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samedi 16 novembre 2013

L'illusion démocratique

http://www.institutcoppet.org/2013/11/16/lillusion-democratique-causes-consequences-et-remedes-par-damien-theillier/

I. L’illusion démocratique
II. La politisation croissante de la société et le pillage légal.
III. La démocratie produit une société matérialiste et irresponsable.
IV. Socialisme et démocratie : le clivage droite-gauche donne toujours l’avantage à la gauche.
V. Y a-t-il une solution ? Quelle alternative à la démocratie aujourd’hui ?
1° Le pouvoir des idées : briser la matrice
2° Inventer des alternatives aux services publics : la résistance passive
3° Un idéal : La concurrence politique et le marché de la gouvernance

I. L’illusion démocratique

La démocratie est la religion de notre temps, le dogme le plus autoritaire et le plus puissant qui soit. Chez les intellectuels elle a remplacé la foi dans le communisme au XXe siècle.
Précisément, la lutte contre le communisme a pu nous faire croire un temps que la démocratie était le rempart contre le mal et la solution au fanatisme, aux crises, à la pollution etc. On entend souvent dire que les crises qui se multiplient, seraient des crises du libéralisme, de la finance ou de l’économie de marché. On pense que c’est la faute de gens cupides ou égoïstes. Au niveau politique, on pense qu’il faut remplacer les mauvais politiciens par des bons. On croit qu’il suffit de bien voter et de faire plus de lois, plus de réglementations, accorder plus de protections, de droits économiques et sociaux. C’est la grande illusion de notre époque.
Au contraire, il se pourrait que la bureaucratie, l’interventionnisme étatique, le parasitisme, le crime, le chômage, l’inflation, la faillite des systèmes d’éducation publique etc. ne soient pas dus à un manque de démocratie mais causés par la démocratie elle-même. La grande illusion de notre époque c’est celle qui consiste à penser qu’on peut résoudre tous les problèmes par plus de démocratie.
L’Union Européenne par exemple, n’est rien d’autre qu’une extension de la démocratie à grande échelle. Elle a apporté plus de bureaucratie et de paralysie que jamais auparavant. Et surtout elle a considérablement affaibli notre niveau de vie.
Et c’est un phénomène général. Le pouvoir de l’État n’a cessé de croître au cours des 100 à 150 dernières années dans toutes les démocraties occidentales. Entre le XIXe siècle et la Première Guerre mondiale, la charge fiscale en vigueur dans un pays comme les États-Unis se limitait tout au plus à quelques pourcents, sauf en temps de guerre. L’impôt sur le revenu n’existait pas et était même interdit par la Constitution.
Au début du XXe siècle, les dépenses publiques représentaient environ 10% du produit national brut dans la plupart des démocraties occidentales. Aujourd’hui cela tourne autour de 50%-60%. Ainsi pendant plus de la moitié de l’année, les gens travaillent pour l’État, tels des esclaves. Cette année en France le jour de libération fiscale était le 26 juillet 2013. Sous l’Ancien Régime, le jour de libération fiscale était le 18 janvier… (Voir Benoît Malbranque, L’arbitraire fiscal. L’impôt sous l’Ancien Régime et en 2013).
En pratique, cela signifie qu’une petite partie de la population est forcée de travailler pour les autres, au nom de la solidarité et de la souveraineté du peuple. L’avènement de la démocratie a donc considérablement affaibli plutôt que défendu le droit de propriété et les libertés individuelles dans les pays occidentaux.
En réalité, tout ce que nous avons encore de prospérité, de libertés et de paix, nous le devons, non pas à la démocratie mais aux siècles précédents, au développement de la libre entreprise, de la liberté du commerce et de l’industrie. Les premiers partisans du libre-échange, étaient des théologiens thomistes espagnols de la fin du Moyen Age, à Salamanque. La science économique est née en France au XVIIe siècle et elle s’est développée au XVIIIe avec les physiocrates, bien avant l’ère démocratique. (Voir Benoît Malbranque, La démocratie et les économistes français).
La thèse de Dépasser la démocratie, de Frank Karsten et Karel Beckman, est que lorsque le peuple décide collectivement de la manière dont la société doit être organisée, il en résulte mécaniquement une croissance de l’État c’est-à-dire une emprise de plus en plus forte de la sphère publique sur la sphère privée, du politique sur l’économique, sur la famille, sur l’école et sur la science elle-même. Et comme elle procède de l’envie elle conduit à former des coalitions pour voler les autres, pour les empêcher de réussir ou pour vivre de leur travail. Elle conduit à la loi du plus fort, à la guerre de tous contre tous, pour paraphraser Hobbes.
Bref, cette thèse peut être reformulée ainsi : la démocratie est le contraire de la liberté car elle est collectiviste par essence. Elle socialise le pouvoir et toutes les décisions. Elle a pour résultats la politisation de l’existence, l’exacerbation des conflits, le matérialisme, l’hédonisme et l’appauvrissement par la redistribution forcée des richesses qui n’est rien d’autre qu’un pillage légal généralisé.

II. Politisation croissante de la société et pillage légal.

Avec la démocratie, l’idée s’est imposée que la liberté serait mieux établie si toutes les décisions étaient prises démocratiquement c’est-à-dire si la société toute entière était organisée collectivement. Et c’est précisément cette extension de la démocratie à toutes les sphères de la société qui a produit les résultats que nous voyons aujourd’hui.
En effet, quand toutes les décisions importantes relatives aux différents aspects de la société sont prises par « le peuple », c’est à dire par le gouvernement démocratiquement élu, censé représenter le peuple, les gens se tournent naturellement vers l’État pour résoudre leurs problèmes ou pour traiter les maux de la société.
La liberté est alors entendue non plus comme le droit de gérer sa propre vie mais comme le droit d’intervenir dans la vie des autres pour la régenter par le moyen de la contrainte légale. La mentalité interventionniste et redistributrice se met alors en place. La loi change de nature, elle n’a plus pour fonction de protéger la personne et les biens de chacun, conformément au droit. Elle devient un moyen d’égaliser les fortunes et donc d’asservir son voisin, de s’octroyer des privilèges et d’en distribuer à ses amis.
On passe de la liberté de gérer sa propre vie sous l’empire du droit à la liberté de faire des lois pour gérer la vie d’autrui. L’État démocratique devient une machine populaire à redistribuer l’argent et les privilèges en fonction des groupes de pression. Elle permet aux plus nombreux et aux mieux organisés d’imposer leurs préférences aux autres, au nom du peuple.
Ainsi les représentants du peuple sont incités à multiplier les privilèges accordés à leurs électeurs et à élargir le pouvoir de l’État au lieu de le limiter. Plus l’État intervient, plus est grande l’incitation à réclamer des privilèges exorbitants pour les acteurs économiques et sociaux. Ne pas le faire, ce serait laisser les autres s’en emparer sans réagir et abandonner ainsi un avantage précieux.
En bref, la démocratie augmente le nombre de bénéficiaires possibles du « pillage légal » et donne aux législateurs une plus grande apparence de légitimité qu’un pouvoir non démocratique. La démocratie n’est pas donc pas seulement anti-économique, elle est immorale.

III. La démocratie produit une société matérialiste et irresponsable.

La démocratie ne peut former qu’une société de consommation matérialiste : on s’endette sans limite pour pouvoir déverser de l’argent public dans toutes les sphères de la société, on procède à la redistribution massive des richesses pour égaliser les revenus ou simplement pour donner se donner l’illusion de la gratuité et de la justice. Bref on épargne à tout le monde la peine d’être prévoyant, de constituer une épargne, d’être responsable. Pourquoi éduquer ses enfants ? L’éducation nationale s’en occupe.
Donc en même temps qu’elle détruit les richesses par la prédation fiscale et la redistribution, la démocratie développe presque toutes les formes de conduites indésirables à des niveaux dangereux : dépendance, négligence, imprévoyance, incivilité, cynisme et délinquance.
Ces comportements sont favorisés par le court-termisme. La constitution d’une épargne ou d’un patrimoine suppose de s’imposer une discipline, de faire des sacrifices, d’accepter la gêne immédiate en vue d’un avenir meilleur. Or la démocratie incite au contraire à ne pas penser au lendemain puisqu’il est toujours possible de recourir aux allocations, aux logements sociaux et de vivre avec l’argent des autres. Seul compte alors le moment présent et le plaisir immédiat. D’où l’hédonisme et le consumérisme infantiles, sans aucune responsabilité de soi ni des autres.
Le résultat est que la solidarité naturelle entre les générations disparaît, les liens sociaux et familiaux sont éclatés, tandis que les niveaux de vie réels baissent drastiquement en Occident. La dette publique et le coût des systèmes de sécurité sociale explosent et conduisent à la perspective d’un effondrement économique et moral généralisé.

IV. Socialisme et démocratie : le clivage droite-gauche donne toujours l’avantage à la gauche.

La gauche socialiste est en phase avec le projet démocratique. C’est le terreau le plus favorable à l’avancée de ses idées : égalitarisme, redistribution, augmentation indéfinie des « droits à ». Le socialisme a toujours légitimé l’usage de la force contre ses adversaires. La démocratie lui permet d’exercer la violence par les urnes et de justifier moralement ce hold-up par la volonté du peuple souverain.
C’est pourquoi la stratégie gagnante de la gauche est d’augmenter toujours le nombre des clients de l’État-providence : suffrage universel, puis extension du suffrage aux étudiants (majorité à 18 ans) et bientôt aux immigrés. Plus il y a d’électeurs, plus il y a de clients potentiels pour la redistribution et l’égalisation forcées.
Au contraire, dans un système démocratique la droite sera toujours perdante car elle n’est jamais qu’une force de réaction contre la gauche. Elle veut tenir un discours plus réaliste, à la fois sur le plan économique et moral. Mais face à la gauche, la droite est obligée de faire de la surenchère démagogique et clientéliste pour arriver au pouvoir. Un exemple récent le montre : depuis que Marine Le Pen a adopté les idées de Mélenchon, elle gagne des voix.

V. Y a-t-il une solution ? Quelle alternative à la démocratie aujourd’hui ?


1° Le pouvoir des idées : briser la matrice

La démocratie est le résultat d’une acceptation massive, par l’opinion publique d’idées fausses. Fausse idée de la loi, fausse idée de la justice, fausse idée du pouvoir, fausse idée de la liberté. Aussi longtemps que cette adhésion est dominante, la catastrophe est inévitable. En revanche, si on reconnaît que l’idée démocratique est fausse et perverse, il reste un espoir.
La tâche essentielle qui attend ceux qui veulent restaurer la liberté est donc de briser la matrice, c’est-à-dire discréditer intellectuellement la démocratie. Il faut démontrer qu’elle n’est ni la liberté ni la justice mais qu’elle est au contraire la cause fondamentale de la situation actuelle d’oppression et de dé-civilisation.
Qu’est-ce qu’une société juste ? C’est une société dans laquelle le pouvoir, donc la loi, doit être strictement limité à deux objets : défendre les citoyens contre une agression extérieure et les défendre contre une agression mutuelle. Tout le reste relève de la sphère privée, donc de la responsabilité individuelle, des associations, des communautés volontaires et des contrats. La vraie liberté, la liberté responsable, c’est celle qui consiste à vivre avec ce qui nous appartient et de ne pas faire peser sur les autres le coût de nos décisions, de nos préférences. C’est la liberté subordonnée au droit.
Vivre ensemble implique des normes. Mais la seule norme politique qui soit juste universellement, c’est le respect de chaque être humain, de ses croyances, et des biens matériels auxquels il est attaché. Autrement dit, les biens ne sont pas communs. Le seul bien qui soit commun, c’est le droit. C’est le respect du droit de chacun à disposer de soi et de ses revenus légitimes. Or la démocratie redistributrice est incompatible avec ce bien commun, elle ne peut que le mutiler au profit d’intérêts particuliers corporatistes, bien que l’intérêt général soit toujours faussement invoqué.

2° Inventer des alternatives aux services publics : la résistance passive

Pour restaurer la liberté il faut aussi dépolitiser au maximum la société et reprendre le pouvoir qui nous a été confisqué par les urnes. Il faut donc réduire le plus possible la sphère d’action de la loi et de l’État sur nous.
Mais pour cela bien sûr, il faut arrêter de voter pour des candidats-fonctionnaires qui ne peuvent que contribuer à augmenter les dépenses publiques et l’asservissement des citoyens, qu’ils soient de droite ou de gauche. Un fonctionnaire élu est à la fois juge et partie. Il doit décider du montant des dépenses publiques alors même qu’il en vit… absurde et injuste. Il faut également boycotter les entreprises, les journaux, les artistes et les associations qui vivent d’argent public.
Plus important encore, il faut se battre juridiquement et pratiquement pour sortir de la sécurité sociale, du système de retraites par répartition ou de l’éducation nationale. Et ne comptons pas sur les partis politiques pour y arriver. La protection sociale, c’est leur argument électoral favori. Il faut prendre des initiatives dans tous les domaines pour proposer des alternatives privées aux services publics : auto-médication, auto-éducation, auto-défense, auto-édition, auto-production alimentaire… Il faut aussi, autant que possible bien sûr, mettre son argent à l’abri de la prédation fiscale. Autrement dit il faut reconquérir notre indépendance et relever la tête.

3° Un idéal : La concurrence politique et le marché de la gouvernance

La société juste ne se construit pas d’en haut. Elle doit émerger des libres initiatives de chacun. Cette autre voie, c’est celle de la décentralisation du pouvoir, de la concurrence et de la responsabilité individuelle.
La solution c’est de multiplier les unités administratives et de les mettre en concurrence. Les citoyens pourront ainsi se détourner eux-mêmes des gouvernements autoritaires et mal gérés et rejoindre ceux qui produisent les meilleurs services au plus bas coût. Cette fragmentation politique permettrait à chacun de voter avec ses pieds au lieu de voter dans les urnes. Les bons systèmes de gouvernance, utiles et efficaces, chasseraient les mauvais.
Ces petites unités gouvernementales, chacune avec leurs propres caractéristiques, pourraient choisir de coopérer sur certaines questions si cela leur est utile, par exemple, sur l’énergie, l’immigration ou les transports. Elles pourraient également coopérer en matière de défense : échange d’informations policières, coalitions militaires, traités de non-agression etc.
Dans Dépasser la démocratie, les auteurs donnent l’exemple de la Suisse avec ses vingt-six cantons, ses 2.900 communes, ses impôts versés majoritairement au niveau cantonal et communal, et non pas fédéral, ses différentes réglementations qui se font concurrence, sa non-appartenance à l’Union européenne. La Suisse est en effet « un pays qui réussit très bien » :
« Au niveau mondial elle est dans le peloton de tête en termes d’espérance de vie, de niveau d’emploi, de bien-être et de prospérité. Elle est l’un des rares pays au monde qui n’a pas connu de guerre depuis plus d’un siècle. Malgré l’existence de quatre langues (allemand, français, italien et romanche), il y a beaucoup d’harmonie sociale. »
Les auteurs ne préconisent pas la Suisse comme un idéal ou comme la seule option. La démocratie directe n’est pas la panacée. Et il se pourrait même qu’elle contribue à renforcer l’État au lieu de l’affaiblir. Dès lors que les mœurs sont corrompues, la démocratie directe ne pourra que refléter cette corruption. Si le citoyen pense que tout lui est dû, qu’il est normal que les autres paient pour lui, la démocratie directe n’y changera rien.
Mais la Suisse est un exemple qui montre comment un pouvoir décentralisé pourrait fonctionner : « Plus un État démocratique est grand et plus sa population est hétérogène, plus des tensions naîtront. Les différents groupes d’un tel État n’hésiteront pas à utiliser le processus démocratique pour piller les autres autant que possible. À l’inverse, plus les unités administratives sont petites et plus la population est homogène, plus il est probable que les excès de la démocratie restent limités. Les gens qui se connaissent personnellement ou se sentent liés les uns aux autres sont moins enclins à se voler et à s’opprimer les uns les autres ».
Pour conclure, laissons les gens libres de déterminer sous quelle forme de gouvernement ils veulent vivre : la démocratie, le capitalisme, le socialisme ou la monarchie. Il n’y a pas pire régime que celui qu’on nous impose par la force et auquel on ne peut échapper.

lundi 1 juillet 2013

Séminaire Institut Coppet



Extrait :
« Aujourd’hui, nous observons les crises qui ont surgi dans de nombreux pays démocratiques, et notamment aux États-Unis, en Grèce et en Espagne. Ces problèmes ne sont jamais attribués au système démocratique lui-même, mais plutôt à l’économie de marché, à un manque de démocratie, à la cupidité des banquiers, ou aux hommes politiques perfides.
Comme la plupart des gens, moi aussi j’ai eu foi en la démocratie parlementaire. Mais c’était il y a quinze ans. En vérité, je savais très peu de choses sur elle, mais j’avais tout de même des convictions très tranchées. Comme à la plupart d’entre nous, on m’a dit à moi aussi – à travers le système éducatif, les médias et nos hommes politiques – que la démocratie était quelque chose qu’il fallait chérir et faire se développer, et qu’il n’y avait pas d’autre alternative raisonnable. Mais après l’avoir étudié et avoir réfléchi je suis arrivé à une conclusion tout à fait différente.
Beaucoup de gens croient encore que la démocratie est synonyme de liberté. Et de nombreuses personnes éprises de liberté croient encore que le chemin vers la liberté passe par le processus démocratique. Nombreux sont ceux parmi les critiques de la démocratie qui sont convaincus qu’il faut trouver des solutions pour la réformer, mais ne trouvent rien à redire aux principes démocratiques fondamentaux eux-mêmes. Notre livre s’oppose à ces points de vue.
La démocratie est le contraire de la liberté – un fait inhérent au processus démocratique est qu’il tend à réduire de plus en plus la liberté – et la démocratie n’est pas quelque chose qui puisse être réparé. La démocratie est un système collectiviste intrinsèquement défectueux, tout comme le socialisme. (…)
La plupart des gens ont tendance à ne voir que les avantages offerts par l’État, et non les coûts. Une des raisons pour lesquelles il en est ainsi est que l’État collecte les impôts par de nombreuses voies indirectes et détournées — en exigeant que les entreprises collectent les impôts sur les ventes par exemple, ou en exigeant que les employeurs collectent les charges de sécurité́ sociale, ou en empruntant de l’argent sur les marchés financiers (un argent qui finira un jour par être remboursé par les contribuables) ou en faisant gonfler la masse monétaire — de façon à ce que les gens ne se rendent pas compte de la part de leurs revenus que l’État leur confisque en réalité́. Une autre raison à cela est le fait que les actions de l’État sont visibles et tangibles, mais que toutes les choses qui auraient pu être réalisées et qui auraient effectivement été réalisées si le gouvernement n’avaient pas commencé́ par confisquer l’argent du peuple, ces choses, elles, restent invisibles.»

jeudi 7 mars 2013

"Dépasser la démocratie", d'autres extraits

... car il faut lire ce petit livre, absolument, et cet article complémentaire de l'Institut Coppet .

(les gras-rouge sont de mon propre fait)



Extrait  de "Dépasser la démocratie", cf premiers extraits ici : 

"Démocratie = collectivisme

Pourtant, voilà précisément ce que nous allons faire dans ce livre : nous prononcer contre le dieu Démocratie, et notamment la démocratie parlementaire nationale. L'usage de la démocratie pour la prise de décision est utile dans certains contextes, dans les petites communautés ou au sein d'associations. mais une démocratie parlementaire nationale, telle qu'elle existe dans quasiment tous les pays occidentaux, a bien plus d'inconvénients que d'avantages. Comme nous l'expliquons, la démocratie parlementaire est injuste, elle amène la stagnation économique et davantage de bureaucratie, elle met en péril la liberté, l'indépendance, et l'esprit d'entreprise, et amène inévitablement conflits, ingérence, léthargie, et excès de dépenses publiques. Et cela n'est pas dû au fait que certains hommes politiques ne font pas leur travail -ou parce que le mauvais parti a été porté au pouvoir- mais parce que le système fonctionne ainsi.

La caractéristique principale de la démocratie est que "le peuple" décide comment la société doit être organisée. En d'autres termes, nous décidons "tous ensemble" sur ce qui nous concerne. A quel niveau doivent-être les impôts, combien doit être consacré pour la santé des enfants et des personnes âgées, à quel âge les gens sont autorisés à boire des boissons alcoolisées, combien les employeurs doivent payer pour les retraites de leurs employés, quelles indications doivent être inscrites sur un produit, quelles matières doivent être enseignées à l'école, combien doit être consacré à l'aide aux énergies renouvelables ou à l'éducation sportive ou aux concerts d'orchestre, comment un gérant doit tenir son bar et si ses clients sont autorisés à fumer, comment une maison doit être construite, à quel niveau doivent être les taux d'intérêt, combien d'argent doit circuler dans l'économie, si les banques doivent être sauvées avec l'argent du contribuable en cas de risque de faillite, qui est autorisé à se dire docteur, qui est autorisé à lancer un hôpital, si les gens sont autorisés à mourir lorsqu'ils sont las de vivre, et si et quand la nation intervient militairement. Dans une démocratie, "le peuple" doit décider sur toutes ces questions -et sur un millier d'autres.

La démocratie est donc un système collectiviste par essence. C'est le socialisme qui fait irruption par les coulisses. L'idée de base derrière cette réalité est qu'il est souhaitable et juste que toutes les décisions importantes sur l'organisation physique, sociale et économique de la société soient prises par la collectivité, le peuple. Et le peuple autorise à des représentants du Parlement -en d'autres termes à l'Etat- de prendre des décisions en son lieu et place. En d'autres termes, dans une démocratie le fonctionnement entier de la société est orienté vers l'Etat.

Il est clairement trompeur de proclamer que la démocratie est, d'une certaine façon, l'apogée de l'évolution politique de l'humanité. Ce n'est rien de plus que de la propagande pour cacher le fait que la démocratie représente une orientation politique bien particulière. Une orientation pour laquelle il existe de nombreuses alternatives raisonnables.

L'une de ces alternatives s'appelle la liberté. Ou le libéralisme -dans l'acceptation classique du terme (qui est complètement différente de celle qui prévaut de nos jours aux Etats-Unis). Il n'est pas difficile de voir que la liberté n'est pas la démocratie. Considérez simplement ceci : est-ce que nous décidons démocratiquement de la manière dont chacun doit dépenser pour s'acheter des vêtements? Ou dans quel supermarché nous devons aller? Pas du tout. Chacun décide de cela lui-même. Et cette liberté de choix fonctionne très bien. Donc pourquoi cela fonctionne-t-il mieux si toutes les autres questions qui nous affectent -de notre lieu de travail à notre assurance santé en passant par les pensions de retraites et les bars et discothèques- sont décidées de façon démocratiques?

En réalité, se pourrait-il que ce fait précis -que nous décidons de tout de façon démocratique, et que la quasi -totalité des questions économiques et sociales soient réglées par ou à travers l'Etat- est la cause fondamentale des nombreux problèmes de notre société? Se pourrait-il que la bureaucratie, l'intervention étatique, le parasitisme, le crime, la corruption, le chômage, l'inflation, le faible niveau d'éducation, etc, ne soient pas dus à un manque de démocratie, mais soient plutôt causés par la démocratie? Se pourrait-il qu'ils aillent avec la démocratie comme les magasins vides et les voitures Trabant allaient avec le communisme?"


                                                                        ************

Extrait de la préface dans le texte français, par Damien Theillier : 

"C'était déjà le message d'Aristote au Ve siècle avant Jésus-Christ. Ce qui importe disait-il, ce n'est pas qui gouverne (un seul homme, plusieurs ou tous) mais pour quoi faire et dans quelles limites? D'où le fait que sa pensée politique soit ancrée dans l'idée d'une justice naturelle. Cette idée rappelle que le pouvoir ne dispose pas de la justice elle-même mais qu'il est lui-même soumis à une loi qui le dépasse et doit réguler son exercice. Le droit positif pose l'ordre du juste politique, mais ne dispose pas de la justice elle-même. S'il n'y a que le droit positif, dit Aristote, Créon aura toujours raison, même quand il a tort. Mais si nous maintenons l'idée régulatrice d'un droit naturel, Antigone pourra se dresser le moment venu et invoquer contre une loi injuste, le droit supérieur de la loi non écrite.

Cette critique d'un pouvoir illimité du peuple a conduit nombre de penseurs classiques, dans la lignée d'Aristote, à poser au-dessus de la démocratie un principe de limitation qui n'est autre que le droit naturel. L'homme dans sa nature même, contient des valeurs et des normes, qui n'ont pas à être inventées, mais soulignées et respectées.

Le système politique que Benjamin Constant, Jean-Baptiste Say et Frédéric Bastiat appelaient de leurs voeux était une république constitutionnelle limitée, restreinte à la protection des droits individuels. Dans un tel système, la règle de la majorité s'applique uniquement à la sélection des représentants. mais la majorité n'a rien à dire sur les principes fondamentaux régissant la société comme le gouvernement. Elle n'a pas le pouvoir de demander ou d'obtenir la violation des droits individuels.

Dans une société libre, le vote est un mécanisme approprié pour la sélection de ses représentants politiques mais non, comme le veut la démocratie, de ses principes éthiques et politiques. Il faut donc limiter le pouvoir du gouvernement à une seule fonction : la protection des droits individuels. C'est le vrai sens de la liberté, tel qu'il a été si bien compris et exposé par Frédéric Bastiat au XIXe siècle."


samedi 2 mars 2013

Dépasser la démocratie

Extraits d'un petit livre capital  : "Dépasser la démocratie" par Frank Karsten et Karel Beckman, à commander ici.

Visiter le site : Dépasser la démocratie
(Mais bientôt sur l'Institut Coppet)




Citation d'H16 pour introduire le sujet : "À CHAQUE FOIS QUE L’ÉTAT FOURRE SON NEZ ET CRÉE DES CRIMES SANS VICTIMES, À CHAQUE FOIS QUE L’ÉTAT DÉCIDE DE CE QUI EST BON POUR CERTAINS EN LIEU ET PLACE D’EUX-MÊMES OU DES RESPONSABLES, À CHAQUE FOIS CELA SE TERMINE DE FAÇON CATASTROPHIQUE. À CHAQUE FOIS. À chaque putain de fucking fois."



"En réalité, dans son essence, la démocratie est une idéologie totalitaire, bien qu'elle ne soit pas aussi extrême que le nazisme, le fascisme ou le communisme. Par principe  aucune liberté n'est sacrée dans une démocratie, et chaque aspect de la vie de l'individu peut potentiellement être l'objet d'un contrôle étatique. Finalement, la minorité est complètement à la merci des souhaits de la majorité. Même si la démocratie possède une constitution limitant les pouvoirs de l'Etat, cette constitution peut être elle aussi amendée par la majorité. Le seul droit fondamental que vous ayez dans une démocratie, en plus du droit de vous présenter aux élections, est le droit de voter pour tel ou tel parti politique. Avec ce seul vote vous transmettez votre indépendance et votre liberté à la volonté de la majorité.
La véritable liberté est le droit de choisir de ne pas participer au système et ne pas avoir à payer pour le financer. En tant que consommateur, vous n'êtes pas libres si vous êtes obligé de choisir entre différents postes de télévisions, et peu importe s'il existe beaucoup de marques ou non. Vous n'êtes libres qu'à partir du moment où vous pouvez également choisir de ne pas acheter un poste de télévision. Dans une démocratie vous êtes obligé d'acheter ce que la majorité choisit -que cela vous plaise ou non.

(...)

Un marché de la gouvernance
(...)
Il y a en effet peu de choix et peu de concurrence sur le marché de la gouvernance. Les gens estiment qu'il est important que les entreprises se fassent concurrence. Ils souhaitent un marché libre et flexible pour les voitures, les vêtements et les assurances, avec de nombreux fournisseurs différents. Alors pourquoi pas un marché pour la gouvernance, où les gouvernements sont en concurrence, et où les citoyens peuvent facilement se déplacer vers une autre zone étatique pour vivre et travailler? Aujourd'hui, les gens peuvent se déménager dans une autre ville, mais puisque la plupart des impôts et des lois proviennent du gouvernement fédéral, cela ne change rien. Pour obtenir un autre type de gouvernance, les gens sont obligés d'émigrer, ce qui est un énorme obstacle.
(...)
En matière de gouvernance, la concurrence fait défaut. Comme les vrais monopoles, les hommes politiques ne veulent pas de concurrence en matière de gouvernance. Ils préfèrent que toutes les questions soient décidées collectivement au niveau central. "L'immigration illégale ne peut être résolue que dans un contexte européen", diront-ils. Ou encore : "La crise de la dette ne peut être combattue qu'au niveau international." Ou encore : "Le terrorisme ne peut être combattu que par une agence centrale puissante." Cependant, il y a beaucoup de petits pays dans le monde qui ne font pas partie des "blocs" et qui n'ont pas souffert de crises économiques ou de terrorisme. De même, nous sommes censés croire que l'éducation, la santé, la finance, l'assurance sociale, et ainsi de suite, doivent être coordonnées et réglementées au moins au niveau national. mais il n'y a aucune raison pour qu'il en soit ainsi.
La décentralisation serait bénéfique pour de nombreux groupes de la société. Avec l'autonomie locale, les penseurs progressistes peuvent apporter leurs idées progressistes dans la pratique et la pensée conservatrice peut faire de même avec ses valeurs, sans forcer les autres à s'adapter à son mode de vie. Les personnes qui souhaitent démarrer une communauté éco-hippie peuvent vivre selon leurs rêves. A leurs propres frais, bien sûr. Une communauté religieuse qui veut garder ses magasins fermés le dimanche peut le faire. Le principe du "une taille unique" est inutile et indésirable. La décentralisation, contrairement à la démocratie nationale, est un système de "vivre et laisser vivre". Alors laissons fleurir un millier de nations.

La diversité dans la gouvernance implique que les gens peuvent décider plus facilement sous quel système ils souhaitent vivre. Ils peuvent aller dans une autre municipalité ou une autre région s'ils désirent un mode de gouvernement différent. Une telle concurrence veille à ce que les dirigeants soient tenus responsables, ce qui n'est guère le cas quand l'influence d'un citoyen est limitée à des élections tous les quatre ans. Même si seulement quelques citoyens déménagent vers une autre zone géographique, les dirigeants seront fortement incités à améliorer leurs politiques.

Si tout n'est pas déterminé au niveau central, les régions peuvent tout de même choisir une direction qui convient à leurs particularités et à leurs préférences. Par exemple, une zone particulière peut choisir de réduire considérablement les impôts et la réglementation afin de stimuler l'activité économique. L'historien américain Thomas E. Woods souligne que la liberté politique s'est développée en Europe occidentale précisément en raison de la fragmentation et de la différenciation qui, historiquement, y régnait. La multitude de petits territoires a permis aux gens de fuir les lieux où régnait l'oppression en destination des lieux plus libres. Les dirigeants tyranniques se trouvent donc contraints de laisser plus de liberté."