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lundi 14 août 2023

Chronique estivale 24

 Arrivée pour quelques jours, en bretagne, de quatre de mes fils. Nous sommes donc tous les jours 8 à table (mon mari est reparti). Les quantités de nourriture sont énormes.

Dans la lecture du jour, je lis cette phrase :"Aimez donc l’immigré, car au pays d’Égypte vous étiez des immigrés."

Evidemment, pour moi "aimer les immigrés" ça n'est certainement pas les accueillir sur notre sol comme cela se fait actuellement.  

Aujourd'hui, fête d'un saint polonais, le père Maximilien-Marie Kolbe, mort à Auchtwitz. Il a offert sa vie àla place d'un père de famille. Grand saint, grand missionnaire et ardent serviteur de la cause mariale.

Quelques extraits de sa vie et de sa mort :

"En 1930, il part avec quatre autres frères pour le Japon, où il fonde « Mugenzai No Sono », ou « Jardin de l'Immaculée », dans la banlieue de Nagasaki et y imprime une revue mariale. Cette « cité » restera intacte après l'explosion, en 1945, de la bombe atomique sur Nagasaki."

(...)

"Le 17 février 1941, le Père Kolbe est arrêté par la Gestapo et incarcéré dans la prison Pawiak de Varsovie. Le 28 mai de la même année, il est déporté au camp d’extermination d’Auschwitz, où on lui assigna le numéro 16670.

Fin juillet, un prisonnier s'échappa. En guise de représailles, le commandant Fritsch décide de choisir dix compagnons du même bloc et les condamne injustement à mourir de faim et de soif dans le « souterrain de la mort ».

À la stupeur de tous les prisonniers et des nazis eux-mêmes, le père Maximilien sort des rangs et s'offre pour remplacer l'un des condamnés, le jeune sergent polonais François Gajowniczek. De cette manière inattendue et héroïque, le Père Maximilien descend avec les neuf autres prisonniers dans le « souterrain de la mort » où, les uns après les autres, les prisonniers meurent, consolés, assistés et bénis par un saint.

Le 14 août 1941, le Père Kolbe quitte sa demeure terrestre, pour la rencontre avec Dieu, suite à une injection d’acide phénique. Le jour suivant, son corps fut brûlé dans le four crématoire et ses cendres dispersées au vent."

mardi 28 mars 2023

Le combat du Bien et du Mal

 Citation : 

Je continue de lire le petit livre de Vassili Grossman. Dans la nouvelle suivante, "Les carnets d'Ikonnikov", il y a toute une réflexion sur le bien et le mal. Elle se termine par ses mots fulgurants :

"J'ai trempé ma foi dans l'enfer (...).J'ai vu que ce n'était pas l'homme qui était impuissant dans sa lutte contre le mal, j'ai vu c'était le mal qui était impuissant dans sa lutte contre l'homme. Le secret de l'immortalité de la bonté est dans son impuissance. Elle est invincible. Plus elle est absurde et impuissante et plus elle est grande (...). L'amour aveugle et muet est le sens de l'homme."
"L'histoire des hommes n'est pas le combat du bien cherchant à vaincre le mal. L'histoire de l'homme c'est le combat du mal cherchant à écraser la minuscule graine d'humanité. "

jeudi 23 mars 2023

Le testament spirituel de l'abbé Gordien

 "Le bon combat, c’est celui qui consiste à rester fidèle aux promesses de son baptême, à lutter pour demeurer uni au Seigneur Jésus, à vivre en chrétien, à garder ses convictions. C’est un combat de chaque jour, car le démon ne cesse de tenter de nous détourner de Dieu. Le bon combat, c’est celui de la fidélité au Christ, fidélité qui se gagne chaque jour à travers les devoirs de la vie chrétienne : la prière quotidienne, la messe dominicale, la confession régulière, la lutte contre tel ou tel péché qui revient sans cesse. Il y a des chrétiens héroïques qui se battent chaque jour pour terrasser un péché qui empoisonne leur vie. Ces combats de l’ombre, dans les secrets de la vie, sont autant de petites victoires remportées contre le Prince des ténèbres."

https://lanef.net/2023/03/20/le-testament-spirituel-de-labbe-cyril-gordien-pretre-au-coeur-de-la-souffrance/?fbclid=IwAR3Y1YFhvP6DaaGYb73HzNjzwDBjtWj6jDerhOat_sVA8-Aq0Zkndn6o8dY

mercredi 24 mars 2021

"L'homme est fait pour vivre en Dieu comme le poisson dans l'eau"

 Petit extrait retranscrit d'une vidéo sur l'oraison par les frères de Chéméré : 

"L'oraison est donc un temps où l'on cherche la présence de Dieu de façon prolongée, personnelle et intérieure. Sainte Thérèse d'Avila la définissait ainsi : "L'oraison n'est rien d'autre qu'un échange intime d'amitié où l'on s'entretient souvent seul à seul, avec Dieu, dont on se sait aimé."

Pourquoi faire oraison? Après ce que nous avons dit, il est facile de comprendre pourquoi l'oraison est si importante dans la vie chrétienne. Pour le chrétien, l'oraison est un devoir, un besoin et un droit.

L'oraison est d'abord un devoir, parce que le premier des commandements de Dieu, c'est celui de L'aimer par-dessus tout et de L'adorer. Or, l'oraison est un temps donné exclusivement à l'amour de Dieu et une occasion privilégiée de l'adorer. Sans faire oraison, il est impossible d'accomplir le premier et le plus grand de tous les commandements. 

L'oraison est aussi un besoin parce que, comme le disait le père Caffarel : "L'Homme est fait pour vivre en Dieu comme le poisson dans l'eau." Or, l'oraison est comme une plongée en Dieu. Sans oraison notre vie théologale court le risque de rester routinière, peu consciente, peu intérieure.

Enfin, l'oraison est un droit : elle est un droit naturel que rien ni personne ne peut nous enlever parce que nous sommes nés, non pas pour travailler, ou pour consommer, mais pour jouir éternellement de Dieu. Faire oraison, c'est affirmer que nous ne sommes pas les esclaves des nécessités ou bien des plaisirs de la vie, mais de libres enfants de Dieu dans le Christ. Comme l'écrivait saint Paul aux Galates : "C'est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés."


vendredi 12 mars 2021

"Il faut que les paroles se taisent pour que parle le Verbe"


 Gabrielle a rapporté de l'école un petit élan en peluche : elle l'a choisi sérieusement dans l'armoire aux "trésors" de la maîtresse, comme récompense de dix images. Une image est le fruit de dix bons points. C'est donc un cadeau très précieux qui reflète un dur labeur! Gabrielle le trimballe partout avec elle, elle dort avec évidemment.

J'aime cette capacité, ce trait ou ce génie enfantin pour l'essentiel qui est invisible à nos yeux, pour reprendre le Petit Prince... C'est cela que je ressens quand j'écris mes "poèmes". Ils sont pour moi plus importants que tout. Lorsque je réussis à en "sortir" un, j'ai le sentiment très net de re-vivre. Ces petits textes de rien du tout nécessitent d'avoir l'âme pas trop encombrée, un vrai "état de grâce". Sinon, point d'intériorité possible, et pas de concentration réelle sur le monde qui m'entoure. "La vérité s'est perdue, elle a disparu de leur bouche" disait la première lecture d'hier... Ces petits textes sont les "bons points", ou bien les images, ou bien encore un petit élan en peluche que j'ai gagné dans le combat spirituel quotidien. La frontière entre le Bien et le Mal passe dans notre cœur. Elle est mouvante. A nous et à Dieu de repousser les lignes par sa Grâce.



mardi 2 mars 2021

"Le mot de l'énigme du monde en nous"


   "C'est que Dieu n'a pas voulu nous faire irresponsables, je veux dire incapables d'amour, car il n'y a pas de responsabilité sans liberté et l'amour est un choix libre, ou il n'est rien."

Beaudelaire : 

"Car c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage

Que nous puissions donner de notre dignité

Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge

Et vient mourir au bord de votre éternité."

"Je voudrais cependant que vous vous y arrêtiez une minute. Combien d'entre nous, chrétiens, avons vraiment conscience d'être à l'image et à la ressemblance de Dieu? Qui se préoccupe du sens réel de ces paroles surprenantes? Si elles sont véridiques, ce n'est donc pas l'observation des choses qui nous révèlerait le monde, son secret serait en nous, au plus profond de nous-mêmes, là où nous ne descendons jamais, évidemment (...). Le mot de l'énigme du monde en nous pourquoi pas? Le destin ordinaire des hommes n'est-il pas de chercher très loin, et souvent au péril de sa vie, ce qu'ils avaient, sans le savoir, à portée de la main? Ce mot de l'énigme, nous n'espérons le trouver que par l'observation pratique des choses. Mais dans cette recherche la science ne collabore pas avec la nature, elle l'affronte."

"C'est que la création est une oeuvre d'amour. L'intelligence, réduite à ses propres forces, ne croit trouver dans la nature qu'indifférence et cruauté, mais c'est sa propre cruauté qu'elle y découvre. A proprement dire ce n'est pas la souffrance qu'elle condamne, c'est ce qui lui paraît une anomalie, un gaspillage, une mauvaise organisation de la souffrance. L'intelligence est plus cruelle que la nature."

"Il y a quelque part ailleurs, je ne sais où, une maman qui cache pour la dernière fois son visage au creux d'une petite poitrine qui ne battra plus, une mère près de son enfant mort qui offre à Dieu le gémissement d'une résignation exténuée, comme si la Voix qui a jeté les soleils dans l'étendue ainsi qu'une main jette le grain, la Voix qui fait trembler les mondes, venait de lui murmurer doucement à l'oreille : "Pardonne-moi. Un jour, tu sauras, tu comprendras, tu me rendras grâce. Mais maintenant, ce que j'attends de toi, c'est ton pardon, pardonne. Que vous en dire? Le langage est au service de l'intelligence. Et ce que ces gens-là ont compris, ils l'ont compris par une faculté supérieure à l'intelligence, bien qu'elle ne soit nullement en contradiction avec elle - ou plutôt par un mouvement profond et irrésistible de l'âme qui engageait toutes les facultés à la fois, qui engageait à fond toute leur nature... Oui, au moment où cet homme, cette femme acceptaient leur destin, s'acceptaient eux-mêmes, humblement - le mystère de la Création s'accomplissait en eux, tandis qu'ils couraient ainsi sans le savoir tout le risque de leur conduite humaine, se réalisaient pleinement dans la charité du Christ, devenant eux-mêmes, selon la parole de saint Paul, d'autres Christ. Bref, ils étaient des saints."

"C'est que le Christ veut bien ouvrir à ses martyrs la voie glorieuse d'un trépas sans peur, mais il veut aussi précéder chacun de nous dans les ténèbres de l'angoisse mortelle. La main ferme, impavide, peut au dernier pas chercher appui sur son épaule, mais la main qui tremble est sûre de rencontrer la sienne..."

"La foi que quelques-uns d'entre vous se plaignent de ne pas connaître, elle est en eux, elle remplit leur vie intérieure, elle est cette vie intérieure même par quoi tout homme, riche ou pauvre, ignorant ou savant, peut prendre contact avec le divin, c'est à dire avec l'amour universel, dont la création tout entière n'est que le jaillissement inépuisable. Cette vie intérieure contre laquelle conspire notre civilisation inhumaine avec son activité délirante, son furieux besoin de distraction et cette abominable dissipation d'énergies spirituelles dégradées, par quoi s'écoule la substance même de l'humanité."

Georges Bernanos, Les Prédestinés


vendredi 29 janvier 2021

A l'Est du Soleil, à l'Ouest de la Lune




 Ce matin, en voiture, nous admirons la pleine lune qui brille encore alors que le soleil se lève. Gaby me raconte alors sa lecture du moment, imposée par sa maîtresse pour tous les élèves de sa classe : c'est un conte écossais, "A l'est du soleil, à l'ouest de la lune". La beauté du titre me ravit. J'explique à Gaby : "le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest. Quand il se couche, la lune se lève." Dans ce conte, un prince charmant est accablé d'un sort donné par une méchante sorcière : il se transforme en ours tout le long du jour mais redevient homme la nuit. Par un baiser, sa femme finit par lever le sort, après mille péripéties. C'est bien écrit, et Gabrielle étudie chapitre après chapitre. Je me rends compte qu'aujourd'hui les contes modernes, que l'on retrouve dans certains dessins animés, ne distillent pas la même compréhension du monde, les mêmes valeurs qu'avant. Par exemple, dans "Frère des ours", le héros finit par rester sous la forme d'un ours, à la fin, comme si la forme animale était meilleure, supérieure à celle d'être humain. De quoi être quelque peu accablé. Et je ne parle de la notion de mariage, entre un homme et une femme qui n'existe plus et qui faisait le bonheur des petits lecteurs de ces contes enchanteurs. La conquête de l'être aimé, présenté avec mille obstacles, mille batailles, élevant les deux protagonistes dans les vertus, dans ce qu'il y a de meilleur dans l'Homme, c'était quelque chose qui amenait à considérer l'engagement comme une finalité extrêmement noble et magnifique. Aujourd'hui, le mariage est plutôt considéré au travers des "Reine des neiges" et compagnie comme un terrible esclavage qui entrave la liberté et l'épanouissement personnel des héros et héroïnes. Bref. Je me réjouis une fois de plus d'avoir mis Gaby dans ce petit "hors contrat" qui devient comme une enclave à toute la malice du monde.

Ma voisine me guettait hier soir pour que je l'emmène à la messe. Elle s'écrie tout fort au début de la cérémonie, en voyant deux petits enfants de chœur : "ah oui! Nous les chrétiens, c'est quand même autre chose que l'islamisme!". Elle retrouve le geste d'antan, le signe de croix et je lui prête un châle blanc qu'elle drape autour de ses épaules, s'étant insuffisamment couverte pour la petite église. Elle ressemble ainsi à une première communiante...

Je propose à la fin de la messe, à mon curé un flacon que j'ai transformé en flacon d'eau bénite. Pour les églises. J'ai vu cela dans une église du diocèse de Vannes et j'ai trouvé le concept intelligent : il respecte les précautions sanitaires puisqu'on ne met pas la main dans un bénitier et il permet de se signer à nouveau dans les églises, avec de l'eau bénite.

J'écris à un ami : le chapelet c'est vraiment la prière du pécheur, celui qui a fait plein de conneries et qui dit en boucle "oh là là Seigneur, sors moi de là". Un peu comme un gosse qui lorsqu'il sent qu'il a poussé le bouchon un peu loin dans la bêtise, va voir sa mère pour qu'elle prépare le terrain vis à vis du père. Je pense souvent à cette phrase des évangiles : "Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux."(Matthieu 7; 21).Hé bien voilà, le chapelet c'est ce cri un peu désespéré, un peu effrayé, un peu geignard du gars qui voit bien qu'il n'est pas "aux taquets" comme on dit mais qui ne sait pas trop comment s'y prendre pour se tirer de la nasse. C'est un premier pas, malgré tout, pour entrer dans le Royaume. Je l'espère. C'est devenu ma prière préférée.

vendredi 17 avril 2020

Du combat spirituel 2

Mon Maître d'armes


Nous sommes dimanche, le soir, la maison est calme enfin
Les enfants jouent encore, et préparent paresseusement
Toutes leurs affaires, cartables et devoirs, pour le lendemain
Je m’éclipse alors, sans bruit, c’est l’heure, il est grand temps

De venir déposer à tes pieds, oh mon Seigneur
L’épée que tu m’as confiée, de justice et de charité
Je me suis exercée tout au long de ces journées
Répétant les gestes avec obstination et ferveur

Avec Toi, mon Dieu, mon Maître d’armes.

Trop souvent encore son poids m’accable, je la soulève
Avec peine, avec raideur, en soupirant, en gémissant
Mais Tu me montres avec patience, les gestes et leurs effets
Tu m’accompagnes dans mes tentatives, personnellement

Prières, lectures des textes sacrés, méditation
Petits actes vertueux tous les jours répétés
Il est là le combat du chrétien, de l’homme vrai
Avec comme modèle, comme unique Compagnon

Toi, mon Dieu, mon Maître d’armes.

Je viens en cette fin de semaine, fatiguée, à l’adoration,
Je viens rendre compte de mes défaites, de mes progrès
Je viens te raconter les difficultés rencontrées, mes abandons
Je viens te donner ce que je suis, pour que tu l’affines, mon épée

Prends-là, et, sur ta tunique transfigurée, essuie le sang et la boue,
Aiguise un peu mon âme, mon arme, donne-lui ta grâce et tes soins,
Elle a été abîmée dans mes batailles, toute cette guerre du quotidien
Redonne-lui beauté, éclat, c’est le trésor que tu m’as confié, un bijou.

Pendant un long moment, un temps qui s’étire à l'infini dans la nuit,
Dans ton domaine, Tu l’épures, Tu la limes, Tu effaces les scories
Dans ton église, Jésus, je prie et me réapproprie mon âme, mon arme
Je me relève  maintenant, plus légère, et je luis de mille feux par ta flamme

Grâce à Toi, mon Dieu, mon Maître d’armes.


vendredi 3 avril 2020

Vendredi 3 Avril, Journal de Bord, "C'est la Kairos qui vient dans le Chronos"


Ces très belles paroles de l'homélie de don Edouard à la Cathédrale d'Amiens que je lis ce matin. Cette réelle sensation que Dieu s'engouffre dans ma vie à un moment où, justement je ne ressens plus rien physiquement : depuis hier soir, perte brutale des sens du goût et de l'odorat. Décidément, ce confinement et ce virus auront permis bien des choses positives. "Oui, le Seigneur s'engouffre littéralement dans toute interstice de notre âme.
"C'est la Kairos qui vient dans le Chronos,
C'est à dire, c'est l'événement éternel de Dieu,
C'est l'irruption du Divin dans l'humain,
Dans le cours de mon confinement,
Dans le secret de ma maison,
Dans le secret de ma chambre.
Dieu peut encore venir pour tout renouveler,
Pour tout faire revivre,
Pour faire mourir le vieil homme
Et pour faire renaître l'homme nouveau qui vient habiter au plus profond de nous.
C'est ce qui se passe dans les sacrements dont vous êtes privés."
Et ces paroles d'Edith Stein : " Il y a là quelque chose de comparable aux sacrements.Ce sont pour nous les moyens ordinaires de la grâce, et nous ne pouvons jamais les recevoir avec trop de zèle; cependant Dieu ne leur est pas lié. Si une contrainte extérieure venait à nous couper des sacrements, il pourrait, d'une autre manière et abondamment, compenser ce manque; et il le fera d'autant plus généreusement que nous aurons été fidèles à recevoir les sacrements. C'est donc notre devoir de respecter aussi scrupuleusement que possible les prescriptions de la clôture, pour vivre librement avec le Christ, cachées en Dieu. Si nous étions jetées à la rue, mais que nous leur demeurions fidèles, le Seigneur posterait ses anges autour de nous, et ils feraient de leurs ailes une enceinte de paix autour de nos âmes, plus sûres que les murailles les plus hautes et les plus solides."

                                       ***
Nous continuons de nous refiler le virus les uns aux autres, selon un commentaire trouvé sur Facebook : "Macron a choisi l'immunité collective" c'est à dire une contamination progressive de toute la population, à vitesse réduite du fait du confinement." 
Quelques médecins généralistes commencent à réclamer le droit de prescrire de la chloroquine, droit qu'ils ont manifestement perdu à un moment donné. Il est peut-être temps qu'ils prennent conscience qu'ils ont perdu le droit d'exercer librement leur fonction depuis longtemps.
Chez nous, après mon mari, moi, deux garçons puis ma fille, c'est au tour d'un des jumeaux d'être malade. Mon mari et les deux garçons sont guéris, avec ma fille je suis encore malade et si Grégoire commence depuis hier, nous en avons encore pour un moment. Il faut compter bien trois semaines pour un retour "à la normale". 
Hier, barbecue sur la terrasse; ce deuxième essai a tourné court : le barbecue a pris feu et nous avons mangé nos saucisses mi-cuites. François s'est employé à nettoyer méticuleusement la machine dans l'après-midi. Force est de constater qu'il y met plus d'efforts que dans le récurage de la salle de bain. Il y a peut-être partout du corona chez nous à cette heure-ci mais pas dans le barbecue!

Vivement les vacances, oui j'ose le dire. Voir Grégoire sautiller dans toute la maison à la recherche de son frère pour un soutien sur un QCM en maths, noté, commence à me fatiguer. De même, Rémi, en plein cours par skype, qui se lève discrètement pour me tendre ... son linge sale.
                                                                           ***

Le signe de la Croix

Au matin, après la profonde nuit,
La mère ouvre la porte
Des petits enfants qui guettent et qui sommeillent;
Elle ouvre le volet et la lumière surgit

Aveuglante, éclatante, une lumière forte
Qui fait bondir les petits cœurs en veille;
Ils se lèvent encore endormis
Et lèvent les bras vers celle qui réconforte;

Elle plie la main pour le geste immémorial
Le signe du Salut, le signe de la Vie,
Qui réveille l’âme obscure et presque morte
Le signe de la Croix, le salut éternel.

Le geste de la Croix, le signe de Jésus-Christ
Qui enveloppe et protège de la sorte
Les enfants chéris, les petits fidèles.
C’est Jésus en personne qui après la nuit

A entrouvert de nos âmes verrouillées la porte
Il a réclamé son du, des baisers, des mimis
Il a ouvert les bras et mes enfants,
En riant,
Ont dit oui.

Homélie de Don Edouard Recteur de la Cathédrale d'Amiens Cathédrale d'Amiens 2 avril 2020

Homélie de Don Edouard
Recteur de la Cathédrale d'Amiens
Cathédrale d'Amiens
2 avril 2020
" Dans l’Évangile que nous venons d'entendre,
L'histoire des hommes et même l'histoire Sainte rencontrent la personne de Jésus
Qui semble dépasser l'histoire.
"Avant qu'Abraham fut, Je suis!"
Drôle de phrase qui a laissé les auditeurs de Jésus dans l'incompréhension.
"Pour qui se prend-il, lui qui a l'air d'avoir connu Abraham
Et même d'être, avant Abraham, leur Père?"
Alors ils voient un homme, ici, qui n'a même pas 50 ans
Et donc, ils interrogent Jésus et lui disent :
" Tu n'as même pas 50 ans et tu dis que tu es plus ancien qu'Abraham,
Que tu es avant qu'Abraham ne fut!"
Et nous voyons cette rencontre entre les deux dimensions du temps :
La dimension horizontale, le temps linéaire,
Le temps qui court, le temps chronologique,
Le temps des années, des heures, des minutes,
Le temps du sablier, le temps qui s'écoule,
Et qui conduit de la naissance à la mort,
En passant par la croissance mais aussi la maladie
Et la déchéance.
C'est le temps de notre existence et c'est celui que nous éprouvons
En particulier dans ce temps de confinement.
Nous qui sommes contraints de rester à la maison,
Nous qui sommes contraints d'obéir à des circonstances qui nous dépassent,
Nous qui ne sommes pas maîtres des événements,
Nous qui sommes à la merci de quelque chose qui vient interrompre le cours de notre histoire,
En tous cas au moins le modifier.
Ce virus agit comme un événement extérieur qui vient perturber le cours ordinaire du temps,
La course folle des hommes vers leur perte,
Eux qui n'ont plus de sens à leur vie.
Et donc, le cours du temps qui s'écoulait a rencontré une autre dimension du temps,
La dimension verticale.
La dimension verticale vient croiser le cours horizontal du temps.
C'est un événement majeur, c'est un cas de force majeur,
C'est un événement déstabilisant, perturbateur,
Et Jésus a déjà été cet événement là, Lui qui n'était pas, parce-qu'Il est,
Et qui transcende le cours du temps
Et qui vient de l'Eternité de Dieu et qui transforme l'histoire des hommes
En intervenant dans le temps.
Oui, les auditeurs de Jésus ont fait l'expérience d'une rencontre avec un homme
Qui échappe au cours du temps
En ayant épousé pourtant une histoire humaine,
Lui qui s'est fait homme, qui est né de la Vierge Marie,
Qui a été conçu du Saint Esprit,
Mais qui a vécu cette grossesse, cette naissance, cette croissance à Nazareth,
Et qui est sorti de Nazareth pour rencontrer l'histoire humaine
Et la modifier complètement.
Et il s'approche à cet événement essentiel qu'est la croix du Christ
Vous voyez bien sur la Croix du Christ ces deux dimensions verticale et horizontale.
Le cours du temps que le Christ a embrassé dans son humanité
Est transpercé par la parole éternelle du Père qui jaillit en Lui
Et qui vient modifier et donner son sens à toute l'histoire humaine.
Toute l'histoire humaine est comme accrochée, référencée à la croix du Christ,
Et à sa résurrection,
A ces 3 jours que nous allons bientôt célébrer, dont nous allons faire mémoire
Et qui ont même changé notre histoire personnelle,
Nous qui sommes baptisés ou qui allons l'être prochainement.
Vous voyez, ce n'est pas étranger à ce que nous vivons aujourd'hui.
Peut-être que nous commençons à nous ennuyer,
Peut-être que nous commençons à trouver le temps long,
Peut-être que nous commençons à ne plus trop savoir comment s'occuper,
Peut-être que nous commençons à nous disputer,
Peut-être que nous commençons à nous recroqueviller,
A retrouver nos vieux défauts,
Ceux qui n'affleuraient plus à la surface quand nous étions dans l'activité.
Nous nous retrouvons avec nos faiblesse humaines qui ressortent :
Les problèmes dans les familles, les problèmes dans les amis,
Les problèmes dans les relations, les problèmes dans la solitude.
Et nous nous disons : "Mais je suis en train de perdre quelques chose
De la qualité de ma vie intérieure, de la qualité de ma vie de prière,
De ma vie avec les autres."
Alors, nous avons un cœur, nous avons une liberté,
Nous avons une responsabilité
Mais nous avons une révélation qui nous est venue,
Qui nous est encore accessible.
Oui, le Seigneur peut encore venir.
C'est la Kairos qui vient dans le Chronos,
C'est à dire, c'est l'événement éternel de Dieu,
C'est l'irruption du Divin dans l'humain,
Dans le cours de mon confinement,
Dans le secret de ma maison,
Dans le secret de ma chambre.
Dieu peut encore venir pour tout renouveler,
Pour tout faire revivre,
Pour faire mourir le vieil homme
Et pour faire renaître l'homme nouveau qui vient habiter au plus profond de nous.
C'est ce qui se passe dans les sacrements dont vous êtes privés.
Je viens de faire l'expérience très belle de donner, à un mourant du Covid 19,
Le sacrement des malades, de l'accompagner au moment de la mort,
De prier pour lui, de lui donner l'absolution et l'indulgence.
Et nous percevions ensemble que Dieu lui-même faisait irruption dans son histoire humaine,
Au moment de sa mort
Et venait l'habiter et la transformer.
C'est vrai aussi pour nous qui ne sommes pas mourants mais bien vivants
Mais peut-être qui mourrons à petit feu d'une mort intérieure.
le Seigneur veut nous renouveler, éterniser et diviniser notre existence.
Et nous sommes dans des conditions idéales de retraite
Si nous voulons bien ouvrir avec un peu de foi, avec un peu d'espérance et de désir
Avec un peu d'amour, d'obéissance et de docilité,
Nous adresser au Père pour recevoir la parole
Qui jaillit de Lui, qui est son Fils, qui vient nous habiter
Qui vient nous relever, qui vient nous ressusciter.
C'est la grâce que nous demandons les uns pour les autres.
Au n om du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Amen."

dimanche 29 mars 2020

Dimanche 29 Mars, Journal de Bord, "sans aucune contrition"

Dimanche 29 mars

Je ne dirais pas "courte nuit" à cause changement d'heure car cela nous touche moins pendant ce confinement. Mes grands remarquent qu'ils dorment mieux même si parfois une insomnie les rattrape. Ce qui me paraît normal puisque nous nous agitons moins que d'habitude.
Je suppose que ce changement d'heure incongru a dû cependant bien déranger les équipes médicales qui bossent comme des forcenées. Une heure de plus ou de moins sont peut-être à leurs yeux une goutte d'eau dans la mer des milliers d'heures travaillées...
Je lis un commentaire qui résume toute la bêtise et l'ignorance française en matière économique et politique.
"Et si c'était le moment de TOUT CHANGER , choisir notre avenir et pas celui de l'économie qui ruine l'humanité 🙄🙄"
Avec les émoticônes d'une mièvrerie abyssale de rigueur. Plus de 78 "like" ou "cœurs" qui salue ce vibrant hommage à la décroissance.
Après cette pandémie, nous retournerons à un état socialiste plus fort, plus dictatorial que jamais, état dont les membres seront réclamés par tous et attendus comme d'autant petits Sauveurs. Il suffit de regarder cinq minutes d'une conférence de presse avec Edouard Philippe et Véran pour comprendre combien les gens attendent TOUT d'eux sans réaliser qu'ils n'auront rien ou si peu.
Comment faire prendre conscience aux français que seule la responsabilité individuelle (qui n'est pas le "chacun pour soi") et l'initiative personnelle sont les vrais comportements à prendre à partir de maintenant? L'exemple de toutes nos entreprises et industries qui détournent leurs chaînes de production pour contribuer à vaincre cette pandémie est magnifique.
Les français sont les chinois de demain. Et ils le veulent. Le socialisme a encore et plus que jamais de beaux jours devant lui, comme un virus qui s'est emparé de nous et qui est indestructible.

                                                                    ***

Messe du dimanche avec l'évangile sur la mort et la résurrection de Lazare. Je trouve dans mon Évangile au Quotidien, par mail, ce commentaire magnifique de saint Grégoire de Naziance :
"« Lazare, viens dehors ! » Couché dans la tombe, tu as entendu cet appel retentissant. Y a-t-il une voix plus grande que celle du Verbe ? Alors tu es sorti, toi qui étais mort, et pas seulement depuis quatre jours, mais depuis si longtemps. Tu es ressuscité avec le Christ (...) ; tes bandelettes sont tombées. Ne retombe pas maintenant dans la mort ; ne rejoins pas ceux qui habitent les tombeaux ; ne te laisse pas étouffer par les bandelettes de tes péchés. Car pourrais-tu ressusciter une autre fois ? Pourrais-tu sortir de la mort d'ici la résurrection de tous, à la fin des temps ? (...)
Que l'appel du Seigneur résonne donc à tes oreilles ! Ne les ferme pas aujourd'hui à l'enseignement et aux conseils du Seigneur. Si tu étais aveugle et sans lumière en ton tombeau, ouvre les yeux pour ne pas sombrer dans le sommeil de la mort. Dans la lumière du Seigneur, contemple la lumière ; dans l'Esprit de Dieu, fixe les yeux sur le Fils. Si tu accueilles toute la Parole, tu concentres sur ton âme toute la puissance du Christ qui guérit et ressuscite. (...) Ne crains pas de te donner du mal pour conserver la pureté de ton baptême et mets dans ton cœur les chemins qui montent vers le Seigneur. Conserve avec soin l'acte d'acquittement que tu as reçu par pure grâce. (...)"
Ce commentaire de saint Grégoire me touche directement au cœur et à l'âme. A quoi cela sert il de prier si je ne suis pas sûre, au fond de moi, que la grâce de Dieu PEUT TOUT?
Mon carême est un désastre, aucun effort véritable, aucune contrition réelle. Tout simplement parce que ma foi en Dieu n'a même pas la taille d'un grain de moutarde. Elle m'a été donnée avec une surabondance sans pareille au jour de mon baptême, et j'ai réussi à la réduire presque à néant.
Je veux vraiment croire que Dieu m'aidera si j'opère ne serait-ce qu'une amorce de volonté de me détourner de mon péché. Merci mon Dieu de m'appeler sans cesse et encore aujourd'hui.
Je suis au seuil de la mort, de la mort véritable, celle de mon âme, et je continue à vivre, là encore, comme si de rien n'était. Elle est là, la véritable angoisse, il est là le vrai combat.

                                                                    ***

Confession


(Demande)

- Jésus, Tu as dit que tu étais venu pour les pécheurs,
Alors, me voici. Tout contre Toi, Tu ne me vois pas ?
Regarde bien, une ombre évanescente, une nuée de peur
Oh mon Dieu, qui te saisit, un néant si lourd pour Toi.

Un gémissement tiré du plus profond de mon cœur,
Un cri, un râle c’est tout ce que je suis
Une main fébrile qui effleure ton vêtement, le saisit
Avide, tremblante, elle glisse moite de ma sueur

Rien. De la cendre. les mots ne sont pas de ce monde
Pour mon Péché qui est au delà de l’immonde
D’ailleurs, il n’est  plus ! Il est enterré ! Il est mort !
Ma mémoire ne retient pas ce qui me dévore…

Oh mon Jésus comprend bien cela
Tu as souffert en vain, ta flagellation et ta Croix
Car même mon remord, ma demande de Salut
Ma mortification désespérée est un sordide calcul
De ta créature pétrifiée dans sa noirceur, son obscurité
De ta créature qui danse au son de son âme damnée !

 (Réponse)

- Tu étais déjà morte, ma fille, au jour de ta naissance
Cette terre que j’ai créée, dans mon Amour infini
Était ton tombeau, des limbes, et non un paradis,
Mais de cette mort nécessaire va jaillir la vraie vie
Chrysalide en cocon, momifiée, enterrée, endormie,
Lazare en son sépulcre, Je t’ordonne de parler avec confiance !

Faire remonter du plus profond de tes entrailles,
Éclairer sans fard la nuit qui t'assaille
Traquer le Non-Dit, le Démon caché de ton âme
Faire tomber les bandes une à une de ton visage
La parole t'est donnée comme épée, comme  arme
Vomir ce qui te tue, ouvrir la bouche, le portail

Ainsi :

De ta Chute préméditée, et voulue, et bien choisie
Va couler tout ton sang impur, celui de tes parents
Se vider le long de tes flancs, mortelle et pâle créature
Afin d’absorber la vie de ton Dieu, son Corps,son Sang
Qui jaillit de la Croix depuis la nuit des temps
Régénérer et le vieil Adam, et l’ancienne Ève

Accomplir le cycle prophétique

Car :

« Qui mange de ma chair et boit mon sang
Demeure en Moi et Moi en lui. »

vendredi 27 février 2015

Du combat spirituel



Une petite semaine passée en Bretagne avec cinq de mes enfants. A cette époque de l'année il n'y a pas grand monde en Bretagne dans ce coin proche de la mer mais la maison est confortable, bien chauffée et c'est mon luxe à moi d'y aller seule -ou pratiquement. Nous établissons une routine rapidement : le matin, lever vers 8 heures, déjeuner et travail scolaire pour les enfants pendant que je range et prépare le déjeuner. Parfois une course mais c'est rare. S'il fait beau, balade dans la matinée.Déjeuner puis repos dans le salon pour moi pendant que les enfants sortent ou lisent, là aussi au gré du temps. Puis deux heures de piscine pour les 4 garçons et balade pour moi et Gabrielle ou bien ballade tous ensemble et piscine après. Puis retour à la maison, jeux, télévision et préparation du dîner. Généralement les enfants lisent puis regardent une moitié de programme télé et vont se coucher en même temps que moi vers 22h. Gabrielle, elle s'est couchée avant mais viendra trotter dans la nuit pour dormir auprès de moi une heure avant de repartir dans son lit.

Je ne suis pas très bien connectée ce qui me force à une cure d'internet (toute relative) et me permet de lire. Je feuillette une anthologie de la littérature chrétienne passionnante puis me plonge dans le palpitant Magellan de Stefan Sweig que je dévore comme un roman. Du coup, j'achète et je commence sa vie de Balzac. Brimé par une mère mesquine, haineuse littéralement, c'est un miracle que le génie de Balzac se soit dévoilé (et qu'il ait tout simplement survécu à une jeunesse vraiment terrible). Magellan et Balzac, deux destins lancés comme des boulets de canons mus par la seule force de leur génie. Rien n'a dévié leur trajectoire et pourtant tous les obstacles possibles et inimaginables se sont dressés sur leurs routes.  Ces trajectoires "hors normes" sont intéressantes à étudier parce qu'on s'aperçoit que leur déploiement tient à deux choses : leur obstination invraisemblable et qu'ils ne semblent pas contrôler eux-mêmes et quelques coups de pouce de la Providence qui apparaissent toujours au départ comme de la malchance.

Coup de fil de mon aîné qui est en formation d'éducateur spécialisé, dans le Nord de la France. Il me décrit un peu ses périodes de stage et confie à ma prière un jeune garçon de 13 ans admis au foyer (public) pour des faits graves. Il est parti en garde à vue m'explique mon fils désemparé par la jeunesse et la gravité des actes commis. 
Je me disais que s'ouvrait à moi une nouvelle période, celle de la fin de mes maternités. Je soupirais en songeant à ce temps béni où j'ai porté mes enfants. Je ressens souvent ce vide maintenant que je ne suis plus enceinte. Et par la requête de mon fils aîné qui me confie ce petit jeune mal barré dans la vie, je m'aperçois que c'est à une autre maternité que je suis maintenant appelée : je porte dans la prière tous ces jeunes que mon fils me confie dans la dureté de sa formation. Une maternité spirituelle mais qui comporte bien une forme de réalité; j'y songe tous les jours, moi, à ces jeunes dont il me parle, je prie pour eux, j'essaie d'offrir des sacrifices pour eux : au lieu de me nourrir "pour deux" comme je le faisais pour mes grossesses, j'essaie de jeûner pour eux (avec beaucoup de peine d'ailleurs). Bref, une mère reste une mère et je m'efforce de combler ce vide "matériel" par une réalité spirituelle.
Mon fils m'explique combien il ressent les forces obscures du Mal à l'oeuvre dans le monde par sa formation. Cet aîné, en proie au doute bien souvent vis à vis de sa propre pratique religieuse, conclut : "en tant que catholique, je suis condamné à être meilleur". Tout est dit. Il y a des combats dans la vie des hommes, qui sont loin d'être visibles. Mais certains, bien cachés, sont d'une âpreté sans nom.






















mardi 30 décembre 2014

Fête de la lumière, suite-2





Première lettre de saint Jean 2,12-17.
Je vous l’écris, petits enfants : Vos péchés vous sont remis à cause du nom de Jésus.
Je vous l’écris, parents : Vous connaissez celui qui existe depuis le commencement. Je vous l’écris, jeunes gens : Vous avez vaincu le Mauvais.
Je vous l’ai écrit, enfants : Vous connaissez le Père. Je vous l’ai écrit, parents : Vous connaissez celui qui existe depuis le commencement. Je vous l’ai écrit, jeunes gens : Vous êtes forts, la parole de Dieu demeure en vous, vous avez vaincu le Mauvais.
N’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui.
Tout ce qu’il y a dans le monde – la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, l’arrogance de la richesse –, tout cela ne vient pas du Père, mais du monde.
Or, le monde passe, et sa convoitise avec lui. Mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure pour toujours.