dimanche 31 janvier 2010

Ayn Rand

Alain Laurent, Histoire de l’individualisme, Que Sais-je, PUF, 1993, p. 98-101

Paru en 1943, alors que la tendance à la social-bureaucratisation de la société et que l'économie de marché capitaliste était vilipendée par la classe politique et intellectuelle, le roman-culte de Ayn Rand, La source vive, décrit l'aventure d'un héros solitaire (un architecte) refusant avec intransigeance de sacrifier son indépendance « égoïste » de créateur au conformisme social et aux compromissions avec l'État. Archétype quasiment historique de l'individualiste farouchement déterminé à s'accomplir dans tout ce qu'il veut entreprendre sans rendre de comptes à qui que ce soit, ce personnage (Howard Roark) expose sa conception de la vie et ses griefs contre les « prédateurs » sociaux du collectivisme soft dans un plaidoyer devenu un morceau d'anthologie.

« Ce n'est pas entre le sacrifice de soi et la domination des autres qu'il s'agit de choisir — dit-il — mais entre l'indépendance et la dépendance (...) L'égotiste (est) celui qui a renoncé à se servir des hommes de quelque façon que ce soit, qui ne vit pas en fonction d'eux, qui ne fait pas des autres le moteur initial de ses actes, de ses pensés, de ses désirs, qui ne puise pas en eux la source de son énergie (...) L'homme peut être plus ou moins doué, mais un principe essentiel demeure : le degré d'indépendance à laquelle il est arrivé, son initiative personnelle (...) L'indépendance est la seule jauge avec laquelle on puisse mesurer l'homme. Ce qu'un homme fait de lui-même et par lui-même et non ce qu'il fait ou ne fait pas pour les autres (...) Le premier droit de l'homme, c'est le droit d'être lui-même. Et le premier devoir de l'homme est son devoir envers lui-même. Et le principe moral le plus sacré est de ne jamais transposer dans d'autres êtres le but même de sa vie. L'obligation morale la plus importante pour l'homme est d'accomplir ce qu'il désire faire, à condition que ce désir ne dépende pas, avant tout, des autres. »

L'immense retentissement de ce livre sur l'opinion publique ne se manifeste qu'au bout de quelques années ; il est renforcé par le succès du film que King Vidor en tire en 1949 qui contribue fortement à en populariser les thèmes individualistes.
Encouragée par cette réussite, Ayn Rand revient à la charge en 1957 en publiant un autre roman, Atlas Shrugged, de semblable inspiration mais plus axé sur la lutte de l'individu entreprenant contre le collectivisme sournois de l'État-providence. Ce second succès amène l'auteur à prendre d'un mouvement d'opinion sans doute unique dans l'histoire de l'individualisme puisqu'il revendique pour ce dernier pris sous sa forme la plus iconoclaste le privilège d'être le support de toutes les valeurs permettant aux hommes de parvenir à leur accomplissement personnel et... collectif. Les adeptes de ce mouvement sont invités à prendre conscience de ce qu'implique économiquement et politiquement leurs intérêts propres d'individus, et à s'opposer avec vigueur aux nouvelles formes de tribalisme qui tentent de les déposséder d'eux-mêmes — en particulier l'idéologie sacrificielle de l'altruisme social.
Devant l'audience croissante rencontrée par ses initiatives, Ayn Rand entreprend à partir de 1960 de longues tournées de conférences dont les textes sont rassemblés et publiés sous des titres éloquents : Capitalism, the unknown ideal (Le capitalisme, cet idéal inconnu) en 1967 et le plus « individualiste » de tous, The Virtue of selfishness ( La vertu de l'égoïsme) en 1964.

Dans ce dernier ouvrage, Ayn Rand assume avec fierté pour l'individualisme les caractéristiques qui lui sont habituellement reprochées, transformant ces « vices » en autant de vertus. Mais elle lui donne également une formulation dont le classicisme accorde une place éminente à la pleine jouissance par l'individu de ses capacités rationnelles : « L'individualisme considère l'homme — tout homme — comme une entité indépendante et souveraine possédant un droit inaliénable à sa propre vie, droit découlant de sa nature d'être rationnel. L'individualisme soutient qu'une société civilisée ou toute forme d'association, de coopération ou de coexistence pacifique entre les hommes ne peut se réaliser que sur la base de la reconnaissance des droits individuels de ses membres. »

Devenue à la fin des années soixante la figure intellectuelle emblématique de ce renouveau offensif et néolibéral de l'individualisme, Ayn Rand met en place un réseau de disciples actifs qui en diffuse largement les thèses dans les milieux universitaires, politiques et du « business ». A partir du noyau dur libertarien qui va radicaliser encore davantage l'individualisme randien, un véritable phénomène de société se développe dont les effets vont se faire ressentir tout au long des deux décennies suivantes : l'exaltation du retour au capitalisme de libre marché (free market) par les « Chicago boys » regroupés autour de Milton Friedman, l'apparition de la me-generation cultivant le retour hédoniste à soi (phénomène de si grande ampleur que ses causes débordent bien entendu l'influence du seul courant libertarien, et analysé en profondeur par Christopher Lasch en 1979 dans The culture of narcissism), la révolte populaire anti-impôts aboutissant au célèbre référendum californien de 1978, la montée du mouvement en faveur du « moins d'État » et de la déréglementation qui ouvre l'ère Reagan (lui-même pendant un temps conférencier du lobby libertarien des affaires) et entraîne la vogue des yuppies...

C'est dans le contexte intellectuellement effervescent du début des années soixante-dix qu'un professeur de philosophie de Harvard, Robert Nozick, publie Anarchie, Etat et utopie (1974) — un autre livre clé qui va à son tour devenir la référence obligée des esprits soucieux d'élaborer avec le maximum de rigueur et de cohérence les principes fondamentaux de l'individualisme libertarien. Là aussi objets d'une interprétation lockéenne, les droits naturels de propriété de soi fondant la souveraineté de l'individu sont jugés être menacés par l'extension antérieure et arbitraire de la sphère de l'État mais aussi par la « dictature démocratique » de la majorité. La logique de l'individualisme anarcholibéral de Nozick le conduit à se faire l'avocat d'un État minimal assurant seulement, dans une société contractuellement auto-organisée et assimilée à un club d'adhérents volontaires, la fonction de « veilleur de nuit » et d'agence de protection des droits naturels de conservation de soi et de propriétés des individus « séparés », « inviolables ».

Interprétation pas catholique

"-Pierre, que regardes-tu à la télé?
- oh!une vieille série, maman...
- elle s'appelle comment?
- heu...: "bottes de cuir et reblochon!"

vendredi 29 janvier 2010

Mes filles


Elisabeth










Marie-Liesse
.


Un matin, je me suis éveillée et j’ai ouvert les yeux
Une drôle de vision m’a surprise ainsi au saut du lit
Deux fées tout sourire et aux longs cheveux de feu
Me regardaient gentiment sans faire aucun bruit.

C’est ce silence qui m’a enchantée bien entendu
J’ai l’habitude de trolls agités, bruyants feu-follet
Tous mes garçons batailleurs, criards et sans-gêne
Et, là, mes deux filles, calmes, toutes belles à ma vue.

La plus jeune bientôt quinze ans et sa sœur aînée de seize
Années, elles ont grandi à l’abri dans la forteresse
Familiale, adorées de tous leurs frères, sans heurts,
Mes deux princesses lumineuses et pleines de douceur.

Elles étincellent auprès des petits toujours en manque
De câlins, de conseils saugrenus, de petits soins délicats
Elles excellent dans le tendre rôle de secondes mamans
Demeurent de naïves femme-enfant, aux chatoyants éclats

Un jour, elles partiront loin du sanctuaire qui les a vues
Naître et grandir, et rire, et remplir d’un miraculeux bonheur
Leur père et leur mère extasiés et toujours incrédules
D’avoir pu donner la vie à de si précieuses graines de fleurs.


Une guerrière

"Mieux que celle du jour, la lumière des cires découvrait le visage à travers la mousseline. Quelques heures avaient suffi pour l'apaiser, le détendre, et le cerne agrandi des paupières closes faisait comme une sorte de regard pensif. C'était encore un visage fier, certes, et même impérieux. Mais il semblait se détourner d'un adversaire longtemps bravé face à face, pour s'enfoncer peu à peu dans une méditation infinie, insondable. Comme il était déjà loin de nous, hors de notre pouvoir! Et soudain j'ai vu ses pauvres mains, croisées, ses mains très fines, très longues, plus vraiment mortes que le visage, et j'ai reconnu un petit signe, une simple égratignure que j'avais aperçue la veille, tandis qu'elle serrait le médaillon contre sa poitrine. La mince feuille de collodion y tenait encore. Je ne sais pourquoi mon cœur alors s'est brisé.Le souvenir de la lutte qu'elle avait soutenue devant moi, sous mes yeux, ce grand combat pour la vie éternelle dont elle était sortie épuisée, invaincue, m'est revenue si fort à la mémoire que j'ai pensé défaillir.Comment n'ai-je pas deviné qu'un tel jour serait sans lendemain, que nous nous étions affrontés tous les deux à l'extrême limite de ce monde invisible, au bord du gouffre de lumière? Que n'y sommes-nous tombés ensembles! "Soyez en paix", lui avais-je dit. Et elle avait reçu cette paix à genoux. Qu'elle la garde à jamais! C'est moi qui la lui ai donnée. O merveille, qu'on puisse faire ainsi présent de ce qu'on ne possède pas soi-même, ô doux miracle de nos mains vides! L'espérance qui se mourait dans mon cœur a refleuri dans le sien, l'esprit de prière que j'avais cru perdu sans retour, Dieu le lui a rendu et qui sait? en mon nom, peut-être... Qu'elle garde cela, qu'elle garde tout! Me voilà dépouillé; Seigneur, comme vous seul savez dépouiller car rien n'échappe à votre sollicitude effrayante, à votre effrayant amour."
(Journal d'un curé de campagne, Bernanos)

Asile politique aux Etats-Unis pour une famille allemande persécutée pour cause d’école à la maison

Ici : à lire avec attention.
http://www.riposte-catholique.fr/?p=1636

Le procès de Geert Wilders

 Par Guy Millière, pris ici
http://www.rebelles.info/article-geert-wilders-l-islam-et-l-avenir-de-l-europe-43852515.html

Le 20 janvier dernier s’est ouvert aux Pays-Bas, le procès de Geert Wilders. On en parle peu dans les médias en France, et lorsqu’on le fait, c’est en procédant à d’injurieuses déformations. Geert Wilders est présenté, de tous côtés ou presque, comme un homme d’extrême-droite et un raciste, donc comme un coupable, un infâme, un galeux.

La réalité est très différente. Strictement rien dans les idées de Geert Wilders ne le rattache à ce à quoi on associe en général l’extrême-droite. Rien non plus ne permet de le qualifier de raciste. Économiquement, c’est un libéral classique, adepte du libre marché et de la liberté d’entreprendre. Politiquement, c’est un adepte d’une conception lockéenne du droit et du rôle du gouvernement dans la société. À l’échelle planétaire, c’est un ami d’Israël et des États-Unis. Il préfère sans aucun doute, outre-Atlantique, le camp républicain et conservateur à la piètre équipe aujourd’hui au pouvoir, mais il n’est pas le seul, loin de là.

Wilders est – et c’est ce qu’on lui reproche en fait – inquiet de l’expansion de l’islam en Europe, désireux de mener le combat contre celle-ci et de poser des questions qui dérangent. Il considère l’islam comme imprégné d’idées totalitaires, d’appels à la violence, à l’intolérance, à la discrimination, à l’oppression des femmes et, précisément, au racisme.
Il a mené campagne sur ces thèmes et fondé à cette fin un parti politique, le Parti pour la liberté, qui est aujourd’hui la principale force politique de son pays.

Il a réalisé un court-métrage de seize minutes appelé « Fitna », largement diffusé sur le net, au sein duquel il juxtapose des phrases extraites du Coran, des déclarations de prêcheurs musulmans contemporains, et des images montrant la mise en œuvre de ce que prônent ces déclarations, par des gens qui les ont prises au sérieux : des attentats du onze septembre à l’assassinat de Theo Van Gogh…

Il demande que soient supprimés du Coran, et dénoncés par les musulmans eux-mêmes, les passages qu’il cite. Lus comme ils le sont, ces passages confirment ce que dit Wilders de l’islam. Il doit, depuis qu’il a réalisé « Fitna », vivre sous protection policière permanente. L’acte d’accusation dressé contre lui parle d’« incitation à la haine », et concerne essentiellement « Fitna ».

Je l’affirme après avoir visionné à nouveau le film : les seuls éléments d’incitation à la haine qu’on trouve dans « Fitna » sont les mots mêmes du Coran et ceux prononcés par des prêcheurs musulmans. Si ces éléments doivent être considérés comme condamnables par la justice, ce n’est pas « Fitna » et son auteur qui devraient être incriminés, mais, en bonne logique, les mots du Coran et ceux des prêcheurs.

Si l’on condamne la juxtaposition de sourates du Coran et de déclarations de prêcheurs radicaux aux images d’actes commis par des gens qui ont pris ces mots au sérieux, ce n’est pas, là non plus, « Fitna » et son auteur qui doivent être incriminés, mais, en bonne logique à nouveau, les vrais responsables des juxtapositions : les gens qui, prenant les mots au sérieux, ont mené les actions que montrent les images.

On peut débattre de l’analyse que Wilders fait de l’islam, et j’aurais personnellement des nuances à apporter et des divergences à énoncer. Mais on ne peut supprimer le débat et interdire l’analyse, pas plus qu’on ne peut nier ce qui semble indiquer des relations de cause à effet, sauf à passer d’un fonctionnement de société ouverte à un fonctionnement tout autre : celui d’une société fermée.

Le procès intenté à Geert Wilders doit être pris pour ce qu’il est : un procès politique de type pré-totalitaire
. Aujourd’hui en Europe, au-delà des Pays-Bas, progresse une volonté d’imposer le silence aux critiques de l’islam. Cette censure remet en cause, au demeurant, les principes essentiels sur lesquels repose la civilisation occidentale en ce qu’elle a de plus fécond. Des engrenages sont enclenchés qui, bien que différents des engrenages des années 1930, ont des liens de parenté avec ces derniers.

Au nom d’un pseudo « antifascisme », on permet l’avancée de pratiques effectivement fascistes et contraires à des libertés qu’il a fallu des siècles pour conquérir. Ces engrenages doivent être brisés avant qu’il ne soit trop tard… S’il n’est pas déjà trop tard !

Guy Millière pour les 4 Vérités hebdo le 28 janvier 2010

mercredi 27 janvier 2010

Tuer l'individu

- Ellsworth!... mais vous êtes...
- Fou? Vous avez peur de prononcer ce mot. Et c'est pourtant votre dernier espoir. Fou? Regardez autour de vous. Prenez un journal et lisez les manchettes. N'est-il pas en marche ce monde dont je vous parle? L'Europe n'a t-elle pas déjà succombé et ne sommes-nous pas sur le point de suivre son exemple? Tout ce que je viens de vous dire peut se résumer en un mot, le collectivisme.N'est-ce pas le dieu de notre siècle. Agir en masse, penser en masse, sentir en masse, s'unir, approuver, obéir. Diviser pour régner; au début, oui. Mais ensuite unir et diriger. Souvenez-vous de cet empereur romain qui souhaitait que l'humanité n'eût qu'une seule tête afin de pouvoir la trancher d'un seul coup. Les hommes ont ri de lui au cours des siècles, mais c'est nous qui rirons les derniers.Nous avons réalisé ce qu'il n'avait fait que rêver. Nous avons appris aux hommes à s'unir et ainsi ils n'ont plus qu'un seul cou autour duquel nous passerons une corde unique. Nous avons trouvé le mot magique : collectivisme. Regardez donc l'Europe, insensé que vous êtes! Etes-vous donc incapable d'aller par-delà les apparences jusqu'à l'essence des choses? Notre pays a fait sienne la doctrine que l'homme n'a aucun droit, que la collectivité les a tous. L'individu considéré comme un mal, la masse comme un dieu. Plus de motifs permis à nos actes autres que de servir le prolétariat. Ca c'est une version. Il en existe une autre : le citoyen n'a aucun droit, l'État les a tous. L'individu est considéré comme un mal, la nation comme un dieu. Plus d'autres motifs à nos actes que de servir la nation. Est-ce que je rêve où est-ce que ces théories ne sont pas devenues des réalités sur deux continents au moins? Observez le mouvement en tenailles. Si vous vous lassez d'une des doctrines, nous vous précipitons dans l'autre. Nous vous tenons, les issues sont bien gardées, le cycle est refermé, il se nomme collectivisme. Donnez votre âme à un conseil ou donnez-la à un dictateur, mais donnez-la, donnez-la, donnez-la! Voilà ma technique, Peter, offrir du poison comme aliment et du poison encore antidote. On peut varier dans le détail, à condition de s'en tenir aux grandes lignes. Donner aux imbéciles l'impression qu'ils sont libres, mais ne jamais perdre de vue l'objectif principal qui est de tuer toute individualité, de détruire l'âme humaine. Le reste suivra automatiquement. Pensez à l'état actuel du monde et dites-moi si vous pensez encore que je suis fou."

(La source vive, Ayn Rand)

mardi 26 janvier 2010

Le multiculturalisme : une perversion du pluralisme (ch.7 suite)

Il reste en fait fort peu d'authentiques racistes. La croisade anti-raciste s'est donc ouverte, élargie au "choc des cultures", au "racisme culturel".

Selon Alain Laurent, « est visée par là une intolérance alléguée aux autres cultures que celles de la société d'accueil. » Ces autres cultures tendront à garder leur identité culturelle propre et surtout à l'imposer institutionnellement. Le multiculturalisme apparait donc comme le complément idéologique de l'antiracisme où tout se focalise autour de l'affirmation identitaire ethno-religieuse, valorisée et célébrée. Cette affirmation identitaire devient essentielle là où dans une société ouverte elle ne devrait être en fait que secondaire.

Là où coexistaient originellement des groupes ethniques très différenciés, le multiculturel va faire valider des revendications "alterculturelles" c'est à dire la culture de l'autre. Certaines de ces revendications, en outre, ne s'accordent pas avec les valeurs d'une société ouverte.

D’où l’avertissement d’Alain Laurent : « Il est essentiel de bien comprendre que tout gravite autour du multiculturalisme dans son acception idéologique. »

Ce courant de pensée a ses théoriciens, tous occidentaux : après les pères fondateurs nord-américains (Charles Taylor, Will Kymlicka, Michael Walzer...) sont venus les précoces épigones européens, d'Alain Touraine ("Pour une société multiculturelle", Le Monde, 8 Octobre 1990) à Thimoty Ash, Habermas ou Michel Wiervorka.
Dans leur optique, la pleine ouverture institutionnelle aux identités culturelles collectives et différenciées représente l'accomplissement de la logique pluraliste des sociétés ouvertes; de la première étape de la reconnaissance du fameux "droit à la différence", il est moralement et politiquement nécessaire de passer à celle d'une différence (au moins partielle) des droits à attribuer à des communautés à ancrage ethnique en vue de parvenir à une situation de coexistence pacifique entre cultures et particularismes.

"Minorités", "identité", "communautés", "diversité", "ethnicité" et "reconnaissance", "tolérance", "appartenances" - sans oublier le "respect" - composent l'idiome basique de ce qui constitue tout simplement une révolution culturelle d'extrême ampleur dans la conception commune du Droit propre aux sociétés fondées sur les valeurs égalitaires, individualistes et universalistes (Etats-Unis et Europe continentale hors Pays-Bas). Les instances supranationales européennes (Conseil de l'Europe, Cour des droits de l'homme, Commission de Bruxelle) sont les fers de lance de cette idéologie multiculturaliste.

On ne comprend pas pourquoi il faudrait bouleverser l'ordre institutionnel en attribuant de nouveaux droits collectifs ou statuts dérogatoires aux cultures qui s'intègrent dans une société ouverte. Le régime de droits et libertés individuels constitutionnellement garanti rend déjà possible de vivre ce pluralisme culturel limité à titre personnel ou en s'associant volontairement, dans la sphère privée ou civile. Lorsqu'il y a eu une tolérance, une ouverture à ce schème du pluralisme culturel (cf. le modèle anglo-canadien), l'expérience a démontré que le respect de l'état de Droit était continuellement exposé à des tentatives de transgression et de grignotage tendant à faire réviser les règles de juste conduite des sociétés ouvertes.

« A chacun sa culture et ce qu'elle prescrit : telle est la devise de la nouvelle société ouverte pluriculturelle. » (Alain Laurent)

Critiques du multiculturalisme
- en Amérique du Nord, tout d'abord, où il a été précocement pratiqué. Samuel Huntington dans The Clash of Civilisations and Remaking of the World Order (1996) amorce une critique du multiculturalisme face à l'identité occidentale des Etats-Unis et dit qu'il faut "faire taire les appels au multiculturalisme à l'intérieur de leurs frontières". Dans Who are we ? (2004), il écrit : "Ils ont encouragé les immigrants à préserver leur culture d'origine, leur ont octroyé des privilèges juridiques que l'on refuse aux natifs américains... Ils ont justifié leur démarche par des théories "multiculturalistes" alors que le multiculturalisme est fondamentalement contre la civilisation européenne; il s'agit d'une idéologie foncièrement anti-occidentale."

- chez les musulmanes libres, même constat : Ayaan Hirsi Ali : "En relativisant la morale et en affirmant l'équivalence des cultures, nombre [des intellectuels occidentaux] empruntent, sans même s'en apercevoir, les chemins de l'autodestruction." (Figaro Magazine, 18 novembre 2006). Ibn Warraq constate : « Le multiculturalisme, étant l'enfant du relativisme, est incapable de juger les cultures, d'établir une hiérarchie des valeurs culturelles. »
Si ces autres valeurs menacent nos propres valeurs, ne sommes-nous pas en droit de les combattre ? John Sentamu, archevêque d'York, originaire de l'Ouganda et numéro 2 de l'Eglise anglicane réprouve "une tolérance qui se tait devant les excisions et les mariages forcés" et se prononce pour "l'intégration des minorités ethniques" à la culture nationale." (anglaise en l'occurrence)

Ces critiques du multiculturalisme se fondent sur la défense de l'individu qui est éliminé par les valeurs multiculturelles
« Ce ne sont plus les individus qui, éventuellement, composent des communautés ou se constituent en communautés auxquelles ils adhèrent volontairement, mais des communautés ontologiquement premières qui, littéralement, "font" les individus en leur collant à la peau une identité collective, pas forcément choisie. » Cet individu perd complètement sa singularité, il est collectivisé par son identité culturelle et sa vraie liberté culturelle est réduite par son identité ethno-religieuse qui prime sur tout le reste.

Multiculturalisme et communautarisme s'impliquent mutuellement : Taguieff parle de "multicommunautarisme". En effet le multiculturalisme engendre des communautés, entités compactes, homogènes et conformistes du point de vue de la pensée. Ces communautés réagissent comme le ferait un seul individu. Elles deviennent sujets de droits comme des individus. Or la critique des américains est à ce propos très claire. Huntington : « Pour les Américains, le credo de la "religion civile" a longtemps signifié que les individus devaient être jugés en fonction de leurs qualités propres, indépendamment de leur appartenance religieuse ou de leur origine ethnique. »

Avec l'avènement du multiculturalisme, c'en est fini du primat des droits individuels. (Le Figaro, 19 janvier 2005) Le communautarisme apparait donc sous la forme d'une retribalisation sociologique spontanée qui se rigidifie grâce à l'apport d'une "personnalité" juridique qui permettra à la communauté d'observer un contrôle juridictionnel sur ses membres." Sa logique de retribalisation ethnique et religieuse rompt de manière frontale avec la primauté des droits de l'homme individuel qui irrigue et que garantit la société ouverte. Pour les communautaristes, tout individu né dans l'islam est forcément destiné à y demeurer et en épouser sans discernement tous les dogmes : c'est d'abord ou uniquement un "musulman". Dans son alvéole groupiste et monolithique, dans sa communauté, l'individu possède le tout de son existence, ce qui est le propre des régimes totalitaires.

Le relativisme culturel, cette "néoreligion de la diversité" (Taguieff)

Chaque système de valeurs de chacune des cultures ne peut prétendre à une supériorité quelconque par rapport à une autre culture. Il n'existe pas de principe normatif à l'aune duquel on peut prétendre évaluer nos valeurs culturelles occidentales. Ces dernières sont de simples préjugés, les croyances d'une tribu particulière qui s'appelle "l'Occident". Comme toutes les cultures s'équivalent; elles possèdent dès lors un droit égal à être respectées quoi qu'elles postulent comme valeurs. Ainsi, chaque culture migrante qui s'installe en occident veut et doit pouvoir conserver ses principes sous l'appellation de "droits culturels collectifs".

On oublie simplement qu'en Occident, c'est grâce à la référence constante à des principes universalistes fondateurs de la société ouverte qu'on a pu se dégager peu à peu de l'esclavage, du colonialisme, etc., etc. mais l'islam, lui, n'a jamais entrepris une démarche autocritique. Le relativisme culturel entraine des conséquences catastrophiques. Il ouvre grande la porte à un "Tout est alterculturellement permis" qui ne bronche guère devant de graves atteintes aux vrais droits de l'homme individuel ou les cautionne. Les comportements archaïques des musulmans sont ainsi acceptés en dépit du bon sens. Autre conséquence, l'impossibilité de l'intégration : plutôt l'intégrisme que l'intégration.

En fin de compte, ce qui résulte de ce relativisme culturel, se retourne contre l'essence même de la société ouverte : "le bon relativisme intellectuel : ne plus donner un caractère absolu et intolérant à nos conceptions philosophico-religieuses personnelles ou collectives, sans pour autant renoncer au socle normatif des sociétés ouverte qui y invite." La tolérance ne conduit en aucune manière à soutenir que toutes les institutions, coutumes et croyances soient dignes de respect. Cette manière de penser conduit à accepter l'intolérable. On ne peut jamais violer les vrais droits de l'homme c'est à dire la souveraineté individuelle.

Le pluralisme authentique intègre les choix individuels sur la base d'une matrice normative démocratique, ce genre de "pluralisme" se résume à l'addition de clivages qui désintègre ce qui subsiste de l'état de Droit commun.Il se résume donc à un déplacement de frontières et est donc véritablement dangereux et explosif. "Les potentialités les plus explosives du multiculturalisme allant jusqu'aubout de sa dynamique de fragmentation centrifuge s'actualisent dans un séparatisme territorial déjà existant dans les périphéries de nombreux grands centres urbains, livrés à un peuplement mono-ethnique replié sur lui-même.

Conclusion d'Alain Laurent

« Avec lui, l'infâme est de retour - sous le visage rénové d'une religion de "l' Autre" (le nouveau rédempteur qui déploie ses processions de pénitents-repentants, de bigots et dévots de la bien-pensance, ses prophètes de bonheur communautarisé, ses exorcistes, démonologues et inquisiteurs qui traquent les manifestations du Malin ("racisme", xénophobie, stigmatisation, discrimination, "intolérance"...), ses missionnaires qui psalmodient la bonne parole dans les médias et les écoles et annoncent la bonne nouvelle de l'entrée dans la "diversité", et ses dames patronesses en quête de sans-papiers ou victimes de la laïcité ("négative" ! ) à secourir. »

lundi 25 janvier 2010

La société ouverte et ses nouveaux ennemis, chapitre 7, par Alain Laurent, Les "vrais" ennemis

En France, depuis les grandes grèves de 1995 « une virulente extrême gauche radicale (d'obédience principalement trotskiste et « altermondialiste) est progressivement montée en puissance en dénonçant bruyamment le capitalisme, le libéralisme, la mondialisation. » Cette extrême gauche protéiforme, selon l'expression de Revel, est ouvertement l'ennemie déclarée de la société ouverte
En effet, sa complicité avec les ennemis venus de l'extérieur, les « racailles » et son soutien à l'immigration incontrôlée, son refus de la laïcité prouvé par le soutien aux revendications de port du voile dans les institutions, son alliance historique avec l'islamisme lors du Forum social de Londres en 2003, qui fait que l'on parle maintenant « d'islamo-gauchisme », tout ceci prouve bien l'incompatibilité avec les valeurs d'une société ouverte. Besancenot mentionne dans son programme électoral de 2007 le retrait des troupes d'occupation d'Afghanistan et Bové évoque la régularisation de tous les « sans-papiers ».
Cette gauche révolutionnaire n'est pas l'ennemi le plus dangereux de la société ouverte car elle a peu d'influence sur les décisions gouvernementales.

A l'inverse d'un gauchisme révolutionnaire rien moins qu'angélique, la gauche « humaniste » ne prône ni ne pratique la violence.
"Elle privilégie l'action psychologique et morale, autrement plus efficace auprès des autorités : l'indignation vertueuse, la protestation accusatrice, la culpabilisation qui joue sur le s registres du compassionnel et de la mauvaise conscience. Son coup de maître est qu'au lieu de rejeter la société ouverte, elle mobilise avec véhémence les valeurs d' « ouverture », à savoir les droits universels de l'homme, la tolérance, l'hospitalité, le pluralisme, allant même jusqu'à proclamer la meilleure ou seule championne. Comment de larges pans de la société civile et les médias pourraient-ils à force ne pas se sentir en sympathie avec l'exhibition d'aussi bons sentiments ? »

Cette logique humaniste gauchisée interprétée de manière hyperextensive et hyperbolique pervertit les valeurs d'ouverture de la société ouverte. Et ceci se produit d'autant plus facilement qu'il existe dans 1a conscience politique française « un surmoi de gauche » selon la formule de Marc Fumaroli (et donc « un surmoi d'extrême gauche » pour la gauche) qui influence cette conscience et donc les décisions gouvernementales. Cette idéologie à prétentions « humanistes » « tient le haut du pavé, et les armes de destruction morale massive qu'elle brandit sont d'une redoutable efficacité : le droit-de-l'hommisme associé à l'immigrationnisme, l' « anti-racisme » et le multiculturalisme.

« Sans-frontiérisme », « immigrationnisme » et « droit-de-l'hommisme »

Le projet humaniste tel qu'il est entendu partout et par tous
L'islam est forcément une religion d'amour, de paix et de tolérance à ne pas confondre avec l'islamisme et en vertu de la liberté religieuse, il faut « modifier le droit et l'organisation de nos sociétés » pour que les musulmans puissent se sentir acceptés et libres dans leur pays d'adoption et leur culte. « L'Europe ne doit pas s'ériger en forteresse assiégée ni se barder de murs de Berlin pour se protéger l'immigration africaine ou asiatique, laquelle n'est en réalité pas si massive que cela. » L'Europe bénéficiera ainsi d'un sang neuf qui lui fait cruellement défaut et cette diversité culturelle l'enrichira. La situation scandaleuse des migrants qui résulte de notre mentalité esclavagiste colonialiste et raciste doit cesser et donc l'immigration largement encouragée. Les jeunes dans les banlieues qui réagissent par la violence le font légitimement : ils sont humiliés par les policiers et le chômage qui sévit. « Lorsque leurs membres mineurs commettent des délits, ils méritent encore plus que d'autres d'être excusés. » Les Européens doivent activement manifester leur repentance en offrant des compensations à tous les descendants d'esclaves et colonisés. La diversité ethno-raciale doit être représentative dans tous les secteurs de la société.

Qui promeut ce projet humaniste (ouverture à l'islam conservateur et immigration alterculturelle de masse) ?
En France, cette idéologie est devenue une « idéologie nationale, au statut quasiment officiel : toute une nébuleuse d'associations défendent les droits de l'homme et les « causes » humanitaires. Un noyau dur composé de la plupart des organisations syndicales, d’une fraction notable de la magistrature syndiquée, de la grande majorité des enseignants, de l'établishement intellectuel (avec les grandes administrations), de la presse (plus de 80% des journalistes se classent à gauche) et enfin des « people » du show-biz, « friands de pétitions et d'exhibitionnisme militant. »


Comment négliger la place éminente des Eglises dans ce vaste lobby idéologique du « sans-frontiérisme » et de la campagne anti-islamophobie... Le conseil des églises chrétiennes ne cesse de promouvoir ses liens avec l'islam (contre la contraception et l'homosexualité ou contre les caricatures de Mahomet).


Le monde de l'entreprise lui-même : « son adhésion croissante, empressée même... (soucieuse de donner des gages de bonnes mœurs afin de restaurer son image auprès des jeunes générations bobo-gauchisées) a l'ardente obligation morale de promouvoir la « diversité », voire la « fierté d'appartenance » comme s'enorgueillit l'une d'elles, en pratiquant la discrimination positive. »


La conversion de la droite républicaine et libérale aux mots d'ordre de la bien-pensance est aussi très significative de ce rouleau compresseur idéologique. Sarkozy, qui fait l'apologie de la discrimination positive, (tout en s'en défendant) a soutenu le financement public du culte musulman et cautionné l'intégrisme de l'UOIF. Alain Madelin, libéral, dénonce aussi « l'anti-islamisme primaire » et le fait que « l'islamisme ne saurait être confondu avec l'islam ».
Pratiquer l'immigration illimitée est un devoir selon l'idéologie « sans-frontiériste ». Un impératif catégorique. Revel écrivait en 1995 : « un pays a le devoir d'accueillir et de garder en quantité illimitée de s étrangers dépourvus de permis de séjour, de logement, de ressources et de qualifications au moment où des millions de travailleurs non qualifiés déjà sur place ne trouvent pas de travail. »

Cette volonté à recevoir toute la misère du monde donne lieu à une contre partie de droits opposables
Droit à une vie meilleure, droit à l'Europe et aux visas, donc à la libre entrée sans seuil quantitatif ni contrôle puis à la libre installation; droit à la régularisation immédiate et donc droit au séjour continu même si le migrant ne trouve pas de travail ou commet des actes délictueux, droit à être pris en charge 1ogé, soigné, nourri, scolarisé.
Une telle « idéologie des droits » (François Furet) peut être qualifiée de droit-de-l'hommisme et le suffixe isme témoigne de l'inflation et de l'utilisation pervertie des droits de l'homme.
« Dans leur inspirée Déclaration originelle des droits de l'homme, les révolutionnaires français en avaient sagement distingués ceux-ci, à vocation universelle, des droits du citoyen procédant du droit du sol et propres à une société politique ouverte… Cette distinction fondamentale, le sans-frontiérisme l'abolit de fait en absorbant les droits du citoyen dans les droits universels de l'homme. »
Ces droits se révèlent être à sens unique, sans sanction ni obligation correspondantes. Ce sont des droits sur les citoyens historiques, sans fondements objectifs et basés sur un élan compassionnel subjectif et sur un sentiment de culpabilité imaginaire.
« Cette manipulation de la notion de droit sert de support et d'alibi idéologique à l'angélisme bardé de bons sentiments humanitaires qu'est le sans- frontiérisme. Tous les traits habituels d'une éthique de conviction devenue folle s'y mêlent sous leur visage le plus caractéristique : l' « aveuglement volontaire » accompagné d'une irénique dénégation du réel où le recours lexical aux travestissements de la novlangue a une fonction essentielle, l'indignation soigneusement sélective, l'inversion des causalités, la « culture de l'excuse ».

L'irresponsabilité de cette idéologie sans-frontiériste a des effets ravageurs contre les sociétés ouvertes que dénonçait déjà Revel : « Exiger que l'immigration cesse d'être contrôlée ou même connue, surtout dans un pays à forte protection sociale, avec des budgets déjà en grave déficit, c'est rechercher la déstabilisation permanente de la société, 1 'abolition de l'Etat de droit, voire de la citoyenneté. » (Le Point, 22 février 1997) Effectivement cette vision prophétique de Revel se révèle parfaitement exacte dans les faits aujourd'hui. La persévérance de cette logique irresponsable prouve à quel point ces droits-de l'hommistes et sans-frontiéristes ne sont pas que des « idiots utiles » mais bien de « nuisibles pervers » qui œuvrent sciemment contre les valeurs de la société ouverte, en refusant des solutions réalistes au défi de l'immigration (« ce n'est pas elle en soi qui est 1'ennemie, bien sûr, mais l'immigrationnisme! »)

Le bras armé de l' « antiracisme » dévoyé

« Droit-de-l'hommisme, sans-frontiérisme et immigrationnisme disposent d'une arme fatale pour imposer les dogmes de leur nouvel ordre moral aux pouvoirs publics et à la société française dans son ensemble : la lutte contre le racisme, désigné comme le facteur déterminant non avoué de la discrimination infligée aux issues de l'immigration et de 1a stigmatisation des cultures ou religions non occidentales. » La présomption de « racisme » s'est en effet étendue à toutes sortes de champs nouveaux et tout domaine est devenu sujet à présomption de racisme « .., les innombrables imputations de « racisme » maintenant faites à la laïcité, aux concours de recrutement sur base scolaire, à la langue française classique, la défense de la liberté d'expression... »

Qu'est-ce que le vrai racisme ?
Selon Alain Laurent, c’est une « notion qui entendait légitimement s'attaquer à tout ce qui tend à attribuer arbitrairement des caractéristiques naturelles péjorantes à une catégorie d'individus définis sur des bases bio-ethniques et dans une perspective déterministe et généralisatrice - afin de les inférioriser collectivement et les exclure. »
Ayn Rand : « Le racisme est la doctrine des brutes, conçue par et pour elles. C'est la version du collectivisme pour éleveur de bétail capable de différencier diverses races d'animaux, mais pas les animaux des hommes. » (Le racisme, septembre 1963)

L'extension abusive du soupçon de racisme est dénoncée avec force par l'ensemble de la pensée résistante. Elle était déjà dénoncée dès les années 1977 puis dans les années 1983-1993 par des auteurs extra-lucides (André Béjin et Julien Freund : « l'obsession anti-raciste »; Claude Lévi-Strauss dans Le regard éloigné : « mettre le terme [racisme] à toutes les sauces... »; Taguieff : « l'anti-racisme s'est idéologisé » dans La force du préjugé -Essai sur le racisme et ses doubles-; Finkielkraut dans La défaite de la pensée; Paul Yonnet dans Voyage au centre du malaise français -L'antiracisme et le roman national.)
« Mais rien y avait fait : le rouleau compresseur idéologique de l' « antiracisme » a été le plus fort, écrasant sur son passage toute libre expression morale à ce sujet dans les médias et la société civile. »
Il s'agit d'une manipulation de la notion de racisme car le seul racisme qui est dénoncé est « celui des Européens ou des populations du tiers-monde ou qui en proviennent. » (Revel dans une chronique du printemps 1992). L'anti-racisme est par contre aveugle quand il s'agit de racisme antisémite qui s'est déchaîné dans certains quartiers en 2003-2005 ou de racisme anti-Blancs perpétré à la même période par des « blacks ». Car, selon les anti-racistes, « un Noir, par essence, ne peut être raciste ou soupçonné de l'être; cette tare indélébile n'appartient qu'aux Blancs » !


Contradictions et incohérences de cet antiracisme dévoyé
« Côté face, le terme de race est congédié puisque les « races » n'existent pas (exact au sens que lui donnent les vrais racistes). Mais côté pile, elles resurgissent en étant avalisées si jamais ce sont les adeptes du communautarisme « noir » qui s'y réfèrent ou s'il faut donner quelque contenu à la notion désormais sacralisée de « minorité visible » en instituant des statistiques ethniques, en réalité ethno-raciales puisqu'il y est demandé aux sujets d'indiquer leur « couleur de peau ».

Ce dévoiement a été orienté de façon consciente en vue de certaines fins précises
Tout d'abord, cet antiracisme permet à ceux qui le promeuvent de se situer dans le Camp du Bien. Mais plus profondément, il attribue un racisme doctrinal et métaphysique à tous ceux qui s'inquiètent et s'élèvent courageusement contre l'immigrationnisme et l'implantation d'un islam traditionnaliste peu compatible avec les valeurs occidentales.

dimanche 24 janvier 2010

« Je ne te lâcherai que si tu me bénis. »


Genèse 32,23-32 :
" Cette nuit-là, Jacob se leva, il prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants, et passa le gué du Yabboq.
Il leur fit traverser le torrent et il fit passer aussi tout ce qui lui appartenait.
Jacob resta seul. Or, quelqu'un lutta avec lui jusqu'au lever de l'aurore.
L'homme, voyant qu'il ne pouvait pas le vaincre, le frappa au creux de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant ce combat.
L'homme lui dit : « Lâche-moi, car l'aurore s'est levée. » Jacob répondit : « Je ne te lâcherai que si tu me bénis. »
L'homme lui demanda : « Quel est ton nom ? - Je m'appelle Jacob. -
On ne t'appellera plus Jacob, mais Israël (ce qui signifie : Fort contre Dieu), parce que tu as lutté contre Dieu comme on lutte contre des hommes, et tu as vaincu. »
Jacob lui fit cette demande : « Révèle-moi ton nom, je t'en prie. » Mais il répondit : « Pourquoi me demandes-tu mon nom ? » Et à cet endroit il le bénit.
Jacob appela ce lieu Pénouël (ce qui signifie : Face de Dieu), car il disait : « J'ai vu Dieu face à face, et j'ai eu la vie sauve. »
Au lever du soleil, il traversa le torrent à Pénouël. Il resta boiteux de la hanche."

 Bernanos, Le journal d'un curé de campagne : 
"Madame, lui dis-je, si notre Dieu était celui des païens ou des philosophes (pour moi, c'est la même chose) il pourrait bien se réfugier au plus haut des cieux, notre misère l'en précipiterait. Mais vous savez que le nôtre est venu au-devant. Vous pourriez lui montrer le poing, lui cracher au visage, le fouetter de verges et finalement le clouer sur un croix, qu'importe? Cela est déjà fait ma fille..."




Écrit après la double nouvelle du tremblement de terre en Chine et de l’ouragan en Birmanie en 2007 ou 2008.
Re-mis pour le tremblement de terre en Haïti.
Relire les extraits du Grand Passage de Cormac McCarthy, à droite dans le blog.
http://oralaboraetlege.blogspot.com/2009/12/le-grand-passage-cormac-mccarthy-pas.html
http://oralaboraetlege.blogspot.com/2009/12/le-grand-passage-suite.html
http://oralaboraetlege.blogspot.com/2009/12/le-grand-passage-de-cormac-mccarthy.html
http://oralaboraetlege.blogspot.com/search/label/J%27ai%20lu%20Le%20grand%20passage%20de%20McCarthy%20D
http://oralaboraetlege.blogspot.com/search/label/J%27ai%20lu%20Le%20grand%20passage%20de%20McCarthy%20E
http://oralaboraetlege.blogspot.com/search/label/J%27ai%20lu%20Le%20grand%20passage%20de%20McCarthy%20F
http://oralaboraetlege.blogspot.com/search/label/J%27ai%20lu%20Le%20grand%20passage%20de%20McCarthy%20G



Prière

Il est là, debout, appuyé contre un mur,

Son odeur insoutenable l’encercle comme une armure,

Un pantalon gris, en loque, couvre sa misère,

Un sac en plastique, tous ses biens, par terre.



Elle est, à genoux, dans ses bras enserrés

Sa fille unique, le tremblement de terre

Au matin, dans son école, l’a écrasée,

Morte, broyée, dans les bras de la mère..



Ils sont là, dans la boue, le désert, nus

Ils n’ont plus rien : l’ouragan a tout dévasté

Leur maison, leur terre, tout est figé

Après la tempête. Ils ont tout perdu..



Elle est là, Seigneur, l’humanité,

Celle que tu as voulu, et créée.

Comme des pantins disloqués

Aux mains cruelles de la destinée.



La révolte gronde, la haine s’épanche

En un immense fleuve noir, brûlant

Seigneur, il faut que tu te penches

Pour emporter, de l’univers ardent



Ceux qui brûlent et se noient

Ceux qui pleurent et s’assoient,

Ils n’ont pas vu ta Croix

Tomber sur eux avec Toi.



Ils restent en terre et ne se retournent pas

Pour te prendre Seigneur et relever tout à la fois

Pour te rependre, Seigneur, bien droit

Ou t’emporter, Jésus, dans leurs bras



Te soigner, te guérir, te consoler

Enlever, la boue, la suie et la poussière

Avec leurs mains, leurs gestes et leurs prières,

Les corps brisés, les âmes noyées et submergées



Tu es notre Berger, tu vas nous chercher

Dans le fleuve, dans le noir, dans la nuit

Tu es notre Berger, tu vas nous sauver

Rassembler le troupeau de ceux qui fuient



Affolés. Et moi qui ai tout vu, tout observé

A tes côtés, mon Dieu, je vais courir rattraper

Les petits agneaux mais aussi les noirs béliers

Te les remettre, ces âmes, Seigneur, à jamais.




  

John Fante, toujours, "Demande à la poussière"

Préface de Charles Bukowski, extraits :


"J'étais jeune,affamé,ivrogne, essayant d'être un écrivain. J'ai passé le plus clair de mon temps à lire Downtown à la Bibliothèque municipale de Los Angeles et rien de ce que je lisais n'avait de rapport avec moi ou avec les rues ou les gens autour de moi. C'était comme si tout le monde jouait aux charades et que ceux qui n'avaient rien à dire étaient reconnus comme de grands écrivains. Leurs écrits étaient un mélange de subtilité, d'adresse et de convenance, qui étaient lus, enseignés, digérés et transmis.C'était une machination, une habile et prudente "culture mondiale". Il fallait retourner aux écrivains russes d'avant la Révolution pour trouver un peu de hasard, un peu de passion.(...)Je tirais livre après livre des étagères. Pourquoi est-ce que personne ne disait rien? Pourquoi est-ce que personne ne criait? J'essayais d'autres salles de la Bibliothèque. La section "religion" n'était qu'un vaste marécage pour moi. Au rayon "philosophie" je trouvai un ou deux Allemands amers qui me remontèrent le moral et ce fut terminé. J'essayai les mathématiques, mais les mathématiques supérieures étaient comme la religion : cela me passait à côté. Ce dont j'avais besoin n'était nulle part. J'essayai la géologie, domaine que je trouvai curieux, mais finalement pas nourrissant. J'ai trouvé des livres de chirurgie, j'aimais les livres de chirurgie, les mots étaient nouveaux et les illustrations merveilleuses. J'ai particulièrement aimé et je me souviens des opérations du mésocôlon.Je laissai tomber la chirurgie et retournai vers la grande salle avec les romanciers et les écrivains de nouvelles.(...) Un jour j'ai sorti un livre, je l'ai ouvert et c'était ça. Je restai planté un moment, lisant et comme un homme qui a trouvé de l'or à la décharge publique. J'ai posé le livre sur la table, les phrases filaient facilement à travers les pages comme un courant. Chaque ligne avait sa propre énergie et était suivie d'une semblable et la vraie substance de chaque ligne donnait sa forme à la page, une sensation de quelque chose de sculpté dans le texte. Voilà enfin un homme qui n'avait pas peur de l'émotion. L'humour et la douleur mélangés avec une superbe simplicité. Le début du livre était un gigantesque miracle pour moi. J'avais une carte de la Bibliothèque. Je sortis le livre et l'emportai dans ma chambre. Je me couchai sur le lit et le lus. Et je compris bien avant de le terminer qu'il y avait là un homme qui avait changé l'écriture.
Le livre était Demande à la poussière et l'auteur, John Fante. Il allait toute ma vie m'influencer dans mon travail."

samedi 23 janvier 2010

Caliméro claudique

Maman va chercher ses deux jumeaux pour les emmener chez l'orthophoniste. Grégoire arrive à sa rencontre en sautant à cloche-pied avec moult grimaces de douleur.Maman, inquiète, s'accroupit au niveau du petit : "qu'est-ce que tu as, mon lapin?
- "des filles (c'est toujours la faute des filles!!) m'ont fait tomber à la récré et z'ai mal au pied alors pour ne pas m'appuyer dessus, ze saute sur un pied.
- Bon, d'accord."
Puis Maman le voit qui sautille jusqu'à la voiture en prenant appui sur son pied "blessé"...

Elle dira le soir à son mari perplexe : "nous avons un hypocondriaque de 6 ans!"

Grégoire

Grégoire



Le visage est rond, les joues pleines appellent les baisers.

C’est mon Grégoire, mon cœur tendre, mon casse-pied.

Toujours un peu grognon, jamais loin d’un bout de chocolat

Sa vie, permanent combat pour rester près de moi.



La voix est rauque, les yeux bruns se froncent souvent

D’un petit lionceau colérique et jaloux

Dont il faut sans cesse caresser la peau tendre

Pour l’amadouer ; et alors : sourire béat et tout mou.



C’est un petit lion colérique et plein d’espérance

Au cœur brûlant, trop grand pour sa petite poitrine

Déchirée par des battements violents et intenses

Il crie souvent à s’en casser la voix et, dans la nuit


S’endormira épuisé et gorgé d'amour.




mercredi 20 janvier 2010

lecture épineuse

Ce matin, lecture de Grégoire :

-"Un...e...nan, é...pi de ...blblbl...
-BLé! mon lapin, blé!
- ah oui! un épi de maïs!!

dimanche 17 janvier 2010

Marche pour la Vie


Grande Ours (avec la forme d'une casserole)

Ce soir, la bétaillère fait un rapide aller-retour dans la nuit pour aller chercher mes deux grands à la gare locale. Ils ont participé à la Marche pour la Vie.

En roulant, je constate que, pour la première fois depuis trois semaines, le ciel est dégagé, je vois pleins d'étoiles... (ma Casserole, en particulier. Je l'aime bien, je la considère comme mon emblème. Disons : lorsqu'il m'arrive de la contempler, ce spectacle m'encourage. Comme on dit :" les cieux sont avec nous")

En observant cette voûte étoilée, me reviennent à l'esprit ces paroles du Seigneur à Abraham : "« Contemple donc le ciel, compte les étoiles si tu peux les compter. Telle sera ta descendance. » (Gn 15,5).


Au-delà du "choc des civilisations" (ch. 6 deuxième partie)

Au-delà du "choc des civilisations", l'hostilité à la société ouverte


(Suite de la synthèse du livre d'Alain Laurent La société ouverte et ses nouveaux ennemis)


On a constaté l'impossibilité pour l'islam de cohabiter pacifiquement avec d'autres cultures, mais il faut reconnaître que c'est avec la culture occidentale que le conflit est le plus rude. Il ne s'agit pas d'observer que la partie "violente" des conflits : attentats, menaces terroristes... Mais il faut surtout pointer du doigt les conflits culturels qui opposent la masse des musulmans dit "modérés" avec les pays occidentaux et leurs valeurs. "N'a-t-on pas alors pu voir, bénéficiant de l'approbation agressive et hystérique des foules, les 57 états de la Conférence islamique oser en février 2006 enjoindre à l'Europe de limiter le champ de la liberté d'expression et de critique?".


La thèse du "choc des civilisations" développée par Samuel Huntington en 1996 apparait comme une réalité entre le choc des civilisations occidentale et islamique. Il s'agit soit de conflits ouverts, soit d'une guerre idéologique feutrée. Simplement, cette guerre parait bien souvent perdue car l'Europe se rend très souvent sans résistance aux diktats de l'islam qui se radicalise.


Revel, au moment de l'affaire Rushdie, jugeait que « l'islam, depuis ses origines, se définit et se vit comme indissociable du pouvoir de l'organisation de la société toute entière. Il ne tolère pas la séparation du civil et du religieux sur laquelle reposent les États modernes. » (Le Point, 24/05/87). Il écrit aussi dans La Régression démocratique : « La "tolérance" musulmane est à sens unique. » Depuis les attentats du 11 septembre 2001, d'autres auteurs ont bien démontré l'inanité d'un islam tolérant, pacifique et ouvert à la démocratisation et à la sécularisation, d'un islam qui n'aurait rien à voir avec l'islamisme. Ils s'opposent en cela à BHL qui écrit dans Le Monde (15/02/08) que la lutte ne doit se porter que contre "l'islamisme radical."


Christian Delacampagne dans Islam et Occident-Les raisons d'un conflit explique que « l'opposition "islam versus islamisme"... est loin d'être innocente car elle remplit une fonction pratique » qui est de « nous permettre de nous rassurer » mais « revient à nous cacher la réalité. »


« Le problème, c'est qu'il y a des musulmans modérés mais pas d'islam modéré. » (Anne-Marie Delcambre, Valeurs Actuelles, 10/02/06). L'islamophobie qui est reprochée à certains ne tient pas devant cette réalité du choc de civilisations. La critique de l'islam est impossible, car "passible de peine de mort" ( Zarka, 2004). "L'islam n'admet aucune indépendance de l'État, de la Loi, de la morale, de la société, de la vie intellectuelle et de l'art même par rapport à la religion." (Revel, 1992)


Conséquences de ces caractéristiques de l'islam


L'islam est incapable de s'intégrer dans une civilisation démocratique. Il n'existe d'ailleurs pas de démocratie constitutionnelle dans les pays musulmans. Qui plus est, les musulmans veulent imposer leur règles islamiques dans les pays démocratiques.

"L'embarras le plus sérieux provient des musulmans minoritaires implantés dans des nations de culture chrétienne et laïque[... qui] revendiquent le privilège exorbitant de pouvoir imposer leurs vues à la majorité." (Revel, Le regain démocratique). En fait, il y deux façons de procéder chez les "violents" et les "modérés" : les premiers adopteront le conflit ouvert, les seconds agiront par une subversion lente.


La volonté hégémonique de l'islam est bien la finalité de celui-ci.
L'expansion conquérante universelle de l'islam résulte de sa certitude à détenir la Vérité ultime valable pour toute l'humanité. Le monde entier doit se convertir à ses dogme et un prosélitysme puissant l'habite. Revel écrit : "Les systèmes de pensée incluant, dans leur principe originel même, un projet de conquête universelle ont été le nazisme, le communisme et l'islam. Les deux premiers furent des innovations, sinon des inventions propres au XXe siècle. L'islam, en revanche, est un legs du passé. Nous ne pouvons transiger avec un programme qui veut notre destruction."


Objections de la bien-pensance

Cette thèse d'un islam impérialiste et totalitaire est outrancière et dépendante d'un début du XXI siècle obsédé par le terrorisme et le communautarisme islamistes. Certains "occidentalistes" s'inventent un nouvel ennemi.


Réponse aux objections

Dans les années 1950, il y avait déjà des penseurs qui avaient décelé les principales caractéristiques de l'islam. Dans Tristes Tropiques (1955), Lévi-Strauss écrit : "sur le plan moral, on se heurte à la même équivoque d'une tolérance affichée en dépit d'un prosélytisme dont le caractère compulsif est évident." En 1956, Malraux déclare : "Sous-estimée par la plupart de nos contemporains, cette montée de l'islam est comparable aux débuts du communisme du temps de Lénine."
Enfin, de nombreux lecteurs de "base" du Figaro ou du Monde expriment cette vision pessimiste de l'islam.

Autre objection : les critiques sur l'islam seraient le fait de personnes trop "occidentalistes".


Mais c'est l'écrivain d'origine indienne, prix Nobel de littérature, V.S Naipaul, qui écrit dans le Point le 14/12/01 : "Il n'y a, je crois, jamais eu d'impérialisme comparable à celui de l'islam et des Arabes. C'est un impérialisme intransigeant qui produit une société de névrosés et de nihilistes prêts à tout."


Ce choc des civilisations : en quoi consiste t-il exactement ? Est ce que "l'ennemi visé par l'animosité islamique contemporaine [est] essentiellement l'Occident en tant qu'espace d'altérité défini par son identité chrétienne traditionnelle..." ? Il apparait en fait que c'est moins l'Occident "traditionnel" que celui de "l'universalisme des droits de l'homme (version d'origine 1776 et 1789), des Lumières, de la modernité libéralisée et de la révolution culturelle individualiste, de la démocratie égalitaire et pluraliste, et de la sécularisation", bref, tout ce qui fonde la société ouverte qui est visé dans cette opposition entre islam et Occident.


C'est ainsi que l'on peut expliquer et tempérer le choc trop manichéen ou confessionnel entre les civilisations professé par Huntington. Beaucoup de musulmans sécularisés, partisans de la société ouverte s'érigent contre les musulmans "bigots dominants".( aux Etats-Unis, le mouvement des "Free Muslim Coalition"; en Grande-Bretagne, "British Muslims for secular democracy", au Danemark, les "musulmans démocrates").


En France, il faut commencer à compter avec le "Mouvement des Maghrébins laïques de France" et l'influence d'un Rachid Kaci ou des frères Bencheik. Aussi avec Messaoud Bourras ("ce n'est pas seulement l'islamisme qui pose problème, c'est l'islam...") et Kébir Jbil ( "en tant que musulman, j'affirme que l'intégrisme musulman ne peut naître que de l'islam") et aussi Saïd Bouaïssï ( "[certains musulmans se battent pour le droit à la reconnaissance égalitaire des femmes, contre l'oppression des homosexuels, des non-musulmans ou des apostats] au nom de principes religieux, d'autres au nom des lumières de la raison.").

Dans le Dar al islam, surtout dans la zone périphérique, la réislamisation se heurte çà et là à de solides foyers de résistances.( en Algérie, au Maroc et même en Iran.)


Ainsi, il s'agit d'une erreur de "généraliser arbitrairement le bien-fondé des charges contre l'islamisme élargi à l'ensemble des musulmans ou à l'individu musulman en soi.( comme a pu le faire Orian Fallaci).

Mais, l'autre erreur, symétrique, est de croire que ces musulmans individualistes et libéraux et opposés à la réislamisation identitaire sont majoritaires.


Il existe donc un divorce conflictuel dans le monde islamique, entre une "minorité de musulmans éclairés et acquis à la modernité d'une part, et une autre minorité fanatiquement intolérante qui bénéficie de la tolérance d'un "marais" traditionnaliste et conservateur d'autre part..."


Il existe donc bien un choc des civilisations entre islam et Occident. Mais ce choc interfère avec un autre : celui de l'Occident comme vecteur de la métaculture universaliste propre à la société ouverte avec l'islam comme culture théocratique caractéristique d'une société close. Le vrai ennemi de certains musulmans ralliés aux valeurs de la société ouverte est donc bien l'islam traditionnaliste et pas l'islam ou les musulmans dans sa totalité. Il s'agit d'un conflit entre société close et société ouverte qui transcende les appartenances religieuses. Le monde musulman n'est pas le seul à être confronté à cette guerre. Les sociétés ouvertes, dans le monde occidental, sont aussi confrontées à de nouveaux ennemis.

La société ouverte et ses nouveaux ennemis d'Alain Laurent, chapitre 6, première partie

Une réislamisation massive, globalisée, conservatrice et offensive


On voit très souvent le monde islamiste provoquer de graves remous dans le monde par des attentats spectaculaires. "Mais ces convulsions violentes ne sont que l'écume bouillonnante." En effet, selon Alain Laurent, il faut surtout s'attacher aux évolutions de fond dans les pays musulmans comme dans le reste du monde, d'un l'islam traditionnel, rigoriste, obscurantiste et radical.


"L'état des lieux ne laisse guère place au doute sur l'ampleur de ce refus de la sécularisation."


Algérie : le gouvernement a fait adopter un code de la famille jugé archaïque par les associations féminines laïques; une loi promulguée en mars 2006 punit de prison toute personne qui tente de"convertir un musulman à une autre religion" (en mars 2008, Habiba Kouider, convertie au christianisme, est arrêtée, accusée de prosélytisme pour avoir transporté des Bibles.)
Tunisie : le port du voile se répand; et les femmes adoptent des comportements rigoristes.
Maroc : le port du hidjab devient la règle dans de nombreux endroits, certains enseignants "impies" sont stigmatisés, le Parti de la justice, islamiste, est arrivé en tête des élections de septembre 2007 et prône le retour des femmes à la maison;dans un sondage paru en 2006 dans l'Economiste, 50% des garçons veulent un femme voilée et pour 44% des Marocains, Al Qaïda n'est pas terroriste.
Turquie : "en marge du retour du voile (favorisé par le parti islamiste "modéré" AKP reconduit au pouvoir), des sondages indiquent que 60% des reprochent aux dirigeants politiques de "manquer de foi"; de multiples incidents ou crimes poussent les chrétiens à émigrer, et parlant des Turcs présents en Allemagne, le Premier ministre Erdogan soutient que leur "assimilation est un crime contre l'humanité." Le processus de réislamisation y devient si sensible qu'à l'été 2008, la Cour constitutionnelle a failli interdire le parti AKP pour "activités anti-laïques" et l'a sanctionné financièrement pour ce motif."
Egypte : emprise grandissante des Frères Musulmans sur la population.
Nigeria : "dans les douze provinces du nord-est, la charria s'est peu à peu imposée pour régler les moindres aspects de la vie courante, ce qui provoque des incidents violents avec les non-musulmans dont beaucoup s'enfuient de cette zone."
Afghanistan : "la nouvelle Constitution de 2003 dispose qu'"aucune loi ne peut être contraire aux valeurs sacrées de l'islam". Deux condamnations légales à mort annulées à grand-peine par des artifices juridiques et sous la pression internationale (celle de l'apostat Abdul Rahim en mars 2006 et celle de Perwiz Kambakhsh pour "interprétation erronée des versets du Coran").
Malaisie : "dans ce pays où comme en bien d'autres on naît automatiquement musulman et où l'islam est règle de droit, la Cours fédérale a en mai 2007 refusé de retirer la mention "musulman" sur la carte d'identité de l'apostate Lina Joy (née Azlima Jailami) qui voulait devenir chrétienne et a du se réfugier en Australie : car "on ne peut entrer et sortir d'une religion à sa guise"; des femmes y sont envoyées maintenant en "centre de réhabilitation islamique" si leurs mœurs laissent islamiquement à désirer."
En fait, "partout, l'islam demeure (parfois même, devient) religion d'Etat monopolitique, avec institutionnalisation plus ou moins adaptée de la charia en source principale de droit et de code légal."
Tout processus de ces pays de démocratisation s'avère fort difficile voire impossible et lorsque des élections ont lieu, elles donnent des résultats inquiétants, avec les victoires de partis islamistes "modérés" ou radicaux (sauf au Pakistan en janvier 2008).

L'allégation d'une immense majorité de "modérés" pacifiques, tolérants et ouverts est aussi à étudier. En effet, qu'il y ait des musulmans modérés n'est pas douteux mais qu'ils soient une majorité l'est beaucoup plus. Le clair et franc soutien aux libertés individuelles peine vraiment à se voir de la part de ces masses de musulmans "modérés." Les foules islamiques, souvent prêtes à clamer leurs indignations sont très silencieuses quant à un éventuel soutien aux "musulmanes libres".

Et que dire de leur soutien à Saddam Hussein et Ben Laden et à la liesse des populations à l'annonce des attentats du 11 septembre. "Cette abstention massive et ces indignations sélectives révoltent Irshad Manji : "Nous n'avons de cesse de déplorer l'exploitation de l'islam par les intégristes, mais quand l'occasion se présente de répliquer vigoureusement à leurs hurlements, nous nous retranchons dans le mutisme. Entre les clameurs des intégristes et le silence des modérés, quelle voix porte le plus ?"

J. F. Revel a beaucoup critiqué ce caractère hautement improbable de l'existence d'une immense majorité de modérés "ouverts et tolérants." Dans une chronique du Point (2 mars 1996), il déclare : "On souhaiterait que parfois cette majorité supposée se prononce de façon plus ouverte, se manifeste de façon plus massive contre l'intolérance des extrémistes." et il conclut, après les attentats du 11 septembre, dans L'Obsession anti-américaine : "La notion que 'l'immense majorité" des musulmans fixés en Europe serait modérée se révèle n'être qu'un rêve, ce qui fut mis spectaculairement en lumière durant les deux mois qui suivirent les attentats contre les États-Unis."



L'affaire des "caricatures" a démontré aussi la réislamisation de la France et surtout le vraie réalité de cette "majorité" de soi-disant modérés.En effet, les critiques virulentes contre la présentation de ces caricatures est venue de "modérés" de l'UOIF et du très officiel CFCM. Ainsi que du recteur de la grande mosquée de Lyon et de musulmans de base."L'adoption, en janvier 2008 à Bruxelles de la charte des musulmans d'Europe réclamant que l'identité islamique bénéficie dans l'Union d'une reconnaissance publique et d'une attribution subséquente de droits différenciés renforce l'idée qu'est ainsi en cours un processus sinon un projet d'islamisation du Vieux Continent."

Le fait d'un développement d'un "islam de marché", dans le domaine économique tendrait à démontrer la modernisation possible d'un islam archaïque. En fait il n'en est rien : car ces pratiquants musulmans de la liberté économique ne se convertissent souvent pas forcément en même temps aux autres requis de la liberté individuelle pour tous. Ils sont souvent fort attachés à la loi du Coran qui contiendrait selon eux en germe "tout le possible des libertés acceptables."

Autre argument aussi avancé aussi par les musulmans modérés : l'archaïsme de leur religion ne serait pas organiquement lié, en fait, avec la théologie ultime du Prophète. Mais alors pourquoi n'y a t-il aucune évolution positive sur des sujets qui "fâchent" comme l'asservissement des femmes, l'hyperréglementation de tous les aspects de la vie, le fanatisme etc...

Autre argument qui consiste à attribuer à l'"Occident impérialiste" la responsabilité principale de la radicalisation récente et dominante de l'islam, et de sa crispation réactionnelle..." En fait, on s'aperçoit vite que ces pressions occidentales se sont produites après les radicalisations de l'islam dans les différents pays."Comment donc expliquer, en l'absence alors de toute pression venue d'Occident, que dès l'indépendance obtenue ( début des années1960), les Etats musulmans anciennement colonisés se soient presque tous empressés d'instituer l'islam en religion d'Etat monopolitique si peu soucieuse des droits de l'individu ?"


C'est bien en fait à la base, le problème de l'antinomie intégrale entre l'individu libre et la structure originelle de l'islam qui bloque toute possibilité à cette religion de s'intégrer dans une société ouverte.



Tahar Ben Jelloum : "La société arabe et musulmane ne reconnaît pas l'individu." Hamadi Redissi, dans Le Monde, le 23/09/01 : "philosophiquement, l'islam a rejeté la souveraineté du sujet de Descartes ou l'indépendance des individus, au motif que Dieu aussi est souverain." En bref, presque nulle part dans le Dar el islam n'existent vraiment de la liberté démocratique (élections libres), de la liberté religieuse, de la liberté de penser et de la liberté sexuelle. L'homme est toujours placé sous la soumission à l'autorité et régi par des rites formels. La femme est doublement soumise : aux dictats de l'autorité masculine, elle-même soumise à la loi du Coran. La femme a éternellement le statut de mineur dans le monde islamique.


    La violence est aussi une caractéristique intrinsèque à l'islam.
    L'intolérance à tout ce qui n'est pas musulman est flagrante. "Une violence qui prend de plus volontiers la forme éruptive du recours brutal et belliqueux à la force." Cette violence se propage d'ailleurs d'abord entre musulmans, "les fondamentalistes n'aimant rien tant que massacrer leurs propres coreligionnaires..." Cf. les attentats et guerres en Algérie, Maroc ( Casablanca), Pakistan ( Karachi), Afghanistan, Somalie,(l'armée des Tribunaux islamiques) et Irak.

http://nicomaque.blogspot.com/2008/12/une-rislamisation-massive-globalise.html

samedi 16 janvier 2010

La solitude produit un un désir lancinant de se faire entendre

"Qu'est-ce qui m'étonna le plus pendant ces premiers jours passés à arpenter la ville? La chose la plus évidente : les téléphones portables.(...) Partout où j'allais, il y avait quelqu'un qui s'approchait de moi en parlant au téléphone, et quelqu'un derrière moi qui parlait au téléphone. (...)J'avais compris qu'un fond de silence n'existait plus depuis longtemps dans les restaurants, les ascenseurs et les stades de base-ball. Mais que l'immense solitude des êtres humains produise ce désir lancinant, inépuisable, de se faire entendre, en se moquant totalement que les autres puissent surprendre vos conversations - moi qui avait surtout connu l'époque de la cabine téléphonique, dont on pouvait refermer hermétiquement les solides portes accordéon -, tout cela me frappait par son côté étalage au grand jour."
(Exit le fantôme de Philip Roth)

Désintoxication

"Courrier des lecteurs :
Il fut un temps où les gens intelligents se servaient de la littérature pour réfléchir. Ce temps ne sera bientôt plus. Pendant les années de la guerre froide, en Union soviétique et dans ses satellites d'Europe de l'Est, ce furent les écrivains dignes de ce nom qui furent proscrits; aujourd'hui en Amérique, c'est la littérature qui est proscrite comme capable d'exercer une influence effective sur la façon qu'on a d'appréhender la vie. L'utilisation qu'on fait couramment de nos jours de la littérature dans les pages culturelles des journaux éclairés et dans les facultés des lettres est tellement en contradiction avec les objectifs de la création littéraire, aussi bien qu'avec les bienfaits que peut offrir la littérature à un lecteur dépourvu de préjugés, que mieux vaudrait que la littérature cesse désormais de jouer le moindre rôle dans la société.

Voyez les pages dans le Times : plus il y en a, pire c'est.Dès que l'on entre dans les simplifications idéologiques et dans le réductionnisme biographique du journalisme, l'essence de l'œuvre d'art disparaît. Vos pages culturelles, ce sont des potins de tabloïde déguisés en intérêt pour "les arts", et tout ce à quoi elles touchent est converti en ce que cela n'est pas. De quelle star s'agit-il, combien cela coûte t-il, où est le scandale? Quelle transgression l'écrivain a-t-il commise, et ce, non pas à l'encontre d'exigences d'ordre esthétique, mais à l'encontre de sa fille, son fils, sa mère, son père, son conjoint, sa maîtresse ou son amant, son ami, son éditeur, son animal de compagnie? Sans avoir la moindre idée de ce qu'il y a d'intrinsèquement transgressif dans l'imagination littéraire, le chroniqueur culturel se soucie sempiternellement de problèmes prétendument éthiques : "L'écrivain a t-il le droit de... bla-bla-bla?" Il est hypersensible à l'invasion de la vie privée perpétrée par la littérature au cours des millénaires, en même temps qu'il se voue de façon maniaque à exposer par écrit, sans recourir à la fiction, de qui on a violé la vie privée et comment. On est frappé de voir le respect que manifestent les journalistes des pages culturelles pour les barrières de la vie privée quand il s'agit du roman.

Les nouvelles de jeunesse d'Hemingway sont situées dans le nord de l'État du Michigan, alors votre chroniqueur culturel se rend là-bas et retrouve le nom des personnalités locales qui ont soi-disant servi de modèles pour les personnages de ces nouvelles. Ô surprise, eux ou leurs descendants trouvent que Hemingway leur a fait du tort. Ces sentiments, si peu fondés ou si infantiles ou même carrément imaginaires qu'ils soient, sont pris plus au sérieux que l'œuvre littéraire, parce qu'il est plus facile pour le journaliste d'en dire quelque chose que de parler de l'œuvre littéraire. On ne remet jamais en cause l'intégrité de l'informateur - seulement celle de l'écrivain. L'écrivain travaille pendant des années dans la solitude, mise tout ce qu'il ou qu'elle a sur son écriture, pèse et soupèse chaque phrase trente-six fois sans pour autant se soumettre aux exigences de la conscience littéraire, du discernement, du but à atteindre. Tout ce que l'écrivain construit, méticuleusement, expression après expression et détail après détail, est une ruse et un mensonge. L'écrivain n'a pas de mobile d'ordre littéraire. Décrire la réalité ne l'intéresse absolument pas. Les mobiles qui le guident sont toujours personnels et généralement méprisables.

Et savoir cela est d'un grand réconfort, car cela montre bien que non seulement ces écrivains ne valent pas mieux que nous autres, comme ils le prétendent, mais qu'ils sont pires que nous. Fameux génies!

La façon dont la vraie littérature résiste à la paraphrase et à la description - réclamant, du coup, de la réflexion - dérange votre chroniqueur culturel. Il ne prendra au sérieux que ce qu'il imagine être ses sources, une forme de fiction, oui, la fiction pour journaliste paresseux. La nature originale de l'imagination dans ces nouvelles de jeunesse de Hemingway (une imagination qui, en quelques pages, a transformé la nouvelle et la prose américaines) est inaccessible à votre journaliste, dont le propre style transforme en charabia nos braves mots anglais. Si vous disiez à un chroniqueur culturel : "Ne regardez qu'à l'intérieur du récit", il resterait muet.L'imagination? Connais pas. La littérature? Connais pas. Toutes les parties subtiles et délicates - et même celles qui ne le sont pas - disparaissent, il n'y a plus que ces gens qui ont été heurtés par ce que Hemingway a fait d'eux. Hemingway avait-il le droit...? Est-ce qu'un auteur a le droit...? Le vandalisme culturel assoiffé de sensationnel qui se travestit en défense des "arts"
dans un journal réputé sérieux.

Si j'avais le pouvoir d'un Staline, je ne le gaspillerais pas à réduire au silence les romanciers. Je réduirais au silence ceux qui écrivent sur les romanciers. J'interdirais toute discussion publique de la littérature dans les journaux, les magazines et les revues spécialisées. J'interdirais l'enseignement de la littérature dans tous les établissement scolaires, du primaire au supérieur en passant par le secondaire. Je prohiberais les groupes de lecture et les chats de discussion sur les livres sur Internet, et je mettrais sous surveillance les librairies pour vérifier qu'aucun vendeur ne parle de livres avec un client, et que les clients n'osent pas se parler entre eux. Je laisserais les lecteurs seuls avec les livres, pour qu'ils puissent en faire ce qu'ils veulent en toute liberté. Je ferais cela pendant autant de siècles qu'il en faudrait pour désintoxiquer la société du poison de votre charabia.

Amy Bellette"

(Exit le fantôme, de Philip Roth)
(Le gras est de mon fait, pas celui de Philip Roth)

vendredi 15 janvier 2010

Fête de la Saint Rémi


Rémi

Le sourire très doux du blondinet de la famille
C’est ce qui frappe chez lui. La beauté naturelle 
De cet enfant mince et frêle, aux yeux bleu-gris 
Couleur ciel et mer quand les vents s’entremêlent 

Très scolaire, premier de classe, bien sage
Mais ses cris de rage percent les murailles
Et exaspèrent tous les gens de passage : 
Ce doux est un orgueilleux, c’est sa faille. 

L’échec au jeu, au travail, le gifle d’un coup sec, 
Ses beaux yeux tournent au gris-vert de tempête! 
Il pince ses lèvres fines, claque la langue agacé
Et recommence tout dans une moue obstinée.


mercredi 13 janvier 2010

De l'idée que : "L'ignorance peut-être une bénédiction."

http://www.drzz.info/article-un-officier-du-renseignement-d-une-grande-nation-oui-le-declin-de-la-france-sert-nos-interets-et-nous-y-aidons--42802260.html 

A lire en complément de cette petite réflexion.





 Je reprends pour la troisième fois ce petit texte en réponse aux commentaires de Nébo et Criticus sous "Un mercredi".http://oralaboraetlege.blogspot.com/2010/01/un-mercredi.html

Ecrit pour la première fois en novembre 2008, l'exemple de Maurer, sa proposition de loi datait de cette époque.


"La guerre était sans nul doute la chose la plus simple à faire, mais c'était surtout la plus difficile à réussir". ( Dantec,Babylon Babies)


J'avoue que ce qui me fatigue le plus ça n'est pas de VOIR ce qui se passe, ni de comprendre à peu près les menaces qui pèsent sur notre civilisation mais d'être entourée de gens qui considèrent "l'ignorance comme une bénédiction" .

Je pense que la France n'aura pas de "guerre" sur son territoire, du moins pas au sens où l'on entend habituellement le terme de guerre avec "guns" comme dirait L.Et c'est bien dommage.
Notre conscience occidentale judéo-chrétienne est si faible, si réduite, lisez la proposition de Maurer, député UMP, hein, pas un de ces salauds de gauchos (1), pour donner des jours fériés aux fêtes musulmanes ! Les islamistes n'auront pas à faire le grand djiad chez nous...Nous lui ouvrons tout grand la porte de notre pays, de notre législation, de nos coutumes et traditions, à ce djiad !! Il y aura terrorisme et guerre dans les pays qui ont encore un peu de conscience occidentale et le souhait de préserver leur culture et leur religion. Mais nous ? La guerre de Troie a DÉJÀ eu lieu et nous l'avons perdue.Dantec peut ouvrir son Pomerol et nous aussi, en fait et nous pouvons en boire tous les jours que Dieu (dé) fait car une simple revue de presse d'un soir suffit à nous convaincre de cette réalité navrante.
La guerre sur le territoire français aura simplement lieu parce que nous serons le passage de ceux qui voudront se battre contre ce djiad ( américains, russes etc...). Et nous serons comme des niais, au milieu des boulevards avec des "bagnoles" qui nous tamponneront au passage et nous ne saurons même pas pourquoi nous mourrons !

L. dit : "j'en ai par dessus la casquette de lire les uns et les autres avec leurs visions apocalyptiques du monde à venir."
M. dit : "Krav MAga et Strike pour le combat!"
I dit : "vous êtes tous paranos."

Oui, "l'ignorance peut être une bénédiction".Et oui nous serions vraiment tentés d'en finir tout de suite et d'achever ce monde qui n'en finit pas de mourir.
Mais en fait, cette "ignorance" bénie et volontaire signifie lâcher ses "armes" ( lectures, éducation de nos enfants, engagements divers et variés) et faire dès maintenant allégeance à ceux qui convoitent notre pays, nos richesses ( bon là ils risquent d'être un peu déçus quand même) notre "occidental way of life" ( oui parce qu'ils ont beau expliquer qu'ils le trouvent "choking", ils l'imiteraient bien volontiers ) et surtout faire allégeance à ceux qui lobotomisent nos cerveaux et s'en prennent à nos libertés.

Je suis éminemment persuadée que toute vie est un combat personnel bien sûr (contre la tentation de l'ignorance, par exemple), mais aussi un combat pour chercher et améliorer au maximum nos civilisations. Cependant,la perfection n'existe pas, l'ajustement à ce qui parait mieux, seul, est possible.(2) Nous sommes toujours dans des ajustements et l'abruti socialiste ou islamiste ou l'ignorant qui veut vivre "pépère" ( l'individualiste) , ces trois catégories qui se pointent en disant : j'ai trouvé le Grand Ajustement qu'il ne faudra plus bouger d'un iota sous peine de faire crouler l'édifice de la perfection, celui là veut figer la vie, le mouvement, la pensée (3), bref tout ce qui fait qu'un homme est libre et cet abruti-là il faut l'abattre car en fait il nous présente une vision de l'homme qui n'a plus rien d'humain.

Reprenons donc nos "armes" c'est à dire notre raison, notre réflexion,nos lectures, notre courage (4), lâchons -pour un moment seulement- nos vraies armes : elles ne sont pas ENCORE utiles. Si elles deviennent un jour nécessaires, et bien, tant mieux, c'est que nous aurons gagné la plus importante des guerres : celle de la Vérité.(5) et (6)

Notes:


1/ http://www.bivouac-id.com/2008/11/08/un-depute-ump-veut-islamiser-les-jo...

2/ "La construction d'un monde commun, distingué de l'anti-monde des totalitarismes et du non-monde du relativisme contemporain, dépendra entièrement de la capacité du sujet à assumer des certitudes INACHEVEES."(Delsol, "Eloge de la singularité", éd.La Table Ronde p 133)

3/Synthèse d'Ellul : "Islam et judéo-christianisme" : "Distinction entre le Coran et La Bible. Le C. est dicté, lettre par lettre à Mahomet.(et l'on ne change rien à un texte qui est dicté. C'est une pensée inscrite et figée). La B. est un recueil de messages étalés sur dix siècles, messages que l’Eglise a accepté ou rejeté après examens et colloques. « La liberté est l’essence même de l’œuvre de Dieu, par l’homme, telle qu’elle nous est montrée dans l’Ecriture . » « La Bible n’est pas un livre dicté, c’est un livre inspiré ».
La Bible est « originée » dans une Parole de Dieu et devient Parole de Dieu quand elle est actualisée par l’Esprit- Saint en l’homme, *par l’homme*. Dieu reprend l’homme comme partenaire pour rendre vie à sa Parole."

4/"Il avait envie de voir les cartes d'état-major. Il avait envie de comprendre les mécanismes stratégiques qui avaient œuvré, invisibles, tandis qu'il courait sous la mitraille."
"Lire permettait de confronter des expériences nouvelles à des savoirs anciens. Toorop savait mieux que quiconque qu'il ne sert à rien de réinventer l'eau tiède, tout particulièrement au cours d'une guerre, face à des ennemis plus nombreux, et techniquement supérieurs."(Babylon Babies p 40)

5/"Les cartes demandaient leur part de sang, et de vérité".(idem, p 38)

6/ Certains combats intellectuels peuvent être gagnés : http://www.lexpress.fr/actualites/2/le-depute-ump-christian-vanneste-blanchi-pour-homophobie_81656.html

Guerre

La lutte est engagée, le combat total,
La guerre est déclarée, le combat terminal
Je cours vers le brasier, je vole vers mes amis
En danger.
Je trébuche dans les cendres gluantes et grises
Sans tomber.

Oh ! Jésus ! Jésus ! Nous sommes cernés !
Je crie ma peur et ma rage dans le fracas des armes
J’allume en tremblant et la mèche s’enflamme
Pourvu que tout explose , le regard est brouillé

C’est la fin. Et soudain Dieu se penche en pleurant
Il me prend dans sa Main, me lève loin de l’enfer
Réfugiée, je ferme les yeux et meurs dans les airs
Dans ses Bras je suis depuis l’aube des temps

Et je ne le savais pas.