Chez Alibékov, par un certain A.G., pour bien reprendre l'année scolaire :
Non abu, non. Le coup du respect ça ne marche plus. Le nihilisme non plus
Le respect on voit ce que ça donne. Les gars de cité ne parlent que de cela de respect car ils ont bien compris que c’est le travestissement pour « soumission ».
Tu ne me respectes pas faut comprendre soumets toi. Le fameux respect des idées de l’autre c’est pareil, il n’y en a qu’une seule catégorie qui est appliquée depuis des lustres.
Les valeurs dites de droite rigueur, discipline, patriotisme, effort, famille, sécurité, uniforme, dissociation féminité/virilité etc elles ont beau être affichées comme respectées par les autres dans les faits elles ne cessent d’être taillées en pièce.
C’est exactement comme ça, le tout est pareil, « dépassé », que l’on endort l’autre ou qu’on lui brouille ses repères.
Les jeunes, jusqu’à 20-25 ans l’âge où l’on commence maintenant a vivre et payer ses factures sans béquilles parentales en sont l’illustration parfaite. Des vrais lapins pris dans les phares de votre société « tout est pareil », paralysent.
Confère la première réunion de collège avec les gamins où les profs font l’étalage de toutes les « avancées sociales », les parents n’ont plus le droit de vous frapper, vous avez droit à l’argent de poche, que l’on ouvre tout de suite à la différence, etc… Parfait exemple d’un neutre respect des idées parentales.
Pour ma part je viens dans des coins comme celui-ci car déjà le niveau d’humour et de réflexion est largement supérieur à celui des gauchos ou des « ouverts » qui récitent leurs conneries sans parallèle avec le réel.
Je trouve les informations , les clefs pour démonter petit a petit, tout esprit ou système rencontrés dans ce réel. Et accessoirement en donner quand j’en ai la capacité.
Je ne cherche pas à les convaincre, j’espère effacer leurs taches qu’ils pondent un peu partout. L’information c’est aussi un domaine de lutte.
Le haut n’est pas en bas Ubu, le carré c’est pas un rond, un robin c’est une merde.
On peut éventuellement conserver par style une certaine retenue d’apparence dans les échanges mais au final n’attendez aucune charité de ma part.
Aucune.
"Apocalypse ne signifie évidemment pas "fin-du-monde-catastrophe-généralisée, etc.",le mot signifie au contraire la révélation de la présence divine dans le monde."*** " Toute littérature est un écho du Verbe, qu’on le veuille ou non."(Dantec) *** l’Art, qu’il soit littéraire ou plastique, n’exprimait jamais rien d’autre, à ses yeux, que l’idée que la partie n’est jamais et n’est pas jouée (Muray)***"la vérité ne peut-être obtenue qu'au prix de renoncer à la certitude" (Nemo)
mardi 31 août 2010
dimanche 29 août 2010
Mimétisme réac!
Mes deux jumeaux imitent à leur manière les "dangereux réactionnaires" Ali et Lounès : rien n'est perdu par conséquent dans ce bas-monde!
vendredi 27 août 2010
lundi 23 août 2010
Voyage en Alabama, pérégrinations intellectuelles et spirituelles, par Nicomaque
Récit d’un voyage dans le Grand Sud des Etats-Unis.
De Paris à Auburn, Alabama, en passant par Atlanta et Birmingham.
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dimanche 22 août 2010
samedi 14 août 2010
Du libre marché, de l'Eglise, de l'immigration.
Re-départ en Bretagne pour le 15 Août, quelques pistes de réflexion :
-chez Nicomaque, une traduction d'un professeur américain, Thomas Wood, à propos du libre marché et de la doctrine sociale de l'Eglise.
-chez Alibekov, une suite de commentaires avec Robert Marchenoir sur le fil Exil, à propos de libre marché et immigration de masse.
-chez Nicomaque, une traduction d'un professeur américain, Thomas Wood, à propos du libre marché et de la doctrine sociale de l'Eglise.
-chez Alibekov, une suite de commentaires avec Robert Marchenoir sur le fil Exil, à propos de libre marché et immigration de masse.
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jeudi 12 août 2010
citations
Nulle chose ne m'est plaisir, en dehors de toi.
Nous devons prendre soin de ceux qui nous sont chers et à qui nous le sommes.
Sans le péché, il n'est nulle vie.
(Entre ciel et terre, Stefansson)
mardi 10 août 2010
Pouvez-vous boire à la coupe où je bois?
"Il y a ces villages et ces paysages qui sont à la fois les prolongements et les derniers témoins de la France presque défunte peinte dans ces vieux films qui vous mettent les larmes aux yeux. "(Eisangélie)
Retour de vacances familiales, épuisantes (vaisselles pour vingt personnes minimum à chaque repas) et oh combien vivifiantes (la famille, toujours la famille et rien que la famille!), chapelets et haltes silencieuses dans la petite église où je me suis mariée il y a 19 ans de cela, ballades vers le soleil couchant, le soir, au milieu des vignes locales, des vaches et des tous petits veaux, observation patiente de la voûte étoilée unique au monde en ces lieux reculés, ne pas rater la sortie de la chouette du clocher voisin, le soir... et découverte de vieux livres poussiéreux, plus passionnants les uns que les autres.
J'étais partie aussi avec La source sacrée d'Henry James, et plusieurs fois, douillettement installée sous une couette moelleuse jugée sur un énorme lit à l'ancienne au matelas immense, je m'apprêtais à poursuivre le narrateur dans sa quête laborieuse et labyrinthique de la muse qui donne tout à celui qu'elle aime et le rend intelligent tandis qu'elle se vide de son propre esprit jusqu'à ne plus pouvoir parler, mais alors mon mari arrivait et m'engageait à chercher plutôt sa source sacrée à lui, si je puis me permettre, et évidement j'étais tentée par cette quête-là et alors, je ne lisais plus rien du tout.
Du coup, je n'ai pas fini Henry James mais j'ai réussi tout de même au sein de ces jours mi-ensoleillés mi- pluvieux à lire un Chesterton, Le nommé Jeudi, un conte fantastique éblouissant et d'une très grande beauté spirituelle (D'autant plus beau que Chesterton, lorsqu'il l'a écrit, n'était pas encore converti au catholicisme). Il faudra que je trouve des passages, pour vous, chers lecteurs, mais cela risque d'être difficile parce que tout se tient dans ce petit roman.
Si j'avais été écrivain, je pense que j'aurais voulu écrire cette petite chose magnifique, c'est sûr.
Un petit passage tout de suite, je ne résiste pas et qui me fait songer à ceci que j'avais écris il y a longtemps.* Mais ce passage, c'est tellement le Mystère dévoilé que je me demande dans quelle mesure je fais bien de vous le transmettre...
"Je vois tout! s'écria-t-il, je vois tout ce qui est! Pourquoi toute chose, sur terre, est-elle en lutte contre toutes les autres choses? Pourquoi chaque être, si petit qu'il soit, doit-il être en guerre avec l'univers entier? Pourquoi la mouche doit-elle livrer bataille au monde? Pourquoi le bouton d'or doit-il livrer bataille au monde? Pour la même raison qui me condamnait à être seul dans le Conseil des Sept Jours. C'est pour que chaque être fidèle à la loi puisse mériter la gloire de l'anarchiste dans son isolement. C'est pour que chacun des défenseurs de la loi et de l'ordre soit aussi brave qu'un dynamiteur et le vaille. C'est pour que le mensonge de Satan puisse lui être rejeté au visage. C'est pour que les tortures subies et les larmes versées nous donnent le droit de dire à ce blasphémateur : vous mentez! Nous ne saurions payer trop cher, d'agonies trop cruelles, le droit de répondre à notre accusateur : Nous aussi, nous avons souffert.
-Non, il n'est pas vrai que nous n'ayons jamais été brisés. Nous avons été brisés et roués sur la roue. Il n'est pas vrai que nous ne soyons jamais descendus de ces trônes : nous sommes descendus en enfer. Nous nous plaignions encore de souffrances inoubliables, dans le moment même où cet homme est venu nous accuser insolemment d'être heureux. Je repousse la calomnie : non, nous n'avons pas été heureux, je puis le dire au nom de chacun des grands gardiens de la Loi qu'il a accusés. Du moins...
Il s'était tourné de telle sorte que tout à coup il vit le grand visage de Dimanche qui souriait étrangement.
-Avez-vous jamais souffert? s'écria Syme d'une voix épouvantable.
Le grand visage prit soudain des proportions effrayantes, infiniment plus effrayantes que celles du colossal masque de Memnon qui terrorisait Syme, au Musée, qui le faisait pleurer et crier quand Syme était enfant. Le visage s'étendit de plus en plus jusqu'à remplir le ciel. Puis, toutes choses s'anéantirent dans la nuit.
Mais, Syme crut entendre, du profond des ténèbres, avant que sa conscience s'y fût abolie tout à fait, une voix lointaine s'élever, qui murmurait cette vieille parole, cet antique lieu commun qu'il avait entendu quelque part :
-Pouvez-vous boire à la coupe où je bois?"
*J’ai soif
L’enfant est né, après bien des alarmes.
Il est beau et repose sur le sein de sa mère.
L’enfant est né, après des cris et des larmes.
Il est maintenant une créature de la terre.
Mais son regard se porte déjà vers le ciel,
Ses bras se tendent vers l’immatériel,
Se referment dans le vide et le néant.
Il est une créature des cieux, pourtant.
Baptisé selon la coutume, avec de l’eau
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
Dieu se love dans son cœur aussitôt
Feu ardent et rouge-sang dans le joyau.
Feu ardent et brûlant attiré par l’eau,
Il murmure maintenant et pour l’éternité,
Dans le cœur de cette âme embrasée
« J’ai soif , Moi le Seigneur, le Très-Haut » .
Descendu aux enfers, volontaire prisonnier
Au cœur de l’homme, un brûlant et divin secret.
Le Seigneur-Dieu, le Créateur, le Crucifié
« J’ai soif » murmure t-Il à l’enfant nouveau-né.
« J’ai soif ! » la Voix enfle et se perd
Dans une vie d’épreuves et de misère.
« J’ai soif ! » crient l’enfant et son Dieu-Trinitaire,
Ils sont à la fois, tous deux, l’eau et le désert.
« J’ai soif ! » parfois la Voix se tait, tout s’endort.
Le bruit du monde, la mollesse de nos corps
Assourdissent le doux murmure, le cri délirant
La voix du Père, et celle de l’enfant.
Occultée, la Voix du Tout-Puissant
Moquée, piétinée, écrasée, cette voix d’enfant
Et dans un silence d’outre-tombe
Quand tout est fini, mort, nuit sombre
Les martyrs, les saints, les pauvres, les malheureux !
De leur bouche pleine de cendre et qui ne s’ouvre plus
Naît un merveilleux sourire. Ils ne crient plus
Puisqu’ils ont appelé, et le Verbe est venu .
Le Calice suprême, La Coupe du salut,
S’est versée sur leurs lèvres, jusqu’à la lie
Ils ont bu.
mercredi 4 août 2010
La malédiction de l'écrivain, suite et fin
"C'est en toi, tête de lecture, que devait se dérouler l'expérience de la narration, c'est toi qui étais visé en premier lieu par ce voyage aux confins de notre infra-monde en errance..." "C'est toi qui a pérégriné de mondes en mondes, qui ne sont qu'un seul, le nôtre." (Dantec, Villa Vortex)
(Première partie de La malédiction de l'écrivain ici)
Terby se charge de contacter le fameux Didier, qui après avoir pris tous les renseignements sur cette sombre histoire de virgule, rassure jovialement son monde : « vous z’inquiétez pas les jeunots ! Dédé les bons tuyaux va régler cette histoire en deux coups de cuillère à pot ! Il ne faut pas hésiter à ratisser large dans ce genre d’affaire… « Écartez les algues, je pêche au large » : telle reste ma devise. (1) Je vous tiens au courant."
Didier Goux, un soir, après une prospection au large donc, se joignit à l’équipe pour apporter des informations de première importance sur le rapt de la virgule. Cette dernière serait retenue dans la jungle colombienne aux mains de terroristes divers. Terby et Lounès, qui rêvaient depuis un moment d’horizons lointains se proposèrent pour une opération commando. Ils avaient été formés, il est vrai par le Grand Alibekov en personne (clés de pipe, coutellerie diverse, boîtes de conserve de toute taille et poids, esprit sushi je veux dire Senshi garanti, ouvert jour et nuit) et ne craignaient donc rien ni personne. (2)
A peine lâchés dans ce milieu hostile au milieu des tigres, des moustiques et des serpents et aussi de trolls malicieux, les deux braves furent confrontés au plus grand de tous les dangers : l’impossibilité d’écrire quoique ce soit, qui est leur source vive. Dans une préface d’un recueil de nouvelles d’Henry James, un certain JB Pontalis dit tout avec cette simple interrogation, il dévoile le secret qui meut depuis l’origine nos chers héros : « Le secret, d’une navrante banalité, ne résiderait-il, pour un artiste, que dans l’attente inavouée d’être aimé pour lui-même et pas seulement pour ses œuvres ? N’écrirait-on jamais que pour être aimé-soi ? »
Et là dans ces contrées sauvages, il y avait de tout sauf de quoi aimer et être aimé… Le danger était grand pour nos deux héros se desséchassent sur place comme un nénuphar dans le désert. Il fallait faire vite.
Les deux guerriers de l’ombre décidèrent de se séparer pour leur quête. Terby plongea sans hésitation dans les profondeurs fangeuses d’un marécage (une sorte de piscine naturelle) tandis que Lounès s’enfonçait dans un maquis aux bruits inquiétants. Armé de son arme favorite, un cône de chantier, il se frayait un chemin avec l’énergie du désespoir lorsqu’il se retrouva encerclé par une affreuse bande de sauvages décidés à lui faire la peau. L’instant était critique pour ce brave parmi les braves. « Il se retrouvait seul face à 5 caucasiens horribles avec des gros bras, en fait ce sont 4 mecs appelés en renfort par un cinquième, lâche qui chie dans son froc face à lui, pourtant d’une tête plus petit… Il fait le ménage calmement, avec Terby en renfort… » (3) Racontera t-il plus tard, bien plus tard à ses amis … Terby, surgit miraculeusement des eaux troubles de son marécage : il avait demandé au Chef invisible de leur équipe héroïque, Chef qui ne s’appelle pas Charlie mais Yavhé d’après des sources assez obscures :"tire-moi de la boue, sinon je m'enfonce : que j'échappe à ceux qui me haïssent, à l'abîme des eaux. Que les flots ne me submergent pas, que le gouffre ne m'avale, que la gueule du puits ne se ferme pas sur moi."(4)
Ayant obtenu l’aide requise, Terby, dont la force physique légendaire n’est plus à démontrer, avait pu prêter main forte à son ami.
Les deux héros, assez fourbus et sentant le fauve après cette épopée titanesque n’aspiraient plus qu’à prendre une bonne douche en plaisante compagnie. Mais l’heure n’était pas encore à la gaudriole ! Nan nan ! La virgule d’Iron Man demeurait introuvable… Le Plus Grand Héros de Tous les Temps se décida himself à sauter dans la jungle à la recherche du trésor perdu. En atterrissant il rasa à lui tout seul la moitié de la forêt et mis le feu à l’autre moitié… Tous les habitants de la jungle, effarés, épatés, démunis et cramés vinrent immédiatement se plaindre à lui qui leur répondit, royal : « J’aime bien qu’une partie de la salle soit scandalisée et me balance des tomates (ça arrive…) qu’une autre soit traumatisée (ça arrive aussi), qu’une autre encore en soit toute retournée, etc. Le but de tout ça? Que ma virgule se montre ! Et peu importe alors quels artifices j’emploie, si j’use ou non de la foudre ou du tonnerre ! » (5)
Matée un instant, la foule de dégénérés qui lit habituellement notre super héros recula en grondant. Iron Man, prudent, demanda à Miss Pepper de rappliquer en bétaillère avec le reste de l’équipe en renfort. Vous vous souvenez peut-être que cette bétaillère, conçue par les cerveaux les plus brillants de la Nasa, peut rouler, voler et envoyer aussi quelques missiles à bâbord et à tribord en cas de résistance intempestive. Seule Miss Pots peut la conduire cependant, elle lui est exclusivement dédiée et elle la manie avec un brio inégalé jusqu’à ce jour. Aucun trajet ne lui résiste, aucun feu rouge, aucun poteau, aucun blaireau.
La traque de la virgule se poursuivit durant des mois et des mois au sein de forêts innommables et dans le sang, la sueur et les larmes… Mais rien de concret ne se présentait, tous étaient épuisés, amorphes, accablés, désespérés.


Un beau soir de Juillet, tandis que les preux chevaliers se rendaient dans un morne silence à leur campement au travers d’une plaine, la lueur du soir déclinant sur les blés mûrs… bref, alors qu’ils rentraient en espérant que Miss Pepper aurait cuisinaillé quelque viande, une drôle d’apparition surgit sur le chemin. Iron, qui marchait seul (comme tout héros solitaire qui se respecte) devant s’arrêta et se pencha vers l’espèce de nain-troll qui lui faisait face et qui le fixait de deux yeux bruns et interrogateurs.
-Vous z’êtes qui vous ? demanda la petite créature avec aplomb.
- Hum, petit nabot, nous sommes des Héros.
-Des zhéros ? Quoi c’est des zhéros ?
-Hé bien, petit stupide, des Hhhéros ce sont des hommes –que dis-je !- des presque dieux qui sauvent le monde…
-Sauver le monde ? ouch ! Est-ce que vous sauvez aussi les bonbons et les sucettes que ma maman cache tout le temps ?
- Hum certes oui, estomac monté sur pattes, effectivement nous attachons quelque importance à la bonne chair et aux vins gouleyants…
- Quel est ton truc préféré à toi, pour sauver le monde?
Iron Man s’agenouilla dans le chemin et approcha sa tête de l’oreille du mouflet : « je vais te dire mon truc, mais auparavant, tu vas me dire, toi, si par hasard tu n’aurais pas vu une petite virgule se promener par ici… »
Le minuscule troll pencha légèrement la tête sur le côté et plissa les yeux. « Oh, une jolie virgule, toute fine, dont la couleur se confond avec les blés mûrs ? Oui ! Je la connais bien maintenant, elle joue souvent avec nous. »
Iron Man en resta presque coi deux secondes. « Rhaa ! Tu la vois souvent ? Tu joues avec elle ? Tu lui parles et elle te répond ?! La sal… Je veux dire : oh la coquine ! Dis-moi, choupinnet, appelle-là donc à cette heure-ci, je serais ravi de chop…de rencontrer ta petite amie. »
- Le truc d’abord réclama le petit sans s’émouvoir.
Ah oui, et bien mon truc le plus génial et le plus efficace pour sauver le monde et écraser les Méchants, c’est de raconter des histoires.
Des histoires ? Des vraies histoires ? Le visage du lutin s’illumina d’un coup. Waouh ! Moi, z’aime bien les histoires. Trop fort…
- Oui, je sais se rengorgea notre Héros, je suis le Plus Grand Héros de Tous les Temps, c'est-à-dire, en plus court, je suis Écrivain. Mais il est vrai, ajouta t-il précipitamment, que sans cette petite virgule qui me manque tant, je suis en panne d’histoires depuis quelques semaines… C’est la fin de l’Histoire, conclut-il dramatique.
Et il s’écroula sur le sentier, enfouit sa tête dans ses bras et se mit à sangloter de désespoir. La scène était d’une tristesse indicible et tous les braves firent cercle autour de notre ami et de son petit compagnon.
Au bout d’un moment, après une série de reniflements, de hoquets et de râles dignes d’un hybride croisé entre le gnou et l’éléphant, Iron Man senti une petite main douce peser sur son épaule.
"Pleure pas hé patate, je vais te rendre ta virgule, promis zuré, croix de bois croix de fer si je mens je vais en enfer ! Et un crachouillis énergique conclut la virile répartie du petit bonhomme. Regarde, et prends Camarade! Je te donne la Plume, elle est mazique, c’est la plume de l’Écrivain, c’est une plume qui fait apparaître, si tu sais bien t’en servir, n’importe quelle histoire merveilleuse et plein de zolies virgules amusantes. Des « fissions », elle dit maman et maman a touzours, touzours raison, elle se trompe zamais sauf pour le nombre de bonbons à donner qu’est pas suffisant. Cette plume faut la tremper dans une encre espéciale, celle de ton SANG ! C’est le seul moyen pour faire venir la virgule perdue."
Chers amis, l’histoire s’arrête là. Iron Man retrouva sa virgule grâce à la rencontre de ce petit elfe de la forêt et toute l’équipe pu rentrer et reprendre ses activités occultes et vitales pour le monde en danger. La précieuse plume recueillie avec soin ne délivre ses messages nucléaires ou fictions qu’avec ses derniers Mohicans.
Notes :
Les deux photos ont été prises par un ami très doué.
1/ devise trouvée dans un commentaire de Didier Goux chez ce texte : "Ils viennent de nous rejoindre..."
3/ Passage du texte "Elles ne croient pas en moi" de Lounès
4/ Psaume 69(68),15-16.30-31.33-34.
5/ tiré d'un commentaire d'XP sur un de ses textes : "Lettre ouverte à Madame Bettencourt"
Tout lien avec le Guignol’s band d'Ilys est évidemment à exclure et Terby Junior et ses avocats peuvent aller se rhabiller autrement qu'en short miteux et espadrilles^^
Nos sources sacrées
Demain, nouveau départ pour cinq jours dans le Sud Ouest. Cette fois avec mon mari, ce qui signifie que je vais pouvoir lire en bétaillère lorsqu'il conduira. J'emporte La Source sacrée de Henry James, petit roman absolument incroyable : c'est l'histoire de deux personnages, une femme et un homme (jusque là, vous allez me dire que c'est plutôt banal mais la banalité c'est le fond de commerce de James, et vous allez voir qu'il possède un don pour tirer de l'extraordinaire de l'ordinaire) : la femme, mariée à un homme plus jeune qu'elle, au fur et à mesure des années qui passent, embellit pendant que son mari vieillit rapidement. Comme si la source de vie, de jeunesse de l'homme se transmettait à la femme. En ce qui concerne l'autre héros de l'histoire, un homme, ce dernier qui était un imbécile fini devient de plus en plus intelligent au contact d'une femme et le narrateur décide de trouver qui est sa muse. Celle-ci doit nécessairement être la plus intelligente de toutes les femmes rencontrées dans une partie de campagne pour transférer ses qualités à son amant. Vous suivez?
Voilà, j'en suis à la moitié et le mystère est total. Deux heures d'autoroute demain viendront à bout du secret de la Source sacrée. Après, ce sera sans doute un rafale de questions à mon cher et tendre, qui, habitué et solide, répondra ou ne répondra pas et son silence (ironique souvent mais jamais cynique) sera aussi une réponse.
Je voulais, avant de partir, signaler quelques pistes de lecture sur le net; tout est un peu confus, dans le désordre, j'aurais voulu trouver un fil directeur à toutes ces pistes mais je ne suis pas sûre d'y réussir.
Tout d'abord, ça n'est pas de la lecture mais une vidéo-entretien avec Dantec sur son dernier roman Métacortex (que je n'ai toujours pas lu et je ne suis pas sûre d'y parvenir un jour mais ça viendra quand ça viendra.) Cartographie des profondeurs ; passionnant comme toujours.
Il y a un passage dans la vidéo Dantec très intéressant sur le thème de la gémellité, récurrent chez Dantec, en particulier dans Babylon Babies qui est un des romans que j'ai bien lu avec Villa Vortex et Grande Jonction. Dans la vidéo, Dantec explique que la dualité "appelle" un troisième terme. Et il est vrai que l'on remarque une incomplétude chez les jumeaux. La dualité, la dialectique ne se suffit pas, ne résout pas.
Ce thème m'intéresse directement à cause de mes jumeaux dont c'est l'anniversaire des 7 ans demain, l'âge de raison. En écoutant la réflexion de Dantec à propos du principe de dualité, j'ai essayé d'incarner le propos dans ce que j'avais observé chez mes petits.
Récemment, nous avons un couple d'amis et leur fils aîné de 6ans, légèrement autiste, qui sont venus à la maison. C'était très sympa et étrange parce que les jumeaux l'ont "encadré" toute la journée, ils avaient toujours un œil sur lui et à trois, ils ont formé une petite entité vraiment cohérente. ça occupait les miens, ce petit garçon, et lui, le petit, était ravi d'avoir deux camarades de jeu qui, comme ils sont deux, il y en avait toujours un de présent à ses côtés.
ça a refait la même chose avec un autre petit garçon de deux ans de nos amis dont je suis la marraine : les deux jumeaux se sont accaparés le bébé de deux ans et on ne les a pas vu de la soirée. C'est très amusant à observer : ça les passionne, Basile et Grégoire, littéralement, un troisième enfant qui n'est pas eux, en quelque sorte, et qui "ouvre" la fusion à deux.
La dualité, la dialectique ne se suffit pas, ne résout pas.... On peut faire le même parallèle dans le mariage qui nécessite une ouverture aux autres pour s'étayer; la logique basique pense évidemment à l'ouverture à la vie, aux enfants mais cette ouverture peut prendre parfois des formes inattendues.
La dualité, la dialectique ne se suffit pas, ne résout pas... un troisième terme est nécessaire, allusion directe et sans fard au mystère de la Sainte Trinité.
La dualité, la dialectique ne se suffit pas, ne résout... mais même si l'on dévoile un troisième terme, pour autant ajoute Dantec avec son bon sourire, "je ne crois pas aux solutions". Il a l'espérance du chrétien qui croit au Salut mais il n'a pas de solutions... Bon d'accord.
A propos du mariage, un passage du journal de blog de Didier Goux m'a amusée et émue et je vous explique pourquoi. C'est un passage de sa lettre de "motivation" (c'est vrai que le terme est vraiment culcul) pour son mariage à l'Église, sa conclusion; je vous la donne : " « Dans ces conditions, il me semble que ce mariage ... prochain pourrait être considéré, en même temps qu'un renforcement, une solennisation de mon engagement envers Catherine, comme une sorte de mise à disposition de moi-même vers ce Dieu invisible pour moi et présent pour elle. Une manière de dire que je me tiens prêt. »
En lisant cette belle lettre, je me suis dit en moi-même que l'ami Didier était comme un enfant devant son Seigneur et son Dieu, un enfant naïf et confiant : "je me tiens prêt". Je me suis dit que le Bon Dieu,qui n'attend que cela, que nous nous tenions prêts, risquait de prendre l'ami Didier au mot et de se présenter à lui (sous quelle forme? dans quelles circonstances? Le Bon Dieu a beaucoup d'humour et une délicatesse incroyable mais parfois la brise, le souffle léger se fait tempête et ouragan!), bref, j'ai trouvé cette lettre et ce mot extraordinairement culottés comme seuls les enfants et les tous petits savent l'être avec leurs parents. Et la lecture de l'évangile d'aujourd'hui est justement ce passage incroyable de cette femme très décidée qui renvoie la balle au Christ himself sans se démonter et qui me fait penser à la lettre de Didier Goux, pleine d'humilité et qui s'interroge en gros : "est-ce que j'en fait trop avec ce mariage alors que je n'ai pas une foi vraiment très orthodoxe?" Et bien! Cette femme dans l'évangile, qui parle de chien et de miettes (thèmes qui devraient plaire aux Goux), elle en fait une tonne sans complexe et...ça marche.*
Les lectures du jour sont toujours pleines de surprises amusantes. Je vous invite à les pratiquer avec ce service là qui est bien fichu.
Une autre petite lecture, délicieuse, un petit bijou comme parfois on en trouve chez lui, Eisangélie, m'a "interpelée" comme on dit. Il s'agit du texte "Mirage" qui m'a renvoyée à ma propre enfance de façon hallucinante et l'expression : "il était sans doute réellement bien davantage l'enfant de ces livres" est si juste, si vraie, si plénière que je ne peux guère en dire plus.On est effectivement, pour ceux qui doivent beaucoup à la lecture, enfant, l'enfant de ces livres, et on le demeure à vie et c'est merveilleux. C'est notre "source sacrée" et cachée, souterraine dit Dantec, qui rejaillit parfois, en ce qui le concerne, des années après, dans ses livres.
*Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 15,21-28.
"Jésus s'était retiré vers la région de Tyr et de Sidon. Voici qu'une Cananéenne, venue de ces territoires, criait : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » Mais il ne lui répondit rien. Les disciples s'approchèrent pour lui demander : « Donne-lui satisfaction, car elle nous poursuit de ses cris ! » Jésus répondit : « Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues d'Israël. » Mais elle vint se prosterner devant lui : « Seigneur, viens à mon secours ! » Il répondit : « Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. - C'est vrai, Seigneur, reprit-elle ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Jésus répondit : « Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! » Et, à l'heure même, sa fille fut guérie."
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