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mercredi 16 août 2023

Chronique estivale 24


 J'ai dû attendre jusqu'à cette heure tardive pour poster cette chronique estivale, la plus importante de cet été, la plus heureuse :

Je suis grand mère pour la première fois!  

Notre curé, dans son homélie, du 15 août, célébrait la vie, la maternité divine de la Sainte Vierge, celle de sa cousine Elisabeth. 

Notre petite Rita, (dont la sainte est patronne des couples, des mères de famille et des causes difficiles ou désespérées), est née le 16 août, pas le 15, certainement pour ne pas empiéter sur la grande fête de notre Reine du Ciel!

Je ne peux que rendre grâce à Dieu, la vie est belle.


vendredi 28 juillet 2023

Chronique estivale 7

 Les bocaux de compote de prunes se suivent mais ne se ressemblent pas. Les derniers sont moins acidulés car les prunes sont plus mûres que les premières cueillies. Et j'ai mis légèrement plus de sucre. 

Sur un groupe de conversation de femmes, nous avons eu une discussion intéressante à propos des dépressions post partum : ces dépressions qui arrivent lorsqu'on a accouché et qui provoquent un rejet du bébé. Certaines peuvent être très graves. D'autres se manifestent surtout comme une grosse fatigue.

Je me souviens d'un gros traumatisme pour mon premier accouchement : la douleur éprouvée pendant l'accouchement m'a surprise, je ne m'attendais pas à ces violentes contractions, je ne m'attendais pas à être recousue à vif sans anesthésie, je ne m'attendais à rien de tout cela. Et je n'en ai parlé à personne car selon les standars de l'époque j'avais eu un accouchement, classique, réussi. L'heure était à la joie. Sauf que. Au fond de moi-même je demeurais avec un véritable choc traumatique.

À la naissance de Rémi, mon sixième enfant, c'est une autre épreuve qui m'attendait : je sortis de la maternité complètement épuisée, physiquement et moralement. Je déprimais, je ne trouvais au fond de moi aucune source de joie, aucun bonheur à cette naissance. Pourtant Rémi était un nourrisson magnifique, le premier avec de beaux yeux bleu, très calme et bien portant. Mais rien n'y faisait. Je parlai à mon petit en revenant de maternité :" Rémi, maman t'aime mais elle est très fatiguée. Ne m'en veux pas si je te laisse pleurer la nuit." Et curieusement, ce petit poupon aux grands yeux azur a fait ses nuits en un temps record.

De mon côté je cachais mon état d'esprit et me sermonnais intérieurement :"reprends-toi! Ne te laisse pas couler."

Je crois me souvenir que cette déprime a duré quelques semaines et puis s'est terminée. Mais je l'avais échappé bel.

En racontant ces expériences dans le groupe de discussion, j'ai réalisé que je n'en avais jamais parlé à ma famille, mon mari. 

Je vais être grand-mère et peut-être devrais-je raconter à ma fille enceinte (et à ma belle-fille?) ces deux expériences pour la préparer, la mettre en garde, la prévenir de nous prévenir si par hasard elle éprouvait le moindre signe de dépression ou de tristesse. Qu'elle ne culpabilise pas si cela lui arrivait, aujourd'hui ces choses-là se racontent et se traitent.

Peut-être qu'être grand-mère c'est aussi transmettre ces expériences plus ou moins heureuses de la vie.


jeudi 27 juillet 2023

Chronique estivale 6

 Mon bureau est tapissé de feuilles Canson A3 recouvertes de fleurs séchées. C'est mon nouveau loisir, j'espère qu'il me durera une bonne année : je change régulièrement d'obssession.

Quand je me lance dans ce type d'activité, j'ai tendance à y investir un peu trop de mon temps et de mon argent. C'est ma façon de procrastiner, de fuir la réalité, en l'occurrence la préparation de mes cours.

Je reprends l'année prochaine deux jours par semaine dans un double niveau (cm1/cm2), en tant qu'institutrice. Je n'arrive pas à préparer mes premiers cours.Je suis tétanisée par l'angoisse. Espérons que fin août j'aurais réussi à pondre quelques fiches.

En attendant, je me jette à corps perdu dans le séchage des fleurs (tous les gros livres de la maison sont mis à contribution), je passe ma vie en voiture à "chasser" de la fleur et je réfléchis jour et nuit à mes tableaux.

Autre activité qui prend des proportions dantesques : les fruits du jardin. C'est une année à fruits. Nous croulons sous les prunes (prunus, questches, mirabelles), les pommes suivront en septembre. Je fais pour le moment des bocaux de compotes de prunus, je continuerai avec des confitures puis me remettrai à la compote de pommes. J'ai pu ainsi l'année dernière gratifier toute ma famille élargie de cadeaux de Noël sous forme de gros bocaux. Ça a été apprécié. Je vais donc récidiver.

C'est une cuisine toute simple, basique dont je raffole. Seul souci : je me retrouve avec des doigts noircis ce qui n'est pas du meilleur effet lorsqu'on participe à des mariages l'été.

Je pense offrir à mes futurs petits enfants, les premiers, des tableaux de fleurs séchées pour décorer leurs chambrettes. A défaut de ne rien "fiche" pour mes élèves, autant essayer malgré tout de faire quelque chose de positif, de joli, pour des petits enfants. Cela me permettra de m'intégrer, de m'initier dans mon rôle de grand-mère. J'ai le sentiment de revêtir un vêtement pas encore ajusté à ma taille : il va falloir le modifier, le repriser jusqu'à ce que je sois à l'aise dedans...

dimanche 23 juillet 2023

Chronique estivale 2

 Aujourd'hui, dimanche, il pleut à torrents en Bretagne. Je réalise que cela fait quelques mois que je n'ai pas vu une pluie aussi dense. Il y a eu quelques averses chez nous, en Beauce mais rien de comparable à cette grosse pluie épaisse. 

Pour autant, les déferlements catastrophistes des médias sur la terre qui brûle et l'hémisphère nord qui surchauffe me laissent sceptique. Oui, il fait chaud l'été (pas en Beauce et pas en Bretagne). Oui, il y a des incendies (peut-être faudrait-il s'intéresser à la gestion des sols, des friches, de plus en plus "sauvages" pour faire plaisir aux écolos du dimanche). Oui, sans doute quelques records de températures seront-ils battus en Europe cette année. Est-ce vraiment dû à l'activité humaine? J'en doute absolument.

"L'écologie" est devenue de "l'écologisme" et cette nouvelle idéologie fait le lit du socialisme qui retrouve une nouvelle jeunesse. C'est triste.

A la messe, ce dimanche, l'église est pleine, elle déborde de familles nombreuses venues passer leurs vacances dans les maisons familiales. Nous retrouverons sur la plage tous ces participants.

Hier après-midi, je passe avec ma fille enceinte un long moment dans le rayon bébé d'une grande surface et je lui fais une revue de détails essentiels : le savon liquide et basique corps/cheveux pour le bébé, une boîte de coton avec de l'eau pour les nettoyages-couches, du sérum physiologique pour les soins du visage. Pas de crème ou lait particuliers si ce n'est une crème pour les rougeurs intempestives. Des couches (de la marque du magasin) de différentes tailles.

Nous passons ensuite à l'alimentation : je lui conseille un lait de maternité 1er âge épais, une fois qu'elle aura fini d'allaiter. Une marque de grande surface qu'elle peut trouver facilement. Des tétines plates et larges et des tétines de biberon à ouverture large. 

Mon expérience après neuf enfants va enfin pouvoir servir à quelque chose! Je suis ravie de retrouver en parcourant le rayon tous mes vieux réflexes pragmatiques. 

En partageant ce moment avec ma fille, je commence à prendre conscience de mon état de grand-mère. Et c'est gratifiant.