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vendredi 22 juin 2012

Pour la saint Thomas More, aujourd'hui...


New York 7, The Frick Collection


Une cour intérieure, magnifique avec le bronze d'un ange qui vous accueille au sein de cette demeure musée. C'est un des lieux les plus beaux que j'ai jamais vu, si tranquille, avec le bruit apaisant de l'eau qui coule de la fontaine... C'est le début de la visite.



Le portrait de Thomas More, par Holbein : la force et l'intelligence de ce visage me fascinent.
*


Un saint François plein de symboles, par Bellini.

Lady Hamilton, par George Romney : la beauté juvénile et radieuse de cette jeune femme (ici à 17 ans)... elle a eu une vie assez tumultueuse... elle me fait penser à mes deux filles, en toute modestie!


Portrait de femme, Lady Peel, par sir Thomas Lawrence : l'amusant chapeau, qui reprend le camélias rouge, la lèvre boudeuse et le regard ironique... Je voudrais que ma fille la repeigne.

Un portrait de femme par le seul artiste américain admis par Frick : Whistler. Ce dernier a peint aussi des personnages en noir, dont le comte de Montesquiou qui a inspiré le baron Charlus dans La recherche du temps perdu de Proust... Cette précision pour XP qui aime tant Proust.


Un Rembrandt au soir de sa vie
Un Turner : il y en a plusieurs; j'aime ce peintre, beaucoup.


Dernier volet de ce petit exposé de notre voyage à New York : The Frick Collection, un petit musée absolument extraordinaire, à visiter à tout prix si vous passez par cette ville fascinante.
On nous avait conseillé le Guggenheim, le Metropolitain etc... mais nous n'avions que peu de temps et notre choix s'est porté en définitive vers The Frick Collection et je dois dire que je n'ai pas regretté. Ci-joint la présentation wiki :

The Frick Collection est un musée d'art situé sur la cinquième avenue entre la soixante-dixième et la soixante-et-onzième rue, face à Central Park, à ManhattanNew York.
Le musée occupe l'ancienne résidence de l'industriel de l'acier, Henry Clay Frick (1849-1919).
Le bâtiment fut dessiné par Thomas Hastings et construit dans les années 1913-1914.
The Frick Collection est l'un des plus importants petits musées d'art des États-Unis.
Elle abrite une collection de peintures de très haute qualité organisée en seize galeries. La collection comporte quelques tableaux les plus connus des meilleurs artistes européens, ainsi que des sculptures, des meubles, des pièces de porcelaine, des émaux et des tapis.


J'ai aimé rentrer dans la demeure de cet amateur d'art comme on entre dans sa réflexion, ses passions, son esprit. Il n'a eu de cesse de faire de sa résidence un écrin pour les plus belles oeuvres d'art choisies avec un soin scrupuleux et il a transmis à des générations un trésor merveilleux, comme un grand-père transmettrait quelques bijoux de famille, qui auraient le plus de valeur sentimentale, à ses enfants et petits-enfants. On sent la personnalité de Henry Clay Frick dans chaque pièce et c'est ce qui fait tout le charme de ce musée, très personnel, très intime. On entre dans cette demeure comme on entrerait chez soi, dans sa famille, et on s'approprie les oeuvres d'art comme si elles nous appartenaient, comme si on avait toujours vécu avec elles.
Mon mari, au bout d'une heure, avait fait le tour mais moi je prenais mon temps, écoutant scrupuleusement l'audio-guide en français, très éclairant, devant chaque tableau et chaque oeuvre d'art. Différentes "voix" expliquaient ce que je contemplais, et je retiens l'accent délicieusement anglais d'un homme d'un certain âge assurément, qui ne pouvait s'empêcher de s'extasier devant ce qu'il nous faisait voir... au milieu d'un exposé formel, il susurrait à mon oreille : "on ne peut que tomber à genoux devant tant de "bweauté"!! "C'était charmant. Je remercie ce compagnon inconnu qui m'a guidée tout au long de cette visite, cette voix qui m'a accompagnée.

*C'est la fête de saint Thomas More aujourd'hui : ici sa vie : 
http://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&id=11332&fd=0
Extrait : " En père vigilant, il veillait à ce que Dieu restât le centre de la vie de ses enfants. Le soir, il récitait la prière avec eux ; aux repas, une de ses filles lisait un passage de l'Écriture Sainte et on discutait ensuite sur le texte en conversant gaiement. Jamais la science, ni la vertu, ne prirent un visage austère dans sa demeure ; sa piété n'en était cependant pas moins profonde. Saint Thomas More entendait la messe tous les jours ; en plus de ses prières du matin et du soir, il récitait les psaumes quotidiennement."

samedi 10 septembre 2011

New York, 2, World Trade Center (republication dans la série Voyage NY)





Avec mon mari, nous sommes bien entendu allés sur le site du World Trade Center. Sur les lieux, on a du mal à réaliser que deux immenses tours se dressaient là. Aujourd'hui on voit un grand chantier et c'est tout.
Ce qu'il faut aller voir c'est bien sûr la petite église épiscopale de St Paul, située devant le chantier, et qui a accueilli les secours pendant les jours qui ont suivi les attentats. C'est à l'intérieur que l'on trouve tous les témoignages les plus émouvants de ceux qui sont morts lors de ces attentats, les témoignages des familles, des femmes, des enfants, des frères et sœurs, des maris...
Mon cœur s'est brisé devant un dessin d'enfant.



samedi 2 janvier 2010

New York 7, The Frick Collection


Une cour intérieure, magnifique avec le bronze d'un ange qui vous accueille au sein de cette demeure musée. C'est un des lieux les plus beaux que j'ai jamais vu, si tranquille, avec le bruit apaisant de l'eau qui coule de la fontaine... C'est le début de la visite.



Le portrait de Thomas More, par Holbein : la force et l'intelligence de ce visage me fascinent.


Un saint François plein de symboles, par Bellini.

Lady Hamilton, par George Romney : la beauté juvénile et radieuse de cette jeune femme (ici à 17 ans)... elle a eu une vie assez tumultueuse... elle me fait penser à mes deux filles, en toute modestie!


Portrait de femme, Lady Peel, par sir Thomas Lawrence : l'amusant chapeau, qui reprend le camélias rouge, la lèvre boudeuse et le regard ironique... Je voudrais que ma fille la repeigne.

Un portrait de femme par le seul artiste américain admis par Frick : Whistler. Ce dernier a peint aussi des personnages en noir, dont le comte de Montesquiou qui a inspiré le baron Charlus dans La recherche du temps perdu de Proust... Cette précision pour XP qui aime tant Proust.


Un Rembrandt au soir de sa vie
Un Turner : il y en a plusieurs; j'aime ce peintre, beaucoup.


Dernier volet de ce petit exposé de notre voyage à New York : The Frick Collection, un petit musée absolument extraordinaire, à visiter à tout prix si vous passez par cette ville fascinante.
On nous avait conseillé le Guggenheim, le Metropolitain etc... mais nous n'avions que peu de temps et notre choix s'est porté en définitive vers The Frick Collection et je dois dire que je n'ai pas regretté. Ci-joint la présentation wiki :

The Frick Collection est un musée d'art situé sur la cinquième avenue entre la soixante-dixième et la soixante-et-onzième rue, face à Central Park, à Manhattan, New York.
Le musée occupe l'ancienne résidence de l'industriel de l'acier, Henry Clay Frick (1849-1919).
Le bâtiment fut dessiné par Thomas Hastings et construit dans les années 1913-1914.
The Frick Collection est l'un des plus importants petits musées d'art des États-Unis.
Elle abrite une collection de peintures de très haute qualité organisée en seize galeries. La collection comporte quelques tableaux les plus connus des meilleurs artistes européens, ainsi que des sculptures, des meubles, des pièces de porcelaine, des émaux et des tapis.


J'ai aimé rentrer dans la demeure de cet amateur d'art comme on entre dans sa réflexion, ses passions, son esprit. Il n'a eu de cesse de faire de sa résidence un écrin pour les plus belles oeuvres d'art choisies avec un soin scrupuleux et il a transmis à des générations un trésor merveilleux, comme un grand-père transmettrait quelques bijoux de famille, qui auraient le plus de valeur sentimentale, à ses enfants et petits-enfants. On sent la personnalité de Henry Clay Frick dans chaque pièce et c'est ce qui fait tout le charme de ce musée, très personnel, très intime. On entre dans cette demeure comme on entrerait chez soi, dans sa famille, et on s'approprie les oeuvres d'art comme si elles nous appartenaient, comme si on avait toujours vécu avec elles.
Mon mari, au bout d'une heure, avait fait le tour mais moi je prenais mon temps, écoutant scrupuleusement l'audio-guide en français, très éclairant, devant chaque tableau et chaque oeuvre d'art. Différentes "voix" expliquaient ce que je contemplais, et je retiens l'accent délicieusement anglais d'un homme d'un certain âge assurément, qui ne pouvait s'empêcher de s'extasier devant ce qu'il nous faisait voir... au milieu d'un exposé formel, il susurrait à mon oreille : "on ne peut que tomber à genoux devant tant de "bweauté"!! "C'était charmant. Je remercie ce compagnon inconnu qui m'a guidée tout au long de cette visite, cette voix qui m'a accompagnée.

vendredi 1 janvier 2010

New York, 6, Modes de transport

L'avion, avec un atterrissage un peu rock'n roll au départ : cf. le premier texte sur NY intitulé Le grand passage.



Le ferry, excellent moment passé sur l'Hudson : cf le texte intitulé Impressions. (3)

Grand Central, une gare magnifique, un monument à visiter.

Le général Grant, à... cheval


Des limousines : il faut voir les chauffeurs de ces engins prendre des virages à angle droit!
Ah! Tous mes petits loulous dans ces voitures! Enfin de l'espace!

Les taxis : les Cow Boy modernes!
Le Far West je vous dis!
Subway : bon, on s'est retrouvé par erreur à Brooklyn avec mon mari mais c'est facile, le métro, si si je vous assure.

New York, 5, Deux soirées.

Blue Note, New York City
Chris Botti
Majestic Theatre
The Phantom of the Opera


Deux soirées mythiques à New York : l'une au club de Jazz, le Blue Note, avec le trompettiste Chris Botti, et l'autre sur Broadway, une comédie musicale, "The phantom of the opera" au Majestic Theatre.

Chris Botti (http://fr.wikipedia.org/wiki/Chris_Botti)au Blue Note.
Nous arrivons vers 19h, le club est déjà plein mais mon mari avait réservé une table. Nous nous retrouvons auprès de deux jeunes couples de new yorkais branchés venus écouter et voir une de leurs idoles.Avec D. nous commandons un verre de vin californien et j'ai la tête qui tourne très vite. Cette légère ivresse me permet d'apprécier l'ambiance chaleureuse et feutrée du Blue Note, les gens viennent se restaurer rapidement puis écouter de la bonne musique.A 20h pétantes, Chris Botti fait son entrée, il est blond, très beau je trouve, un regard magnétique dirais-je si je voulais oser le cliché le plus éhonté mais c'est la réalité! Lorsqu'il joue de la trompette, il se cambre comme un toréador.
Deux heures de jazz entraînant, une chanteuse noire qui rejoint les musiciens à un moment donné, une voix magnifique, elle chante I'm happy like a queen et je me dis que je suis vraiment heureuse comme une reine, là avec mon homme, en train de goûter un cheescake à tomber par terre.

Parenthèse à propos du cheescake. C'est mon mari qui m'a fait connaître cette pâtisserie américaine, réalisée avec un fromage que l'on ne trouve pas en France (l'équivalent serait le Saint Moret ou le Mascarpone mais ça n'est pas la même chose).
Lorsqu'il était étudiant à Paris, D. travaillait la nuit comme livreur de plats de luxe pour des milieux artistes ou fêtards parisiens. Certains chanteurs, acteurs, noceurs commandaient à des heures indues des repas raffinés et D. avait une petite voiture pour livrer lesdits repas. C'était folklorique : les patrons s'entendaient avec les policiers pour faire sauter les contraventions de leurs livreurs et c'est ainsi que D. a pu apprendre à se repérer dans tout Paris en roulant comme un fou-furieux et en avalant des tonnes de cheescake qui faisaient partie des desserts proposés. Il en raffolait et en raffole toujours.
Chaque fois que nous allons en Amérique ou que D. y va de son côté, nous nous ruons sur les cheescake.
Au Blue Note, j'ai donc dégusté un cheescake délirant sous les beaux yeux de Botti, le tout dans une musique vertigineuse; I was a queen, really!
Je n'ai pas parlé du batteur et du pianiste qui étaient extraordinaires, tous noirs et extrêmement réputés m'a expliqué mon mari.






Un autre soir, The Phantom of the Opéra, à Broadway, tout près de notre hôtel. Nous y allons à pieds, d'un bon pas car le froid est polaire et le vent qui s'engouffre entre les building, glacial.
Le Majestic est un très beau petit théâtre, l'orchestre excellent et je m'enchante pour cette comédie musicale classique.
De retour à l'hôtel, cheescake bien sûr! Avec ces cafés américains, pas trop forts, délicieux, bien chauds.

New York, 4, les églises

Cathédrale catholique St Patrick
Crèche de St Patrick

Icône de Saint Jean L'évangéliste, à St John the Divine
Cathédrale épiscopale St John the Divine


Il faudrait que je vous parle des églises de New York. Lorsque je me rends quelque part, je cherche toujours en premier lieu l'église, catholique de préférence, "la tente" où je vais pouvoir rencontrer mon Seigneur et mon Dieu. L'église, mon refuge, le "lieu miné et sacré" dit McCarthy, où terre et ciel se rejoignent.L'église où le temps se réunifie, où le passé, le présent, l'avenir ne forment plus qu'un souffle, une prière, un gémissement ineffable, un pleur, une paix.

Nous sommes allés à la messe le dimanche de la Sainte Famille, à la cathédrale St Patrick, perdue entre les grattes-ciel. Elle parait minuscule ainsi coincée entre les immeubles alors que c'est une très grande église.
Service minimum en ce dimanche soir : l'église est pleine.Mais un seul prêtre, vêtu d'une moche aube trop courte, une dame qui fait chanter avec des trémolos dans la voix (elle chante bien cependant, mais sans âme)et un type cravaté qui attaque en insistant sur les deux quêtes proposées pendant le service : cela ne me choque pas : j'aime par dessus tout l'efficacité de cet esprit anglo-saxon, le type fait son job, il doit récolter des fonds pour les projets ecclésiaux, il le fait sans minauderies particulières, avec force, avec conviction. Je trouve cela très bien, pas de culpabilité, pas de précautions oratoires particulières, on attaque le sujet et on rentre directement dedans sans fioritures.
C'est plus le prêtre qui me heurte et me déprime, tout seul, sans enfants de chœur, il récite littéralement sa messe sans vraiment porter le feu de l'Esprit. Je me dis en moi-même que je me trompe, que la foi n'est pas dans le "ressenti", mais c'est un peu raide, cette messe du dimanche soir avec ces trois "acteurs" dans une cathédrale comble. La ferveur des personnes venues assister à l'office ne fait aucun doute, par contre, des latinos, beaucoup qui font des signes de croix à répétition et récitent leur chapelet.
J'arrive à prier quand même. J'arrive depuis longtemps à prier partout et quand même.Mon regard se dirige sans dévier vers l'Eucharistie, alpha et oméga de tout chrétien. Le reste importe peu.
Je m'endors épuisée pendant le sermon en anglais : je n'y comprends rien. J'avais mieux compris l'homélie de feu du prêtre rencontré l'année dernière près de Washington.
Je vais voir la crèche, très grande, à la taille de la cathédrale.

Le prêtre a fait une allusion à la fin de la messe : n'hésitez pas à venir avec vos enfants, pendant les services a t-il gentiment demandé. Les enfants... Tout est là, n'est-ce pas?
Les miens me manquent : lorsque je voyage, j'ai toujours comme une espèce de poids sur le cœur, un truc qui me pèse, me blesse sans me faire souffrir spécialement mais comme une cicatrice qui tiraille.
Les jumeaux me manquent : ils viennent plusieurs fois dans la journée ou le soir, lorsqu'ils sont à l'école, avec leur "doudou", ils se placent l'un à droite, l'autre à gauche de mon siège et se retrouvent face à face collés à ma poitrine et se reniflent avec de petits gémissements. Ils se font des "mamours" contre mon cœur et nous formons une sorte de trinité. Je me penche tout contre leur deux têtes et c'est comme s'ils étaient revenus en mon sein.J'aime tellement, j'ai tant besoin de ces interludes... C'est un peu une respiration d'amour.
Souvent les autres (Rémi et Pierre en particulier) viennent profiter de ces instants pour me faire un câlin.On ne se rend plus vraiment compte mais les baisers, les câlins gouvernent nos journées!

Mes enfants me manquent, tout le temps, grands et petits, et je crois que j'ai appris à m'habituer à ce fait.J'ai appris, c'est tout.Je vis avec. Ils font partie, physiquement, spirituellement, de ce que je suis, et ces cicatrices que j'ai nombreuses, saignent de temps à autre. Rien de bien grave, elles font partie intégrante de ce que je suis. L'amour est avant tout une blessure.

Il faut maintenant que je parle des églises épiscopales de New York car elles sont nombreuses.J'ai déjà évoqué St Paul, haut lieu spirituel et lieu de rassemblement des équipes de secours lors des attentats du 11 septembre.Je vais donc, pour Denis parler de St John the Divine, allusion à saint Jean l'Evangéliste, la première pierre de cet édifice imposant a été posée le jour de sa fête. Nous sommes allés la visiter un soir, après un périple en métro. L'église était quasiment vide, par rapport à St Patrick, grouillante de monde. Elle est située dans un coin plus reculé de Manhattan et pas en plein centre, il est vrai.Elle contient des trésors et un Colombarium c'est à dire une chapelle où sont entreposées les urnes contenant les cendres de défunts.Cela m'a fait un drôle d'effet, je ne suis pas très férue de la crémation mais d'un autre côté, être "enterrée" directement au sein d'une église, c'est assez tentant je trouve.Bon, je suppose que pour être placé dans le Colombarium de St John the Divine, il faut mériter ce lieu d'une quelconque façon.
Nous avons tourné un peu en rond en sortant du Subway, à la recherche de cette énorme cathédrale et une jeune femme nous a dirigé en concluant, comme d'habitude : "you're welcome!" J'aime cette formule très usitée et qui, ce soir où nous recherchions l'église, "refuge des pécheurs", a pris dans sa bouche et dans mon esprit une signification un peu particulière.Dans le dépliant proposé en plusieurs langues à l'entrée de l'édifice religieux, il y a a écrit : "Bienvenue".



jeudi 31 décembre 2009

New York, 3, Impressions






Il faudrait que je fasse un exposé chronologique de ce voyage mais je ne sais pas faire cela, je vais raconter quelques impressions.
Dans New York on marche énormément : les quartiers se succèdent, des grandes avenues larges et sales, à la Starsky et Hutch, de Harlem (avec ces fameux escaliers extérieurs, théâtre de toute course-poursuite digne de ce nom!), aux rues huppées qui entourent Central Park ou les quartiers tranquilles et luxueux de Greenwitch Village.
Pour apercevoir un coin de ciel il faut lever le cou et c'est ce qu'il y a de plus surprenant dans cette ville : les grattes ciel qui coupent toute perspective et dans le même temps, curieusement, il n'y a pas de sensation d'étouffement, la respiration, l'élévation de l'esprit se fait par les hauteurs des immeubles qui s'élancent comme une végétation capricieuse vers le soleil, vers le ciel.

Nous n'avons pas pu faire la visite de la Statue de la Liberté à cause des files d'attente énormes et des délais invraisemblables de ces files. La sécurité et donc les fouilles étaient renforcées ces jours-ci.
Nous avons opté pour le Ferry public et gratuit qui emmène les gens de Staten Island à Manhattan tous les jours, sans interruption. Ces ferry passent juste devant la Statue et beaucoup de touristes font simplement l'aller-retour dessus pour profiter à moindres frais d'une ballade sur l'Hudson et d'une belle vue sur la Statue de la Liberté. J'ai adoré cet interlude, avec une lumière de rêve.




New York, 1, Le Grand Passage.

Photo prise un soir, du Rockefeller Center, le deuxième building le plus haut à NY, après l'Empire States Building. " The Top of the Rock"

Photo prise du Ferry, sur l'Hudson


Nous sommes partis à deux samedi 26 décembre.Le voyage en avion a été un peu stressant, le personnel de ligne avait les nerfs en pelote à cause d'une tentative d'attentat dans un avion qui provenait d'Europe et se dirigeait vers Détroit. Un Nigérian a été maitrisé par un jeune Hollandais, au moment où il tentait d'allumer un engin explosif. Je suis très fière que le héros du jour soit néerlandais car j'ai moi-même du sang hollandais dans les veines et c'est toujours important de constater que ce sang n'est pas constitué que de flotte...
Au moment d'atterrir dans une purée de poix abominable, le pilote a remis les gaz, est remonté et nous a fourni une explication un peu vaseuse après cette manœuvre : nous étions, parait-il, trop près de l'avion de devant!

Je lisais Le Grand Passage, de Cormac McCarthy et j'ai bien cru que j'allais pour de bon faire ce grand passage vers l'au delà. Je réfléchissais fébrilement en moi-même : est-ce que tout était en ordre dans ma vie? Les enfants? Les derniers ont eu 6 ans, ils savent tenir un couteau et une fourchette, ils parlent, savent à peu près lire, et surtout, surtout, font leur signe de croix... Les plus grands? Ils ont acquis le réflexe inconscient de la prière quotidienne et de la messe du dimanche, quoiqu'il arrive, quoiqu'il en coûte... Leur tête n'est pas encore très pleine mais elle commence à être bien faite : ne pas se fier à la vérité toute crue, aux apparences, choisir la difficulté, toujours, tenter d'agir au mieux selon sa conscience sachant que la correspondance acte-bien n'est jamais parfaite, etc...
L'idée qui me revenait le plus, dans ces minutes un peu longues était que je serais sans doute plus efficace au ciel que sur terre, auprès de mes enfants. Je m'accrochais aux accoudoirs ou plutôt à McCarthy en songeant : ce n'est qu'un mauvais moment à passer, comme un accouchement... Après, à Dieu va!!

Dans le magnifique roman de MacCarthy, plus beau encore que la Route, d'une poésie absolue, il y a un long passage crucial, au milieu du livre où un vieillard raconte son questionnement sur le sens de sa vie, questionnement qui se présente comme un combat contre Dieu.Je lisais ce texte essentiel et me disais : si j'arrive au bout, si j'ai la clé de l'Enigme, alors, je peux mourir...
Je suis allée au bout, dans le souk de l'atterrissage, et je ne suis pas morte et j'ai encore le mystère de ma vie à percer.
"Tous autant que nous sommes nous serons à la fin que ce que nous avons pensé de Dieu. Cela et rien d'autre. Car rien n'est réel que sa Grâce."

Puisque je suis dans les considérations techniques de pilotage, il faut que je vous raconte la conduite automobile New Yorkaise. Je croyais les américains assez paisibles au volant, avec des 90km/heure sur les autoroutes.
Et bien! Le taxi à New York est un Cow Boy qui ne s'ignore pas du tout! C'est le Far West avec possibilité de doubler par la droite et la gauche, des accélérations éblouissantes et brutales dès qu'une voie se dégage (time is money!), le klaxon à gogo au moindre ralentissement. Cette ville est faite pour moi et la bétaillère! Suffirait que je lui rajoute un bon pare-choc comme il y en a partout là-bas et je serais la reine de NY! La bétaillère ne déparerait pas car toutes les voitures sont énormes, imposantes, noires. Ce sont les grosses berlines à la Jack Bauer qui prédominent et je reconnais que ça, ça me fait rêver...
L'américain au volant klaxonne beaucoup, double sec mais ne se fait pas emmerder par des péquenots : là-bas, une conduite efficace et rapide, un bon coup (automobile!) est salué par les autres. En France, vous serez poursuivi et menacé par des fous furieux pas contents de s'être faits doubler avec un peu d'audace.Le conducteur New Yorkais ne perd pas son sang-froid, contrairement à ce que l'on imagine : il cherche simplement à aller au plus vite du point A au point B, et respecte malgré tout quelques règles élémentaires : les feux et les piétons. Que demander de plus?!