vendredi 28 octobre 2011

Des blessures qui ne cicatrisent pas

Un autre passage de Murakami : un des personnages est un jeune étudiant; il a perdu sa mère vers 7 ans d'un cancer du sein et son père était en taule à ce moment là; le gamin est alors prise en charge par ses voisins et se démerdouille tout seul jusqu'à la sortie du père de prison, quelques mois après. Il est "orphelin" pendant une période en quelque sorte.
J'aime ce passage, il me fait penser à ceux dont les parents ont divorcé ou qui ont subi une autre grande cassure du même genre : la blessure est toujours présente et il faut vivre avec. C'est une forme de blessure un peu particulière me semble t-il, parce que tout le monde est blessé par la vie, c'est évident. Mais ces blessures là d'un divorce ou d'une séparation touchent aux sources de la vie et de l'amour et elles sont sacrément dangereuses, elles engagent le pronostic vital comme on dit en jargon médical. On garde une faiblesse. On revient de chez les morts, littéralement.


Le jeune étudiant parle :

"Voilà pourquoi le problème se situe en moi.

- Quel problème?

Takahashi [le jeune étudiant] regarde Mari [la fille rencontrée dans un bar vers 11h du soir] en souriant. "Pour résumer, si tu as été orphelin, tu le seras jusqu'à ta mort. Je fais souvent ce même rêve : j'ai sept ans, je suis à nouveau orphelin. Je suis seul, je ne peux compter sur aucun adulte. On est à la fin de la journée, les alentours deviennent de plus en plus sombres. On est aux portes de la nuit. C'est toujours le même rêve. Dans ce rêve, je retourne toujours à mes sept ans. Tu vois, ce type de logiciels, une fois qu'ils ont été infectés, on ne peut plus les réparer."

Le jeune étudiant dit aussi un peu plus haut dans le roman :

 "En somme, voilà ce que j'ai ressenti à ce moment-là : mon père, quelles que soient les circonstances, n'aurait jamais dû me laisser seul. Peu importe les raisons."

(Haruki Murakami, "Le passage de la nuit")





jeudi 27 octobre 2011

Dans la suite de socialisme=criminels 8...

.... lire ce document exceptionnel de clarté sur l'Institut Coppet à propos des rapports entre catholicisme et libéralisme économique : http://www.institutcoppet.org/2011/10/27/leconomie-politique-daniel-villey/

Extrait : "La méconnaissance des lois économiques transparaît fréquemment dans les mandements épiscopaux.(...)
Voici le second exemple. Dans une lettre officielle de S. Em. le Cardinal Saliège, archevêque de Toulouse, qui a été lue en chaire dans toutes les églises de ce diocèse le 4 janvier 1953, on peut lire la phrase suivante : « Je supplie les chefs d’entreprise de ne pas augmenter le nombre des chômeurs. Il n’est pas nécessaire qu’une entreprise fasse des bénéfices. Il est nécessaire qu’elle vive et fasse vivre des hommes.» Mais si c’était précisément en ne réduisant pas son personnel — alors qu’elle aurait bénéfice à le faire — qu’une entreprise allait mettre en péril sa propre vie, et provoquer une extension du chômage dans l’ensemble de la nation, comme un gaspillage de facteurs propres à « faire vivre » moins bien les hommes ? La question n’est pas discutée, parce que le problème n’est pas posé. Une lettre pastorale n’est pas un traité d’économie politique. Cependant des conseils de ce genre ne devraient pas être donnés, que l’on ne se fût demandé quelles conséquences économiques se produiraient s’il advenait qu’ils fussent suivis. Et si c’était précisément le métier de l’entrepreneur de faire des bénéfices ? On ne saurait en ce cas écrire : « il n’est pas nécessaire qu’une entreprise fasse des bénéfices », non plus que l’on ne dirait : « il n’est pas nécessaire qu’un professeur fasse des cours ; il suffit qu’il achète des livres » ; ou encore : « il n’est pas nécessaire qu’un médecin soigne des malades ; il suffit qu’il s’occupe de sa femme », etc."

mercredi 26 octobre 2011

Socialisme= criminels 8

C'est ici, chez Hashtable, de quoi s'indigner pour de bon :
http://h16free.com/2011/10/25/10852-le-depute-pilleur-naime-pas-se-faire-choper#more-10852

Extrait : "Il faut savoir que nos parlementaires, tout imprégnés de la ferveur démocratique et de la nécessaire représentation populaire, s’empressent de se rendre, régulièrement, aux séances plénières et que pour les récompenser d’être présents, le Parlement Européen leur octroie 304€ bruts pour chaque jour de présence aux réunions officielles.
Cette indemnité couvre l’hébergement, les repas et toutes les autres dépenses liées à cette présence. Ce qui est large, on en conviendra ; 150 euros d’hôtel sympathique, et 150 euros d’escort, je suppose. Allez savoir.
Evidemment, le Parlement ne verse l’indemnité que si le député a signé un registre officiel de présence. Bah oui. Sinon, ce serait trop facile.
Mais bon d’un autre côté, ce n’est pas comme si c’était vraiment très difficile de la toucher. D’ailleurs, et c’est le sujet de la vidéo, c’est même plutôt facile, puisqu’il suffit de s’enregistrer, une fois, tôt le matin avant de s’en aller faire autre chose (et, de fait, ne pas assister aux séances pour lesquelles on touche l’indemnité)."


Et il faut lire en corollaire ce texte sur l'Institut Coppet, en réponse à la note du Conseil Pontifical Justice et Paix qui prône étourdiment (et le mot est faible) une gouvernance mondiale... Lorsqu'on voit ce qu'est déjà capable une gouvernance européenne!
http://www.institutcoppet.org/2011/10/25/faut-il-creer-une-autorite-publique-mondiale-face-a-la-crise/

Extrait : "Une question demeure toutefois : comment une telle autorité mondiale serait-elle exonérée des erreurs et de l’orgueil des représentants des gouvernements et des banques centrales nationales ? Par quel miracle cette autorité mondiale échapperait-elle à l’aveuglement des autorités locales ?

L’autorité politique mondiale en question aurait les défauts qui ont depuis longtemps été analysés par les grands auteurs libéraux :


- Lord Acton : un tel pouvoir corromprait les hommes qui en seraient chargés ;
- Friedrich von Hayek : la concurrence politique pour ce pouvoir attirerait les hommes les plus corrompus ;
- Ludwig von Mises : même un honnête homme qui résisterait à la corruption du pouvoir serait incapable de faire ce qu’on attend de lui à cette position : la planification centralisée ne marche pas."





mardi 25 octobre 2011

Une journée parisienne

 Hier, début des vacances scolaires et à la réception d'un carnet de notes peu encourageant pour mon Pierre, je l'inscris à des cours de maths. et anglais à Paris toute la semaine, ce qui m'oblige évidemment à l'emmener et le ramener car nous habitons loin. En ce beau lundi ensoleillé, je me décide à emmener pour une journée parisienne les jumeaux et Rémi qui sautent de joie à l'idée de monter à la Capitale et de monter en haut de la Tour Eiffel.

D'abord, le train jusqu'à Paris : les gamins et surtout Pierre observent tous les graffitis le long de la voie et Pierre d'expliquer doctement la technique de la bombe de peinture qu'il faut passer très vite ("c'est L. qui m'a expliqué"). Puis il y en a un qui  suggère alors de "tagger la maison de Bonne Maman  en Bretagne puisqu'elle est toute blanche". Alors je prends un air très sévère pour leur faire passer l'envie.

A la Tour, une heure de queue avec les jumeaux et Rémi qui se battaient comme d'habitude et au bout d'un moment j'étais un peu dissipée, prise par le jeu , et du coup je montre aux garçons un enchainement que j'avais appris à mon cours de self-défense et les gamins le reproduisent en trente secondes sous le regard mi hilare mi horrifié des gens autour. Je suis toujours fascinée par cette capacité d'imitation presque parfaite des jeunes enfants de gestuelles ou voix d'adultes qu'ils repèrent... Il y a une fluidité de mouvement, une telle aisance du geste reproduit que c'en est étonnant à observer. Cette capacité d'imitation disparaît avec le temps, pour certains enfants, ils en font par la suite "trop" ou " pas assez", ils s'inhibent eux-mêmes, mais vers 6-7-8 ans, leur innocence, leur appréhension sans barrières de la réalité en font de véritables éponges et donc des imitateurs hors pair.  Plus que le simple geste mécanique de la personne imitée, ils en appréhendent le "ton" si je puis dire, c'est à dire l'essence comme l'écrit si merveilleusement Cioran et c'est cela qui est prodigieux ou génial stricto sensu, cette forme de génie qui ne dure qu'un temps...

Bref. Superbe vue en haut de la Tour Eiffel à cause du beau temps ... Grégoire cherchait les "grains de ciel", c'est à dire les grattes ciel.

Puis barquettes de frites en bas sous la Tour, avec, oh joie suprême, des bonbons en forme de tour Eiffel  et Basile qui paniquait avec les pigeons et un gros corbeau qui faisait la loi. Basile, j'ai failli le perdre plusieurs fois, il est très "tête en l'air", il avance sans faire attention à ce qu'il faut, il est toujours souriant mais étourdi et il est effrayé par tout et n'importe quoi mais jamais par les choses qui devraient vraiment l'effrayer.

Puis récupération de Pierre, très content de ses cours (les profs sont meilleurs et en un cours d'anglais il a plus bossé que depuis le début de l'année avec sa  prof. habituelle m'a t-il expliqué et je soupirais en songeant que si tous les professeurs au lieu de faire du "pédagogisme" se décidaient tout simplement à faire du bachotage et rien que du bachotage, des exercices à répétition, comme c'est le cas dans ces stages, hé bien nos enfants seraient nettement plus avancés, même les moins doués).
 Puis train à nouveau que nous avons eu de justesse, vraiment, nous avons couru comme une volée de moineaux et j'ai eu encore très peur d'en laisser un sur le carreau!

Quelle belle journée, passée dans une sorte de légèreté et de féérie, parce que placée sous le prisme des regards enfantins. Grâce à eux, par substitution, je retrouve cette ivresse et joie simple que nous perdons avec le temps... Mais le soir, au moment d'entrer dans notre village, chez nous, dans la brume du soir qui se levait et rendait tout le paysage mystérieux et attirant, avec les enfants endormis épuisés à l'arrière de la voiture, je songeais combien le retour chez soi, dans sa demeure, c'était une sensation absolument unique... Je crois que retrouver le havre de paix qu'est ma maison, je crois que c'est dans ces moments de pur bonheur que je me dis que j'ai réussi quelque chose, retourner chez moi c'est trouver la paix. Et cela n'a pas de prix.
Tenir sa maison, c'est tenir le monde.








samedi 22 octobre 2011

Crevette beauty



Je suis d'accord avec il Sorpasso à propos du film "American beauty" qu'il évoque ici; la première fois que je l'ai vu, avec mon mari, j'étais ressortie en me demandant comment faire pour éviter d'en arriver à cette vie de couple complètement...vide. Cela m'avait inquiétée à dire vrai, je ne me suis jamais sentie sûre de moi et de mon mariage (cela ne veut pas dire que je ne suis pas sûre de mon mari bien évidemment) et là il y avait  cette espèce de descente aux enfers d'un couple qui avait perdu le sel de la vie justement. A côté, ce magnifique couple d'adolescents qui donne une "recette" : cette volonté farouche de voir la beauté du monde et de la vie dans ce qu'elle a de plus insignifiant pour reprendre un terme dans le film, c'est quelque chose qui ne peut qu'élever les âmes. Vraiment, un très beau film et plus porteur d'espérance qu'il n'y paraît.

vendredi 21 octobre 2011

Deux extraits de "Kafka sur le rivage" d'Haruki Murakami

"Parfois le destin ressemble à une tempête de sable qui se déplace sans cesse. Tu modifies ton allure pour lui échapper. Mais la tempête modifie aussi la sienne. Tu changes à nouveau le rythme de ta marche, et la tempête change de rythme elle aussi. C'est sans fin, cela se répète un nombre incaculable de fois, comme une danse macabre avec le dieu de la Mort, juste avant l'aube. Pourquoi? Parce que cette tempête n'est pas un phénomène venu d'ailleurs, sans aucun lien avec toi. Elle est toi-même et rien d'autre."






"-Il se passe beaucoup de choses autour de moi. Certaines que j'ai choisies, d'autres non. Mais je ne perçois plus très bien la différence entre les deux. C'est à dire, même ce que je crois choisir de ma propre volonté me semble avoir été déterminé d'avance. J'ai l'impression de suivre un chemin que quelqu'un d'autre a déjà tracé pour moi.

(...)

-Même si c'est vrai, même si tes choix et tes efforts doivent fatalement se révéler vains, tu seras toujours toi, et personne d'autre. C'est bien toi qui avances et pas un autre. Ne t'inquiète pas.

Je lève les yeux, le regarde. Il a un air étrangement convaincant.

-Pourquoi en êtes-vous si sûr?

- A cause de l'ironie.

-L'ironie?

Il me regarde dans les yeux.

-Ecoute-moi bien, Kafka Tamura, le sentiment que tu éprouves actuellement a fait l'objet de nombreuses tragédies grecques.Ce ne sont pas les humains qui choisissent leur destin mais le destin qui choisit les humains. Voilà la vision du monde essentielle de la tragédie grecque. Et la tragédie -d'après Aristote- prend sa source ironiquement, non pas dans les défauts mais dans les vertus des personnages. Tu comprends ce que je veux dire? Ce ne sont leurs défauts, mais leurs vertus qui entraînent les humains vers les plus grandes tragédies. Oedipe roi, de Sophocle, en est un remarquable exemple. Ce ne sont pas sa paresse ou sa stupidité qui le mène à la catastrophe mais son courage et son honnêteté. Il naît de ce genre de situation une ironie inévitable.

- Alors il n'y a aucun moyen d'y échapper.

- ça dépend des cas. Mais l'ironie donne de la profondeur aux humains, et de la grandeur. Elle offre le salut, un salut d'un niveau supérieur, et une sorte d'espérance universelle. C'est pour cela que tant de gens lisent les tragédies grecques aujourd'hui encore. Elles constituent une sorte d'archétype de l'art. Je me répète mais, dans la vie, tout est métaphorique. Personne ne tue réellement son père, personne ne couche réellement avec sa mère, n'est-ce pas? Nous intégrons l'ironie de la vie grâce à un instrument appelé métaphore. Et c'est comme cela que nous grandissons, que nous devenons plus profonds."

lundi 17 octobre 2011

...suite et fin de week end.

Les week end familiaux sont un assaut particulièrement intense dans une guerre quotidienne que l'on mène à coups de sourires, de baisers, de cris, de fessées, de plats à préparer, de recettes concoctées dans le secret, méditées pour tel ou tel enfant qui aura besoin d'un "plus" par rapport à son frère ("Demain P. a sport, quelques pommes de terre en gratin ça ne lui fera pas de mal vu comme il est maigrichon. Des bananes, ne pas oublier les bananes".)
A coups de cahiers à signer, de papiers scolaires à remplir, de courses particulières (chaussures d'hiver, anoraks), à coups de rangements un peu hors normes (vêtements d'hiver à mettre dans les armoires, ranger tous les bermudas et chemisettes, trier les sacs de vêtements apportés par des "amis" : "-on sait bien que vous manquez de vêtements vous les familles nombreuses, alors comme il me restait des sacs -oh je n'ai pas bien trié mais bon! Vous trouverez certainement vot' bonheur!... oh c'est un peu usé mais  vous pourrez en faire bon usage! -Merci Madame V., oui, un t-shirt "Che Guevara" avec l'hiver qui arrive, certainement ça plaira aux petits...")
A coups de conduites diverses ("M'man, l'anniversaire chez Charles-Henri c'est jusqu'à 17h pour F. Après, moi j'ai une soirée qui commence à 20h et qui se termine à 3H du mat. Non, pas minuit, M'man, TROIS heures! La dernière fois tu m'a fichu trop la honte avec ta gabardine sur ton pyjama et tes converses de djeun! Mets au moins un pantalon... Non, je ne sais pas où c'est exactement, dans les champs là-bas...")



Un assaut ou plutôt une danse un peu effrénée où l'on ne maîtrise pas exactement ses gestes et où l'on tente de donner un ensemble à peu près harmonieux à contempler mais qui demeure pour un oeil un peu exercé, un "à peu près", une limitation de dégâts  dans une précipitation de mouvements plus ou moins imparfaits, saccadés et en porte à faux avec le rythme musical.

 "Valse mélancolique ou langoureux vertige"? Pas tout à fait : "Rock'n roll hystérique et abrutissant vertige" ....



Ce week end nous avions la Confirmation de mon fils François : l'aîné pressenti pour être "parrain de confirmation" ne rentre pas finalement ( "j'ai plus un rond M'man, et pis j'ai pas pris mon billet... Oui, je sais que tu es déçue... Moi aussi, mais tu sais m'organiser comme étudiant c'est très difficile pour moi... Je crois que je vais me procurer un réveil, c'est important je crois...Oui, M'man, je me brosse les dents, non bien sûr que j'achète pas de clopes! La soirée d'intégration? Non, j'ai très peu bu...").

 J'ai soudain le coeur "triste et lourd comme un grand reposoir..."

J'arrive avec une première voiture en fin d'après midi dans l'église. Auparavant je me suis brûlée les doigts en préparant le dîner pour la famille et les grands-parents. Lorsque je suis partie, les enfants courraient tous nus dans la maison à la recherche d'un pantalon propre et d'une chemise correcte. Mon mari jardinait, la petite hurlait.
A l'arrivée des troupes en début de cérémonie, nous nous apercevons que nous avons oublié le biberon de Gabrielle. Nous maintenons la petite dans un état de relative tranquilité jusqu'à l'onction du Saint Chrême sur le front de notre fils puis je pars en courant hors de l'église avec le bébé hurlant. Epuisée, étourdie par le bruit de ce qui ressemble plus à un grand "show" qu'à une assemblée de prière, je repars à la maison ratant ainsi la messe. Le Saint Esprit, j'espère qu'Il est venu, dans ce chaos. Il n'est pas venu sous la forme d'un feu ou d'une tempête cette fois-ci mais plutôt sous la forme d'une brise très très légère... trop légère à mon sens. Mais bon. Faut y croire et moi, comme un bon petit soldat, je crois et point barre.

Simplement,  mon coeur est un peu plus "triste et lourd comme un grand reposoir".

Dîner avec les parents qui s'attardent, je n'en peux plus je vais me coucher. Dimanche, messe tranquille, il fait chaud dans notre paroisse, l'Esprit Saint est présent puisque j'ai moins froid, et mes doigts  ne me font plus mal.
Déjeuner du dimanche, un seul verre de renversé, mon mari tape du poing sur la table hurlant "qu'à partir de maintenant je ne veux plus d'une maison de sauvages non mais qui m'a réveillé ce matin à 7h du mat. avec ses beuglements??!! Vous allez voir ce que vous allez voir bande d'abrutis! Cette après-midi, tout le monde est consigné dans sa piaule et z'avez intérêt à bosser un peu!!"
14h, deux petites têtes blondes entrouvent la porte de mon bureau où je tente de faire passer un mal de gorge avec un café brûlant : "-M'man, on peut sortir de notre chambre? On voudrait jouer dehors...- Ah mais oui mais non Papa va pas être d'accord...mais comme vous vous battez là-haut, je vous entends trop bien de mon bureau, oui, je vous permets, allez vous bat... allez "jouer" dehors, très loin s'il vous plait."
14h 15 "NON Pierre, la batte de base-ball c'est pas pour fendre le crâne de ton frère. Pourquoi es-tu dehors? C'est ta mère qui t'a permis??? Et mon autorité à moi, on s'en tape peut-être?? Depuis quand tu écoutes ta mère??!! C'est un scandale cette maison!!"

Alors je renonce à ma sieste définitivement, je monte à l'étage retrouver la troupe piteuse et je range les placards, les vêtements, les jouets etc...("Tu as vu maman, y a un vieux bonbon tout collé sur ce pull là, c'est trop cool! M'en souviens c'est Grégoire qui l'avait rapporté de l'école lorsque nous étions en CE1...Oh et pis cette sucette pas terminée! Ah oui elle est à la fraise et j'aime pas la fraise...")

Les grandes soeurs arrivent pour le goûter, bouches serrées, peines de coeur pour l'une et stress de l'étudiante pour l'autre. Je m'assois, tente d'engager maladroitement une discussion sur divers sujets essentiels, certes, mais que je relativise à la plus grande indignation des filles."De toutes les façons, M'aman, avec toi c'est toujours comme ça! Tu ne me comprends pas!!!!" Les portes claquent, je range ma cuisine perplexe et un peu abattue.

Mon coeur est de plus en plus "triste et lourd comme un grand reposoir".

Le soir, après avoir vaguement mis les enfants à table puis au lit, je m'affale sur mon canapé et zape sur quelques chaines. Coup de fil familial : "..Sinon, qu'avez vous fait ce week end? Rien de spécial? Mais alors pourquoi tu as l'air si crevée?... Ah! La Confirmation de François?! Nous n'étions pas au courant que c'était la Confirmation de François, vraiment z'auriez pu faire un effort et nous prévenir... Vous êtes d'un égoïsme... La famille, ça compte pas pour vous la famille?

HEIN???"





Le vers de Baudelaire est exactement  dans "Harmonie du soir" :
"Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir"

samedi 15 octobre 2011

Rond-rond du week end qui commence...

Gabrielle est une future princesse assise sur son futur carosse : elle adhère parfaitement à cette "Ode à la voiture" chez l'Amiral Woland et aux commentaires de Marchenoir toujours excellents.

Woland :
"La voiture est le symbole de la liberté des individus et donc le cauchemar des gouvernements. Grâce à elle, la liberté de mouvement à un sens, n’importe qui peut aller n’importe où quand il le souhaite sans avoir à demander l’autorisation à qui que ce soit et par les chemins et au rythme qu’il veut."


Extrait de Marchenoir :
"Adapter la ville à l’automobile est parfaitement raisonnable. Merci d’expliquer en quoi cela serait absurde ou nocif.
La question n’est pas s’ils faut adapter la ville à l’auto. Evidemment qu’il faut le faire, comme il faut adapter la ville à l’eau courante, à l’éclairage électrique, à Internet, au froid, à la pluie, aux crottes de chien, aux magasins, aux cafés… On adapte bien les villes aux manifestations gauchistes. J’ailmerais bien qu’on m’explique pourquoi il ne faudrait pas les adapter à la voiture, qui est quand même mille fois plus utile.
La question est ce qu’il convient de faire pour adapter la ville à l’automobile. Cela, c’est un vrai débat."

En voiture, j'ai quelques libertés effectivement, en particulier certains soirs, avant de rentrer immédiatement chez moi, je poursuis le soleil pour prendre quelques clichés. Les enfants apprécient cette "chasse" :







Ici, François (le "Foi Foi"de la maison  pour le distinguer de mon jeune contributeur qui s'appelle "François")  s'essayait à l'art photographique en voiture hier, il y avait une belle lune presque ronde.


vendredi 14 octobre 2011

Socialisme= criminels 7

Le Sorpasso  (texte en entier sur ilys)

"Dans un de ses ouvrages, Claude Lévi-Strauss raconte un épisode classique qui arrive à tout explorateur du début du 19eme siècle lorsqu’il parvient jusqu’à une tribu primitive. Immanquablement, il se voit proposer une ou plusieurs femmes pour la nuit. Offrande ? Cadeau ? Coutume d’hospitalité ? Rien de tout cela. Si le primitif offre une femme à cet être inquiétant, venu d’ailleurs, de peau planche et paré d’étrange atours et outils, c’est parce qu’il a peur. Peur de se retrouver face à un Dieu ou un quelconque esprit maléfique. Or si cet être couche avec une femme de la tribu, c’est qu’il fait comme n’importe quel homme de la tribu, connait les mêmes désirs, possède les même organes, etc..Bref qu’il est humain. Parfois le primitif demande d’emblée à l’étranger de montrer ses parties génitales, ou encore il le scrute en secret pour s’assurer qu’il est soumis aux mêmes besoins naturels inhérents à la digestion.


(...)
Le salace c’est le langage du collectiviste qui tente de ramener l’individualiste dans le groupe, dans la société comme et groupe comme société.
(...)
Lorsqu’un collectiviste vous insulte ou parle de sa bite comme dirait XP, ce qui arrive souvent, il ne cherche pas le désaccord, mais l’accord. Il veut vous faire tomber dans le groupe, par sa voie la plus commune. Il veut que vous lui répondiez sur le même mode. L’über-collectiviste, c’est à dire le chef de meute, ou celui qui l’imite, lui se doit d’incarner le phallus comme tout bon chef à plume-seule exception logique à la règle- il se met à bramer et à sortir son engin en vous mettant au défis de faire de même. Ses serviteurs eux vous suivent dans la brousse, avec leur peintures de camouflage, pour voir si vous faites caca."




Aquinus dit :


13 octobre 2011 à 11 h 24 min

// Immanquablement, il se voit proposer une ou plusieurs femmes pour la nuit. Offrande ? Cadeau ? Coutume d’hospitalité ? Rien de tout cela. //
Intéressant ça. A mettre en parallèle avec le fait que, chez les tribus primitives pratiquant encore le sacrifice humain au XIXe siècle et que les anthropologues ont eu la chance d’observer, il y avait un rituel parfois très sophistiqué d’assimilation du futur sacrifié au groupe. Ce qui inévitablement passait par l’accouplement avec une femme du groupe; dans certains cas où le rituel était arrivé à son plein épanouissement, c’était un véritable harem auquel avait droit pendant quelques jours / semaines, le futur condamné. On rapporte parfois des temps « d’imprégnation » longs, certains auraient été gardés en vie des mois voire plus – ils menaient donc strico sensu des vies royales, ils étaient réifiés et assimilés à la tribu.
Pourquoi? afin que le sacrifice soit le plus opérant/efficace, parce qu’un groupe primitif n’est jamais autant ressoudé que par le sacrifice de l’un des siens. L’acte ultime étant le cannibalisme.
Donc quand Baffie reçoit un invité et le salit avec du cul et du caca, il cherche l’indifférentiation. Il cherche à le faire tomber aussi bas que lui et que la meute derrière l’écran, afin de faire gagner plus de pouvoir à la horde primitive. Plus l’invité / l’intrus / le captif est différent et surtout, surtout, noble et digne, plus les Baffies redoublent de salacerie afin de le dégarder, afin de réduire le gap entre le sacrifié et la horde.
Pourquoi les hordes font-elles cela? parce qu’elles ne supportent pas les inégalités, elles ne supportent pas de voir tout à coup leur crasse nature collective exposée au grand jour quand un anthropologue anglais à moustache débarque tout à coup dans le village, ne se jette pas sur la première femme qui passe, ne rote pas à table, sait rester distant et courtois, et tient à son quant-à-soi et à un espace privatif.
Je pense, mais je m’avance peut-être, que le concept est à creuser en ce qui conerne les relations sexuelles. Je ne crois pas contrairement à ce que l’on dit partout, que la brutalité et la volonté d’humilier dont faire apparemment preuve DSK dans ses relations, soit « une pathologie » isolée. Je pense que cela relève d’une nature, d’un état d’esprit, d’une appétance pour le péché, beaucoup plus profonde et répandue, et qui n’est pas sans rapport avec le billet de Sorpasso et ce dont il est question ici.

mercredi 12 octobre 2011

N'est pas brute qui veut.

Dernièrement j'ai repris mes cours de self défense cette fois-ci avec un prof. de Taekwondo. Une fois par semaine j'apprends donc avec quelques dames à donner des coups dans un pao. Coups de pieds, coups avec la paume des mains, coups de coude (très efficace), etc.

J'aime bien ce cours, j'apprends essentiellement deux choses : j'apprends quelques techniques de défense tout d'abord et j'aime bien faire du sport à condition qu'il soit "utile". Faire de la gymnastique pour elle-même ne m'a jamais enthousiasmé (même si j'en ai fait pas mal étant plus jeune).
J'apprends surtout à lâcher un peu du lest à mon agressivité. Cette dernière n'est pas très naturelle chez les femmes (même si personnellement je suis de nature assez vive), disons plutôt qu'elle ne se manifeste pas naturellement chez les femmes par des combats de boxe ou coups de poings. C'est assez amusant parce que la plupart des femmes du cours n'aiment pas vraiment frapper ou donner de la force à leurs coups. Il faut nous motiver. Et je m'applique consciencieusement.

Le résultat est que depuis une semaine j'ai mal au bras gauche parce que j'ai trop forcé en donnant des coups de coude dans un pao iranien tout neuf et très très dur.

Là-dessus, hier soir, je m'élance derrière mon petit Pierre pour lui envoyer un coup de pied dans les fesses; mais comme toutes les femmes je ne sais pas "viser" et Pierrot est rapide. Il détale au moment où je m'apprête à l'action décisive et je me fracasse une orteil du pied droit contre le mur du couloir. Ma pauvre orteil est toute rouge et enflée et je claudique bêtement sous le regard mi-courroucé mi triomphant du fiston.

Aujourd'hui je ne bouge plus, je crois que je vais laisser ce monde de brutes se débrouiller et me consoler avec des ours à la guimauve. N'est pas brute qui veut en fait, c'est tout un art. Ce qui est facile par contre, c'est d'être une abrutie.

mardi 11 octobre 2011

Des profondeurs je crie vers Toi, Seigneur

« Si j'avais compris, comme je le fais maintenant, qu'un si grand Roi habite ce petit palais de mon âme, il me semble que je ne l'aurais pas si souvent laissé seul. Quelquefois, du moins, je me serais tenue en sa présence, et surtout j'aurais pris soin que son palais soit moins sale.(…) Sachant bien qu'une âme débutante pourrait se troubler en se voyant, elle, si petite, destinée à contenir tant de grandeur, il ne se fait pas connaître immédiatement ; mais, peu à peu, il agrandit sa capacité à la mesure des dons qu'il se propose de placer en elle.(…) Tant que l'âme n'est pas toute à lui, déblayée de tout, il n'agit pas en elle. Du reste, je ne sais pas comment il pourrait le faire, lui qui aime tant l'ordre parfait. Si nous remplissons le palais de notre âme de gens vulgaires et de toutes sortes de babioles, comment le souverain pourra-t-il y trouver place avec sa cour ? C'est déjà beaucoup qu'il veuille bien s'arrêter quelques moments au milieu de tant d'encombrement. » (Sainte Thérèse d’Avila, Chemin de perfection, ch. 28 (trad. OC, Cerf 1995, p.806 rev.)

"Il a comblé de biens les affamés, et renvoyé les riches les mains vides."(Prière du Magnificat)


                                http://www.youtube.com/watch?v=Saux0PpskGE&feature=related



"On est chrétien par intérêt, je pensais à ça ce matin. Si j'avais une mâchoire bien carrée et le teint vif toute l'année je me poserai aucune question, je me sentirai très fort et j'aurais plusieurs "sex friends" et le temps passerait tranquillement. Peut être que j'en suis là simplement par intérêt ."



Cher ami,



J'étais déstabilisée hier par ton idée de "chrétien par intérêt".

Je crois que c'est une "amorce" comme une autre pour le Bon Dieu : c'est en mettant les personnes dans l'épreuve en effet que ces personnes comprennent que leur chemin est bouché, qu'ils manquent de quelque chose, qu'ils manquent tout simplement de Dieu dans leur vie. Comme Job, qui avait tout réussi, qui était même un homme juste et bon, un saint dirait-on aujourd'hui, un homme de bien. Lui, Job, il ne lui manque même pas Dieu, il est avec Dieu. Et pourtant il va être mis à l'épreuve comme n'importe quel homme et il va "manquer de Dieu", il va être "abandonné" par Dieu qui ne lui répond plus, dont il ne ressent plus la présence bienveillante à ses côtés mais plutôt un silence maléfique. Il va ressentir ce qu'est une vie sans Dieu et c'est cela le vrai message de Job : il va connaître dans l'intime de son âme ce que c'est d'être sans Dieu et donc, par inversion, entrevoir et ressentir dans sa chair et son esprit le feu de l'Amour divin lorsque ce Dernier lui sera rendu.
Regarde ta famille ou certains de tes amis : ils ne se posent pas de questions parce que d'une certaine façon tout leur réussit ou leur a réussi jusqu'à présent. Études, boulots, filles ou petites amies qui seraient considérées comme le "haut du pavé" si je puis me permettre.

Mais alors imagine un instant le vide effrayant de leurs âmes : pas de Dieu en eux! Le néant! Tu vas trouver que j'exagère, qu'il s'agit de ta famille, des gens bons finalement, tes bons amis, de bons bougres eux aussi, plus qu'attachants, et fidèles, que l'on connaît et estime vraiment, et tu auras raison. Mais objectivement ils possèdent TOUT et ils n'ont RIEN puisqu'ils leur manque l'essentiel, l'alpha et l'oméga de nos vies et morts, Dieu, celui qui est au principe de TOUT.

Objectivement oui, mais ils ne peuvent ressentir ou mesurer cette absence primordiale, ils ne peuvent pas, leurrés qu'ils sont d'une certaine manière par tout ce bonheur qu'ils possèdent. C’est ce manque de conscience qui est terrible aujourd’hui, cette incapacité à se poser des questions, à ressentir quelques incertitudes.
Toi, dans ta galère, parce que tu as pris conscience très tôt, très jeune, de par tes épreuves, tu vas obtenir ce TOUT et moi c'est cela que je vois : des âmes en pagaille qui n'ont RIEN, qui errent, vivent, font la fête, dans les rues des grandes villes ou ailleurs sans réaliser le néant dans leur vie.

C'est l'histoire de Jonas que la tienne d'une certaine façon : Dieu lui demande de mettre en garde les habitants de Ninive : Jonas qui a parcouru cette ville, qui la connaît bien, a pu observer la déchéance "joyeuse" de ses habitants. Il voit le mal au travers du délire "festif". Les habitants ne réalisent rien, ne demandent rien, ils sont heureux! Du coup, Jonas veut fuir Ninive, il ne veut pas être le porte parole de Dieu, ça ne lui dit rien qui vaille pour lui-même (il a peur de se faire lyncher, d'être moqué) et il fuit la réalité observée, la décadence. On lui dira certainement : "t'es jaloux, loser, tu viens avec tes sombres prédictions simplement parce que tu as la haine de ce que nous sommes : des gens qui ont réussi dans la vie, qui sont satisfaits! Qui plus est : des gens de bien!!"
Dieu le rattrape d'une certaine manière, en lançant une tempête sur le navire sur lequel il s'est embarqué et les matelots le jettent à l'eau (comme le futur baptisé est plongé dans l'eau et "meurt" d'une certaine manière à cette vie pour renaître à la vraie Vie, celle du Christ), il demeure trois jours dans le ventre d'une baleine (comme le Christ est descendu aux enfers après sa mort pour libérer les âmes et leur ouvrir les portes du Salut).
Alors Jonas, fort de la grâce divine, retourne à Ninive et met en garde ses habitants et ces derniers font amende honorable, ils réalisent grâce à Jonas la terrible vacuité de leurs vies et le mal qui les rongeaient, à savoir une vie sans Dieu, non tournée vers Celui qui est Tout. Et tous les habitants échappent au châtiment divin, ils sont sauvés, non pas au sens de cette vie terrestre mais au sens de leur éternité.

Alors oui, l'amorce, "être chrétien ", est intéressée de ta part : tu veux être chrétien pour être heureux, pas pour Dieu forcément, c'est vrai. Et tu n'es pas le seul. Quel est l'homme qui ne rechercherait son bien, son bonheur?
Tu te dis, les recettes des chrétiens ont l'air de pas mal fonctionner, c'est même ce que j'observe de plus "performant" en matière de bonheur personnel ou à plusieurs... Je veux être chrétien, peut-être bien que ça me permettra de jouir de toute cette réussite que la plupart, dans leur grande majorité, affichent. Je vais fuir tous ces abrutis qui ignorent le message du Christ, concocter ma nouvelle vie de chrétien-qui-sait et ce sera la belle vie.
Mais alors observe le don immense et gratuit que Dieu te fait : tu ne vas être pas être simplement heureux sur cette terre, parce que cela c'est à la portée des caniches comme dirait l'autre, c'est à la portée de tous ceux que tu observes dans les villes ou ailleurs, qui affichent un bonheur insolent  (même les "méchants" ont l'air de s'en tirer mieux que d'autres!), tu vas en plus recevoir Celui qui est l'Amour et qui comble infiniment la béance infinie de ton âme. Sacrée tempête, comme celle qui secoue le navire de Jonas! Tu croyais recevoir une recette de gâteau au chocolat, tu vas recevoir Le Gâteau au Chocolat et tout le temps. Ce Gâteau renouvelé en permanence par la grâce des sacrements est d'une surabondance extraordinaire et tous autour de toi pourront en bénéficier comme les habitants de Ninive ont bénéficié de la parole du minuscule Jonas une fois revenu parmi eux.

Tu n'as pas conscience en fait de ce qu'est le baptême, la grâce du baptême, la Vie de Dieu en nous. Mais qui peut en avoir pleinement conscience? Je crois que même le plus grand des saints n'imagine que difficilement ce qu'est cette infinie Charité qu'est Dieu. Cette Grâce du baptême, ce feu de l'Esprit Saint vont rayonner autour de toi, ils déborderont de ta petite personne et les fruits pour ceux qui t'entourent sont déjà et seront immenses, sois en persuadé.

Je crois que prier les uns pour les autres dans l'idée d'approcher ce mystère divin qui est celui de l'Amour dans nos âmes et nos vies, je crois que c'est cela qu'il nous faire en priorité aujourd'hui.

lundi 10 octobre 2011

Week end

"Plus loin que la route, c'est les arbres, les champs, le ramblai, des mottes et puis la campagne... plus loin encore c'est les pays inconnus... la Chine... Et puis rien du tout." (Céline, "Mort à crédit")











vendredi 7 octobre 2011

Biographie intellectuelle d'Ayn Rand par Alain Laurent

A l’occasion de la sortie de la traduction aux Belles Lettres de « La Grève » d’Ayn Rand ainsi que d’une biographie intellectuelle d’Ayn Rand par Alain Laurent ("Ayn Rand ou la passion de l'égoïsme rationnel"), ce dernier nous livre quelques pistes à propos du parcours intellectuel de cette écrivain.




Le scandale éditorial persiste en France avec la sortie ces jours-ci de la traduction d’un best seller aux États-Unis : « La Grève ». En effet la plupart des journalistes qui se sont intéressés à cette traduction n’ont jamais entendu parler de son auteur. Il nous faut donc du mieux que nous pouvons briser cet incompréhensible silence et cette biographie intellectuelle –qui n’est en rien une hagiographie- y contribuera je l’espère.

Cette conférence devrait me permettre de souligner tous les points litigieux auxquels se heurtent les lecteurs d’Ayn Rand. Personnellement, je suis « randien » mais en aucun cas « objectiviste ». Tout simplement parce qu’en tant que philosophe et surtout esprit libre, je ne peux adhérer à un système de pensée, aussi séduisant soit-il. Je peux y entrer pour en comprendre la substantifique moelle mais ne pas y adhérer.

Deux points essentiels qui posent problème chez Ayn Rand :

1/ Ayn Rand est-elle une Romancière ? Ou bien une Philosophe ? Ou bien les deux à la fois ?

2/ Est-ce vraiment le fait d’avoir défendu le capitalisme qui définit la pensée d’Ayn Rand ou bien plutôt le concept d’égoïsme qui sous-tend sa réflexion ? « La passionaria du dollar » a-t-on pu lire récemment. Qu’en est-il exactement ?

1/ Philosophe ou écrivain ?

Ayn Rand est présentée comme les deux : comme romancière et comme philosophe. On remarquera cependant qu’il n’existe pas de philosophe vraiment écrivain. Sartre a bien écrit quelques pièces ou romans mais on ne peut pas dire qu’il se caractérise vraiment comme un écrivain au sens strict du terme. Même chose pour Camus, qui sera plutôt considéré comme un écrivain mais pas vraiment comme un philosophe.

Ayn Rand est une romancière au sens strict et une romancière de premier plan. Elle a commencé sa carrière d’écrivain avec son livre « Nous les vivants » en 1936, puis c’est le succès de « La source vive » en 1943. Ce succès montre qu’elle avait l’écriture dans la peau. Dans son dernier roman, le plus synthétique d’une certaine manière, « La Grève », elle mélange de façon plus explicite le roman à la philosophie. Le terme de « roman philosophique » pourrait éventuellement s’appliquer à ce dernier roman, mais pas aux précédents dans lesquels la réflexion philosophique ne pèse absolument pas. La notion d’individualisme apparaît pourtant dans ces premiers romans mais elle n’oblitère pas du tout l’histoire. D’ailleurs, beaucoup de lecteurs ont lu Ayn Rand dans l’unique but de lire un bon roman. (Les lectrices du journal « Elle » à la sortie de « La source vive », décrivaient le livre comme une « folle histoire d’amour »).

En fait Ayn Rand s’est autoproclamée philosophe de façon très exagérée. Elle donne en effet une définition très obsolète de ce qu’elle entend par philosophie : selon elle, la philosophie serait une science totale, amenée à donner une réponse entière à tous les questionnements humains. Or la philosophie n’est absolument pas cela !

Un autre problème qui montre à quel point elle n’a pas l’esprit philosophique c’est le mauvais traitement qu’elle a donné à la plupart des grands philosophes –sauf Aristote. Elle a une bête noire en particulier, qui est Kant, dont sa méconnaissance est extraordinaire. De même elle critique un courant de pensée essentiel en philosophie, le Nominalisme sans en comprendre vraiment les concepts de base. En fait Ayn Rand n’a rien d’une philosophe de par son attitude non philosophique et aussi par le fait qu’elle ne prend pas le temps suffisant de créer de véritables concepts philosophiques. Elle n’a aucune patience intellectuelle, elle cherche à convaincre, avec des formules, avec son style –ce qui est le propre de l’écrivain. Elle ressemblerait en cela à Montaigne, dont l’influence énorme est reconnue par tous mais qui n’était pas au sens strict un philosophe.

Pourquoi alors en est-elle venue à se dire philosophe ?

Alors qu’elle achevait « La source vive », dans les années 40, elle va rencontrer l’écrivaine Paterson qui lui parle du Capitalisme, elle fait connaissance aussi de Ludwig von Mises et intègre sa réflexion sur une défense du capitalisme économique. Mais elle souhaite alors donner à cette défense des assises plus profondes, elle veut défendre le capitalisme d’un point de vue moral, intellectuel et pas seulement économique. Elle va s’appuyer sur Aristote (auquel elle se réfère explicitement dans « La Grève ») pour appuyer cette défense plus fondamentale. Il lui fallait quelque chose qui fonde objectivement le capitalisme et ça va être la notion d’individualisme. Le terme « égoïsme » est présent chez Ayn Rand dès 1935.

Dans l’Éthique à Nicomaque, les livres VIII et IX, il y a des références explicites à l’égoïsme présenté comme vertu. Mais Ayn Rand ne cite et ne citera jamais, curieusement, ce livre d’Aristote.

Dans le discours de John Galt (dans « La Grève »), elle fait l’éloge de l’égoïsme mais le terme de capitalisme n’apparaît absolument pas.

Ainsi, si elle n’est pas philosophe, qu’est-elle donc ? Elle serait plutôt de la veine des moralistes (à ne pas confondre avec des moralisateurs) comme La Rochefoucauld. Elle décrit les mœurs de la société de son époque, tout simplement.


2/ Défense du capitalisme ou plus fondamentalement de la « vertu » d’égoïsme ?

Dans la période faste entre 1960-1968, elle se produit dans tous les médias importants. Elle donne ainsi au Los Angeles en 1962 un article qui est une bonne synthèse de sa « philosophie » :

- La réalité existe en tant qu’absolu objectif et détaché de l’homme.

- La raison est le seul moyen de percer la réalité, la raison est aussi un guide d’action et de survie pour l’homme.

- L’homme est une fin pour lui-même et non un moyen pour les autres hommes.

- Le système politico-économique idéal est le capitalisme.

Un couple qui fait sens dans toute son œuvre : le couple égoïsme-altruisme. Elle fait la guerre à l’altruisme, support de l’étatisme, en défendant un égoïsme vertueux. Elle explique : « Je ne suis pas primordialement une avocate du capitalisme mais de l’égoïsme et pas primordialement de l’égoïsme mais de la Raison. Si l’on reconnaît la suprématie de la Raison, tout le reste suivra (…) La raison est au fondement de toute mon œuvre. » Dans « La Grève, on trouve cette intéressante définition de l’égoïsme dans la bouche de John Galt : un véritable égoïste, au sens noble ou positif du terme, un homme qui s’accomplit vraiment est un homme qui est indépendant d’esprit. Dans « La vertu d’égoïsme » (1964), le mauvais égoïste se comporte comme un prédateur ; l’égoïste rationnel comme un homme vertueux qui peut s’accomplir dans ce qu’il est profondément, dans son essence même d’individu. Le bon égoïste est celui qui se fixe un but donné par sa raison, un but réalisable ou réaliste. Un monde idéal devrait donc être composé d’égoïstes rationnels qui se respectent les uns les autres.

On trouve deux philosophes qui ont développé ce concept de vertu de l’égoïsme : l’espagnol Savater et [Nom non retenu, à chercher]

L’égoïsme vertueux a pour contraire l’altruisme vicieux.


3/ D’autres combats originaux, propres à Ayn Rand sont à pointer enfin au terme de cette présentation intellectuelle :
- Son combat pour la Raison (que l’on a évoqué ci-dessus)

- Son combat pour la vie au sens que lui donne John Galt dans « La Grève », dans sa devise : « Je jure, sur ma vie et l’amour que j’ai pour elle, de ne jamais vivre pour les autres, ni demander aux autres de vivre pour moi. »

En effet, pour Ayn Rand quelqu’un qui ne vit pas pour s’accomplir soi est le premier des prédateurs pour les autres.

- Son combat pour le bonheur : le fait de se réaliser soi-même est un gage de bonheur pour soi et aussi pour ceux qui nous entourent.

4/ Quelques thèmes récurrents chez Ayn Rand

A/ L’utilisation dans sa réflexion de l’idée de causalité (empruntée à Aristote) : un être humain est la propre cause de ses actions, il doit s’identifier à ses actes : lorsqu’on parle pour un homme de « gagner sa vie », cette expression est à prendre au sens littéral. Un homme véritable est celui qui est capapble de subvenir à ses besoins avant tout. Il coopérera ensuite avec les autres. Nous ne méritons que ce que nous avons gagné par nous-même.

B/ La place de l’héroïsme dans ses livres. Ceci est vraiment à souligner car on ne peut pas dire qu’aujourd’hui les héros « héroïques » soient vraiment à l’honneur. Le héros aujourd’hui sont plutôt présentés dans un cadre victimaire.

C/ Le tribalisme : pour Ayn Rand, l’état n’est pas le seul ennemi ; le groupe, le collectif, la tribu sont encore plus menaçants pour l’individu.

D/ La culpabilité : Ayn Rand, en prônant la vertu d’égoïsme, a fait la guerre contre le sacrificiel. La culpabilité imméritée est l’ennemi principal de cette romancière. C’est ce qu’explique John Galt, le héros de « La Grève » : le système étatique et prédateur ne tient que parce que les gens consentent volontairement à se laisser opprimer à cause d’une culpabilité qu’on leur a donnée. On est une victime sacrificielle et on est heureux de l’être.

lundi 3 octobre 2011

Anniversaires



Ferme les yeux un instant, cher ami
Repose-toi un moment et oublie
Ta fatigue, tes douleurs, tes soucis
Je suis là, ton Dieu, ta Force, son Esprit.

Tu n'es encore en fait qu'un tout-petit
Le présent est ton principal ennemi
Et le temps ton allié le plus sûr même si
Le Diable te le présente avec mépris

Le temps qui passe est la force des hommes
Sages, des enfants, des fous, des innocents
Ferme les yeux et attends.

Que se lève pour toi le vent de la tempête
Et non plus la brise qui épuise sans fin.
Que souffle l'Esprit-Saint! Le sens-tu enfin?
Il arrache ce mal qu'est ta jeunesse

Comme les roches des montagnes
Ou les racines des hauts chênes
Un grand mouvement divin,
Que tu accueilles en fort chrétien.

Parce que tu sais au fond de ton coeur
Que même si tout cela fait mal à crier
Ce temps qui file à la vitesse des étoiles
Te libère peu à peu des fils de la toile
De cette terre, vallée de tes pleurs
Et te rapproche ainsi de l'éternité,
Notre seul vrai bonheur.

http://www.youtube.com/watch?v=YnXpsJMqewo&feature=related