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vendredi 23 décembre 2022

Journal du deuxième confinement, Lundi 21 Décembre, un Noël en avance.


 Nous débutons cette période de vacances et donc de grands mouvements migratoires de nos enfants vers "le home, sweet home" par une soirée de "retraite" à... l'hôtel. Nous faisons souvent ce genre de chose avec mon mari même si notre bourse ne nous l'autorise guère. Mais voilà; pour élever des enfants, pour maintenir dans une direction sereine et sans à coups le clan familial, il faut savoir faire des retraites "stratégiques", se requinquer dans les lignes arrières et revenir au front, en forme physiquement et avec quelques objectifs clairs.

Bon, la soirée à l'hôtel avec une débauche d'alcool (champagne, bière, vins blanc et rouge) et des discussions jusqu'à trois heures du matin, ne contribue pas du tout à la remise en forme physique. Mais le moral est excellent après moult discussions passionnantes avec des personnes intelligentes. Comme toujours, nous arrivions avec notre arrogante vertu, dans l'idée de soutenir ce que notre ami hôtelier vit dans son hôtel vide depuis quelques mois, et bien évidemment son accueil admirable dans lequel il s'oublie complètement pour nous recevoir merveilleusement devient un véritable soutien et réconfort pour nous-mêmes. J'investis sa petite cuisine au sous sol magnifique avec des murs de pierre apparente et je prépare des spaghettis avec une sauce tomate "maison". Un ami apporte le produit de sa chasse, des terrines de chevreuil et de sanglier, nous débouchons le champagne, notre hôte nous régale d'un apéro superbe et d'une salade de fruits grandiose.

J'écoute dans le train du retour, l'interview de Rochedy avec David Engels, qui vient d'écrire et d'éditer un ouvrage intitulé sobrement "Que faire?". Evidemment,  tout commence par le long déroulé de la situation occidentale en déclin. Puis quelques pistes apparaissent : former des communautés physiques, intellectuelles, sociales, loin des villes, à la campagne, éduquer intellectuellement (et à la Beauté) les enfants et les jeunes dans des centres scolaires, universitaires  en dehors des structures étatiques, publiques existantes, retirer son argent des banques, etc... Nous faisons tout cela déjà avec Chuck, depuis toujours, nos enfants sont tous passés à un moment donné dans des écoles privées hors contrat, une de nos filles a suivi un cursus universitaire hors contrat pour être institutrice, nous les avons tous élevés à la campagne (avec fréquentation des centres ville pour les études et le travail). Et Chuck manifeste un intérêt tout pragmatique pour les cryptos monnaies.

Engels insiste alors sur la puissance de réaction que représente la cellule familiale. "Pourquoi faire des enfants" interroge, au nom de toute une génération de trentenaires, Rochedy. "La question est  : pourquoi ne pas faire d'enfants" rétorque finement Engelsr. Comme le disait Péguy, dans un merveilleux texte que je dois retrouver sur ce blog, le père de famille est le vrai aventurier de notre époque. Et Engels d'ajouter que, selon des projections assez proches, les vraies forces démographiques aux Etats Unis seront bientôt non pas les hispaniques ou autres mais...les Hamishs. De quoi répondre à la question initiale "Que faire?" face au déclin de l'Occident de façon très simple, et sans révolution ni apocalypse : en ayant des enfants. Voilà qui nous éloigne d'un futur bourré de luttes, de guerres, de forteresses à protéger envers et contre tous à la mode de Raspail, tout cela remplacé par de mignons poupons roses et de gentils enfants courant partout dans nos vertes contrées. C'est d'une efficacité redoutable, comme une solution mathématique qui était juste sous notre nez mais que personne n'avait vue. Engels enfonce le clou : "je ne regrette qu'une seule chose, personnellement : c'est n'avoir pas eu plus tôt, plus jeune, mes deux premiers enfants".

Rochedy revient à la charge avec la question du christianisme (vite défini comme catholicisme pour l'Occident); ce dernier, avec le pape François, ne participerait-il pas au déclin de l'Occident? Non, affirme paisiblement Engels, le catholicisme fait partie même de l'essence européenne; que l'on soit croyant ou pas, il s'agit de connaître et d'assumer cette part de notre être. Et les futurs chrétiens, ceux qui rentrent aujourd'hui dans les séminaires seront ces catholiques "dissidents", qui devront témoigner jusqu'au bout de leur foi. Ils seront donc d'authentiques chrétiens, sans doute moins nombreux, mais beaucoup plus forts que les précédents. Cette analyse, affirmée avec conviction par cet intellectuel brillant et réaliste, me réjouit pour le fiston entré cette année en propédeutique. Il fera donc partie de cette nouvelle génération de catholiques authentiques et solides.

A la fin de cette interview, je me dis que notre famille, avec tous nos enfants, participent tous, chacun à leur manière, à ce renouveau de l'Occident alors même que son déclin n'est pas encore arrivé jusqu'à son terme. En bref, nous avons rempli le cahier des charges de "Que faire". A nos grands maintenant de continuer.

https://youtu.be/89mzU19XQAA

Les enfants entament, disais-je, leur grande migration vers la maison paternelle pour les fêtes. Notre fils aîné, notre Jean Baptiste part de Lille à vélo. Il bivouaque avant hier dans les environs d'Amiens. Il suit la messe à la cathédrale d'Amiens où se trouve le "chef" de saint Jean Baptiste, relique magnifique. Son vélo casse à 10 km de la ville. Il retourne au presbytère de la cathédrale, se fait accueillir par les prêtres de la communauté saint Martin responsables de la cathédrale. Il déjeune, il se douche, bref, c'est l'accueil à la mode martinienne stricto sensu. Le Supérieur de la communauté est de passage pour voir ses prêtres. Il embarque dans la soirée JB et son vélo dans sa voiture et nous les ramène. Nous le retrouvons attablé dans notre cuisine et discutant avec nous dans une simplicité totale.

Ce retour de notre "fils prodigue récurrent", ramassé sur la route par un représentant éminent de notre Eglise, nous plonge dans un de ces moments absolument surnaturel. "Je suis peut-être un looser, me dit JB, mais c'est quand même moi qui fais venir à la table un prieur!" Nous lui décernons sans conteste la palme du meilleur cadeau de Noël. "Je suis venu pour les malades et les pécheurs" dit le Christ...

Nous prions autour de notre crèche, et dans une discrétion absolue, le Supérieur repart dans sa voiture pour regagner sa Maison. "J'ai un sac de couchage dans la voiture si je fatigue trop". Ce Voyageur du soir qui nous ramène une de nos brebis si précieuse restera dans nos cœurs et dans nos esprits à tous. Il repart pour retrouver notre autre fils, Rémi, en propédeutique.

Avec cet évènement, vous l'avez compris,  pour moi, Noël a déjà eu lieu. "Le Christ s'est [déjà] manifesté parmi nous"... Je vous souhaite à tous, surtout à ceux qui souffrent et qui sont en chemin vers Celui qui est Tout, de garder le cap et de parvenir à la crèche et d'expérimenter ce qu'est vraiment l'Amour.

mardi 29 septembre 2020

La vie cachée

 "Car le bien croissant du monde dépend en partie d'actes non historiques; et le fait que les choses n'aillent pas aussi mal pour vous et moi qu'il eût été possible est à moitié dû à ceux qui vécurent fidèlement une vie cachée et reposent dans des tombes qu'on ne visite plus." George Eliot, "Middlemarch"





                                          La vie cachée


Parti seul en septembre au début de sa guerre;

Touché au fond de lui par le Livre Sacré : 

"Où sont les ouvriers unissant ciel et terre?"


Absent désormais aux fêtes et aux grands repas,

Et des nouvelles éphémères par-ci, par-là

Une lettre rare portée depuis le front,

Séminaire lointain aux rituels absconds.


Dieu, tu as prélevé ta part, ton mandataire

"Un jour, Tu m'as séduit et j'ai été séduit

Depuis ce foyer de farouches réfractaires"


"Car ta Parole était une flamme brûlant

Dans mon cœur, elle était enfermée dans mes os

Je tentais sans fin de la maîtriser, enfant,

La flèche, la source vive de Sang et d'Eau."


Ô Seigneur, tu vaincs pour nous  tous nos grands tourments

Par la grâce d'une vie cachée, ordinaire,

Et le Mal diminue, et le Bien va croissant.

lundi 6 juin 2016

6 Juin 1944; 6 Juin 2016

Au cimetière américain de Colleville, week end de la Toussaint


Hey Guys ! Regardez qui s’en vient de par chez nous 
En cette Toussaint ! Une petite dame, ses rejetons et son mari,
Une dame qui en cache un neuvième dans son ventre rond
Mais nos yeux défunts ont le pouvoir de percer murailles aujourd’hui.

Accompagnons, soldats, la petite famille venue nous visiter
Penchons-nous courtoisement vers madame et monsieur,
Instruisons de nos récits héroïques tous les mouflets
Montrons leur le vrai visage de la liberté, tout son enjeu.

Comme des bonnes fées penchées sur l’invisible berceau,
Les héros morts du Débarquement chuchotent mille histoires
Vraies, leurs combats, leur sang, leur sueur et leurs larmes
Qui ont donné la victoire et creusé leurs tombeaux.

Comme des bonnes fées penchées sur l’invisible berceau,
Ils sollicitent pour le futur enfant  les antiques vertus des héros
Résistance ! Honneur ! Courage ! Voilà tout ce qu’il te faut
Petit d’homme ; prends tout déjà en ton cœur, soit fort et beau !

Je salue bien bas ces chers compagnons, j’arrivais épuisée
De multiples pérégrinations ; vidée par mes errances,
Accablée de résignation ; vaincue par avance,
Morne attitude, yeux baissés, épaules voûtées

Et c’est ici, bien sûr, en cette demeure de Colleville
Qu’il me fallait être aujourd’hui avec toute la famille
Retrouver force et détermination, vite se redresser
M’abreuver à la source vive et ultime de la Liberté.
















Ils ont réussi. 

On aperçoit la représentation du poignard des Rangers planté symboliquement en haut des falaises qu'ils ont escaladé sous le feu ennemi. Ils étaient 225, mais seuls 90 ont survécu.

Paysage lunaire, l’herbe rase et le sable morcelé de cratères,
C’est la Pointe du Hoc, dans notre France, en Normandie.
Au matin du D-Day, le 6 juin, de vaillants soldats, les Rangers
Ont pris d’assaut ce point stratégique, c’était le Jour-J.

Le jour de tous les possibles parce qu’ils y croyaient
Contre tout entendement, au delà de toute raison.
Bras armé, couteau entre les dents, à l’assaut des falaises
Une seule idée, grimper, tuer et faire taire les canons !

Contre tout entendement, au delà de toute raison,
Ils ont réussi !! Et moi je tombe à genoux, sur le sable
Gorgé du sang de ces hommes inhumains et la vague
Emporte tout le désespoir, toutes les larmes du monde.

Ils ont réussi.

lundi 1 février 2016

Sur la route

   "Car mes yeux ont vu le salut que tu prépares à la face des peuples" (Présentation de Jésus au Temple)  


 "Plus grave que les âmes perverses, ce sont les âmes habituées"; c'est lors de son sermon dimanche que notre prêtre a sorti cette réflexion de Péguy. Je ne peux pas lui donner tort, moi qui suis une vieille âme catholique qui s'habitue parfaitement au confort d'une pratique religieuse quotidienne mais pas toujours vécue dans une foi vraiment active... Heureusement le Seigneur veille et, en plus de nous donner parfois des épreuves qui nous plongent dans les questionnements et le trouble comme ce pauvre Job, et qui réveillent notre foi complètement endormie, le Christ met sur notre route des hommes et des femmes qui sont un peu comme les rois mages : ils ont vu un truc, une étoile, ils ont ressenti un désir spirituel irrésistible, ils se sont mis en route pour trouver des réponses et rencontrer Quelqu'un et, sur ce chemin difficile, dans ce monde inconnu qui s'ouvre sous leurs pas, ils ont rencontré des personnes qui connaissent la route. Moi je suis cela, une personne qui connait bien le chemin,je suis chez moi dans ce territoire de la foi catholique, c'est mon domaine, mon lieu de vie, j'y suis bien et j'y vis depuis ma naissance. Et j'indique à ces personnes le meilleur moyen d'arriver à leur fin, au but.
       Plusieurs routes sont possibles, il faut adapter à chacun ce qu'il vaut mieux pour lui. Alors je réfléchis, je prie et le Seigneur m'inspire de bonnes idées, Il me tend la Carte et toutes ces ramifications. Et puis du coup, cela me donne envie, à nouveau, d'aller voir et revoir ce que ces gens veulent voir. Je retourne avec eux auprès de mon Dieu, ils réveillent en moi une âme qui était "habituée", par leur propre émerveillement, leur propre joie, leur conversion magnifique et les grâces qu'ils en retirent et dont ils racontent par le menu tous les bienfaits. Je me dis toujours que le Seigneur est fou de confier des âmes précieuses aux indications parfois foireuses d'un piéton (en l'occurrence d'une "piétonne") qui est immobile, les bras ballants, sur le bord de la route, un peu fatigué, un peu asséché par la chaleur du jour et la longueur du voyage, un peu abruti par des obstacles qui se sont accumulés. Mais ce job de piéton, d'indicateur, c'est le mien, et je crois qu'il me convient et qu'il me permet de me remettre en route et d'avancer de quelques pas supplémentaires dans la Bonne Direction.

                                                                       *******

            Dernièrement, un mail d'une jeune homme de 28 ans qui commence comme cela :
 "Je suis votre blog depuis quelques années, et cela fait aussi quelques années que mon évolution spirituelle me pousse à la conversion chrétienne et au baptême" (...) "Je ne sais plus vers quelle église m'orienter, même si je garde espoir. Auriez-vous des conseils à m'accorder sur cette hésitation, et aussi sur la pratique de la prière ?"

         Alors, je lui ai répondu bien sûr, en lui donnant de bons contacts et en lui disant ceci :
 "Bonjour A, merci de m'avoir écrit et de m'accorder un peu de votre confiance. Je n'ai guère d'expérience et je marche aussi dans l'obscurité de ma foi. Mais voilà ce que je peux vous en dire. La foi est un don de Dieu. Je crois qu'il la dispense de façon très large et généreuse. Tout homme ressent le besoin de spiritualité, le besoin de quelqu'un de plus grand que cet univers. Ce besoin de spiritualité et d'infini, c'est déjà de la foi à mon sens. La difficulté est d'accorder cet infinité que nous ressentons en nous-même et la réalité très limitée de nos capacités intellectuelles, morales, spirituelles et physiques.Nous "voulons" Dieu et nous ne sommes même pas capables de saluer notre voisin le matin! (ou même notre conjoint^^). Tout cela cause un sentiment d'impuissance et d'absurdité profond.Il y a une phrase qui me revient de Bernanos : "Tout est grâce". Je crois très profondément que c'est lorsque nous avons une conscience aiguë de notre péché, de notre impuissance, de notre corruptibilité que tout commence dans la foi. Vous avez ce sentiment, cette conscience. C'est très bien. Vous avez conscience que vous ne pouvez rien sans la grâce, que la grâce peut tout. Vous avez raison. Et vous avez donc raison de demander le Baptême puisque c'est le sacrement de la Grâce. Je connais un prêtre (...) Vous pouvez aller le voir (si ça n'est pas trop compliqué pour vous), de ma part. Il vous accueillera comme il faut.
         A propos de la prière, Bernanos dit encore : "La prière! L'habitude de la prière! Hélas! si vous saviez... je prie très mal." Il a trouvé une réponse étrange, qui m'a fait beaucoup réfléchir depuis.-"L'habitude de la prière, cela signifie plutôt pour moi la préoccupation perpétuelle de la prière, une lutte, un effort. "
        Vous voyez, ce n'est pas tant le fait de savoir bien prier qui importe, mais plutôt le fait de vouloir prier. Personnellement, je prie beaucoup le chapelet. Il n'y a que Marie qui peut nous soutenir dans cette lutte de la prière, car dans toute prière il y a le démon qui se mêle pour nous empêcher de rejoindre notre Dieu. Il n'y a que la Vierge Marie qui peut s'interposer et nous permettre de rejoindre son Fils. Je vous conseille de réciter du mieux que vous pouvez un Je vous salue Marie tous les jours. En faisant un beau signe de croix. C'est évidemment mécanique comme prière, mais vous verrez avec le temps que les paroles pénétreront tous les jours un peu plus dans votre âme, comme une huile qu'on applique et qui pénètre peu à peu.La foi, comme la prière ou bien la Grâce ne sont pas de l'ordre du ressenti, du sentiment, du bien être physique ou même moral mais vraiment d'un tout autre ordre, celui de l'âme. Aussi, ne vous formalisez JAMAIS d'être "mal" ou triste, ou épuisé moralement et spirituellement. Continuez envers et contre tout de prier simplement et même mécaniquement. Il vous faut atteindre ce "plateau" supérieur qu'est le fond de votre âme et qui est habité par Dieu.
         Nous entrons dans l'année de la Miséricorde : c'est le maître mot de tout catholique, que celui de la Miséricorde. Quoique vous fassiez, au fond de votre péché, il vous faut comprendre que la foi n'est autre que la conscience que Dieu a mis en nous de notre salut. Dieu sauve. C'est tout.J'espère vous avoir répondu au mieux, je vais prier pour vous,"

         Là dessus, ce jeune homme a été bien reçu par mon contact et il compte se faire baptiser au plus vite et il m'écrit :
 "Ma vie spirituelle connaît un progrès presque ininterrompu, et ma vie de prière se fait de plus en plus intense. Je rends grâce à vos conseils qui m'ont poussé à persévérer dans la prière. Je prie souvent la Vierge Marie, qui m'est d'un grand secours dans mon discernement. De plus, participant à la messe quotidiennement, je peux ainsi régulièrement pratiquer l'Adoration qui suit la Messe. (...)Je prie le Seigneur et l'Immaculée de préparer mon cœur au baptême et de m'aider à trouver la voie à suivre. Je ressens en effet de plus en plus en moi la vocation à servir totalement notre Seigneur, dans la voie du sacerdoce ou de la vie religieuse. Je me laisse donc le temps de voir germer en moi ce désir, afin de savoir où il me conduira. (...) Moi qui ai presque toujours vécu une vie de solitude dépressive (j'étais cliniquement diagnostiqué comme mélancolique) et de renfermement vis à vis d'autrui, l'Amour de Dieu est venu me toucher au plus profond de mon être, et j'ai alors vécu comme dans un état second. Une libération s'est produite en moi, le Seigneur m'a accordé une Grâce, et j'ai compris que je ne pouvais pas la conserver pour moi mais que je devais la Lui rendre. "

                                                                  ******

A room within a room A door behind a door Touch, where do you lead? I need something more Tell me what you see I need something more (Daft Punk)

 "Mais ce coin est tellement abandonné de Dieu."(Joseph Conrad dans "Victoire") 


 "C’est parce que j’ai accepté de perdre que je vais gagner. C’est le secret des blancs. C’est le secret du corps crucifié. Il trompe l’ennemi avec sa faiblesse et il l’extermine avec sa miséricorde." (Jean-Louis Costes, dans un texte que j'intitulerais : "Rencontre avec le Crucifié" )


 "Madame, lui dis-je, si notre Dieu était celui des païens ou des philosophes (pour moi, c'est la même chose) il pourrait bien se réfugier au plus haut des cieux, notre misère l'en précipiterait. Mais vous savez que le nôtre est venu au-devant. Vous pourriez lui montrer le poing, lui cracher au visage, le fouetter de verges et finalement le clouer sur un croix, qu'importe? Cela est déjà fait ma fille..."(Bernanos, "Le journal d'un curé de campagne") 


 Prière

 Il est là, debout, appuyé contre un mur,
 Son odeur insoutenable l’encercle comme une armure,
 Un pantalon gris, en loques, couvre sa misère,
 Un sac en plastique, tous ses biens, par terre.

 Elle est, à genoux, dans ses bras enserrés
 Sa fille unique, le tremblement de terre
 Au matin, dans son école, l’a écrasée,
 Morte, broyée, dans les bras de la mère..

 Ils sont là, dans la boue, le désert, nus
 Ils n’ont plus rien : l’ouragan a tout dévasté
 Leur maison, leur terre, tout est figé
 Après la tempête. Ils ont tout perdu..

 Elle est là, Seigneur, l’humanité,
 Celle que tu as voulue, et créée.
 Comme des pantins disloqués
 Aux mains cruelles de la destinée.

 La révolte gronde, la haine s’épanche
 En un immense fleuve noir, brûlant
 Seigneur, il faut que tu te penches
 Pour emporter, de l’univers ardent
 Ceux qui brûlent et se noient
 Ceux qui pleurent et s’assoient,

 Ils n’ont pas vu ta Croix
 Tomber sur eux avec Toi.
 Ils restent en terre et ne se retournent pas
 Pour te prendre Seigneur et relever tout à la fois
 Pour te rependre, Seigneur, bien droit

 Ou t’emporter, Jésus, dans leurs bras
 Te soigner, te guérir, te consoler
 Enlever, la boue, la suie et la poussière
 Avec leurs mains, leurs gestes et leurs prières,
 Les corps brisés, les âmes noyées et submergées

 Tu es notre Berger, tu vas nous chercher
 Dans le fleuve, dans le noir, dans la nuit
 Tu es notre Berger, tu vas nous sauver
 Rassembler le troupeau de ceux qui fuient
 Affolés.

Et moi qui ai tout vu, tout observé
 A tes côtés, mon Dieu, je vais courir rattraper
 Les petits agneaux mais aussi les noirs béliers
 Te les remettre, ces âmes, Seigneur, à jamais.

jeudi 22 janvier 2015

De la lecture



Ce texte a été écrit en 2008 je crois,je le remets en réponse à Didier Goux, ici et à l'Amiral Woland   ici, simplement pour montrer que l'Esprit souffle vraiment où il veut et j'ai bon espoir qu'il souffle sur les générations futures, même chez ceux qui paraissent les plus improbables.

Deux jours de voiture avec la lecture en parallèle de Villa Vortex et American Black Box. Les rares fois où j'ai pris le volant, j'ai vu ma vie défiler avec celle de mes enfants ( deux accidents évités de justesse) et mon cher mari a fini par me dire : "tu lis, je conduis."Le Diable était enragé... Depuis que je lis Dantec, je suis comme Kernal dans Villa Vortex : je découvre "la théorie", c'est à dire je lis et ces lectures deviennent une forme d'arme absolue. Je n'en avais pas conscience tout en en ayant très vaguement l'intuition depuis toujours. Maintenant la question : pourquoi une mère de famille ? Je n'ai pas de réponse. Ecoutez donc cela :

"J'étais devenu un combattant de la Théorie, un moine-soldat, le guerrier d'une armée secrète, sans nom et sans visage, le réseau de la nuit, l'armée des morts." (Villa Vortex, Folio S.F. p321). Je continue :" Mon cerveau : une usine à cartes, un monstre machinique qui s'étoilait tel un réseau par-dessus le monde en son entier, une gigantesque toile d'araignée qui traçait et retraçait les parcours virtuels d'auteurs probables de crimes qui n'existaient pas."

"J'étais devenu un appendice de la bibliothèque de Wolfmann. Un appendice qui se nourrissait de ce qui le dévorait, c'était assez paradoxal tout ça, mais je m'y étais fait, aux paradoxes."

Je lis. Tout. Le jour, je travaille et je m'occupe de mes enfants, je suis une mère de famille. La nuit, en voiture, en vacances, je lis. C'est à dire j'oppose à ce monde qui est le mien et qui se désagrège une forme de rec-tification et de re-construction. Singulière.Et à chaque commentaire de l'un d'entre vous, commentaire unique et singulier, le monde se rec-tifie, me semble t-il.

J'ai esquivé le combat pendant 15 ans. Je n'ai pas ouvert un livre digne de ce nom pendant 15 ans. Mais maintenant, je ne peux plus esquiver quoi que ce soit. J'ai lu dernièrement L'obscurité du dehors de Cormac MacCarthy. Une lecture entière pour une seule phrase que je me suis prise dans la tronche :

"Vous avez peur toute seule ? Un peu. Des fois. Pas vous ? Oui m'dame. J'ai toujours eu peur. *Même quand y avait personne d'assassiné nulle part."

Alors, bon, j'ai toujours peur, n'est ce pas, mais je témoigne quand même. "Ce qui compte, Kernal, c'est la connaissance. Ce qui compte c'est la poursuite de la Théorie." (P327) "La lecture du livre ne me fut évidemment d'aucun secours sur le plan concret entendu comme tel par nos supérieurs, ce n'était pas ce qu'escomptait Wolfmann au demeurant, sans doute voyait-il déjà plus loin que ce qui pendait au nez."(P328)

"Au fil des kilomètres mon cerveau s'engage dans une lutte contre l'entropie, au fil des kilomètres il redéfinit de nouveaux contours, de nouvelles possibilités, de nouvelles questions." (P335; ça, c'était cette après midi en bagnole; en fait, c'est tout le temps.)

"Vous n'êtes pas habitué. Vous manquez de discipline" dit Wolfmann au pauvre Kernal qui se tue à la tâche (la lecture).Il lui propose de la méthédrine. Excellent pensais-je en moi-même mais c'est pas le top du top. Vous voulez connaître la meilleure des drogues ? Ah! Ah! Voyons! réfléchissez! Que peut-être la meilleure des drogues pour une mère de famille? Ses enfants, bien sûr. La vraie, la seule, l'unique drogue qui fait qu'on peut tenir une nuit entière sans dormir , que l'on peut se battre contre plus fort que soi et le battre bien sûr...

Je continue : "En tous cas, une chose était sûre désormais : devenir, tout en l'écrivant, le personnage d'un roman non écrit, revenu par miracle du trou noir de l'Europe, me paraissait nettement plus enthousiasmant que de vivre sans fin cette réalité, dite " quotidienne" et saccagée par la petitesse des rêves....Le livre aurait raison du monde" 

En quoi lire tel ou tel livre de Dantec ou d'un autre écrivain est essentiel demande benoîtement X. Essentiel ? Vital me paraît plus approprié. Je vous livre un passage de ce livre extraordinaire, La source vive, d'Ayn Rand, ( dont je vous parlerai peut-être un jour car toutes mes lectures se recoupent et forment une carte du monde :" L'Enigme du Code m'obsédait" ( Villa Vortex P518 ) )

"Il se demanda pourquoi il éprouvait comme un sentiment d'attente. L'attente d'une explosion au-dessus de leurs têtes. Cela lui parut d'abord stupide, puis il comprit. C'est exactement ce que doit ressentir, se dit-il, un homme terré dans un trou d'obus. Cette chambre n'est pas simplement le témoignage d'extrême pauvreté, elle est l'aboutissement d'une guerre, dont les dévastations sont plus terribles encore que celles que peuvent causer les armes de tous les arsenaux du monde. C'est une guerre contre un ennemi qui n'a ni nom, ni visage."

Un livre peut provoquer une forme de déflagration nucléaire dans un cerveau. C'est ce qui s'est passé pour moi. J'espère que ce type de déflagration s'opérera dans des cerveaux mieux constitués que le mien. D'un autre côté, il est écrit quelque part dans le Livre :"Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits." ( Matthieu, 11; v. 22)

"All the secrets are in the black box, but the secret itself is the black box.
Car ici cet endroit ne peut apparaître que pour vous seul. Je ne parle pas de la version vulgaire et "individualiste" de ce qu'il est convenu d'appeler l'American Dream...ni de sa figure dialectique millérienne du "Cauchemar climatisé"...Non je parle d'un "endroit"vraiment singulier, disons d'un nexus du temps et de l'espace qui vous apparaît, pour vous et vous seul, expérience intransmissible et qui s'annonce telle, alors même que vous vous y attendiez le moins." ( American Black Box, p457

Une lecture ? Qu'est ce que cela provoque en nous qui sommes des "tête de lecture expérimentale" ( Villa Vortex, p 831).Une déflagration nucléaire...Mais encore? avez-vous l'audace de demander, comme des enfants qui ne doutent de rien et veulent toujours plus...Dantec répond : "C'est en toi, tête de lecture, que devait se dérouler l'expérience de la narration, c'est toi qui étais visé en premier lieu par ce voyage aux confins de notre infra-monde en errance..." "C'est toi qui a pérégriné de mondes en mondes, qui ne sont qu'un seul, le nôtre."
Qu'avons nous gagné à cette pérégrination infinie, continuez vous de demander avec l'inconscience qui caractérise les enfants, car vous êtes des enfants et des enfants très spéciaux, n'est ce pas ?
"J'espère que tu auras compris que cette mort biologique partielle n'est que le prix à payer pour que l'économie du Don en toi, peut-être, se fasse jour." ( p 835)
Oui, j'espère aussi que le Verbe vous parle de l'intérieur maintenant que vous avez refermé le livre.

jeudi 8 janvier 2015

Actualité



  Texte écrit pour la première fois en novembre 2008.

A lire : Lettre ouverte au monde musulman

A lire :Violence, intolérance, y-t-il-une spécificité de l'Islam ?

A lire :la-sécurite-totale-conduit-à-l'état-total

A lire :aujourdhui-ils-sont-tous-charlie-vraiment?


"La guerre était sans nul doute la chose la plus simple à faire, mais c'était surtout la plus difficile à réussir". ( Dantec,Babylon Babies)


J'avoue que ce qui me fatigue le plus ça n'est pas de VOIR ce qui se passe, ni de comprendre à peu près les menaces qui pèsent sur notre civilisation mais d'être entourée de gens qui considèrent "l'ignorance comme une bénédiction" .

Je pense que la France n'aura pas de "guerre" sur son territoire, du moins pas au sens où l'on entend habituellement le terme de guerre avec "guns" comme dirait L.Et c'est bien dommage.
Notre conscience occidentale judéo-chrétienne est si faible, si réduite... Les islamistes n'auront pas à faire le grand djiad chez nous...Nous lui ouvrons tout grand la porte de notre pays, de notre législation, de nos coutumes et traditions, à ce djiad !! Il y aura terrorisme et guerre dans les pays qui ont encore un peu de conscience occidentale et le souhait de préserver leur culture et leur religion. Mais nous ? La guerre de Troie a DÉJÀ eu lieu et nous l'avons perdue. Dantec peut ouvrir son Pomerol et nous aussi, en fait et nous pouvons en boire tous les jours que Dieu (dé) fait car une simple revue de presse d'un soir suffit à nous convaincre de cette réalité navrante.
La guerre sur le territoire français aura simplement lieu parce que nous serons le passage de ceux qui voudront se battre contre ce djiad. Et nous serons comme des niais, au milieu des boulevards avec des "bagnoles" qui nous tamponneront au passage et nous ne saurons même pas pourquoi nous mourrons !

L. dit : "j'en ai par dessus la casquette de lire les uns et les autres avec leurs visions apocalyptiques du monde à venir."
M. dit : "Krav MAga et Strike pour le combat!"
I dit : "vous êtes tous paranos."

Oui, "l'ignorance peut être une bénédiction".Et oui nous serions vraiment tentés d'en finir tout de suite et d'achever ce monde qui n'en finit pas de mourir.
Mais en fait, cette "ignorance" bénie et volontaire signifie lâcher ses "armes" ( lectures, éducation de nos enfants, engagements divers et variés) et faire dès maintenant allégeance à ceux qui convoitent notre pays, nos richesses ( bon là ils risquent d'être un peu déçus quand même) notre "occidental way of life" et surtout faire allégeance à ceux qui lobotomisent nos cerveaux et s'en prennent à nos libertés.

Je suis éminemment persuadée que toute vie est un combat personnel bien sûr (contre la tentation de l'ignorance, par exemple), mais aussi un combat pour chercher et améliorer au maximum nos civilisations. Cependant,la perfection n'existe pas, l'ajustement à ce qui parait mieux, seul, est possible.Nous sommes toujours dans des ajustements et l'abruti socialiste ou islamiste ou l'ignorant qui veut vivre "pépère" ( l'individualiste) , ces trois catégories qui se pointent en disant : j'ai trouvé le Grand Ajustement qu'il ne faudra plus bouger d'un iota sous peine de faire crouler l'édifice de la perfection, celui là veut figer la vie, le mouvement, la pensée, bref tout ce qui fait qu'un homme est libre et cet abruti-là il faut l'abattre car en fait il nous présente une vision de l'homme qui n'a plus rien d'humain.

Reprenons donc nos "armes" c'est à dire notre raison, notre réflexion,nos lectures, notre courage, lâchons -pour un moment seulement- nos vraies armes : elles ne sont pas ENCORE utiles. Si elles deviennent un jour nécessaires, et bien, tant mieux, c'est que nous aurons gagné la plus importante des guerres : celle de la Vérité.

samedi 7 juin 2014

Le sacrement de confession

Mon chéri,

Je reviens vers toi pour insister sur un point  : tu n'as pas toujours bien interprété, me semble t-il mon insistance à la confession ou Sacrement de pénitence. Tu ne vois dans cette insistance pénible et maladroite que la crainte d'une mère pour l'âme noire de son fils! Quelque chose qui tient de la honte éprouvée pour un exclu, un moins que rien, un pauvre type sur qui se concentrent toutes les rancœurs familiales.

Tu te trompes bien évidemment.

Moi, ta mère, je n'éprouve qu'une énorme tendresse pour toi, mon fils et comme toutes les mères, je veux le meilleur pour mon enfant. Je veux que tu sièges auprès du Christ, que tu sois à la place d'honneur parce que mon orgueil de mère n'a pas de limite, parce que ma folie orgueilleuse est celle de l'amour. Je ne vois pas tes défauts, je ne connais pas ton péché, mon œil  ne distingue et ne contemple que  ton être comme au jour de ta naissance, c'est tout ce que je vois chez toi, tout ce dont je me souviens, quand bien même tu es un homme maintenant.

La confession est un sacrement bien mal connu de nos catholiques. Il se trouve que j'ai une curiosité pour les choses qui paraissent difficiles ou mystérieuses. Très jeune, on m'a expliqué ce que ce sacrement représentait. Le pardon des péchés. Soit. Mais encore? Le prêtre est le représentant du Christ dans ce pardon. Certes. Mais encore? Ce sacrement soulage bien souvent de façon éphémère, notre conscience. Super. Mais encore?

J'ai découvert, au fur et à mesure de nombreuses confessions (pas assez nombreuses, jamais assez) que ce sacrement, sa grâce particulière, ne se limitait pas à l'effacement de nos péchés souvent bien mal dits et peu distingués par notre conscience trouble.

La grâce de la confession va beaucoup plus loin que cela dans son action et ses effets.

Elle opère une véritable cicatrisation et guérison, comme un cancer dont on arrive à éradiquer la tumeur et les métastases. Il s'agit alors d'une rémission, puis au bout de quelques années, avec prudence, on parle de guérison.

C'est en cela que ce sacrement est une merveille bien trop négligée par nos frères catholiques. Nous n'avons aucune idée de sa puissance de guérison sur certains vices bien ancrés dans nos êtres (corps et âme).
Pour m'être confessée de nombreuses années, toujours des mêmes péchés, je peux témoigner avec force et simplicité de cette puissance de guérison.

Certes, sur cette terre, rien n'est jamais totalement parfait, nous restons pécheurs, avec les racines du mal ancrées en nos âmes, des surgeons poussent de partout à des endroits si je puis dire où l'on s'y attend le moins, mais nous savons comment les guérir et les traiter. Le combat, comme pour les mauvaises herbes d'un jardin ne cesse jamais. Jamais. C'est une guerre. Radicale, permanente, avec ses ruses, ses défaites, ses victoires.

Et ses avancées réelles.
Tu peux voir dans le jardin, dans ma butte aux roses en particulier, que si les mauvaises herbes sourdent toujours ici et là et sous terre, ce qui se voit le plus et le mieux, ce qui poussent de façon harmonieuse et éclatante, ce sont les roses avec leur parfum incroyable. Le bien l'emporte sur le mal.

Tout au long de ces combats qui font rage depuis le jour où nous sommes débarqués sur la plage hostile de la vie, dans le froid, les larmes et le sang déjà, où les victimes se comptent par centaines de milliers, nous avançons en rampant d'abord, puis en nous relevant quand nous le pouvons, puis en nous cachant (de peur et de honte), en tombant souvent. Parfois nous sommes blessés. Gravement. Mortellement même. Mais c'est là qu'intervient Celui qui nous créés et débarqués sur la plage, sur cette terre hostile. C'est là qu'Il nous propose son soutien et qu'Il nous guide dans l'obscurité et la peur, c'est là qu'Il nous soigne, nous redonne des forces, nous guérit. Les Sacrements, c'est Dieu qui intervient dans nos corps et nos âmes. Les sacrements, et celui de la confession en particulier, c'est Dieu-qui-sauve. 

Tu comprends mieux maintenant pourquoi, en bonne mère que je suis, j'insiste tant pour toi et tous mes enfants sur la confession. Comme un traitement vital qu'il ne faut pas négliger, jamais, je vous emmène ou bien vous propose d'aller vous confesser c'est à dire d'aller vous faire soigner en grande profondeur, là même où des médecins ne peuvent rien, des psychologues non plus, mais là où Dieu qui vous connait jusqu'à votre nombre de cheveux, peut tout.

On est parfois bien compliqués, nous autres catholiques, toujours à chercher le pourquoi du comment, toujours à tergiverser, alors qu'il ne s'agit bien souvent que de s'appliquer à croire simplement en la Parole divine.

Dieu ne nous demande pas d'être héroïque, les soldats du débarquement n'étaient pas des héros, loin de là, ils avaient peur, ils se demandaient ce qu'ils foutaient là pour la plupart. Mais ils ont obéi à la parole de leurs chefs.
C'est cela être catholique, c'est être un bon petit soldat. On est débarqué un jour sur la terre, cette vallée de larmes. On est baptisé. On adhère à la Parole donnée et reçue de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces. Quelque part on n'a pas tellement le choix au départ. On avance dans la fidélité de cette parole malgré ses faiblesses, son péché, sa peur et ses blessures. Le péché c'est à dire les rafales des armes ennemies,  nous maintiennent dans l'humilité et la volonté tenace d'avancer vers le but. Nous avons la rage de vivre qui augmente au fur et à mesure que nous rampons et buttons et souffrons. On se réfugie dans les bras du Seigneur surtout quand on est blessé. Notre désir de vie est parfois ténu, surtout si nous sommes blessés gravement. Mais nous, les catholiques, avons ce secret de guérison de Celui qui est le Chemin, la Vérité, la Vie.

On croit simplement que Dieu est présent tout au long de notre vie, comme Il nous l'a promis, et qu'Il nous sauve. Et on reste fidèle à cette Parole donnée et reçue.









jeudi 5 juin 2014

Josué : du combat spirituel, de la nécessité de l'Eglise dans ce combat.

"... tout est récupérable, rien n'est perdu, d'autres voies s'ouvriront pour donner chance à l'amour." (Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine)






A partir du "Josué et les Juges, Histoire sainte", par Dom Moléon

Dans Josué et les Juges, il s'agit de toute la conquête de le Palestine, de la Terre promise, qui s'accompagne de l'éradication brutale des peuples installés sur cette terre promise, avec au cours des années, la lutte incessante, les jougs et les libérations des Juifs à l'encontre de ces mêmes peuples qui reprennent du pouvoir régulièrement selon que les Juifs se laissent aller à une cohabitation accommodante avec eux au lieu de les combattre sans relâche. Bien souvent des jougs d'une vingtaine d'années venaient humilier et écraser les Juifs jusqu'à ce qu'ils se retournent à nouveau vers Dieu pour le supplier de les délivrer, ce que ce Dernier faisait alors par l'intermédiaire d'un personnage éminent (Josué, Débora, Gédéon et d'autres qui suivront).

Ces combats, ces accommodements, ces victoires, ces défaites sont à l'image de notre vie spirituelle qui ne doit jamais accorder une once de répit à ces peuples qui ont pris racine dans notre âme et qui représentent les vices. "Ces populations étaient bien plus nombreuses que les enfants d'Israël, "parce que le nombre des vices est plus grand que celui des vertus... Et ils sont aussi plus forts, comme nous le sentons par le combat que nous livre la nature elle-même.(...) Mais confiante dans l'assistance que Dieu lui a promise, guidée par le véritable Josué, c'est à dire par le Christ, l'âme ne doit pas hésiter à entreprendre la lutte, pour que les vertus entrent en possession du domaine indûment occupé en elle par les vices."
Je peux témoigner personnellement de ces combats et de ces victoires : pendant plus de vingt ans j'ai été humiliée par un vice personnel que je n'arrivais absolument pas à éradiquer et je m'en voulais beaucoup. Néanmoins, je réussis d'abord à m'en confesser une première fois, puis à chaque fois qu'il le fallait. Ce n'était pas très drôle, certaines de ces victoires avaient un goût un peu amer, je savais quelles batailles et quelles défaites m'attendaient... Et puis un jour, Dieu a fini par m'en délivrer... ça a duré plus de vingt ans, et maintenant j'ai d'autres vices qui se dressent à la porte! Mais bon, JE SAIS aujourd'hui qu'avec l'aide de Dieu et une foi inébranlable en sa Miséricorde, on peut se sortir de tout. Et je voulais en témoigner. C'est pourquoi j'insiste souvent sur la confession qui est véritablement le soutien concret, presque physique pourrait-on dire, de Dieu.

L'histoire de Josué
Josué dont le nom signifie Jésus et qui est une figure christique bien évidemment comme tous les grands personnages bibliques. Josué va opérer une entrée fracassante en Terre Promise avec la prise de Jéricho et d'autres prodiges guerriers. La puissance divine va prendre sa pleine mesure avec le peuple Juif tout au long des siècles et si nous transposons ce soutien divin à notre propre cause, nous les élus de Dieu par élection, nous ne pouvons qu'être remplis d'admiration et de bonheur à voir combien Dieu est présent dans ce combat métaphysique qui nous met toute notre vie en opposition au Mal.
Josué avait envoyé deux espions entre les murailles de Jéricho, auparavant pour étudier l'ennemi. Ces deux espions, repérés par les habitants de la ville avaient trouvé refuge dans la maison d'une courtisane nommée Rahab qui leur avait permis, moyennant leur promesse de protection au moment de l'assaut des Hébreux (sa maison serait reconnaissable à un signe extérieur, une corde rouge qui pendrait à la porte), de s'échapper et de revenir auprès de Josué. Rahab a reconnu en les Hébreux, un peuple élu avec une puissance divine unique et s'y soumet avec foi et humilité, au contraire de tous les habitants de Jéricho et de leur roi qui se fichent des préparatifs de guerre de ce peuple arrivé de nulle part avec un Dieu inconnu en étendard.
Dieu ordonne aux juifs et à Josué leur chef de faire pendant six jours le tour de la ville de Jéricho avec les trompettes sonnantes et l'Arche d'Alliance, et au septième jour,  le Seigneur fait dire par l'intermédiaire de son Ange saint Michel, Prince des armées célestes et apparu à Josué : "A cette heure, j'ai déjà, livré entre tes mains Jéricho et son roi, et tous les hommes de guerre."
Josué et le peuple hébreux observent scrupuleusement les instructions divines et au septième jour, ils lancent une grande clameur (de jubilation) devant les murailles de la ville, murailles qui s'effondrent et permettent ainsi aux Hébreux de conquérir la ville et de tuer tous ses habitants, hommes, femmes enfants sauf ceux qui avaient trouvé refuge dans le lupanar de Rahab.

Et maintenant le commentaire moral et mystique qui accompagne l'histoire de Josué :
"Les scofars, ou cors liturgiques, servaient encore chez les Juifs, à annoncer le jubilé, c'est à dire : la remise des dettes, la libération des esclaves, la restitution des biens. Or, transposés sur le plan spirituel, ce sont là les avantages que le Seigneur assure à quiconque veut écouter sa voix. Il ne demande qu'une chose, il ne fait entendre qu'une seule note; il dit et redit inlassablement à l'âme infidèle : Viens. C'est la supplication continuelle que son Cœur adresse aux pécheurs endurcis, c'est la seule condition qu'Il exige pour leur remettre tous leurs crimes, les libérer du joug du démon, leur rendre l'héritage du royaume des cieux. Et l'esprit et l'épouse disent : Viens. Et celui qui entend, qu'il dise : Viens...Cependant la patience de Dieu a une limite. Au septième jour, c'est à dire au dernier âge du monde, Jésus viendra en personne et il viendra au son de la trompette, c'est saint Paul qui nous le dit : Canet enim tuba. Alors les murailles tomberont, les tombeaux s'ouvriront, la terre et la mer rendront leurs morts, les Anges sépareront les bons des méchants. Au milieu de ce cataclysme, il n'y aura de salut que dans la maison de la courtisane. Tous ceux qui se réfugieront sous son toit, tous ceux qui se mettront à l'abri de la corde rouge, c'est à dire de la Passion du Sauveur, n'auront rien à craindre. Ne nous étonnons pas, dit saint Augustin, de voir l'Eglise représentée par une courtisane : dans une sa partie militante, elle est en effet composée de pécheurs, mais de pécheurs qui confessent leurs péchés et qui font pénitence. Tous ceux qui  reconnaîtront qu'elle est la seule arche de salut, seront agrégés au peuple de Dieu et comblés d'honneur. Tous ceux au contraire qui resteront obstinément attachés à l'esprit du monde et murés dans leur orgueil, périront irrémédiablement.

Cette Eglise militante dont je fais partie, voilà ce que j'ai tant de mal à présenter à certains de mes proches ou connaissances qui ne voient en elle qu'une courtisane non pas affriolante mais plutôt défraîchie et entachée et il est vrai que le péché ne rend pas forcément attirant. Mais voici que cette courtisane possède un atout extraordinaire, une foi invincible en son Dieu qui lui a promis Miséricorde et qui l'a déjà sauvée depuis l'aube des temps, si elle acceptait simplement de se mettre à l'abri du Christ et de sa croix.
Voilà qui rend notre Eglise plus attrayante et surtout absolument indissociable d'une véritable foi en Dieu. Etre catholique c'est croire en Jésus Christ, Époux mystique de l'Eglise, c'est croire en notre Salut tout simplement. Etre sauvé c'est se soumettre à l'Eglise du Christ c'est à dire recevoir les fruits de sa Passion.
On ne peut avoir la foi (catholique) sans entrer dans l'Eglise, refuge des pécheurs, Corps mystique du Christ.

Entrer dans l'Eglise -par les sacrements-, c'est se jeter dans les bras du Christ.






jeudi 13 mars 2014

POURQUOI IL NE FAUT PLUS JAMAIS VOTER



CHEZ HASHTABLE

Le gouvernement ment. Quelle surprise ! Quelle surprise ?


C’est un véritable festivalls auquel les déhanchements ayraultiques du premier ministre ne changeront rien : tout le gouvernement semble à nouveau mouillé dans un énième scandale dont la proportion, largement enflée par les agitations de la droite et d’une presse frétillante, prend celle d’une affaire d’État.
saperlipopette !Pour résumer, on a appris récemment – quelle abomination – que l’ex-président Sarkozy, non content d’avoir été trahi par un Buisson ardent de l’enregistrer avec son petit dictaphone, avait aussi été mis sur écoute sur tous ses téléphones portables, et que, par voie de conséquence, il avait été écouté aussi lorsqu’il papotait avec son avocat, Me Herzog. Au passage, c’est amusant de s’apercevoir qu’il n’y a jamais eu autant de micros à proximité de Carla, mais que c’était pour enregistrer son mari et pas elle. Comme quoi …
L’histoire aurait pu s’arrêter là si on n’avait pas découvert, cacophonie du gouvernement aidant, que l’enquête en cours était connue des plus hautes personnalités de l’État, dont Taubira, qui aura eu la présence d’esprit de nier, et Ayrault, qui aura eu la présence d’esprit de confirmer. Pataquès et collisions, on s’amuse, on rigole, mais tout ça ne fait guère organisé et contrôlé.
Bref. On découvre donc que le gouvernement raconte des salades.
Une partie de la presse en fait ses gros titres, l’autre verse dans l’analyse enfiévrée. Tout le monde se bouscule pour dire en quoi tout ceci doit être analysé (surtout la presse), en quoi cette affaire est énorme (surtout la droite), en quoi la surprise s’y dispute avec la consternation voire l’effarement (un peu tout le monde).
Diable.
En quoi tout ceci est-il si étonnant ?
Valls aurait menti. Taubira aurait menti. Ayrault aurait menti. Ah. Mais est-ce la première fois ?
Non, c’est même d’un banal achevé. Ce sont des habitués de la pirouette linguistique, de l’atténuation pratique, de la métaphore camouflante ou du pipeautage de grand chemin. Et, du reste, comment imaginer une seule seconde qu’un type à la place de Valls pouvaitne pas être au courant que des écoutes étaient pratiquées ? Comment une personne à la place de Taubira aurait pu ne pas savoir que le système judiciaire enquêtait depuis des mois et des mois sur certains de leur principaux opposants politiques ? Comment imaginer que Ayrault ait été tenu hors de la confidence ? Comment Hollande pouvait-il ignorer tout cela ?
Admettre, même du bout des lèvres, qu’une de ces personnes n’était pas au courant, c’est admettre en creux que ces gens ne sont, tout simplement, pas à la hauteur de leur tâche ! Ce serait admettre que l’appareil d’État leur échappe quasi-totalement, ce qui serait gravissime pour le coup par la démonstration d’une administration sans contrôle… Et si l’on admet qu’ils auraient dû être au courant mais qu’ils ont expliqué, de bonne foi, n’en rien savoir parce qu’ils auraient été débordés dans leurs nombreux dossiers, ou n’auraient pas attaché d’importance à des petits détails techniques d’une procédure parmi tant d’autre, bref, si l’on admet qu’ils disposaient de l’information mais n’en ont rien fait, c’est admettre implicitement qu’ils sont parfaitement incompétents.
Et bien évidemment, imaginer qu’ils puissent admettre tout savoir et même qu’ils pilotaient l’ensemble des écoutes, c’est croire que, tout d’un coup, le cynisme et l’honnêteté sans fard l’emporteraient sur l’hypocrisie et l’habitude du calcul politicien de long terme que leur ambition personnelle leur impose évidemment. Ils préfèreront, de loin, passer pour des menteurs et des hypocrites que pour des cyniques (qu’ils sont pourtant) ; jouer cartes sur table, pour ces individus, revient à finir comme Cahuzac.
De la même façon, on découvre que l’appareil judiciaire écoute un peu tous ceux qui sont mêlés de près ou de loin au pouvoir politique en France. Après avoir feint la surprise de découvrir que la magistrature pencherait un peu pas mal à gauche avec un « Mur des cons » assez gratiné, on feint maintenant d’apprendre que des magistrats, commandités par le gouvernement duquel ils n’ont normalement aucun ordre à recevoir, ont placé sur écoute un paquet de personnes politiques, directement ou indirectement. Et ce serait surprenant ? Mais c’est, là encore, d’un banal parfaitement complet ! Cela se pratique pour ainsi dire depuis que le pouvoir intéresse les hommes, et la gauche, toute drapée de sa morale en carton systématiquement portée en étendard, n’échappe en rien à la règle : ces gens espionnent tous ceux qu’ils peuvent, tout comme la droite l’a toujours fait aussi.
la vie des autres se fait chier
L’opposition trouve à présent scandaleux que les uns aient menti, que les autres aient espionné. Comme ces parangons de vertu et de probité sont mignons à s’égosiller ainsi. Ainsi, Michèle Alliot-Marie, celle-là même qui proposa d’assister Ben Ali lors de la révolution tunisienne, réclame la démission de Taubira pour des raisons éthiques. Quelle blague. L’éthique pour MAM ou Taubira, c’est ce que la vaisselle de mariage est au vieux couples : encombrante, ébréchée et sortie seulement aux grandes occasions.
Tout ceci est, bien évidemment, du parfait théâtre sans le moindre intérêt ! On voit mal Sarkozy et sa clique prendre ça avec détachement alors que des élections approchent et que ceci leur sert d’argumentaire électoral en platine : la gauche vous ment (nan, sans blague !), l’Etat vous espionne (oh, vraiment ?), et tout ceci mérite des actions fermes et déterminées à base de menton en avant et de lippe tremblante de rage.
En réalité, ces affaires lamentables devraient surtout servir de contre-argumentairegénéral à toute élection puisqu’elles ne permettent, en définitive, que de choisir quel guignol, systématiquement de l’un ou l’autre parti, va décrocher la queue du Mickey dans le manège démocratique tintinnabulant. Ces guignols de gauche et de droite ou d’ailleurs se valent bien tous : entre les moyens massifs d’espionnage de la populationmis en place par la précédente équipe de Géo-Trouvetous délétères, moyens qui n’ont pas du tout été mis au placard depuis, loin s’en faut, et ces affaires récentes qui démontrent de façon absolument limpide que les bonnes petites bidouilles n’ont jamais cessé en République Populaire du Bisounoursland, je vois mal exactement ce qui pourrait motiver à voter pour l’une ou l’autre formation dont les objectifs restent évidents : la mise en coupe réglée du pays, le musèlement des vrais opposants et le contrôle étroit de la population.
De surcroît, on ne peut s’empêcher de voir que ces manœuvres qui déstabilisent Valls, Taubira et Ayrault n’auraient sans aucun doute pas autant de retentissement sans une presse aux aguets et dont le comportement montre surtout qu’elle adore ce genre de spectacle, au mépris évident et cynique des problèmes de fond (et de fonds) du pays. On s’en doute, un remaniement ministériel tomberait à point pour faire vendre des copies des zombies journalistiques qui, comme tout zombie, recherchent désespérément des cerveaux.
À quelques jours des scrutins, tout ceci donne un goût délicieux à cette démocratie dont plus personne ne se réclame, n’ayant plus que le mot « République » dans la bouche, l’autre ayant probablement déjà fondu comme un caramel sirupeux mais déjà oublié. De façon évidente, ces gens, tous, se moquent ouvertement du peuple, de l’avenir qu’il leur propose, des problèmes qui s’accumulent.
La démocratie, en France, est devenue une farce ridicule. Ce pays est foutu.
la vie des autres n'aime pas voter

dimanche 1 décembre 2013

Veille




                                           "S'enfoncer dans la nuit sans être de la nuit"


Vivre en oscillant sur la corde raide
L'abîme est profond, la marge faible
Marcher vers l'horizon, seul, sans aide
Fixer le but, rester ferme et en paix

Avancer dans les tourments et les orages
Continuer le chemin avec patience et courage
Oublier sans férir les épreuves, les ravages
Ne jamais se plaindre des dommages

S'enfoncer sans peur dans la nuit
Braver les ombres, écouter les cris
Se diriger vers la lumière qui luit
Traquer la Vérité qui nous fuit

Se relever des péchés et de leurs blessures
Penser que la Grâce guérit toutes nos brûlures
Croire que dans la brise et son murmure
Dieu nous protège de son invincible armure


jeudi 7 novembre 2013

Miséricorde

Prends garde à toi qui passe dans ma rue, devant mes fenêtres
Où tu oses -oh folie- t'aventurer, redoute le pire et crains la foudre
Il s'agit d'un lieu fondamental, du cœur et de la source des univers
De ma vie, de mes vies, où il n'y a plus de raison ni de doute.

Un geste de ta part, un battement de cil, un pas de trop
Te ramènera sans coup férir au paradis de tes ancêtres,
Je sais bien que tu ne voulais rien ou si peu peut-être
Mais il s'agit de ma vie, de mes vies et c'est déjà trop.

Tu as cru que tu pouvais tenter le diable
Mais Satan n'est pas femme, épouse et mère
Trinité incorruptible, sauvage et guerrière :
Tu n'avais aucune chance, misérable

Ainsi donc, entends bien cette prière.


mercredi 6 novembre 2013

Idées concrètes en cas d'effondrement

Un témoignage très concret, pris chez Hoplite, qui peut donner des idées pratiques à tous ceux qui en ont besoin : 

Je suis de Bosnie, et comme vous le savez, c'était l'enfer là-bas de 1992 a 1995. Pendant 1 an, j'ai vécu et survécu dans une ville de 60 000 habitants sans électricité, sans pétrole, sans eau courante, sans services traditionnels de distribution de nourriture et de consommables, et sans aucune organisation gouvernementale. Notre ville était encerclée par des forces armées pendant 1 an, et dans cette ville, c'était la merde. Nous n'avions pas de police ou d'armée organisée…il y avait des groupes armés, et ceux qui étaient armés défendaient leurs maisons et leurs familles.
Quand tout a commencé, certains d'entre nous étaient mieux préparés que d'autres, mais la plupart des familles voisines n'avaient de la nourriture que pour quelques jours. Certains d'entre nous avaient des pistolets, et très peu étaient ceux qui avaient des AK47 et des fusils. Apres 1 ou 2 mois, les gangs ont commencés leur destruction: les hôpitaux par exemple, se sont rapidement transformés en abattoirs. Les forces de police n'étaient plus présentent, et l'absentéisme du personnel hospitalier était de plus de 80%. J'ai eu de la chance, ma famille était large a cette époque (15 membres dans une grande maison, 6 pistolets, 3 AK47), et donc nous avons survécu…tout du moins la plupart d'entre nous. Les Américains balançaient des MRE (Meals Ready to Eat - Rations de combat) tous les 10 jours pour aider les villes encerclées comme la notre, mais ce n'était jamais assez. Quelques maisons avaient des petits jardins potager, mais la plupart n'en avaient pas.
Après 3 mois, les premières rumeurs de décès par famine commençaient…mais aussi les décès par exposition au froid.  Nous avons démonté toutes nos portes, l'encadrement des fenêtres des maisons abandonnées, notre parquet...et j'ai aussi brûlé la totalité de nos meubles pour nous tenir chaud. Beaucoup sont mort de maladies, surtout a cause de l'eau (2 membres de ma famille), nous buvions principalement l'eau de pluie, nous mangions du pigeon et même du rat. La monnaie est vite devenue de la merde… Nous faisions du troc; pour une boite de bœuf tu pouvais avoir une fille pour quelques heures (c'est dur, mais c'était la réalité), je me rappel que la plupart des femmes qui vendaient leurs corps étaient des mères désespérées. Armes a feu, munitions, bougies, briquets, antibiotiques, pétrole, piles et nourriture…on se bâtaient comme des animaux pour ça. Dans une situation comme celle-là, tout change, et la plupart des gens deviennent des monstres…c'était moche. La force était dans le nombre. Si vous étiez tout seul a vivre dans une maison, ce n'était qu'une question de temps avant d'être pillé et tué…peu importe si vous étiez armé. Moi et ma famille, nous sommes prêt maintenant; je suis bien armé, j'ai un bon stock et je suis "éduqué".  Ce n'est pas important ce qui va se passer; tremblement de terre, guerre, tsunami, extra-terrestres, terrorisme, pénurie, effondrement économique, émeute…l'important c'est que quelque chose va se passer ! De mon expérience, vous ne pouvez pas survivre seul, la force est dans le nombre, soyez proche de votre famille, préparez avec elle, choisissez vos amis sagement et préparez-vous avec eux aussi.
1- Comment vous déplaciez-vous en sécurité ?
En fait la ville était divisée en communauté de rues. Dans ma rue (15 / 20 maisons) nous avons organisé des patrouilles (5 hommes armé chaque soirs) pour garder un œil sur les gangs et les ennemies. On troquait entre nous dans la rue. A 5 kilomètres il y avait une rue très organisée pour le troque, mais c'était trop dangereux de s'y rendre pendant la journée a cause des tireurs d'élite. En plus on avait plus de chance de se faire dépouiller la bas que de troquer, et je n'y suis allé que 2 fois, et seulement quand j'ai vraiment eu besoin de quelque chose de particulier et d'important (il parle principalement ici de médicaments, et notamment d'antibiotiques). Personne n'utilisait les voitures en ville parce que les routes étaient bloquées avec des débris, ou d'autres voitures abandonnées…et le pétrole valait de l'or ! Si je devais aller quelque part c'était de nuit. Ne jamais se déplacer seul, mais jamais en groupe important non plus (2 / 3 hommes peut être). Toujours armé, très vite, et toujours dans les ombres au travers des ruines, jamais dans les rues. Il y avait beaucoup de bandes organisées, 10 / 15 personnes, parfois 50…mais il y avait aussi des gens comme toi et moi, des pères, des grands pères, des gens bien avant la merde, qui maintenant tuais et pillais. Il n'y avait pas vraiment de bons et de méchants…la plupart étaient entre les deux; c'est a dire prêt a tout, au bon comme au moins bon.
2- Et le bois ? Il me semble qu'il y a beaucoup de forêts autour de ta ville, pourquoi avez-vous brûlé vos meubles et vos portes ?
Autour de ma ville il n'y a pas beaucoup de bois. Ma ville était une très belle ville, elle ressemblait a n'importe qu'elle autre ville avec ses cinémas, ses restaurants, ses écoles, son aéroport, ses centres culturels…Nous avions des arbres dans la ville, des parcs et des arbres fruitiers…mais tous les arbres ont été brûlé en moins de 2 mois. Quand tu n'a pas d'électricité pour préparer la nourriture et te chauffer, tu brules ce que tu as sous la main; tes meubles, tes portes, ton parquet (et ça brule vite ce bois la !). Nous n'avions pas de banlieue et de fermiers. Dans les banlieues c'était l'ennemie, et nous étions encerclés. Et dans la ville, tu ne savais pas qui était ton ennemi.
3- Quelles sorte de savoirs faire as-tu utilisé durant cette période ?
Tu peux imaginer que d'une certaine manière c'est le retour a l'âge de pierre ! Par exemple, j'avais une bouteille de gaz. Mais je ne l'utilisais pas pour faire chauffer ou préparer notre nourriture, c'était trop précieux ! J'ai bidouillé la bouteille pour pouvoir y attacher un tuyau pour recharger les briquets. Les briquets, ça n'a pas de prix ! Une personne m'amenait un briquet vide, je le rechargeait, et je prenais une boite de conserve ou une bougie en échange par exemple. J'espère que tu comprends mon exemple. Aussi, je suis infirmier. Dans ces conditions, mes connaissances étaient mon argent. Soyez éduqués et entraînés…durant un tel effondrement, tes connaissances valent de l'or si tu sais réparer certaines choses. Les objets et les stocks vont disparaitre un jours, c'est inévitable…mais tes connaissances peuvent être ta nourriture. Je veux dire…apprends a réparer les choses; les chaussures ou les gens…Par exemple, mon voisin savait faire du pétrole pour les lampes…il n'a jamais eu faim.
4- Si tu avais 3 mois pour te préparer aujourd'hui, qu'est ce que tu ferais ?
Si j'avais 3 mois pour me préparer ? Hmmm…fuir a l'étranger ? (blague). Aujourd'hui, j'ai conscience que les choses peuvent s'aggraver très très rapidement. J'ai de la nourriture, des produits pour l'hygiène, de l'énergie etc.  Un approvisionnement de 6 mois. Je vis en appartement avec une bonne sécurité. J'ai une maison avec un abris dans un village a 5 kilomètres de mon appartement, et dans cette maison j'ai encore 6 mois d'approvisionnement. Ce village est une toute petite communautés, la plupart des habitants sont préparés…ils ont apprit avec la guerre. J'ai 4 différentes armes a feu avec 2000 munitions chacune. J'ai un bon jardin avec la maison et des connaissances en jardinage. Aussi, j'ai un don maintenant pour sentir la merde…tu sais, quand tout le monde autour de toi dit que tout va bien ce passer, mais que toi tu sais qu'en fait tout va s'effondrer ? Je pense que j'ai la force de faire tout ce que je dois faire pour survivre et protéger ma famille, parce que quand tout s'effondre, soi sur, si tu n'a rien, tu vas faire des choses qui ne sont pas très jolies pour sauver tes gosses…tu veux juste survivre avec ta famille. Survivre seul; aucune chance (c'est mon opinion), peu importe si tu es armé et préparé, au final, si tu es seul tu vas mourir, je l'ai vu...plein de fois.  Des groupes et des familles avec énormément de préparation et de connaissances variées, c'est le mieux.
5- Quel matériel devrions-nous stocker ?
Ça dépend. Si tu veux survivre comme un voleur, la seule chose dont tu as besoin c'est des armes et beaucoup de munitions. A part des munitions, de la nourriture, du matériel pour l'hygiène et de l'énergie (piles etc…), tu veux te pencher sur des petites choses faciles a troquer; couteaux, briquets, savon, pierres a feu…Aussi, beaucoup d'alcool, le genre qui se garde longtemps, comme du whisky par exemple, la marque n'est pas importante, ça peut être le truc le moins chère possible, mais c'est très bien pour le troque dans les moments difficile. Le manque d'hygiène a fait beaucoup de morts. Tu vas avoir besoin de choses très simples, mais en quantités importantes, comme énormément de sacs poubelle, je veux dire, énormément !Et beaucoup de duct tape. Des assiettes et des gobelets en plastique ou en carton…tu vas en avoir besoin beaucoup ! Je sais, parce que nous n'en avions pas du tout. Mon opinion est que le matériel pour l'hygiène est peut être encore plus important que la nourriture. Tu peux facilement tuer un pigeons, ou trouver quelques plantes a te mettre sous la dent, mais tu ne peux pas tuer du produit désinfectant pour les mains par exemple. Plein de produit pour nettoyer, désinfecter, beaucoup de savon, de la Javel, des gants, des masques…tout ce qui est jetable. Aussi, un entrainement dans les premiers soins, apprendre a nettoyer une plaie, une brulure ou même une blessure par balle, car il n'y a pas d'hôpital…même si tu trouves un médecin quelque part, il n'aura pas de médicaments, ou tu n'auras rien pour le payer. Apprendre a utiliser les antibiotiques, et en avoir beaucoup.
Pour les armes il faut rester simple. Maintenant je porte un Glock .45, parce que j'aime bien, mais c'est pas une arme ou un calibre répandu ici, donc j'ai aussi deux 7,62 mm TT pistolets Russe cachés, parce que tout le monde a cette arme ici, et beaucoup de munitions. J'aime pas les Kalashnikov, mais c'est pareil, tout le monde en a une…donc…Il faut avoir des choses petites et discrètes. C'est bien d'avoir un générateur par exemple, mais c'est mieux d'avoir 1000 briquets BIC. Le générateur, dans une situation merdique, va attirer l'attention. 1000 briquets prennent pas de place, c'est pas chère, et tu peux toujours les troquer pour quelque chose. Pour l'eau, la plupart du temps on récupérait l'eau de pluie dans 4 gros tonneaux, après on la portait a ébullition…on avait aussi une rivière pas loin, mais l'eau est vite devenue trop polluée. Le matériel pour l'eau est très important. Il faut avoir des tonneaux, des seaux et des récipients pour stocker et transporter l'eau.
6- Est-ce que l'or et l'argent métal t'on aidé ?
Oui. Personnellement, j'ai échangé tout mon or pour des munitions. Parfois on était capable d'utiliser de la monnaie (Mark et Dollars) pour acheter certaines choses, mais ces occasions étaient rares, et le prix était toujours exorbitant. Par exemple, une boite de haricots valait 30/40 $. La monnaie courante s'est très vite effondrée. Simplement, on troquait quelque chose pour autre chose.
7- Est-ce que le sel avait de la valeur ?
Oui, mais pas autant que le café ou les cigarettes. J'avais beaucoup d'alcool, et j'ai troqué avec sans problème. La consommation d'alcool était plus de 10 fois supérieur qu'en temps normal. Maintenant, c'est probablement mieux de stocker des cigarettes, des briquets et des piles pour le troc parce que ça prend moins de place. Je n'étais pas un prepper a l'époque, on a pas eu le temps de se préparer…quelques jours avant que la merde atterrisse dans le ventilateur, les politiciens a la télé répétaient que tout allait bien. Quand le ciel nous est tombé sur la tête, on a juste prit ce qu'on pouvait.
8- Est ce que ça a été difficile d'obtenir une arme a feu durant l'événement et qu'est ce que vous avez pu troquer pour les armes et les munitions ?
Après la guerre, chaque maison avait une arme. La police a réquisitionnée pas mal d'armes au début de la guerre…mais la plupart des gens ont caché leurs armes quelque part. J'ai une arme légale (licence), et les autorités ont une lois qui s'appelle "collection temporaire". Dans une situation de trouble (émeutes par exemple…), le gouvernement a le droit de temporairement confisquer toutes les armes…donc tu gardes ça en tête. Tu sais, il y a des gens qui ont une arme légale, mais ceux qui ont des armes légales ont aussi des armes illégales cachées quelque part, juste au cas ou il y aurait une confiscation. Si tu as de bonnes choses a troquer, c'est pas compliqué de trouver une arme pendant une situation difficile, mais ce qu'il faut savoir, c'est que les premiers jours sont les plus dangereux en terme de chaos et de panique, et que peut être que tu ne va pas avoir le temps de trouver une arme pour défendre ta famille. Ne pas être armé durant la panique, le chaos et les émeutes…c'est pas bien. Dans mon cas, a un moment un homme avait besoin d'une batterie de voiture pour sa radio, et il avait des fusils…j'ai troqué la batterie pour 2 fusils. Pour les munitions…parfois je troquais des munitions pour de la nourriture, et quelques semaines plus tard de la nourriture pour des munitions. Par contre, je ne faisais jamais du troc chez moi, et jamais dans des quantités importantes. Très peu de gens (voisins) savaient combien de choses j'avais chez moi. Le truc, c'est de stocker le plus possible en rapport avec l'espace et l'argent…et après, suivant la situation, tu vois ce qui est le plus demandé. Correction, munitions et armes auront toujours la première place pour moi…mais qui sait, numéro deux c'est peut être des masques a gaz avec des filtres.
9- Et la sécurité ?
La défense était très primitive. Encore une fois, nous n'étions pas prêt…et nous avons utilisé ce que nous pouvions. Les fenêtres étaient cassées, les toits étaient en piteux états a cause des bombardements. Toutes les fenêtres étaient bloquées avec quelque chose: sacs de sables, pierres. J'ai bloqué ma porte de jardin avec des débris, et j'utilisais une échelle en aluminium pour passer au dessus du mur. Quand je revenais chez moi, j'appelais quelqu'un pour qu'il me passe l'échelle. Un mec dans notre rue a complètement barricadé sa maison. Il a fait un trou dans un mur connecté a la maison de son voisin qui était en ruine…une entrée secrète. Ca va paraitre étrange, mais toutes les maisons les plus sécurisées ont été pillées et détruites en premier. On avait de belles maisons dans mon quartier, avec des murs, des chiens, des alarmes et des barres de fer aux fenêtres. Les foules ont attaquées ces maisons en premier…certaines étaient défendues et ont tenues, d'autres non…ça dépend combien d'armes et de bras ils avaient a l'intérieur. Je pense que la sécurité c'est important, mais il faut la garder d'un profil bas…oublies les alarmes par exemple. Si tu vies en ville et que la merde arrive, tu vas avoir besoin d'un endroit simple et sobre, avec beaucoup d'armes et de munitions. Combien de munitions ? Le plus possible. Il faut garder ton domicile le plus inintéressant possible. Aujourd'hui ma porte est en acier pour des raisons de sécurité, mais seulement pour me sauvegarder de la première vague de chaos…après ça, je pars pour retrouver un groupe plus important (famille et amis) a la campagne. A la maison, on a eu des situations pendant la guerre, pas besoin de rentrer dans les détails…on a toujours eu plus de puissance de feu, et le mur en brique. Aussi on avait toujours quelqu'un qui surveillait la rue…une bonne organisation au cas ou les gangs viennent est primordial. Il y avait toujours des coups de feu en ville. Encore une fois, la défense de notre périmètre était très primitive…toutes les issues étaient barricadées, avec juste des petites ouvertures pour les fusils, et toujours au minimum 5 membres de la famille a l'intérieur prêt a se battre, et une personne dans la rue, cachée. Pour éviter les tireurs d'élite, on restait a la maison toute la journée. Dans les premiers temps, les faibles meurent, et les autres se battent. Il n'y avait presque personne dans les rues durant la journée a cause des tireurs d'élite…la ligne de défense était extrêmement rapprochée. Beaucoup sont mort parce qu'ils voulaient aller se renseigner sur la situation par exemple…c'est très très important, il faut se rappeler que nous n'avions pas d'informations, pas de radio, pas de télé…rien, juste des rumeurs.
Il n'y avait pas d'armée organisée…mais nous étions tous des soldats.  On était forcé. Tout le monde portait une arme et essayait de se protéger. Dans la ville, tu ne veux pas porter de truc de qualité parce que quelqu'un va te tuer et te prendre tes affaires. Tu ne veux même pas avoir un beau fusil, et attirer l'attention. Je vais te dire; si c'est la merde demain, je veux rester sobre, et ressembler a tout le monde dehors, peureux, désespéré, confus, et peut être que je vais crier et pleurer un peu… Pas de vêtement chic…je ne vais pas sortir avec mes super habits tactiques tout neuf et crier "je suis la, vous êtes tous mort maintenant les méchants !". Je vais rester profil bas, lourdement armé et bien préparé en attendant et en évaluant mes options, avec mon meilleur ami ou mon frère a mes cotés. Ca n'a pas d'importance d'avoir une super sécurité, un super fusil…si les gens voient qu'ils devraient probablement te voler, que tu es rentable, ils vont te voler. C'est seulement une question de temps, et de combien de bras et d'armes vont être de la partie.
10- Quelle était ta situation avec les toilettes ?
On utilisait une pelle et n'importe qu'elle bout de terre a proximité de la maison…ça a l'air sale, mais c'était sale. On se lavait avec l'eau de pluie récupérée, ou alors a la rivière, mais la plupart du temps c'était trop dangereux. On avait pas de papier hygiénique…et même si j'en avait je le troquais. C'était une sale situation. Si je peux te donner un conseil; en premier, il faut avoir des armes et des munitions…après tout le reste, et je veux dire tout ! Ca dépend de la place que tu as et de ton budget bien sur. Si tu oublis quelque chose, c'est pas grave, il y aura toujours quelqu'un pour troquer…mais si tu oublis les armes et les munitions, tu ne pourras pas avoir accès au troc. Aussi, je ne vois pas les grandes familles comme plus de bouches a nourrir, je vois les grandes familles comme plus d'armes et plus de forces…après, c'est dans la nature des gens de s'adapter.
11- Et les soins pour les gens malades ou blessés ?
Les blessures étaient principalement des blessures par balles. Sans les spécialistes et tout le reste, si la victime avait la chance de trouver un docteur quelque part, il avait 30% de chance de s'en sortir. C'était pas comme dans les films, les gens mourraient…beaucoup sont morts de petites blessures infectées. J'avais des antibiotiques pour 3 ou 4 traitements, bien sur, seulement pour ma famille. Des choses très bêtes tuais les gens. Une simple diarrhée est capable de te tuer en quelques jours sans les médicaments et l'hydratation nécessaire…surtout les enfants. On a eu beaucoup de maladies de la peau, et des empoisonnements alimentaire…on pouvait pas faire grand chose. On faisait beaucoup avec les plantes locales et l'alcool, et pour le court terme ça allait, mais sur le long terme c'était horrible. L'hygiène est primordiale…et avoir le plus de médicaments possible, surtout les antibiotiques." source/volwest