dimanche 30 mars 2025

Midi (3)

 C'était environ la sixème heure, midi.

Sous le ciel implacable de la Samarie

Un brûlant désert où s'étale un noir péché

Au sein du peuple élu, la nation aimée.


Jésus fatigué s'arrête à un puits, s'assied.

Une femme, seule, arrive. Elle veut puiser

De l'eau. Le Seigneur, épuisé, d'une voix douce

Quémande à boire, si possible, dans un souffle.


La Samaritaine a cherché en vain l'amour

Toute sa vie, en tout cinq maris, et, autour

D'une margelle, soudain, le Seigneur paraît

Auréolé de soif, de joie de lui parler


Plonge avec Moi demande-t-Il en ce midi

Où nul n'est jamais allé, même toi : l'abîme

De grandes blessures, souffrances et péchés

Ma pauvre soeur, que tu cherches à oublier.


Au fond de ta Samarie, au fond de ton puits

Se cache la Source Vive, du Saint-Esprit

Au fond de ta forteresse, dans ta cité

Jésus le Dieu fait homme vient se reposer.


Il vient gravir le cours des choses, les douleurs

Non cicatrisées qui empoisonnent ton coeur.

Il vient te soigner en Esprit et Vérité

Goutte à goutte, toute ta personne brisée.


Une bonne fois pour toutes cautériser

Cette lèpre obscure tapie dans ta psyché,

Parcourir les chemins infectés, les ruines

De ce coeur perdu, ta géographie intime.


Dans ce puits si profond, au coeur de nos misères

Une Eau divine coule à flots et régénère

Nos Samarie asséchées, âmes épuisées

Il est midi, l'heure du Salut a sonné.

samedi 26 octobre 2024

Take the long way home


 


Au retour, tout est calme, et silencieux, et beau.
La plaine s'illumine de lueurs du soir.
De l'ombre des champs s'envolent des bans d'oiseaux
Ils tournent un instant et se fondent dans le noir.

Je passe au travers des immenses paysages,
Je retourne chez moi avec tous mes enfants
Fatigués; et j'observe leurs petits visages
Emplis de lumière et de sourires confiants.

Les musiques nous emportent aux fond des brumes;
La vie, les animaux, les arbres, les secrets
De la forêt une dernière fois se rallument,
Mais la maison nous attend, pour panser nos plaies.

jeudi 24 octobre 2024

Au bord de la mer




 La mer, ce matin, est plus calme, enfin.

Hier, elle se précipitait, furieuse,

Sur les côtes impassibles, malheureuse,

Une mère submergée de chagrin.


Les vagues avancent sous le soleil

Sous forme de grands miroirs ondulés.

Elles grondent sourdement presqu'apaisées

L'eau frémit et pétille jusqu'au ciel.


Tout est sous contrôle.


Et je m'adonne pour un petit moment

A la contemplation douce et active.

Surgit dans mon esprit la douleur vive

D'un vieux malheur qui me berce à présent.


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Tout est recouvert d'une brume humide
Et, au coeur de cette atmosphère étrange,
Le son assoupi des Océanides
Danse au gré de leur respiration lente...
Tout est silence dans ce bruit liquide
Des oiseaux, leur cri dispersé au vent,
Les pas assourdis d'un marcheur rapide.

Dans ce monde hors du monde,
Dans ce temps hors du temps,

Je m'endors sans quitter une seconde
L'horizon des yeux. Et la mer s'étend
Lentement, se reprend, si vagabonde...
Je m'éveille soudain, étrangement :
Le réel et l'illusion se confondent.


samedi 28 septembre 2024

Le signe de croix

Tous les matins, alors qu'il fait profonde nuit,
La mère entre chez ses enfants au long sommeil;
Elle ouvre le volet, la lumière surgit,


Aveuglante, éclatante, une lumière forte
Qui fait bondir les petits coeurs à leur éveil
Ils tendent les bras vers celle qui réconforte


Vite, elle plie leur main pour le beau geste idoine,
Le Signe du Salut, le Signe de la Vie,
Sur le front, le coeur, les épaules, jusqu'à l'âme.

Le signe de la Croix, le Salut éternel,
Le geste de la Croix, signe de Jésus-Christ,
Enveloppe et protège les petits fidèles.

Tous les matins, alors qu'il fait profonde nuit,
Le Seigneur s'en vient auprès de ses créatures.
Il tend ses bras, serre tous ses enfants chéris

Sur son Coeur. Et l'invisible Grâce abonde
Par le signe de la croix : l'ineffable armure
Recouvre de sa Miséricorde le monde.





lundi 19 août 2024

L'entrée dans l'église


A l'entrée dans l'église, aussitôt s'évaporent

L'espace et le temps. Une paix, un doux report,

Sur la rive silencieuse d'un torrent fort,

Bien à l'abri de l'obscurité du dehors.


L'église au secret bien gardé qu'elle ne révèle

Qu'à l'intérieur : l'atmosphère spirituelle

Témoigne sans bruit de la Présence Réelle

D'un Dieu Trinitaire créateur éternel.


La douce pénombre englobe depuis la terre

Jusqu'au ciel, ses colonnes érigées tout en pierre.

Membres vivants du Seigneur, étonnant mystère,

Les piliers divins sur tout homme se resserrent.


C'est ainsi que la Miséricorde divine

Déverse de la haute voûte qui culmine

Le sang divin par les veines de granitine :

Un Corps de pierre imprégné de grâce divine.


Cet amour infini, un coeur dense, claustral,

S'étend sur tous en un silence inaugural.

C'est l'heure sainte qui évince tout le mal :

Je suis avec Dieu, un instant fondamental.

dimanche 28 juillet 2024

Je maintiendrai

 J'ai entendu ce matin les oiseaux chanter

Un sifflotement joyeux s'étend dans la nuit

Sous la fenêtre où j'étais encore couchée

Ecrasée par l'idée du devoir à complir.


Et il me chantait de son verbe merveilleux : 

Souviens-toi que tu es née de ces Hollandais

Conquérant leur terre sur l'océan fougueux

Leurs figures de proues, pures et belles, brillaient


Toute ta vie quotidienne, d'épouse et mère

Tu la conquiers à la fine pointe du coeur.

Alors, s'étend devant toi ton destin, ton rêve

Offert, dans la nuit des temps, par ton Créateur.


Si tu cherches le bonheur, pour toi, pour les tiens

Poursuis chaque jour ma divine Volonté

Car c'est elle qui indique la voie, le chemin

Pour gagner le trésor d'une profonde paix.


Ils obéirent à leur Dieu recevant la Terre :

Tes ancêtres, en vérité, promirent à jamais

C'est la devise oubliée par tous, de tes pairs

Elle ne dit qu'un mot, un secret : "Je maintiendrai"



*"Je maintiendrai" est la devise des Pays-Bas,  depuis toujours en français.


samedi 6 juillet 2024

L'oiseau, l'homme et Dieu

Saint Irénée de Lyon :
"La gloire de Dieu c'est l'homme vivant et la gloire de l'homme c'est la vision de Dieu."

"Le passereau s'est trouvé une maison, et la tourterelle un nid où loger ses petits : tes autels, Seigneur de l'univers, mon Roi et mon Dieu! Heureux les habitants de ta maison, à jamais ils te loueront."



L'oiseau, l'homme et Dieu

Tout le jour, l'oiseau célèbre son Créateur
Dès l'aube, il chante, il éveille dans sa ferveur
Ce pour quoi il est créé, son unique tâche
"Louange, Honneur, Gloire" pépie-t-il sans relâche.

Alors que nous prions par la voix de l'Esprit
Nos paroles sont semblables à l'oiseau, son cri
Prières inaudibles qui s'élèvent au ciel
Prières saintes par la grâce du baptême

Ces mouvements de l'âme,
Ressacs de la mer,
Ou un oiseau qui plane,
Coupe riche et amère

Emplis selon sa volonté du Corps, du Sang
L'homme est heureux, son amour est exubérant
Avec l'oiseau, à genoux devant le ciboire,
Ils chantent tous les deux  : Honneur, Louange et Gloire!