jeudi 31 mars 2011

Clichés

Hier soir, je me suis plantée devant une sorte de série B, avec mon mari, intitulée sobrement : " District 9". Résumé de l'affaire :

des immenses vaisseaux inter galactiques se positionnent au dessus de Johannesburg et les hommes découvrent à l'intérieur des milliers d'aliens malades, épuisés et affamés par leur errance dans l'espace et ils vont les recueillir un peu contre leur gré dans des ghettos, véritables camps de concentration tenus par des "gardiens" eux-mêmes criminels patentés (des mafias nigériannes). Ces aliens se multiplient alors et il faut à un moment donné évacuer ces bidonvilles infestés. Dans les rues de Johannesburg, on trouve des pancartes "interdit aux aliens", les allusions aux heures les plus sombres de notre histoire sont nombreuses.

C'est tout le thème : la misère et la barbarie rendent les êtres criminogènes et les blancs sont des nazis.En fait, les blancs sont racistes dès le départ et en ont vite raz le bol de cette invasion et traitent horriblement mal ces aliens qui, du coup, se comportent comme des barbares. La pauvreté, source de tous les maux et excès, c'est bien connu!  Les vaisseaux (comme les bateaux sur mer) sont en ruine et inutilisables par les aliens. Le héros principal blanc et humain qui doit organiser la migration des aliens dans d'autres quartiers a une petite moustache hitlérienne et attire ces immigrés avec des boîtes de pâté pour chats...( Mais en fait ces extra-terrestres ont une technologie beaucoup plus avancée que les humains et ils sont très gentils.)

Justement, ces extras terrestres sont dénommés crevette dans le film ce qui m'a interpellée évidemment! A un moment donné, l' Hitler de service explique : "Les crevettes ne comprennent pas le sens de la propriété privée"!! J'étais quelque peu dépitée...

Ce héros hitlérien va se faire malencontreusement infecter par un Crevette ou plutôt par un fluide de crevette et il se transforme alors peu à peu en alien... Cauchemar horrible pour le malheureux qui du coup, se rend compte pour son édification personnelle, je suppose, quel monstre il est lui-même et quelles gentilles bébêtes (supérieures) sont les crevettes. Son infâme beau-père, désireux de récupérer les organes de son gendre en pleine mutation (critique du capitalisme et de l'argent qui pourrit tout, même les familles!!) raconte à sa fille que son pervers de mari aurait eu des relations dévoyées avec ces aliens, au moins avec une alienne!!  "Je veux retourner dans tes bras"  pleurniche le mari-crevette mais sa femme, la  traitresse, n'y tient plus trop!!

Tout ceci m'a tenue en haleine pendant au moins une heure mais il y a eu un mot de trop -par un blanc humain- qui m'a choquée, je dois le dire solennellement : "Putain de Crevette sournoise"!!

mardi 29 mars 2011

Ne pas abuser des bonnes choses

Cette grossesse imprévue a parfois du bon .

En effet, nous  avons lancé notre saison "barbecue" dimanche dernier, avec quelques couples amis et voisins, et mon mari s'échauffe rapidement sur certains sujets d'actualité. Je tente de ménager mes invités -alors que mon mari ne ménage personne, lui- et lorsque je sens la tension monter, je me mets à grimacer avec un air de circonstance, une main pathétiquement posée sur mon gros ventre et soudain s'interrompent les débats :
-Mon mari, flegmatique : "ça va?"
-Ma voisine pas tout à fait dupe : " tu veux un verre d'eau?"
-Moi, avec un air tragique : "toutes ces discussions sont un peu éprouvantes..."

Mais j'arrête là les frais d'abord parce que j'inquiète mes enfants si pleins de sollicitude pour leur mère et cela m'est insupportable de voir mon François anxieux s'arrêter de manger, lui qui a un si joyeux appétit! et parfois mes petits jumeaux se pencher vers moi pour rechercher une assurance qui se perd...

Et puis je sais bien que mon mari a raison dans le fond, et que s'il s'y prend de façon souvent brutale et péremptoire, il faut bien admettre qu'avaler -à notre propre table!- les couleuvres gauchistes de certains de nos invités est aussi une forme réelle de violence insupportable et stérile pour nous.

Une inquiétude cependant : avec toutes ces simagrées, il arrivera que le jour où je devrais aller à la maternité, mon mari ne saura pas s'il s'agit d'une énième comédie ou du vrai D-Day et je devrai le convaincre longuement que oui oui,cette fois c'est la bonne!! Et le temps et les arguments, dans ce genre de circonstances, manquent souvent!

vendredi 25 mars 2011

Beauté du soir (republication)


Coucher de soleil dans les Pyrénées

Beauté d’un ciel qui déploie son feu du soir,
Immensité flamboyante qui révèle l’amour
De Celui qui nous a créé et, dans ce miroir,
Bras tendus, je plonge en Lui, pour toujours

Je voudrais raconter mon bonheur, ma vie,
Le remercier de tant de beauté, mais,
Il me faudrait, je crois bien, retrouver
Le langage originel, celui du Paradis.








Fête de l'Annonciation

Bonne fête à ma Marie-Liesse!!

vendredi 18 mars 2011

Le temps des dinosaures

Grégoire : -Maman, tu sais, la maîtresse nous a dit qu'il y a très longtemps, il y avait des dinosaures...
Basile : - Voui et après il y a eu une grosse "essplosion" et ils sont tous morts!
Maman : -Un cataclysme effectivement...
Basile : -Mais maman, toi, tu es vieille, donc tu les as connus les dinosaures?
Maman : -d'une certaine manière, mon chéri, oui, et j'en connais encore de très vieux...

mercredi 16 mars 2011

Etre père

 


Hier soir, je regardais un journal télévisé à propos du Japon et ce témoignage d'un père qui m'a foudroyée : au téléphone avec sa fille, il lui dit en regardant droit devant lui, dans un paysage dévasté :

"Sois digne ma fille, ton père fait de son mieux."

Je voulais transmettre ce témoignage édifiant à tous les hommes, et tous les pères de famille en particulier.


Lire : http://ilikeyourstyle.net/2011/03/16/crash-test-japonais/ 
http://ilikeyourstyle.net/2011/03/18/les-vies-japonaises-sauvees-par-le-nucleaire/
Et : http://ilikeyourstyle.net/2011/03/16/ca-bouge-ils-sont-effrayes/

La boutique du survivant (rediffusion)

La boutique du survivant (rediffusion)

Lettre à un ami :

"Le prêtre se faisant toujours attendre, j'ai cru devoir exprimer à mon infortuné camarade le regret que j'avais d'un retard qui risquait de le priver des consolations que l'Eglise réserve aux moribonds. Il n'a pas paru m'entendre. Mais quelques instants plus tard, sa main s'est posé sur la mienne, tandis que son regard me faisait nettement signe d'approcher mon oreille de sa bouche. Il a prononcé alors distinctement, bien qu'avec une extrême lenteur, ces mots que je sûr de rapporter très exactement : "Qu'est-ce que cela fait ? Tout est grâce."
Je crois qu'il est mort presque aussitôt." (Journal d'un curé de campagne, Bernanos)



Tu disais très justement que tu avais compris combien l'Église, le Christ est venu pour les pauvres, les ratés etc. Oui! je pense comme toi que notre imperfection, nos blessures sont notre salut puisque la Grâce ne peut se glisser que dans ces failles.


Mais tout de même, cher ami, n'oublie pas une chose très importante. La grâce divine ( définition de la grâce sanctifiante : la vie de Dieu en nous) passe en l'homme par des moyens très concrets puisque justement nous sommes des êtres humains et pas des anges. Cette Grâce passe essentiellement par les sacrements que propose le Christ et l'Église (qui ne sont qu'un). Sacrement de pénitence où Dieu nettoie notre âme, sacrement de l'Eucharistie où Dieu se réfugie en nous et illumine, cautérise, répare tout, sacrement du mariage où Dieu transcende, guérit, renforce notre pauvre amour humain. Tout ceci est fort concret et c'est fait pour les pauvres, par de pauvres prêtres bien souvent. La grâce divine, c'est Dieu, c'est très concret et Dieu est passé par des hommes et par des choses matérielles ( le pain, l'eau du baptême, les signes de croix etc., etc.) pour nous trouver. Il est surtout passé par notre liberté qui est la condition sine qua non d'un véritable amour. Il n'y a pas d'amour sans véritable consentement et liberté. Et Dieu est l'Amour. Et l'Amour, c'est fort concret ma foi, suffit de vivre avec un homme ou une femme pour le savoir. Si tu veux aimer, tu aimes physiquement, pas qu'avec des mots!Dieu veut nous aimer, Il vient en nous! PAR LES SACREMENTS.

Dans le Journal d'un curé de campagne de Bernanos, le jeune prêtre meurt à la fin, brutalement et il est en visite à ce moment-là chez un curé défroqué qui va l'absoudre de ses péchés. Il n'a que lui à ses côtés au moment de mourir... Je te redonne ce passage qui est l'un des sommets de la littérature française et surtout l'un des sommets de ce que j'ai pu lire en matière de vie spirituelle.

Tout ceci pour te recommander la pratique des sacrements qui sont véritablement les armes du pauvre.

"Comme disait ce vieux pauvre impitoyable que j'ai rencontré un jour : "Moi, ma vocation est de recevoir. Il me faut si peu pour vivre! Alors, je me tiens sagement sous le porche de l'église, je tends la main au Bon Dieu, je pense qu'il y mettra bien toujours deux sous..."( Bernanos, "l'Imposture")


As-tu tendu la main ces derniers temps ? As-tu réclamé au Bon Dieu sa grâce, ses sacrements?? Es-tu si profondément têtu et orgueilleux pour te croire au dessus de ces deux sous? Ne crois pas que je te passe un savon : ta mère en a le droit, ton père, ta femme. Mais tout de même, il faut bien dire les choses à un moment donné. N'a-ton pas le devoir de dire ce qui est l'évidence même ?
Parfois cette évidence nous éblouit tellement qu'on ne la voit pas, aveuglés que nous sommes.Bon, c'est dit maintenant! ( C. dirait : "j'ai dit.")

Tu te dis être pauvre parmi les pauvres et je veux bien le croire. Mais c'est un titre de gloire que tu t'attribues là. Un pauvre, ça mendie son pain, son Pain. Le fais-tu ? Vas-tu voir un curé jour et nuit et lui demander, lui réclamer, l'enquiquiner pour recevoir les sacrements, pour obtenir Celui que tu dis réclamer à corps et à cris ? Un pauvre ne fait pas que geindre, un pauvre est obsédé par les deux sous quotidiens à gagner. Il les dépense, les brûle aussitôt ses deux sous mendiés, cette grâce reçue et tout est à recommencer le lendemain. C'est cela un pauvre, un enfant perdu.

J'écris ces mots à l'instant, en revenant de la mer avec mes enfants; je m'étais assise sur un banc et je lisais avidement comme d'habitude les lectures du jour, samedi 28 février : "Jésus leur répondit : "Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu'ils se convertissent."( Luc, 5; 27 à 32) Tu le vois bien, mon ami, si tu mendies , si tu es pauvre ou malade, tu recevras ta nourriture ou ta guérison. Mais appelleras-tu le médecin ? Mendieras-tu auprès du prêtre ta guérison ? La réclameras-tu avec la même ardeur que tes cachets de neuroleptiques ? Pourquoi négliges-tu ton âme et prends-tu soin de ton corps ? Les deux mon colonel, les deux!!!

Le soleil cette après-midi sur la mer était éblouissant, tout était calme et paisible et beau. Pour un très court moment, mon âme était en paix. J'ai pu savourer les sourires des jumeaux et leurs questions saugrenues.Et j'ai continué mes lectures : "Le Seigneur sera toujours ton guide. En plein désert, il te comblera et te rendra vigueur.Tu seras comme un jardin bien irrigué, comme une source où les eaux ne manquent jamais. Tu rebâtiras les ruines anciennes, tu restaureras les fondations séculaires. On t'appellera "celui qui répare les brèches", "celui qui remet en service les routes". (Isaïe, 58; 9b-14)


Oui, une fois la faille comblée par la Grâce des sacrements, la brèche se referme... Oh! Elle n'est qu'une cicatrice fragile et il faudra toute sa vie refaire la croute...C'est pourquoi les sacrements se reçoivent sans cesse. On tombe toujours sur les mêmes genoux et on se re-fait toujours les mêmes plaies, aux mêmes endroits.

mardi 15 mars 2011

Comment tuer un roman : mettre la littérature au service d'une cause

Merde à Raspail

Actu — Article écrit par XP le 14 mars 2011 à 14 h 21 min
L’écrivain de passage Jean Raspail en général et son petit Camp des Saints en particulier m’ont toujours inspirés une indifférence sidérale, laquelle, à l’occasion de la réédition triomphale du fascicule, est en train de tourner à la colère froide… Quand il s’agit de littérature, on doit dire merde à la Patrie, comme le disait Daudet, mais aussi à la défense de l’Occident et leurs militants, en oubliant pas de surcroît que militer, c’est mal, c’est vulgaire et ça fait populace, quelle que soit la cause.
Ne faut-il pas être bête, et vulgaire, pour mettre la littérature au service d’une cause, comme un bédouin milliardaire en barils de pétrole met les rideaux d’organdi du Carlton au service de son gros nez, quand il est plein?…. Et surtout, de quelle suffisance et de vanité doit-on être rempli pour se proclamer le défenseur de l’Occident en démontrant du même geste que l’on est viscéralement étranger à son essence? Ce que cherche quoi qu’il arrive l’écrivain imprégné d’occidentalité, en effet, c’est  l’art pour l’art, c’est à dire l’absence de signification qui  signifie davantage, et c’est précisément cette posture et ce dandysme qui met en rage ceux qui en le sachant ou pas, rejettent de toutes leurs fibres ce qui le constitue, l’Occident, bien plus qu’un tract politique romancé rédigé pour le défendre… C’est si peu occidental et tellement français, cette façon de faire, de s’acharner à signifier et se moucher dans l’Art, ça empeste tellement la Francité et la Fwancoownie… Le Camp des Saints, c’est le livre que Césaire aurait écrit s’il avait eu la peau blanche tout en ayant sa structure mentale de Nègre, pour reprendre ce terme dont il était si fier…
Le Camp des Saints, de la littérature pour nègres blancs…
Ce qui m’ennuie, avec ce livre, ce sont ces gens qui au prétexte de défendre l’Europe contre l’Afrique, se comportent en Africain, en parasitant, en pénétrant bruyamment le sanctuaire feutré de la littérature, en transformant cet espace aristocratique  bâti pour s’isoler des masses en repère de masses militantes.
Mais je m’arrête là, car le Stalker vient d’expliquer tout cela  bien mieux, et l’objet de ce post était de vous le faire savoir.

Avec un commentaire :
XP dit :
C’est intéressant, ce que vous dites… Du roman de gare écrit par un sous écrivain à destination des masses, pourquoi pas.
Une espèce de plus belle la vie droitarde et couchée sur du papier.
Seulement, il se trouve que ce n’est pas ça, ce livre n’est pas grand public, il ne s’adresse pas à lui mais à la jeunesse de droite, pour dire les choses très rapidement… Il est censé faire partie de la « bibliothèque de survie » du jeune réac et refléter sa conception de la littérature, en partie tout au moins. C’est comme ça que Raspail voit les choses, lui qui se voit en héritier des Hussards de même que la garde rapprochée de ses lecteurs. Et c’est pour ma part tout ce que je déteste et que j’ai d’ailleurs bien raison de détester, si j’en juge aux gens que ça attire (Le pauvre Leroy, par exemple) ou ce que deviennent certains natios qui aiment ce genre de chose (droite moisie façon Duteurtre ou Lapaque…).
Et bien moi, ce monde là je m’en sens viscéralement éloigné, autant que celui des cocos, pour les mêmes raisons qui font que je me fous autant de Nimier que de Sartre…
C’est un monde qui n’est pas le mien, leur occident n’est pas le mien, leur France n’est pas la mienne, et je ne veux pas qu’il y ait la moindre ambiguïté. Je n’aime pas ce livre, pas cet univers et pas les gens qu’attire cet univers.

A relire : http://oralaboraetlege.blogspot.com/2010/12/critique-litteraire.html

vendredi 11 mars 2011

Hashtable, même pendant le carême!

Je lis régulièrement et religieusement le blog Hashtable qui non content d'être drôle, est en plus très pédagogique en matière d'initiation libérale. Vraiment, faites-en votre pain quotidien, c'est excellent pour la santé morale et intellectuelle! Et même physique puisqu'on rit beaucoup à défaut de pleurer de rage.
Ici, un article excellent sur le Parlement européen et ses dépenses hallucinantes.

mercredi 9 mars 2011

Ca commence mal

Aujourd'hui c'est mercredi des Cendres, le début du carême. Depuis hier je réfléchis à des menus pas trop "chargés" pour respecter un peu le jeûne et l'abstinence du jour. Au départ, riz et boite de thon! C'est assez roboratif et assez "maigre" dans le même temps. Mais je n'ai plus de riz! Je remplace alors le riz par des carottes fraîches coupées en rondelles et rissolées avec de l'huile d'olive et quelques oignons, puis j'ajoute le thon réchauffé dans de la crème fraîche. Avec un peu de saumon tout de même. Et quelques herbes.
Résultat : les enfants ont trouvé cela délicieux et j'ai mis une heure à préparer le tout, alors que je ne comptais en avoir que pour cinq minutes puisque c'était jeûne!
C'est toujours pendant le carême qu'on mange le mieux à la maison. Tout ceci est diabolique!
Bon, nous avons limité les dégâts : pas de sucre dans les bananes écrasées en dessert...

lundi 7 mars 2011

"There’s a feeling I get when I look to the west", par Hordalf sur Ilys


Politique — Article écrit par Hordalf le 5 mars 2011 à 18 h 05 min


Marine Le Pen arriverait en tête au premier tour de la présidentielle 2012, devant Sarkozy et Aubry.
Quel étrange sentiment. Six ans à écrire pour une nouvelle révolution française et si peu d’enthousiasme à l’aube de celle-ci. Que de blogs depuis 2005, que de lignes pour décrire une réalité à l’époque indicible devenue refrain populaire aujourd’hui. J’étais jeune, Sarkozy lâchait encore des paroles qui « choquaient », le Parti Socialiste existait encore, Zemmour ne parlait pas encore à des millions de personnes le samedi soir.
A longueur d’articles il s’agissait de faire comprendre que quelque chose n’allait vraiment plus du tout, dans la rue, que ce n’était plus possible. A différentes échelles moi et bien d’autres – François Desouche en tête – nous avons été les fantassins de la vague qui se prépare. Nous étions en première ligne de l’armée du net, celle qu’on ne voit pas mais qui donne le ton d’une société. Les évidences d’aujourd’hui sont les blasphèmes d’hier, nous avons subi les insultes pour des propos maintenant applaudis.
Mais en ce qui me concerne, il y a eu comme un décalage. Au fur et à mesure que mes « idées » énervées s’approchaient du grand public, je m’éloignais d’elles. Non pas que je sois heureux de ce que deviennent la France et toute l’Europe, évidemment, mais les lectures et l’âge aidant, la rage finit non pas par s’atténuer mais par se diviser, s’affiner, elle se métamorphose même en mépris, petit à petit, et on finit par rire de phrase que l’on a pu hurlées avec conviction quelques années plus tôt.
Je me souviens d’un pote maghrébin qui un jour m’a dit – au pied d’une tour près de mon lycée – « Hitler y’a pas moyen c’était un enfoiré, enfin… sauf pour ce qu’il a fait aux Juifs, ça j’lui dis merci ». Parole d’un jeune con, bien sûr, mais qui dès lors présageait d’une faille dans laquelle Marine Le Pen, ainsi qu’Alain Soral avec beaucoup moins d’intelligence, tentent de s’engouffrer aujourd’hui.
Jean-Marie lui était un tribun, ni plus, ni moins. Il n’a jamais été démagogue, contrairement à tout ce qu’on nous a toujours dit, il a simplement affirmé ce qu’il était, avec une certaine éloquence et goût prononcé pour la provocation et le jeu avec les médias. Un homme qui veut accéder aux plus hautes responsabilités ne sort pas des vannes bien grasses sur les chambres à gaz comme un vulgaire Galliano. Non, Le Pen père n’a jamais voulu le pouvoir, il suffit de voir sa gueule au soir du 21 avril 2002, c’est l’effroi qu’on pouvait lire sur son visage. Dans un monde où l’imagerie nazie est disqualifiante, s’en rapprocher c’est se disqualifier pour la course, sciemment. Jean-Marie Le Pen était tout sauf « dangereux », c’était un punk, peut-être même le dernier de notre époque.
En l’an 2011, nous passons aux choses sérieuses. Marine Le Pen a purgé le Front de ses vieux démons, les anciens collabos sont foutus à la porte, Gollnisch avec, c’est la nuit des longs couteaux à l’envers, mais il serait idiot de s’arrêter aux apparences. Si le FN se débarrasse du folklore hitlérien et des jeux de mots douteux, il n’en est rien sur le fond. Marine, contrairement à son père, n’est pas libérale. Elle est socialiste, et nationale. Quel est le programme économique de Marine ? C’est celui de Mélenchon, mot pour mot. Et donc de l’ancien régime allemand.
De même si elle condamne « l’islamisme », elle fait surtout un signe subliminal aux banlieues en fustigeant davantage le capitalisme mondialisé, les Etats-Unis et pas loin, l’axe Atlanto-sioniste et la finance internationale. Comme l’écrivait il y a peu Vae Victis – un collègue surdoué du blog ILYS – « On aura reproché au FN historique son nazisme, et c’est lorsqu’il s’en rapproche réellement qu’il est accepté ».
Alors, Marine Le Pen au pouvoir, et quoi ? Difficile de le dire avec précision. En 2002 on avait bien rigolé, et j’avoue que voir les pleureuses gauchistes une nouvelle fois amènerait quelques moments inoubliables, peut-être même une certaine jouissance. Mais ensuite, quoi, la guerre civile ? Je ne sais pas ce qu’elle voudra appliquer, ce qu’elle pourra appliquer, ou quel genre de personnes se sentiront enfin à leur aise avec le nom « Le Pen » à l’Élysée, mais je sais que j’avais écrit un texte d’anticipation il y a quelques temps, texte que je n’ai jamais fini, dans lequel je m’imaginais devoir planquer des gosses arabes dans ma cave pour leur sauver la vie. Quelle ironie.
Loin de moi l’idée de faire dans l’anathème et la moraline, je crois qu’après toutes ces années je suis insoupçonnable de reductio ad hitlerum. Mais même sans purification ethnique à la serbe, je reste plus que sceptique face au spectacle que nous offre la France depuis un siècle ou deux. Ce que je ressens n’est pas de la vigilance citoyenne, ce que j’exprime n’est pas une position, je ne milite pas mais je me questionne sur l’intérêt de renverser l’antiracisme pour le remplacer par le nationalisme. Puis l’inverse dans 25 ans, et ainsi de suite. Comme englué dans le socialisme sous toutes ses formes. Ce serait ça, « l’esprit français » ? Soljenytsine ne devait pas avoir tort lorsqu’il parlait de la « perversion intrinsèque à la devise républicaine ».
Peut-être qu’en définitive, je ne suis fondamentalement pas français, bien moins encore que ceux qui sifflent la Marseillaise ou brûlent le drapeau tricolore. Alors, en considérant avec une certaine lucidité le voyage dans le temps impossible, je ne peux pas nier la tentation d’exil. En attendant la Lune puis Mars, pourquoi pas l’ouest, c’est peut-être le destin de l’Européen que de sans cesse marcher vers l’ouest, vers l’or, vers la conquête perpétuelle, et in fine vers lui-même.

1/Les gras et le rouge sont de mon fait personnel 
2/Lire cette synthèse d'Alain Laurent, chapitre 4 de "La société ouverte et ses nouveaux ennemis"

dimanche 6 mars 2011

Les enfants de choeur


 


C’est dimanche ! C’est la messe ! Au service de l’Autel
Sont conviés petits et grands garçons tout en blanc
Revêtus prestement, parfois dans le rang un col rebelle
Est ajusté par la main adroite d’un des plus grands.

Un petit troupeau qui gambade
Derrière la majestueuse Croix
Une joyeuse et paisible bousculade
Avec le prêtre, vers le cœur de notre Foi.

Tous s’alignent et, au claquement des doigts,
S’agenouillent dans un bel ensemble... Mais déjà
Un mignonnet s’emberlificote dans son drap blanc
Et tombe en avant pour se relever tout rougissant.

Les lectures se succèdent, le Kyrie, le Gloria
Puis une exhortation à faire toujours mieux
J’écoute mais me perds souvent, peu à peu
En observant les gestes plus ou moins maladroits

Je vois les petits –pas plus de sept ans !
Qui ont posé leurs mains sur les genoux
Et dont les pieds gigotent en dessous
Ils sourient et baillent et babillent gentiment.

Oh Seigneur ! Rendre grâce pour tous ces petits
Bonhommes, souvent les larmes me viennent
Parce que je comprends alors profondément
Pourquoi tu as voulu parmi nous, sur l’Autel
Venir rejoindre l’Humanité et tes petits enfants
Et partager, avec eux et nous, ton Amour infini.


samedi 5 mars 2011

Dimanche de Laetare, republication

Ici : http://oralaboraetlege.blogspot.com/2010/03/dimanche-de-laetare-lecture-de-la.html

Dimanche de Laetare, lecture de La contrevie de Philip Roth

 "Car le génie, en amour, consiste à sauver dans le couple une perpétuelle nouveauté."(André Maurois)

le Sens s'est fait chair.

(...)
Nous ne voulons pas croire que la Vérité est belle; d'après notre expérience, la vérité finit la plupart du temps par être cruelle et sale.(...)tout le génie du poète est voué au dévoilement de la vérité, non plus pour en montrer le rayonnement, mais les bas-fonds.(...)En effet, si Dieu n'existe pas, alors ne subsiste aucune lumière, mais seule de la terre sale.(Cardinal Ratzinger, "Dieu se cache sous les traits d'un enfant")

Lundi 22 février : réflexion personnelle commencée au bord de l’eau.

En cherchant un stylo dans mon sac, et mon petit cahier pour écrire quelques mots, je prends dans le même temps mon livret de lectures (les évangiles) pour trouver la date du jour. Lundi 22 février. A cette page, un titre en plus de la date : « L’art du combat spirituel ».

L’art du combat spirituel : il me semble que ce titre de page est une excellente définition de ce qu’on appelle la Vie. Nous autres occidentaux, qui n’avons pas ou plus (pour le moment) de combats à mener pour notre survie, pouvons cependant mener une guerre, d’ordre spirituel. Dieu merci. Nous pouvons mener une guerre. N’importe quoi, pourvu qu’il y ait combat, suis-je en train de songer paresseusement, vautrée sur mon banc, en face de la mer, pendant que les garçons prennent d’assaut le vieux bunker situé derrière moi. Je ne les vois pas, j’entends leurs cris, leurs disputes, leurs « histoires ». Mais ce combat que j'imagine immédiatement grandiose, sanglant, héroïque (et mon imagination n'a jamais eu de limites lorsqu'il s'agissait de me présenter sous un jour héroïque, j'ai lu quantité de vie de saints et de martyrs!), se retrouve réduit à la surveillance banale, dans le froid et l'humidité, dans la solitude  que je n'ai jamais vraiment apprivoisée, d'une horde de gamins qui poussent des cris que les mouettes avoisinantes leur envient. Solitude de la mère de famille : je me souviens, à 21 ans, mon premier garçon, je l'emmenais au parc, dans sa poussette et je rencontrais les nounous de petits blondinets : les quelques mots échangés avec ces femmes étaient souvent les seuls prononcés dans une journée à une autre personne adulte. Dur apprentissage à l'époque, du silence intérieur au milieu des hurlements éprouvants d'un nourrisson... J'attendais ces sorties au parc comme l'homme au désert attend son verre d'eau. Des mots, n'importe quoi mais des mots, une communication imbécile, une réflexion sur les enfants qui grandissent, sur le dernier bouton sur les fesses de l'un, sur une recette de cuisine appréciée des petits, un mot, n'importe quoi, mais une parole qui me tirerait hors de moi, de mon esprit, de mes attentes, de mes angoisses de jeune maman. Sommes-nous si faibles que la confrontation avec nous-même nous fasse reculer? Sommes-nous si vides intérieurement que le silence nous fasse peur? Avons-nous tant besoin des autres? Où est l'Autre, Celui qui est censé combler toutes mes attentes, Celui qui a dit : je vous donnerai une eau, divine, avec laquelle vous n'aurez plus jamais soif ?

La répétition de ce quotidien m'apparaît, plus que jamais aujourd'hui, après toutes ces années de mariage et tous ces enfants, comme le combat personnel de la mère de famille. J'ai lu il y a deux jours un commentaire d'un curé à propos  des flagellations que se serait infligées Jean-Paul II : "Une maman qui fait la cuisine tous les jours pendant des années sans se plaindre - qui plus est avec le sourire -, cela vaut bien la flagellation comme mortification. Car la mortification la plus grande - tous les mystiques sont d'accord là-dessus -, c'est l'ascèse de la volonté propre."

Mon fils Pierre, en marchant à mes côtés, m’explique qu’il possède un héros imaginaire. Ce dernier ressemble à Wolverine, avec des griffes d’acier. En voiture, ce « Wolverine » galope en avant et arrache tous les poteaux les uns après les autres pour les balancer sur les voitures qui précèdent ou suivent notre propre véhicule. Ce « film » occupe mon fiston durant les longs voyages, m’explique t-il, en riant. Je suis troublée : durant mon enfance, j’avais un rêve similaire, qui me distrayait aussi durant les trajets. Mon héros était la voiture, simple différence avec le Wolverine de Pierre. La voiture équipée de deux longues scies de chaque côté qui taillaient tout ce qui se trouvait sur le passage : poteaux, arbres, personnes, maisons, autres voitures, camions, motos, etc… Ce n’était pas sanglant, comme image, mais extrêmement jouissif : tout s’envolait au passage éclair de ma super-bagnole.
Une vitesse démultipliée, des obstacles qui s'envolent, un corps devenu un géant, aux multiples possibilités et aux contraintes réduites à néant, plus de légèreté, de grâce,qui n'a pas rêvé ainsi ? Simplifications au prix de la vie, évidemment, mais cela on l'oublie, on oublie que vivre c'est difficile d'abord, c'est compliqué. On voudrait plus de facilités, moins d'efforts, moins de réflexions, moins de compromis et on oublie que ce besoin d'accélérer, dans l'Histoire humaine, pour accéder plus vite au Bonheur, ça n'a apporté que la Destruction. Ou le Crash. C'est Icare qui cherche à atteindre le ciel avec ses ailes en cire. C'est Icare qui cherche à abandonner son labyrinthe, sa prison, trop vite, trop haut, et ses ailes fondent au soleil.

La Contrevie est le titre d’un roman de Philip Roth que je lis en ce moment. Fascinant : les héros, (certains héros) au lieu de se complaire dans une contrevie imaginaire, passent réellement à l’acte et larguent sans façon femmes, maîtresses, enfants pour recommencer une nouvelle vie. Incroyable, l’audace ou, au contraire, on peut aussi le penser (et c’est ce que fait un des héros-écrivain du roman, le sceptique narrateur Nathan Zuckerman) la lâcheté  de ces personnes qui n’affrontent plus leur vie ordinaire pour se fondre dans une autre réalité, une autre vie.

Infléchir le cours de leur histoire personnelle : par exemple, pour le frère de Nathan, Henry,en retournant à la source de leurs origines juives en intégrant une colonie juive en Judée après avoir quitté le confortable poste de dentiste huppé New-Yorkais, sa femme et ses trois enfants. On peut justifier ce choix par la volonté farouche d'un homme décidé à traquer le Vrai jusqu'au bout de ses origines et de lui-même, on peut décider qu'il n'est qu'un trouillard qui refuse ses responsabilités (gratifiantes et pesantes) de citoyen, de père de famille, sa prison familiale, en quelque sorte.

Finalement, pour sortir de ces contrevies imaginaires, sans doute faudrait-il mieux observer la réalité, s'enfoncer dans ce qui constitue notre réel (pour moi, la vie de famille, les enfants) et à partir de là traquer l’extraordinaire de cet ordinaire. Refermer soigneusement sur soi-même la porte de cette prison est le meilleur moyen d'être libre.

 Finkielkraut dans "Un cœur intelligent"  : "Levinas recopie pieusement les exemples donnés par Ikonnikov de cette bonté ordinaire, c'est à dire de cette poussée extraordinaire de la miséricorde au cœur de l'inhumain : "C'est la bonté d'une vieille qui, au bord de la route, donne un morceau de pain à un bagnard qui passe, c'est la bonté d'un soldat qui tend sa gourde à un ennemi blessé, la bonté de la jeunesse qui a pitié de la vieillesse..."

Au retour, dans la voiture, Pierre balance un coup de poing à son frère Rémi. Ce dernier éclate en gros sanglots irritants. Je pile et ordonne à Pierre de sortir de la voiture et de rentrer à pied. A peine repartie que je gamberge. Je vois mon fiston de 10 ans enlevé par un pédophile à lunettes (le pédophile ne peut que porter des lunettes, dans mon imaginaire inquiet de mère de famille, c’est un physique banal, voire moche, le regard trouble, le cheveux rare. Avec une paire de lunettes en écailles). A peine arrivée à la maison que je repars à pied à la rencontre de mon enfant; évidemment je ne le retrouve pas et j’ai tout le temps d’imaginer des scénarios d’horreur.
Je me souviens d’un rêve prémonitoire qui me hante depuis la veille de mon départ en vacances. Un rêve est prémonitoire à partir du moment où je m’en souviens ai-je décidé il y a très longtemps, du fond de ma nature inquiète de mère de famille : mais j’oublie (avec l’irrationalité de cette même nature inquiète de mère de famille) qu’aucun de mes rêves dont je me rappelle ne s’est jamais vraiment réalisé. Du moins : il ne se traduit pas exactement de la manière dont il se passe.
Dans ce rêve, je plongeai dans un lac artificiel, à l'eau trouble et verte, où mon fils Grégoire venait de tomber malencontreusement. Mon plongeon est impeccable, je me rapproche au ralenti de mon fils qui coule lentement et je me réveille au moment où je vais enfin crever la surface de l’eau et le rattraper. En songeant à ce rêve « prémonitoire », donc, je marche vite sans trouver trace de  Pierre . Sans doute que ce rêve le concerne lui, et pas Grégoire, suis-je en train de m'affoler, sans relever l’absurdité de cette réflexion.
Je rentre à la maison : je retrouve mon fils, parfaitement à l’aise à la maison et toutes mes songeries enfiévrées disparaissent. Je demeure avec mon rêve à signifier, à traduire, à interpréter. Finalement : je demeure avec ce rêve et mes enfants. Repêcher son gamin, tous ses gamins, est effectivement mon rêve et ma réalité. Tous les jours, plonger dans une eau trouble, faire les basses besognes, tous les jours renaître à la vie.La banalité du rêve rejoint la banalité de ma vie et c'est dans cette banalité, cette lourdeur qui me fait chuter, plonger, que tout prend Sens.
André Maurois raconte une histoire dans son petit essai "Un art de vivre" : "L'abbé Huvelin raconte qu'une jeune religieuse vint un jour demander à sainte Thérèse de lui apprendre ce qu'était la sainteté. Elle croyait que la sainte allait lui conter des visions, mais Thérèse lui ordonna simplement de la suivre dans une maison nouvelle qu'elle venait de fonder. Là, pendant plusieurs mois, ce ne furent qu'embarras, difficultés, contretemps, échecs, plaintes et travaux. Enfin la jeune religieuse osa demander encore quand lui serait enseignée la sainteté. "La sainteté? répondit Thérèse d'Avila, ce n'est pas autre chose que de supporter avec patience et amour une vie qui sera chaque jour celle que nous avons vécue dans cette maison."

Mardi 23 février
Il est exactement 3h 40 du matin.

J’ai continué à lire le roman de Philip Roth, La contrevie.
Ce passage du livre : « Être bon père et bon époux, pourquoi faut-il que ce soit aussi risible chez cette élite intellectuelle ? Quel mal y a t-il à mener une vie sans histoire ? Le devoir est-il nécessairement une idée à deux sous, le respect des convenances, des engagements, est-ce forcément de la merde, alors que l’ »outrance impénitente » produit des « classiques » ? Ces aristocrates de la littérature, on dirait qu’ils ont complètement renversé les règles du jeu… »

Mais le doute demeure, toujours : s'agissait-il, au départ, d'une fuite en avant, d'un refus des règles du jeu, où au contraire, de se confronter, dans les règles qui nous étaient données, ces règles difficiles, complexes, avec l'enjeu que représente notre vie? Peu importe, après tout, plusieurs chemins se présentent à nous, mais un seul sera emprunté et peut-être ce chemin là n'était-il pas le bon, mais qui pourra le dire? Qui pourrait en juger? Il faudra s'y tenir car les retours en arrière ne sont jamais possibles.Il faudra faire en sorte que ce chemin choisi en toute liberté devienne Mon Chemin.


J'ai abordé la vie conjugale, le mariage, les enfants, comme un athlète de haut niveau, mettant toutes les chances de mon côté, travaillant sans relâche à l'édification de mon couple, veillant, jour après jour au bonheur des miens, cherchant chez les autres les recettes qui "marchent" . Ma volonté était et est toujours de réussir là ou tant d'autres ont foiré; la barque est souvent ballotée dans la tempête mais elle ne verse pas, le danger guette à chaque pas dans cette sombre forêt mais j'avance malgré tout dans le chemin obscur qui est le mien. Je voudrais pouvoir dire un jour "j'y crois" mais je ne peux encore dire aujourd'hui : "je veux y croire". Cette fragilité que je perçois en moi-même me renforce dans ma volonté; pas de résignation car l'épreuve quotidienne (la banalité à surmonter) me permet d'avancer, chaque instant présent éclate à mes yeux comme un moment solennel et décisif, chaque geste, chaque caresse, chaque baiser comme déterminant pour l'avenir de tous les miens et pour moi-même. J'ai construit ma demeure, avec soin, pas sur du sable, les murs de cette "prison" volontaire sont solides et je n'entrouvre ma porte qu'avec prudence.

Chez Philip Roth, l’un des héros, Nathan Zuckerman, écrivain, a écrit un roman sur sa vie fantasmée, une paternité désirée et son frère Henry (qui, lui, est réellement devenu père) commente en lisant le brouillon trouvé dans l’appartement de son frère décédé : « Qu’elle était méditée et préméditée, sa paternité, mais qu’elle était à côté de la plaque ! Il ignorait complètement qu’on ne fait pas un enfant par convenance idéologique, mais parce qu’on est jeune et bête, qu’on lutte pour se forger une identité et assurer une carrière – faire des bébés, c’est un tout.

J’observe, hébétée, la fléchette de mon ordinateur se déplacer toute seule, sur l’écran, agitée d’un tremblement de mauvaise augure, comme un poisson malade ou mourant dans son aquarium.Pourquoi ne se fixe t-elle pas avec le curseur de la souris ? La tempête sévit dehors, des trombes d’eau, qui s’abattent régulièrement, presque paisiblement, dans l’obscurité de la nuit… Je voudrais me rendormir, mais le sommeil me fuit et je devrai continuer ma lecture. Mais (et je recherche à l’instant la phrase exacte dans le roman, sans la retrouver, alors que je me souviens précisément qu’elle se situe en haut d’une page de droite, dans le livre) « lire les romans dédicacés de son frère l’épuisait toujours. », car comme Finkielkraut -mais à mon niveau-, "Je me suis [efforcée] de mettre dans mes lectures tout le sérieux, toute l'attention que requiert le déchiffrement des énigmes du monde" .
Je voudrais me rendormir, plonger dans un oubli bienfaisant, faire taire les tourbillons qui enfièvrent mon esprit jamais en repos… Je voudrais, un instant seulement, abandonner le combat. Je prie mon Seigneur qu’Il m’accorde ce moment qui ne vient pas, ou si rarement. « Maintenant, mes yeux ont vu le Salut que tu prépares à la face des peuples et ton serviteur peut s’en aller dans la paix. »

Je demeure avec mes interrogations, mes révoltes et mes doutes, mes amours imparfaits, mon manque de volonté, mes rancœurs, la faiblesse qui est mon Sceau, je comprends enfin que justement cette vie qui est mienne est " la vie comme vulnérabilité, fragilité, mortalité, la vie comme vieillesse et non comme ivresse ou force vitale", je comprends ceci au cœur de ma nuit et de mes rêves. Je dois me lever à présent. Déjà, les enfants m'appellent.

Tenir sa maison, c'est tenir le monde.

                                                          Terminé en ce Dimanche de Laetare (de la Joie), le 14 mars 2010



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jeudi 3 mars 2011

Cours d'économie du Vénérable Kuing Amang

Mon mari, de temps en temps, tente de m'élever à une pensée économique réaliste et libérale. Parfois il peine un peu, je ne suis pas ce qu'on appelle une très bonne élève.Alors il fait appel à des Maîtres un peu originaux et au travers de leurs chemins de traverses, j'arrive peu ou prou à retenir quelque chose.
Aujourd'hui il m'a envoyé le cours d'économie du Vénérable Kuing Amang* et je vous le donne à écouter :

http://www.youtube.com/watch?v=DMKb9A6Kouk


*Note : le Kouign-amann est par ailleurs une délicieuse pâtisserie bretonne dont raffole mon mari (après le cheescake tout de même) : vous comprenez ainsi que toute la pensée du Vénérable ne peut en aucun cas souffrir d'objections : sur son nom seul se fonde toute l'autorité d'une pensée économique puissante et libératrice!

mercredi 2 mars 2011

De la liberté d'expression, à propos de l'affaire Galliano, par XP

Ça ne me gêne pas du tout que les gens soient antisémites, ou contre les pédés, les arabes, les muz, les chrétiens, les blancs. Mieux, je considère que c’est leur droit de le dire.

Dans un monde normal, la question qu’on se poserait est la suivante: les sorties de Galliano font-elles courir le moindre risque à un seul Juif?

La réponse est bien évidemment non. La notion « d’incitation à la haine raciale » est une connerie sans nom.

Et puis, Hitler étant le tabou absolu, il est bien normal que des provocateurs et des excentriques s’amusent à franchir le pas, en état d'alcoolémie avancée. En général, ça passe avec l’acnée. A 50 balais, c’est plus inquiétant pour l’auteur de la provoc, mais ça, c’est le problème de Galliano, pas celui des juifs.

Moi, ça ne me dérange pas que les Indigènes de la République soient des racistes anti-blancs, ou que Mélenchon soit un nostalgique des camps socialistes… C’est leur droit. Ce qui est gênant, c’est absence de liberté d’expression qui interdit de leur répondre ou de ne pas débattre avec eux en expliquant pourquoi. Ils ne bénéficient pas de la liberté d’expression, mais au contraire de l’absence de liberté d’expression. Si il y avait un premier amendement en France, Mélenchon et Besancenot feraient 0,2%, parce qu’ils ne pourraient pas ouvrir la bouche sans qu’on leur réponde « goulag ». Ils feraient le score du parti communiste américain.

Raison supplémentaire de détester les gens qui adhèrent à ce genre de mouvements; ils savent plus ou moins inconsciemment que leur liberté d’expression, elle implique que la nôtre soit réduite.

Je ne crois une seconde à la sincérité d’un juif qui se prétendrait blessé par une simple phrase balancée à la terrasse d’un café quand dix kilomètres plus loin, le port de la Kippa est tout simplement interdite dans des quartiers entiers, voire des villes entières.

Qu’est-ce que ça peut faire à un juif qu’un type regrette qu’Hitler n’ait pas fini le boulot? Lui foutre les boules cinq minutes, lui faire de la peine… C’est moins grave qu’une jambe cassée… De même, qui ça empêche de dormir ici que la fille des Indigènes de la République nous déteste? Ils voudraient être aimés par elle, qu’on la force à nous faire des bisous, qu’on la rééduque pour qu’elle ait envie de nous faire des bisous? Non, ce qui est embêtant, c’est qu’on ne puisse pas répondre à un soldat du camp du bien bon teint qui dit la même chose de façon moins cash.


Un commentaire d'XP dans le fil de l'article "Lady Gagalliano" par Cherea sur Ilys.