samedi 30 avril 2011

Non débat sur l'éducation

Il y a deux jours, mes deux aînés se sont fait agresser par deux gros chiens échappés de chez une voisine, venus batifoler dans le jardin, et qui ont décidé de faire  la peau à mes mouflets. Dieu merci, les plus jeunes étaient dans la maison parce qu'il pleuvait dehors. Résultat de l'attaque conjuguée des deux clébards : un trou au niveau de la hanche dans le pantalon de l'aîné qui rentrait de cours et ma fille sortie dans le jardin a réussi à se protéger en attrapant un vélo et en faisant mine de le balancer sur les chiens et en hurlant jusqu'à ce qu'un jeune voisin alerté (nous n'entendions pas ses pauvres cris dans la maison) rapplique avec un bâton et mette une trempe aux deux animaux hyper-agressifs.

J'ai fini par m'expliquer avec la maîtresse des chiens et cette dernière m'apprend qu'elle est, comble du grotesque, "éducateur canin" et institutrice.

Et puis j'ai réfléchi et j'ai compris qu'il y a une logique en toute chose et en ces temps de (non) débat sur la fessée, je me rends compte à quel point l'idéologie ambiante qui veut faire de la psychologie ou du dialogue ou plutôt de la non éducation volontaire l'alpha et l'oméga de toute éducation engendre des monstres.

Cette "éducatrice" m'explique que ses chiens sont toujours enfermés mais bien sûr il peut arriver qu'ils s'échappent, surtout si son fils de neuf ans ne songe pas à fermer le portail. Abasourdie, je lui rétorque que jamais je ne compte sur mes enfants pour ce genre de responsabilité importante, que bien sûr un chien peut s'échapper et que là n'est pas le problème et qu'à mon sens il faut surtout essayer de comprendre pourquoi ces chiens ont un comportement aussi agressif hors de leur territoire....

La réponse est évidente : un chien non dressé devient fou, comme un enfant mal éduqué possède un comportement déviant et devient très malheureux.

Mais ces évidences n'existent plus, je parle à un mur lorsque j'explique son "métier" à cette femme et je finis par renoncer. Le bon sens est une notion complètement perdue.

Une chose est sûre : la prochaine trempe de ma part ne sera pas contre ces pauvres chiens devenus délibérément, par la volonté de leurs maîtres, dingues mais contre ces "éducateurs" lobotomisés.

Allez lire l'excellent papier sur la fessée de Hashtable.

La religion de l'écologie

En rapport avec le petit billet de Basile de Koch dans le dernier Valeurs Actuelles (N° 3883) qui conclut à "l'Eglise d'écologie", j'ai lu un petit livre très amusant à propos de totalitarisme écologique qui sévit dans notre société (et nos écoles en particulier pourrais-je ajouter puisque c'est là que je le perçois au quotidien, chez mes enfants et l'endoctrinement permanent dont ils sont les victimes). Quelques extraits sur une comparaison entre la religion catholique (essentiellement) et cette pseudo religion écologique :

"Les catholiques utilisent l'eucharistie pour se purifier des péchés passés et se préserver des tentations.
Vincent [un "ami" écolo de l'auteur], lui, va au salon "Planète durable" à la porte de Versailles. Il pourrait tout aussi bien aller au salon du Développement durable (octobre), à "Planète mode d'emploi" (septembre), participer à la Journée de la Terre (21 mars-équinoxe de printemps), en remettre une couche le 21 octobre (équinoxe de printemps dans l'hémisphère sud). (....) Il pourrait faire cela et bien davantage, mais il ne fréquente que la porte de Versailles. La pratique d'une religion prend du temps, et l'on peut regretter la concurrence de nos obligations quotidiennes -travail, famille- sur l'épanouissement spirituel. Vincent n'est ni un moine ni un intégriste.Il est pragmatiquement croyant -dans la mesure où sa foi n'empiète pas sur son mode de vie. C'est un écologiste à visage humain.
Certains catholiques et de nombreux protestants ont le sentiment d'expier une faute, la leur ou celle de leurs lointains aïeux, une faute universelle qui fait de leur chemin terrestre un long parcours de souffrance. 
Vincent aussi se sent fautif. Il observe les agressions innombrables de l'espèce humaine contre la nature et il sait qu'une part de responsabilité collective est sur ses épaules.
(...)
Certains catholiques et de nombreux orthodoxes sont des mystiques de l'invisible : ils savent dans quelles pensées l'Adversaire se loge, par quelles fissures Satan se glisse dans les âmes.
Vincent aussi se méfie de lui-même, de ses faiblesses, de ses doutes. Il pourrait reprendre à son compte le credo "l'ennemi ne vient pas de l'extérieur, il siège à l'intérieur de notre système et de nos consciences" (Nicolas Hulot, Pour un pacte écologique).
(...)
Quelques chrétiens, principalement catholiques ou orthodoxes, renoncent à la vie séculaire, pour s'isoler dans la prière et la méditation. Certains peuvent avoir des visions, recevoir les stigmates du Christ.
(...)
Chez Hulot, dans Le syndrome du Titanic, le trip hallucinogène ("j'ai vu la planète se rétrécir sous mes yeux") côtoie les appels à la vocations dignes de saint Paul : "Je ne suis pas né écologiste, je le suis devenu", et les poses sacrificielles : "Jusqu'où suis-je prêt à aller dans le choix, dans le renoncement?" Dans Home, liturgie : "Tout e que tu vois n'est pas seulement un paysage, c'est le visage aimé de notre Terre."
(...)
Les bigots chrétiens, qu'ils soient cathos, protos, orthos, ont en commun avec les oulémas une consternante absence d'humour dès que l'on touche au religieux.
(...)
C'est pourquoi le zèle de Vincent est devenu inquiétant quand il a cessé de rire."


Iegor Gran "L'écologie en bas de chez moi" éditions POL

jeudi 28 avril 2011

De la finalité du roman catholique

"Les romans mal écrits -pour édifiants ou dévots que soient leurs personnages- ne sont pas bons en eux-mêmes, ils ne sauraient donc édifier vraiment leurs lecteurs. Mais combien de problèmes soulèvent une affirmation de ce genre! Aussi bien la lecture d'un mauvais roman peut-elle être édifiante pour qui n'en connaîtrait pas de meilleur. Notre monde fournit mille exemples de niaiseries inspirées par de bonnes intentions. Dieu peut faire de toute chose médiocre, et jusque du mal lui-même, l'instrument du bien, mais je tiens que cela ne regarde que Dieu et n'est pas l'affaire des hommes.
S'il est un bel exemple de très médiocre roman truffé de bonnes intentions, c'est bien L'Enfant trouvé, du cardinal Spellman. Il n'appartient à personne de juger le cardinal autrement que comme romancier, mais comme tel il est un peu léger. Certes, il est satisfaisant de savoir qu'en achetant L'Enfant trouvé on vient en aide aux orphelins à qui va le montant des ventes; et à tout prendre, on peut toujours s'en servir comme butoir de porte. Mais il faut avouer qu'en l'occurrence on soutient l'œuvre de bienfaisance des orphelins, pas que l'on promeut la littérature catholique dans ce pays. S'il faut opter, il revient à chacun de choisir."
("Les romanciers catholiques et leurs lecteurs", par Flannery O'Connor)

Nous avons hérité avec mon mari d'un nombre incalculable d'ouvrages sur l'histoire de l'Eglise ou sur des témoignages édifiants etc... Et il est vrai que certains livres servent aujourd'hui à redresser le lit conjugal pour faire en sorte que mes jambes qui ont quadruplé de volume en cette fin de grossesse puisse réduire leur inélégant gonflement.... (ce qui me fait penser aux dernières photos de JMM sur Ilys qui s'érige contre la vulgarité féminine : en d'autres temps je lui aurais volontiers donné raison mais à l'heure actuelle où je ressemble plus à un boudin qu'à une crevette d'élite, je me verrais bien volontiers dans la peau d'une de ces vulgaires filles!!)
Tout cela pour dire que l'usage des pavés catholiques a des fins absolument étonnantes comme le fait remarquer Flannery O'Connor ci-dessus. Peut-être des fins pas très catholiques mais qui me paraissent à moi excellentes.

Je crois que je suis une très bonne lectrice.

mardi 26 avril 2011

Du paradis de l'enfance

 

Avec cette semaine sainte et tous ces offices magnifiques qui se terminent et en rapport avec la lecture de Flannery O'Connor reçue dans ma boite aux lettres le vendredi saint, je faisais un petit bilan de ces jours passés avec les enfants. Dans les nouvelles de Flannery les enfants sont rarement de petits anges édifiants et elle écrit, à la suite du portrait donné par Mère Alphonsa sur le petit Willie : "Les enfants terribles sont sûrement plus insupportables à vivre que les enfants sages, mais leurs histoires sont plus faciles à lire..."

Sans doute ai-je pensé en mon fort intérieur, qu'elles sont plus faciles à lire ces histoires là parce qu'elles nous rappellent bien souvent notre propre enfance et la violence de certains sentiments ou actes exercés. Je me souviens avoir envisagé plusieurs fois dans ma tendre enfance avec beaucoup de sérieux la mort de ma jeune sœur... j'ai souvenir aussi d'une bagarre épouvantable avec des cousins (à coups d'épis de maïs), bagarre qui avait dégénérée et je me suis retrouvée balancée dans un roncier... Nous avions dû ensuite rentrer à la maison et aller saluer des invités au salon : nous étions tous hurlant, pleurant, ensanglantés, les vêtements déchirés et ma pauvre tante qui me recevait avait été fort marrie de me voir, moi l'aînée des cousines, dans cet état de sauvagesse incontrôlé...

Un de mes garçons, un des plus sages! a aussi vers l'âge de cinq ans mis sur la route son petit frère, bien au milieu, et refermé soigneusement le portail du jardin derrière lui.. J'observais stupéfaite la scène de la fenêtre et écoutais cette conversation du plus grand qui disait au plus petit planté au carrefour : "Surtout ne bouge pas! Ne rentre pas à la maison! Reste où tu es!"

Bref, les exemples de violence enfantine sont innombrables et parfois nous avons tendance à édulcorer un peu ce paradis qu'est l'enfance...

De même, nous avons tendance, et c'est là où je voulais en venir, en contemplant les photos de mon petit blog où je mets bien souvent mes enfants en scène volontairement car je veux montrer qu'il est possible aujourd'hui malgré toutes les déliquescences civilisationnelles décrites ici et là d'avoir et d'élever des enfants, à édulcorer nos familles chrétiennes pratiquantes et dynamiques.... Dynamique est un terme qui m'a toujours fait peur car j'ai vu beaucoup, beaucoup de femmes ou d'hommes se perdre dans un activisme religieux qui loin de m'édifier me faisait plutôt horreur...
A la veillée pascale (trois heures de cérémonie tout de même, dans la nuit), j'ai vu une jeune maman déposer à mes côtés et à la garde de ma voisine (elle-même "encombrée" si je puis dire de son poupon) son bambin de trois ans environ pour aller participer avec son mari à la chorale (magnifique). Le petit est resté trois heures durant assis sur un prie-Dieu, très sage, silencieux, dormant parfois, mais cette sagesse m'a parût suspecte et je me suis penchée vers mon mari pour lui demander son avis. "Il l'air bien malheureux" a t-il déclaré immédiatement, confirmant ainsi mon impression...

Je me disais en moi-même que boire au lait de l'amour maternel ou paternel donne concrètement la notion, le goût,la chair de ce qu'est l'amour du Bon Dieu. Que peut-on comprendre de l'amour divin si on ne l'a pas expérimenté, dans tous ses sens, sur les genoux de ses parents?

Je repense à toutes ces années avec mes propres enfants et aux plus difficiles d'entre eux : plus ces derniers étaient ingérables, plus je tenais à les garder auprès de moi car il y avait au milieu de ces luttes constantes, de rares moments où l'enfant pouvait goûter et comprendre que les parents, c'était le lieu et la place privilégiée de l'amour et de la miséricorde. Certes, un amour souvent semblable à un mur solide sur lequel il se faisait les poings ou les armes mais aussi un mur malléable où il ne pouvait pas se blesser...

Sans doute dans ces cas-là nos églises apparaissent alors, sans ces familles "dynamiques" et jeunes, parfois comme bien endormies ou mortes, les chorales de personnes âgées peuvent décourager les bonnes âmes et faire souffrir notre élan spirituel -je fais cette réflexion directement en rapport à ce qu'exprimait Xyr dans un texte sur l'atmosphère mortifère de nos lieux de culte et aussi en rapport à un vieux texte de Lounès où il dit :  "Lendemain, vais voir un peu à l’église... Assemblée principalement composée de femmes âgées, et chants en français que l’on ne comprend pas. Je sens la colère monter..."  Je comprends tout cela, cette colère, ce désespoir, cette incompréhension mais ils n'ont pas vu aussi que derrière la mort, il y a toujours la vie qui pointe et qui est fragile et qu'il faut protéger, il faut savoir regarder parfois au delà d'une vieille assemblée quelques détails qui témoignent d'une réalité plus "dynamique" ou créative qu'il n'y paraît au premier abord... Il y a des mouvements secrets qui échappent à l'œil humain et qui pourtant témoignent d'une réalité bien vivante et cette réalité vivante n'est pas forcément la plus "active", bruyante, visible...

Alors, oui, avec mon mari nous n'avons jamais fait partie de ces couples "dynamiques", entraînants, peut-être avons-nous été peu représentatifs ou exemplaires mais je crois plus au travail souterrain dans les cœurs et à la nécessité d'un cocon fermé dans lequel la chrysalide prend le temps de se transformer plutôt qu'à un nid ouvert à tous les vents.

lundi 25 avril 2011

Mon chérubin

Pierre en casquette, à droite avec son frère François.


Trouvé dans les œuvres complètes de Flannery O'Connor, ce passage à propos d'un petit garçon placé dans une Institution de religieuses et c'est une religieuse, Mère Alphonsa,  qui raconte : ce portrait est à mourir de rire et je retrouve quelques traits assez précis de mon Pierre qui va avoir 12 ans dans deux jours et qui bien souvent nous laisse, son père et moi, quelque peu perplexes et démunis devant notre tâche éducative...

"L'enfant nous fut amené par un membre de l'institution pour séjourner quelque temps parmi nous. Dès le premier coup d'œil que je jetai sur cette frimousse intelligente, rose et brillante de santé, un frisson prémonitoire saisit mon âme. N'était-ce pas là le florissant rejeton d'une souche criminelle? Il y avait dans l'insolence de son regard une vigueur démoniaque... J'entrepris de le catéchiser. Avec la meilleure volonté du monde il demeurait tranquillement assis devant moi et répondait correctement à mes questions. "Son catéchisme, il préfère l'étudier plutôt que de rester à ne rien faire, disait sa grand-mère. Moi aussi je lui faisais réciter dans le temps;" Au cours de ces leçons, les yeux de l'enfant prenaient une sorte de flou mystique et j'étais convaincue qu'il ne mentirait plus et que ce petit barbare allait devenir doux et tendre.
Nous cachions la nourriture dans les coins sombres car ce chérubin était trop bien nourri. Nous masquions ou nous démontions ses larcins et ses farces, et les jolis habits que j'avais choisis pour lui curieusement disparurent, comme son costume neuf du dimanche, lorsqu'il s'en fut visiter sa mère... En quelques semaines notre Willie passa pour le pire garnement du quartier, alors que notre voisinage était infesté de petits vauriens. Les pensionnaires de la maison et des pavillons adjacents avaient peur de lui, les chenapans faisaient cercle autour de lui quand il se précipitait dans cette rue diabolique livrée aux outrages des jeunes ou des vieux. Willie allumait des feux sur le toit des baraques, nous jetait des briques dont seuls nos anges gardiens pouvaient préserver nos têtes, et plusieurs fois il alla jusqu'à blesser plusieurs petits garçons que nous dûmes recoudre dans notre salle de repos. Il poussait des exclamations si épouvantables que les oreilles profanes étaient choquées... Il adorait les images des saints que je lui donnais, volait celles que je ne lui donnais pas, et les revendait toutes. Je le sermonnais affectueusement. Docile, il m'écoutait, promettait de "faire attention", et se montrait fort contrit de ses péchés quand une poigne de fer lui en avait fait accepter la révélation. Il fit une très favorable impression sur un prêtre expérimenté que nous fîmes appeler pour sauver son âme, mais une fois relâché, il alluma un immense feu de joie sur le toit de notre resserre à bois. Sa pauvre grand-mère se mit à avoir de graves hémorragies, provoquées par le choc et par les réprimandes qu'elle lui devait faire. Avant qu'il n'arrive, elle l'appelait "mon petit ange". Plus prudente désormais, elle se bornait à déclarer qu'il ne manquait pas de cœur."



dimanche 24 avril 2011

Veillée pascale," Nuit qui les rend à la grâce et leur ouvre la communion des saints".

"Car voici la fête de la Pâque dans laquelle est mis à mort l'Agneau véritable dont le sang consacre les portes des croyants. Voici la nuit où tu as tiré d'Égypte les enfants d'Israël, nos pères, et leur as fait passer la mer Rouge à pied sec. C'est la nuit où le feu d'une colonne lumineuse repoussait les ténèbres du péché. C'est maintenant la nuit qui arrache au monde corrompu, aveuglé par le mal, ceux qui, aujourd'hui et dans l'univers ont mis leur foi dans le Christ : Nuit qui les rend à la grâce et leur ouvre la communion des saints.(...) O nuit de vrai bonheur, nuit où le ciel s'unit à la terre, où l'homme rencontre Dieu."

(Chant de l'exultet).




Avant de partir à la veillée pascale, quelques jeux et défoulements.

Puis route vers l'église en voiture."O nuit de vrai bonheur, nuit où le ciel s'unit à la terre, où l'homme rencontre Dieu."




Les enfants de chœur se préparent.
Feu pour le cierge pascal en dehors de l'église."C'est la nuit où le feu d'une colonne lumineuse repoussait les ténèbres du péché."









Les prêtres réunis pour la messe pendant laquelle se dérouleront trois baptêmes d'adultes, confirmation et communion. (là, il s'agit du rite de confirmation)"C'est maintenant la nuit qui arrache au monde corrompu, aveuglé par le mal, ceux qui, aujourd'hui et dans l'univers ont mis leur foi dans le Christ"

jeudi 21 avril 2011

Jeudi saint : Institution de l'Eucharistie, fête des prêtres

 Voilà un petit extrait de Bernanos, qui conclut une conversation entre un soldat et le prêtre : cet extrait est l'un des rares qui réussit sans trop de difficulté à me faire verser des larmes et pourtant je suis une grosse crevette pas très exaltée, au quotidien. Il est vrai que lorsqu'on atteint des sommets spirituels et littéraires de ce genre, on n'a plus qu'à s'agenouiller ou pleurer.

"Hélas! Dieu s'est remis entre nos mains -son Corps et son Âme- le Corps, l'Âme, l'honneur de Dieu dans nos mains sacerdotales- et ce que ces hommes-là prodiguent sur toutes les routes du monde... "Saurions-nous seulement mourir comme eux? me disais-je. Un moment, j'ai caché mon visage, j'étais épouvanté de sentir les larmes couler entre mes doigts. Pleurer devant lui, comme un enfant, comme une femme! Mais Notre Seigneur m'a rendu un peu courage. Je me suis levé, j'ai laissé tomber mes bras, et d'un grand effort -le souvenir m'en fait mal- je lui ai offert ma triste figure, mes honteuses larmes. Il m'a regardé longtemps. Oh! L'orgueil est encore en moi bien vivace! J'épiais un sourire de mépris, du moins de pitié sur ses lèvres volontaires -je craignais plus sa pitié que son mépris.- "Vous êtes un chic garçon, m'a t-il dit. Je ne voudrais pas un autre curé que vous à mon lit de mort." Et il m'a embrassé, à la manière des enfants, sur les deux joues." (Journal d'un curé de campagne, de Bernanos)







 Rendez-Vous

Aujourd’hui, c’est dimanche et j’ai un rendez-vous

Très spécial, avec mon Amoureux préféré, mon unique.

De la semaine, à dire vrai, je ne l’ai pas quitté du tout

Mais voilà, le dimanche, il s’agit d’une étrange alchimie.


Un Mystère immense, Mon Seigneur s’en vient paré

De gloire et de beauté, un Prince au milieu de son armée

D’anges et de saints, Il s’en vient jusqu’à moi qui l’attendait

Pour moi, rien que pour moi, des paroles murmurées


Il s’avance et se penche, ne le voyez-vous pas ?

C’est Lui, c’est bien Lui, je le reconnais entre mille

Je tends le cou, lui souris, fais le signe de la croix,

A son tour, Il me voit, oh! Mon Dieu et ma vie.


Un Mystère immense, Mon Seigneur s’en vient paré,

De gloire et de beauté, dans la blanche Hostie consacrée,

Dans le Calice exposé, Il s’en vient jusqu’à moi qui l’attendait,

Pour moi, rien que pour moi, dans ma bouche et mon cœur déposé.


Rencontre particulière que notre Dieu dans sa sagesse

Infinie et son amour tout puissant a imaginé un jour.

Dans son éternité, Il a créé, le ciel, la terre, tout l’univers

Pour moi, pour nous deux, préparé ce seul rendez-vous.




dimanche 17 avril 2011

La fermeture de Rebelles-info enfin éclaircie

Des nouvelles de Rebelles-info chez Enquête et Débat

"Lu sur le forum d’Euroconquista : “Rebelles.info a été fermé par son hébergeur suite à une plainte du MRAP. Une enquête de police est en cours pour incitation à la haine raciale. La mesure de l’ hébergeur à donc eu lieu avant toute décision judiciaire , ici il y a présomption de culpabilité. D’ ou l’ intérêt d’ avoir une adresse de secours ( comme fdesouche ) pour au moins tenir informés les internautes.” Source
Pour accéder aux archives de Rebelles.info, cliquez ici (dernières archives disponibles, juin 2009)."

vendredi 15 avril 2011

"L'État-providence contre l'assimilation" par Georges Kaplan

Un bon article sur Causeur de Georges Kaplan : "L'État-providence contre l'assimilation"

Extrait : " C’est un phénomène classique : en période de crise, les premiers accusés sont les immigrés qui viennent « voler nos emplois » et cette idée est d’autant plus facile à vendre – politiquement parlant – qu’elle a la couleur, le goût et l’odeur d’une simple remarque de bon sens. Seulement voilà, à chaque fois qu’on a essayé de mesurer objectivement cet impact, on n’a rien trouvé de significatif et, mieux encore, on a même souvent découvert un léger effet inverse.(...)
Si on veut trouver une solution, il faut commencer par identifier correctement le problème et en l’espèce, ce n’est pas l’immigration en tant que telle mais « l’immigration d’assistance » – générée par notre État-providence."

mercredi 13 avril 2011

Week end printanier, avant Pâques.





 Matin

 Aurore pure et douce,
Étang à l'eau trouble
La lumière est aveuglante
Le monde qui s'ébroue
Et s'agite d'un coup
Et s'éveille dans un silence
Bruyant...

 Dieu qui dispense le Salut

Merci de ton matinal pinceau
Dans mon cœur l'image est gravée,
Après la nuit, le sombre sceau,
La joie et la paix retrouvées.






Jouer

Jouer comme on fait la guerre,
Courir, virevolter, attaquer et faire
Le bon geste au bon moment,accomplir
Toute sa destinée en un but, un seul tir...




Fleur de pommier

Que peut-il arriver de plus au monde ?
Sous le sceau de Satan il était fixé
De boue et de noirceur modelé

Mais dans la Main de Dieu enserré.

La pomme sera bientôt à maturité
Et tendue à l'homme, et croquée
Et dans la mort du péché il sera plongé

Mais par la Main clouée ressuscité .

Il nous faut donc avec constance prier
Tenir notre âme toujours régénérée,
Chaque jour  lavée protégée et blottie

Dans la Main de Dieu ensanglantée.


 
Être père

lundi 4 avril 2011

Séminaire Alain Laurent

Lieu : Paris
35 Avenue Mac Mahon, 17ème arrondissement - 1er étage
Date/heure : jeudi 7 avril 2011 19:00
 
Après le moment « neo-cons » des années 2001-2007, celui des « libéraux conservateurs » dont on parle tant ces temps-ci serait-il venu ? Déjà un peu abordée lors du récent et bouillonnant séminaire sur le « libéralisme de gauche », la question du prochain séminaire est « Peut-on être à la fois libéral et conservateur ? ». Cette question est sous-tendue par une interrogation de même type qu'avec le "libéralisme de gauche" : n’est-ce pas contradictoire et en rupture avec la tradition libérale classique d'être libéral et conservateur ? Cette question est extrêmement intéressante tant les grands penseurs qui ont incarné celle-ci ont proclamé fortement leur hostilité à un conservatisme jugé par essence peu accueillant à la liberté individuelle (cf. le célèbre « Pourquoi je ne suis pas un conservateur » de Hayek à la fin de La Constitution de la liberté, « Conservatism : an Obituary » d’Ayn Rand dans Capitalism : The Unknown Ideal, le récent Why, too, I am not a conservative de James Buchanan, sans oublier l’anti-conservatisme affiché de Nozick et Rothbard…).
Cela n’a pourtant pas empêché que dans les années 1950-70 quand prenaient simultanément consistance les courants libertariens et archéo puis néoconservateurs (Russell Kirk avec The Conservative Mind, William Buckley avec la création de « National Review », Norman Podhoretz, Irving Kristol…), quelques penseurs américains comme l’influent Frank Meyer (In Defense of Freedom, 1961) ou James Burnham aient pu lancer l’idée d’un « fusionnisme » entre libertariens et conservateurs en se présentant comme des « libertarian conservatives » (le candidat républicain Barry Goldwater en sera une captivante transposition sur le plan politique). La question demeure donc ouverte. Mais à partir de quand et selon quels principes fondamentaux est-on « conservateur » - et pour conserver…quoi, et pourquoi ?

vendredi 1 avril 2011

La saison des escargots

Violence gauchiste*

"Le totalitarisme se reconnait notamment à cette volonté du parti de ne laisser aucun espace entre ce qu'il estime être bon pour les individus et l'idée de ce "bon" que se font les intéressés. L'absence d'un tel espace compromet la construction du sujet qui ne se voit rien offrir, pour la projection de ses désirs, que l'imagerie sulpicienne de la propagande qui ne lui permet de se représenter sur la scène du monde en dehors de l'affligeante pauvreté de son contenu. La novlangue communiste fut l'un des instruments d'un processus tendant à l'annuler en tant que sujet désirant. Les mots du caquetage de la propagande ne renvoyaient qu'à eux-mêmes. Aucune place n'était laissée à la littérature et à l'art pour "dire autre chose" du fait de leur assèchement par le "réalisme socialiste" qu'André Breton a défini comme un "moyen d'extermination morale".

La disparition du sujet dans les mots est pour d'une violence extrême, comme le suggère le fait que, par un atroce paradoxe, l'entrée en guerre de l'Union Soviétique en juin 1941 y apparût comme un soulagement, ainsi que le relate Boris Pasternak : "Et lorsque la guerre éclata, la réalité des horreurs, du danger qu'elle nous faisait courir, de la mort dont elle nous menaçait, a été un bien auprès de la domination dominante de l'imaginaire; elle nous a apporté un soulagement parce qu'elle limitait le pouvoir magique de la lettre morte.""

Extrait tiré de : "La faucille, le Marteau et le Divan" de Gérard Belloin

* Violence gauchiste : cf ce petit texte.
CF aussi cet excellent texte d'XP : " Cours, pédagogue, le vieux monde est derrière toi"

Enfer

Dans la maisonnette toute fleurie,
Dans le doux cocon où tous unis
Par les liens familiaux les plus forts
Les liens du sang, plus forts que la mort,

L’enfer construit sa demeure, tisse sa toile
Jour après jour, la tension infernale,
Nous suce tous, jusqu’à la moelle,
Et dans nos cœurs, et dans nos corps, dans nos esprits 
S’installe,

Les liens du sang, chair royale,
Nourrissent l’hôte parasite,
Le combat n’est pas loyal,

Dans la maisonnette toute fleurie,
Dans le doux cocon où tous réunis,
Tous déjà morts, chair empuantie,
Le démon se repaît de nos âmes, de nos  corps, de nos esprits.

Dans la maisonnette toute fleurie,
Les enfants dansent, jouent et rient,
Les parents travaillent et se plient
A tous leurs devoirs et leurs soucis.
Les enfants ? Les parents ? Leurs esprits ?
Exsangues, vidés, des sépulcres blanchis !