samedi 20 février 2010

Au bord de l'eau, vacances, lire

 

Départ


Faire luire d’un trait de lumière douce

D’un laser qui taille le diamant brut

D’une aube qui se lève sur la Route

Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie







Départ dimanche de toute la troupe pour quelques vacances au bord de l'eau. J'embarque ma valise de livres, mon pizzaïolo local est dans les starting-block  pour m'éviter une cuisine de bagnard(e?), mon café en bord de mer, des aubes et des soirées lumineuses, des cris d'enfants qui ne résistent pas à plonger dans l'eau tout habillés, des découvertes miraculeuses de coquillages ou bouts de bois, bref, des vacances quoi...









Je vais avoir quelques jours pour 

LIRE*

Je m’engage, seule, dans un petit chemin,

Le vent souffle dans les arbres immenses.

Mille bruits, diffus, éclatants, me dérangent.

Je marche doucement vers un lieu incertain ;

Puis, de plus en plus vite, mon pied avance :

J’ai vu une lumière, me semble t-il, au loin .


Clarté rassurante, clairière paisible,

La fleur est odorante et le papillon voltige.

Je me suis endormie dans une chaleur rassurante

J’ai fermé les yeux sur une lueur aveuglante.

La forêt fraîche et sombre m’a happée de nouveau

Dans ma nuit, enfoncée, dans le gouffre, le saut.


Relevée lentement, la poussière retombe

Doucement.

Où suis je ?


L’arène est lumineuse, le sable brûlant sous mes pas ;

Dans la lumière incandescente, au milieu des vivats

J’ai mon glaive bien en main, rien ne m’atteindra.

La bête est énorme, luisante et noire, l’œil fou.

Je n’ai pas peur, non, je suis déjà morte, c’est tout.

L’ombre immense se lève, oh fraîcheur bienfaisante !

Le soleil tournoie, je suis piétinée, broyée, pantelante.


Je respire et je vis, paupières obstinément baissées ;

Voir sans regarder, savoir sans lire, pas de réalité.

Je me suis ensevelie dans le gouffre – tombeau

Je pensais vivre ainsi cachée au milieu du troupeau.

Mais le monstre m’a trouvée, mon propre cerveau

Il m’a tuée pour de bon , réveillée à nouveau.


Relevée lentement,

Je suis

En enfer

Maintenant


Ballet immémorial, défi transcendantal

Ne pas s’endormir, rester éveillé,

Chercher la vérité, trouver la réalité

Je suis A, petite fille de la forêt,

Je suis A, petite fille du soleil,

Je suis A, entre terre et ciel. 



*énième rediffusion de ce texte. (écrit pour la première fois en 2008 je crois)
 



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