mercredi 30 juin 2010

Ecart de conduite

Je suis une femme infidèle. Oui. Moi la digne crevette huit fois maman et mariée avec le plus beau des hommes, je suis une traitresse.
Ce matin, j'ai déposé ma bétaillère chez son docteur, mon garagiste, parce qu'elle fait des accès de fièvre en ce moment. Elle peut monter jusqu'à 40!! C'est très grave. Elle n'a plus de clim.
Le garagiste m'a refilé une petite Citroen C3 qui marche du tonnerre de feu. J'effleure la pédale et la voiture est déjà arrivée! ça me change de ma puissante mais pataude Holly Jumpy! Je m'amuse énormément avec mon léger petit engin.
Je crois que je vais la garder au moins trois jours. Je vais oublier mes enfants, je ne peux guère en mettre dans cette petite et ravissante chose. Je vais tout oublier, bétaillère, mari, gamins, confitures, barbecues et lectures diverses (1) et variées(2). Je vais aller baguenauder sur les routes.
Priez pour que je reprenne mes esprits un jour. J'ai gagné le gros lot mais j'ai perdu la raison. (3)

 
Notes
1/ Lire en plus du billet d'XP, son commentaire où il écrit :
"La dhimitude de Sarko/Fillon peut s’expliquer par le manque de clairvoyance, le cynisme, la médiocrité intrinsèque de leur famille politique et par extension, du personnel républicain, la nécessité de composer, par le fait qu’ils ont les mains dans le cambouis et moins de marge de manœuvre que celui qui n’exerce que le ministère de la parole, l’obligation de maintenir, à court ou moyen terme la paix civile…
L’anti-libéralisme ET la dhimitude des natios/souverainiste sont au contraire intrinsèques à leur conception du monde, c’est tout à fait different.
Quant à la dérive de Dupont-Aignan que vous décrivez, elle confirme qu’il ne faut jamais s’intéresser à ce que disent ou pensent les gens, mais à ce qu’ils finiront par dire ou penser.
Il ne peut pas à terme continuer à placer la France avant l’occident (c’est à dire se faire le défenseur d’une France qui n’existe pas), voir le monde à travers le prisme de la France ET défendre une France occidentale quant à la composition de sa population et les valeurs qui la fonde et lui correspondent.
Idem pour le Front National, chez lequel nous avons vu ces dernières années des dérives que l’on peut tout de même qualifier d’hallucinantes, si on regarde ça avec un peu de recul (la dalle d’Argenteuil, l’affiche avec les beurettes, la sympathie affichée pour l’Iran et Chavez), et je prends le pari que nous n’avons encore rien vu.
2/ Texte très émouvant de Didier Goux sur le livre de Jan Valtin "Sans patrie ni frontières", lire Didier et lire le livre bien sûr.J'ajoute immédiatement ce deuxième billet à propos d'Evguenia Guinzbourg.

3/ Référence à une citation de Chesterton dans l'émission de Finkielkraut :
" « Le fou n’est pas un homme qui a perdu la raison, le fou est un homme qui a tout perdu sauf la raison. » « Le fou que nous connaissons par expérience, dit-il, est en général un raisonneur et souvent un raisonneur éloquent. Il est enfermé dans la maison claire et lumineuse d’une seule idée, son esprit est aiguisé jusqu’à un point douloureux. Une raison expansive et exhaustive associée à un sens commun rétréci » : telle est la formule de la folie, de la démence pour Chesterton ; il dit : « Si vous ou moi avions affaire à un esprit en passe de se détraquer, il faudrait avant tout nous soucier non pas tant de lui fournir des arguments que de lui donner de l’air, que de le convaincre qu’il existe quelque chose de plus pur et de plus rafraîchissant que l’asphyxie d’un seul argument. »

mardi 29 juin 2010

Saint Pierre et Saint Paul

J'ai un petit Pierre parmi mes garçons, c'est sa fête aujourd'hui.
Pour ce qui concerne saint Pierre, son saint patron, cliquer ici


L’enfant est mince et nerveux, tout en finesse
Fil d’acier qui plie mais ne rompt jamais.
Pierre…solide, usant, droit dans ses baskets
Au sein de cette fratrie qui reconnaît en lui un maître.

Les grands yeux bruns d’une acuité gênante
Il lève la tête et ne la baissera jamais  plus.
Les coups, il sait les prendre, et les rendre
Pas de cadeaux, la vérité, toujours être juste

C’est un petit homme très sensible et très fier
Plus intelligent , plus rapide que tous ses frères
Qui le jalousent de ce fait et la vie n’est pas facile
Comme Joseph et ses frères, l’histoire de la Bible.

Le bac au pays des islamos-soviets

                                                                 Devant chez nous

Hier, je suis sortie de ma campagne pour accompagner mes deux aînés à leur oral de français. Convocation à Trappes (trois quarts d'heure environ en voiture), dans un lycée situé avenue Salvator Allende, non loin du collège Youri Gagarine. L'adresse peut déjà prêter à sourire (ou à pleurer, comme vous le sentez).
En arrivant dans Trappes, impossible de se repérer. Mon fils, nerveux, me dit brusquement : "Là! Demande à la burka!!" Et sa sœur de lui rétorquer : "Laquelle?" Effectivement il y avait le choix... Il n'y avait que des femmes voilées, au centre de Trappes. Nous finissons par demander notre chemin à un homme qui obligeamment m'explique que le lycée est situé juste à côté de la Mosquée. En roulant dans les cités HLM, (le lycée était situé entre deux barres d'immeubles) j'avais l'impression de me retrouver au Caire (voyage il y a quelques années), dans ces banlieues poussiéreuses et les constructions jamais terminées, par trente degrés sous un cagnard qui me faisait regretter d'autant plus la fraîche verdure de mon chez-moi. Étrange impression d'être dans un autre monde, à la fois lointain et très proche de chez nous.

lundi 28 juin 2010

L'éblouissant Chesterton

Fidèle à mes travaux saugrenus, (cliquez ici : ) j'ai retranscris l'émission de Finkielkraut, Répliques "L'éblouissant Chesterton"  avec Jacques Dewitte et Basile de Koch, émission sur France Culture du 08 05 2010.
Je ne connais pas Chesterton et les deux invités, avec Finkielkraut ont réussi à me donner l'envie urgente de me plonger dans cet auteur et ce grand chrétien, protestant converti au catholicisme vers 40 ans et excellent thomiste.


Quelques citations de Chesterton reprises dans l'émission :

« Il est un peu facile d’accorder les anges avec les nuages, ou les prairies avec le ciel bleu. En revanche, quelqu’un qui est capable d’accorder dans sa pensée l’ange et le cachalot doit avoir une sérieuse explication de l’univers. »

« Le fou n’est pas un homme qui a perdu la raison, le fou est un homme qui a tout perdu sauf la raison. » « Le fou que nous connaissons par expérience, dit-il, est en général un raisonneur et souvent un raisonneur éloquent. Il est enfermé dans la maison claire et lumineuse d’une seule idée, son esprit est aiguisé jusqu’à un point douloureux. Une raison expansive et exhaustive associée à un sens commun rétréci » : telle est la formule de la folie, de la démence pour Chesterton ; il dit : « Si vous ou moi avions affaire à un esprit en passe de se détraquer, il faudrait avant tout nous soucier non pas tant de lui fournir des arguments que de lui donner de l’air, que de le convaincre qu’il existe quelque chose de plus pur et de plus rafraîchissant que l’asphyxie d’un seul argument. »


Basile de Koch à propos du style de Chesterton : "Comme disait Jules Renard : « L’idée n’est rien. Sans la phrase je vais me coucher. »"

« Poster une lettre et se marier comptent parmi les rares choses qui sont restées purement romantiques car pour qu’une chose soit purement romantique, elle doit être irrévocable. » C’est absolument délicieux et cette autre phrase qui donne à réfléchir sur cette question du rapport à autrui : « Les américains admettent le divorce pour incompatibilité d’humeur. J’ai du mal à comprendre pourquoi ils n’ont pas tous divorcé. J’ai connu beaucoup de mariages heureux, je n’en ai jamais connu de compatibles. Le but du mariage est précisément de se battre pour survivre à l’instant où l’incompatibilité l’emporte car homme et femme, en tant que tels, sont incompatibles. »

« Cette simple question qui est à la fois poétique et chrétienne : et si les plus vieilles étoiles n’étaient que les étincelles d’un feu de joie allumé par un enfant ? »
 




 


Turning back the hands of time
Holding on to misty memories
Chasing shadows through the night
Trying to find my happy ending

Reaching out for another chance at heaven
We could still find a way if we try

Chorus: Baby, believe in the mystery
Like it used to be
We were more than lonely drifters in the dark
I can remember the sun inside
Love held us tight
I need to feel your magic in my heart
Instead of it tearing apart

Diamonds shining in the night
Lying soft and warm together
Only images survive
Can't my dreams go on forever

Oh there's still time to lock away your sadness
Let the secrets of love start to smile

Chorus: Baby, believe in the mystery
Like it used to be
Baby bring back all the passion to my heart
I can remember the tender days, all the love we made
Can't you see in me your magic here tonight

Lonely spirits seem to whisper in the wind
It's a silent song that's never meant to be
Since the dawn of time the mystery never ends
We could find forever if we let love rise again

Tell me why can't we reach for another chance at heaven
We can still find the way if you try

Chorus: Baby, believe in the mystery
Like it used to be
Baby bring back all the passion to my heart
I can remember the tender days, all the love we made
I need to feel your magic here tonight

Baby, believe in the mystery
Like it used to be
More than lonely drifters in the dark

We were so much more
Sun inside…sun inside
Love held us tight
Need to feel you, baby

samedi 26 juin 2010

Résister

                                                               Lune rouge ce soir


Un témoignage hallucinant sur notre justice et sur la façon dont certains (ici certaines) s'attaquent seuls, avec un courage héroïque à la forfaiture criminelle de nos institutions :  "Les institutions protègent plus l'agresseur car il est considéré comme la victime".

à  mettre en lien avec ce que dit Alain Laurent sur la justice :

"Actuellement, il faut avoir pitié du délinquant, de l’auteur d’un crime ou d’un délit puisque c’est lui-même qui la victime. Donc il y a une sorte d’inversion des valeurs, d’inversion des rôles, c’est tout juste si on ne pense pas que parfois les vraies victimes d’actes de délinquance ne sont pas eux-mêmes les responsables. Vous savez qu’à un moment donné on disait lorsqu’une femme avait été violée qu’elle l’avait bien cherché."
(...)
"On vit tout de même dans un monde à l’envers où le criminel devient la victime pratiquement plus sanctionné et où, à force de parler de « bêtise », « d’erreur » ou « d’incivilité », on banalise le plus grave dans une société civilisée, à savoir le non-respect du droit de l’autre à vivre librement, à demeurer le propriétaire de ses biens, etc.  "


 Message reçu au cours de la journée : 
J'ajoute ce message d'un commentateur aujourd'hui 30 Juin  : 
INFORMATION FAUSSE !!
ATTENTION à ne pas s'emballer et vérifier les informations! Et surtout sur internet !!!
Bonjour,

En effet cette information est fausse, voici l'explication sur le site famille chrétienne:

http://www.famillechretienne.fr/societe/monde/desinformation-contre-realite-les-persecutions-en-inde_t7_s36_d57200.html


Je vous renvoie le message reçu du supérieur provincial des franciscains
en Inde.
“Priez pour l’Eglise de l’Inde. Des extrémistes bouddhistes, en Inde,ont incendié 20 églises la nuit dernière. Ce soir ont planifié détruire 200 églises dans la province d’Olisabang. Ils ont l’intention de tuer 200 missionnaires pendant les prochaines 24 heures. En ce moment, tous les chrétiens sont en train de se cacher dans les hameaux. Priez pour eux et envoyez ce mail à tous les chrétiens que vous connaissez. Demandez à Dieu d’avoir pitié de nos frères et sœurs de l’Inde. Lorsque vous recevrez ce message, je vous prie de l’envoyer d’urgence à d’autres
personnes. Priez pour eux notre Seigneur Tout-puissant et Victorieux.
P. Samuel M. Chetcuti OFM Conv.

 P. Provincial des Franciscains conventuels

E couter à ce propos Renaud Camus sur les Chrétiens d'Orient
Une signature pour une pétition : http://www.aed-france.org/blaspheme/

jeudi 24 juin 2010

Nativité de Saint Jean-Baptiste : méditation sur la différence entre le bruit et la fureur.



"Il a fait de ma bouche une épée tranchante"

"Je suis la voix qui crie dans le désert !
Rendez droit le chemin du Seigneur,"

"Ne crois pas, ô terre, que j'adresse à toi ma plainte. Tu n'es que le   théâtre, tu n'es pas le but de mes cris et je ne te permets pas de les garder un seul instant dans tes entrailles. Il vont à Dieu, à Dieu seul.  Ne les retardes pas, ils sont pressés. Ils parlent de toi, ils ne vont pas à toi. Mes cris sont mes trésors. Ils sont ma richesse immortelle."(Hernest Hello)

"J'ai bien entendu les cris... je suis un homme d'oreille..."
(...)
Les conséquences de cette lucidité d'audition? D'abord la découverte que l'anthropomorphisme est une sinistre blague; que sous toutes les bombes du monde c'est la nature primitive, préhistorique, de l'homme qui se révèle, et que les prétendues affaires de la communauté humaine ne sont que des péripéties de cavernes : "Ils nous entendent et comprennent rien... la terre veut pas d'hommes, veut que des hominiens... l'homme est un dégénéré un monstre parmi, qui heureusement se reproduit de plus en plus rarement..." (Rigodon)
(...)
Vaincu, vainqueur, l'homme veut du sang, peu importe l'issue des conflits, ce n'est plus d'Histoire qu'il s'agit, on l'a déjà dit, mais de la perpétuation à l'infini de l'orchestre, de la meule.
(...)
On n'en finirait pas de recenser les passages où Céline manifeste son horreur de l'"échange" verbal, des "confidences" ou du "dialogue". Parler, c'est toujours plus ou moins baver. C'est parler d'amour : "Formule niaise pour gonzesse." "L'Homme intérieur n'a pas de langage, il est muet." "Vous parlez tous beaucoup trop.Ce qu'on dit n'existe pas." Se confier inconsidérément relève de la possession : "Le diable est pas né tout seul, il est né d'une indiscrétion!... Tous les malheurs viennent d'un mot de trop!...("Féerie pour une autre fois" I).
(...)
Ne rien dire, aux yeux de Céline, consiste à éviter de s'intégrer à une réalité qui ment dès qu'elle parle, et qui parle parce que, pour durer, il lui faut mentir. Ne rien dire, c'est se tenir en face de cette réalité pour être en mesure de la décrire. Ne rien dire, c'est écrire. Ecrire, c'est échapper aux autres. Dans cette ouverture du compas de la parole écrite s'inaugure la résistance en mots, en millions et millions de mots, à la matrice qui nous veut millions et millions de surdités parlantes docilement empêchées de se rythmer elles-mêmes.
(...)
S'il (Céline) s'est montré si sévère avec ses contemporains, si méprisant avec les autres écrivains, c'est qu'il les voyait sans cesse dans leurs bavardages essayer de détourner la conversation.... Plus il y aura de préhistoire, plus il y aura d'histoires de plus en plus insignifiantes et dérisoires pour brouiller le bruit de meule de l'horreur. A la porte de ses apocalypses, l'espèce essaie de changer de sujet, cause de la pluie et du beau temps, se fait du souci pour l'avenir. Très figurative et réaliste en ce qui concerne ses affaires de clans, ses enterrements, ses familles, ses souvenirs de vacances, ses chasses aux papillons, ses intérêts, elle nage complètement dans l'abstrait dès qu'on lui parle de la meute, dès qu'on lui raconte la ruche en guerre. Ce n'est pourtant que son écho qui lui est renvoyé là, mais du fond d'un tel silence qu'elle ne le reconnaît pas. Plus il y aura du multiple au réel, plus il aura de l'Un imaginaire. Il n'est pas impossible que l'unique tâche des écrivains soit de tourner autour de cette question. C'est ce que Céline avait compris." ("Céline", de Muray)


"Il existe, figurez-vous, une branche des connaissances humaines qu'on désigne sous le nom de logique symbolique, et qu'on peut employer pour clarifier tout le fatras qui entoure d'ordinaire le langage.
- Et alors? dit Fulham.
- Je l'ai utilisée. Je l'ai notamment appliquée à l'étude du document qui nous intéresse.
(...)
- Et qu'a révélé l'analyse? interrogea Lundin Crast.
- Voilà justement ce qui est intéressant, messieurs. Cette analyse s'est révélée à tous égards la plus difficile des trois. Quand Holk, après deux jours de travail acharné, a réussi à éliminer les déclarations qui ne voulaient rien dire, les paroles vagues et les détails sans intérêt - en bref tout le bla-bla-bla - il s'est aperçu qu'il ne restait rien. Absolument rien." (Fondation, Asimov)

"Nos paroles sont telles des brigades de sauveteurs qui jamais ne renoncent à leur quête, leur but est d'arracher des événements passés et des vies éteintes au trou noir de l'oubli et cela n'a rien d'une petite entreprise, mais il se peut aussi qu'elles glanent en chemin quelques réponses et qu'elles nous délivrent de l'endroit où nous nous tenons avant qu'il ne soit trop tard. Contentons-nous de cela pour l'instant, nous t'envoyons ces mots, ces brigades désemparées et éparses."(Stefansson, "Entre terre et ciel") 




mardi 22 juin 2010

Chute de l'Empire

                                               Photo prise hier soir, près de la maison.

P. - Vous rendez-vous compte, docteur Seldon, que vous parlez d'un Empire qui existe depuis douze mille ans, qui a victorieusement subit le passage des générations et qui a derrière lui la confiance et le dévouement d'un quintillion d'humains?
S. - Je suis parfaitement conscient aussi bien du passé que de la situation présente de l'Empire. Sans vouloir blesser personne, je prétends connaître mieux la question que n'importe lequel d'entre vous.
P. - Et vous prédisez sa ruine?
S. - C'est une prédiction qui se fonde sur les mathématiques. Je ne porte pas de jugement moral. Je regrette, pour ma part, cette éventualité. Même si l'on critique l'Empire (ce que je ne fais pas), l'état d'anarchie qui suivrait sa chute serait pire encore. Mais la chute d'un empire, messieurs, est un évènement de poids et qu'il n'est pas facile d'éviter. Elle est due au développement de la bureaucratie, à la disparition de l'esprit d'initiative, au durcissement du régime des castes... à cent autres causes. Le phénomène s'amorce, comme je vous l'ai dit, depuis des centaines d'années et c'est un mouvement d'une ampleur trop considérable pour qu'on puisse le freiner.
P. - N'est-il pas évident aux yeux de tous que l'Empire n'a jamais été aussi fort?
S.- Cette force n'est qu'apparente. On pourrait croire que l'Empire est éternel. Et pourtant, monsieur le Procureur, jusqu'au jour où la tempête le fend en deux, le tronc d'arbre pourri a toutes les apparences de la santé. L'ouragan souffle dès maintenant à travers les branches de l'Empire. Écoutez avec les oreilles de la psychohistoire, et vous percevrez les premiers craquements.

(Fondation, d'Isaac Asimov)

lundi 21 juin 2010

Un bon dimanche

Dimanche passé avec de bons amis, à discuter livres, écrivains, cinéma, foot et saucisson. Dimanche passé en bonne compagnie, à rire et à vivre tout simplement. A évaluer la réussite de la mousse au chocolat, à piocher dans tous les gâteaux de la bonne pâtisserie (merci XP!), à s'inquiéter des saucisses du barbecue, à sortir quelques bouteilles de vin, à rassurer les enfants devant le gros chien.
Les enfants, il en a été question, encore et toujours : Didier soutiendra avec à propos que l'enfant qui joue, toujours le plus sérieusement du monde, ne cherche qu'à vouloir imiter l'adulte et à grandir... Que les adultes ont la chance d'être vraiment les seuls capables d'émerveillement puisque justement ils sont sortis du stade de l'enfance où il y a tout à connaître et où il n'y pas le temps de s'extasier devant une rose ou un ciel bleu. Pour l'enfant, une fleur est une fleur... Pour l'adulte, une fleur peut-être un monde.
Ne pas regretter de ne plus être enfant. Regretter simplement, souvent, de ne pas réussir à devenir un homme véritable.
Un bon dimanche, en vérité.

dimanche 20 juin 2010

Un bon père

"Ah! ouvre-la! qu'il dit enfin. Va ça ne fait rien!" Tout de suite à l'envers du couvercle était collée une photo d'une petite fille.
(...)
J'imaginais tout de suite qu'il s'agissait d'un enfant, à lui, dont il avait évité de me parler jusque-là. Je n'en demandais pas davantage, mais je l'entendais derrière mon dos qui essayait de me raconter quelque chose au sujet de cette photo, avec une drôle de voix que je ne lui connaissais pas encore.
(...)
"C'est rien! l'entendis-je enfin. C'est la fille de mon frère... Ils sont morts tous les deux...
- Ses parents?...
- Oui, ses parents...
- Qui l'élève alors maintenant? Ta mère? que je demandai moi, comme ça, pour manifester de l'intérêt.
- Ma mère, je l'ai plus non plus...
- Qui alors?
- Eh bien moi!"
Il ricanait, cramoisi Alcide, comme s'il venait de faire quelque chose de pas convenable du tout. Il se reprit hâtif :
"C'est-à-dire je vais t'expliquer... Je la fais élever à Bordeaux chez les Sœurs... Mais pas des Sœurs pour les pauvres, tu me comprends hein!... Chez les Sœurs "bien"... Puisque c'est moi qui m'en occupe, alors tu peux être tranquille. Je veux que rien lui manque! Ginette qu'elle s'appelle... C'est une gentille petite fille... Comme sa mère d'ailleurs.... Elle m'écrit, elle fait des progrès, seulement, tu sais, les pensions comme ça, c'est cher... Surtout que maintenant elle a dix ans... Je voudrais qu'elle apprenne le piano en même temps... Qu'est-ce que t'en dis toi du piano?... C'est bien le piano, hein, pour les filles?... Tu crois pas?... Et l'anglais? C'est utile l'anglais aussi?... Tu sais l'anglais?...
Je me mis à le regarder de bien plus près Alcide, à mesure qu'il s'avouait la faute de ne pas être assez généreux, avec sa petite moustache cosmétique, ses sourcils d'excentrique, sa peau calcinée. Pudique Alcide! Comme il avait dû en faire des économies sur sa solde étriquée... sur ses primes faméliques et sur son minuscule commerce clandestin... pendant des mois, des années, dans cet infernal Topo!... Je ne savais pas quoi lui répondre, moi, je n'étais pas très compétent, mais il me dépassait tellement par le cœur que j'en devins tout rouge... A côté d'Alcide, rien qu'un mufle impuissant moi, épais, et vain j'étais... Y avait pas à chiquer. C'était net.
Je n'osais plus lui parler, je m'en sentais soudain énormément indigne de lui parler. Moi qui hier encore le négligeais et même le méprisais un peu, Alcide.
(...)
Évidemment Alcide évoluait dans le sublime à son aise et pour ainsi dire familièrement, il tutoyait les anges, ce garçon, et il n'avait l'air de rien. Il avait offert sans presque s'en douter à une petite fille vaguement parente des années de torture, l'annihilement de sa pauvre vie dans cette monotonie torride, sans conditions, sans marchandage, sans intérêt que celui de son bon cœur. Il offrait à cette petite lointaine assez de tendresse pour refaire un monde entier et cela ne se voyait pas.
Il s'endormit d'un coup à la lueur de la bougie. Je finis par me relever pour bien regarder ses traits à la lumière. Il dormait comme tout le monde. Il avait l'air bien ordinaire.ça serait pourtant pas si bête s'il y avait quelque chose pour distinguer les bons des méchants."
(Dans "Voyage au bout de la nuit", de Céline)

Lire aussi, pour la fête des pères, ce texte.

samedi 19 juin 2010

Nouvelles lectures sur le net

Lectures de réflexion: 

La loi naturelle doit inspirer les lois par Benoit XVI à propos de St Thomas d'Aquin : " Pour l'avenir de la société et pour le développement d'une saine démocratie, il est donc urgent de redécouvrir l'existence de valeurs humaines et morales essentielles et originelles,..."

Libéralisme et philosophie par Alain Laurent :"... : plus on vit et plus on veut vivre à juste titre dans une société libéralisée où il y a de plus en plus de libertés individuelles, et plus il faut être impitoyable avec tout ce qui viole le principe constitutif d’une société de libertés, à savoir le respect intégral du droit d’autrui, du droit des autres. Or, c’est évidemment l’inverse qui se passe actuellement où l’on pense que ça n’est pas si grave que cela de violer le droit des autres. Moi je prétends l’inverse et je le prétends en tant que libéral : une société libérale ne peut subsister, se développer, reconnaître de plus en plus d’accès aux libertés ou à la liberté individuelle qu’à la condition que tout ce qui transgresse la liberté individuelle des autres soit sanctionnée de façon, j’insiste et j’assume, impitoyable."

Une amie m'écrit par Lounès Darbois Beaumont : "De quoi crevez-vous ? Pourquoi étouffez-vous à Paris ? Peut être, je dis bien peut être, parce que ce que je pense moi n’est pas forcément valable pour les autres… Eh bien peut être étouffe-t-on d’avoir adopté un mode de vie qui n’est pas le bon. Les sorties, l’espoir de la « grande vie parisienne », le shopping, l’argent dépensé en pure perte dans des inepties… Tout cela laisse peu de place à deux questions primordiales : Que fais-je sur Terre, et que vais-je laisser après moi ?"

Pas une question de vie ou de mort... bien plus que cela par Kid A : "Il y a toute une lecture de l’histoire dans le football. Les équipes jouant le jeu qui les caractérise, un rital restant un rital et un boche restant un boche, ce sont les âmes des peuples qui s’entrechoquent tous les deux ans, il ne s’agit pas juste de regarder des mecs en short courir après un morceau de cuir mais de voir une expression du monde, des fratries, des chants dans les stades anglais, des scandales, des passions, du sang, de la sueur et des larmes. Il y a mon père qui me raconte cette soirée qu’il a passé collé à une vieille radio pour écouter le match du Bayern quand il avait douze ans."


 J'avais dit dans un commentaire avoir "raté" 3 hérons en photo. Mais il se trouve que hier, j'ai retrouvé mes sympathiques oiseaux de passage chez nous. Et j'en ai chopé 4!! Avec un tout petit appareil pas très performant, et des oiseaux très craintifs...
Mais la photo du siècle que j'ai ratée, c'est celle de ce soir, en voiture, j'ai croisé deux petits renardeaux qui batifolaient sur la route, sans craindre encore le danger que représentent les voitures ... Ils jouaient, je me suis arrêtée pour les regarder et nous nous sommes longuement observés mutuellement, leurs yeux luisants dans la lueur des phares. Puis, ils se sont enfoncés dans les buissons.Chouette rencontre. 
Mais où était la mère?!


Belles lectures : 

Journée de printemps par XP : "Je  lui ai donné cent euros enveloppés dans du papier à fleurs… je sais qu’une personne  délicate et nantie d’un radar peut mal prendre le cadeau qui  reflète d’abord  les goûts de celui qui offre, qu’il pourrait  être l’occasion pour elle d’affiner sa sensibilité jusqu’à mûrir dans la solitude la conviction qu’elle n’est rien, à ses yeux, qu’il se moque, qu’il n’a jamais fait un cadeau qu’à  une chimère sortie de son imagination, qu’il a rayé son visage  pour afficher celui de la bête"

Quelques instants par Eisangélie : "Les trois souffrants étaient maintenant liés par le contact de leur peau et la douleur en sembla presque suspendue. Ils n’étaient plus trois individus mais une entité plus grande, gigantesque, qui irradiait sa puissance dans la pièce désormais entièrement emplie de l’amour véritable, celui qui ne calcule pas, qui ne demande rien et n’espère pas plus."

vendredi 18 juin 2010

Pauvre d'amour et d'espérance éternelle



"Pauvre, tu l'es en réalité, et pauvre de tout bien : pauvre d'amour, pauvre de bonté, pauvre de confiance en Dieu, pauvre d'espérance éternelle." (Saint Basile de Césarée)

Parfois j'ai le sentiment de vivre au milieu d'un immense écho où tous les sentiments humains se répondent, dans un bruit inouï mais sans s'écouter les uns les autres. J'entends tout mais je suis seule au milieu des gens qui ne me voient pas. J'essaie d'accrocher une main, un bras, d'essayer de lui dire : j'ai entendu ton cri, j'ai compris, mais la personne me regarde avec des yeux morts et se détache avec horreur de moi, comme si j'étais un monstre. Alors je retourne dans mon coin. Je dois, en réalité, ressembler à une araignée qui attire dans sa toile de pauvres victimes. Je suis un monstre effectivement, et très affamé. Mais il n'y a rien à manger dans ce monde-ci, rien du tout. Je veux tout l'amour du monde et il n'y a rien.

jeudi 17 juin 2010

Libéralisme et justice pénale par Alain Laurent

Le compte-rendu intégral, partie Alain Laurent, chez Nicomaque

Ou ici

Plan de la conférence :

A/ La philosophie pénale : un sujet omis par les libéraux.

B/ Deux philosophes qui ont énoncé des principes libéraux à propos de la justice : Kant et Locke.

C/ Le retournement des valeurs.
1-constat : forfaiture de la justice institutionnelle
2-un retournement de valeurs en faveur du criminel contre les vraies victimes
3-conclusion : la banalisation du crime

D/ La culture de l'excuse et une vraie philosophie pénale libérale
1-le criminel devient une victime, la légitime défense devient un crime
2-qu'est-ce qu'un criminel?

E/ La philosophie pénale à partir de principes libéraux
1-Déviance du principe utilitariste appliqué à la justice
2-le principe libéral de la dureté de la peine
3-tendance à l'abolition de l'incarcération
4-conclusion : nécessité de réaffirmer certains principes de justice par les libéraux

mardi 15 juin 2010

Retard de langage ; chat de ville et mouflets des champs

Mon chat était mal en point ces jours-ci, tout pelé, tout boursouflé, tout pas beau. Je l'emmène chez mon vétérinaire, le docteur Van Hopital (c'est presque ça, il est flamand, les enfants le surnomment ainsi) en voiture ce matin, en même temps que la horde pour l'école, son panier ne fermait pas très bien et j'avais très peur qu'il ne jaillisse de sa boite comme un diable noir en plein virage stratégique. Bon, tout s'est bien passé, j'ai déposé le chat  non les enfants à l'école et les enfants non le chat chez le véto.
Le soir, je devais le récupérer, nous étions cinq dans le cabinet médical, moi et mes 4 Pieds Nickelés : Basile, Grégoire, Rémi et Pierre.
Le vétérinaire nous a expliqué que notre chat fait des allergies de printemps d'où son état lamentable.

Dialogue avec les petits :

Grégoire : "Zallerzique"? Mais c'est quoi comme maladie "Zallerzique"?
Le docteur lui explique, les allergies, le pollen, les puces, on sait pas trop...
Basile : "rhaa. Mais le chat il dort dans l'herbe!! comment y va faire s'il est zallerzique aux fleurs? "
Pierre : "c'est y pas les roses de maman??? "
Moi : "Mais non voyons! Mes roses!! "
Le docteur diplomate : "vous savez les enfants, ce sont les petits soucis de la campagne, mais si votre chat vivait en appartement, il aurait d'autres problèmes... "

Là, les 4 mouflets le regardent bizarrement : ils ne savent pas trop ce qu'est un appartement et je me sauve avec la horde avant qu'ils ne posent la question :
"Appartement? C'est quoi comme maladie ça, un appartement?!"

lundi 14 juin 2010

"Ta foi t'a sauvé"

"Frères, nous le savons bien, ce n’est pas en observant la loi que l’homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus Christ "(St Paul)

" Nombreuses sont mes dettes et dépassant tout chiffre,
cependant elles ne sont pas si étonnantes que ta miséricorde.
Multiples sont mes péchés,
mais ils sont toujours moindres, comparés à ton pardon..."(
Grégoire de Narek (v. 944-v. 1010), moine et poète arménien)

David couvait du regard sa nouvelle épouse, veuve d'Ourias le Hittite
Il avait réussi à éliminer le mari gênant dont il convoitait la femme.
Il avait fait assassiner le bon et fidèle soldat, machination infâme
Pour un grand roi aveuglé de passion, au cœur plein de vermine.

Nathan entra sans façon dans l'appartement royal, lui le prophète
Envoyé par le Dieu tout-puissant (qui avait désigné, et consacré
Le jeune berger, lui avait transmis sa force et toute sa sagesse)
Pour lui signifier de quel châtiment le Seigneur allait le frapper.

"Tu as désiré la femme d'un de tes serviteurs les plus loyaux,
Tu l'as prise, et possédée, tu as conçu en son sein un enfant
Tu as trahi et tué le mari, tu as brisé un couple, un anneau
Sacré... Aveuglé, tu t'enfonces et te vautres dans la fange.

Oh Mon roi! Ton Seigneur et ton Dieu s'apprête à frapper
Il va te détruire comme tu as tué! Par sa main, avec l'épée
De sa colère tu mourras si tu ne te repends pas de ta faute!
Vois de quel démon, de quel enfer ton âme est l'hôte!"

David tourna son regard flamboyant de colère vers l'homme
Minuscule à la voix forte et douce qui lui faisait face sans crainte
Décidé à faire taire ce qui frappait sa conscience soudain
A genoux, il vit Nathan plein de respect, désolé et atone.

A son tour, lentement il s'écroula, lui le plus grand des rois
L'oint de Dieu, choisi parmi tous les frères de sa  lignée
"Qu'ai-je fait? J'ai péché contre le ciel et contre toi
Oh Mon Dieu! Je suis perdu! Prends ma vie, voici l'épée!

Rien ne peut justifier ce que j'ai commis, le rapt et le crime
Et le nouveau-né à venir de la plus grande de mes traitrises.
J'étais le bien aimé de mon Seigneur ajouta t-il d'une voix
Sourde. Je suis désormais le maudit, le traitre, le hors la loi.

Dieu se pencha alors vers sa créature pécheresse et posa sa main
Douce et divine sur sa nuque. "L'homme ne peut vivre selon ma Loi
Cela lui est impossible, c'est par son amour brûlant, c'est par sa Foi
Qu'il peut s'extraire du péché. Tes regrets éperdus  ne sont pas vains

Je les attendais depuis toujours, je voulais t'amener à goûter mon amour
Je voulais te relever, te consoler, je voulais consolider ma fragile créature
Fortifier ses faiblesses, l'embellir, la grandir, la purifier pour toujours
Je voulais que tu chutes pour te guérir à jamais de toutes tes blessures

Avec la grâce de Dieu, le Christ en toi, tu rachèteras ta vie, tes forfaitures.
Avec l'amour de Dieu, le Christ en Croix, tu seras dans le refuge le plus sûr.

samedi 12 juin 2010

De l'amour conjugal



"Notre amour est puissant, imprenable, cerné de barbelés et de mines. Il est exempt de mollesse, de tendresse, et de toute forme de compassion pour les souffrances de l'autre. Nous ne perdons jamais de vue nos égos réciproques, ni nos intérêts protagonistes. Notre amour est une forme particulière de haine. Il est naturel de haïr son conjoint, de comploter contre lui en son for intérieur, d'échafauder des stratégies, de chercher à le faire tomber dans des embuscades, des pièges, dans l'espoir d'entendre ses os craquer, ses cris, ses remords de vous avoir nui.
- De s'être imaginé sans vous dans un rêve.
Nous nous haïssons chaque jour davantage, la haine nettoie notre amour, et le purifie des scories du quotidien. A ce prix, nous échappons à l'ennui, et à la neurasthénie qui rongent les couples affectueux. Nous croisant dans un cocktail, vous serez surpris d'être à ce point trempés des pieds à la tête, tant nous vous aurons aspergé de notre félicité."
( Régis Jauffret, "Microfictions")

vendredi 11 juin 2010

Quelques lectures sur le net

 Des sujets de réflexion :

XP  sur Christine Boutin  : "Or, se défendre dans un procès en immoralité ou en illégitimité en faisant savoir que la loi permet de faire ce que l’on fait, c’est dire en substance à ses contempteurs ce que je fais est mal du point de vue des principes, mais j’en ai rien à foutre des principes, attitude particulièrement scandaleuse quand elle est celle d’une Boutin, soit d’une dame qui s’est taillée une place sur l’échiquier politique en s’autoproclamant la gardienne et la représentante d’un certain nombre de principes."

Nicolas sur l'euro, le FN et Don Juan : "Et l’or a un avantage énorme : l’Etat ne peut pas, même s’il le voulait, même s’il le décrétait, même après un vote solennel des deux assemblées, même au nom de la conscience universelle, des Droits de l’Homme et de toutes les autres conneries du même ordre, l’État ne peut pas imprimer d’or pour financer ses dépenses sur le dos des autres. Ni se livrer à des opérations complexes qui reviendraient au même."

La crise du libéralisme par Vae Victis : "Il y a bien une critique du libéralisme à faire, moins dans sa dimension économique que dans sa dimension politique. Comment peut-on se dire libéral et approuver le suffrage universel ? Comment peut-on se dire libéral et accepter l’immigration de populations sous-développées, et par nature socialistes, puisque incapables de subvenir à leurs besoins par elles-mêmes ?"

Un texte d'Alibékov , "CAFricains", qui devrait réveiller normalement les morts-vivants que nous sommes. Le début éloquent :
"Avant toute chose, souhaitons la bienvenue à Abiba qui débarque du Cameroun avec un visa touristique obtenu grâce à son mari par un astucieux dessous de table. Abiba prévoit de rester en France pour accoucher, et compte sur la bienveillance du pays pour lui permettre d’obtenir une régularisation grâce à son enfant. Dans un ou deux ans après quelques déménagement à l’hôtel, la petite famille obtiendra des services sociaux un logement pour « mère célibataire » et un job lui permettant de participer au loyer. Ces précieux conseils ont été prodigués par sa tante qui réside en France depuis cinq ans, qui a elle même reçu ces conseils d’une cousine qui réside en France depuis dix ans."

Un point sur les élections aux Pays-Bas, la percée du parti de Geert Wilders et du parti libéral  : "Le parti de la liberté de Geert Wilders se hisse en troisième position avec 24 sièges,(...)le parti de Geert Wilders pourrait être incontournable dans les tractations à venir car le résultat des élections est très serré. Avec 31 élus le Parti libéral (VVD) devance légèrement le Parti travailliste (PvdA) néerlandais avec 30 élus. Quant au Parti chrétien-démocrate de l'actuel Premier ministre Jan Peter Balkenende il arrive en quatrième place avec 21 sièges contre 41 en 2006."





Quelques belles lectures sur Ilys ou ailleurs :

La main coupée par XP

"... je ne comprends rien du commerce qui lie les hommes entre eux, fait les couples, tisse des liens sacrés entre le père et le fils, le camarade et le camarade.
Je n’arrive pas à concevoir qu’à certains moments choisis par le ciel, je peux ressentir un amour intense, en faire part, et découvrir dans la foulée que l’autre ne fût pas touché, qu’il s’est forcé, que nous n’étions alors que deux solitaires faisant dans la comédie."


Elle par Lounès Darbois-Beaumont

"Petit chat aux yeux bleus vous êtes bien jolie, voici caresses et jeux serez-vous mon amie ?  Quand elle parle anglais elle est américaine mais quand elle parle français voilà qu’elle a un accent et des tournures de phrases d’un autre âge... Je pense vaguement comme ça que les « Filles du Roy » venaient toutes de régions au nord de la Loire... Je pense à la Loire, à Blois à tout ça... Rêvasseries... que le véritable génie français s’accomplit lorsqu’il essaime sa beauté singulière dans le monde... En comparaison de son génie, la France essaime trop peu. Il faut des Dantec, des Montcalm des Alexandre Yersin, des La Bourdonnais, des Marcel Bigeard. Il faut des pères français pour le monde. Il faut des pères. « Il faut »... J’ai envie de gueuler ça, lyrique..."

Rick Rollé (Journal) par Jim Burke : "Les blagues racistes sont drôles; le gros qu'on voit s'agiter sur la vidéo ne l'est pas.
Il est donc scientifiquement impossible qu'il soit raciste.
" 



Dans l'Église Catholique : 

Assassinat de Monseigneur Padovese en Turquie

Fête du Sacré Cœur de Jésus
Livre d'Ezéchiel 34,11-16.
"Parole du Seigneur Dieu : Maintenant, j’irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j'irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de brouillard et d'obscurité. "

mardi 8 juin 2010

Mauvaise conduite, deuxième partie

 "Bon sang qu’est-ce que j’ai mal à la main droite... ça avait pourtant bien commencé."(Lounès Darbois-Beaumont)


Sur une ligne droite, tortillard de voitures qui convergent vers la ville, j'arrive assez vite, décide de doubler la première de la série, pour le "fun" dirait mon grand, car l'utilité est nulle, je ne suis pas en retard, et je ne pourrai pas doubler toute la file.
La voiture, une grosse allemande, accélère. Elle ne veut pas me laisser passer.
J'accélère aussi. Je ne veux pas céder.
Un camion arrive en face.Bon.Je ne cède toujours pas.
Je veux le doubler, cet abruti, ma colère a acquis un point de non-retour,en un clin d'œil, d'un coup,elle est calme, glaciale, elle est parfaitement contrôlée mais elle est. Et il n'y a qu'elle, il n'y a plus qu'elle, je suis colère, elle a tout envahi chez moi. Tu veux jouer au plus con?! Tu me cherches? Tu vas me trouver! Et jusqu'au bout. 

Le type à l'allemande cède le premier, à cause de la file de voitures qui lui arrive dans le nez. Je double, le camion est encore loin, j'ai de la marge. Mon fils m'engueule : "Maman! C'est pas sérieux!Tous ces risques pour rien!" Il n'a pas tort, et la tension commence à refluer, je sens que l'adrénaline envahit tout mon corps, j'ai l'estomac qui se serre, j'ai une main qui tremble, je déteste positivement ces sensations, je les ai en horreur. La victoire a un goût de bile.

Mon immaturité me pèse plus que tout, mon inconscience me fait peur. La facilité avec laquelle je cède à un mouvement passionnel m'accable.Il n'y a aucune gloire à tirer de ces faits, je repense au suicidé, d'une certaine façon j'ai eu ce type de conduite suicidaire, irresponsable, la prière, valait mieux la faire pour moi que pour lui. C'est moi qui en avait besoin.

Je me demande si un jour je serai vraiment adulte.






Mauvaise conduite, première partie

Ce texte et sa suite sont directement inspirés de ce texte-ci de Kid A et de cet autre.

"Nous pensons, en d'autres termes, qu'il y a une unité de l'esprit humain; que le langage de la musique n'est pas irrémédiablement coupé du logos, qu'elle est elle-même un logos." (Philippe Nemo, "Le chemin de musique")

Ce matin, conduite en bétaillère, comme tous les jours. J'ai eu le temps pour une fois de prendre mon café, le soleil brille, les jumeaux sont prêts, ils comptent leurs billes sur le pas de la porte. Pierre joue avec son ballon de basket tout neuf dehors.Rémi, mon doux Rémi, panique : il n'a plus de colle! Marie-Liesse intervient et dégotte un vieux tube qui fera l'affaire.En voituuure! ai-je déjà crié deux-trois fois. Je lance le moteur et j'entends un bruit de cavalcade dans les graviers, une pause dans les fraises et rebelote, la horde prend d'assaut le véhicule...

Tout le monde est installé et bien ficelé, j'essaie de veiller  à quelques règles élémentaires. Les billes sont rangées, sinon elles roulent sous les pédales, c'est arrivé. Pierre sort son bouquin, je lui enjoins de réviser plutôt son contrôle d'histoire.
Nous prions en voiture, toujours, aujourd'hui à une intention un peu particulière : le suicide d'un père de famille, cinq enfants. Difficile la prière. Difficile... Évoquer le manque de responsabilité de ce père indigne? Qui abandonne ses enfants, une femme? Lui trouver des excuses? Il y en a toujours bien sûr, "il est plus difficile de vivre que de mourir". Je décide de ne plus penser à cela, il y a des vertiges, au bord de certains gouffres, qui me prennent trop vite, trop bien.

Après la récitation des tables de multiplications, après quelques questions pratiques à résoudre, je mets un peu de musique. Alphaville, "A victory of love", nous arrivons en forêt... Au premier crescendo, je double parfaitement une petite voiture, la musique s'accélère, et la bétaillère aussi, merveilleuse coordination, pas de danse réussi qui me met en joie. J'ai des bonheurs simples, comme on dit : un geste parfait fait partie de ces bonheurs.Elles sont rares ces perfections éphémères, elles ont le goût de l'horizon pour une fois atteint...
La musique en voiture me permet souvent de passer divers paliers, d'un coup, comme lorsque vous êtes en planeur, vous suivez un nouveau courant d'air, qui vous fait monter ou changer de direction.La conjonction voiture-musique suscite la réunification exceptionnelle corps(physique)-esprit(sens)-cœur(émotion) qui vous fait prendre conscience de façon unique et plénière que vous êtes vivant.Et humain.














Libéralisme et justice, par Alain Laurent

Dernière conférence de Alain Laurent, Jeudi 10 juin à 19h.

"Le droit pénal est l'une des clés de voûte d'une société de liberté. Tout ne tient qu'à condition que le droit individuel de vivre en sûreté ne soit violé par quiconque et pas seulement par l'Etat. Toutefois, les libéraux demeurent singulièrement timides ou muets au sujet des principes qui doivent fonder la philosophie pénale libérale et les applications qui en découlent."

Suite et détails pratiques chez Nicomaque.

lundi 7 juin 2010

Fermeture réclamée pour la petite école hors contrat de Bordeaux.

La suite attendue et très grave de l'histoire des infiltrés dans une petite école hors contrat de Bordeaux : elle est sommée de fermer à la rentrée prochaine.

Une des raisons invoquées est hallucinante de mauvaise foi : "C'est cette référence au socle qui fonde, sans le dire, la décision du recteur de Bordeaux. "L'enseignement de l'histoire s'effectuait sans document, sans étude critique des sources, sans aucune démarche scientifique, constate André Mercier. Impossible dans ces conditions de former les jeunes à l'esprit critique et au raisonnement logique".

Quand je vois ce que l'on enseigne  à mes enfants, avec un militantisme appuyé, des partis pris détestables et absolus, en dépit de toute règle déontologique et en dépit de tout esprit critique justement, dans les établissements sous contrat, on croit rêver avec ce type d'excuse trouvée pour fermer une école...

Désormais, toutes ces petites écoles seront la cible de ces membres d'un Politburo d'un nouveau genre, elles seront infiltrées, clouées au pilori et sommées de fermer.
Parents, rejoignez les rangs du politiquement correct, de la Pensée Unique, vous n'avez plus le choix.

dimanche 6 juin 2010

6 juin 1944 : "Devant moi se trouvent les hommes qui ont fait cela"

"Les meilleures choses de la vie s'achètent autrement qu'avec de l'argent, ce qui est vrai. Les meilleures choses de notre existence sont hors de portée de l'argent. Elles se paient par la souffrance, l'effort... et par le prix suprême demandé pour toute chose dans la vie : la vie elle-même, tarif ultime pour la valeur sublime."
(Robert A. Heinlein, "Étoiles, garde à vous!")




Dimanche de la Fête-Dieu




 Rendez-Vous

Aujourd’hui, c’est dimanche et j’ai un rendez-vous
Très spécial, avec mon Amoureux préféré, mon unique.
De la semaine, à dire vrai, je ne l’ai pas quitté du tout
Mais voilà, le dimanche, il s’agit d’une étrange alchimie.

Un Mystère immense, Mon Seigneur s’en vient paré
De gloire et de beauté, un Prince au milieu de son armée
D’anges et de saints, Il s’en vient jusqu’à moi qui l’attendait
Pour moi, rien que pour moi, des paroles murmurées

Il s’avance et se penche, ne le voyez-vous pas ?
C’est Lui, c’est bien Lui, je le reconnais entre mille
Je tends le cou, lui souris, fais le signe de la croix,
A son tour, Il me voit, oh! Mon Dieu et ma vie.

Un Mystère immense, Mon Seigneur s’en vient paré,
De gloire et de beauté, dans la blanche Hostie consacrée,
Dans le Calice exposé, Il s’en vient jusqu’à moi qui l’attendait,
Pour moi, rien que pour moi, dans ma bouche et mon cœur déposé.

Rencontre particulière que notre Dieu dans sa sagesse
Infinie et son amour tout puissant a imaginé un jour.
Dans son éternité, Il a créé, le ciel, la terre, tout l’univers
Pour moi, pour nous deux, préparé ce seul rendez-vous.




Saint Thomas d'Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l'Église
Prières
« Le pain des anges, le pain de l'homme en route, le vrai pain des enfants de Dieu » (Séquence de la fête)


      Dieu tout-puissant et éternel, voici que je m'approche du sacrement de ton Fils unique notre Seigneur Jésus Christ. Malade, je viens au médecin dont dépend ma vie ; souillé, à la source de la miséricorde ; aveugle, au foyer de la lumière éternelle ; pauvre et dépourvu de tout, au maître du ciel et de la terre.

      J'implore donc ton immense, ton inépuisable générosité, afin que tu daignes guérir mes infirmités, laver mes souillures, illuminer mon aveuglement, combler mon indigence, couvrir ma nudité ; et qu'ainsi je puisse recevoir le pain des anges (Ps 77,25), le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs (1Tm 6,15), avec tout le respect et l'humilité, toute la contrition et la dévotion, toute la pureté et la foi, toute la fermeté de propos et la droiture d'intention que requiert le salut de mon âme.

      Donne-moi, je t'en prie, de ne pas recevoir simplement le sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, mais bien toute la force et l'efficacité du sacrement. Dieu plein de douceur, donne-moi de si bien recevoir le Corps de ton Fils unique, notre Seigneur Jésus Christ, ce corps matériel qu'il a reçu de la Vierge Marie, que je mérite d'être incorporé à son Corps mystique et compté parmi ses membres.

      Père plein d'amour, accorde-moi que ce Fils bien-aimé que je m'apprête à recevoir maintenant sous le voile qui convient à mon état de voyageur, je puisse un jour le contempler à visage découvert et pour l'éternité, lui qui, étant Dieu, vit et règne avec toi dans l'unité du Saint Esprit dans les siècles des siècles. Amen.

vendredi 4 juin 2010

Une bonne mère

- Maman! Je vais avoir 18 ans. Je vais donc pouvoir m'engager sans votre consentement à la Légion...Vous ne me reverrez pas durant trois ans...Je partirai sans doute en Afghanistan...Je mourrai les armes à la main...
- Trois années, tu es sûr?
- Ouais, je sais ça va super-dur pour vous...
- Trois années...oh le pied!!
- ???
- Je te promets que ton enterrement sera grandiose et que je pleurerai.

(Je précise pour les âmes sensibles que ce dialogue a réellement eu lieu et que mon fiston a éclaté de rire à la fin)

jeudi 3 juin 2010

Les aventures d'Iron Man et de Miss Pepper : "le Complot maléfique"


 Tout rapprochement avec des personnes de la vie réelle ou virtuelle ou avec un site appelé Ilys est évidemment à exclure; ces délires sont d'une personne que je ne connais pas personnellement, qui se fait appeler "Miss Pepper" et je la laisse volontiers écrire sur ce petit blog de daube parce que  : 
1/ Elle me fait rire
2/ Elle me fait des cadeaux en caramels mous au beurre salé de Guérande pour écrire. Et non pas en "herbes" diverses comme le supposait Nebo.
3/ Ces caramels constituent l'essentiel de mon cerveau, donc j'en ai besoin pour vivre.


                                                                                    Iron Man nouvelle version

Iron Man accueille ses compagnons d’armes avec moult poignées de main viriles et claques dans le dos non moins énergiques. (Vae Victis est une fois de plus absent : pour survivre, il donne des cours de libéralisme, une science occulte dont il détient quelques subtiles recettes, à une mère de famille et ses enfants, Madame Crevette, et cette dernière est si enthousiaste qu'elle tente de convertir à ces principes libéraux tous les premiers péquenots rencontrés mais elle n'a pas le génie du professeur VV alors elle apprend par coeur le texte, c'est plus sûr...)
Miss Pepper  s’empresse de servir un café à tous ces héros de l’ombre. Elle jette un coup d’œil plein de désapprobation à Lounès et Kid A qui font passer dans la noble assemblée quelques photos de charme et reprend des mains de Nicolas Moneypenny qui en roucoule de désespoir. Eugène et Il Sorpasso sirotent leur « Nespressowhatelse? »

Iron man, après avoir bruyamment avalé une gorgée du breuvage chaud-bouillant (« Miss Pepper décidément ! Votre aventure avec Mustapha vous a tourné la tête ! Ne connaissez-vous point l’adage : « Café bouillu café foutu » ?! – Mais non, Patron, c’est votre marque préférée : « Lesheureslesplussombresdenotrehistoire », un café assez corsé ! ») se tourne vers ses camarades :

« Messieurs, l’heure est grave ! Il y a un traître parmi nous ! »

Eugène laisse tomber sa lime à ongles, il Sorpasso arrête en pleine mèche son peigne, (Imaginez le Sorpasso en Fonzi de la série télé  « Happy Days )  Nicolas serre convulsivement sa clé de pipe, Lounès serre les poings, et Kid A serre (pff…c’est pénible toute ces descriptions de stupeur pantelante! J’ai à mes côtés un petit pot de confiture de lait au sel de Guérande et j’en dévore quelques cuillerées à la fin de chaque phrase. Alors, tous ces trucs à rallonge c’est casse-pied, je peux pas manger !)

- « Qui oserait ?! S’exclame Miss Pepper toute ébouriffée.  Et pourquoi ? Comment ? De qui ? De quoi ? Quis ? Quid ? Qualis ? Quantus ? Quot ? Uter ?

- Calmez-vous Miss Pepper ! demande Iron le Héros. Et il ajoute en aparté : « Elle délire en latin quand elle stresse, j’ai remarqué ça chez elle, c’est tout à fait étonnant. Un jour… »

- Plus tard, plus tard, les crises de nerfs de la vieille grogne Nicolas. Comment en es-tu arrivé à une telle conclusion, Man ?

-  C’est bien simple, hier, je volais benoîtement  en revenant de mes courses de chez l’épicier et au moment ou je tentais de déloger du milieu de mes dents un morceau de nouille Bolino coincé, ma super armure s’est mise à siffler et j’ai chuté. Quelqu’un a certainement trafiqué L’homme de fer ! Je soupçonne d’ailleurs une espèce de clochard à moitié aviné qui se tenait à l’entrée de l’épicerie… JL, il se fait appeler…

- Possible, murmure Eugène…Ou alors tu as par inadvertance appuyé sur le bouton central ( subtilement dissimulé au milieu de ton front) qui stoppe les moteurs et ceci expliquerait cela…

- Tu insinuerais, que moi, Iron Man, le plus Grand Héros de Tous les Temps, je suis incapable de gérer quelques boutons ?

- Ben si je puis me permettre, avance Miss Pepper, depuis que Nicolas a multiplié les possibilités techniques de l’armure, et depuis que Blueb. s’est amusé à colorier chaque point stratégique de cette dernière à tel point que l’on se demande si Iron Man n’est pas atteint de varicelle permanente, il est possible, Patron, que lorsque vous esquissez un geste, hé bien ce ne soit pas le bon. Comme votre orthographe : des virgules en moins et des lettres en trop.

- Bon sang ! grommelle Nicolas, tu l’as dégottée où cette sorcière, Iron ? Elle est limite insolente…

- Je me souviens plus à dire vrai… Notre rencontre date de la nuit des temps… Un jour que j’étais occupé à sauver le monde, elle est arrivé en bétaillère et a déclaré : « C’est la maintenance ». J’ai accepté ses (remarquables) services parce qu’elle a ajouté : « c’est gratuit et il y a des primes à coups de verres de Pulco citron… » Tu sais que j’ai un faible pour ce genre de boisson… 

-     Évite de parler de « boisson » lorsque tu prononces le terme de Pulco s’écrie vivement Eugène avec un frisson de dégoût ». Bon, elle n’a peut-être pas complètement tort la Pepper… Trop de technique tue la Technique. Et toutes ces couleurs, ça choque mon goût inné de la Beauté…Adhonc, Messieurs,  moi, Eugène, je déclare solennellement que, bien sûr, l'esprit de vie souffle comme par le passé et que la force vive n'est pas tarie chez le jeune Blueb. et chez les autres qui ont participé à la nouvelle esthétique de l’armure. L'enthousiasme de la jeunesse contemporaine est aussi pur et clair que de notre temps. Cependant, une chose s'est produite : un déplacement des buts, la substitution à la technique d'une autre technique. Toute la question est de savoir ce qui est plus efficace: tout plein de boutons multicolores et divers ou un ou deux choisis avec soin et simplicité ?

- Et moi je déclare, glapit Miss Pepper au comble de la surexcitation, et moi je déclare que un ou deux boutons aux délicates ombres et formats discrets sont au-dessus de la question juive qui nous turlupine, au-dessus des catholiques à babouches qui nous emmerdent, au-dessus de la jeune génération qui nous fatigue, au-dessus de la chimie, au-dessus de presque toute l'humanité, car ils sont déjà un fruit, le véritable fruit de l'humanité tout entière, et peut-être le plus sublime qu'il puisse y avoir! Ils sont la forme de la technique déjà atteinte, cette technique sans la possession de laquelle je ne consentirais peut-être pas à vivre..."*

 - Complètement Possédée la pauvre ! tempère Iron  décontenancé… Miss Pepper allez donc dans le jardin humer le parfum de vos lys et de vos roses et respirer par le nez…Ou essayez  de nous faire une mayonnaise…

- Ce qui est bien, c’est que ça enlève l’hypothèse d’un affreux Complot contre toi, le Plus Grand Héros de Tous les Temps relance Lounès avec jovialité, en levant la tête un instant de ses photos ( « C’est JMM qui me les donne Miss Pepper, il a remarqué certaines lacunes féminines, chez moi et d’autres et il est devenu notre Professeur « es femmes et charmes » attitré… Je peux vous dire qu’on rate pas un seul de ses « cours » - je n’en doute pas un instant, Lounès. Hum…Ce JMM dit « le Junior » m’a l’air parfaitement diplômé en la matière…)

- Ça va j’ai compris grogne Nicolas. Je vais retourner dans mon garage et bosser sur cette P. d’armure ! Z’êtes tous des pénibles et des attardés… Moi seul voit le Progrès, l’Avenir, le Lointain, le Vrai, le Juste et le Beau… Ouais. L’avenir me donnera raison, bande de larves, vous verrez bien. Les corps je veux dire les scores exploseront et vous me picorerez les pieds comme Moneypenny et vous me lécherez les chevilles comme mon chat.



*En italique : une reprise arrangée d’un passage des Possédés de Dostoïevski :
"- Messieurs, le dernier mot de cette affaire est le pardon général. Moi, vieillard fini, je déclare solennellement que l'esprit de vie souffle comme par le passé et que la force vive n'est pas tarie dans la jeune génération. L'enthousiasme de la jeunesse contemporaine est aussi pur et clair que de notre temps. Une chose seulement s'est produite : un déplacement des buts, la substitution à la beauté d'une autre beauté. Toute la question est de savoir ce qui est plus beau : de Shakespeare ou d'une paire de bottes, de Raphaël ou du pétrole?
(...)
- Et moi je déclare, glapit Stepan Trofinmovitch au comble de la surexcitation, et moi je déclare que Shakespeare et Raphaël sont au-dessus de l'affranchissement des paysans, au-dessus de la nationalité, au-dessus de la jeune génération, au-dessus de la chimie, au-dessus de presque toute l'humanité, car ils sont déjà un fruit, le véritable fruit de l'humanité tout entière, et peut-être le plus sublime qu'il puisse y avoir! Ils sont la forme de la beauté déjà atteinte, cette beauté sans la possession de laquelle je ne consentirais peut-être pas à vivre..."