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samedi 11 juin 2011

Pélerinage de Chartres (départ à 4h30), Pentecôte 2011


"Ils avancent à vive allure -juvéniles jambes, feu qui flambe-, livrant également contre les ténèbres une course tout à fait bienvenue puisque l'existence humaine se résume à une course contre la noirceur du monde, les traîtrises, la cruauté, la lâcheté, une course qui paraît si souvent désespérée, mais que nous livrons tout de même tant que l'espoir subsiste."

(Stefansson,"Entre ciel et terre")








"Tu cherches la miséricorde divine ? Ne remets pas à plus tard ou à demain! Mais tout de suite, mais maintenant!" (Méditation du pèlerinage)



jeudi 12 août 2010

citations

Nulle chose ne m'est plaisir, en dehors de toi.
 
Nous devons prendre soin de ceux qui nous sont chers et à qui nous le sommes.
 
Sans le péché, il n'est nulle vie.
 
(Entre ciel et terre, Stefansson)

jeudi 24 juin 2010

Nativité de Saint Jean-Baptiste : méditation sur la différence entre le bruit et la fureur.



"Il a fait de ma bouche une épée tranchante"

"Je suis la voix qui crie dans le désert !
Rendez droit le chemin du Seigneur,"

"Ne crois pas, ô terre, que j'adresse à toi ma plainte. Tu n'es que le   théâtre, tu n'es pas le but de mes cris et je ne te permets pas de les garder un seul instant dans tes entrailles. Il vont à Dieu, à Dieu seul.  Ne les retardes pas, ils sont pressés. Ils parlent de toi, ils ne vont pas à toi. Mes cris sont mes trésors. Ils sont ma richesse immortelle."(Hernest Hello)

"J'ai bien entendu les cris... je suis un homme d'oreille..."
(...)
Les conséquences de cette lucidité d'audition? D'abord la découverte que l'anthropomorphisme est une sinistre blague; que sous toutes les bombes du monde c'est la nature primitive, préhistorique, de l'homme qui se révèle, et que les prétendues affaires de la communauté humaine ne sont que des péripéties de cavernes : "Ils nous entendent et comprennent rien... la terre veut pas d'hommes, veut que des hominiens... l'homme est un dégénéré un monstre parmi, qui heureusement se reproduit de plus en plus rarement..." (Rigodon)
(...)
Vaincu, vainqueur, l'homme veut du sang, peu importe l'issue des conflits, ce n'est plus d'Histoire qu'il s'agit, on l'a déjà dit, mais de la perpétuation à l'infini de l'orchestre, de la meule.
(...)
On n'en finirait pas de recenser les passages où Céline manifeste son horreur de l'"échange" verbal, des "confidences" ou du "dialogue". Parler, c'est toujours plus ou moins baver. C'est parler d'amour : "Formule niaise pour gonzesse." "L'Homme intérieur n'a pas de langage, il est muet." "Vous parlez tous beaucoup trop.Ce qu'on dit n'existe pas." Se confier inconsidérément relève de la possession : "Le diable est pas né tout seul, il est né d'une indiscrétion!... Tous les malheurs viennent d'un mot de trop!...("Féerie pour une autre fois" I).
(...)
Ne rien dire, aux yeux de Céline, consiste à éviter de s'intégrer à une réalité qui ment dès qu'elle parle, et qui parle parce que, pour durer, il lui faut mentir. Ne rien dire, c'est se tenir en face de cette réalité pour être en mesure de la décrire. Ne rien dire, c'est écrire. Ecrire, c'est échapper aux autres. Dans cette ouverture du compas de la parole écrite s'inaugure la résistance en mots, en millions et millions de mots, à la matrice qui nous veut millions et millions de surdités parlantes docilement empêchées de se rythmer elles-mêmes.
(...)
S'il (Céline) s'est montré si sévère avec ses contemporains, si méprisant avec les autres écrivains, c'est qu'il les voyait sans cesse dans leurs bavardages essayer de détourner la conversation.... Plus il y aura de préhistoire, plus il y aura d'histoires de plus en plus insignifiantes et dérisoires pour brouiller le bruit de meule de l'horreur. A la porte de ses apocalypses, l'espèce essaie de changer de sujet, cause de la pluie et du beau temps, se fait du souci pour l'avenir. Très figurative et réaliste en ce qui concerne ses affaires de clans, ses enterrements, ses familles, ses souvenirs de vacances, ses chasses aux papillons, ses intérêts, elle nage complètement dans l'abstrait dès qu'on lui parle de la meute, dès qu'on lui raconte la ruche en guerre. Ce n'est pourtant que son écho qui lui est renvoyé là, mais du fond d'un tel silence qu'elle ne le reconnaît pas. Plus il y aura du multiple au réel, plus il aura de l'Un imaginaire. Il n'est pas impossible que l'unique tâche des écrivains soit de tourner autour de cette question. C'est ce que Céline avait compris." ("Céline", de Muray)


"Il existe, figurez-vous, une branche des connaissances humaines qu'on désigne sous le nom de logique symbolique, et qu'on peut employer pour clarifier tout le fatras qui entoure d'ordinaire le langage.
- Et alors? dit Fulham.
- Je l'ai utilisée. Je l'ai notamment appliquée à l'étude du document qui nous intéresse.
(...)
- Et qu'a révélé l'analyse? interrogea Lundin Crast.
- Voilà justement ce qui est intéressant, messieurs. Cette analyse s'est révélée à tous égards la plus difficile des trois. Quand Holk, après deux jours de travail acharné, a réussi à éliminer les déclarations qui ne voulaient rien dire, les paroles vagues et les détails sans intérêt - en bref tout le bla-bla-bla - il s'est aperçu qu'il ne restait rien. Absolument rien." (Fondation, Asimov)

"Nos paroles sont telles des brigades de sauveteurs qui jamais ne renoncent à leur quête, leur but est d'arracher des événements passés et des vies éteintes au trou noir de l'oubli et cela n'a rien d'une petite entreprise, mais il se peut aussi qu'elles glanent en chemin quelques réponses et qu'elles nous délivrent de l'endroit où nous nous tenons avant qu'il ne soit trop tard. Contentons-nous de cela pour l'instant, nous t'envoyons ces mots, ces brigades désemparées et éparses."(Stefansson, "Entre terre et ciel") 




vendredi 28 mai 2010

Options


"Il a rendu le livre, mission accomplie, merci bien, la prochaine affaire à l'ordre du jour consiste à décider s'il doit vivre ou mourir. N'avoir que deux options aussi radicales a quelque chose de revigorant. Il est évidemment nettement plus aisé de mourir, cela n'exige qu'une décision et tout est terminé, on trouve une corde, on l'attache à une pierre, on enjambe la falaise et on ne remonte plus jamais, il n'est pas dit que quiconque retrouve le cadavre malmené par la mer.
Il est nettement plus compliqué de vivre.
Dans ce cas, il ne suffit pas de trouver une corde, fût-elle d'excellente qualité, il faut bien plus que cela pour vivre, la vie est un parcours long et complexe, vivre, c'est poser des questions. "




samedi 22 mai 2010

Départ pour le pélerinage de Chartres (4h30)

                                          Nous prierons pour vous et vous marcherez pour nous


"Ils avancent à vive allure -juvéniles jambes, feu qui flambe-, livrant également contre les ténèbres une course tout à fait bienvenue puisque l'existence humaine se résume à une course contre la noirceur du monde, les traîtrises, la cruauté, la lâcheté, une course qui paraît si souvent désespérée, mais que nous livrons tout de même tant que l'espoir subsiste."

vendredi 21 mai 2010

Des mots.



"Nos paroles sont telles des brigades de sauveteurs qui jamais ne renoncent à leur quête, leur but est d'arracher des événements passés et des vies éteintes au trou noir de l'oubli et cela n'a rien d'une petite entreprise, mais il se peut aussi qu'elles glanent en chemin quelques réponses et qu'elles nous délivrent de l'endroit où nous nous tenons avant qu'il ne soit trop tard.Contentons-nous de cela pour l'instant, nous t'envoyons ces mots, ces brigades de sauveteurs désemparées et éparses. Elles sont incertaines de leur rôle, toutes les boussoles sont hors d'usage, les cartes de géographie déchirées ou obsolètes, mais réserve-leur tout de même bon accueil. Ensuite, nous verrons bien."
(Jon Kalman Stefansson, "Entre ciel et terre")