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samedi 19 août 2023

Chronique estivale 26

 Hier retour en Beauce depuis la Bretagne. Avec mon fils aîné et trois chats. Dans le Jumpy non climatisé. J'ai bien cru ne jamais parvenir au bout. Il faisait jusqu'à 35 degrés dans la voiture.

Mon fils a pris de très mauvaises décisions et directions depuis plus de dix ans. Nous essayons, seuls avec lui, de le confronter à ses choix et à le pousser à prendre enfin une bonne décision qui engagerait sa vie. C'est un combat usant, difficile, une horrible croix et ce qui me fait tenir le coup c'est le soutien indéfectible de mon mari. Lorsque l'un de nous deux craque, l'autre prend le relai.

Tout n'est pas merveilleux dans le monde des familles nombreuses catholiques pratiquantes. Loin de là. Mais tout est éclairé et transcendé par la grâce de Dieu.

Ceux qui parviennent jusqu'à ce petit blog auront une prière pour moi.


jeudi 17 août 2023

Chronique estivale 25

  L'accouchement de ma fille a été très long et elle est un peu traumatisée. Ce qui est normal pour une première fois.

 Mais je ne suis pas étonnée par sa surprise (négative) :  la grande mode aujourd'hui est de faire faire aux femmes enceintes un "projet d'accouchement" où elles expliquent, par écrit, comment elles veulent accoucher. Avec ou sans péridurale. Dans un lit ou bien dans une baignoire. A quatre pattes, sur le côté, debout, couchée, etc. 

Mais c'est d'une hypocrisie absolue parce qu'évidemment rien ne se passe comme elles l'ont souhaité ou bien comme on leur a fait miroiter (douceur, pas de douleur, bonheur) A l'arrivée, les jeunes femmes ne vivent rien de ce beau rêve. Elles souffrent, c'est long, c'est difficile, c'est interminable et c'est le combat de leur vie.

Les plus dégoûtées crient aux violences gynécologiques et se lancent dans des récits  mettant en scène des sages femmes sadiques ou des gynécologues indélicats, bref, des soignants qui jettent aux horties le beau projet sans complexes. 

Lorsque l'enfant paraît, tout n'est que sang, sueur et larmes et cette bête réalité revient en pleine poire des pauvres jeunes nouvelles mères qui n'imaginaient rien de pareil, ceci parce qu'on leur a "vendu" un accouchement parfait, sans douleur et où elles seraient maîtresses de leur corps et de leur accouchement du début jusqu'à la fin. 

Or, dans un accouchement on ne maîtrise pas grand chose. Le corps se met en branle sans que l'on y soit pour rien, et les médecins ne sont là que pour surveiller l'évolution et la progression du bébé, entraîné, bien malgré lui, à sortir. Personne ne maîtrise rien et tout le monde fait semblant d'être au fait de la situation. C'est un des domaines médicaux les plus "aléatoires" et qui demande aux médecins beaucoup de réactivité et d'adaptation. C'est le domaine où l'expérience prime sur la théorisation.

Avec le temps, le monde moderne qui aime bien tout maîtriser, la naissance comme la mort, s'est arrangé pour programmer et gérer au mieux les naissances comme les fins de vie. Mais il reste encore toute une part d'inconnue qui rend chaque naissance si extraordinaire, si unique, si miraculeuse.

Je ne critique pas le progrès : la gestion de la douleur, dans les naissances comme dans les fins de vie, est un énorme bienfait du progrès. Mais imaginer une seule seconde que la perfection est de ce monde, c'est nier ce qu'est l'expérience humaine avec sa part de mystère.

mercredi 16 août 2023

Chronique estivale 24


 J'ai dû attendre jusqu'à cette heure tardive pour poster cette chronique estivale, la plus importante de cet été, la plus heureuse :

Je suis grand mère pour la première fois!  

Notre curé, dans son homélie, du 15 août, célébrait la vie, la maternité divine de la Sainte Vierge, celle de sa cousine Elisabeth. 

Notre petite Rita, (dont la sainte est patronne des couples, des mères de famille et des causes difficiles ou désespérées), est née le 16 août, pas le 15, certainement pour ne pas empiéter sur la grande fête de notre Reine du Ciel!

Je ne peux que rendre grâce à Dieu, la vie est belle.


lundi 14 août 2023

Journal du deuxième confinement, Jeudi 5 Novembre, En passant

 


Elle avançait, en silence, dans sa demeure,

Sous l'antique voûte emplie de tant de prières 

Elle se penchait, séculaire, sans bruit, sans heurt,

Guettant ceux qui déposaient toute leur misère.


Elle les voyait tous entrer : les jeunes et les vieux,

Les arrogants, les ennuyés, les soupirants

Les inquiets, les empressés et les malheureux,

Les grandes personnes et tous les petits enfants.


Elle allait, l'Immaculée, toute humilité,

En amples pas légers, sans faillir, au-devant.

Un rien l'effleurait dans sa grande pureté

Sur sa joue roulait, pure, une larme d'enfant.


Reine des martyrs innocents, elle était donc.

Et, comme son Fils Bien Aimé, elle écoutait

Toujours, dans sa maison, les demandes, les sons,

Les murmures brisés des pécheurs accablés.


Elle prie. Son Père et son Fils. Jointes sont ses mains,

En Dieu toute enclose.Mais, au plus léger signe,

Elle accompagne les morts sur le bon chemin

Et l'Univers tout entier devant elle s'incline.





Chronique estivale 24

 Arrivée pour quelques jours, en bretagne, de quatre de mes fils. Nous sommes donc tous les jours 8 à table (mon mari est reparti). Les quantités de nourriture sont énormes.

Dans la lecture du jour, je lis cette phrase :"Aimez donc l’immigré, car au pays d’Égypte vous étiez des immigrés."

Evidemment, pour moi "aimer les immigrés" ça n'est certainement pas les accueillir sur notre sol comme cela se fait actuellement.  

Aujourd'hui, fête d'un saint polonais, le père Maximilien-Marie Kolbe, mort à Auchtwitz. Il a offert sa vie àla place d'un père de famille. Grand saint, grand missionnaire et ardent serviteur de la cause mariale.

Quelques extraits de sa vie et de sa mort :

"En 1930, il part avec quatre autres frères pour le Japon, où il fonde « Mugenzai No Sono », ou « Jardin de l'Immaculée », dans la banlieue de Nagasaki et y imprime une revue mariale. Cette « cité » restera intacte après l'explosion, en 1945, de la bombe atomique sur Nagasaki."

(...)

"Le 17 février 1941, le Père Kolbe est arrêté par la Gestapo et incarcéré dans la prison Pawiak de Varsovie. Le 28 mai de la même année, il est déporté au camp d’extermination d’Auschwitz, où on lui assigna le numéro 16670.

Fin juillet, un prisonnier s'échappa. En guise de représailles, le commandant Fritsch décide de choisir dix compagnons du même bloc et les condamne injustement à mourir de faim et de soif dans le « souterrain de la mort ».

À la stupeur de tous les prisonniers et des nazis eux-mêmes, le père Maximilien sort des rangs et s'offre pour remplacer l'un des condamnés, le jeune sergent polonais François Gajowniczek. De cette manière inattendue et héroïque, le Père Maximilien descend avec les neuf autres prisonniers dans le « souterrain de la mort » où, les uns après les autres, les prisonniers meurent, consolés, assistés et bénis par un saint.

Le 14 août 1941, le Père Kolbe quitte sa demeure terrestre, pour la rencontre avec Dieu, suite à une injection d’acide phénique. Le jour suivant, son corps fut brûlé dans le four crématoire et ses cendres dispersées au vent."

dimanche 13 août 2023

Chronique estivale 23

 Premier livre des Rois 19,9a.11-13a.

En ces jours-là, lorsque le prophète Élie fut arrivé à l’Horeb, la montagne de Dieu, il entra dans une caverne et y passa la nuit.
Le Seigneur dit :
« Sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer. » À l’approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ;
et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d’une brise légère.
Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne.

Bonheur (2)

Bruits, tourments, éclats soudains, sombres abîmes

Nos vies s'accélèrent sans cesse, adrénaline

Dont nous ne pouvons nous passer, plaisirs, soucis

Rythment nos âmes, nos corps, nos jours et nos nuits.


Mon Dieu, dans ce bruit, cette fureur, je tente

De trouver le son perdu d'une mélodie

Que tu imprimas jadis au fond des esprits

A la création de tous, il y a longtemps,


Son diffus, murmure imperceptible aux âmes

Lourdes, du Bonheur, mystère de la vraie Joie : 

Tu avais déposé en grand secret sa loi

En nous, une image de Toi, de ta flamme.


J'ai parcouru moult chemins, crié en vain

Avec rage, et, au bout de mon long, lent déclin

Me suis arrêtée dans le crépuscule ombré : 

A l'entrée de la nuit, Seigneur, Tu me guettais

O Dieu de bonté, tout ce temps, Tu m'attendais.



Saint Charles de Foucauld

Que vous êtes bon, mon Dieu, de nous répéter si souvent : « Appelez-moi à votre secours ; je viendrai à vous !.. Appelez-moi, je vous écouterai ! » (…)
Appelons Dieu au secours dans la tentation ! Ne cherchons pas, dans la tentation, dans la difficulté, à lutter avec nos forces, avec les forces de la nature. Actuellement les esprits des ténèbres sont bien plus forts que nous, plus forts et plus fins ; naturellement notre concupiscence est bien forte et notre âme bien faible ; c’est une de ruses du démon de nous absorber tellement dès les premiers moments de la tentation, que nous faisons tous nos efforts, (quand nous les faisons), pour lui résister avec nos forces, mais sans penser à appeler au secours celui qui seul peut nous sauver, Dieu, ou notre bon ange, ou les saints. Il jette comme un voile autour de nous, pour nous empêcher de regarder en haut, de lever les yeux au ciel. Il tâche de nous rendre « muets » comme ces possédés de l’Évangile ; il nous absorbe et tâche que la pensée d’appeler au secours ne nous vienne pas. Et nous ayant ainsi séparés de tout ce qui fait notre force il ne nous vainc que trop facilement.
Dès le début de la tentation, cherchons donc beaucoup moins à résister par nos propres forces qu’à appeler Dieu ; dès que nous nous sentons tentés, ayons recours à la prière, mettons-nous à prier, et ainsi, en un instant, nous remporterons une facile victoire, tandis qu’autrement nous serons toujours vaincus. Donc dans la tentation, prière, prière, prière !

samedi 12 août 2023

Chronique estivale 22

 Que dire après cette  terrible agression de Cherbourg? Que la diversité a une volonté de mort vis à vis de la population de souche blanche. C'est une réalité que l'on ne peut plus nier. Deuxième réalité : la justice, par son laxisme prononcé, cautionne cette volonté de conquête et de mort.

Pauvre France, pauvre, pauvre femme de Cherbourg!


Citadelle

Midi, la clarté aveuglante du soleil
Eclaire, et brûle, et écrase corps et âmes.
Je me souviens de ta parole matinale
Seigneur : "ta faute s'accroît, c'est toujours pareil

Toi qui me connais et qui a été instruite
Toute petite de tout ce que j'ai créé, 
Un paradis sans pareil de conte de fée,
Un amour infini qui toujours te poursuit. 

Mais tu fuis devant Moi, tu chasses des chimères, 
Tu traques des proies ridicules, tes désirs,
Tu inventes ta vie mais tu oublies de vivre
Et ta faute s'accroît et plus rien tu n'espères.

Quand verras-tu enfin ce Midi à ta porte?
Attirée par des sirènes machiavéliques 
Tu soupires au sein même des Eucharisties
Tes amours, tes rêves,  ta vie de cloporte.

Et ta faute s'accroît et plus rien tu n'espères 
Ma fille aînée,  ma seule et unique princesse
Mon enfant très aimée, ma France forteresse
Tu vacilles sans cesse entre Ciel et Enfer.

Et ta montagne de vices touche les cieux.
A présent tu me vois et tu m'appelles à l'aide: 
Gravir, chute après chute, la pente raide
Au travers d'une vie et des siècles de feu."

Un jour, je me réveillerai d'entre les morts.
Toutes les ruines fumantes qui m'écrasaient
Rassemblées à nouveau, cathédrale de paix
Aux vitraux lumineux et pleins de vérité 
Ma patrie restaurée, ses enfants relevés 
Habiteront en son coeur, ô Dieu saint et fort.

vendredi 11 août 2023

Chronique estivale 21

 


Ma vie personnelle est celle, très routinière, d'une mère de famille. J'ai souvent le sentiment (le terme est très juste, il s'agit d'un sentiment et non d'une raison) d'avoir une vie "tiède" : ni héroïsme ou actions grandioses, ni grands péchés ou crimes. Mais des activités  ménagères (tenir la maison) et professionnelles (préparation des cours) immuables. 

Je pense alors à cette phrase de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus : "je veux sanctifier les battements de mon coeur, mes pensées et mes oeuvres les plus simples en les unissant [ aux mérites infinis du Coeur Sacré de Jésus]" Dans ma vie spirituelle, je me rabats sur la prière quotidienne, en particulier le chapelet dans la voiture, avec "plus d'entêtement que d'attention" comme le dit avec une simplicité directe Flannery O'Connor.*

Le secret de toute vie réussie est sans doute dans cette plongée dans le réel, plongée quotidienne, acharnée, persévérante, joyeuse.

En ce qui me concerne, la réalité c'est le mariage : "Je suppose qu'il en va de la conversion comme du mariage, on découvre, en l'acceptant, qu'il signifie le commencement, et non la fin, d'un combat dont l'amour est l'enjeu" (Toujours Flannery dont je relis la correspondance en ce moment).


*Citation complète : "La seule force en laquelle je crois est la prière et je m'en sers avec plus d'entêtement que d'attention".

jeudi 10 août 2023

Chronique estivale 20

 





Avec ma mère, ma fille et sa cousine, nous visitons l'étonnant et très beau parc de la "Vallée des saints", en Bretagne. De gigantesques statues de granit contemplent de toute leur hauteur la région. Sculptures homériques édifiées dans le ciel tourmenté. Elles font face et corps avec les éléments : la pluie et le vent.

Des statues de saints bretons aux prénoms étranges et mystérieux. Entre ciel et terre, leur taille immense témoignent de la proximité des cieux. La spiritualité est quelque chose de profondément concret, terrestre, humain, et ces sculptures le démontrent.

Ma fille de douze ans gambade avec sa cousine dans la prairie : quel âge merveilleux, ce début de l'adolescence, cette sortie de l'enfance où de la petite fille naît lentement la jeune fille. Auréolée d'une innocence émouvante (elle se cache la vue lorsqu'elle est témoin d'un baiser dans un film! Comme si l'intimité de cet acte éclatait au grand jour et l'aveuglait par la puissance de sa révélation) avec parfois des éclairs de précocité propre à cette génération. 

Notre société ne fait pas de cadeaux à l'enfance : elle ne la prolonge guère, elle accélère le passage à l'âge adulte avec un brutal dévoilement des réalités de la vie. 

Horizon

Vivre oscillant sur corde raide

L'abîme profond, la marge faible

Marcher vers l'horizon sans aide

Fixer le but, ferme et en paix


Avancer bravant les orages

Persévérer avec courage

Supporter tous les ravages

Ne pas se plaindre des dommages


S'enfoncer sans peur dans la nuit

Braver l'ombre, écouter les cris

Se diriger vers ce qui luit

Traquer la Vérité qui fuit


Se relever de nos blessures

La Grâce guérit nos brûlures

Dans la brise et son murmure

Dieu nous garde par son Armure.

mardi 8 août 2023

Chronique estivale 18

 

Il y a 4 ans, voici ce qui nous est arrivé : et qui reprend parfaitement la citation de Mick Fleming, le Pasteur de l'église de la rue : 

" Avec les années, je me suis rendu compte que nous sommes entourés de surnaturel. "


Un retour un peu spécial cet après midi, du Sud Ouest jusque chez nous. Un ami très cher m'envoie un mail qui commençait ainsi " quand tu recevras ce message je serai mort". 

Une tentative de suicide évitée de justesse, j'ai réussi en lisant le mail à localiser où il s'était garé en pleine cambrousse. J'ai appelé la gendarmerie la plus proche qui est allée à sa recherche. Il l'ont décroché de l'arbre juste à temps. J'ai remercié par mail le gendarme et j'ai eu de ce dernier une magnifique réponse. Il y a une Providence qui veille quelque part et elle s'est servie d'internet et de google map, alors plus jamais je ferai ma chochotte catho décroissante "naan mais c important de déconnecter".


La réponse du gendarme: elle est à elle seule, la preuve vivante de leur dévouement entier et de leur grandeur d'âme.

"Bonsoir Madame 

Je vous écrit en coup de vent si j'ose dire car avec ma camarade nous devons repartir en patrouille.

Je vous remercie infiniment pour votre courriel.

Je me permets également de saluer votre réactivité quant à l'alerte que vous avez effectuée auprès de nos services aujourd'hui car cela nous a permis de réagir avec célérité et à n'en pas douter une fin tragique a été évitée. Tous les renseignements que vous m'avez transmis en direct sur mon portable nous ont grandement aidé soyez en certaine.

Avoir des amis sur qui compter est important dans la vie et Monsieur XXX a de la chance d'avoir une amie comme vous.

Dans un autre registre avoir une famille heureuse est quelque chose d'aussi très important alors profitez bien de vos derniers jours de vacances en famille et soyez fière d'avoir préservé une vie en ce 07 août 2019.

Préservez-vous et pensez à vous maintenant vous l'avez plus que mérité.

Je transmets bien évidemment vos "vifs remerciements" à ma camarade qui était aujourd'hui à l'accueil de notre unité et que vous avez eue initialement au téléphone. 

Je vous remercie encore pour votre attention. 

Je vous souhaite une très belle soirée."


--

lundi 7 août 2023

Chronique estivale 17

 


Lu sur la plage le témoignage surprenant de Mick Fleming, le pasteur qui a bouleversé l'Angleterre :  "Rédemption", "Du deal à la vie".

J'ai retenu ces deux passages :

" Avec les années, je me suis rendu compte que nous sommes entourés de surnaturel. 

(...)

" Aujourd'hui, je peux dire que les prières qui viennent du coeur aimant d'une mère sont toujours exaucées."

La vie mouvementée de ce type tombé dans la drogue, l'alcool, la violence, le crime puis s'extirpant avec l'aide très concrète de Dieu de ces galères absolues, cette vie est édifiante. 

Aujourd'hui, il a fondé l'Eglise de la rue, il s'est marié et est devenu pasteur.

Le genre de destin qui rend fondamentalement optimiste.




dimanche 6 août 2023

Chronique estivale 16, dimanche de la Transfiguration



Contemplation

A terre, le visage renversé, en sang
On distingue les yeux morts levés vers le ciel
Ils contemplent, écrasés, un obscur néant
Un visage effacé de ses traits essentiels.

Je songe que sa Mère a scruté en détail

Avec amour, avec passion, durant sa vie

Tous les traits ciselés du visage; éventail
Dessiné par Celui qui a pleuré, sourit.


Je songe que Joseph, son père terrestre,

A contemplé le Dieu caché jour après jour

Dans ce visage d'homme supraterrestre

Reflet exact d'un Enfant-Dieu qui est Amour


Je songe alors, observant jusqu’à la nausée

Ce visage crucifié, empli de douleur,

Que dans son sacrifice pour l'homme effacé,

Ce visage détruit retrouve sa beauté.


Je voudrais prendre, comme  Véronique

Au Golgotha, un doux tissu fin, bien léger

Et d’une caresse pour la Face Unique

Dévoiler au mieux le visage ensanglanté


Il apparaît alors sous les traits d'une Hostie

Qui prend sous sa Face tous les hommes perdus

Dont la mort a effacé les traits, les esprits

Que le monde a oublié et qui ne sont plus.


Visage de mon Dieu souffleté et broyé

Dans la triste clameur des âmes en perdition

Péchés inscrustés dans sa blanche pureté

Par parole, par action, pensées, omissions. 


Montrer sous le masque noir de la Négation

L'éclat aveuglant de la Transfiguration





samedi 5 août 2023

Chronique estivale 15


 Parfois, il est vrai, j'aimerais être un peu plus riche. 

Avec un mari professeur et neuf enfants, les vacances ont toujours été réduites à leur plus simple expression: nous partions dans la maisonnette de vacances de mes parents, en Bretagne. Cela nécessitait une cohabition difficile. J'ai un fort caractère et mes parents sont chez eux. Il a fallu faire des compromis. Mon mari est très souvent resté chez nous, en Beauce, pendant que j'emmenais la horde sauvage en Bretagne. 

Aujourd'hui encore, je passe mon été dans cette maison, avec moins d'enfants mais avec mes parents devenus beaucoup plus dépendants. Je me charge toujours des repas, des courses et il faut ajouter à cela le jardinage. J'ai appris à aimer ce coin de France que je n'ai pas choisi, balnéaire, peu de diversitude, tranquille et beau. 

J'angoisse déjà à l'idée de la vente de cette maison. Cela arrivera dans les prochaines années. Je me dis que la Providence veillera, comme elle l'a toujours fait avec nous, notre grande famille et petits moyens. J'ai hâte de connaître les futurs plans de Dieu pour nous.

vendredi 4 août 2023

Chronique estivale 14


 Je tombe par hasard sur les tweets de l'émission des Grandes Gueules sur le thème : "Ne plus faire d'enfants pour sauver la planète. Est-ce que vous comprenez?"

Non, je ne comprends pas. 

Je comprends que nos sociétés sont arrivées à un degré de civilisation qui empêche de voir ce qui est essentiel pour bien vivre, avoir un chemin à peu près serein depuis notre naissance jusqu'à notre mort. Les gens se compliquent beaucoup les choses. Ils veulent tout faire. Voyager, créer, profiter de loisirs, accessoirement travailler, connaître l'amour (plusieurs amours) avoir une maison, des enfants, un jardin, des animaux, etc...

En fait, nous avons des capacités infinies et des désirs infinis. Mais nous ne savons guère prioriser nos objectifs. La plupart du temps, un seul objectif permet de réaliser beaucoup de finalités plus ou moins secondaires. Mettre tout sur le même plan est le plus sûr moyen de ne rien faire.

Décider de fonder une famille était jusqu'à il y a peu un objectif essentiel, principal, premier, de tout être humain normalement constitué, qu'il soit homme ou femme. Ça n'est plus le cas. La normalité s'est inversée. L'épanouissement individuel prime. 

En fait ce n'est pas exactement cela : l'individu a toujours primé et ça n'est pas une question d'égoisme.

 Mais à mon sens, cet épanouissement individuel passe objectivement par la case fonder une famille, perpétuer l'espèce humaine. L'homme et la femme (encore plus la femme) qui n'a pas de désir d'enfant est étrange, anormal.

C'est lorsque je me suis mariée et que j'ai attendu mon premier enfant que j'ai commencé à goûter à la vie. J'ai apprécié la vie, j'ai connu la vrai vie, avec son intensité absolue dans la joie, l'angoisse, la douleur, parce que je me suis mariée, parce que j'ai eu des enfants. Ma vie aurait été d'une platitude absolue sans cette base.

Cela peut sembler bien péremptoire : beaucoup ne se marient pas, beaucoup n'ont pas d'enfants et ont des vies merveilleuses. Sans doute. Il n'en reste pas moins que ces destins doivent demeurer l'exception, avec des esprits particuliers. 

Or, ils ont tendance à devenir la norme et les couples et les familles deviennent l'exception. 

jeudi 3 août 2023

Chronique estivale 13

 J'ai regardé, en bretagne, un très beau film : "Sacrifices of war", avec Christian Bale. Ce dernier campe un entrepreneur américain coincé à Nankin, dans un orphelinat de jeunes filles dont le prêtre et reponsable a été tué par les soldats japonais. Toute la ville est mise à sac par les Japonais. Les orphelines, rejointes par un contingent de prostituées, se retrouvent livrées à elles-mêmes dans la terreur d'être violées et massacrées. 

L'entrepreneur, pour sauver sa peau, a revêtu la soutane du prêtre tué. À un moment crucial, il prend ce rôle de prêtre et protège ainsi les petites filles et les jeunes prostituées. Il devient pour tous, amis et ennemis : "Father John". 

Et il va, au péril de sa vie d'homme un peu bancal, ivrogne, rustaud, sauver les orphelines.

Il sera aidé en cela par toutes les prostituées qui vont, elles, donner leurs vies, pour les petites filles. Ces nouvelles martyres, héroïques, sont les vivants symboles de la phrase des Évangiles :"En vérité, je vous dis que les publicains et les prostituées vous devancent dans le royaume de Dieu."

Film émouvant au possible, avec certes des scènes horribles mais où la grandeur d'âme des derniers d'entre tous rachète la barbarie atroce des autres.

J'ai aimé particulièrement la scène dans laquelle l'entrepreneur se contemple dans sa soutane et, comme si le vêtement l'imprégnait d'une grâce particulière, sacerdotale, l'homme se décide à devenir le prêtre pour sauver les enfants. 

L'habit ne fait pas le moine? Et bien, cette histoire prouve le contraire.

mercredi 2 août 2023

Chronique estivale 12

 Il pleut comme vache qui pisse.

Samedi, nous étions en Bretagne nord, à un mariage célébré dans l'église où ma fille aînée s'est mariée. Douloureux souvenir que ce premier mariage parce qu'une  douloureuse circonstance au sein du bonheur de ce jour de fête.

 Ce n'est pas parce que nous avons une famille nombreuse, avec de bons principes éducatifs et religieux que tout baigne dans l'évolution de nos enfants. Vous allez rire, mais j'ai longtemps cru qu'il suffisait de faire beaucoups d'enfants pour que ces derniers soient bien élevés. Il se trouve que c'est un peu plus compliqué que cela même si la loi du grand nombre pousse effectivement à plus d'ordre dans la fratrie.

Et comme chacun sait ," L'ordre! L'ordre! L'ordre!" Selon notre président, hé bien ça fait tout.

Chez nous, ça n'a pas complètement marché, d'autant que je manquais singulièrement d'expérience et d'autorité avec mes premiers enfants. Et il s'est avéré que j'ai eu un premier garçon, extrêmement brillant mais au tempérament singulier. Cela lui complique toujours la vie et à l'époque du mariage de sa soeur, il était en pleine crise. Il n'est pas venu assister à la cérémonie. Cela nous a profondément blessés, lui le premier.

En revenant assister à une messe de mariage dans cette église, le souvenir de cet acte manqué s'est apaisé, adouci par le bonheur et la profonde solennité des nouveaux mariés. Avec mon mari nous avons pu profiter pleinement de la cérémonie, sans hystérie, préoccupation ou angoisse, puisqu'il ne s'agissait pas de "notre" mariage. Et cela a refermé cette plaie mal cicatrisée de ce premier mariage (très réussi en lui-même) où manquait l'un des nôtres.

En sortant de cette belle messe, le crachin breton s'est déchainé et un parapluie, miraculeusement trouvé dans Jumpy nous a sauvé. Nous avons regagné précipitamment nos voitures, une fois que les mariés aient plongé dans la leur sous quelques applaudissements mouillés, et avons erré un peu dans la pampa bretonne avant de nous arrêter prendre un café dans un "drive" planté au milieu d'un rond point. Les miracles, ça existe.


mardi 1 août 2023

Chronique estivale 11

 Après ce mariage en Bretagne nord, nous avons traversé la région en diagonale pour atteindre la Bretagne sud. 

Habituellement, je prends mes quartiers dans la petite maison de vacances de mes parents. Nous y avons un étage entier à disposition et je m'occupe des courses et des repas car mes parents sont âgés. J'aime cette maisonnette sans charme particulier, j'aime surtout la vieille gazinière et son four qui cuit fort bien des tartes et des quiches. J'y retrouve de bonnes grosses vieilles marmites parfaites pour les grandes tablées.

Mais cette semaine nous avons posé nos valises à quelques kilomètres de là, dans la maison de ma soeur absente et qui nous a laissé en garde sa fille, son chat et ses tortues. La maison est moins rustique que celle de mes parents, plus confortable mais rien n'y fait : j'y suis moins bien.

En y réfléchissant j'ai réalisé que j'apprenais à prendre possession d'un lieu et donc à l'apprécier, à l'aimer, non pas par son esthétique ou son confort, mais par sa cuisine, son évier et son four. Si je suis à l'aise dans la cuisine, c'est que le lieu est bon. 

Dieu merci, je m'adapte partout grâce à un ustensile qui ne quitte jamais mon sac à main : mon opinel.

dimanche 30 juillet 2023

Chronique estivale 9

 A un mariage en Bretagne : il pleut à verse à la sortie de l'église. Nous partons pour rejoindre le lieu de réception, un petit chateau breton dans un nid de verdure isolé du reste du monde. C'est là qu'est mort le marquis de la Rouërie, héros de la guerre d'indépendance américaine aux côtés de la Fayette; héros breton, anti révolutionnaire. Son corps sera déterré en 1793 et des acharnés révolutionnaires re-décapiteront entre autres outrages, le cadavre du défunt marquis. Cet épisode en dit long sur la haine de ces révolutionnaires.

Nous profitons de la soirée, avec mon mari, entre gens de bonne compagnie. Nous sommes arrivés la veille, en Jumpy, rien que nous deux. La liberté que procure la voiture, pour nous qui avons fait le choix de vivre loin des villes, dans des lieux sécures, cette liberté vitale (nous avons choisi avec soin les écoles privées et hors contrat pour nos enfants) c'est entre choses la voiture qui nous l'a procurée. 

Cette liberté a un coût, mais nous n'avons jamais hésité à investir dans ces "bétaillères", devenues, au fil du temps, de véritables lieux de vie.

Les gouvernements aux idéologies totalitaires ne s'y trompent pas en voulant sans cesse éradiquer la voiture pour les transports collectifs (au nom d'une morale écolo hypocrite et mal ficelée).


samedi 29 juillet 2023

Chronique estivale 8

 

Extrait d'un documentaire intitulé : " Tarkovsky, le cinéma comme prière" 

"Si la société a besoin de spiritualité, elle va commencer à produire des oeuvres d'art et à générer des artistes.
Donc la religion n'est pas une question personnelle à mes yeux, elle touche à l'avenir de la culture de notre civilisation.

Une image artistique est quelque chose d'indivisible, d'intangible,elle possède les qualités du monde qu'elle représente. C'est le rapport entre la vérité absolue et notre conscience euclidienne. Nous ne pouvons la percevoir telle qu'elle, mais nous pouvons deviner son existence et exprimer notre relation avec elle.

En substance, une image poétique ne peut être décryptée.

Si le monde est mystérieux, la vérité de l'image vient de cela qu'elle porte en elle du mystère.

L'image dans les peintures d'icônes a un sens et un symbolisme purement intérieur, et surtout pas extérieur ou figuratif. Ce n'est que métaphysique. Ce n'est pas le portrait du divin ou de sa matérialisation. C'est très important. Car les plus grandes oeuvres des peintres d'icônes sont essentiellement une méditation incarnée de l'absolu.

L'image la plus profonde, la plus impalpable et par là même la plus belle,demande la plus stricte des constructions.

L'image la plus poétique se base sur le naturalisme, pas sur l'idéologie, mais je dirais sur le sens le plus commun, le plus terrestre du mot.

Ainsi, quand on parle de simplicité dans l'éla boration d'une image, cela me renvoie toujours à l'auteur qui touche le sol d'une main, tout en pointant autre chose du doigt, ailleurs, dans des sphères d'un autre monde.

Il est important de ne pas oublier que nous sommes des êtres humains, de la simple matière, spiritualisée, certes, mais de la matière. Car à la fin, tout n'a qu'une source et n'est fait que d'un même matériau. C'est pour ça qu'on s'agace de ce qu'on pourrait appeler, disons, la prétention artistique, qui se manifeste par une expressivité exagérée. Exagérée, à cause d'un manque d'équilibre, dans l'image".

vendredi 28 juillet 2023

Chronique estivale 7

 Les bocaux de compote de prunes se suivent mais ne se ressemblent pas. Les derniers sont moins acidulés car les prunes sont plus mûres que les premières cueillies. Et j'ai mis légèrement plus de sucre. 

Sur un groupe de conversation de femmes, nous avons eu une discussion intéressante à propos des dépressions post partum : ces dépressions qui arrivent lorsqu'on a accouché et qui provoquent un rejet du bébé. Certaines peuvent être très graves. D'autres se manifestent surtout comme une grosse fatigue.

Je me souviens d'un gros traumatisme pour mon premier accouchement : la douleur éprouvée pendant l'accouchement m'a surprise, je ne m'attendais pas à ces violentes contractions, je ne m'attendais pas à être recousue à vif sans anesthésie, je ne m'attendais à rien de tout cela. Et je n'en ai parlé à personne car selon les standars de l'époque j'avais eu un accouchement, classique, réussi. L'heure était à la joie. Sauf que. Au fond de moi-même je demeurais avec un véritable choc traumatique.

À la naissance de Rémi, mon sixième enfant, c'est une autre épreuve qui m'attendait : je sortis de la maternité complètement épuisée, physiquement et moralement. Je déprimais, je ne trouvais au fond de moi aucune source de joie, aucun bonheur à cette naissance. Pourtant Rémi était un nourrisson magnifique, le premier avec de beaux yeux bleu, très calme et bien portant. Mais rien n'y faisait. Je parlai à mon petit en revenant de maternité :" Rémi, maman t'aime mais elle est très fatiguée. Ne m'en veux pas si je te laisse pleurer la nuit." Et curieusement, ce petit poupon aux grands yeux azur a fait ses nuits en un temps record.

De mon côté je cachais mon état d'esprit et me sermonnais intérieurement :"reprends-toi! Ne te laisse pas couler."

Je crois me souvenir que cette déprime a duré quelques semaines et puis s'est terminée. Mais je l'avais échappé bel.

En racontant ces expériences dans le groupe de discussion, j'ai réalisé que je n'en avais jamais parlé à ma famille, mon mari. 

Je vais être grand-mère et peut-être devrais-je raconter à ma fille enceinte (et à ma belle-fille?) ces deux expériences pour la préparer, la mettre en garde, la prévenir de nous prévenir si par hasard elle éprouvait le moindre signe de dépression ou de tristesse. Qu'elle ne culpabilise pas si cela lui arrivait, aujourd'hui ces choses-là se racontent et se traitent.

Peut-être qu'être grand-mère c'est aussi transmettre ces expériences plus ou moins heureuses de la vie.