"Les armes de Satan c'est la plaisanterie,
Cette sauce tournée et c'est l'hôtellerie
Cette sauce tournée et c'est l'hôtellerie
Pour les mauvais passants et c'est l'ivrognerie"
(...)
"Les armes de Jésus c'est la haute terrasse
(...)
"Les armes de Jésus c'est la haute terrasse
D'où retombe en jet d'eau la source de la grâce
Et la vasque au flanc grave et le sang de la race;"
(Péguy)
(Péguy)
En partant pour le baptême de notre ami, nous avons traversé Paris pour prendre notre train gare de Lyon en direction de Grenoble. Traversée en métro toujours épique avec son lot de racailleux qui repèrent au premier coup d'oeil la famille nombreuse et certains nous ont balancé du quai d'en face des détritus... Réceptionnés par herself et rebalancés immédiatement avec un certain succès dans le geste et la précision pendant mon mari insultait en porte voix l'agressive et haineuse racaille. Vive le bien vivre ensemble! Situation ordinaire d'un monde en complète déréliction que personne ne remarque même plus ou fait semblant d'ignorer...Arrivés dans le vieux TGV bien crade, nous avons supporté un arrêt de climatisation durant tout le trajet alors qu'au retour au contraire nous aurons droit à trop de clim. ce qui fait qu'à l'heure d'aujourd'hui nous sommes tous avec la gorge explosée.
Grenoble, que je ne connaissais pas, ville emplie de bobos de gauche avec ses spectacles de rue (le" djeun" hirsute, pieds nus sous la pluie déclamant un texte improbable devant quelques passants assis par terre sur les trottoirs sales), ses bruits de bagarres et sorties de bar avinées et glauques au milieu de la nuit (à la fin de la veillée pascale), une espèce de bouillonnement de cuvette (ville encerclée par les montagnes, un peu comme Lourdes). Et au milieu de tout cela, la petite église où avait lieu le baptême de notre ami, en plein centre, véritable "havre de paix" avec sa chorale grégorienne aux voix féminines sublimes et éthérées, aux choeurs masculins profonds, aux voix des prêtres éclatantes! Quel contraste!
Au retour, passage par Paris encore, arrêt en ce dimanche soir de Pâques dans un Quick de gare où ne demeurent plus que de pauvres hères ravagés... Une saleté innommable par terre et sur les tables que quelques types s'appliquaient à étaler consciencieusement... Et mes petits jumeaux, encore vêtus de leurs beaux pulls blancs de Pâques, illuminant par leur présence ce lieu de misère absolue. Les laver le plus vite possible, telle était mon unique obsession à cet instant! Je n'en pouvais littéralement plus et le feu pascal à cette vue a bien failli s'éteindre dans mon coeur pour de bon...
Extrait d'Ayn Rand, dans La Grève :
"Rearden marchait par les rues obscures vers l'appartement de Dagny. Il avait les mains dans les poches de son manteau, les bras le long du corps parce qu'il n'avait aucune envie de toucher quoique ce soit, de frôler qui que ce soit. Jamais il n'avait ressenti pareil dégoût, sans objet particulier, mais qui semblait tout imprégner, conférant à la ville une atmosphère moite. Il comprenait qu'on éprouvât du dégoût pour une chose contre laquelle on pouvait lutter avec la saine indignation de qui sait qu'elle n'a pas sa place dans le monde. Mais ce sentiment d'avoir pris le monde en horreur était nouveau pour lui. Comme s'il ne voulait pas en faire partie."