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lundi 9 avril 2012

Contrastes

    "Les armes de Satan c'est la plaisanterie,
 Cette sauce tournée et c'est l'hôtellerie
             Pour les mauvais passants et c'est l'ivrognerie"


(...)


"Les armes de Jésus c'est la haute terrasse
      D'où retombe en jet d'eau la source de la grâce
           Et la vasque au flanc grave et le sang de la race;"
(Péguy)



En partant pour le baptême de notre ami, nous avons traversé Paris pour prendre notre train gare de Lyon en direction de Grenoble. Traversée en métro toujours épique avec son lot de racailleux qui repèrent au premier coup d'oeil la famille nombreuse et certains nous ont balancé du quai d'en face des détritus... Réceptionnés par herself et rebalancés immédiatement avec un certain succès dans le geste et la précision pendant mon mari insultait en porte voix l'agressive et haineuse racaille. Vive le bien vivre ensemble! Situation ordinaire d'un monde en complète déréliction que personne ne remarque même plus ou fait semblant d'ignorer...Arrivés dans le vieux TGV bien crade, nous avons supporté un arrêt de climatisation durant tout le trajet alors qu'au retour au contraire nous aurons droit à trop de clim. ce qui fait qu'à l'heure d'aujourd'hui nous sommes tous avec la gorge explosée.
Grenoble, que je ne connaissais pas, ville emplie de bobos de gauche avec ses spectacles de rue (le" djeun" hirsute, pieds nus sous la pluie déclamant un texte improbable devant quelques passants assis par terre sur les trottoirs sales), ses bruits de bagarres et sorties de bar avinées et glauques au milieu de la nuit (à la fin de la veillée pascale), une espèce de bouillonnement de cuvette (ville encerclée par les montagnes, un peu comme Lourdes). Et au milieu de tout cela, la petite église où avait lieu le baptême de notre ami, en plein centre, véritable "havre de paix" avec sa chorale grégorienne aux voix féminines sublimes et éthérées, aux choeurs masculins profonds, aux voix des prêtres éclatantes! Quel contraste!
Au retour, passage par Paris encore, arrêt en ce dimanche soir de Pâques dans un Quick de gare où ne demeurent plus que de pauvres hères ravagés... Une saleté innommable par terre et sur les tables que quelques types s'appliquaient à étaler consciencieusement... Et mes petits jumeaux, encore vêtus de leurs beaux pulls blancs de Pâques, illuminant par leur présence ce lieu de misère absolue. Les laver le plus vite possible, telle était mon unique obsession à cet instant! Je n'en pouvais littéralement plus et le feu pascal à cette vue a bien failli s'éteindre dans mon coeur pour de bon...

Extrait d'Ayn Rand, dans La Grève :
"Rearden marchait par les rues obscures vers l'appartement de Dagny. Il avait les mains dans les poches de son manteau, les bras le long du corps parce qu'il n'avait aucune envie de toucher quoique ce soit, de frôler qui que ce soit. Jamais il n'avait ressenti pareil  dégoût, sans objet particulier, mais qui semblait tout imprégner, conférant à la ville une atmosphère moite. Il comprenait qu'on éprouvât du dégoût pour une chose contre laquelle on pouvait lutter avec la saine indignation de qui sait qu'elle n'a pas sa place dans le monde. Mais ce sentiment d'avoir pris le monde en horreur était nouveau pour lui. Comme s'il ne voulait pas en faire partie."

Triduum Pascal - Le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité, Alleluia!



"Les armes de Jésus c'est tous les coeurs païens : 
Pourvus qu'on les baptise et les rende chrétiens,
Il en fait les plus purs de tous ses paroissiens;"
 (Péguy)



Pour la deuxième fois cette année, nous avons parrainé un jeune homme (26 ans) qui a demandé le baptême dans l'Eglise Catholique. Nous sommes donc partis loin de chez nous pour passer la Veillée Pascale et le dimanche de Pâques dans la paroisse du jeune en question. Assister à son baptême lors de la nuit pascale.

Incroyable grâce pour nous d'abord, nous avons assisté tout au long de l'année dernière au cheminement, doutes, combat spirituel, interrogation, décisions de ce garçon que rien ni personne dans sa famille ne prédisposait vraiment à une telle conversion. Si ce n'est naturellement la volonté divine et je peux vous assurer que de suivre en direct la mise en oeuvre concrète de cette dernière, son déroulement que rien ni personne ne peux stopper (si ce n'est notre propre volonté personnelle, notre liberté) est quelque chose d'assez extraordinaire et même parfois un peu effrayant car un amour véritable (surtout lorsqu'il est de nature divine!) possède une force, une puissance difficilement traduisible.

Grâce pour nous, je le répète, car vieux chrétiens que nous sommes, nous n'avons plus le regard affiné ni l’ouïe claire pour observer et entendre cette voix de Dieu qui appelle chacun d'entre nous à cette radicalité que suppose tout véritable amour. Nos deux néophytes, chacun à leur manière très différente, ont su témoigner avec leur enthousiasme et leur réponse, de cette foi chrétienne dans laquelle nous baignons, nous, depuis notre prime enfance. Ils ont lutté -au sein même de notre vieille Eglise qui est à notre image- pour faire entendre leur réponse à l'appel divin, pour prouver justement leur "bonne foi" et nous n'avons été que les "relais" (parfois un peu vieillissants et sourds et perclus et lents) et d'avoir été choisis comme instruments, comme "antenne" a été pour nous un cadeau très spécial. De même que l'électricité passe dans l'antenne ou un relais, de même la grâce qui passait entre le Bon Dieu et nos amis est passée par nous et nous l'avons accueillie du mieux que nous pouvions, et nous en avons profité sans complexe. " En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas reçue."

Dans cette cuisine qu'est ce blog, à l'image de mon chez-moi où l'on se tient plus volontiers dans la cuisine que dans le salon, ou bien dehors, en marchant dans la plaine, où l'on se détend et où l'on se confie loin de la solennité parfois un peu guindée d'un salon ou d'une salle à manger, une tasse de café à la main, avec les enfants qui passent et repassent ne perdant pas une miette de conversation et venant à leur tour déposer leurs soucis, leurs plaintes et venant se faire réconforter par quelques parole ou caresse ou nourriture appropriée, je vous raconte tout ceci aujourd'hui, je vous transmets ma nourriture, mon réconfort et surtout la joie, la joie immense donnée par le Christ en personne venu nous proposer en toute simplicité un salut et bonheur éternel. Qui voudra de ce plat là? J'espère que vous serez nombreux, chers lecteurs, à venir vous laisser séduire et réconforter, à venir goûter et dévorer ce qui fait véritablement le Sel de notre terre.