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mardi 15 avril 2014

Du bonheur

* Lire le beau texte d'XP : "That was only that" sur Ilys.


**Saint Ephrem (v. 306-373), diacre en Syrie, docteur de l'Église
Œuvres, éd. Assemani, t. 1, p. 486 (trad. Thèmes et figures, DDB 1984, coll. Pères dans la foi 28-29, p. 285)
Élie sur le Mont Horeb

      « Voici que le Seigneur passa. Il y eut un vent très violent, qui renversait les montagnes et brisait les rochers devant le Seigneur, mais le Seigneur n'était pas dans le vent. » (1R 19,11) Puis il y eut des tremblements de terre et des éclairs après l'ouragan ; Élie entendit que Dieu n'était pas là non plus. Ces phénomènes avaient pour but de contenir le zèle d'ailleurs louable du prophète dans les limites de sa charge et de lui enseigner, à l'exemple donné par les signes de l'autorité divine, que la sévérité devait se tempérer de miséricorde. Selon le sens caché, les tourbillons de vent qui précédaient la venue de Dieu, les tremblements de terre, les incendies attisés par les vents étaient les signes avant-coureurs du jugement universel...

      « Après le feu, il y eut un murmure léger. » Par ce symbole, Dieu retient le zèle immodéré d'Élie. Il veut ainsi lui dire : « Tu vois que les vents déchaînés ne me plaisent pas, ni les tremblements de terre horribles et que je n'aime ni les éclairs ni la foudre : pourquoi n'imites-tu pas la douceur de ton Dieu ? Pourquoi ne relâches-tu pas un peu ce zèle dont tu brûles, pour être plutôt le protecteur que l'accusateur des hommes de ton peuple ? » Le doux murmure représente la joie de la vie bienheureuse qui sera donnée aux justes, quand, à la fin des temps, sera rendu le jugement général redoutable...

      « Après avoir entendu ce murmure, Élie se couvrit le visage de son manteau. Il sortit, se tint debout à l'entrée de la grotte, et voici qu'une voix lui disait : ' Élie, que fais-tu ici ? ' Il répondit : ' J'éprouve un zèle ardent pour mon Seigneur le Dieu des armées, parce que les fils d'Israël ont abandonné ton alliance ' ». Le prophète se tint à l'entrée de la grotte, sans oser s'approcher de Dieu qui venait, et il se couvrit le visage, dans la pensée qu'il était indigne de voir Dieu... Il avait pourtant devant les yeux un signe de la clémence divine et, ce qui aurait dû le toucher plus encore, il faisait en personne l'expérience de la bonté merveilleuse de Dieu, dans les paroles qu'il lui adressait. Qui ne serait séduit par la bienveillance d'une si grande majesté, par une question si douce : « Élie, que fais-tu ici ? » 



 Bonheur

Bruits, tourments, rires et cris, éclats soudains, sombres abîmes
Oh Seigneur nos vies qui s’accélèrent sans cesse, une adrénaline
Dont nous ne pouvons nous passer, tourbillon de plaisirs et de soucis
Qui rythment nos âmes, nos cœurs, nos corps, nos jours et nos nuits.         

Oh Mon Dieu, dans ce bruit et cette fureur, en vain je tente
De retrouver le son lointain et perdu d’une douce mélodie
Celle que tu imprimas jadis au plus profond de mon esprit
Lors de ma création et de celle de toute l’humanité auparavant

Le son diffus, le doux murmure, imperceptible aux âmes
Distraites, du Bonheur, de la vraie joie, de son mystère et
De sa loi. En nous Tu l’avais déposé brûlant, en grand secret
Créés à ton image, à ta ressemblance, pour l’amour et sa flamme.

J’ai parcouru moult chemins de traverse, j’ai crié en vain,
Ajoutant la rage à la sottise et, au bout de mon déclin,
Je me suis arrêtée dans le crépuscule ombré. A l’entrée
De la nuit et du silence, tu étais là Dieu de bonté,
Tu étais là Seigneur, depuis toujours Tu m’attendais.

lundi 23 décembre 2013

Ilys à la Crèche


« une fonction essentielle de la véritable beauté consiste en la communication à l’homme d’une « secousse » salutaire, qui le met hors de lui, l’arrache à la résignation, aux accommodements du quotidien, le fait souffrir aussi, comme un dard blesse, mais ainsi l’éveille en lui ouvrant de nouveau les yeux du cœur et de l’esprit, en lui donnant des ailes, en l’élevant vers le haut » (citation de Ratzinger, tiré d'un texte de Pigi Colognesi, sur le peintre Bill Congdon, chez le Stalker) 


Je m’en vais vous raconter ma dernière rencontre
Dans les plaines de Galilée, je marchais d’un bon pas,
Avec mes neuf agnelets serrés tout contre moi,
La nuit tombait, il faisait froid dans la vallée profonde.

J’allais vers Bethléem voir le Nouveau-Né, l’Enfant Jésus,
Mon Roi. Mon ange m’avait alertée et je courais sur le chemin
Sans m’attarder, sans hésiter, pressant tous mes petits bambins;
Depuis toujours j’attendais, et le moment crucial était venu.

Au loin, au bord du chemin, j’aperçus un grand feu de bois
Qui éclairait alentours, projetant mille étincelles joyeuses
Une troupe nombreuse, bruyante, agitée, des éclats de voix
Inquiète, j’avançais doucement vers la source lumineuse.

Un silence se fit, lorsque j’arrivais. Puis l’un d’entre eux
Dit: « venez donc petite dame, auprès de notre feu ! »
La voix se voulait apaisante et calme, elle était tonitruante
Mais si chaleureuse, que je me suis approchée, avec les enfants.

Il y avait une troupe de sbires un peu crasseux qui conversaient.
Quelques mercenaires, de retour chez eux, après une guerre ou deux
S’efforçant comme ils pouvaient, à quelques civilités,
Risettes aux petits, inclinaison du chef pour certains d’entre eux.

Celui qui m’a accueillie sans façons, s’est présenté :
Je suis portraitiste, à mes heures perdues, sur les champs de bataille
Je mets souvent des visages, des mots, là où il n’y en a plus, sous la mitraille
Je peins, j’écris, je rectifie… On m’appelle XP.

Un deuxième s’est avancé, grommelant contre le feu qui s’éteignait
Pas besoin d’appeler les troupes pour le raviver ! Ce que l’on peut
Soi-même faire… On le fait ! Joignant le geste à la parole, dans le feu
Il a posé du bois, Nicolas, préparé une soupe, soufflé sur les braises…

Trois autres se tenaient un peu à l’écart de l’agitation, attentifs
Cependant aux bruits, aux voix, à l’obscurité profonde…
Bien vêtus, élégants et nuancés, Eugène, Il Sorpasso, et Vae Victis :
Ils observaient la scène, les gens qui passaient, évoquaient le monde.

Allongé de tout son long, les yeux mi-clos, perdu dans un rêve
Son chapeau rebattu sur sa tête, ses bottes poussiéreuses aux pieds,
Blueberry chantonnait, appréciant la paix surnaturelle, la trêve
Un calme apparent, une fausse nonchalance pour cet inquiet.

Trois mercenaires venaient visiblement de joindre la troupe :
Cherea, calme, sérieux, appliqué; Terby un brillant fou-follet
Au rire éclatant et terrible; son ironie dévoile juste en dessous
Un esprit vif, il secoue nos intellects un peu étourdis, fatigués.

Enfin, un grand et beau gaillard au regard ardent se tenait
Devant les enfants… Tout de suite, ils l’ont adopté, Lounès,
En quête du bonheur, par tous les chemins possibles, du vrai,
Ah ! Celui-là est sans compromis, agité, décidé, c’est un fait !

Trois savants, trois érudits dans un coin devisaient vivement :
Nebo, venu de l’Est, le génie des sons, du langage musical
Restif, qui déchiffre tout manuscrit en un rien de temps
Denis, le maître de la mesure, à l’intelligence fatale.

J’ai vu aussi traverser la plaine sous la voûte étoilée
Un jeune chevreuil, rapide, un peu farouche, intimidé…
Je crois qu’il reviendra parmi nous, je l’espère de tout cœur
Pas eu le temps de bien l’observer, il a fui sans bruit, sans heurt…

(En fait dans cette vaste plaine où courait un vent léger,
Mille bruits confus, mille murmures me parvenaient…
Je crois que beaucoup de monde s’appliquait autour
A allumer son feu ; mais je n’ai pu de tous faire le tour.)

Deux nouveaux trublions attisaient le feu bruyamment
Paul Hodell tombé du toit d'une chapelle et dans les bras
Du Seigneur rattrapé, et Gil-Gato tourmenté et plaisant
Qui souvent me tient compagnie et me met en joie!

J'oubliais aussi celui-là Kitschophobe c'est son nom
Il lit tout ce qu'il peut, il observe, il écrit tout le temps...
Il brave les dangers de la Haute Littérature, ses fonds
L'Enfant Dieu va lui sourire, je le sais, je le sens.

Dans l’ombre, un peu éloigné des groupes, silencieux,
Seul, mais non solitaire, Kid A explique qu’il cherche sa route
Mais ne l’a pas encore trouvée, dans ses cartes, en ces lieux
Son sac est léger, et le joug de la beauté qu’il poursuit est si doux…

Je lui ai alors avoué que j’allais voir l’Enfant-Dieu incarné
Le Créateur et Maître de toute chose, de toute beauté
Lui, le plus beau des fils de l’homme un jour défiguré,
Mis à mort, crucifié par ses frères, pour nos péchés.

Toute la troupe a paru fort intriguée par ce Dieu fait homme
Dans une étable, toute proche d’eux, alors qu’ils l’ignoraient
J’ai montré l’étoile dans le ciel, et tous ces bons hommes
Ont plié le camp, éteint leur feu, sans sourciller, sans barguigner.

Petite mise en garde cependant, ai-je cru bon ajouter : on ne contemple
Impunément la Source de toute lumière sans être soi-même aveuglé.
La beauté blesse, brûle celui qui s’en approche, comme un dard acéré
Se plante dans le corps, le cœur et l’esprit des soldats les plus ardents.

L’Enfant au sourire si doux, embrasera toute votre âme en un rien de temps,
Vous serez piégés, sans vous rendre compte, vous serez morts, vous serez vivants
Cette Beauté là, c’est le Bien et le Vrai jaillis dans le même temps et réunifiés
Dans le Corps du Dieu Vivant, venu par amour, une nuit, un jour, nous sauver.

                                                                        *******


Où que vous , quoique vous fassiez, que le Seigneur vous protège et vous accorde ses grâces en tant qu'Enfant-Dieu.



vendredi 4 octobre 2013

Le tweet du jour



Les socialistes voient les libéraux comme des adversaires dans la course à celui qui imposera le meilleur système, alors que ce sont simplement des gens qui veulent pas jouer avec eux.
(XP)

samedi 13 avril 2013

Que faire après le mariage pour tous?


XP : "Le vrai clivage n'est pas entre ceux qui réclament une politique socialiste et les autres une politique libérale. Il est entre ceux qui réclament une politique et ceux qui ne réclament rien."



J'ai participé aux Manifs pour tous anti dénaturation du mariage civil; j'ai signé la pétition pour le CESE; je l'ai fait signer autour de moi, je salue la travail d'information remarquable d'Alliance Vita. Je participerai jusqu'au bout à toutes les actions et manifestations contre la loi dénaturant le mariage.

Pour autant, je suis gênée aux entournures par tout ce foin autour du mariage pour tous : d'abord, parce que la loi, au cas ou quelqu'un aurait loupé un épisode, est passée : désormais, se marier concerne deux personnes du même sexe, comme deux personnes de sexe opposé. La notion classique de mariage est clairement dénaturée dans notre loi française.

Les députés anti mariage pour tous se sont battus dix jours dans l’hémicycle en vain et sachant que c'était en vain. Ils pourront bientôt sortir quelques entretiens intitulés : "Mes dix jours contre Taubira" ou bien : "Moi tout seul contre le mariage pour tous"; ils raconteront leurs heures de lutte et leurs nuits glorieuses... Ils expliqueront qu'ils ont perdu une bataille mais pas la Guerre. Enfin bon. Si, la Guerre, mais peut-être pas d'autres batailles.
Notons au passage qu'ils sont payés pour se battre ainsi et qu'on aimerait que ce ne soit pas que dix jours par an qu'ils décident de s'activer pour de bonnes causes mais passons.

Car il s'agit maintenant de sauver la filiation et l'adoption des enfants en refusant que l'Etat ne s'engage en faveur de la Procréation médicalement assistée et la Gestation pour Autrui.

Il y a de bonnes chances en fait que le gouvernement recule devant ces dernières et pour une raison très simple : les deux se pratiquent de façon très satisfaisante à l'étranger et Taubira a fait judicieusement passer dans la pagaille générale une petite loi facilitant l'intégration, par la France, des enfants nés ainsi à l'étranger. Tout va pour le mieux pour le couple se mettant dans une -fausse et hypocrite- illégalité pour obtenir un enfant.

Si donc le gouvernement recule (ce qu'il a plus ou moins prévu au grès de l'opposition qu'il rencontrera en face), les opposants au mariage pour tous crieront victoire devant la reculade du gouvernement face à la PMA et la GPA; ils expliqueront qu'un grand mouvement solidaire est né en France, que les français ont montré leur opposition, leur révolte pour ces lois iniques (qui sont passées) et que ben oui tout cela est très grave et qu'on a limité les dégâts et le pire ouf bon.

Les catholiques après toutes ces manifs, cette agitation se mêleront au concert de congratulations générales. Il y a aura des hourras et des prières d'action de grâce dans les églises.

Peut-être quelques regrets car la loi est passée, mais discrètement émis.

Et puis plus rien. Voilà. Tout le monde retournera à ses occupations et à sa vie, tout le monde se rendormira dans une bonne conscience du devoir accompli. La loi sera passée, les couples homos pourront fabriquer leurs mouflets comme ils le voudront, il y aura une joyeuse pagaille dans les filiations futures, le mariage civil ne correspondra plus à rien. Evidemment, les maires qui seront opposés à marier les homosexuels auront quelques soucis, l'Eglise aussi à plus ou moins long terme, qui sera traitée d'homophobe, puisqu'elle refusera de marier ou même de bénir ces couples (enfin du moins il faut l'espérer).

Je pense que les chrétiens, et l'Eglise catholique à leurs côtés, devront en fait se réveiller et se dresser à ce moment-là et appliquer ce qui est écrit ici :

"Concrètement, les chrétiens et les juifs, qui sont à peu près les seuls à dénoncer la supercherie3, devraient considérer le « mariage pour tous » comme une rupture unilatérale de contrat entre les églises et l’État et annoncer qu’elles ne seront plus tenues de respecter leurs engagements. En effet, l’État interdit aux églises de marier leurs fidèles avant qu’ils soient passés devant le maire pour le mariage civil. Cet interdit était respecté par les églises sur la base d’un compromis avec l’État autour de la définition traditionnelle du mariage. A partir du moment où l’État redéfinit le mariage pour l’appliquer aux LGBT, le contrat est rompu. Dès lors, les églises devraient de facto se sentir déliées de toute obligation légale et boycotter le mariage civil c’est-à-dire revendiquer leur droit de marier qui elles veulent et quand elles veulent, sans autorisation."

Quand l'Etat devient notre principal ennemi et s'introduit jusque dans nos vies intimes, jusque dans nos lits et dans l'appropriation de nos enfants, nos patrimoines, nos droits les plus élémentaires, je crois qu'il est temps de prendre la mesure de cet Ennemi et de lui refuser la moindre alternative dans laquelle il s'engouffre systématiquement. Jusqu'où le laisserons-nous aller? Il est déjà en train d'obtenir droit de vie et de mort sur nos personnes âgées comme il a obtenu droit de vie et de mort sur nos tout-petits.

"Tout comme l’État n’a pas compétence pour redéfinir nos droits en tant qu’individus, il n’a pas le pouvoir de redéfinir le mariage, a fortiori dans le seul but de satisfaire aux exigences d’un groupe d’intérêt."

Tout commencera en fait, une fois que tout sera terminé.Il est temps de comprendre à quel point trop d'Etat tue nos libertés individuelles. Faire appel aux bonnes volontés politiques aide justement à participer à son expansion déplorable et maléfique. Le mieux est de s'en défaire dans tous les domaines possibles -et Dieu sait qu'il y a des sujets où l'Etat n'est absolument pas utile ou compétent et où il s'est arrogé un pouvoir absolu.










vendredi 7 décembre 2012

Make money


Spéciale dédicace à XP pour ses analyses sur le matérialisme bien compris.
"On déteste pour les mêmes raisons la spéculation intellectuelle et financière. Faire une oeuvre ou faire du fric, c'est la même chose."


"Il faut souligner ici que le socialisme devient particulièrement despotique lorsqu’il entend remplacer les incitations matérielles et économiques par de prétendues incitations morales, quand il prétend promouvoir la « qualité de vie » (quel que soit le sens que l’on donne à cette expression) plutôt que la prospérité économique. Lorsque l’on considère la croissance des salaires réels, l’on se rend compte que les individus jouissent de plus de liberté et d’un niveau de vie plus élevé. En réalité, la dévotion altruiste que le people voue à la mère patrie socialiste doit régulièrement être réaffirmée par le fouet. Mettre l’accent sur les incitations individuelles matérielles revient inéluctablement à mettre l’accent sur la propriété privée, et sur le caractère sacré du fruit de ses efforts. Cela, en retour, renforce la liberté personnelle, comme l’illustre le contraste entre la Yougoslavie et la Russie soviétique ces trois dernières décennies. Le plus effroyable despotisme que la terre ait porté ces dernières années fut sans aucun doute celui de Pol Pot, et le régime cambodgien alla si loin dans sa haine du matérialisme qu’il décida d’abolir l’usage de la monnaie. L’abolition de la monnaie et de la propriété privée rendirent les individus entièrement dépendants des rations de subsistance que l’État leur versait, et la vie devint un enfer. Nous devrions être prudents lorsque nous méprisons la vie et les objectifs matériels." 
(Murray Rothbard, à lire ICI sur l'Institut Coppet)


                                                                                  *************

"Si quelqu'un me demandait quel est, selon moi, le plus beau titre de gloire des Américains, je répondrais -car il englobe tous les autres- l'invention de l'expression : "faire de l'argent"! Aucun pays, aucune autre nation ne l'avait employée auparavant. Jusque-là, les hommes avaient toujours considéré l'argent comme une entité statique que l'on pouvait s'approprier, quémander, hériter, partager, piller ou obtenir par faveur. Les Américains ont été les premiers à comprendre que la richesse se crée. Dans l'expression : "faire de l'argent" réside l'essence même de la morale humaine." 
(Aynd Rand, Atlas Shrugged, La Grève aux éd. des Belles Lettres p 421)

vendredi 7 septembre 2012

Portrait du Réac.; 2 : le consommateur de spirituel.


Agudeza

ACTU — ARTICLE ÉCRIT PAR  LE 5 SEPTEMBRE 2012 À 18 H 30 MIN 
Nous sommes entrés dans la phase ultime de la société de consommation, la société de consommation spirituelle.
L’homme des foules, le consommateur, ne se contente plus de petits plaisirs vulgaires; le monstre a grossi, il veut manger du Sens, de la Verticalité, du Sacré, il pense qu’on lui en doit, qu’il doit être fourni par le Prince, les pouvoirs publics et le législateur.
Le consommateur dépendant jusqu’à l’os de son vice ne supporte pas la publicité, l’entertainment, le coca-cola, les petites choses, il lui faut une dose plus forte, une théocratie, l’Albanie des années 1960… il déplore l’absence du sacré dans les sociétés occidentales et postmodernes, entendre par là que désormais, les choses de la Pensée, il revendique le droit de les consommer sans avoir à y penser.
Dans la société de consommation, on étale les richesses sous les yeux du pauvre, et c’est pour ça, dit-on, qu’il casse des vitrines… Dans la société de consommation spirituelle, on étale les richesses philosophiques sous les yeux du pauvre d’esprit, en classe de terminale, en philo, il lui prend aussi l’envie de casser des vitrines, à sa manière, il réclame un monde sans beauté enfouie sous du laid, sans grandeurs pliées dans des petites choses, de la richesse spirituelle authentifiée en préfecture …
Dans la société de consommation, le pauvre veut tout de suite les Nike qui sont en vitrine, et dans la société de consommation spirituelle, le pauvre d’esprit veut qu’on le fournisse en richesses immatérielles, que ce soit écrit dessus, qu’il n’ait pas à juger lui-même si c’est grand ou si c’est petit, ce qu’il a sous les yeux, il veut que le trouble de la pensée lui soit ôté, atteindre les sommets de l’Esprit par le savoir, avec des fiches de lecture, en hélicoptère.
Dans La traversée de Paris, une femme dit d’un flic que ce n’est pas un flic mais un flic de flic, pour expliquer à Jean Gabin que c’est le pire de tous… Jean-Claude Michéa, Jacques de Guillebon, Richard Millet, ce ne sont pas des consommateurs, mais des consommateurs de consommateurs, des types qui veulent manger du Sens, un monde qui fasse sens pour qu’ils n’aient pas à le chercher.
Merci à R.A.
En illustration, Balthazar Gracian

Portrait du Réac.; 1 : l'homme qui méprise les petits et vulgaires plaisirs.


Tocqueville 2.0

ACTU — ARTICLE ÉCRIT PAR  LE 31 AOÛT 2012 À 21 H 05 MIN 
Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres. […] Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire , qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?
Ce qui rend ce texte de Tocqueville fascinant, c’est qu’il est partout.
Il est impossible de faire trois clics avec ses doigts sans tomber dessus, on l’étudie en terminale, il est donc un bréviaire pour les tenants de la pensée dominante, et ceux qui se proclament ses contempteurs l’affichent sur leurs forums et leurs sites comme si Tocqueville était interdit par la loi…. Qu’est-ce que ça veut dire? Que dans les grandes lignes, les tenants de la pensée dominante et ses ennemis officiels pensent la même chose, font les mêmes constats, voient le monde par le même trou et lorgnent vers les mêmes horizons.
Pour le dire plus directement, il existe bien une pensée dominante (pourquoi n’y en aurait-il pas une?), mais pas  d’alternative…  Elle n’a pas d’opposants,  ses ennemis déclarés n’ont rien construit, rien trouvé, rien bâti, il n’y a pas de penseurs antimodernes.
Avec son œil de lynx, Tocqueville avait vu sur quoi aboutirait l’égalitarisme, à savoir  une foule innombrable d’ hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes, gardés par une puissance tutélaire capables de leur ôter entièrement le trouble de penser Ce qu’il ne pouvait pas anticiper, ce que personne n’aurait pu anticiper, c’est que cette volonté d’être ôté entièrement du trouble de penser ne se traduirait qu’en surface et seulement dans un premier temps par la recherche  de petits et vulgaires plaisirs dont ils emplissent leur âmeque l’homo democraticus ne s’en tiendrait pas là.
Ce que nous refusons de voir et de décrire,  c’est qu’après avoir passé ce pacte diabolique  garantissant que l’on sera ôté du trouble de penser, on ne renonce pas le moins du monde à la verticalité, au Sens, aux repères, mais on veut au contraire s’abstenir d’avoir à les chercher, et donc en avoir toujours à portée de main, qu’on nous en serve à longueur de temps, partout, qu’ils soient fléchés, au point que même les aveugles n’aient pas à tâtonner.
Tocqueville ne pouvait pas savoir que l’homo democraticus tiendrait chaque jour un peu plus en mépris les petits et vulgaires plaisirs, parce qu’ils peuvent, ou pas, receler contre toutes attentes des grands et nobles plaisirs, regorger de sens, tandis que ce qui a vocation à faire sens n’en fait pas forcément… Pour déceler tout ça, il faut, justement, ne pas s’épargner le trouble de penser, tandis que dans une société où le sens et la verticalité sont partout, annoncés par des spots clignotants et des coups de klaxon, on peut rester intérieurement à l’horizontal.
Les modernes et les antimodernes réclament la même chose, à savoir l’aboutissement du projet démocratique, l’avènement d’un monde dans lequel on aurait le droit à des repères et celui de se faire guider  vers les grandes œuvres de l’Art et de l’Esprit comme on a celui d’être protégé par la police.
Depuis Tocqueville, le projet égalitariste le plus abouti que l’on ait vu, c’est le communisme, on était pour le coup sommé de s’épargner le trouble de penser, et il va sans dire qu’on y interdisait les petits et vulgaires plaisirs… Tout y faisait sens, les laboureurs et les femmes de ménages devaient meubler leurs temps morts en donnant du sens à leurs vies,  en compagnie des grands auteurs du XIXème siècle.
Tocqueville est un grand penseur,  il doit être traité comme tel: il faut s’appuyer sur lui pour lui grimper dessus et le dépasser.

jeudi 9 août 2012

Le Seigneur vient

Rencontre d'Elie avec Dieu,  dans la caverne, au Mont Horeb,ici

"Ce vent violent qui déchire les rochers, ce tremblement de terre, ce feu, qui se suivent en tempête devant Elie, c'est toute l'histoire humaine qui passe, l'histoire désespérée du monde pécheur, l'angoisse, la misère, l'ennui, "le bruit et le fureur d'une histoire racontée par un fou". Dieu n'est pas dans la furieuse et bruyante histoire du monde et de nous-mêmes. Cette histoire le précède, il vient derrière elle.Il n'est pas dans ce qui "arrive", dans ce qui se produit avec l'absurdité fatale, logique et folle de l'événement. Car l'événement se contente d'arriver, mais Dieu vient. Il vient derrière les batailles et les villes désolées, les propagandes infernales et les séductions collectives, le pullulement des dieux et de leurs prêtres, derrière les "terreurs" et les "redressements", les trahisons et la solitude. Le Seigneur vient. Tout ce qui arrive de meilleur et de pire -proclamations, appels, révolutions agonies silencieuses à la face du ciel, et tous les jours de colère- le précède seulement, est seulement le voile de notre iniquité."
(La puissance d'Elie, Roger Breuil, voir chez le Stalker ici et ici)

lundi 6 août 2012

La main de Dieu


"Un signe grandiose apparut dans le ciel : une Femme! le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête; elle est enceinte et crie dans les douleurs de l'enfantement. Puis un second signe apparut au ciel : un énorme Dragon rouge feu, à sept têtes et dix cornes, chaque tête surmontée d'un diadème. Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur la terre. En arrêt devant la Femme en travail, le Dragon s'apprête à dévorer son enfant aussitôt né."(Livre de l'Apocalypse, 12; 1-5)





On a tenté de tuer mon ami, depuis sa naissance
En fait aimé comme tout à chacun ni moins ni plus
Mais nourri et habillé et élevé  uniquement
En vue de son sacrifice.  Il s’est protégé  comme il a pu
S’est édifié seul sous le regard du Tout-Puissant,
Désolé que cette créature là,  ce diamant brute
On veuille l’exterminer… J’imaginais longtemps
Que tous avaient reconnu son  lumineux éclat
Que tous avaient levé la tête, stupéfaits, écoutant
Le son particulier et harmonieux de son émouvante voix
Mais c’est une haine énorme qui en fait à sa vue  se répand
En vagues successives, une obsession, le monstre à abattre
Comme un fauve dangereux, à brandir  comme un trophée sanglant

Il est la main de Dieu qui crée le monde en sept jours seulement
On appelle ces êtres étranges et mystérieux  des artistes.
C’est tout simple, il fallait y penser  et le dire en murmurant :
Ils  parachèvent amoureusement  l’œuvre divine,
Et s’attirent ainsi le ressentiment  des hommes et de leur maître Satan.

Moi je voulais passer ma vie à l’écouter chanter, et prier, et me raconter
Ce monde effrayant, ce Dieu inconnu, les larmes et la mort dans la vallée,
Il en avait créé une vision de rêve, un paradis, un bonheur d’éternité
C’est mon ami, mi ange mi homme, d’entre tous le dernier.
Dans ma main tendue sans peur, il a déposé son trésor de beauté
L’univers achevé, sa vérité qui m’a brûlée jusqu’au cœur, à jamais.

lundi 30 juillet 2012

De la nature angélique des artistes et de quelques lectures et de l'intérêt des joies du jour








"Comme souvent dans les conversions, la grâce qui semble survenir comme une météorite a été préparée par Dieu depuis longtemps selon un processus obscur dont la personne n'a pas vraiment conscience."

Lu ces jours-ci, lors d'un voyage en Toscane, les mémoires de Jean-Miguel Garrigues, "Par des sentiers resserrés; itinéraire d'un religieux en des temps incertains". Il commence par expliquer qu'arrivé à 60 ans, il lui semble intéressant et important de transmettre ses réflexions, ses expériences parce qu'aujourd'hui la plupart des adultes n'ont pas le coeur à transmettre quoique ce soit à la jeunesse qui manque alors de repères pour avancer. ça n'est pas sot du tout, je me suis beaucoup "construite" à partir de lectures ou de témoignages de personnalités que j'ai pu côtoyer et qui ont pallié parfois -souvent- à la famille pas tout à fait "dans le coup"(comme toute famille normale ni plus ni moins).
Sa conversion est en apparence brutale mais comme il l'explique très bien, elle était depuis toujours fignolée par le Tout-Puissant, notre Chasseur de l'infini et qui lorsqu'Il commence une traque, ne s'arrête jamais et va jusqu'au bout de l'entreprise. La seule chose qui peut mettre en déroute Celui qui a créé le ciel et la terre et tout l'univers, c'est notre liberté. Mais auparavant, Il nous aura dévoilé, à sa façon, proportionnée à ce que nous sommes, lentement ou rapidement, tout ce qu'Il est."Je suis Celui qui Suis". Pour avoir suivi quelques conversions cette année (et puis celle de mon père il y a quelque temps), et pour avoir moi-même un moment donné retrouvé une forme de foi quelque peu attiédie ou évanescente, ce témoignage d'un homme devenu un religieux peut intéresser certains aussi je recommande la lecture de cet ouvrage.

"C'était comme si se refermait la parenthèse de mon adolescence, où je m'étais cherché tout seul. Mon enfance m'était redonnée comme une grâce qui engageait mon avenir d'adulte. Il n'y avait même pas à choisir, mais simplement à acquiescer librement à un mystère qui correspondait à mon identité la plus personnelle, celle qu'il dévoilait au plus intime de moi.(...) Je savais que ma vie lui appartenait désormais et que j'avais enfin trouvé le lieu de mon âme."
Conclusion magnifique, expression d'une grande intensité "le lieu de mon âme". J'avais écrit ce "poème" il y a longtemps, "la maison, mon âme"(1) qui reprend assez bien ce sentiment d'une réunification intérieure après l'explosion, la dispersion psychique et spirituelle de l'adolescence ou d'une jeunesse qui se prolonge...

Cette autobiographie est passionnante à divers degrés : un degré personnel donc -parce qu'au travers d'une vie d'homme on apprend pour soi-même-, intellectuel -parce que Garrigues possède les clés d'une vraie et profonde réflexion philosophique, politique et théologique-, spirituelle -ce qui est tout de même l'aboutissement de tout homme véritable. J'essaierai de citer ici et là quelques extraits marquants de cet excellent livre.
Lu aussi Jack Kerouac, "Les anges vagabonds" -prêté par le jeune Prolo et que j'avais perdu mais ça y est, Gabrielle, mon angelot à moi, en mettant obstinément le souk dans ma bibliothèque l'a retrouvé!- et là aussi de bons passages sur cette notion angélique qu'XP reprend pour évoquer la personnalité artistique de Dewaere et qui me paraissait quelque peu excessive puisqu'attribuée à quelqu'un qui a plutôt eu une vie déjantée et pas très "angélique". Bref, je ne comprenais pas trop XP sur ce coup-là -mais ça m'arrive souvent et je l'imagine alors en train de lever les yeux au ciel ou bien de tourner comme un fauve chez lui rugissant devant la bêtise humaine et la mienne en particulier. Mais tout ceci n'est pas très grave; XP a dû mal à comprendre que tout le monde n'a pas un cerveau configuré comme le sien, comme  le moteur d'une Ferrari, par exemple, alors que moi c'est une bétaillère que j'ai dans la tête : ça démarre lentement et il me faut du temps pour atteindre mon plein régime et une certaine puissance et vitesse. Lui, passe en quelques dixièmes de secondes de 0 à 100, les rapports de vitesse ne sont pas exactement les mêmes. Et en plus je dois consommer de l'essence comme une tarée, c'est à dire lire beaucoup avant de piger quelque chose d'à peu près cohérent. Là, c'est en lisant Garrigues d'abord sur les anges -mais les vrais, les anges et les démons de la Bible!- et Kerouac -d'autres anges, chez lui, non moins réels mais différents- que j'ai compris quelque chose. Les artistes sont angéliques dans le sens où ils vivent à l'écoute de réalités invisibles qu'eux seuls voient ou entendent et qu'eux seuls arrivent à nous transmettre -plus ou moins bien. Ils ne sont pas angéliques, ces artistes, au sens moral du terme, la morale ils ne connaissent pas, non pas qu'ils soient d'horribles pécheurs -la plupart du temps ils le sont moins que la plupart des individus- mais simplement ils possèdent une forme d'inconscience, d'innocence qui les exclus de tout forme de moralité -exclusion absolument vitale pour faire ce qu'ils ont à faire.Sinon ils ne pourraient jamais écrire ce qu'ils écrivent : "... la déchirante discipline du véritable supplice par le feu, on ne peut pas reculer, on a fait le voeu de "parler maintenant ou se taire à jamais", la confession innocente qui va de l'avant, la volonté de rendre l'esprit esclave de la langue en s'interdisant tout mensonge et tout enjolivement..."(Kerouac)

Un extrait de Kerouac qui vous fera peut-être sentir ce que j'essaie pesamment d'expliquer :

"Quant à Lazarus, quand vous lui demandez : "Alors Laz? En forme?" il se contente de lever sur vous ses yeux bleus au regard innocent en esquissant l'ombre d'un sourire triste, presque un sourire d'angelot, et il n'a pas besoin de répondre. Si quelqu'un me rappelait mon frère Gérard, c'était bien lui. Un grand adolescent voûté et boutonneux mais au gracieux profil, qui aurait été complètement perdu si Simon, son aîné, n'avait pas été là pour s'occuper de lui et le protéger.Il ne s'y entendait guère pour compter son argent, il ne pouvait demander son chemin sans s'attirer des ennuis et, surtout, il était totalement incapable de trouver un travail, voire de comprendre quelque chose aux documents officiels et mêmes aux journaux. Il était au bord de la catatonie comme un de ses frères (qui avait été son idole, soit dit en passant) actuellement dans une institution.
Faute de Simon et d'Irwin pour le remorquer, le défendre, le nourrir et lui trouver un toit, il se serait fait ramasser sur-le-champ. Non que ce fût un crétin ou qu'il manquât d'intelligence : c'était, en fait, un garçon extrêmement brillant. J'ai vu des lettres qu'il écrivait à quatorze ans avant sa récente période de silence : elles étaient tout à fait normales, supérieures à la moyenne, pleines de sensibilité et c'était bien meilleur que tout ce que j'ai pu écrire au même âge lorsque j'étais moi-même un monstre innocent [sans doute ici l'expression la plus parfaite de cet angélisme dont parle XP] et introverti. En ce qui concerne sa marotte, le dessin, il surclassait la plupart des artistes contemporains, et j'ai toujours su qu'il était en réalité un grand artiste feignant d'être ailleurs pour que les gens lui fichent la paix et n'exigent pas qu'il trouve du travail. Je le savais pour avoir souvent vu cet étrange regard en coin qu'il me décochait, regard d'un compagnon ou d'un frère de conspiration dans un monde d'espions, si l'on veut..."

Bon voilà, avec ceci vous devriez vous faire une idée un peu plus claire de ce qu'est l'angélisme artistique.

Vous allez trouver que lire la prose très avertie d'un dominicain de haut vol et les délires -pas si déjantés que cela en fait- d'un Kerouac, c'est un peu bizarre pour une mère de famille "bien-sous-tous-rapports". J'aime beaucoup observer. Je suis quelque'un d'assez actif de façon générale mais plus par obligation que par réel empathie. J'aime contempler pendant des heures des animaux ou des individus.Je passe beaucoup de temps à regarder mes enfants. Ce cinéma permanent, animalier ou humain me fascine. Voilà aussi une des raisons pour lesquelles j'aime lire, sans aucun doute. Je suis une femme c'est à dire une vraie concierge, voilà tout.
Dans le récit de ces vacances italiennes,il sera beaucoup question d'animaux et d'enfants, vous vous en doutez. Du bavardage de bonne femme en somme et aussi de ces lectures proposées ci-dessus avec un troisième livre que ma fille devait lire pour ses études, "La littérature sans estomac" de Pierre Jourde. Il y est question de Houellebecq à un moment donné avec cette belle analyse :

"On portera le jugement que l'on voudra sur les utopies et les obsessions de Houellebecq. Elles lui permettent de composer un tableau poignant et cruel de notre monde. En choisissant des positions radicales, il en exerce une critique radicale. Dans cet éclairage de désespoir, de vide, de mort de toutes valeurs, pas même noir, mais grisâtre, la réalité se découpe de manière saisissante.
(...)
On ne peut cependant pas se défendre d'un malaise à propos de Houellebecq, du sentiment qu'il y a là quelque chose de louche. On est en droit de refuser ce nihilisme et cette manière d'universaliser la bassesse.Faut-il penser que cette oeuvre par sa sincérité, son humour, transcende sa médiocrité, ses pulsions répugnantes? Doit-on au contraire considérer qu'elle tend au lecteur un piège gluant, qu'elle sert à justifier son auteur à ses propres yeux et aux nôtres, à nous faire partager médiocrité et frustrations, à nous y attirer? Dépassement ou simple entreprise de blanchiment? Je n'ai pas de réponse."

Moi non plus je n'avais pas de réponse lorsque je me suis mise à lire Houellebcq ou bien à observer le monde et ses turpitudes. Et cela m'a énormément déstabilisée, cette lecture de Houellebecq.Mais je crois avoir trouvé une façon de relever le défi, de répondre, de m'extirper de ce piège gluant : un jeune blogueur m'a envoyé récemment une citation sur la notion de foi. Je lui ai répondu que selon moi, la vraie foi consistait non pas à vouloir échapper par nos propres forces au piège de notre péché qui enténèbre jusqu'à l'intime de notre être, mais à croire que même du fin fond de l'enfer où nous sommes, le Bon Dieu vient nous sauver et faire miséricorde.
Alors, répondre à la médiocrité, ça n'est pas vouloir la nier mais grappiller, heure par heure, dans tout ce qui constitue notre quotidien, la lumière spirituelle, le feu de Dieu qui y est certainement présent puisqu'on y croit. Saint Josémaria Escriva de Balaguer explique :
"Soyez-en convaincus, vous n'aurez habituellement pas à réaliser de prouesses éblouissantes, notamment parce que d'ordinaire l'occasion ne s'en présente pas. En revanche, les occasions ne vous manqueront pas de prouver votre amour de Jésus Christ dans les petites choses, dans ce qui est normal..."
Nous pouvons aller plus loin encore : même dans notre péché, dans ce gris, dans ce noir, dans cette médiocrité qui nimbe nos vies, il faut croire à l'illumination divine, à sa réconfortante et chaleureuse présence à nos côtés.Cela ne signifie pas croire en la sainteté par le péché comme le souligne Garrigues avec finesse dans ses mémoires, mais ne jamais douter du plan du salut de Dieu sur nous, il est le Traqueur divin et jamais Il n'abandonne sa traque :  ce blog, par ces "joies du jour" veut témoigner de ces lumières quotidiennes de la présence divine dans nos vies, de ses demandes répétées, de son attente patiente à notre égard et près de nous, toujours.




(1) La maison, mon âme.

Je m’en viens te retrouver, Seigneur, dans ma demeure
Après une longue absence, tu m’attendais, debout
Dans ma maison abandonnée qui
Doucement
Se meurt.

Je suis entrée et me suis arrêtée sur le seuil
Sans rien dire. Nos regards se sont croisés
Dans ma maison abandonnée qui
Doucement
Pleure.

D’un geste las, j’ai posé mon sac, ma si lourde charge
Et tu t’es empressé auprès de moi, j’étais épuisée
Dans ma maison abandonnée qui
Doucement
Mon front effleure.

J’ai fermé les yeux, un vertige m’a emportée
Virevoltante vers une couche moelleuse préparée
Dans ma maison habitée qui
Doucement
Guérit mon cœur.

jeudi 17 mai 2012

Espoir 3


Article qui reprend le précédent avec plus de précisions à propos d'Hannah Giles : 


« Je ne suis ni démocrate ni républicaine, je suis libertarienne » dit Hannah. « Le gouvernement menace nos libertés individuelles par la corruption, le gaspillage et l’abus de pouvoir. Ce n’est pas ce que voulaient les pères fondateurs. Il faut revenir à la Constitution »

XP sur Ilys : "Les électeurs qui forment la colonne vertébrale de la démocratie, ce sont ceux sont eux qui restent chez eux en masse comme ça se fait dans les pays anglo-saxons et qui disent en substance au prince tu n’es pas mon prince, je n’ai pas voté pour toi…"

Hannah Giles : comment une américaine de 20 ans a fait trembler Obama.


En France, nous avons Hollande… aux États-Unis, ils ont Obama. Ce mois d’avril, j’ai eu l’honneur d’être invité à Colorado Springs, au grand meeting conjoint d'Atlas Foundation et d’Heritage Foundation, deux think-tanks américains qui travaillent au développement de la liberté économique. J’y ai vu des raisons d’espérer pour la France.

Au cours des repas, plusieurs invités d’honneur prennent la parole à la tribune soit pour recevoir un prix, soit pour livrer un témoignage lié à leur action pour la liberté. Deux écrans géants retransmettent leur discours, il y a sept cents personnes à table. 

Ainsi Mark Stevens, un publicitaire, qui a passé un contrat avec une émission de radio très connue aux Etats-Unis (le Rush Limbaugh Show), vient raconter comment lui et ses employés sont la cible quotidienne de toutes sortes de menaces, de harcèlement et d'abus par téléphone ou par e-mail. Qui sont ses agresseurs ? Des activistes de gauche qui veulent détruire son entreprise. Cet honnête homme d’affaires nous raconte comment il est allé défier ces partisans d’Obama à la télévision et ne compte pas les laisser faire (lire mon prochain article pour le détail de l’histoire).

Puis, c’est Hannah Giles qui prend la parole. Je vois monter à la tribune une petite brune à talons aiguilles, au physique de James Bond girl. Hannah n'est pourtant pas une bimbo. C'est une journaliste d'un genre nouveau : armée de son smartphone, elle a fait trembler Obama en révélant un énorme scandale.

Tout le monde a les yeux rivés sur elle... Dans un grand silence, elle se lance avec sa petite voix : « il y a trois ans, à vingt ans, ma vie a basculé… » En 2009, un an après l’élection de Barack Obama, elle est étudiante en journalisme à Miami ou elle réside avec ses parents et sa plus jeune sœur. Sportive, elle est ceinture noire de ju-jitsu et pratique le surf, elle collectionne les planches dans sa chambre. 

Alors qu’elle est à Washington pour un stage, elle a l’idée d’aller enquêter sur l’association ACORN, connue pour ses liens avec Obama. Elle lance un appel sur Facebook pour trouver de l’aide. Trois personnes se portent volontaires. Un plan est monté pour aller filmer les membres de l’association en caméra cachée. Au dernier moment, deux personnes se désistent, craignant pour leur carrière. Avec James O’Keefe, qu’elle rencontre pour la première fois après leurs échanges sur Facebook, ils réécrivent le scénario en catastrophe la veille de l’opération. Elle sera déguisée en prostituée et lui en mac. Ils vont demander à ACORN de les aider à obtenir un prêt pour ouvrir un bordel avec des mineures venues du Venezuela et filmer les réactions des employés. Le scénario est caricatural et Hannah ne croit pas trop qu’ils seront pris au sérieux. 

Surprise : non seulement ils sont bien accueillis mais en plus on leur donne tous les conseils pour falsifier les papiers, maquiller leur activité illégale en club de danse, escroquer le fisc américain et les banquiers. C’est tellement inimaginable que pour en avoir le cœur net, ils vont louer une voiture et refaire l’opération 8 fois, dans 8 villes différentes. Sept fois sur 8 l’improbable se produit : on leur prête une assistance bienveillante pour monter l’opération en toute sécurité. ACORN est une association qui regroupe des « community organizations », c’est-à-dire des travailleurs sociaux. Son nom complet est Association of Community Organizations for Reform NowL’association, aussi célèbre que SOS Racisme ou les Restos du Cœur en France, compte alors quatre cent mille membres répartis dans mille deux cents antennes à travers tout le pays. C’est une association gouvernementale, subventionnée par des fonds publics et privés.

Et c’est aussi un puissant lobby qui défend les droits des minorités et milite pour tous les candidats de la gauche progressiste. En 2008, l’association avait financé la campagne d’Obama. Ce dernier y avait travaillé pendant un an comme « organizer », après ses études à Columbia. Le concept de « community organizing » est né dans les années 60, sous l’inspiration de Saul Alinsky. En 1971, ce dernier avait rédigé un « Manuel de l’animation sociale » (Rules for radicals), qu’on peut résumer en une phrase : « la fin justifie les moyens ».

Mais cette fois le piège s’est refermé sur les « organizers »… et sur Obama. Hannah met en ligne une première vidéo le 9 septembre 2009. L’associationACORN nie tout en bloc et crie à la manipulation. Elle décide alors d’en publier une seconde, puis une troisième, etc. Prise la main dans le sac, obligée de reconnaître les faits, l’association présente ses excuses. Obama, gêné, fait de même. Quelques semaines plus tard, en novembre 2010, après avoir vainement tenté de lancer des procès contre Hannah, ACORN, l’une des plus grosses organisations de la gauche culturelle américaine  dépose son bilan et disparaît. Pendant ce temps Hannah reçoit des menaces de mort, on l’accuse de racisme. Son père est obligé de lui payer des gardes du corps et des gilets pare-balles. Pourtant Hannah appartient à la génération « color blind », aveugle à la couleur de peau, elle est tout sauf raciste. Par contre elle n’hésite pas à accuser Obama de brader les valeurs de l’Amérique, de profiter de la crise pour augmenter le pouvoir du gouvernement fédéral avec des plans de sauvetage qui ne sont que de nouvelles augmentations des dépenses publiques, sur le dos des classes moyennes. 

En mars 2010, elle reçoit le prix Ronald Reagan pour son action mais elle claque la porte de la Young America’s Foundation, une organisation très républicaine qui tentait de la récupérer. « Je ne suis ni démocrate ni républicaine, je suis libertarienne » dit Hannah. « Le gouvernement menace nos libertés individuelles par la corruption, le gaspillage et l’abus de pouvoir. Ce n’est pas ce que voulaient les pères fondateurs. Il faut revenir à la Constitution », ajoute-t-elle. 

Or, les médias traditionnels sont eux-mêmes subventionnés, à la botte du pouvoir. Pour accéder à une information libre, il faut payer de sa poche. Et c’est pour soutenir cette presse libre qu’Hannah a créé sa propre association, la Phoenix Foundation, une organisation à but non lucratif basée à Austin au Texas destinée à contourner les médias traditionnels. Elle sélectionne, finance et forme de jeunes journalistes à devenir indépendants et à poursuivre sans relâche la vérité avec courage et créativité. 

Obama sera-t-il réélu en 2012 ? Ici, à Colorado Springs, tout le monde en doute.  Contrairement à ce qu'on croit en Europe, Obama touche aux États-Unis des sommets d'impopularité rarement atteints dans l'histoire d'une présidence. We’ll see

Publié sur 24h Gold le 16 mai 2012

lundi 16 avril 2012

Nouvelle Mission




Miss Pepper s’approcha des tables du bar  : "Au Pigeon Voyageur " et essaya de repérer Iron Man, Le Plus Grand Héros de Tous les Temps. Elle finit par l’apercevoir, assis et  manipulant fébrilement son portable.

-" Patron ! A y est, je suis là !

-Bon sang ! Je vous vois miss Potts, je ne suis pas aveugle » grommela le Héros sans lever la tête. (Il balança son portable flambant neuf à un fils de Miss Pepper en train d’administrer une raclée à l’un de ses frères, en disant : « reconfigure-moi ce truc, Pierre, j’y comprends rien… D’un geste vif, le gamin récupéra au vol l’engin et il le manipulait avec dextérité. « A y est, Chef, tout est ok, tu vas pouvoir twitter et jouer à la belote quasiment en même temps… glissa le petit avec un joli sourire, avant de repartir comme l’éclair se jeter dans une bataille homérique avec ses frères).

-J’ai traversé la France entière Patron, sur votre injonction pressante reçue dans un billet de Paloma notre pigeon-facteur. Vous m’avez demandée d’être discrète… A votre avis, j’en ai un peu trop fait ?"

Iron releva la tête et un silence stupéfait salua la digne secrétaire. Vêtue d’un tailleur vert et coiffée de son chignon improbable, bagouzée jusqu’au bout de chaque doigt, Miss Pepper était tout ce qu’il y a de plus endimanchée comme bourgeoise locale.

-« Pouvez pas ressembler à une espionne classique Miss Pepper ?! soupira XP. « Je sais pas moi, une tenue lycra noire, des porte-jarretelles affriolants, vingt ans de moins, bref, quelque chose d’un peu plus Jamesbondien…Pourquoi est-ce que je dois me coltiner une partenaire aussi… aussi hors d’usa… hors d’âge ??

-« Intemporelle », Patron, je préfère contredit Miss Pepper plus constipée que jamais dans la moue. Vous m’avez demandée de me déguiser au mieux pour me fondre dans la masse… J’ai prétexté une réunion de famille à l’occasion d’un baptême pour venir vous voir, c’est assez finaud n’est-ce pas » rit-elle, enchantée de sa propre ruse.

-Parfait, Miss Potts, parfait…" marmonna le Boss.

-"Mais, pour plus de vraisemblance, il vous faudra assister au baptême avec nous… 4 heures de cérémonie minimum, une quarantaine de signes de croix, idem pour les agenouillements…

-Quoi ?! Peut-on sortir de temps à autre fumer une clope ou boire un petit remontant ? Vous savez que cela m’est indispensable, je sauve le monde, moi, tout de même.

-Hum, je crois que ce sera impossible mais vous pourrez jouer avec la cire de votre cierge…

-Miss Potts, je vous le dis tout de go : Le Combat que Nous Menons Pour la Survie de L’Occident nécessite des Qualités Surhumaines…

-Voui, Patron, justement, c’est très surhumain toussa, c’est même quelque part assez spirituel…

-Ne m’interrompez pas avec vos remarques oiseuses et confites ! Seul un Iron Man a les capacités requises pour percevoir toute la difficulté des épreuves imposées ! Mais je ne faillirais pas ! Garçon ! Un sirop de grenadine siouplait !

-Oh, XP, vous prenez la boisson la plus énergisante qui soit, celle qu’on réserve pour les plus grandes batailles ! Vous avez raison ! Il nous faut être prêt à tout ! Bon, pendant que vous jouez avec votre paille, je vous livre les dernières infos vitales… Notre ennemi implacable, le CAB, a pris un nouveau pseudo que nos services ont réussi, au prix de mille difficultés, à dévoiler : il s’agit de l’Etatiste !

-Allons bon ! Qu’est-ce que ce bestiau là ?

-Un être hybride des plus pervers, parasite notoire, qui se scotche sur n’importe quel individu  et lui pille tout ce qu’il possède, son sang, son esprit, sa vie, ses chaussettes, son slip… En lui faisant croire que ce pillage est Vertueux et Bon et Nécessaire ! Nos ennemis se servent de nos capacités, de notre générosité, de notre résistance, pour nous détruire...(1)

-Rhaa ! Effrayant ! Les dernières mutations de notre adversaire sont proprement hallucinantes ! Qui a pu le percer à jour ?

-Bah, il ne fait pas à proprement parler de l’équipe Ilysienne mais c’est un génie dans son genre, il s’appelle Nicomaque ! Je peux vous le présenter, il est ici, je l’ai convaincu de m’accompagner… Simplement il n’a pas voulu monter en bétaillère, (je n’ai pas trop compris pourquoi) il m’a expliqué qu’il tenait trop à la vie… Nous avons dû prendre le train, ce qui n’a pas été une mince affaire, j’ai dû user de tout ce que j’avais appris en cours de self-défense pour arriver vivante jusqu’ici… Traverser le jardin à l'anglaise du Bien-Vivre-Ensemble c'est à dire la jungle Multiculturelle est devenu risqué vous savez…
Bref, Nicomaque décrit cette mutation de l’Etatiste : « Loin d’être l’affrontement de deux visions opposées de la politique, l’opposition entre Hobbes et Rousseau propose en fait deux versions peu différentes d’un même dogme : celui de l’étatisme ou de l’État comme fin et non comme moyen. L’un défend la souveraineté absolue du Prince, l’autre la souveraineté absolue de la volonté générale, c’est-à-dire du législateur. On ne trouvera ni chez Hobbes, ni chez Rousseau, une philosophie du gouvernement limité, ni même une philosophie de la protection des droits individuels, en particulier du droit de propriété. » (2)

- Confondant d’horreur… A t-il une proposition pour l’éradication radicale de ce monstre pervers et polymorphe ???

- Pas exactement, un de ses confrères, nommé Hashtable a un avis personnel qui peut interpeller certains : « Oui la France est foutue. Et bien sûr, la question qui taraude aussi bien les jeunes (qui tremblent à l’idée d’aller voter pour la première fois) que les vieux qui ont déjà bien trop voté sans jamais obtenir le bonheur sur Terre, c’est :« Y a-t-il un moyen de sauver la France, malgré tout ça ? »Ma réponse : non. Non, non et non, vous ne sauverez pas l’Etat Providence. Vous n’arriverez pas à sauver la sociale-démocrassie franchouille. Il est impossible de réformer ce pays. Mais surtout, pourquoi, pourquoi, pourquoi voulez-vous sauver ça ? »(3)

-Mmm… oui c’est assez clair… voter aujourd’hui c’est apporter sa pierre ou plutôt sa contribution à l’Etat, ce Léviathan, quel qu’il soit… Quand on vote massivement, on n’a plus le choix qu’entre Hobbes et Rousseau, pour une raison simple : comment peut-on espérer le recul de l’Etat d’une participation massive aux élections des gens de l’Etat, comment peut-on croire qu’un recul de la « volonté générale » pourrait être le fruit d’une volonté générale ??
Quand on vote, on participe à l'expression de la volonté générale, et on plébiscite donc par ce choix le principe de volonté générale.
(4) Tout ceci est bien embarrassant… N’y a-t-il donc aucun autre moyen que l’Etat pour se tirer d’affaire des …étatistes ??

-Oh ! A dire vrai, un Etat fortement dégraissé et encadré (par exemple comme c’est le cas encore un peu aux Etats-Unis) serait une solution envisageable mais évidemment cela demande un retournement des consciences que personne n’a la capacité d’opérer aujourd’hui chez nous… Les libéraux répliquent qu’il existe une alternative à l’autorité centrale dont ils dénoncent les nombreux effets pervers, pour faire régner l’ordre dans une société.(5) Quelques voix, donc, s’élèvent, comme la vôtre, Iron Man, ou bien celles, internautiques, comme Hashtable, Kaplan, Marchenoir, Contrepoints, Institut Coppet, le Libéralisme pour les nuls ou bien encore des productions écrites comme le Dictionnaire du libéralisme dirigé par Mathieu Laine, qui aident les jeunes esprits (ou les moins jeunes) à oser imaginer ce qui leur paraît encore de l’ordre de la folie : une vraie promotion de l’individu responsable de ses actes…
Il y a aussi des actions plus militantes possibles grâce à des associations comme Contribuables Associés, SOS Education, Institut pour la Justice : elles obligent, par un lobbying entrepris directement auprès de chaque individu (c’est la clé de leur succès, retrouver le contact auprès de chaque personne et demander à chacune, une par une, de s’engager), elles obligent les étatistes de tout poil à promouvoir des lois ou des réformes qui iraient dans le bon sens c'est-à-dire pas dans celui de nos pillards… La plupart des lois votées aujourd’hui, cette inflation législative est uniquement promue pour que nos étatistes ou voleurs de grand chemin plument toutes les personnes dans un cadre légal c'est-à-dire en toute tranquillité…

Adhonc, le vote pour les moins corrompus d’entre eux, ceux qui semblent permettre une -même très vague- préparation d’un terrain plus libéral dans notre pays, c’est sans doute ce à quoi nous sommes réduits pour le moment. Promouvoir au mieux l’ordre spontané… Toute perturbation de l’ordre spontané par l’Etat réduit les libertés, porte atteinte à la prospérité et engendre des effets pervers. Et prétendre que le libéralisme traduit une absence de règles témoigne d’une complète incompréhension de l’ordre naissant, spontanément, des actions de chacun et des interactions des hommes entres eux, (6) c’est un fait…. Tout ceci est bien maigre, certes, mais il faut croire qu’une fois que les étatistes auront tout pillé qu’il ne restera plus rien, peut-être alors que certains esprits mieux préparés (de façon souterraine mais active !) que d’autres grâce à toutes ces associations ou centres de réflexion, pourront agir pour relever notre pays… Et surtout se relever eux-mêmes.

-Miss Potts c’est un peu long et pénible comme votre veillée pascale tout  ce que vous suggérez, je le crains…

-Justement, pendant cette dernière, nous verrons qu’après les ténèbres luit toujours la Vraie Lumière…"
1/citation tirée de La Grève, Ayn Rand
2/citation tirée de chez Nicomaque
3/citation tirée de chez Hashtable
4/citation tirée d’un commentaire d’XP
5/citation tirée du Dictionnaire du libéralisme, ds la préface de Mathieu Laine
6/citation tirée du Dictionnaire du libéralisme, ds la préface de Mathieu Laine