"Apocalypse ne signifie évidemment pas "fin-du-monde-catastrophe-généralisée, etc.",le mot signifie au contraire la révélation de la présence divine dans le monde."*** " Toute littérature est un écho du Verbe, qu’on le veuille ou non."(Dantec) *** l’Art, qu’il soit littéraire ou plastique, n’exprimait jamais rien d’autre, à ses yeux, que l’idée que la partie n’est jamais et n’est pas jouée (Muray)***"la vérité ne peut-être obtenue qu'au prix de renoncer à la certitude" (Nemo)
samedi 4 avril 2026
Chant de L'Exultet, veillée Pascale 2020
Chant de l'exultet
Exultez de joie multitude des anges, exultez serviteurs de Dieu; sonnez cette heure triomphale et la victoire d'un si grand roi. Sois heureuse aussi, notre terre, irradiée de tant de feux, car il t'a prise dans sa clarté et son règne a chassé ta nuit. Réjouis-toi, mère l'Eglise, toute parée de sa splendeur, entends vibrer dans ce lieu saint l'acclamation de tout son peuple.
Le Seigneur soit avec vous. Et avec votre esprit.
Élevons notre cœur. Nous le tournons vers le Seigneur.
Rendons grâce au Seigneur notre Dieu. Cela est juste et bon.
Vraiment, il est juste et bon de chanter à pleine voix et de tout cœur le Père tout-puissant, Dieu invisible, et son Fils unique, Jésus-Christ, notre Seigneur. C'est lui qui a remis pour nous au Père éternel le prix de la dette encourue par Adam; c'est lui qui répandit son sang par amour pour effacer la condamnation du premier péché. Car voici la fête de la Pâque dans laquelle est mis à mort l'Agneau véritable dont le sang consacre les portes des croyants. Voici la nuit où tu as tiré d'Egypte les enfants d'Israël, nos pères, et leur as fait passer la mer Rouge à pied sec. C'est la nuit où le feu d'une colonne lumineuse repoussait les ténèbres du péché. C'est maintenant la nuit qui arrache au monde corrompu, aveuglé par le mal, ceux qui aujourd'hui et dans l'univers, ont mis leur foi dans le Christ : Nuit qui les rend à la grâce et leur ouvre la communion des saints. Voici la nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s'est relevé, victorieux, des enfers. Merveilleuse condescendance de ta grâce! Imprévisible choix de ton amour : pour racheter l'esclave, tu livres le Fils. Il fallait le péché d'Adam que la mort du Christ abolit. Heureuse était la faute qui nous valut pareil Rédempteur. Car le pouvoir sanctifiant de cette nuit chasse les crimes et lave les fautes, rend l'innocence aux coupables et l'allégresse aux affligés. O nuit de vrai bonheur, nuit où le ciel s'unit à la terre, où l'homme rencontre Dieu. Dans la grâce de cette nuit, accueille, Père saint, en sacrifice du soir, la flamme montant de cette colonne de cire que l'Eglise t'offre par nos mains. Permets que ce cierge pascal, consacré à ton nom, brûle sans déclin dans cette nuit. Qu'il soit agréable à tes yeux, et joigne sa clarté à celle des étoiles. Qu'il brûle encore quand se lèvera l'astre du matin, celui qui ne connaît pas de couchant, le Christ, ton Fils ressuscité, revenu des enfers, répandant sur les humains sa lumière et sa paix, lui qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.
lundi 9 mars 2026
La sixème heure 2
"Je voudrais cependant que vous vous y arrêtiez une minute. Combien d'entre nous, chrétiens, avons vraiment conscience d'être à l'image et à la ressemblance de Dieu? Qui se préoccupe du sens réel de ces paroles surprenantes? Si elles sont véridiques, ce n'est donc pas l'observation des choses qui nous révèlerait le monde, son secret serait en nous, au plus profond de nous-mêmes, là où nous ne descendons jamais, évidemment (...). Le mot de l'énigme du monde en nous pourquoi pas? Le destin ordinaire des hommes n'est-il pas de chercher très loin, et souvent au péril de sa vie, ce qu'ils avaient, sans le savoir, à portée de la main? Ce mot de l'énigme, nous n'espérons le trouver que par l'observation pratique des choses. Mais dans cette recherche la science ne collabore pas avec la nature, elle l'affronte.
(...)
"La foi que quelques-uns d'entre vous se plaignent de ne pas connaître, elle est en eux, elle remplit leur vie intérieure, elle est cette vie intérieure même par quoi tout homme, riche ou pauvre, ignorant ou savant, peut prendre contact avec le divin, c'est à dire avec l'amour universel, dont la création tout entière n'est que le jaillissement inépuisable. Cette vie intérieure contre laquelle conspire notre civilisation inhumaine avec son activité délirante, son furieux besoin de distraction et cette abominable dissipation d'énergies spirituelles dégradées, par quoi s'écoule la substance même de l'humanité."
Georges Bernanos, Les Prédestinés
C'était environ la sixème heure, midi.
Sous le ciel implacable de la Samarie
Une région obscure où s'étale un péché
Au milieu du peuple élu, la nation aimée.
Jésus fatigué s'arrête à un puits, s'assied.
Une femme vient à passer, elle veut puiser
De l'eau. Le Seigneur, épuisé, d'une voix douce
Quémande à boire à la femme, dans un souffle.
La Samaritaine a cherché en vain l'amour
Toute sa vie, en tout cinq maris, et l'Amour
Personnifié qu'elle rencontre et qui la connaît
Dans le puits de son âme va l'accompagner.
Plonge avec Moi demande-t-Il en ce midi
Où nul n'est jamais allé, même toi : l'abîme
De tes grandes blessures, souffrances et péchés
Ma pauvre soeur, ce que tu cherches à oublier.
Au fond de ta Samarie, au fond de ton puits
Se cache une Source Vive, celle de l'Esprit
Au fond de ta forteresse, dans ta cité
Jésus le Dieu fait homme vient se reposer.
Il vient gravir le cours des choses, les douleurs
Non cicatrisées qui empoisonnent ton coeur.
Il vient te soigner en Esprit et Vérité
Goutte à goutte, toute ta personne brisée.
Une bonne fois pour toutes cautériser
Cette lèpre obscure tapie dans ta psyché,
Parcourir tous les chemins infectés, les ruines
De ce coeur perdu, ta géographie intime.
Dans ce puits profond, au coeur de nos misères
Une Eau divine coule qui régénère
Nos Samarie asséchées, nos âmes épuisées
Il est midi, et l'heure du Salut a sonné.
mercredi 31 décembre 2025
L'unique raison
dimanche 14 septembre 2025
Le moment de fondamentale incertitude
"Cependant, l'adhésion de Job à l'Intention de Dieu comporte un aspect paradoxal qu'il ne faut pas passer sous silence, malgré le ton triomphant des derniers passages commentés.
Job a bien vu que, pour rejoindre l'intention intime de Dieu, il lui a fallu "s'avancer" et, comme il l'a dit dans une formule puissante, "prendre[sa] chair entre ses dents". "Emporter sa chair entre ses dents", comme le fauve emporte sa proie, est une locution proverbiale pour dire qu'on risque sa vie. Donc Job savait qu'il n'avait aucune garantie. Il a fait une sorte de pari. En s'avançant vers Dieu, il ne connaissait pas encore sa réponse. Néanmoins, il a fait le pas, se "découvrant" comme un duelliste en chemise sur la prairie s'exposant au feu de l'adversaire.Il s'est exposé à l'ambiguïté de Dieu, à son absence. Il a décidé d'être bon même si Lui était méchant. Il a décidé de choisir pour l'amour indépendamment, sinon de toute perspective, du moins de tout calcul, de salut. Et alors il y a eu salut!
On voit que, dans cette affaire, le moment de fondamentale incertitude est à jamais inesquivable. La nuit est l'unique chemin du jour. Et cette nuit se reforme à chaque instant, aucune de nos réponses antérieures ne vaut pour la question posée aujourd'hui par l'excès du mal. Rien ne peut remplacer l'engagement. Rien ne peut dispenser de passer par le découvert, par le nada. Avant saint Jean de la Croix, Job fait l'expérience de la nuit de l'esprit. Dieu n'est trouvé que dans le nada. Telle l'éblouissante certitude de Job.
C'est si l'on veut la foi. L'excès du mal a produit ce fruit spirituel."
"Job et l'excès du mal", par Philippe Nemo
Le vent souffle dans les arbres immenses.
Mille bruits, diffus, éclatants, me dérangent.
Je marche doucement vers un lieu incertain ;
Puis, de plus en plus vite, mon pied avance :
J’ai vu une lumière, me semble t-il, au loin .
Clarté rassurante, clairière paisible,
La fleur est odorante et le papillon voltige.
Je me suis endormie dans une chaleur rassurante
J’ai fermé les yeux sur une lueur aveuglante.
La forêt fraîche et sombre m’a happée de nouveau
Dans ma nuit, enfoncée, dans le gouffre, le saut.
Relevée lentement, la poussière retombe
Doucement.
Où suis je ?
L’arène est lumineuse, le sable brûlant sous mes pas ;
Dans la lumière incandescente, au milieu des vivats
J’ai mon glaive bien en main, rien ne m’atteindra.
La bête est énorme, luisante et noire, l’œil fou.
Je n’ai pas peur, non, je suis déjà morte, c’est tout.
L’ombre immense se lève, oh fraîcheur bienfaisante !
Le soleil tournoie, je suis piétinée, broyée, pantelante.
Je respire et je vis, paupières obstinément baissées ;
Voir sans regarder, savoir sans lire, pas de réalité.
Je me suis ensevelie dans le gouffre – tombeau
Je pensais vivre ainsi cachée au milieu du troupeau.
Mais le monstre m’a trouvée, mon propre cerveau
Il m’a tuée pour de bon , réveillée à nouveau.
Relevée lentement,
Je suis
En enfer
Maintenant
Ballet immémorial, défi transcendantal
Ne pas s’endormir, rester éveillé,
Chercher la vérité, trouver la réalité
Je suis A, petite fille de la forêt,
Je suis A, petite fille du soleil,
Je suis A, entre terre et ciel.
samedi 12 juillet 2025
L'oiseau, l'homme et Dieu
jeudi 10 juillet 2025
Les innocents
"Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue."
lundi 16 juin 2025
Le Bon Pasteur



