samedi 31 décembre 2011

Sélection de photos de l'année 2011

Maison, voiture


Il est vrai que ce monde où nous respirons mal
N’inspire plus en nous qu’un dégoût manifeste,
Une envie de s’enfuir sans demander son reste,
Et nous ne lisons plus les titres du journal.

Nous voulons retourner dans l’ancienne demeure
Où nos pères ont vécu sous l’aile d’un archange,
Nous voulons retrouver cette morale étrange
Qui sanctifiait la vie jusqu’à la dernière heure.

Nous voulons quelque chose comme une fidélité,
Comme un enlacement de douces dépendances,
Quelque chose qui dépasse et contienne l’existence ;
Nous ne pouvons plus vivre loin de l’éternité.

(Houellebecq, "La poursuite du bonheur")











































Enfants








Bretagne












 Christ, vitraux, églises



















































Florence











 











vendredi 30 décembre 2011

"Mon boulot dans l'existence, c'est de me sauver"




"Voilà un mois, mon agent Maxim Lieber m'a refusé une nouvelle sous prétexte qu'elle était ironiquement pro-catholique. Je n'ai vraiment pas eu conscience du moindre préjugé en écrivant cette histoire. Tout cela m'est venu aisément et naturellement. Le style en est bon. Lieber me l'a dit. Il a même ajouté que c'était une excellente nouvelle et qu'il réussirait sans aucun doute à la vendre. Je suis encore fou de rage à l'idée qu'un agent, un simple agent, un foutu marxiste, un putain de corniaud de marxiste, rejette une nouvelle parce qu'elle ne correspond pas à ses caprices du moment. C'est la troisième fois que cela m'arrive. Je suis sûr que vous ne m'auriez pas fait une chose pareille; je me rappelle beaucoup de textes que vous avez publiés qui n'étaient pas en harmonie avec vos principes. Une nouvelle est nouvelle; si elle est bonne, elle doit être imprimée. Mais sous prétexte qu'une nouvelle a un thème catholique, il n'y a pas de raison pour qu'un putain d'agent à la con-censé s'occuper de textes littéraires et non de propagande- la refuse. J'en ai ma claque de ce bonhomme; mieux, je vais lui faire la peau à la première occasion. Qu'est-ce que j'en ai à foutre du communisme? Ils peuvent bien me coller le dos au mur et me fusiller; ce n'est pas pour ça que j'adhérerai au marxisme de pacotille d'une coterie imbécile de diplômés d'Harvard qui -parce qu'ils n'ont rien dans les tripes- gobent et défendent des principes auxquels ils pigent que dalle. Aujourd'hui, n'importe quel marginal, pédé ou lesbienne est communiste. Ils me rendent malade! Et ils devront d'abord me passer sur le corps avant de m'empêcher de publier. Ils sont dix fois pires que Babbitt. Ils "sympathisent" avec les masses. C'est un mensonge. Ils utilisent les masses pour vendre leurs canards, mais leur sympathie relève de l'hypocrisie pure et simple. Regardez Dreiser et Anderson. Ces types ne sont pas sincèrement communistes. Ils sont communistes parce que le communisme paie dans ce pays. Personnellement, je n'ai aucune sympathie pour les masses. Les masses existeront toujours. Elles sont composées d'imbéciles. Elles sont indispensables à la société. Si vous voulez mon opinion, je hais les masses. J'ai vécu avec elles, j'ai respiré leur haleine fétide, côtoyé leur esprit abruti. La culture ne les concerne pas. En fait, rien ne les concerne. Elles sont condamnées. Qu'elles crèvent donc. Mon boulot dans l'existence, c'est de me sauver. C'est là une rude affaire. Je ne compte pas me salir les mains en essayant de sauver les masses."

(Fante/Mencken-Correspondance)

samedi 24 décembre 2011

vendredi 23 décembre 2011

Plongée


"D'une façon ou d'une autre, comme une flèche ou en errant sans but, on arrive toujours à la fin du chemin"(Exit le fantôme, de Philip Roth)


Dans la nuit profonde, je plonge, au volant de la voiture,
Monstre puissant d’acier qui prolonge avec harmonie
Mes mains, mes pieds, mon corps ; je suis le noyau dur :
Comme une cellule a pénétré l’atome, une entité unique.

Le brouillard s’est levé en volutes qui serpentent d’abord
Sous mes Pieds-Roues puis s’impose, dense, pesant, blanc.
Le bruit du moteur s’atténue, absorbé par la masse dehors
Je m’enfonce avec courage dans la matrice qui piège et endort.

Je-Voiture accroche mes Yeux-Phares aux lignes pointillées
J’avale les petits traits avec régularité, sans me presser
Ce tunnel aura bien une fin, j’avale, mais j’ai été engloutie
Dans ce boyau dont il ne faut pas dévier, pour rester en vie.

J’avance donc bien sagement sur le chemin tout tracé
Parfois à peine visible, dans un clair-obscur tournoyant
Sourde, muette, presqu’aveugle, sur le chemin proposé
De gré et de force, sans respirer, j'avance obstinément

Comme le nouveau-né a emprunté la route de la délivrance
Propulsé dans une mystérieuse et irrésistible sollicitation
Comme l’homme évolue toute sa vie submergé de questions
Il n’y a qu’une voie, une seule, et il faut la suivre avec confiance.

La route me perd et me plonge dans des méandres absurdes,
Trouver du sens ne sera pas pour demain ni aujourd’hui
Un jour, peut-être, dans ma demeure une fois rendue
Je me retournerai observant ce qui toute ma vie m’a fui
J’attraperai un son, une mélodie, des réponses, une vue
J’entendrai, j’évoquerai, je verrai ce qui toujours a lui
Dans la Ténèbre de mon cœur, mon corps, mon esprit

Celui qui est le Chemin, la Vérité, la Vie.




mardi 13 décembre 2011

Avancer ses pions




Gabrielle a chopé sa première grosse bronchite et doit subir des séances de kinésithérapeute pour dégager ses petites bronches bien encombrées. J'ai dégoté un kiné qui aime cogiter tout en malaxant violemment ma pauvre crevette qui braille en braquant des regards indignés vers son tortionnaire. Etant une habituée de ces séances, j'avoue ne plus guère éprouver d'émotion, je connais l'efficacité redoutable et mécanique du procédé et cela me convient très bien. Je discute donc avec le kiné tranquillement. Ce soir, je lui ai dit que je revenais de mon travail. Il rit et me dit : vous travaillez dans quoi? Les bagnoles?? A mon tour de rire, je venais de lui expliquer que j'avais dû déposer les enfants à la maison puis repartir illico pour la séance du bébé et que j'avais doublé pas mal de voitures en forêt, avec brio, que j'avais conduit vite et bien ce qui paraît de plus en plus contradictoire dans nos esprits lobotomisés. J'avais fait un "bon trajet", pas d'accrocs, et je m'en réjouissais comme une gamine. Arrivée à la ville, j'étais tombée sur un barrage de flics; ils vérifiaient les assurances. Pas très à l'aise, j'ai laissé le gendarme vérifier le petit carré vert sur le pare-brise... Dieu merci, j'ai un mari qui me connaît bien et qui a cette prévenance naturelle et tout à fait remarquable de s'occuper des aspects pénibles de l'entretien de la voiture de madame. Tout était OK.
Bref, conclut mon kiné, vous avez "chauffé les pneus" et, enthousiaste je lui réponds que oui, c'est exactement cela! Parfois vous vous accordez avec des gens qui vous comprennent... C'est une sensation assez rare et que j'apprécie. Je continue :  "Non, je travaille en milieu associatif, c'est une activité qui convient bien à mon "statut" de mère de famille." Nous discutons voiture, éducation, justice et à un moment donné il en vient à me dire :"la France est une oligarchie". -Oh! lui ai-je répondu, c'est drôle, j'ai assisté hier à une conférence qui traitait -entre autres-  de ce thème". A son tour, mon kiné relève la tête et prend un air curieux : "donnez moi, s'il vous plaît, les références de votre philosophe et conférencier! " -" Bien volontiers : Philippe Nemo, il a écrit un petit bouquin qui devrait vous plaire : "Qu'est-ce que l'Occident".
La séance est terminée, les références inscrites dans son calepin, il me renvoie à son tour à Malaparte que je ne connais pas et nous repartons chacun de notre côté ravis de nos trouvailles. Gabrielle respire mieux et moi aussi d'une certaine façon... Je me sens moins seule.

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Ci-joint, une petite synthèse de la conférence de Philippe Nemo que vous pourrez prochainement écouter sur l'Institut Coppet. Une présentation du dernier livre de Philippe Nemo :"La France aveuglée par le socialisme".

Dans ce nouvel ouvrage, j'ai rassemblé des articles écrits depuis 2006 et qui étaient éparpillés... J'ai voulu les réunir avec un fil conducteur dont le thème est  : la France aveuglée par le socialisme. Une des clefs pour comprendre notre pays est de constater qu'il est devenu socialiste sans le savoir ou , du moins, sans se l'avouer consciemment. La Gauche s'est emparée de l'Ecole, il y a 100 ans environ, des médias (après la Deuxième Guerre Mondiale) et de la presse, complètement, à partir de 1981. C'est cela notre exception française : nous sommes socialistes, nous sommes le pays le plus communiste de l'Occident.
On l'est dans le discours public. Ce discours apparaît comme complètement anti-libéral : qui aujourd'hui, dans le discours public défend la liberté? Nous sommes accablés d'interdictions (fumer, manger ce que nous voulons etc...) et nous nions ainsi la notion la plus élémentaire de liberté. Un exemple révélateur de ce fait : nous pouvons remarquer que nous n'avons jamais su comment se passaient les élections à la Sécurité Sociale, qui est le plus gros organisme distributeur financier de notre pays! Y a t-il des élections à la Sécu?

Dans la préface de ce livre, je fais le constat de cette France devenue socialiste (même un parti comme le Front national se "Mélanchonise"!). Nous ne sommes pas encore entièrement dans un état policier mais je peux constater, d'après ma propre expérience, que le discours libéral n'est pas seulement absent mais aussi et surtout déconsidéré, discrédité. Les samizdats qui étaient la forme d'auto-édition des dissidents russes sous le communisme, étaient très limitées et particulières. (Soljenitsyne, par exemple). En France, nous pouvons dire que les "dissidents" face à ce discours public forment au moins 50% de la population et donc que nous vivons une situation schizophrénique : un discours officiel, un pays officiel et 50% de la population qui ne pense pas pareil. Un seul média résiste, c'est l'édition. En effet, les livres jouent le rôle de média parce qu'on n'apprend plus rien dans la presse officielle. Cette moitié de population qui croit encore dans la liberté n'est absolument représentée. C'est pourquoi je reprends à mon compte la distinction de Maurras entre la pays réel et le pays légal. Un symptôme de ce fait : à la suppression du Parlement sous la Vème république, les référendums vont tomber en désuétude et il y aura eu autant de référendum en 40 ans qu'en 8 ans avec le Général de Gaulle, par exemple.

A partir des articles du livre, je montre comment au travers du prisme idéologique socialiste nous considérons les problèmes de notre pays et nous rendons de ce fait ces problèmes insolubles. Les problèmes comme la mondialisation, la baisse démographique occidentale, l'environnement, le problème du logement, l'immigration, tous ces problèmes sont traités dans d'autres pays européens (en Allemagne, dans les pays du Nord), et sont traités et résolus  sous l'angle de décisions publiques, avec auparavant des débats contradictoires. Pour se sortir de ces problèmes, d'une crise, il faut pouvoir les penser avec des thèses opposées, remettre en cause certains choix pris auparavant et qui n'ont pas fonctionné. En France, certaines thèses sont refusées "a priori" par la "religion" socialiste. J'emploie exprès le terme de religion : le socialisme, en effet, est une hérésie millénariste, avatar de la religion chrétienne. Cette thèse hérétique date au moins de l'Antiquité. Il y a une vraie volonté dans cette hérésie d'ériger un paradis sur terre. Evidemment, la dimension eschatologique peut nous échapper lorsqu'on considère François Hollande ou Ségolène Royal! Cette dimension est alors largement atténuée! Mais il y a malgré tout dans le socialisme aujourd'hui l'idée d'écraser une injustice, un mal représenté par un groupe, un "sang impur" (dans la Marseillaise). L'analyse socialiste comprend une dimension religieuse indéniable et surtout anti-cléricale : la France a toujours été considérée comme en retard par rapport aux pays du Nord car trop "chrétienne". A partir de 1900, La Franc-Maçonnerie -appelée sans complexe "l'Eglise de la République"- s'introduit dans l'Ecole puis l'Etat et renverse alors cet aspect "trop chrétien".

Mais revenons à ce prisme socialiste qui empêche la résolution de nos problèmes. Nos sociétés peuvent se régénérer, elles ne meurent pas d'une certaine façon et elles peuvent donc résoudre leurs difficultés. Dans un article j'évoque le système politique français en expliquant que ce dernier n'est absolument pas une démocratie mais une oligarchie.En effet, la Constitution de la Vème République a un grave défaut : elle a supprimé le Parlement. De plus, le fondateur de la Vème République était un étatiste. Le système électoral produit des députés par le biais de l'Etat! Nous sommes en fait de plus en plus gouvernés par des fonctionnaires, issus de grandes écoles véritables machines à créer des fonctionnaires et ces derniers ne sont pratiquement plus issus de la société civile, du pays réel.
La Hollande, longtemps gouvernée par des marchands ou des membres de la société civile était un modèle de démocratie libérale, très tolérante d'ailleurs d'un point de vue religieux envers les catholiques et les juifs auparavant.
Ce Condominium de fonctionnaires qui nous dirige éclaire l'énormité de nos prélèvements obligatoires, nos impôts : en effet, ces derniers servent en priorité à payer les hommes de l'Etat et comme ceux-ci dirigent le pouvoir fiscal il est évident que cela génère des prélèvements de plus en plus importants : l'homme reste humain et s'il peut prendre plus, il le fait. Il y a donc un lien direct entre la Vème République et nos records de prélèvements obligatoires.

Trois chapitres inédits dans ce recueil d'articles sur l'Etat-providence [non-traité ce soir], sur la Franc-Maçonnerie et sur l'éducation.

1/ La Franc-Maçonnerie
J'évoque les réseaux qui permettent de s'unir entre fonctionnaires, d'agir par capillarité. La Franc-Maçonnerie est l'un de ces réseaux et sa puissance n'est pas des moindres à l'heure actuelle. Il existe des résistances très concrètes à évoquer ce type de réseau. L'une de ces caractéristiques géniales est son secret : l'idée de la Franc-Maçonnerie est qu'on peut d'autant plus agir efficacement dans une société qu'on le fait en agissant caché. Mais alors, je vous ferai remarquer que c'est une caractéristique absolument anti-démocratique!
Aujourd'hui, la FM française est très nombreuse, plus nombreuse qu'elle n'a été auparavant. Elle n'est pas en déclin comme on pourrait le croire. J'ai une explication personnelle à ce phénomène : à la fin du 19 ème siècle, la FM française a été largement investie de membres anti-religieux très virulents qui ont obtenu la majorité au Grand Orient. Les Franc-Maçonneries anglo-saxonnes qui n'étaient pas aussi anti religieuses, qui croyaient en Dieu et en l'immortalité de l'âme, ont rejeté la FM française de ce fait et celle-ci s'est retrouvée isolée et spécifique. Avec un pouvoir grandissant sous la III République. Tous les ministres étaient franc-maçons et on peut évoquer la fameuse histoire des fiches dans l'armée : les officiers considérés comme religieux, chrétiens étaient fichés et brisés dans leur avancement.

Quel lien entre la FM et le socialisme? Les FM étaient, sont toujours d'idéologie "solidariste". Ils avaient créé le Parti Radical; mais lors de l’avènement du marxisme, les franc-maçons ont préféré suivre une voie plus"pâle", plus molle que celle prônée par les marxistes (et leurs figures bolchéviques pressées par une révolution ou un Grand Soir), une voie socialiste donc. Le Parti Radical paraît alors comme tiède et sans intérêt intellectuel alors que les marxistes semble s'appuyer sur une pensée scientifique solide. D'où un certain recul de la FM à ce moment-là. Arrivent les années 70 et avec  la découverte des ravages du marxisme (les goulags, les millions de morts, Pol Pot etc...) son déclin spectaculaire suit et remet en selle la FM et son "solidarisme".

Le solidarisme prône l'égalité des conditions par le biais de la fiscalité. Le solidarisme est l'idée (définie par Léon Bourgeois) que, au fond, chaque société a une dette envers la société qui la précède. Nous devons recevoir une part de l'héritage que nous lègue la société précédente, mais cette part d'héritage est inégalement répartie entre des riches qui prennent une grosse part du fruit de ce travail commun du passé et les pauvres qui en recueillent moins ce qui n'est pas logique car tout le monde se doit d'être égal devant un héritage. Les riches doivent alors "rendre" (spoliation) cette part d'héritage qu'ils ont en trop et les pauvres doivent prendre une part plus grande sans que l'idée de travail intervienne le moins du monde puisqu'il s'agit d'un héritage, de quelque chose qui nous est du, indépendamment du travail fournit par ailleurs. Nous parlons donc d'assistanat à l'inverse de la spoliation. Vous trouverez ce concept de solidarisme développé chez le socialiste Vincent Peillon qui est un philosophe de formation.

Dans le livre de Sophie Coignard, on s'aperçoit fort bien que 50% des policiers et magistrats sont franc-maçons. Il y a aussi une proportion considérable de franc-maçons chez les dirigeants des grandes entreprises publiques. Comme il existe plusieurs obédiences dans la FM, il y a une apparence de pluralisme. Mais en fait ce qui les unit est plus fort que ce qui les sépare : les franc-maçons se réunissent en "fraternelles" et tout ce qui pourrait passer comme anti-républicain (au sens jacobin du terme) est condamné. Ainsi, beaucoup de blocages en France de ce fait. La France est une oligarchie avec comme tissu conjonctif des réseaux comme celui de la FM. La FM a été très opposée au schéma de la famille traditionnelle; en effet cette dernière s'opposait de par son influence directe à la Famille que représente la FM. Les manoeuvres pour déconstruire ces schémas ne s'exécutent pas à la façon des bolcheviques ou des révolutionnaires. Elles sont le fruit de plans effectués sur du long terme, discrètement et doucement. On peut railler les théories du complot, bien sûr, mais il n'empêche que des complots peuvent exister!

2/ L'éducation
Le dogme de l'Ecole Unique a provoqué l'échec scolaire monstrueux que nous observons aujourd'hui. Le but de ce dogme, créer un Homme Nouveau.
Lorsqu'on veut enseigner des vérités aux enfants, il faut nécessairement employer des méthodes "impositives" (le par coeur par exemple). Il n'y a rien à inventer en pédagogie en fait. Mais lorsqu'on emploie ces méthodes impositives destinées à faire apprendre réellement quelque chose, cela provoque alors de la différenciation. En effet, vous aurez des enfants qui comprendront vite et apprendront de ce fait rapidement, d'autres qui auront besoin de répétitions, d'autres enfin qui n'apprendront jamais parce qu'ils ne comprendront rien. Cela entraînera la formation de groupes de niveaux.
Si, pour des raisons d'utopie millénariste, vous ne voulez pas de différenciation mais de l'égalité partout, il faut alors tout simplement éviter d'apprendre quoi que ce soit aux enfants. Il faudra alors trouver des biais, par exemple les "sensibiliser" à des thématiques, mais en aucun cas employer des méthodes d'apprentissage qui ont fait leur preuve depuis fort longtemps.
On voit combien le prisme socialiste bloque complètement la résolution de l'échec scolaire en France. Tout est du à l'aveuglement socialiste : les différenciations existent malgré tous les efforts pour les nier. mais elles sont honteuses.

3/ L'Etat Providence
Non traité par Philippe Nemo par manque de temps.

Notes :
Un article de Philippe Nemo sur La double oligarchie de la Vè République
A propos du socialisme considéré comme religion, je renvoie à cette synthèse de Steiner : "Nostalgie de l'Absolu"

Une remarque intéressante  à partir des questions qui ont suivi :
Internet comme moyen extraordinaire de rejoindre le pays réel, beaucoup plus que les livres?
Réponse : oui, mais Internet est avant un vecteur de communication, il faut aussi étayer avec de la production d'idées. D'où l'importance d'écrire des livres et de créer des écoles libres.

dimanche 11 décembre 2011

Ilys attaqué

Ilys attaqué

ACTU — ARTICLE ÉCRIT PAR  LE 11 DÉCEMBRE 2011 À 11 H 19 MIN 
Certains lecteurs et moi-même sommes témoins d’une page d’alerte en allant sur Ilys, comme quoi ce dernier serait infesté de badware et autres cochonneries.
Pour l’instant aucun antivirus n’a rien détecté.
Nous enquêtons.
Jean-Luc Mélanchon est évidemment suspecté par principe.

Mardi 13 décembre : 
Bonne nouvelle par la voix de Nicolas d'Ilys :" Tout devrait être rentré dans l’ordre, du moins je ne vois plus l’alerte malware. Si c’est encore le cas pour vous, essayez de purger le cache de votre navigateur.
Et remerciez Vae."

vendredi 9 décembre 2011

L'âge du renoncement de Chantal Delsol, extraits

"Il en va autrement à l'âge contemporain, où la sagesse vient, non plus circonscrire la foi ou cantonner ses excès, mais finalement la remplacer.
Ce ne sont pas les sagesses qui brisent la foi pour s'installer à sa place. Des formes diverses et variées de nihilisme s'attaquent à l'idée de vérité et à la foi qui l'accompagne, et laissent derrière elles un champ de ruines, où l'on imagine que rien ne repoussera plus. Erreur, car les sagesses sont plantes du désert, et les champs de ruines favorisent au contraire leur croissance...
La constatation par Nietzsche de l'écroulement de l'idée de vérité part d'un point de vue culturel monothéiste ("Dieu est mort"). Par la destitution de la Vérité occidentale, toute idée de vérité se voit abolie. Et cela, non parce que le philosophe verrait dans la culture où il est né un creuset unique dont la fin signifierait la fin de toute culture -ce qui serait un point de vue bien provincial. Mais parce que la manière dont la Vérité a été descellée -la subjectivation- entraîne le descellement de toutes les autres vérités. L'homme (l'Occidental?) est un constructeur d'horizons -d'idéaux. Il façonne des illusions qu'il appelle vérités, et c'est grâce à elles qu'il peut vivre dans ce monde tragique. Ses idéaux se déploient devant lui en grandes causes auxquelles s'attache sa dévotion et qui donnent sens à sa vie. La création d'illusions est sa manière de façonner un cosmos à partir du chaos, afin d'échapper à l'insignifiance. Nietzsche a prophétisé l'avènement du nihilisme postmoderne, du "dernier homme" qui, parce qu'il tient désormais ses vérités pour des illusions, n'attache plus d'importance qu'à son confort matériel. ("Nous avons inventé le bonheur", dit-il "en clignant de l'oeil").
Nietzsche avait bien vu que l'homme du nihilisme peut se dégrader à l'extrême, lorsque tout est permis parce que rien n'est vrai. Mais il se trompait en croyant que la fin des vérités engendrerait la fin des morales qu'elles avaient engendrées, et que la morale chrétienne s'évanouirait avec le Dieu chrétien. Autrement dit, il avait saisi, et décrit avec la perfection du génial poète, la perversion de l'époque de rupture, de l'époque du grand vide entre deux temps, celle du nihilisme, suspendue dans l'abîme. Mais le nihilisme n'est pas un avenir, seulement une maladie. La nouvelle philosophie qu'il érigeait, celle du surhomme, offerte comme une possibilité ou comme un rêve, présente deux aspects contraires de l'avenir du continent aux pensées ravagées, au moment où il écrit. l'un des aspects est la conséquence naturelle du nihilisme : le règne de la force et de la cruauté (qui retourne la morale détestée de la compassion et de l'égalité), légitimant la guerre, l'eugénisme et l'élimination des éléments nuisibles. Et même s'il est beaucoup trop rapide de supposer que Nietzsche fut un précurseur du nazisme, il serait juste de dire, comme nombre d'auteurs l'ont fait remarquer, que le nazisme est fils du nihilisme. Mais l'autre aspect présente des figures assez proches de ce que nous voyons apparaître actuellement : la séduction de l'amor fati, non pas seulement acceptation mais encore dévotion pour ce qui advient, ou pour le destin comme histoire qui nous attend; théorie de l'éternel retour du même comme volonté d'assumer pleinement le passé au point d'accepter de le revivre, au lieu d'espérer en une assomption par l'histoire; volonté de laisser pleinement place à l'homme individuel qui se retranche de la vie publique, entachée de mesquinerie. Autrement dit, Nietzsche a prédit à la fois la maladie du nihilisme et la guérison de la maladie. Dans la vision fascinée qu'il dresse de notre destin, il tient pour ainsi dire tous les fils ensemble. Ce qu'il n'a pas vu, c'est que les références des millénaires monothéistes continueront de nous accompagner longtemps, car on ne reconstruit pas sur le vide, et il est bien probable que les vérités et les "causes" dont il avait constaté la destruction survivront à titre de traditions, et transformées en mythes."


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Tout est remis en cause, même dans la conservation de la plupart des référents anciens, dont la signification subit des avatars inattendus. Et pourtant cet inhabituel est aux yeux de l'histoire une habitude. Au regard du temps et de l'espace humains, en tout cas, c'est le monothéisme, la croyance en une vérité transcendante, qui apparaît comme une exception.
On peut penser que la culture occidentale, entée sur la foi en un Dieu transcendant, représente une construction à la fois plus complexe et plus fragile que toutes les autres. Cette construction si sophistiquée côtoie forcément son propre vide : elle est si lourde à porter. Elle reste à la merci du doute, puisque reposant sur l'adhésion volontaire à des mystères, et avec cet appareil léger et chancelant, elle se hausse dans des régions très élevées... Tandis que les sagesses reposent sur une évidence, elle, bien présente et irréfutable : la souffrance de l'homme devant la vie et la mort. Un monde structuré autour de l'Être demeure toujours à la merci de la fatigue, ce harassement devant la tâche infinie qui consiste à tenir debout la Vérité. Celle-ci est sans cesse remise en cause par l'indifférence et par le doute consubstantiels à la méditation qui nous attache à elle : la foi. Mais la perte de la foi ne laisse pas forcément les humains désemparés et contraints de dire comme l'auteur des Démons : "Si Dieu n'existe pas, alors tout est permis." Ceci est plutôt la conclusion du désespéré constatant tout à coup l'effondrement de la vérité et persuadé qu'après elle vient le déluge, parce qu'il demeure prisonnier de sa propre culture, et par conséquent incapable de vivre sans elle. Une pensée constituée autour du Néant -comme le courant japonais de l'école de Kyoto- n'est pas pour autant "nihiliste" au sens que nous donnons communément à ce mot. Elle sous-tend une forte orientation morale, autrement dit, elle ne laisse pas l'homme livré à des tentations exclusivement cyniques ou esthétiques, mais peut proposer une guidance spirituelle.
Il est évident que les générations des fils perdus, venus juste après la perte de la foi en la vérité, tombent facilement dans le nihilisme au sens décrit par Nietzsche; ou au sens du positivisme juridique dont l'acmé se situe dans les deux totalitarismes; ou encore au sens de la philosophie déconstructionniste qui jette la dérision sur toute valeur morale et navigue entre un esthétisme bouffon et un sadisme cruel du style Gert Hekma. Mais ce nihilisme ne représente rien d'autre qu'un collapsus, une pathologie du vide soudain, et ne saurait en aucun cas devenir une culture nouvelle, signant un avenir défiguré. Les sociétés humaines ne peuvent jamais vivre sans chercher à assumer leur tragédie, même si elles se sentent impuissantes à y répondre -assumer et répondre ne sont la même chose. La démonstration en est qu'elles l'ont toujours fait. Et la question n'est pas seulement : "qu'y aura-t-il après le monothéisme? ",  mais d'abord : "Qu'y avait-il dans le temps historique avant le monothéisme?" et "Qu'y a-t-il dans l'espace hors le monothéisme?" La réponse aux deux dernières questions permet de répondre à la première. L'épuisement du monothéisme ne laisse pas derrière lui un vide fasciné et vertigineux. Derrière lui le monde se repeuple des anciennes sagesses qui avant lui l'avaient toujours habité, et qui l'habitent spontanément dès que s'éclipse la religion. Descartes qui, au sein du vertige de l'incertitude, se donne une "morale par provision", ne confère-t-il pas à celle-ci une forme stoïcienne (suivre les coutumes de son pays, changer ses désirs plutôt que l'ordre du monde, demeurer résolu même dans le doute -en raison de l'incertitude de la connaissance du bien)?"

jeudi 8 décembre 2011

Pierrot tient son stylo comme une épée

Une petite rédaction de mon Pierre : je vous ai épargné les fautes d'orthographe mais la ponctuation n'existe pas pour ce "chevalier en quête de dangers et d'aventures".

Le chevalier éperonna son cheval qui galopa vers la princesse. Une fois arrivé, il demanda :
-Pourquoi êtes-vous accrochée à ce rocher?
La femme dit :
-Aidez-moi, au secours! cria t-elle
Soudain un dragon immense sortit de la grotte. Il avait d'immenses griffes qui pouvaient couper un arbre d'un seul coup il pouvait se tenir sur ses pattes arrières ce qui le rendait encore plus majestueux. Le chevalier qui n'en avait pas peur brandit sa lance et se jeta bravement sur le dragon avec fougue et lui planta sa lance sur la patte arrière fou de douleur il entendit une plainte aiguë et cracha un jet de flamme qui rebondit sur le bouclier et vint briser la chaîne.  Le dragon lança un coup de patte avec ses griffes et il écorcha l'épaule de saint George et une douleur lui  fouilla l'épaule et le sang coula le long de son bras. Le chevalier lui planta sa lance dans l'aile gauche le dragon rugit et recracha une deuxième flamme encore plus longue et il  se protégea avec son bouclier mais il remarqua que son bouclier n'allait pas tenir longtemps et que son bouclier allait voler en éclats et qu'il risquait de mourir pour de bon il fallait agir il prit sa lance et lança de toutes ses forces sur le dragon et elle transperça l'oeil le jet de flamme s'arrêta et le dragon tomba comme une masse il était mort.
Le cavalier descendit de son encolure et alla voir la belle princesse qui priait encore et dit :
-"n'ayez  crainte, rassura le chevalier, il est mort.
-Merci sire merci beaucoup
-de rien demoiselle il est dans mon devoir de protéger les femmes en détresse.
Puis il dormit au château et le lendemain sous un soleil rouge il partit en quête de dangers et d'aventures.

mardi 6 décembre 2011

Le sel de la terre

Extraits du livre d'entretiens avec le Cardinal Ratzinger (devenu Benoît XVI depuis), Le sel de la terre.
Ces extraits peuvent être mis en lien avec la lecture du texte de Lounès sur Ilys  "Face à la racaille", notamment ces réflexions :

"Cela fait un peu « illuminé » de se lancer dans ce qui va suivre mais je crois que si la posture volontariste est impuissante c’est parce-que les racailles sont mus par une sorte de foi, une foi intuitive et instinctive. Ils « sentent » qu’un fossé va peut-être s’ouvrir dans l’avenir et ils ne seraient pas opposés à l’idée de le remplir avec nos cadavres. C’est sans doute une question de foi cette histoire-là. (...)On a cru qu’il n’y aurait aucune conséquence à l’abandon de la vraie foi or ces conséquences sont toutes écrites dans le Deutéronome au chapitre 28 verset 15 et franchement qui peut nier que ce n’est pas exactement cela qui s’accomplit ? Un initié m’a dit que dans la Bible, lorsque Dieu veut châtier son peuple infidèle il sélectionne un autre peuple, impie celui-là, et le lance à l’assaut du premier pour que les hommes des deux camps s’entretuent. C’est au moins une donnée à prendre en compte.Dans ce film incroyablement précurseur sorti en 1998 et intitulé « Couvre-feu », on voyait un terroriste islamiste jouer le « gentil » tout le long du film, et se revêtir d’une ceinture d’explosifs à la fin et dire ceci : « Certains pensent que l’argent c’est le pouvoir, ils ont tort. C’est la foi le pouvoir »"
                                 
                                 Le sel de la terre, extraits : 


A propos de la mission de l'Eglise dans le monde, le cardinal anglais Newman disait un jour : "C'est seulement parce que nous sommes là, nous les chrétiens, parce qu'il y a ce réseau de communautés répandu par l'oecuménisme, que sera enrayé le déclin du monde. L'existence du monde est relié à celle de l'Eglise. Si l'Eglise tombe malade, le monde gémira sur lui-même."

On peut sans doute trouver ces mots très énergiques, mais je dirai que l'histoire des grandes dictatures athées de notre siècle, le national-socialisme et le communisme, montre que la chute de l'Eglise, le déclin et l'absence de la foi comme force marquante précipitent vraiment le monde dans des abîmes. Et le paganisme préchrétien avait encore une certaine forme d'innocence, le lien avec les dieux créait aussi des valeurs fondamentales qui assignaient des limites au mal; mais si les forces opposées au mal tombaient aujourd'hui, l'effondrement serait effectivement monstrueux.
Nous pouvons dire avec une certitude empiriquement fondée que, si la puissance morale que représente la foi chrétienne était soudain arrachée de l'humanité, alors l'humanité tituberait comme un bateau déchiré par un iceberg et sa survie serait en très grand danger.

                                                                      
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Une partie des nouvelles questions qui se posent à l'Eglise, des dangers qu'elle court, se dessine déjà nettement. Nous avons déjà dit qu'on lui reprochait son fondamentalisme; l'Eglise, dit-on, s'opposerait en réalité à la société démocratique, elle entraverait la liberté d'opinion et de croyance et travaillerait à édifier un Etat de Dieu. Même en dehors de ce reproche, la substance intérieure de la foi biblique est de plus en plus minée. La mort sur la croix, l'Ascension et le message de la rédemption sont fondamentalement mis en doute. Les disciples n'auraient eu en fait que des visions, même le sermon sur la montagne n'aurait pas été prononcé. Et l'idée que l'Eglise devrait s'abolir elle-même en faveur d'une religiosité postchrétienne trouve de plus en plus de partisans.

A cela s'oppose la force de foi des croyants, qui par millions trouvent aujourd'hui encore dans la foi de l'Eglise le chemin qui leur permet de devenir vraiment un être humain. Durant les grandes dictatures de notre siècle, la foi chrétienne a été maintes fois déclarée morte; seuls les incorrigibles et les inamendables restaient avec elle, disait-on. Après la chute de ces potentats, nous voyons que les croyants mis au ban de la société ont été les véritables témoins de l'humanité, et qu'ils ont libéré la voie de la reconstruction. La foi chrétienne a beaucoup plus d'avenir que ces idéologies qui l'invitent à se supprimer elle-même.


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La tradition de la foi a-t-elle aussi besoin d'un nouveau ton, d'un nouvel accent?


Je pense que oui; car si tant de fatigue accable les chrétiens, du moins en Europe, c'est bien le signe qu'un nouveau ton est nécessaire. J'ai lu l'histoire d'un prêtre orthodoxe qui disait : "J'ai fait tant d'efforts, et pourtant les gens ne m'écoutent pas, ils s'endorment ou ils ne viennent pas du tout. Sans doute n'avait-il pas la bonne manière de parler. C'est une expérience typique, d'autres la font aussi. L'important, c'est que le prédicateur ait lui-même une relation intérieure avec l'Ecriture Sainte, avec le Christ, à partir de la parole vivante, et qu'en homme du temps où il vit et qui est le sien, d'où il ne s'enfuit pas, il élabore intérieurement sa foi. Et ensuite, s'il peut vraiment parler personnellement, profondément, alors le ton nouveau  vient tout seul.


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Il y a des années, vous avez exprimé l'espoir que se dessine quelque chose comme "l'heure de la Pentecôte dans l'Eglise". Il y a, disiez-vous, des groupes de jeunes gens qui adhèrent avec une résolution ouvertement déclarée à la foi tout entière de l'Eglise, la "catholicité pleine et indivisée". A-t-on besoin de nouveaux chrétiens plus courageux, plus fiers? Vous avez affirmé un jour que l'Eglise n'avait pas besoin aujourd'hui de nouveaux réformateurs, mais plutôt de nouveaux saints, venus d'eux-mêmes, poussés par la vitalité intérieure de la foi et redécouvrant ainsi la richesse de la foi et son inaliénabilité.

Pour en rester d'abord aux mots "réformateurs" et "saints" : chaque saint est un réformateur, en ce sens qu'il anime de nouveau l'Eglise et aussi la purifie. Mais par le mot de "réformateurs", on entend plus fréquemment des gens qui décident de mesures structurelles et se meuvent pour ainsi dire dans le domaine des structures. Et de ceux-là, je dirais que nous n'en avons pas réellement un besoin aussi urgent pour l'instant. Ce dont nous avons réellement besoin, ce sont de gens qui sont intérieurement habités par le christianisme, le vivent comme un bonheur et un espoir et sont ainsi devenus des âmes aimantes. C'est cela que nous appelons des saints.
Les vrais réformateurs de l'Eglise, grâce auxquels elle est redevenue plus simple et a ouvert ainsi de nouveaux accès à la foi, ont toujours été les saints. Pensons seulement que saint Benoît, à la fin de l'Antiquité, crée la forme de vie qui permet au christianisme de se répandre avec la migration des peuples. Ou pensez à François et Dominique - dans une Eglise féodale, en train de se pétrifier, éclate le tout nouvel essor d'un mouvement évangélique qui vit la pauvreté de l'Evangile, sa simplicité, sa joie, et déclenche ensuite un vrai mouvement de masse. Ou bien rappelons-nous le XVIe siècle. Le Concile de Trente était important, mais s'il a pu s'imposer comme une Réforme catholique, c'est qu'il y a eu des saints comme Thérèse d'Avila, Jean de la Croix, Ignace de Loyola, Charles Borromée et beaucoup d'autres. Frappés intérieurement par la foi, ils l'ont vécue à leur manière à eux, c'est leur exemple qui a ensuite permis les réformes, celles qui étaient nécessaires et salutaires. Voilà pourquoi je dirais que les réformes, aujourd'hui, ne viendront certainement pas des forums ou synodes, qui ont aussi leur raison d'être et parfois leurs nécessités. Les réformes viendront de personnalités convaincantes, que nous pourrons appeler des saints.