri d'Orléans-Bragance, était un ami proche du professeur Plinio Corrêa de Oliveira, fondateur de la TFP, auquel il confia la formation intellectuelle et politique de ses aînés. Dès sa jeunesse, le Prince Bertrand a apporté son enthousiasme et sa collaboration à la Société brésilienne de défense de la Tradition, Famille et Propriété.