dimanche 29 janvier 2012

Me refuseras-tu

« Le destin ordinaire des hommes n’est-il pas de chercher très loin, et souvent au péril de leur vie, ce qu’ils avaient , sans le savoir à portée de la main ? » ( p.94, Les Prédestinés, de Bernanos ).



soleil couchant janvier 2012



Mon Dieu, mon Dieu, je t’appelle tous les jours

Mon Dieu, mon Dieu, je t’appelle toutes les nuits

Je crie, j’hurle, je pleure, point de non-retour,

Je gémis comme un enfant, et ma plainte t’ennuie…

Je promets la lune, les étoiles, la mort et la vie

Je jure de traverser l’enfer brûlant et ses monstres

Je brandis l’épée de la justice jusqu’aux cieux infinis

Je suis une guerrière ! On me suit par vaux et par monts.


Et tu me dis, Seigneur, à cet instant d’éternité

« Me refuseras-tu. »


Un jour, je dormais, épuisée, sous le large feuillage,

Un jour, je contemplais, émerveillée, le beau rivage

Une nuit, j’aimais, apaisée, l’homme humble et sublime

Une nuit, je consolais, lassée, l’enfant qui a peur et qui crie

Je luttais couverte de blessures, l’épée étincelante

Bien en main, invaincue, invincible et colère

Les ténèbres sont mon territoire, lieux éclatants,

Où Ta gloire resplendit, Seigneur ; j’étais fière !


Et tu me dis, Seigneur, à cet instant d’éternité

« Me refuseras-tu. »


Que veux tu, oh Dieu Puissant, que je ne t’ai donné ?

Je t’ai offert, mon combat, toutes mes souffrances

Mes blessures non cicatrisées qui ruissellent de sang

Mon bonheur exaltant de servir mon Bien-Aimé


Et tu me dis, Seigneur, à cet instant d’éternité

« Me refuseras-tu. »


Oui, Me refuseras-tu tes humbles joies et petits soucis,

Tes travaux quotidiens, ta cuisine, tes tâches ménagères,

Ton linge à laver, à repasser, ton linge dans la buanderie,

Les bains à donner, les dîners, tout le sel de TA terre.

Me refuseras-tu la mère de famille et non pas la guerrière,

L’épouse attentive, toujours, au retour du mari

La maman et les devoirs des enfants, jamais de répit

La femme choisie par son homme dont elle est si fière.


Me refuseras-tu tes colères et tes peurs, angoisses et cris

Tes rages incontrôlées, tes paroles et ta langue de vipère

Ta paresse quotidienne, tes petits trucs et mesquineries

Ton regard critique pour tes propres enfants et leur père

Tes envies d’ailleurs, ton incessant désir d’une autre vie

Ta fatigue lourde et pesante, le désespoir qui t’enserre

Chaque jour, s’être sans doute trompé d’alchimie

La vieillesse qui arrive, n’avoir rien vécu, mes frères !


Oui, Me refuseras-tu, mon enfant, ma chérie, ta vie ?



jeudi 26 janvier 2012

Si l'on veut progresser vers la vérité, il faut renoncer à la certitude.

"Si l'on veut progresser vers la vérité, il faut renoncer à la certitude. Il faut poser en thèse que toute vérité scientifique peut être remise en cause, par des faits, par des raisonnements, par des paradigmes nouveaux qui ouvriront à l'esprit humain des perspectives qu'il ne pouvait même pas imaginer à l'étape précédente, dans un processus aux infinis rebondissements, processus que l'on peut considérer comme l'équivalent épistémologique de l'épectase théologique de saint Grégoire de Nysse.
Cette idée est née, croyons-nous, sur un terreau chrétien. Elle parcourt les grands débats européens sur la tolérance qui ont eu lieu au Moyen-Âge (Abélard, Nicolas de Cuse...), au temps de l'humanisme (Pic de la Mirandole, Montaigne, Bodin...) et aux XVIIe-XVIIIe siècles (Grotius, Milton, Locke, Bayle...). Chaque fois, dans ces débats, on note que l'intolérance vient de la prétention à l'infaillibilité, et l'on souligne le caractère incomplet de toute connaissance humaine. On s'appuie sur l'opposition paulinienne entre l'esprit et la lettre. Dire que la lettre "tue" revient à affirmer la thèse de l'inadéquation de toute forme à la vérité substantielle, laquelle, donc, ne peut être qu'approchée. On cite la Bible qui dit que Dieu seul "sonde les coeurs et les reins", ce qui revient à dire qu'il y a toujours d'autres vérités au-delà de celles sur lesquelles l'homme peut mettre la main, et même lorsqu'il s'agit de sa propre existence. C'est en vertu de l'idée que la vérité, pour le chrétien, est insaisissable, que l'on combat les positions chrétiennes par trop dogmatiques. Avant qu'il puisse voir Dieu au Ciel, l'homme est dans l'obscurité. Si donc il prétend avoir une vision si complète du dogme chrétien qu'il soit certain qu'autrui est dans l'erreur et, à ce titre, puisse lui faire violence, il se gonfle d'un orgueil coupable.
Certes, pendant que les sages discutent ainsi de l'incertitude des choses, des milliers de chrétiens s'entretuent dans les guerres de Religion. Mais lesquels sont les plus chrétiens? Les foules persécutrices de la Saint-Barthélémy qui ressemblent à toutes les foules persécutrices de tous les temps- toutes religions confondues- ou les Erasme, les Mélanchton, les Montaigne, et les Pascal?
Le texte de Pascal sur les Deux infinis met en évidence que cette situation ontologiquement et épistémologiquement instable de l'homme fait sa fécondité intellectuelle. Le "roseau" qu'est l'homme est "pensant". Et c'est dans ce contexte que Pascal se risque, d'un même élan, aux hypothèses les plus novatrices en matière scientifique et au "pari" de la foi."


(Philippe Nemo, "La belle mort de l'athéisme moderne")

lundi 23 janvier 2012

Nouvelles indispensables de l'Elite.


Après une semaine de régime-Muller, Iron Man revient un matin au bureau de l'Elite, pâle, amaigri mais la mine plus exaltée que jamais.

-Z'avez l'air...bien, Patron, avance prudemment Miss Potts.
- Ne m'adressez plus la parole, perfide! Vous m'avez envoyé à une quasi-mort certaine avec ce Doktor de malheur! Je ne dois ma survie qu'à mon exceptionnelle vigilance et quelques bons potes qui ont pu m'approvisionner un peu en liqueurs diverses...
- Au fait, Terby demande s'il peut passer vous voir... Il a repéré non loin de votre habitation secrète une mystérieuse apparition inquiétante et sans doute gauchiste. Enfin, c'est ce qu'il m'a bredouillé entre deux hoquets aux relents alcoolisés qui m'ont incommodée, il faut le dire. Patron, je me demande si cette élite-là est vraiment nécessaire à la sauvegarde du Monde Libre... j'avoue ma perplexité..
- Vous ne comprenez rien à rien aux affres de la création, vous n'êtes qu'une femme, Miss Pepper! J'appelle Terby, mon fidèle d'entre les fidèles immédiatement... C'est où qu'il est le téléphone??
- Laissez Patron, j'envoie un message à toute la bande... Rhaaa c'est pénible ces jours-ci pour aller sur le site de l'élite, ça rame énormément*. Cela fait deux fois que je contacte le service-courrier, lisez mon appel :

-"Chère Elite,
ça déconne toujours autant sur votre site : on y accède mais après avoir poireauté des plombes...Mais l'élite et l'informatique, hein...Une lectrice hystérique (non, ce n'est pas un pléonasme! Rustre.)" 
Le Sorpasso m'a répondu :
  "-Chère lectrice Térique, j'ignore quelles sont les origines de ces ralentissements, JL Mélenchon est suspect par principe, selon la formule consacrée. Je note que vous écrivez des mails  revendicatifs à 12h 01,  heure à laquelle 9 malheureux enfants anémiques et un époux à bout attendent affamés leur modeste pitance, ce qui vous fait chuter d'au moins plusieurs rangs dans le classement des mères&épouses modèles collection printemps-été 2012. Ressaisissez-vous !Votre dévoué,chargé des plaintes&complaintes vaginocratiques et autres problèmes pleino-lunaires,IS. "

Le Plus Grand Héros de Tous Les Temps s'impatiente : "JL Mélanchon?? Serait-ce lui que Terby aurait entrevu non loin de chez moi?? "

Terby, dûment contacté malgré les interférences, finit par rappliquer himself chez Miss Potts. Il explique alors : "Nan, nan moi j'ai rien vu personnellement mais un de mes contacts, un certain Gil (Rhiiiill pour les intimes) ou Didier-la-Saumure je ne sais plus trop m'a dit il y a deux jours : "Y a une traîtresse marxiste qui se fait passer pour une brune néo fachiste tendance école autrichienne à gros seins. Faut que XP fasse gaffe et l'élite aussi."

Iron Man se tourne brusquement l'air soupçonneux vers sa secrétaire puis hoche la tête : "hum non ça risque pas d'être vous Miss Potts, y aurait bien vaguement un verni autrichien chez vous mais pour le reste et les nichons en particulier ça le fait pas."
- "Vous m'en voyez soulagée" rétorque aigrement Miss Pepper vexée.

"Tout ceci est décevant" soupirent en choeur les membres de la fine équipe arrivée au pas de course à la transmission de la "mise en garde" du contact Gillien au cerveau reptilien. Lounès jure à haute voix témoignant ainsi de son dépit : "P***! Une autrichienne à gros seins! C'est exactement ce qu'il me faut!" JMM renchérit :  "Et moi donc!"
-"Tout de même, messieurs, une traîtresse objecte timidement Miss Potts.
- Ben quoi une traîtresse?! Une vraie femme, voilà tout" conclut VV.




* Ce soir, tout a l'air de fonctionner normalement sur Ilys.





vendredi 20 janvier 2012

Marche pour la Vie, à partir de 14h30, Place de l'Opéra, Paris.



Renseignements sur la Marche pour la Vie.



Argumentaire contre l'avortement chez Nicomaque

"Comme Ron Paul, je suis personnellement convaincu que la vie humaine, avec ses droits inaliénables, commence dès la conception et que l’avortement est donc immoral. Si on me demande pourquoi, j’ai l’habitude de développer devant mes élèves l’argument suivant :

Au XVIe siècle, Las Casas a combattu l’esclavage des Indiens par les conquérants espagnols. Dans sa controverse avec Sepulveda à Valladolid, il affirme que, bien que les Indiens n’ont pas encore atteint le même degré de civilisation technologique et les connaissances scientifiques des Espagnols, ils ont le potentiel pour l’atteindre si on leur donne le temps et l'opportunité. Un être humain ne peut donc jamais être considéré comme « sous humain » en raison de son faible développement s’il possède le potentiel pour atteindre un degré supérieur de développement dans le futur. La potentialité d'atteindre un niveau complet de développement est un indice suffisant pour établir la nature d’un être.

Ce raisonnement peut être appliqué à l’embryon. Ainsi, le fait que l’embryon ait le potentiel pour atteindre un degré complet de développement humain est suffisant pour établir son humanité. Le fait qu'il n'ait pas encore atteint son plein développement n'est pas l’indice d’une nature inférieure, mais seulement une indication de son immaturité. Un enfant à naître ne peut donc pas être considéré comme « sous-humain », pas plus que les Indiens. Il a les mêmes droits que n’importe quelle personne humaine et ses droits doivent être protégés.

Si donc l'avortement est bien une agression contre un être humain en développement, pleinement sujet de droits, alors il est de la compétence du législateur de l'interdire, au même titre que le crime, le viol ou toute autre atteinte aux droits fondamentaux de la personne.

Pour autant, on ne peut pas forcer une femme à garder un enfant dont elle ne veut pas. Elle doit alors pouvoir le donner à des couples sans enfant. L’alternative à l’avortement c’est l’adoption. Malheureusement l’'Etat s’est arrogé le monopole du marché de l'adoption. Il y a tellement de réglementations en France qu'adopter devient quasiment impossible, toujours à cause de cette fausse philanthropie du législateur qui se croit chargé de faire le bonheur de l'humanité ! Il est temps de privatiser ce marché et de confier à des associations familiales indépendantes (non subventionnées comme elles le sont aujourd’hui !) le soin de gérer ce marché en édictant des règles déontologiques protégeant les enfants contre tout abus."

mercredi 18 janvier 2012

Nouvelles indispensables d'Iron Man

Miss Pepper était entrain de relire quelques textes arrivés dans la nuit directement du Monde Libre lorsque Iron Man,alias XP et accessoirement Le Plus Grand Héros de Tous les Temps entra dans le bureau . Il fumait un énorme cigare nerveusement et paraissait de sombre humeur. Miss Pepper s’enquit : 

« - Ça va pas Patron ? Quelque chose qui vous turlupine en ce beau matin ?
-Mmmm… ce sont mes chevilles qui enflent…
-Ah ! Si ça n’est que cela coupa Miss Pepper rassérénée, ça n’est pas nouveau…
-Mais non sotte que vous êtes ! J’ai VRAIMENT un pied enflé !
- Ah ben montrez-moi donc cela…
Miss Pepper rajusta ses lunettes double foyer au bout de son long nez et se pencha. »Hum oui, il n’a pas bonne mine, il est tout noir, c’est terrible…
-Miss Pepper, je n’ai pas encore enlevé mes rangeos…
- Doux Jésus ! Je me disais aussi… Bon, écoutez, j’ai dans mes papiers de super-secrétaire le nom et l’adresse d’un excellent praticien : le docteur Muller ! Il est, d’après certains de mes amis, tout à fait extraordinaire… Je l’appelle immédiatement !"

Iron Man prend soudain un air des plus inquiets : « Vous savez Miss Potts, six ou neuf aspirines d’un coup et le tour sera joué… Je hais ces fonctionnaires hospitalesques qui, s’ils découvraient qui je suis réellement –le XP d’ilys !!-, pourraient tenter de m’achever dans leur délire bolcho-révolutionnaire…La prudence et la discrétion ne prévalent-elle pas ? Après tout, je ne suis pas un homme comme les autres ! Je crois que ma stature et mon statut nécessitent le sacrifice de cet examen médical… »
- Ciel, Patron, Je m’inquiète ! Votre cheville enfle au fur et à mesure que vous bavassez…
- Vous êtes d’une mauvaise foi féminine incroyable Miss Potts, je me demande pourquoi je vous supporte… Le monde va à sa perte avec des secrétaires comme vous ! C’est évident. Je crois que si je devais vous noter sur une échelle de A et de B, je vous mettrais un triple 0 ! Ceci pour rabaisser vos folles prétentions… C’est quiqui alerte, c'est quiqui klaxonne jour et nuit au bord du gouffre et des falaises rocheuses comme le capitaine du Concordia pour mettre en garde le Monde Entier des dangers marxistes qui rôdent ? Hein ? Bon, parfois, je m’approche un peu trop près du Mal Absolu mais il le faut !! Beaucoup de mes amis les plus chers sont morts ainsi noyés bêtement dans cette guerre sans merci… Tout cela est tragique mais sachez, Miss Potts, que jamais, non jamais je n’abandonnerai la bataille… Je resterai auprès des femmes (mais pas des enfants, ceux-ci ne présentent aucun intérêt) jusqu’au bout…Oui, grâce à moi…
- Je l’appelle ou pas le Doktor Muller ?
- Faites, Miss Pepper, mais vous prenez le risque d’avoir ma fin tragique sur la conscience…"

Doktor Muller, introduit dans l’antre secrète d’XP, est un magnifique jeune homme à l’oeil vif et au timbre sonore : 
"- Je phais phous crever…
- - Miss Potts, au secours !! Il veut ma peau !!
- Nein, nein Lieber Ami du Mondeux libreux ! Percer vôôtre mol-het je dois avec matériel germanique Haut de Kamme pour fider le zang impur qui apreuve fos sillons !

lundi 16 janvier 2012

Blue Hôtel



Gabrielle aux yeux bleus

                                                              Blue Hôtel  

Blue Hotel, on a lonely highway,
Blue Hotel, life don't work out my way.

Blue Hotel, on a lonely highway,
Blue Hotel, life don't work out my way.
I wait alone each lonely night.
Blue Hotel...
Blue Hotel...

Blue Hotel, every room is lonely,
Blue Hotel, I was waiting only.
The night is like her lonely dream.
Blue Hotel...
Blue Hotel...

Blue Hotel, on a lonely highway,
Blue Hotel, life don't work out my way.
I wait alone each lonely night.
Blue Hotel...
Blue Hotel...

                                                            Bétaillère, mon "Blue Hôtel"








                                             Chartres, "Blue Hôtel" des pécheurs....




Le bleu de Fra Angelico



Cieux, nos derniers "Blue Hôtel"







dimanche 15 janvier 2012

15 Janvier, Saint Rémi, archevêque de Reims





SAINT RÉMI
Archevêque de Reims, Apôtre des Francs
(438-533)
        L'histoire de sainte Clotilde nous a appris comment Clovis se tourna vers le Dieu des chrétiens, à la bataille de Tolbiac, et remporta la victoire. Ce fut saint Rémi qui acheva d'instruire le prince. La nuit avant le baptême, saint Rémi alla chercher le roi, la reine et leur suite dans le palais, et les conduisit à l'église, où il leur fit un éloquent discours sur la vanité des faux dieux et les grands mystères de la religion chrétienne. Le saint prédit à Clovis et à Clotilde les grandeurs futures des rois de France, s'ils restaient fidèles à Dieu et à l'Église.
        Quand fut venu le moment du baptême, il dit au roi : « Courbe la tête, fier Sicambre ; adore ce que tu as brûlé, et brûle ce que tu as adoré. » Au moment de faire l'onction du Saint Chrême, le pontife, s'apercevant que l'huile manquait, leva les yeux au ciel et pria Dieu d'y pourvoir. Tout à coup, on aperçut une blanche colombe descendre d'en haut, portant une fiole pleine d'un baume miraculeux ; le saint prélat la prit, et fit l'onction sur le front du prince. Cette fiole, appelée dans l'histoire la « sainte Ampoule », exista jusqu'en 1793, époque où elle fut brisée par les révolutionnaires.
        Outre l'onction du baptême, saint Rémi avait conféré au roi Clovis l'onction royale. Deux sœurs du roi, trois mille seigneurs, une foule de soldats, de femmes et d'enfants furent baptisés le même jour.
        Saint Rémi s'éteignit, âgé de quatre-vingt-seize ans.

Dans l’Évangile au Quotidien

Fanatisme sans certitude.- extraits 3

"Le phénomène contemporain de réapparition des mythes est clairement perceptible chez les penseurs ou philosophes qui suscitent ou constatent, pour des raisons diverses, la disparition des vérités quelles qu'elles soient.
(...)
Il est courant de voir la notion de vérité récusée volontairement pour mieux faire place à la morale. Pour les tenants du "pragmatisme", par exemple, le fanatisme des vérités a causé tant de mal dans le passé proche et lointain, que leur disparition seule garantira le relèvement de la morale. Nos certitudes nous ont fait oublier les hommes qui grelottaient derrière elles. Autrement dit, plus nous biffons les fondements, plus les vertus retrouveront la possibilité de se déployer. Lorsque Vattimo défend la charité ou l'amitié, il s'agit pour lui de répondre à cette situation terrible où la vérité était capable de passer devant la charité ou l'amitié : le terrorisme de la vérité, celle-ci devenue démesure. Si la charité et l'amitié doivent fleurir, il faut que la vérité abandonne ses prétentions et disparaisse comme telle.
On le voit, ces pourfendeurs de vérité ne sont pas pour autant relativistes.
(...)
Lorsque Habermas affirme l'importance primordiale des droits de l'homme, il ne leur confère pas un fondement rationnel ni, évidemment, transcendant.(...) Ainsi Habermas se saisit des principes antérieurs, les débarrasse de leur fondement métaphysique ou religieux, les récupère (en les triant), et les affirme catégoriquement sur la base des "intuitions". Leur valeur repose désormais sur le fait qu'elles sont acceptées de façon consensuelle par un groupe social, parce qu'elles constituent le mode de vie de ce groupe : elles ne sont pas "vraies" mais elles doivent être "valides".
(...)
A cet égard la pensée postmétaphysique, dotée d'une morale flottante, conserve peu ou prou les formes fanatiques de l'ancienne pensée, sans en avancer pour autant les atouts de certitude. Elle livre de ce fait une incohérence. Une pensée assise sur des mythes ne saurait devenir fanatique, puisqu'elle n'a aucune certitude (et c'est d'ailleurs pour se libérer du fanatisme que l'on récuse ici la certitude). Il est contradictoire de réinstaurer une intolérance sous forme de mise au ban de ceux qui ont encore des certitudes... Le comportement des anciens porteurs de vérités demeure, lors même que les vérités ont été biffées. L'ancien mode d'affirmation est utilisé comme si cette valeur était encore fondée : se croyant légitime de l'affirmer avec autant de vigueur qu'autrefois. Habermas juge normal que soient exclus ceux qui n'acceptent pas la tolérance universelle de toutes les formes de vie. Par ailleurs il n'accepte pas la réfutation de l'idéal d'égalité, ou de la social-démocratie. Il a des ennemis intellectuels, des gens dont il considère que la pensée ne doit pas être prise en compte. Autrement dit, il affirme que tous les projets de vie doivent être considérés comme équivalents, mais en exceptant ceux qui récusent cette équivalence. Autrement dit, acceptation de tous, sauf de ceux qui ne pensent pas comme nous. Ceux qui n'acceptent pas l'égalité de toutes les formes de vie sont appelés "fondamentalistes", et n'ont pas droit de cité."

(Chantal Delsol, "L'âge du renoncement")

mercredi 11 janvier 2012

Des livres d'exception

"Ton Nom est une huile qui s'épanche"(Ct 1, 3). Les hommes touchés au coeur par la charité du Christ inventeront au christianisme un avenir que les hommes de dogme et d'antidogme ne peuvent anticiper."

Je m'apprête à lire un petit ouvrage de Philippe Nemo, "La belle mort de l'athéisme moderne" (PUF) reçu dans ma boîte aux lettres avec une petite dédicace.
J'ai l'honneur d'avoir pu discuter plusieurs fois avec Philippe Nemo, de le connaître. La première fois que nous nous sommes rencontrés lors d'un dîner, j'exprimais avec une certaine virulence mon découragement quant à l'avenir de mon pays, quant à l'avenir tout court... Il avait alors réagi avec l'intelligence, la finesse, l'humour, la vitalité et la liberté d'esprit qui sont ses caractéristiques propres et avait su trouver les mots d'espérance adéquats. Je ne les jamais oubliés et ils sont ravivés à chaque rencontre ou  chaque lecture de ses ouvrages magnifiques. Je vous recommande donc particulièrement tous ses livres. Ici, quelques recensions plus ou moins réussies mais peu importe! L'idée est d'aller lire ces livres.

"La régression intellectuelle de la France", chez Texquis : http://oralaboraetlege.blogspot.com/2011/06/la-regression-intellectuelle-de-la.html

"Qu'est-ce que l'Occident" : http://lajoiedujour.blogspot.com/2009/07/quest-ce-que-loccident-de-philippe-nemo.html

"Job et l'excès du mal" : http://oralaboraetlege.blogspot.com/2011/03/theophanie-job-et-lexces-du-mal-par.html  et aussi : http://oralaboraetlege.blogspot.com/2011/03/le-moment-de-fondamentale-incertitude.html

"La France aveuglée par le socialisme" : http://oralaboraetlege.blogspot.com/2011/12/gabrielle-chope-sa-premiere-grosse.html

lundi 9 janvier 2012

Dans un couple, si tu veux la paix, fais la guerre.


Je me régale en ce moment avec une petite série américaine drôlissime, "Rules of engagement", traduite en français par "Leçons sur le mariage" mais j'aurais préféré garder quelque chose de plus littéral comme "les règles de l'engagement"  et je m'en vais vous expliquer pour quelle raison.

Cette série met en scène deux couples, l'un marié depuis 14 ans, l'autre qui souhaite s'engager sérieusement par le mariage et un célibataire endurci. Le mari du couple plus âgé me fait irrésistiblement penser à mon homme, mélange de vieux briscard du mariage, raffiné et rustique dans le même temps, amoureux de sa jolie femme et surtout toujours décidé à le demeurer.

Dans l'épisode deux de la cinquième saison, intitulé "la banque", Jeff, (le mari expérimenté) explique à son jeune ami et voisin (le fiancé) comment se dépêtrer de situations conflictuelles avec sa femme lorsqu'il est lui-même en tort. Il se trouve que sa femme va découvrir son "truc". Jeff garde un fichier où il note toutes les erreurs de sa femme pour les lui rappeler plus ou moins subtilement lorsqu'elle même tend à lui asséner des reproches (Le fait qu'il soit obligé de noter montre d'ailleurs à quel point il aurait de lui-même tendance à oublier toutes ces "fautes" et donc combien il y a attache, d'une certaine façon, peu d'importance en soi..). Cela lui  permet de désamorcer des crises conjugales et Jeff en fait la démonstration éclatante à son jeune ami. Il appelle ce fichier "la banque". Audrey, sa femme découvre  par hasard "la banque" et s'ensuit ce dialogue :

"-Tu notes toutes mes erreurs depuis des années?!
- J'ai même dû en oublier...
-Alors, quand tu étais compréhensif, c'était une ruse...
- J'ai vite compris que si je te faisais des reproches, tu t'énervais contre moi et je n'y gagnais rien!
- Mais pourquoi devrais-tu y gagner quelque chose?! Pourquoi ne pas être gentil et compréhensif tout simplement?
Ça, ça marche dans un monde de fées et de lapins magiques. Ici, on parle de mariage. Une série de batailles qu'il faut mener et gagner ou perdre."

Cette définition du mariage me plaît bien : "une série de batailles qu'il faut mener et gagner ou perdre."
Un engagement, dans une guerre, c'est le début d'une bataille qui  doit nécessairement  être gagné ou perdu. Tous nos engagements fonctionnent sur ce principe  et l'amour, dans le l'engagement du mariage, n'échappe pas à la règle sous prétexte de douces illusions sur la nature humaine.

samedi 7 janvier 2012

Des conséquences du relâchement de l'effort de vérité - extraits 2

"La vérité est scandaleuse. Mais, sans elle, il n'y a rien qui vaille.(...) Pour ce qui vous concerne, dites simplement la vérité; dites tout simplement la vérité, ni plus ni moins."(Houellebecq)

"Le nihilisme sait qu'en abandonnant les vérités (plus qu'il ne les détruit, car il suffit de laisser se dissoudre la foi, qui était un effort et une permanente légitimation), il ne se trouve pas en face du rien, mais il retourne aux fables qui bercent l'existence des humains de tous les temps. Abandonnez les vérités, elles ne se dissolvent pas, elles se transforment simplement en récits dont l'esprit va se nourrir sans s'y appliquer, avec désinvolture.
Il se produit le mouvement inverse de celui qui s'accomplit au début du christianisme. Saint Paul, parlant devant les philosophes épicuriens et stoïciens, tâchait par pédagogie d'établir une continuité entre leur pensée et la sienne. Notamment, il transformait doucement l'universalisme et le cosmopolitisme stoïciens en une universalité de message et de salut. Il se saisissait des mythes et les métamorphosait en vérités. C'est par le processus inverse que nous sommes en train de passer, encore une fois sans solution de continuité et presque à notre insu : pour reprendre cet exemple, l'universalisme chrétien du salut se dissout dans le cosmopolitisme de la mondialisation. Et la transition se fait en douceur. Pourtant, que de changement radicaux dans ce passage d'une pensée à une autre! D'abord parce que l'universalisme chrétien cherche l'union tout en maintenant la singularité de chaque personne, liée à Dieu; tandis que le cosmopolitisme, rappel de l'ancien stoïcisme, est une noyade dans l'indétermination, une dissolution du moi. Mais aussi parce que l'universalisme chrétien ou d'origine chrétienne est une conséquence de l'idée de vérité, je dirais même un hommage à l'idée de vérité : l'univers créé par Dieu fonctionne selon les lois de la nature, celles de l'architecte divin, qui sont les mêmes partout. Tandis que le monde stoïcien forme un tout par la sympathie universelle, l'interdépendance des hommes et des choses. Comme dans l'ordre cosmique du Dao chinois, harmonie spontanée, on ne peut connaître les lois de l'univers, si tant est qu'il y en ait. C'est bien dans ce cosmos à la fois total, harmonieux et mystérieux, que nous sommes en train de retourner : la relativité de toute chose, la non-fixité, la mise entre parenthèses de la substance pour privilégier la relation forment la trame d'un monde enchanté." (Delsol, L'âge du renoncement")

vendredi 6 janvier 2012

Une saine réaction

Evidemment, cette réaction saine est due au fait essentiel que cette jeune femme possédait des armes à feu chez elle et savait visiblement s'en servir puisqu'elle les a prises en partant se réfugier dans une pièce avec son bébé.

 http://www.lefigaro.fr/international/2012/01/06/01003-20120106ARTFIG00417-une-jeune-veuve-qui-abat-un-intrus-emeut-les-etats-unis.php

Extrait :

 Pour sa deuxième «visite», Justin Martin est non seulement venu avec un complice mais il est aussi armé. Avec un couteau de chasse de 30 cm de long. Apercevant l'objet, Sarah Mckinley attrape son fusil et se retranche dans sa chambre avec son fils de 3 mois. Afin que son bambin ne fasse pas un bruit et n'alerte pas les voleurs de leur présence, elle lui donne un biberon. L'adolescente, qui a également récupéré un pistolet, barricade la porte avec un canapé et compose le numéro des services de secours.

Les Etats élargissent le champ de la «Castle doctrine »

A l'opératrice qui prend son appel, Sarah McKinley chuchote «J'ai deux armes à la main. Est-ce que je peux le tuer s'il franchit la porte?». «Vous devez faire tout ce que vous pouvez pour vous protéger», lui répond son interlocutrice. «Je ne peux pas vous dire que vous pouvez faire ça, mais vous devez faire ce que vous devez pour protéger votre bébé». Quelques instants plus tard, Justin Martin défonce la porte et un coup de feu retentit. Pour la police l'affaire est claire: Sarah Mckinley a agi dans un cadre parfait de légitime défense et ne sera pas poursuivie. 

"La fin des temps", par Murakami


Ce roman de Murakami est une très chouette lecture et  une belle découverte de ces dernières semaines pour moi. Une lecture que l’on peut attraper selon divers degrés : roman d’aventures et quête métaphysique.

Un jeune informaticien (enfin jeune : 35 ans, marié, divorcé, sans enfants) est recruté par un savant pour effectuer un programme informatique assez complexe qui passe par une action directe sur son cerveau à lui, sur son système conceptuel. Le monde décrit par Murakami  se base sur le principe que l’informatique a pris nos existences une place primordiale, qui contrôle tout, un peu comme dans Matrix, avec, dans le film, une réalité dans laquelle les hommes évoluent mais qui ne seraient pas la VRAIE. Ici, dans ce roman, la réalité vécue par les hommes est la « bonne » mais elle est de plus en plus dirigée, dans nos esprits, par des superpuissances de l’informatique. D’où les aventures dans lesquelles l’informaticien, le professeur et sa petite-fille boulotte affrontent des assassins mafieux et sadiques, des êtres maléfiques, les « ténébrides » et d’autres dangers, car ils sont pris entre le feu des superpuissances (System et les Pirateurs) qui se partagent la domination du monde c'est-à-dire la domination des esprits.

On apprend qu’en fait le vieux savant solitaire est capable de percer, de décalquer plus exactement le noyau de la conscience (la « boîte noire ») de l’informaticien … et d’agir sur ladite conscience. « …on essaie d’enregistrer la boîte noire. Et alors, c’est absolument merveilleux, le contenu du noyau de la conscience se trouve mis en image (…) On colle ou on découpe cette accumulation d’images, on déplace, on recompose. Et on compose ainsi une histoire qui se tient.-Une histoire ?! –Ce n’est pas si étrange que ça, dit le professeur. Un excellent musicien parvient à transférer sa conscience dans le son, un peintre transfère la sienne dans les formes et les couleurs. Les romanciers transfèrent la leur dans des romans. C’est la même logique. Evidemment, comme il s’agit d’un transfert, on n’obtient pas un décalquage parfaitement exact, mais c’est vraiment commode pour comprendre l’état global de la conscience. »

Il se trouve que l’informaticien est le seul à avoir survécu aux expérimentations du savant, et surtout au montage implanté par le professeur, en développant lui-même en son noyau de conscience un contre-programme qui lui permet de transférer sa conscience, son système conceptuel (son esprit dirait un philosophe réaliste, son âme dirait un théologien) dans une cité parfaite… « Autrement dit, explique le vieux savant au jeune héros,  il y a tout naturellement des flottements entre votre identité personnelle et le montage de conscience que j’ai implanté dans votre cerveau, et votre moi essaie de construire des passerelles pour combler ces disproportions, afin de justifier sa propre existence. »

La fin des temps, c’est la jonction de la boite noire ou la conscience du narrateur avec son nouveau « domaine », dans une cité idéale où il n’y a plus de souffrance, de mort, de douleur… Parallèlement aux aventures du jeune informaticien, on entre dès le départ du roman, avec un narrateur-bis, dans le monde de  la cité parfaite et on découvrira à la fin que ce second narrateur ne fait qu’un avec le premier. « -Mais votre existence ne va pas se terminer. Vous allez simplement entrer dans un autre monde. » L’informaticien va s’évader de ce premier monde où il est pourchassé par les superpuissances de l’informatique : on pourrait dire métaphoriquement où nous sommes pourchassés par toutes les idéologies qui souhaitent s’emparer de nos esprits.  Il va fuir la massification de son esprit. Et il  va rejoindre cette ville idéale. Qu’il a créé de toutes pièces dans son cerveau. La fin du monde « normal »se situe dans son cerveau et l’accès à l’immortalité se situe aussi dans son cerveau, puisque la pensée n’est pas soumise au temps. L’informaticien provoque dans son esprit un « changement drastique des concepts. » puisque les concepts eux-mêmes, la pensée est sous la coupe, la tyrannie des superpuissances.

Dans cette ville entourée de murailles infranchissables, le narrateur-bis  qui arrive doit, avant tout, quitter, se faire arracher de son ombre… Cette dernière survivra plus ou moins longtemps puis mourra… « …  je marchais accompagné de mon ombre. Et, en arrivant ici, j’avais dû la confier au gardien de la porte. « C’est interdit d’entrer dans la ville avec ça, m’avait-il dit. Ou bien tu abandonnes ton ombre, ou bien tu renonces ici, que choisis-tu ? » J’abandonnai mon ombre. » Lorsque l’ombre meure, alors le nouvel arrivé fait définitivement partie de la ville, il ne peut plus revenir dans l’autre monde.

Privé d’ombre, privé surtout de cœur et de mémoire, le narrateur-bis  se voit assigné une tâche dans la ville : « liseur de vieux rêves », travail qu’il accomplit tous les soirs à la bibliothèque où il rencontre une jeune fille « parfaite » c'est-à-dire sans ombre,  sans cœur et sans souvenirs, sans émotions, sans passions. » La lecture des vieux rêves s’effectue dans des crânes de licornes. « A la mort de ton ombre, tu cesses d’être liseur de rêves, et tu t’intègres à la ville. Ainsi, la ville continue de tourner éternellement dans le cercle de la perfection. Elle fait porter le poids des imperfections aux êtres vivants imparfaits tandis que ses habitants vivent en aspirant seulement la quintessence. (…) L’imperfection est supportée par des animaux, des licornes, qui gardent en elles tous les cœurs des êtres humains, et qui meurent sous le poids de ces cœurs »… Chaque année, de nouvelles licornes naissent et meurent  pour assumer les nouveaux cœurs.

Le problème de cette quintessence de perfection est évident : « Si un tel monde existe, c’est la véritable Utopie. (…) Cette ville parfaite a pu se former parce que les gens ont perdu leur cœur. (…) Mais qu’il n’y ait ni luttes, ni haine, ni désirs signifie qu’il  n’y a pas non plus le contraire de tout cela. C’est-à-dire la joie, la béatitude, l’amour. C’est parce qu’existent le désespoir, la désillusion, la tristesse, oui, c’est de là que naît la joie. »

 Le cœur du jeune narrateur n’est pas encore entièrement mort et il voudra obtenir le beurre et l’argent du beurre : garder son cœur et vivre dans la cité idéale avec la jeune fille de la bibliothèque : « -Retrouve mon cœur » lui a-t-elle demandé… Il va le retrouver, ce cœur perdu, dans le crâne d’une des licornes, et comme liseur de rêves, il pourra le « lire ». Il va trouver la clé des cœurs perdus grâce à un instrument de musique, un accordéon qui reproduit, dans ses airs, le bruit du vent. Il va donc ne pas s’enfuir avec son ombre, mais rester dans la cité idéale, dans un endroit fait pour les êtres imparfaits, ceux qui gardent leur cœur. Dans la forêt.  La vie y est rude avec de la souffrance mais on y possède son cœur  et ses souvenirs donc la vraie béatitude.

On assiste donc au transfert de l’informaticien qui quitte ce monde « Pays des merveilles sans merci » en faisant une dernière fois l’amour avec une jeune bibliothécaire qui l’avait instruit sur les licornes, en buvant de l’alcool et en écoutant Bob Dylan Blowing the wind  et qui rejoint le nouveau monde, la cité idéale avec une  jeune bibliothécaire à qui il redonne son cœur grâce à la musique du bruit du vent, un air de l’accordéon, Dany Boy.

« Croyez à l’identité entre le Vrai, le Beau et le Bien » dit Houellebecq dans « Rester vivant » et en lisant Murakami, je retrouve un peu personnellement  la trace, la carte de cette trinité sacrée : par le Beau, par la musique, le narrateur-bis va retrouver le Bien, son cœur,  et le Vrai, ses souvenirs. Les trois sont indissociables dans la cité idéale, mais les trois nécessitent curieusement l’imperfection, c'est-à-dire le mouvement de la recherche. Il ne peut y avoir de Vrai, de Beau et de Bien s’il n’y pas de quête de ces noyaux existentiels.
« Continuez. N’ayez pas peur. Le pire est déjà passé. Bien sûr, la vie vous déchirera encore ; mais, de votre côté, vous n’avez plus tellement à faire avec elle. Souvenez-vous-en : fondamentalement, vous êtes déjà mort. Vous êtes maintenant en tête à tête avec l’éternité. »

mercredi 4 janvier 2012

"La poursuite du bonheur", de Michel Houellebecq






Il est vrai que ce monde où nous respirons mal
N’inspire plus en nous qu’un dégoût manifeste,
Une envie de s’enfuir sans demander son reste,
Et nous ne lisons plus les titres du journal.

Nous voulons retourner dans l’ancienne demeure
Où nos pères ont vécu sous l’aile d’un archange,
Nous voulons retrouver cette morale étrange
Qui sanctifiait la vie jusqu’à la dernière heure.

Nous voulons quelque chose comme une fidélité,
Comme un enlacement de douces dépendances,
Quelque chose qui dépasse et contienne l’existence;
Nous ne pouvons plus vivre loin de l’éternité.






http://oralaboraetlege.blogspot.com/2011/12/selection-de-photos-de-lannee-2011.html

lundi 2 janvier 2012

Concert du Nouvel An

Je regarde et j'écoute généralement le concert du Nouvel An à Vienne, retransmis à la télévision chaque année le premier janvier; c'est une tradition familiale. De la même façon, nous sommes à genoux devant notre poste de télévision lors de la bénédiction  "urbi et orbi" du Pape chaque année à Pâques.
Ici, j'ai la fin du concert avec la "Marche de Radetzky" mais pas "Le beau Danube bleu" avec les valses à contempler, magnifiques.Si par hasard cela finit par être mis en vidéo, je mettrai le lien.
http://www.youtube.com/watch?v=3mcF-QIcHQg

dimanche 1 janvier 2012

Les fleurs






Ce matin, tôt, je me suis réveillée et levée
Des petits ont pris leur petit-déjeuner
Puis une douche, sans bruit, sans heurts.
Ce matin, tôt, j’ai nettoyé et rangé
Le  réveillon, avec mon aspirateur,
Je suis sortie, l’air était plein de douceur.
Ce matin, tôt, tout était lavé et apaisé,
Dans ma demeure comme dans mon cœur :
Mon mari, la veille, m’avait offert des fleurs.

Bonne année 2012 à tous




"Je voudrais raconter mon bonheur, ma vie,
Le remercier de tant de beauté, mais,
Il me faudrait, je crois bien, retrouver
Le langage originel, celui du Paradis."