lundi 30 mai 2011

DSK n'a pas lu "Las Vegas parano"...

.... et c'est bien dommage pour lui! Il aurait trouvé dans ce livre mirifique recommandé par le non moins mirifique Terby (qui  a fait quelques montages vidéo sur Ilys plutôt fins contrairement à ce que l'on pourrait penser et celui-ci en particulier, génial, la comparaison entre Patrick Bateman et DSK!), il aurait trouvé, disais-je, la solution lorsque  l'arrivée d'une femme de ménage dans votre chambre d'hôtel risque de bousiller votre vie.

Adhonc, dans le chapitre intitulé : "Fraude? Larcin? Viol? Rencontre brutale avec Alice de la lingerie", les deux héros de cette rocambolesque aventure sont dans leur chambre d'hôtel à Las Vegas, drogués au dernier degré (oui, l'histoire relate le very bad trip, mais alors vraiment very bad d'une espèce de journaliste et de son... avocat ), souls jusqu'au trognon et voici ce qui leur arrive...

"Je dormais encore lorsque la femme de ménage était entrée ce matin-là. Nous avions oublié d'accrocher le carton "Ne pas déranger" sur la porte... aussi s'était-elle aventurée dans la pièce, pour surprendre mon avocat qui, nu comme un ver et à genoux dans le placard, vomissait dans ses chaussures...
(...)
"Elle tenait son balai comme un manche de hache, m'avait-il expliqué par la suite. Alors j'ai surgi du placard en galopant à quatre pattes en continuant à vomir et je l'ai plaquée juste aux mollets... c'était par pur instinct; je croyais qu'elle allait me tuer... et puis quand elle s'est mise à gueuler, c'est là que je lui ai fichu le sac à glaçons dans la gueule."

Je vous passe les détails scabreux suivants, mais le journaliste intervient en brandissant une fausse carte de journaliste "collaborateur  bénévole de la police" et s'écrie : "Je vous arrête!"
Et l'avocat de surenchérir : "Elle a dû utiliser un passe-partout,.... J'étais en train de cirer mes chaussures dans le placard quand je l'ai vue se faufiler - alors je l'ai appréhendée."(...) Notre comportement avait cette fois-ci dépassé les bornes de la loufoquerie privée. Fallait voir le tableau : tous les deux à poil et écrasant de nos regards une vieille femme terrorisée - une employée d'hôtel - étendue par terre dans notre suite et au paroxysme de la peur et de l'hystérie. On ne pouvait pas la relâcher comme ça."

Là-dessus les deux compères vont mettre au point une espèce de scénario dans lequel eux se retrouvent dans le camps du Bien, sorte de policiers à la recherche d'un camps mafieux, "le réseau de la came" qui sévit dans l'hôtel, ils travailleraient sous couverture et accusent la pauvre femme de faire partie du camps du Mal. Cette dernière, abasourdie, folle de terreur se défend comme elle peut et finit par acquiescer à la thèse des deux énergumènes qui lui demandent le plus sérieusement du monde de collaborer avec eux pour démanteler ce réseau...

"Mon avocat sembla réfléchir quelques instants, puis se penchant pour aider la vieille dame à se relever, me déclara : "peut-être qu'elle dit vrai. Peut-être qu'elle ne fait pas partie du coup.
-Non! Je vous jure que non! rugit-elle.
- Eh ben alors...repris-je, dans ce cas-là, on aura peut-être pas besoin de la mettre au frais... elle peut peut-être nous venir en aide.
-Oh oui! fit-elle avec empressement. Je vous aiderai tout ce que je peux! Je hais la drogue!
-Et nous donc, ma bonne dame, repris-je."
(...)
Le visage de la vieille femme avait changé notablement. Elle ne semblait plus confuse de bavarder avec deux hommes nus dont l'un avait tenté de l'étrangler quelques instants auparavant."

Voilà, voilà à quoi sert la lecture, chers amis, voilà à quoi sert la Littérature! Finky le disait très bien dans une de ses émissions : "mais peut-être aussi lit-on pour ça ? C'est-à-dire pour mieux comprendre, se comprendre soi-même, le monde, le monde commun, le monde sensible…"


(Extraits de Las Vegas parano de Hunter S. Thompson)

Relire quelques réflexions sur ILYS  à partir d'ici.

jeudi 26 mai 2011

La joie est une force

Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
Jesus, the Word to Be Spoken, ch. 12 (trad. Jésus, celui qu'on invoque, Nouvelle Cité 1988, p. 160)




« Je vous ai dit cela pour que...vous soyez comblés de joie »


      La joie est un besoin et une force pour nous, même physiquement. Une sœur qui a cultivé l'esprit de joie ressent moins la fatigue et est toujours prête à faire le bien. Une sœur remplie de joie prêche sans prêcher. Une sœur joyeuse est comme le rayon de soleil de l'amour de Dieu, l'espérance d'une joie éternelle, la flamme d'un amour brûlant.

      La joie et une des meilleures garanties contre la tentation. Le diable est porteur de poussière et de boue, toute occasion de les jeter sur nous lui est bonne. Un cœur joyeux sait comment s'en protéger.

mercredi 25 mai 2011

Je n'ai rien à perdre (ancien message du mois d'Août dernier; republication)

"Je pense que l'océan prend pour moi toute sa signification les jours de pluie, quand l'eau et le ciel sont gris. Il y a une plage en bas de la falaise et le gris des flots tranche sur l'ocre jaune du sable. Et les oiseaux blancs dans les cieux gris! Les battements de mon coeur s'accélèrent quand, ici dans ma cellule, j'évoque ce merveilleux spectacle. Mais il est triste aussi, comme le cheval avec le chapeau de paille dans le vieux film, comme King Kong qui tombe, si lentement, si doucement, si inéluctablement, et comme les mots que, maintenant, je dis à voix haute : "Seul l'oiseau moqueur siffle à l'orée du bois." Et comme le souvenir de Mary Lou, assise par terre, jambes croisées, les yeux baissés sur son livre.
Tristesse. Tristesse. Mais je vais m'emparer de cette tristesse et l'intégrer à cette existence que je suis en train de mémoriser.
Je n'ai rien à perdre."
(Walter Tevis, "L'oiseau d'Amérique")


Quelques jours avant la rentrée scolaire. J’ai attrapé une contracture au cou, en l’espace d’une minute, à force de cogiter et de stresser pour trente-six choses à la fois. Me balade avec un foulard blanc parce que les comprimés ne sont d’aucun effet si ce n’est de m’abrutir ce que je ne supporte pas. La maison ne désemplit pas, il y a des jours où je me retrouve avec douze ou quatorze enfants puis le lendemain quatre ou cinq… Hier, je raccompagne en bétaillère deux petites amies de ma fille, 13-14 ans. Je mets Dire Straits en voiture, elles m’expliquent qu’elles ne connaissent pas. Ne pas connaître Dire Straits ! C’est comme ignorer la lecture me semble t-il… Je leur passe Brothers in arms mais surtout Telegraph road que j’avais écouté et déchiffré avec une prof d’anglais, je ne sais plus en quelle classe… Je conduis lentement pour qu’elles puissent apprécier la musique jusqu’au bout. Elles me saluent poliment à la fin de la route, descendent et s’en vont. Je reprends la route au bout d’un moment, après les avoir observé s’éloigner. Je voudrais que ces instants soient goûtés, précieusement, par ces enfants. Qu’ils aient à cœur de parsemer leur existence de moments « rares » et inoubliables. « Mémoriser » dit Walter Tevis dans son roman de science-fiction, "L’oiseau d’Amérique" où les hommes, drogués, sont réduits à l’état de morts-vivants, incapables de lire et d’éprouver des émotions.
Un morceau de musique, un beau paysage peuvent parfois suffire à retourner une âme, j’en suis convaincue. Deux airs, par exemple, suffisent à me faire éprouver de puissantes émotions. L’air et les paroles de « Hold on (our love is changing) » des Crusaders * et les premières notes de Love over gold de Dire Straits .
La difficulté est d’accompagner par la suite ce premier mouvement, ce retournement… Dans Walter Tevis, Paul Bentley, le héros, apprend à lire et doit peu à peu faire face à des questionnements et à des émotions. Il réapprend donc à souffrir, physiquement et moralement. Et cet apprentissage, bien des fois, il préférerait le rejeter et retrouver sa vie d’avant, son état de zombie. Reprendre ses drogues qui le réduisaient quasiment à un état végétatif. La vraie réalité lui pèse horriblement. Devenir un homme véritable n’est pas une sinécure… Il dit à un moment : «… je vais m'emparer de cette tristesse et l'intégrer à cette existence… » et je crois que c’est exactement cela, être un homme, c’est s’emparer de nos douleurs et les intégrer à nos existences, y faire face du mieux que nous pouvons.



* Je crois que cet air  chanté par BB King, Hold on, est celui que je préfère, avec ses paroles, toutes musiques confondues.


.

dimanche 22 mai 2011

vendredi 20 mai 2011

"Interroge la grâce et non le savoir"



Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l'Église
Itinéraire de l'âme vers Dieu, VII, 1-2,4,6  (trad. Orval ; cf bréviaire)




« Je suis la Voie, la Vérité et la Vie »


           Celui qui tourne résolument et pleinement ses yeux vers le Christ en le regardant suspendu à la croix, avec foi, espérance et charité, dévotion, admiration, exultation, reconnaissance, louange et jubilation, celui-là célèbre la Pâque avec lui, c'est-à-dire qu'il se met en route pour traverser la Mer Rouge grâce au bâton de la croix (cf Ex 14,16). Quittant l'Égypte, il entre au désert pour y goûter la « manne cachée » (Ap 2,17) et reposer avec le Christ au tombeau, comme mort extérieurement mais expérimentant -- dans la mesure où ses progrès le permettent -- ce qui a été dit sur la croix au larron compagnon du Christ : « Aujourd'hui tu seras avec moi au paradis » (Lc 23,43)...

          
En cette traversée, si l'on veut être parfait, il importe de laisser là toute spéculation intellectuelle. Toute la pointe du désir doit être transportée et transformée en Dieu. Voilà le secret des secrets, que « personne ne connaît sauf celui qui le reçoit » (Ap 2,17)... Si tu cherches comment cela se produit, interroge la grâce et non le savoir, ton aspiration profonde et non pas ton intellect, le gémissement de ta prière et non ta passion pour la lecture. Interroge l'Époux et non le professeur, Dieu et non l'homme.

jeudi 19 mai 2011

Comment appeler la police et obtenir gain de cause...

Histoire envoyée par C. qui la tient de son ami P. : 
 
Comment appeler la police quand vous êtes vieux… et plus très mobile...
Denis, un homme d'un certain âge vivant à Baie-Comeau allait se coucher quand sa femme lui dit quil avait laissé la lumière ouverte dans l'abri de jardin quelle pouvait voir depuis la fenêtre de la chambre.
 
Denis ouvrit la porte arrière de sa maison pour aller éteindre, mais il vit qu'il y avait des personnes dans l'abri en train de voler du matériel.
Il appela alors la police qui lui demanda :
- "Quelqu'un s'est-il introduit chez vous ?" Il répondit :
- "Non, mais des gens sont en train de me voler après s'être introduits dans ma cabane de jardin "
La police répondit :
- "Toutes nos patrouilles sont occupées il faut vous enfermer, et un officier passera dès qu'il sera libre"
- Denis dit:" O.K."
Puis il raccrocha, attendit 30 secondes et rappela la police :
- "Bonjour, je viens de vous appeler pour des voleurs dans mon abri de jardin... : ne vous inquiétez plus à ce propos, je les ai tués".
Puis il raccrocha.
Dans les cinq minutes qui suivirent, 6 voitures de police, une équipe de tireurs d'élite, un hélicoptère, deux camions de pompiers, Une ambulance locale
se présentèrent devant son domicile…
et les voleurs furent pris en flagrant délit.
- Un policier lui dit :
- " Je croyais que vous les aviez tués ?
- " Je croyais que vous n'aviez personne de disponible !!! "

Relativiser



Cette petite fille là a de grands yeux de nuit,
Elle les ouvre le soir, elle observe à l’infini,
Interrogative et rêveuse, c’est une poétesse
Ma fille, le monde s’emballe à toute vitesse
Sous son petit crâne doux et rond au fin
Duvet blond, l’univers entier s’ouvre enfin
A elle si petite, délicate comme une fleur...
De ses longs doigts minuscules elle affleure
Ce monde, sursaute souvent, et le tient
Le suçote, son monde, en mon sein.


Je suis toujours étonnée par la surprise -l'effroi, la stupéfaction, cela varie- à propos du nombre de mes enfants. J'ai eu mon premier à 21 ans (mariée à 20 ans) et il est vrai que les deux aînés étaient rapprochés (15 mois d'écart) et je garde un souvenir horrible des premières années avec ces deux puis vite trois enfants... Tout était nouveau, difficile à mettre en place au niveau des habitudes personnelles (les nuits) ou physiques. Et la solitude aussi. Pour cette neuvième petite puce, je n'ai pas le sentiment d'une révolution : je me lève la nuit, toutes les trois heures sans problème, me balade dans ma maison endormie, fais un biberon de complément en écoutant les bruits de la nuit ...
Les grands sont ... grands maintenant et le matin, je ne me lève pas pour gérer le départ des enfants. Les jumeaux sont aidés par leurs grandes sœurs ou viennent me voir dans ma chambre et font risette au passage à Gabrielle qui a pris place résolument sur mon oreiller! (je sais, c'est nul d'un point de vue éducatif mais même son père l'accepte pour cette petite dernière, alors qu'il s'opposait farouchement à ce genre de "dérive" pour les précédents... Nous sommes de vieux gâteux, voilà la vérité!)
Bref, j'ai une vie de rêve dans un environnement de rêve, je reprendrai au mois de septembre mon tout petit travail parisien à raison d'une journée par semaine et le reste du temps je dorloterai ma fille et ferai travailler le soir mes garçons. Que demander de plus?

Je voudrais montrer, que certes, tout ne s'est pas fait en un jour, il y a eu de vraies difficultés ou plutôt passages à vide dans cette vie de famille, il y aura certainement des épreuves nouvelles (il y en a tous les jours à dire vrai) mais rien qui puisse me faire regretter tous ces enfants... Pas de panique pour les futures familles nombreuses, s'il vous plait....Of course you can!

mardi 17 mai 2011

Canetons



Indécence de la justice française

Ces jours-ci j'avais un grand espoir avec l'arrestation de DSK que la justice française tire enfin parti de cette affaire exemplaire. Que nenni! Les réactions de droite comme de gauche et des médias sont renversantes d'irréalité. Tous évoquent en pleurant quasiment devant les caméras le drame vécu par un homme à terre (Moscovici ce matin : "je n'ai pas dormi de la nuit" après le visionnage des images de DSK menotté), tous parlent d"'indécence" en évoquant toujours ces images, tous enfin parlent de la "victime" DSK et oublient, semblent-il, sous prétexte de "présomption d'innocence", qu'il y a normalement en matière de justice une victime et un coupable et pas deux victimes dont une un peu plus victime que l'autre...
En France la justice c'est cela : deux victimes à départager. Les EU nous rappellent des principes simples, il y a un bien et un mal, il y a des actes mauvais et des actes bons. Il est terrible de constater à quel point ces évidences nous semblent complètement improbables, même pour une Christine Boutin pourtant catholique et à qui ces principes ne devraient pas échapper.
Ce sont les médias et les politiques qui font la Loi en France et pas le droit ni la morale.
Le fait que des délinquants sexuels (sous prétexte qu'ils sont mineurs souvent mais pas seulement) soient systématiquement relâchés même lorsque les viols sont avérés (c'est encore le cas pour le viol d'une gamine, en plein jour, gare de Lyon, il y a quelques jours!) devraient nous alerter sur l'impossibilité, en France, d'obtenir justice même pour des faits d'une extrême gravité.
Les américains nous donnent une belle leçon de justice : profitons-en!


Quelques lectures sur IlYS à ce sujet :
-DSK, c'est Landru et c'est Petiot.
"Le Landru ou le Petiot des années 2010, c’était aussi, avant son arrestation, celui que la France présentait comme le futur Président de la République,"
-Tous les socialistes s'appellent Strauss Khan, avec un passage d'XP dans les commentaires sur la présomption d'innocence :
"Le concept de présomption d’innocence est une magouille sémantique.
Il s’appuie sur le fair que les accusés ont le droit de se défendre, de se déclarer innocent, de rassembler des preuves pour prouver leur dite innocence, etc.. Ce qu’absolument personne ne conteste, ni dans le discours ni dans les faits… Personne ne plaide ou n’agit pour que Strauss-Khan n’ait pas d’avocat.
En réalité, il s’agit de faire croire, sous prétexte de la présomption d’innocence, que la présomption de culpabilité ne vaut rien, que l’accusation qui a valu à l’accusé d’être arrêté n’est pas légitime, et qu’il n’y a pas de mal à laisser courir le coupable."
-La présomption d'innocence, un concept de voyou 
"Le principe scélérat de la présomption d’innocence, il repose sur l’idée que l’opinion des pouvoirs publics ne vaut pas mieux que celle des voyous, que c’est parole contre parole et qu’il ne s’agit que d’un vulgaire combat de coq ou d’une bataille d’influence."
-La présomption d'innocence expliquée aux nuls 
"Pour le dire autrement, dans les républiques bananières, on tient à la présomption d’innocence parce que l’on n’y distingue pas exactement le bien et le mal, le préfet de police et le fonctionnaire corrompu, l’agresseur et l’agressé, et l’on s’échine à maintenir un flou artistique qui permettra aux aventuriers de se recaser en cas de changement de cavalières…".(...)
"Mais parlons peu et parlons bien: aux États-Unis, la présomption d’innocence n’existe pas, et ils ont traité la plainte de la femme de ménage violée par DSK en 45 minutes…. En France, on est attaché à la présomption d’innocence, et toutes les plaintes pour viols qui visaient le mari d’Anne Sainclair ont plusieurs années, et elles attendent encore."
-Une dernière fois
"Qu’est-ce que cela signifie? Qu’une cour de justice n’a pas forcément vocation à faire apparaître la Vérité, mais parfois seulement à lui apporter une avalisation judiciaire…. Quelquefois, il arrive qu’à l’issue d’un procès, un juge dise ceci à l’accusé:je sais que vous êtes le meurtrier, le procureur le sait, la cour le sait, tout le monde le sait, mais vous êtes libre…. Nous vous laissons face à votre conscience…. C’est fort bien et c’est même indispensable que cela puisse se passer ainsi, nous devons même nous féliciter que de temps à autre, la justice laisse sortir des criminels en parfaite connaissance de cause, mais pour autant, nous ne sommes pas obligés de nous convaincre qu’ils sont innocents."

Collusion entre journalistes et hommes politiques :
-Outreau, ville morte 
"De temps en temps on révèle les confidences. Parfois non. Il est tellement bon d’être dans l’élite qui sait ce que le commun des mortels ne sait pas. D’être, au moins un peu, dans le pouvoir." (...) "Cette manie de singer les puissants, de partager des confidences avec eux, de coucher avec eux même, cette facilité de se sentir important par la proximité plutôt que par l’affrontement, voilà la maladie du journalisme français."
-Les imbéciles n'aiment pas la rumeur
"Le conseiller spécial du chef de l’Etat Henri Guaino a dénoncé hier soir le climat « détestable » causé par la récente affaire DSK, redoutant « un grand déballage » qui finisse « par sombrer dans l’ordre moral ». « Je suis navré par ce climat […] tellement lourd et tellement détestable […]. On a le sentiment qu’on a enlevé un couvercle et que le grand déballage s’annonce », a regretté M. Guaino interrogé sur Europe 1.
Absolument tout est dit ici: Le climat lourd et détestable, propice aux rumeurs, c’est celui qui survient quand la police arrête les gens qu’elle suspecte d’être des criminels sexuels, ce Monsieur Guaino l’avoue textuellement. Un climat léger, agréable, où la rumeur n’a pas le droit de cité, pour Monsieur Guaino, c’est celui dont on bénéficie quand on maintient le couvercle, quand DSK peut commettre des crimes sexuels sans que la presse n’en dise un mot et sans que ça dissuade le parti socialiste de le propulser à la tête de l’Etat."




Petite victoire dans la Grande Guerre

 Robert de Niro dans Casino, à propos de la gestion de son casino : "Il y a une bonne manière, il y a une mauvaise manière et  il y a MA manière."


Il m'arrive souvent de comparer ma vie de famille à une grande guerre ininterrompue avec ses victoires et ses défaites. Non pas que l'ambiance familiale soit si terrible que l'on en vienne à parler de guerre dans la famille (comme c'est le cas malheureusement au sens propre dans beaucoup de nos familles aujourd'hui) mais simplement parce qu'il y a dans cette vie en apparence sereine et joyeuse beaucoup d'obstacles à franchir pour grandir, devenir des hommes et des femmes adultes et en ce qui nous concerne nous, les parents, réussir peu ou prou notre vie de couple.Cela ressemble fort à une grande bataille, c'est ainsi.

Ces jours-ci,  l'enjeu ne concernait pas seulement le fait de devenir un adulte responsable ou des tables de multiplications à mémoriser, mais la bête et basique survie pour Gabrielle. Notre petite crevette au poids plume avait beaucoup de mal à téter au sein, cela l'épuisait littéralement et je me morfondais avec des grammes qui se perdaient... Dimanche matin, après une énième tétée où elle s’endormait au bout de 30 secondes, je décidais d'opérer un changement de stratégie un peu brutale et, laissant tomber les tisanes censées stimuler la montée de lait, je préparai un petit biberon de complément  : la petite poulette l'a avalé goulument en dix secondes chrono, a fait un joli petit rôt, a hoqueté quelque minutes en ouvrant des yeux ronds et s'est rendormie repue immédiatement.
J'ai continué ainsi toute la journée sans écouter la petite voix intérieure ("Mauvaise mère! Infoutue d'allaiter! Le lait maternel, c'est ce qu'il y a de meilleur! Et le lien vital entre maman et bébé alors??"), j'ai évité de la peser du weekend  malgré les incitations "bienveillantes" de proches ("Elle a pris combien? Quoi? Elle a perdu? Pourquoi ne vas-tu pas à l'hôpital? Montre là à un pédiâââtre enfin!")
Verdict de la balance ce matin : un bon paquet de grammes repris!! Victoire!!

Morale de l'histoire et stratégie guerrière: une maman ne doit pas négliger les conseils d'amis ou de grand-mère, certes, tenir compte de l'histoire ou de l'expérience passée des grands hommes, bien sûr, mais il faut savoir faire face aussi au principe de réalité, renverser toutes les stratégies connues, prendre l'ennemi à revers sans hésitation, se fier à son instinct maternel avant tout et s'y tenir bille en tête.

dimanche 15 mai 2011

L'art de la nouvelle", par Flannery O'Connor (2ème partie)

"Peut-être la question décisive est-elle de savoir ce que nous entendons par bref. Qu'une nouvelle soit brève n'implique pas qu'elle soit superficielle. Une nouvelle doit être longue en profondeur, elle doit nous communiquer une expérience significative.
(...)
Qu'une nouvelle ait du sens est ce qui l'empêche d'être brève. Je préfère parler du sens d'une histoire plutôt que de son thème.
(...)
Dès lors qu'on est en mesure d'expliciter le thème d'une nouvelle, de le dissocier du récit, on peut être sûr qu'elle n'est pas bonne. Le sens d'un récit doit faire corps avec la matière romanesque, elle doit être concrétisée par elle. Un récit est une façon de dire ce qui ne peut se dire autrement, et chaque mot dont il est fait est nécessaire pour exprimer le sens.
(...)
L'art romanesque requiert la plus extrême attention au réel -que ce soit une œuvre naturaliste ou de la fantasy. Il part toujours de ce qui est, ou sinon, de ce qui présente un puissant caractère de vérité. La réalité, même dans une oeuvre d'imagination, est l'unique fondement qui convienne.Une chose est fantastique parce qu'elle est réelle, si réelle qu'elle en est fantastique.
(...)
"La Métamorphose" de Kafka est exemplaire de ce point de vue là. C'est l'histoire d'un homme qui se réveille un matin transformé en insecte géant, sans avoir rien perdu de sa nature humaine.(...) Le fait est que dans cette histoire, la double nature de l'homme est décrite avec tant de réalisme qu'elle devient presque insoutenable. La vérité, ici, n'est nullement déformée, disons plutôt que l'usage d'une certaine distorsion permet d'atteindre la vérité. Si l'on admet, et il le faut, que le monde des apparences n'est pas le monde réel, il faut accorder à l'artiste de procéder à certains arrangements de la nature si ceux-ci conduisent à une vision plus approfondie. De son côté, l'artiste ne doit jamais oublier que ce dont il s'carte est la nature, et qu'il faut d'abord la connaître et pouvoir la décrire avec précision s'il veut avoir autorité pour s'en écarter.
Le problème propre au nouvelliste est de savoir comment présenter l'action pour qu'elle révèle au mieux le mystère de la vie."

samedi 14 mai 2011

L'art de la nouvelle, par Flannery O'Connor (1ère partie)

 Il m'a manqué ces dernières années un ou une amie.J'aurais aimé connaître Flannery 0'Connor, m'assoir avec elle sur les marches de sa véranda, observer, une tisane à la main, ses paons, rire avec elle surtout, j'aurais voulu discuter à l'infini de la vie, de la mort, des enfants, du repas du soir à confectionner, bref, j'aurais voulu avoir une vraie amie. Une seule. En la lisant, Flannery, je me persuade que je suis avec elle, devant sa ferme, que le soir tombe et qu'elle me sourit.

Lisez ce petit texte, il est limpide comme un horizon au bout d'un champ.

"J'ai tendance à penser que la plupart des gens ont un talent inné de conteur, qui se perd par la suite. Bien sûr, l'habileté à créer de la vie avec des mots est essentiellement un don. Si vous le possédez au départ, vous pouvez le cultiver. Si vous ne l'avez pas, mieux vaut abandonner.
Je me suis aperçue que ce sont ceux qui ne l'ont pas qui sont possédés par le démon de la littérature.
(...)
Une nouvelle implique nécessairement, d'une façon dramatique, le mystère de la personne humaine. Je me souviens qu'une de mes voisines, une femme de la campagne à qui j'avais prêté quelques nouvelles, me les a rendues en me disant : Eh bien, ces histoires-là racontent simplement ce que bien des braves gens seraient capables de faire", et je me suis dit qu'elle avait raison. Il faut consentir à partir de là : montrer ce que certains seront capables de faire et feront en dépit de tout.
C'est donc à un très modeste niveau qu'il faut se situer, mais la plupart de ceux qui cèdent au désir d'écrire refusent de partir de si peu. Ils veulent écrire sur des problèmes, pas sur des êtres humains, ou sur des questions abstraites, pas sur des situations concrètes. Ils ont une idée, un sentiment, un moi surdéveloppé, ou le désir d'Être Ecrivain, ou encore ils veulent communiquer leur sagesse au monde à travers un mode d'expression assez simple pour que le monde puisse s'en pénétrer facilement. En tout cas, ils n'ont pas d'histoire à raconter, et même s'ils en avaient, ils ne consentiraient pas à l'écrire. A défaut de récit, ils sont en quête d'une théorie, d'une formule, d'une technique.
Tout ça ne veut pas dire que pour écrire un récit il faut oublier ou abandonner aucune de vos opinions morales. Vos convictions sont la lumière qui vous guide, mais elles ne sont pas ce que vous voyez, elles ne vous dispensent pas de voir. C'est dans l’œil que s'opère la vérification pour l'auteur de fictions. L’œil plonge au tréfonds du cœur. Notre œil englobe, avec tout ce qu'il peut percevoir du monde, notre personnalité toute entière. Il renferme le jugement. Le jugement a sa source dans l'acte de voir, et lorsqu'il ne l'a pas, ou s'il dissocie de la vision, une confusion s'établit dans l'esprit, qui passe dans le récit.
(...)
J'ai une amie qui suit des cours d'art dramatique à New York chez une dame russe qui passe pour former d'excellents comédiens. Elle m'a écrit que le premier mois, les élèves n'avaient pas déclamé une seule ligne; ils n'ont rien fait qu'apprendre à voir. Apprendre à voir est à la base de tous les arts, à l'exception de la musique. Je connais beaucoup d'écrivains qui font de la peinture, non parce qu'ils sont doués mais parce qu'ils savent que cela les aide. Peindre les oblige à regarder. L'art romanesque consiste très rarement à dire, il consiste à montrer les choses.
(...)
Naturellement, ceci soulève la question épouvantable de savoir à quel genre de lecteur on s'adresse. Sans doute chacun de nous croit avoir une solution. Quant à moi, je mets la barre très haut quand il s'agit de l'art romanesque, mais très bas quand il s'agit de ce qu'on appelle le lecteur "moyen". Je sais que je ne peux lui échapper, que c'est lui dont je suis censée soutenir l'intérêt, en même temps je suis censée fournir à mon lecteur intelligent l'expérience profonde qu'il cherche dans la littérature. En fait, l'un et l'autre ne sont que des aspects de la personnalité de l'auteur, si bien qu'en dernière analyse, le seul lecteur que l'auteur puisse un peu connaître est lui-même."

vendredi 13 mai 2011

Solidarité familiale




- Maman, tu fais quoi?
- Je fais la tétée de Gabrielle mon lapin.
- Y a du lait dans ta poitrine?
- Oui trésor, du lait exprès pour ta petite sœur...
- Tu devrais laisser Elisabeth ou Marie Liesse faire la tétée ! Elles ont des poitrines aussi! Pleines de lait sûrement!

Info-blog

Interruption de ce petit blog pendant deux jours environ à cause de Blogger "indisponible" : il y a des commentaires qui ont disparu dans les derniers textes, j'essaie de vérifier tout cela.

mercredi 11 mai 2011

Chroniques hospitalesques

Marie Liesse et Gabrielle


Elisabeth et Gabrielle


Retour en arrière après notre Tsunami familial :

Mercredi 5 mai, 11h du soir, ce sont les grandes eaux à la maison, toute la maisonnée dort tranquille et nous nous apprêtions à nous coucher D. et moi. Ben non. Il faut partir à la maternité après une journée bien crevante. Je suis inquiète, c'est trop tôt. De la voiture, je préviens la maternité d'une probable naissance prématurée. J'entrecoupe le coup de fil de "doucement, D., il y a des animaux à cette heure-ci..." Pas le moment de heurter un sanglier!
Arrivée à l'hôpital, je toque à l'accueil, la femme se retourne en sursautant, la clope au bec : il faut l'excuser, il est tard...
Mon mari demande avec des airs pathétiques à la sage-femme s'il n'y a pas moyen que le liquide amniotique perdu se reconstitue? Non vraiment pas?? Je regarde mon homme un peu étonnée, c'est tout de même pas un novice en la matière...
Nous essayons malgré tout de retarder l'accouchement jusqu'au lendemain, ce serait bien pour le bébé. Mon mari repart à la maison, je dors sur place.
Au milieu de la nuit, j'appelle les sages-femmes, je sens bien que je vais accoucher, elles m'emmènent rapidement et l'anesthésiste fait vite une péridurale, on appelle mon mari. Je me rallonge, les sages femmes vaquent à leurs occupations, je sens que le bébé arrive mais je n'ai pas la force de prévenir, je suis "occupée".Deux minutes après, on entend sous le drap un cri, le bébé est sorti d'un coup, comme une bombe. La sage-femme stupéfaite récupère le poupon qui braille avec énergie, c'est la plus belle musique que j'ai jamais entendue, je dois l'avouer...
Mon mari arrive ensuite et ravi de découvrir la petite merveille.Il repart illico chercher les mouflets qui veulent voir leur petite sœur avant d'aller en cours. A 7h30, je rentre dans ma chambre et tous les enfants admirent abasourdis cette minuscule crevette qui pique un premier roupillon. La discussion sur le prénom va bon train, le prénom choisi au départ ne convient pas aux enfants, je suis bien trop fatiguée pour imposer quoique ce soit. Finalement, au hasard des suggestions, je propose Gabrielle, l'ange de la sainte Vierge, le porteur de lys, l'ange du Saint Esprit. L'unanimité se fait, va pour Gabrielle.

La journée se passe tranquillement, je me lève, m'occupe de ma fille, retrouve quelques gestes un peu oubliés.
Le soir, changement de service, changement d'ambiance.Vers dix heures, une sage femme revêche fait son entrée, me demande si tout va bien, me recommande froidement de ne pas appeler ("nous sommes débordées!") et me dit qu'on va prendre ma fille pour la nuit (la première nuit les bébés sont à la charge des sages-femmes ce qui permet de récupérer un peu après en gros 24h sans dormir et un accouchement) dans une heure. Bon d'accord.
A deux heures du matin, Gabrielle pleure beaucoup, personne à l'horizon, je suis debout, j'ai des vertiges, je change ma fille et me demande quoi faire. J'appelle : "Ah! On vous avait oubliée!" Merci bien. Je me couche enfin et m'endors dans la seconde.
Les soirs suivants, ce sera le même topo : les équipes de nuit sont décidées à en faire le moins possible, elles laissent le bébé à leur mère sans trop de complexe et on ne voit plus personne jusqu'au lendemain 8h30. Je fais ainsi deux nuits blanches d'affilé complètes, en passant par tous les programmes télé, la télé qui devient ma compagne nocturne la plus fidèle et la plus aimable... J'apprends tout sur le brame du cerf, par exemple.
Un autre soir, rediffusion de reportages sur les sites de rencontres et sur le problème des prostituées. Plusieurs hommes témoignent : "Ma femme vient d'accoucher, alors vous comprenez... Je vais aux putes!"
Je m'indigne silencieusement avec ma fille au sein : "Bande de connards!!!!" Bon, là, la télé comme soutien, c'était foireux... Je passe aux architectes de l'extrême qui construisent des tours, des ponts, des trucs incroyables et qui redoublent d'inventivité : beau métier...

Entre deux cris de ma fille, je pense à toutes les jeunes mamans livrées en ces heures de la nuit, à elles-mêmes, avec leurs douleurs nombreuses, leur poupon inconnu qui pleure et personne, personne pour les rassurer et les aider... Si ça ne tenait qu'à moi, j'irai bien me balader dans les couloirs... Me dis qu'il y a un beau créneau, pour faire du bénévolat dans les hôpitaux : ça n'est pas dans la journée qu'il faut visiter les malades, mais la NUIT. Là, on n'a que ça à faire de souffrir et d'angoisser, dans la journée on est plus occupé. Et puis les services de nuit, à quelques rares exceptions, sont vraiment motivées par une charge de travail moindre alors qu'en fait il y en a plus. Il faudrait, concrètement les équipes les plus compétentes, motivées, actives la nuit et pas le jour. C'est mon point de vue.


De même pour les repas : évidemment, pendant trois jours une bouffe Tricatel infâme, à la limite du justiciable. Il n'y a même plus de goûter de 4h!! Pour une femme qui allaite, le repas c'est le nerf de la guerre...
J'en parle avec une amie médecin à la maison de retraite attenante à l'hôpital : elle m'explique que les petits vieux "bénéficient" de la même nourriture qu'à la maternité. Je suis horrifiée. Un repas, pour un vieillard, c'est tout ce qui lui reste, c'est le dernier moyen de lui refaire les forces physiques, morales. Résultats des courses, la bouffe est tellement dégueu. que les vieux sont dénutris, il faut leur donner des compléments alimentaires qui coutent très chers, plus chers que l'emploi d'un cuisinier, j'en suis sûre... C'est le monde à l'envers, l'hôpital.

lundi 9 mai 2011

Gabrielle

 
 
 
Aujourd'hui, vous vous en doutez, la joie du jour c'est la venue au monde de crevette N°9, Gabrielle.http://oralaboraetlege.blogspot.com/2009/09/fete-des-archanges-michel-raphael.html
Une petite fille parfaitement pressée et discrète dans le même temps, un petit oiseau de nuit aux cils presque blancs et aux petits cheveux roux.
Je vous remercie tous de vos bons mots de félicitations, vos prières pour certains, ceux que je connais et tous les autres, cela me touche plus que je ne pourrais l'exprimer.
Rentrée enfin à la maison, je me suis aperçue que les roses de mon jardin s'étaient ouvertes pour certaines, un très joli accueil pour ma petite fille pour qui je me demande si je  ne vais pas exploser d'amour, mon cœur déborde.

mercredi 4 mai 2011

Bien placer sa tête sur le billot de la guillotine, s'il vous plaît!

Il faut apprendre à se maîtriser à tous points de vue, nous dit-on, et cela devient certains jours de plus en plus difficile, voire impossible et surtout contraire à mon éthique qui me dit d'aimer la vie et de protéger les miens... Je n'arrive pas à savoir si mes pulsions sont plus nombreuses aujourd'hui parce que la société dans laquelle on vit est de plus en plus déglinguée ou si cela a toujours été le cas malgré tout...

Après l'attaque des chiens mal dressés, l'attaque de la racaille locale mal éduquée  :

Dimanche matin, j'emmenais François aux scouts à R. et je devais en même temps récupérer les deux aînés restés dormir chez des amis après des fiestas samedi soir. En arrivant sur la ville, je me retrouve derrière un tacot à 30 à l'heure et je le double sans danger même si le code interdit le "doublement" à cet endroit précis certes, certes ... Au feu suivant, un type sort du tacot derrière moi, le genre petite frappe en jogging qui menace à tout instant de lui tomber sur les chevilles, il vient frapper violemment à ma fenêtre de voiture et commence à m'insulter, furieux de mon "doublage". François met aussitôt la main dans mon sac sur ma bombe suisse lacrymo au cas ou le mec pèterait la vitre et je fais celle qui ignore l'hystérique... Il nous poursuit dans tout R.en nous insultant à chaque feu. Puis il nous lâche enfin et François peut sortir de la bétaillère, il demande à JB de monter à sa place à mes côtés au cas ou ...
Pendant toute cette "agression" je remâchais ma rancœur d'être enceinte et donc dans l'incapacité d'envoyer paître violemment le gêneur. Je me demande si je ne deviens pas de plus en plus "Calamity Jane" et de moins en moins "Caroline Ingalls"... Mon côté obscur (ou plutôt très lumineux) finira par déborder, c'est sûr.Vivement la reprise du Krav Maga!!

Il faut dire que ce genre de fait-divers, comme on dit, doit m'arriver maintenant quasiment tous les mois pour ne pas dire toutes les semaines. Mais je continue bêtement à penser que TOUT VA BIEN, malgré des contractions impossibles la nuit d'après, malgré ma colère, ma peur...

J'écoute à la radio avec une indignation grandissante un vague procureur à Marseille qui enjoint la justice à demander le meurtre avec préméditation pour l'homme qui a tiré et tué un jeune en train de cambrioler une pharmacie. Pourquoi la préméditation? Parce que cet homme a menacé plusieurs fois ces jeunes de tirer à force de les voir cambrioler en toute impunité le quartier. "Ne pas faire justice soi-même" explique avec componction le procureur... "S'appuyer sur les forces de l'ordre"... Sauf que ces dernières ne sont pas là, et doivent relâcher les jeunes délinquants malgré les faits avérés et laisser la population à la merci d'une délinquance de plus en plus sauvage et violente. "Prendre un appareil photo" ajoute le brave procureur qui ne doute de rien, "montrer des preuves à la police quand c'est possible". Le problème c'est que bien souvent les films de caméra surveillance sont aussi sujets à caution pour les policiers, alors  imaginez vos pauvres photos! Il y aurait de quoi mourir de rire, à défaut de mourir tout court. Car évidemment une dénonciation de la part de la population déclencherait à coup sûr des représailles de la part de ces petits agneaux de délinquants, toujours en liberté.


lundi 2 mai 2011

"Nous ne voulons pas votre bien"



A propos de la citation actuelle d'ILYS : "Nous ne voulons pas votre bien", excellente, j'ai relu une nouvelle de Flannery O'Connor qui met assez bien en exergue le problème soulevé par cette volonté désormais universelle (et très étatique) de s'occuper du bien ou du bonheur des personnes à leur place :
Dans la nouvelle : "Les boiteux entreront les premiers"  un veuf est décidé à faire le salut d'un jeune garçon misérable et peu gâté par la vie envers et contre tout , surtout contre le garçon en question... Il y a ce dialogue hallucinant entre le père et le jeune qu'il veut "sauver" :

"Écoute, dit-il. [le veuf] Tu es allé fourrer ton nez à cette fenêtre à seule fin de me démonter, d'ébranler ma détermination de te sauver. Mais tu as manqué ton but. Je suis plus fort que toi. Je suis plus fort que toi et je te sauverai. Le bien triomphe toujours.
-Pas quand il n'est est ni vrai ni juste. 
-Ma décision n'est pas ébranlée. Je vais te sauver.
(...)
-Johnson [le jeune] tendit brusquement la tête. "Sauve-toi donc toi-même, glapit-il. Personne ne peut me sauver, que Jésus."


Finalement la haine entre les deux protagonistes prend le pas sur la charité mal ordonnée du veuf car la liberté prime sur tout, même sur le Salut. Les hommes sont libres ou pas d'accepter d'être "sauvés" et c'est la première condition au bonheur, cette liberté.
Le veuf déterminé à sauver ce jeune sacrifie alors non seulement la possibilité de salut du garçon en question en aliénant sa liberté mais il détruit aussi son propre fils qu'il "oublie" dans sa volonté de charité et son petit garçon se suicide... pour rejoindre sa mère dans l'espace.

dimanche 1 mai 2011

Dimanche de la Divine Miséricorde

 

Il y a trois-quatre ans, j'ai fait avec mes enfants une neuvaine après Pâques, la neuvaine à la Divine Miséricorde et j'ai été très touchée par les prières de cette neuvaine. Comme une sorte de deuxième conversion. Cette année, nous faisons cette neuvaine dans la voiture le matin -nous l'avons commencée en retard aussi nous la terminerons dans la semaine- mais je vous la recommande pour vous et vos amis.
Vous la trouvez ici : http://www.missa.org/nmd.php

Dans la voiture, nous ne récitons pas tout un chapelet mais au moins une dizaine de chapelet avec les enfants.