mercredi 9 juin 2021

Beauté du soir

 


Beauté du grand ciel qui déploie son feu du soir,
Sur le blé flamboyant où soupire l'amour 
De Celui qui a tout créé. Dans ce miroir,
Ô vivante Hostie, je plonge en Lui, pour toujours.

Je voudrais tant raconter mon bonheur, ma vie,
Remercier mon Dieu de toute cette beauté
Mais il faudrait alors, je crois bien, retrouver
Le pur langage de l'originel Paradis.




mercredi 2 juin 2021

Parcours sup pour couple

 En ce mois de Juin, j'ai à gérer une autre alternative de Parcours Sup chez nous. La sélection y est tout aussi rude!


Une de mes filles et un de mes garçons m'ont demandé,  avec des termes un peu alambiqués et confus, quelles étaient nos disponibilités lors des prochains jours,  car ils voulaient "nous présenter quelqu'un et quelqu'une". Mais rien de spécial, hein, maman, simplement venir passer le week-end,  en famille....


Soit. Du coup, j'ai réfléchi. Qu'est-ce que j'aimerais trouver dans les "présentés "et qui me remplirait de joie et me rassurerait  : pour les deux, garçon et fille, en priorité,  une foi profonde. 

Pour le garçon,  une capacité à la débrouillardise, à l'autonomie, à la responsabilité, au travail. Pour la fille, la volonté de bien faire la distinction et la priorité entre travail ou carrière et le fait de s'occuper de ses futurs enfants et de son couple.


Voilà mes critères de sélection pour le parcours sup de l'engagement à deux.

dimanche 30 mai 2021

Visite de La Très Sainte Trinité



Visite de La Très Sainte Trinité

Un matin, un beau et doux et tranquille matin,
Les deux petits enfants, deux jumeaux, deux frères
Jouaient, dans la chambre, à l’ombre de leur mère
La fenêtre était fermée, elle regardait le jardin.

Les amours, les chérubins tous deux paisibles
Elle regardait les enfants et de cette paix
Matinale, miraculeuse et indicible,
Elle invita Trois Amis à en partager les effets.

Pas n’importe qui : les trois Personnes de la Très Sainte Trinité.
Quelle audace ! pensa t-elle, soudain alarmée.
Oui mais que de grâces ! rétorqua t-elle aussitôt rassérénée.
Tout était dit ; s’installaient déjà les Divins Invités.

Devant la fenêtre, dans le jardin, trois chaises blanches
Vides en apparence mais la mère voyait converser,
Le Père et le Fils et le Saint-Esprit en toute simplicité,
Comme sur l’autel, à la messe, le dimanche.

Venus seuls, cependant, sans la cohorte d’anges
Profiter d’une pause dans le monde, des roses, du silence
La mère retenait son souffle, ravie, aux anges :
Merci Monseigneur de votre venue en toute confidence.

Un cri soudain rompt le bel enchantement :
Deux petits coquelets qui se volent dans les plumes
Horrifiée, Maman se penche vers les deux enfants
Pour rétablir le silence, la paix, autant dire la lune.

Les Trois Personnes, le Dieu-Trinitaire, devant ses créatures
Se lève majestueusement; Il aime tout chez elles,
Surtout leurs colères, leur inconscience, pécheresse nature
Dont Il vient, par un signe de Croix, les délivrer.

Oui, Il aime tout de ses créatures, le Divin Invité
A la fenêtre, à la porte, Il attend patiemment
Console les enfants qui pleurent affligés
Les remet à la mère et s’en va doucement.

mardi 25 mai 2021

Pèlerinage de Chartres sous covid


 Retour de pèlerinage à Chartres de mes jumeaux et de Pierre, dans deux groupes différents. Ils ont tous marché durant 3 jours vers la cathédrale de Chartres. Ils ont campé chez l'habitant (chez nous un soir pour le petit groupe des jumeaux) ou bien en lisière de forêt.  Finalement,  cette formule de pèlerinage moins formelle, moins officielle que la grande caravane de 10 000 pèlerins organisée par les tradis a quelque chose de bon.  Peut-être qu'à l'avenir, ces petits chapitres de copains pourront s'organiser à leur manière,  sans le coût et la logistique pesants du pèlerinage "officiel". Un peu plus de fantaisie, d'authenticité,  de responsabilité personnelle dans la préparation . Quelque chose de plus discret, de plus humble. 

Bon, la préfète attendait de pied ferme ces quelques fous furieux qui ont baguenaudé dans la nature durant 3 jours sans qu'elle puisse leur interdire quoique ce soit, et c'est avec des flics armés jusqu'aux dents et des militaires en SUV pour le désert qu'elle a suveillé l'entrée dans la cathédrale des pèlerins.  Un comptage pointilleux, le respect des distanciations sociales entre les pèlerins (qui avaient dormi sous la même tente durant 3 jours).

Ce déploiement guerrier répond, je suppose, au "nous sommes en guerre" de notre président mais je ne sais pas trop si nous sommes toujours en guerre contre le virus, contre d'éventuels terroristes ou bien contre les pèlerins.

jeudi 20 mai 2021

Douce France


 Parce que le blé vert, en ordre de bataille,
Jusqu'à être fin prêt pour les chaudes semailles,
Parce que le ciel agité en écume blanche
Recouvre la gran'plaine aux verts tourbillonants,
Parce que l'oeil se perd dans l'horizon lointain
Et rend aux vies circulaires son début, sa fin,
Parce que ce paysage, la belle terre,
Accompagne jusqu'aux confins de l'univers
Parce que ce monde ne cesse en nous de vivre
Nous pouvons partir et ne jamais revenir.
Parce que nous gardons au fond de notre coeur
Douce France, que l'on soit ici ou ailleurs.


mardi 11 mai 2021

Théophanie : "Job et l'excès du mal", de Philippe Nemo.


 "Dévoiler sous le masque noir de la Négation
L’éclat magnifique de la Transfiguration."*



J’ai commencé à lire ce magnifique livre de Philippe Nemo, « Job et l’excès de mal » et j’avoue poursuivre ma lecture comme un explorateur suit la trace d’un monde perdu…Ce livre est, je crois, le plus beau lu depuis trois ans. Je vous le recommande particulièrement, il existe dans une nouvelle version modifiée avec un dialogue avec Lévinas à la fin, chez Albin Michel (couleur bleu-violet) mais sur Amazone malheureusement vous ne trouvez que l’ancienne version chez Grasset.

Un premier chapitre ouvre la réflexion sur la notion d’angoisse. Plus que la souffrance, c’est, de l’avis de l’auteur, l’angoisse éprouvée par Job qui est décrite. L’angoisse de l’homme devant le temps qui passe, « le temps d’avant, le temps irrécupérable, in-restaurable, » l’idée d’un « jamais plus comme avant » Angoisse et panique qui prennent possession de tout l’être devant l’inéluctable qui se profile et s’abat, les épreuves (parents qui ne s’aiment plus, enfants qui décèdent, précarité de l’existence matérielle, catastrophes naturelles, guerres, injustices en tous genres, maladies incurables, déchéance morale, spirituelle, physique, etc…) qui nous tombent dessus alors que nous n’avions même pas, au départ demandé à naître et à exister !

« L’armée hurlante lancée à son assaut est spécialement équipée d’arcs et de flèches –blessure soudaine, profonde, douleur paroxystique : « Il me cerne de ses traits, transperce mes os sans pitié et répand à terre mon fiel » (16, 13) ; « Les flèches de Shaddaï sont en moi plantées, mon humeur boit leur venin » (6, 4ab).

Angoisse, venue d’on ne sait où en fait, qui transparaît au travers de notre époque avec tous ces jeunes ou moins jeunes qui se droguent, qui boivent, qui sombrent ou tentent de sombrer dans l’oubli bienfaisant, pour échapper, ne serait-ce que quelques heures à la chape d’anxiété ou de déréliction complète qui les enserre. Chacun a ses trucs pour y échapper, et souvent, en creusant en moi-même ou en observant les autres, les larmes me viennent de voir notre humanité si fragile, si pauvre, si délicate, si blessée et pourtant, si belle… Vraiment, je ne saurais expliquer ce paradoxe qui me prend à la gorge tous les jours que Dieu fait.

Plus que la souffrance disais-je, l’angoisse universelle : « Les textes cités montrent au contraire de façon probante, croyons-nous, que Job souffre d’un mal démesuré qui l’atteint jusqu’à briser son « moi », que c’est la folie de cette souffrance qu’il qualifie d’injuste, et que c’est à supprimer cette souffrance que visent tous ses propos et toutes ses démarches. »

L’injustice du mal, voilà le grand mot est lâché, voilà le cœur de l’incompréhension de Job et son angoisse absolue : Job non seulement n’a pas demandé à naître et à exister mais il a eu à cœur de prendre cette existence donnée et de faire au mieux avec la Loi prescrite. Il a été un bon père, un bon époux, un bon maître et grâces lui ont été rendues d’ailleurs…jusqu’au jour de l’épreuve où il a tout perdu.
Alors ses bons amis pointent du doigt des fautes nécessairement commises par Job car dans le monde tel qu’il nous apparaît, selon la loi divine, l’impie est puni et le juste récompensé. Si donc Job se retrouve dans la déchéance la plus totale, c’est bien parce qu’il a du fauter quelque part…
Et nos bons amis à nous de nous dire, au jour de notre épreuve : tu l’as certainement cherché ... Culpabilité bienheureuse parce qu’elle nous délivrerait de l’incompréhension ou de l’injustice qui est le pire des maux.

Mais non : le mal ne s’explique pas, profondément, au bout du compte. Et quand bien même il s’expliquerait un peu, il apparaît de toutes les manières complètement hors de proportion par rapport à la pauvre figure de Job, homme de bien s’il en est. Ce mal est disproportionné par rapport au monde, il dépasse l’ordre du monde infiniment et personne ne peut répondre, que ce soit par une morale ou des sciences à la question du pourquoi, parce que le pourquoi, en ce qui concerne le mal, est hors de propos, hors de la réalité. Si le mal était transgression d’une justice du monde, alors il serait réparable s’il était bien compris ou connu. Mais là, on s’aperçoit que toute la science du monde ne permet pas d’arriver à trouver de cause au bout du compte, que cette dernière soit personnelle ou inscrite dans l’ordre du monde.

Cet « excès du mal, en définitive, consiste en ceci : l’humanité ni le cosmos n’ont régularité ni ordre, ils sont affolés et affolants, inintégrables à la pensée. » 

Au fond du fond, on en vient à penser, Job en vient à penser que ce Dieu auquel il a toujours obéi et sacrifié est aussi le Dieu créateur du Mal et qui le poursuit, lui le juste, avec ce mal et de façon acharnée en plus ! Dieu créateur de toutes choses, créateur du Mal… 

« … Job fait la rencontre d’un mal non neutre qui ne se contente pas de le tuer, qui ne veut même pas le tuer et lui interdit, nous l’avons vu, de mourir : un mal qui le torture, éternise sa douleur et en fait un enfer. Ce mal ne l’atteint pas de façon neutre ; sa folie même n’est pas celle du chaos. Il le cherche."
« Au contraire, ici, le mal n’est pas aveugle, il a des yeux. (…) Cette torture n’est pas sans un tortionnaire, une cause intentionnelle, une Intention.»

Dès lors, Job n’aura de cesse et nous avec, n’est-ce pas, de découvrir l’intention de l’Intention. A présent que nous comprenons que cet excès de mal attire l’attention de notre âme, de notre esprit vers Celui qui attend tout de nous, vers Celui qui frappe à notre porte comme le dernier des mendiants. Il en vient, ce Mendiant sublime, à nous frapper dessus pour qu’enfin nous nous tournions vers Lui, comme un enfant crie et hurle envers sa mère, et la frappe aussi de ses petits poings, comme un adolescent blesse ses parents qu’il adore par des piques sans cesse renouvelées pour attirer leur attention, pour faire croître un amour jamais comblé…

Ce Mendiant là, il nous fait mal pour qu’enfin nous tournions nos regards vers Lui et le voyions pour de bon. Le mal a servi à Job à revenir dans la « mémoire » de Dieu et c’est tout ce qui importait à Dieu. Au travers du mal, retrouver Dieu.

« Le monde est alors rendu à son vrai statut. Nous avions pris l’habitude de voir en lui notre unique partenaire, le seul être avec lequel nous dussions compter, au point que nous avions pensé lui dire le « grand Amen ». Mais nous sommes soudain séparés du monde, et le monde lui-même passe, du statut d’englobant ultime, à celui de réalité seconde, lui-même élément d’une autre totalité plus englobante, à savoir l’intrigue nouée entre l’Intention et l’âme. »

Alors que faire maintenant avec ce nouveau et premier Partenaire ? A deux maintenant, parce que l’homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu et pas à l’image d’un monde ou d’une réalité terrestre si je puis dire, à deux il faut se tourner vers le monde et parachever de concert la création enclenchée, lutter constamment contre le mal qui y sévit et qui y est le maître, faire son possible contre le mal

« Telle est en définitive la théophanie dont Job a été l’élu. Il a d’abord perçu l’Autre dans la déchirure de sa détresse ; puis, dans la conversion de son cœur, cet Autre s’est montré tout entier comme un ami magnifique. »

Cet Ami magnifique, c'est donc Dieu lui-même mais cette fois c'est un Dieu défenseur qui nous apparaît, après avoir été un Dieu accusateur, un Dieu suffisamment humain pour connaitre nos souffrances et notre douleur,un médiateur contre la propre justice divine :  le Christ vrai Dieu et vrai Homme car "comme l'empoisonneur qui connait aussi, et par définition, les remèdes, il n'est pas impuissant, s'il le veut, devant le mal"
Une forme de dédoublement de la personne divine, Dieu le Père créateur du Mal et Dieu le Fils qui vient nous sauver et lutter avec nous et en nous contre le mal et nous retrouver face à face avec Lui à jamais.

« Le combat que notre âme engage maintenant contre le mal n’est pas la mise en œuvre d’un moyen en vue d’une fin au sens technique, parce qu’il y a une absolue disproportion entre le moyen mis en œuvre et la fin eschatologiquement attendue. L’âme sait dorénavant que la fin qu’elle vise, la rencontre béatifique de Dieu dépasse infiniment ce qu’elle vise ».

« Seul l’excès de béatitude sera consonant avec l’excès du mal. Il ne s’agira pas seulement pour Dieu d’effacer le mal donné, mais de se montrer, par la béatitude donnée à l’excès, à la mesure de l’immesurable excès du mal. »



Notes :
Théophanie : Une théophanie (des radicaux grecs théo-, θεός « dieu », et phan-, « apparition ») est, dans le domaine religieux, la manifestation d'un dieu ou de Dieu, au cours de laquelle a normalement lieu la révélation d'un message divin aux hommes ou simplement un avertissement.

Prière : http://oralaboraetlege.blogspot.com/2010/05/priere.html

*La belleza ferisce : http://oralaboraetlege.blogspot.com/2009/12/la-bellezza-ferisce.html




mercredi 5 mai 2021

Avoir des ennemis

 Thatcher récite le poème de Mackay à la reine sur `` The Crown '' :

"VOUS n'avez pas d'ennemis, dites-vous?
Hélas! mon ami, la vantardise est pauvre;
Celui qui s'est mêlé à la mêlée
Du devoir que les braves endurent,
Doit avoir fait des ennemis! Si vous n'en avez pas,
Petit est le travail que vous avez accompli.
Vous n'avez touché aucun traître à la hanche,
Vous n'avez pas arraché de tasse de la lèvre parjure,
Vous n'avez jamais changé le mal en bien,
Vous avez été un lâche dans le combat."