jeudi 30 juillet 2009

"Qu'est ce que l'Occident" de Nemo


Synthèse de "Qu'est ce que l'Occident" de Philippe Nemo sur mon autre blog :

http://lajoiedujour.blogspot.com/2009/07/quest-ce-que-loccident-de-philippe-nemo.html

A lire absolument, c'est pas le bout du monde... une centaine de pages environ.
Je l'ai lu sur la plage en Bretagne,chez le coiffeur,et aussi aux urgences de Quimper pour une entaille au pied d'un de mes fistons.Ça se lit donc bien partout.

samedi 18 juillet 2009

Conquête de l'espace, reconquête de l'Homme.


Je reprends ici un petit commentaire laissé chez Ilys, il me paraît tout à fait approprié :

Vae Victis sur Ilys dit :
“Nous venons de célébrer les 40 ans du premier pas sur la lune. Sans nous aventurer à prédire quel sera l’avenir de l’homme dans l’espace, nous pouvons nourrir l’espoir que nous trouverons les moyens d’exploiter les ressources qu’il contient.”
J’ai visité à Paris cette après-midi une petite expo sur ces premiers pas sur la lune (clichés de toute beauté collectionnés par deux passionnés ) et à Pâques j’avais visité le “National Air and Space Museum” à Washington.

Aujourd’hui, j’ai envie de dire que plus que la Conquête de l’espace, ce qui nous manque, à nous et nos enfants, c’est cet esprit de conquête tout court.Qui présuppose un “gaspillage” apparent à la base et qui donne naissance à de vraies créations humaines. Esprit de conquête philosophique, moral et intellectuel. Qui n'hésitera pas à gaspiller des neurones, de la sueur et des larmes, toutes nos vies en fait, pour aboutir à un homme véritable ou abouti. Esprit de conquête par excellence, esprit philosophique car la philosophie, plus qu'une construction de l'esprit, est avant tout un art de vivre. Voilà ce que m'inspire cet anniversaire des premiers pas de l'homme sur la Lune.




La bétaillère de l'espace, au National air and Space Museum.


Une petite explication du Moon Rover au Palais de Tokyo

Le module lunaire, au National Air and Space Museum



Hommes véritables

http://www.palaisdetokyo.com/fo3/low/programme/index.php?page=../partenaires/actu_mezz.php

écouter, par exemple, Dire Strait, Local Hero, la guitare est "spatiale".



mercredi 15 juillet 2009

Caritas in Veritate.

Commentaire du père Sirico sur la nouvelle encyclique de Benoit XVI, Caritas in Veritate.
Là : http://lajoiedujour.blogspot.com/2009/07/caritas-in-veritate.html

De la campagne et de la mer; de la poésie et de la philosophie


"D'où je suis, en Irlande, j'ai vue sur la mer. C'est un monde mobile, pas tout à fait certain, matériel cependant. Je hais la campagne, sa présence écrasante; elle me fait peur. Pour la première fois aujourd'hui je vis dans un endroit d'où je peux, par la fenêtre, contempler la mer; et je me demande comment j'ai pu vivre jusqu'à présent.
Décrivant le monde, inscrivant des blocs de réalité, vivants et irréfutables, je les relativise. Une fois transformés en texte écrit ils se teintent d'une certaine beauté irisée, liée à leur caractère optionnel. La campagne n'est jamais optionnelle; la mer, parfois, si.
La brume ne suffit pas, pas de nos jours; elle n'est pas assez matérielle - on pourrait la comparer à la poésie. Les nuages peut-être, si l'on vivait au milieu d'eux, pourraient suffire. La brume ne suffit pas; mais rien en ce monde n'est plus beau que la brume se levant sur la mer."

(Michel Houellebecq, Interventions 2, "Ciel, terre, soleil")

"On comprend alors qu'il en vienne à développer une autre thèse : certains modes de perception du monde sont eux-même poétiques. Tout ce qui contribue à dissoudre les limites, à faire du monde un tout homogène et mal différencié sera empreint de puissance poétique (il en est ainsi de la brume, ou du crépuscule). Certains objets ont un impact poétique, non en tant qu'objets, mais parce qu'en fissurant par leur présence la délimitation de l'espace et du temps, ils induisent un état psychologique particulier (et il faut reconnaître que ses analyses sur l'océan, la ruine, le navire sont troublantes). La poésie n'est pas seulement un autre langage; c'est un autre regard. Une manière de voir le monde, tous les objets du monde (les autoroutes comme les serpents, les parkings comme les fleurs). A ce stade du livre, la poétique de Jean Cohen n'appartient plus du tout à la linguistique; elle se rattache directement à la philosophie."
(Houellebecq, dans Interventions 2, "l'absurdité créatrice")


à lire avec ce beau clip et beau morceau de De Palmas :
http://www.youtube.com/watch?v=Z8_xIiEuwHg


Si par un hasard inouï quelqu'un lit ces lignes : coupure internet quelques jours, vacances bretonnes, lectures nombreuses.

mardi 14 juillet 2009

C'est ma politique

Photo prise au musée de la NRA, près de Washington : il s'agit du vrai pistolet de l'inspecteur Harry.

Inspecteur Harry :
-"Quand un adulte mâle chasse une femelle avec l'intention de la violer, je tue le salaud, c'est ma politique.
Le maire :
- L'intention? Mais comment saviez-vous?
-Un gars nu poursuit une pépée avec un couteau de boucher et une érection, je peux supposer qu'il ne quête pas pour la Croix Rouge!"

Quand je pense qu'il est question de retirer les flashball pour les policiers! Je rêve...

dimanche 12 juillet 2009

Philosopher

dimanche 12 juillet 2009

Photo prise au cimetière d'Arlington, Washington DC, USA, Pâques 2009

« La clairière ne marque rien de plus qu’une halte temporaire car, de nouveau, nous devons pénétrer dans le haut massif de bois sombres qui se tient devant nous et avale la douceur de cette lumière qui n’aura donc été, lueur frôlant les sables mouvants plutôt que le seuil véritable, que l’entre-deux trompeur, l’orangeraie qu’évoque Yves Bonnefoy, où l’on peut se retenir afin de puiser de nouvelles forces ou, au contraire, s’endormir, croyant que nous sommes parvenus au bout de l’effort. Or, non, celui-ci reste à accomplir, comme le chemin d’ailleurs qui mobilise ses plus secrètes ressources. J’oubliais : no hay caminos, hay que caminar… » (Le Stalker)



Caminar

Je m’engage, seule, dans un petit chemin,

Le vent souffle dans les arbres immenses.

Mille bruits, diffus, éclatants, me dérangent.

Je marche doucement vers un lieu incertain ;

Puis, de plus en plus vite, mon pied avance :

J’ai vu une lumière, me semble t-il, au loin .


Clarté rassurante, clairière paisible,

La fleur est odorante et le papillon voltige.

Je me suis endormie dans une chaleur rassurante

J’ai fermé les yeux sur une lueur aveuglante.

La forêt fraîche et sombre m’a happée de nouveau

Dans ma nuit, enfoncée, dans le gouffre, le saut.


Relevée lentement, la poussière retombe

Doucement.

Où suis je ?


L’arène est lumineuse, le sable brûlant sous mes pas ;

Dans la lumière incandescente, au milieu des vivats

J’ai mon glaive bien en main, rien ne m’atteindra.

La bête est énorme, luisante et noire, l’œil fou.

Je n’ai pas peur, non, je suis déjà morte, c’est tout.

L’ombre immense se lève, oh fraîcheur bienfaisante !

Le soleil tournoie, je suis piétinée, broyée, pantelante.


Je respire et je vis, paupières obstinément baissées ;

Voir sans regarder, savoir sans lire, pas de réalité.

Je me suis ensevelie dans le gouffre – tombeau

Je pensais vivre ainsi cachée au milieu du troupeau.

Mais le monstre m’a trouvée, mon propre cerveau

Il m’a tuée pour de bon , réveillée à nouveau.


Relevée lentement,

Je suis

En enfer

Maintenant


Ballet immémorial, défi transcendantal

Ne pas s’endormir, rester éveillé,

Chercher la vérité, trouver la réalité

Je suis A, petite fille de la forêt,

Je suis A, petite fille du soleil,

Je suis A, entre terre et ciel.






samedi 11 juillet 2009

Ilys, une façon de philosopher, une vision du monde.

Tous les sujets, les plus saugrenus abordés chez Ilys, avec la coupure usuelle de femmes nues plus ou moins belles (les commentaires vont toujours de bon train à ce propos, les avis sont férocement partagés^^).
J'ai mis un commentaire à propos du travail du dimanche et je le retranscris ici avec quelques développements et citations supplémentaires qui expliquent bien cette démarche ilysienne qui peut sembler au premier abord bêtement provocante... Je pense que cela va bien plus loin que la provocation simple et je pense qu'Ylys est une bonne très base de travail intellectuel au sens strict du terme.

J'avais écrit à XP il y a quelques mois ces mots :

Tu pars de la réalité, (soral, caterpillar, une vidéo, une lecture, un fait...) et à partir de là seulement tu creuses le sujet ou tu abstrais l'essence du CAB en l'occurrence mais c'est même pas ça puisque tu en viens à poser une vision de l'homme et ça c'est faire de la philosophie au sens strict du terme.

En ce qui concerne la re-re-re-re-re définition de certains termes que tu emploies comme le libéralisme ou le matérialisme je pense qu'en philosophie les termes sont toujours à redéfinir selon les réalités observées ou posées et là -dessus s'ajoutent des opposants qui ne comprennent pas (premier cas) ou qui ne veulent pas comprendre (deuxième cas) : parfois les deux se recoupent énergiquement.

1/Il y a d'un côté celui qui écrit et de l'autre celui qui lit . (déjà un sacré barrage)

2/Il y a d'un côté une vision de l'homme qui s'oppose à une autre complètement , radicalement différente.(cf ci-dessous la citation de Denis)

3/ Celui qui lit peut :
a) ne rien comprendre de la lecture.

b) comprendre et assimiler pour lui-même.(après éclaircissements argumentations etc..)
c) ne pas accepter cette pensée lue tout en l'ayant comprise.(deux visions de l'homme qui s'affrontent). Il n'acceptera pas soit en opposant des arguments (très rare), soit en repoussant celui qui écrit (le traitant de fou ou de salaud).

4/ pourquoi rare, l'argumentation ad contra : parce que tu remets en cause ce que la personne pense d'elle-même (vision de l'homme) et ça n'est jamais facile d'affronter la réalité brute ou de devoir changer d'avis c'est à dire de changer de comportement, de vie! Les arguments d'ailleurs tombent d'eux-mêmes à un certains niveau : reste alors la personne, celle qui écrit, que l'on peut attaquer.

Exemple concret par le cas du travail du dimanche de ces visions "Catholique à Babouches" :

"Sur le travail du dimanche je suis à 100% d'accord avec toi : prôner l'arrêt du travail du dimanche est une utopie complète et une vaste fumisterie; il faut voir la réalité en face et les cathos. qui vont à la messe le dimanche sont les premiers à acheter un gâteau ou du pain à la boulangère qui bosse.Le seul souci que je vois, c'est ce glissement imperceptible mais réel de banaliser la journée du dimanche et d'en faire, comme dans les pays d'Orient, par exemple, une journée comme les autres alors que notre Occident vit avec ce cycle du dimanche, premier jour de la semaine, rupture spéciale entre tous les jours. C'est un peu la marque de notre civilisation chrétienne et il s'agit de ne pas bannir tous les signes. C'est tout. Mais il y a moyen de concilier les deux et cette manie qu'on a de considérer le boulot en France comme la pire des servitudes est quand même pénible et renversante.

Je pense que les cathos. tradis. qui hurlent au loup pour le "repos" du dimanche feraient bien de considérer leurs femmes pour qui cette journée est souvent un vrai cauchemar : je le dis sans complexes : il m'est plus facile et reposant de bosser le lundi et de reprendre ma semaine que d'assurer correctement un dimanche avec tous les enfants à gérer.ça a toujours été pour moi (et mon mari!) un challenge qui nous a laissé un nombre incalculable de fois sur les rotules! Alors, le repos du dimanche, excuse-moi mais...

Quant à l'avortement : évidemment qu'il y a une réelle pression pour avorter! Inconsciente mais réelle! Si l'on souhaite garder envers et contre tout un enfant handicapé ou trisomique, cela nous est maintenant reproché ouvertement soit par le corps médical, soit par la famille ou les "amis", soit par l'enfant lui-même devenu grand! Conception du bonheur, quand tu nous tiens...

Il n'empêche, là où je te rejoins,XP, c'est que les positions antilibérales des cathos. témoignent de la même structure mentale (pour reprendre tes mots) que celle employée par des régimes totalitaires : volonté d'imposer en dépit du bon sens sa vision des choses. Cela découle de ce qu'appelle Denis une vision pessimiste de l'être humain; je reprends son post excellent : " En fait, on pourrait synthétiser ces deux approches, en disant que le libéralisme est d’autant plus remarquable qu’il fait pousser de l’optimisme en ayant pris grand soin de l’enraciner dans le pessimisme. Raison pour laquelle il est le seul optimisme valable, viable. En termes spirituels (au sens très général du terme) comme en termes matériels, il est le seul à pouvoir réellement PRODUIRE quelque chose."(cf. "social traître" par Marchenoir) Alain Laurent dit sensiblement la même chose : le libéralisme ne signifie aucunement aucune règle de base (de la part de l'Etat et de la part des individus : d'où l'importance extrême accordée par AL à l'éducation)

Passage d'AL : "je m’oppose à l’idée selon laquelle il pourrait y avoir une auto-régulation spontanée des sociétés, en tout cas, des marchés : non ! Il faut qu’il y ait une sorte de réglage préalable de la régulation ou de l’auto-régulation. Ce réglage préalable, il se situe sur deux plans : d’une part, institutionnel ( sous le regard d’un état de droit qui fait respecter un certain nombre de principes et de règles, et deuxièmement, ce qu’on a toujours tendance à oublier, ça dépend également des mœurs c’est à dire de la capacité des individus à se comporter d’une certaine façon raisonnée, responsable, à faire preuve parfois de goût du risque mais en même temps de ne pas délaisser la prudence. Or, si les mœurs, comme disait Montesquieu, si les mœurs ne sont pas là, tout système risque de se dégrader et d’imploser. Donc je soutiens en effet que l’auto-régulation ne se fait pas à n’importe quelle condition."

On peut reprendre l'expression excellentissime de Denis : "to boil down to" : réduire, en terme culinaire. et employé métaphoriquement pour la pensée : réduire à l'essentiel, retirer ce qui n'est pas l'essence même de l'objet, coller au maximum à l'objectif à atteindre, procéder au mieux à des choix qui colleraient à la réalité au plus près : il y a dans les idéologies totalitaires une impatience, (faire le paradis sur terre) qui s'accorde mal avec le terme to boil down to: en cuisson, si vous allez trop vite, vous cramez tout et le fond de la casserole ne sera pas une sauce bien épaisse avec tout l'essentiel des ingrédients qui ressort d'autant mieux, mais une croute difficile à retirer (j'ai une certaine habitude de la cuisine totalitaire!^^; je suis une femme de gauche quand je cuisine, je vais trop vite) qui n'aura plus rien à voir avec les ingrédients de départ, la réalité.

Libéral ne signifie pas du tout sans mœurs ( cf citation deMontesquieu ) c'est à dire sans éthique! Il faut arrêter avec cela! Mais antilibéral signifie que l'on refuse que l'homme se prenne en charge et assume ses choix, surtout les plus compliqués : et ça , ce manque de responsabilisation, c'est la fin de l'homme.Et c'est la structure mentale du musulman qui va voir l'imam même pour des détails anodins de sa vie personnelle (cf Marchenoir et "l'ispice de connasse" qui avant de se faire lapider, demande à son imam comment nourrir et élever son moufflet). C'est reposant, en fait, d'être musulman, c'est être un zombie et non plus un homme. Trop de cathos. glissent dans ce terrain et trop de femmes cathos "soumises" à leur mari ou curé.

Quand je parle des femmes "soumises" à leur mari ou curé, il s'agit non pas d'une libre acceptation de dépendre de quelqu'un d'autre que soi (ce qui est assez difficile, il faut absolument écouter la vidéo mise en ligne par Nebo sur Delsol-Zemmour qui montre bien la contrepartie entre l'homme et la femme : l'amour, la monogamie contre le pouvoir, c'est un peu de cela dont il s'agit dans cette soumission) mais d'une vraie paresse de ne pas assumer certaines décisions toujours imparfaites, avec un gout d'inachevé. Le catho est triste de se sentir la plupart du temps "raté" : il n'a pas compris que c'est ce ratage qui fait de lui la possibilité de grandir, toujours. Le catho (le mauvais catho) est orgueilleux, auto-suffisant. Il y a une fausse humilité chez certains qui est à vomir.

Le catho (certains du moins, pas tous) combat toujours à côté de la plaque, c'est cela que je voulais dire : il fait des grands moulinets avec ses mains, en aveugle complet par rapport à ce qui est devant lui!!
Moi aussi je suis capable de gueuler très fort et de signer quelques pétitions contre le travail du dimanche mais c'est vraiment le truc le plus inutile, stupide, crétin que j'aurais fait (si je l'avais fait) Non! je préfère étudier les faits et les "réduire" au mieux!


Peut-être qu'en avançant petit à petit avec ce qui est posé comme problème nouveau chaque jour, c'est là qu'on devient plus expérimenté et affiné, c'est ça l'Occident!
Nemo dans "Qu'est ce que l'Occident : "Car le combat contre le mal ne consiste pas tant à apporter des solutions nouvelles aux problèmes qui se posent qu'à voir des problèmes et des anomalies là où l'on ne voyait que la nature éternelle des choses. Le plus gros mérite dans ce combat est donc à attribuer non à ceux qui résolvent les problèmes, mais à ceux qui les créent, si antipathiques qu'ils soient par cela même aux conformismes du temps. De fait, créer des problèmes, c'est bien ce que font les prophètes bibliques, ces hommes blessés, inspirés par une exigence morale insolite. Quand ces problèmes seront résolus, de nouveaux problèmes seront signalés par d'autres êtres rendus eux aussi, par un amour qui ne limite pas ses exigences, intolérants à la souffrance d'autrui, et ainsi de suite tant qu'il subsistera du mal dans le monde. Ainsi la blessure de l'amour est-elle grosse d'une cascade de transformations historiques."

Tu comprends maintenant pourquoi c'est toujours des Soraliens ou des CAB qui t'attaquent : ils attaquent parce qu'ils veulent des solutions hic et nunc et que ça, ça n'est pas possible!! Au lieu d'assumer cette bête évidence, il s'en prennent à celui qui met les pieds dans le plat , à celui qui pose les problèmes, qui n'est jamais satisfait complètement!

Nemo insiste sur le fait que, loin de nous enferrer dans la contradiction, cette façon d'avancer est source de réels progrès de civilisation ."

*Vidéo tranmise par Nebo, ici : http://incarnation.blogspirit.com/archive/2009/06/29/homme-femme.html#comments
*La citation d'Alain Laurent est tirée de cette interview : http://lajoiedujour.blogspot.com/2009/06/repenser-la-planete-finance-regards.html

Perpetuum Jazzile - Africa (live, HQ)

A écouter ABSOLUMENT!! Tout à fait à fait fantastique!!
Merci Charles.
Dès que je peux le faire, je mets la vidéo sur ce fichu blog!

http://www.youtube.com/watch?v=yjbpwlqp5Qw

Dans le même ordre d'idée, cela fait plusieurs mois que j'écoute régulièrement B Mashina de Laibach et il y a un moment donné une partie assez stridente et j'ai découvert le même son, exactement, dans la nature : les trilles des oiseaux, à l'aube : si si je vous assure, écoutez bien, vous verrez, c'est la même chose. Très amusant.

mardi 7 juillet 2009

Lord Jim


"Il est plus difficile de vivre avec ce que l'on ne nous a pas ordonné de faire "dit le vieux Walt au jeune curé.(Gran Torino)



Cher Bidule, (1)
J'ai commencé Lord Jim de Joseph Conrad et je me suis arrêtée simplement sur cette phrase dans l'introduction :

"Par un matin ensoleillé, dans le décor banal d'une rade de l'Orient, j'ai vu passer sa silhouette émouvante et significative-sous l'ombre d'un nuage-parfaitement silencieux. Et c'est bien ainsi. C'est à moi qu'il revenait, avec toute la sympathie dont j'étais capable, de chercher les mots qui diraient ce qu'il signifiait. Il était " l'un d'entre nous"."

Au delà de la lumière poétique absolue de cette phrase ou plutôt, par la puissance poétique de ces mots, éclair apocalyptique dans nos esprits, lumière qui troue les ténèbres d'un seul trait, je voulais vous signifier que j'avais compris où se situaient ces fameux hommes véritables que vous appelez de vos vœux et que je cherche aussi.
"Il était l'un d'entre nous".
Tout est dit dans cette humble parole, dans ces petits mots de rien du tout, il est là l'homme véritable, c'est "l'un d'entre nous".
J'avoue que la puissance invraisemblable de ces mots m'a renversée et m'a tout simplement fait pleurer.
Il est vrai que je suis une femme et donc sujette à des tas d'humeurs ou émotions fort peu et mal connues de moi-même et de n'importe quel psychologue que je fuis avec constance.
Néanmoins, je pense qu'au delà de l'émotion larmoyante qui m'a surprise et qui me gêne tout bêtement, car écrire et pleurer dans le même temps n'est pas possible, cette phrase fait simplement référence à une quête personnelle et universelle dans le même temps : qu'est ce qu'un homme ? un homme accompli ? un homme véritable ? La réponse qui arrive ainsi, un jour, par ces simples mots, comme un clin d’œil du Bon Dieu qui me répond fortuitement, mine de rien, au moment où je m'y attendais le moins, au détour d'un chemin plus qu'enchevêtré dans une jungle hostile, peut, vous me l'accorderez, faire pleurer et c'est la moindre des choses.

Qui donc est cet homme, qui est l'homme ? Simplement, répond Conrad, un Lord Jim, un marin confronté un jour à la perte de son honneur : il va fuir devant le danger, abandonner son navire qui sombre et les passagers qui se noient, sauver ainsi sa peau . En gros, pas un héros parfait, mythique, mais un être humain, "l'un d'entre nous". un banal personnage ni meilleur ni plus mauvais qu'un autre, avec certainement d'excellentes excuses pour avoir agi ainsi - il est seul sur le pont, il entend deux voix qui le somment de sauter dans le canot de sauvetage ou plutôt, qui appellent un de ces partenaires à sauter mais ce collègue est mort, il passe par dessus son cadavre et il prend sa place, tout bêtement : qui n'aurait agi de la même façon ?

« Il y avait quelqu’un qui parlait tout haut à l’intérieur de ma tête, me dit-il, l’air un peu hagard. Huit cents passagers et sept canots – et pas de temps !- Imaginez-vous cela ! » Il se pencha vers moi par-dessus la petite table, et j’essayais d’éviter de rencontrer son regard fixe. « Croyez-vous que j’avais peur de la mort ? » demanda t-il d’une voix sourde et passionnée. »

On pourrait simplement dire que dans ce moment de panique absolue et d'une rapidité effrayante - il n'a que quelques secondes pour se décider à sauter ou à rester mourir sur le bateau -, il a agi de façon très intelligente et humaine! Oui, mais il a abandonné le bateau, il a abandonné à un horrible sort les passagers inconscients du danger et ce simple saut fait de lui non plus un héros, mais lâche, un couard, un pathétique être humain, méprisable."L'un d'entre nous". On éprouve une certaine compassion pour ce personnage sans doute parce qu'au fond de nous-mêmes, nous nous retrouvons parfaitement dans cet homme : je le répète, qui n'aurait pas agi de la même façon ?

Pourquoi "l'un d'entre nous" me direz-vous : Lord Jim n'a pas existé pour de vrai, c'est un personnage de roman.
Mais ne savez-vous pas – vous surtout !, cher Bidule- que les personnages de romans rejoignent l'existence de façon tout à fait concrète et réelle -et là, on peut s'interroger sur ce qu'est la réalité !! et je vous mets au défi de nier la réalité de Lord Jim : "j'ai vu passer sa silhouette émouvante..." dit Conrad et je peux reprendre l'écrivain et dire de même : j'ai vu. « Mais où ? » vous écriez-vous avec scepticisme. Oh, pas très loin, à dire vrai : je me suis regardée dans la glace et j'ai vu Lord Jim, sa silhouette émouvante, l'un d'entre nous. Et si vraiment vous avez besoin de « preuves » écoutez cette assertion dite avec simplicité par Houellebecq : « C’est là que le romancier peut inquiéter, parce qu’il a en effet le pouvoir, ordinairement réservé à Dieu, de donner la vie.
Lord Jim vit. » (2)

Ne pas mourir, simplement vivre. Avoir une bonne vie, bien vivre, tel est le souhait le plus tristement banal et déjà fort difficile à atteindre dans ces temps de conjectures où tout peut basculer d'un moment à l'autre et où l'on peut se retrouver du jour au lendemain clochard dans le métro, suicidaire, nu et abandonné comme Lord Jim sur son bateau, en pleine et soudaine tempête. Du jour au lendemain une destinée humaine peut basculer dans l’horreur absolue. Du jour au lendemain on peut aussi réaliser à quel point nous sommes des Lord Jim c’est à dire des êtres dont la vie est jalonnée de choix plus ou moins heureux. Y aura t-il un jour l’épreuve ? Le défi ? Devrons-nous nécessairement choisir entre la vie et la mort ?
Oui, il semble que même dans un non-choix, devant le recul face à l’absolu qui nous est demandé, il semble que nous choisissions, A CHAQUE INSTANT, et que tout acte est un geste de vie ou de mort, d’une certaine façon.
Certes, certains agissements ont une magnitude supérieure à d’autres – c’est le cas de l’acte de sauter de Jim – Mais l’accumulation de petits actes d’apparence anodine peut conduire vers la mort, mort de l’âme, s’entend – ou mort physique aussi, cependant.

Alors, que faire, une fois que l’on s’est décidé à rencontrer Lord Jim ? Que faire une fois que l'on s'est observé dans le miroir, que l'on s'est regardé les yeux dans les yeux, que l'on a admis une fois pour toute la vérité de notre être déchu, misérable, pauvre, mesquin, peureux, fragile ? Que faire ou plutôt, comment vivre avec cette vision horrifique ?
Comme Lovecraft (3), nous pouvons hurler, une fois affrontée la réalité, notre réalité : BARREZ-VOUS. Ne regardez pas, ce que j’ai vu est indicible….BARREZ-VOUS, le risque est immense et il n’est pas sûr que vous puissiez supporter cette vision.

« Tous autant qu’ils sont – je dis bien tous, à condition d’être honnêtes – bien entendu – avoueraient qu’il y a un point – il y a un point – pour les meilleurs d’entre nous – il y a quelque part un point où vous lâchez tout. Et il faut vivre avec cette vérité – vous comprenez ? Etant donné un certain concours de circonstances, la peur apparaîtra immanquablement. Un trac épouvantable. Et même pour ceux qui ne croient pas à cette vérité, la peur existe tout de même – la peur d’eux-mêmes. »

On peut fuir, oui, c'est une solution envisageable, le tableau n'est pas très beau, il faut le déchirer, il est raté, à moitié, dans les détails.
"Le détail qui tue" dit l'expression.

« J’ai sauté… » Il s’interrompit et détourna le regard… » « Il faut croire », ajouta-t-il.
(…) « Il semble bien, en effet, dis-je, dans un murmure. »
Cette affirmation de Lord Jim qui peine lui-même à croire à ce qu’il a fait. Il a besoin de l’approbation de celui qui l’écoute, il ne veut pas croire à sa propre action.
Nous ne voulons pas croire à ce que nous voyons dans ce foutu miroir, c’est d’un banal, d’un triste, c’est une telle déception que ce que cette glace nous renvoie, sans jugement, sans condamnation aucune, non, elle ne fait que renvoyer l’absolue vérité de notre être, de ce que nous sommes en réalité et nous ne pouvons que regarder, regarder jusqu’au dégoût, jusqu’à la lie, jusqu’à baisser la tête, vaincus.
« …il avait effectivement sauté dans les profondeurs d’un abîme éternel. Il avait dégringolé d’une hauteur à laquelle il ne pourrait plus jamais accéder. »

- « Oh ! très chère amie ! « Vous exclamerez-vous avec ironie. « Voyons, voyons, tout n’est pas si laid dans ce que l’on peut observer dans cette glace…Quelques détails me plaisent bien, moi, je suis beau, je suis intelligent, j’ai quelques ressources intellectuelles, morales, spirituelles – vous dites : j’aurais sauté comme Jim mais après tout : qu’en savez-vous ? qui vous dit que moi, oui, moi, je n’aurais pas tout tenté pour sauver ces malheureux, au péril de ma vie ?? Qui vous dit que je ne suis pas ce héros mythique ? –

Et je vous répondrais immédiatement alors, en vous agrippant à la gorge et en ne vous lâchant plus : « taisez-vous ! taisez-vous ! » N’avez-vous pas compris que c’est lorsque vous baissez la tête, lorsque vous vous mettez à genoux, vaincu, silencieux, enfin, n’ayant plus rien à dire, à ajouter, à justifier, à dévoiler, n’avez-vous donc pas compris que c’est alors que vous êtes véritablement un homme ?

« J’ai peut-être sauté, dit Jim, mais je ne prends pas la fuite ».


1/Bidule est un ami imaginaire à qui j’écris de temps en temps pour lui parler de mes lectures ou réflexions en cours.
2/ Ennemis intimes, P 266
3/Démons et merveilles, Lovecraft (« Un petit cliquetis s’éleva dans l’appareil, puis, après un silence, un pitoyable cri de Warren :
- Barrez-vous ! Pour l’amour de Dieu, replacez la dalle et barrez-vous, Carter ! »).

(en écoutant diverses musiques, mais revenir à Hide in your shell, Supertramp)

Fatigue


J’ouvre les yeux, lève la tête, c’est l’heure.
Pourtant, je n’ai pas rêvé et rien vécu cette nuit.
Un sommeil brut, après une fête, ailleurs.
Il va falloir trouver des ressources,qui me fuient .

La tête encerclée, je me lève, (comment?)
Le corps en vertige, les lèvres serrées;
J’avance dans la maison en remarquant
Accablée,le chaos qui surgit par degrés.

Je ne peux fuir la triste,et pesante réalité.
A elle, à mes enfants, je suis enchaînée.
La cage est solide, les barreaux bien scellés;
L’assaut, à moitié morte, il va falloir donner.

L’ennemi est fin prêt,il attaque dur:
Les petits crient, les jouets volent
Les grands ronflent, sans vergogne;
La poussière suinte sur la table,et les murs.

Chaque porte enfoncée révèle un piège
Que je prend dans la figure, sans protection,
Je suis déjà K.O, vaincue, à terre
Mais je dois avancer avec obstination.

Toute la journée, la bataille fait rage
Sans discontinuer j’avance dans mes tâches,
Accablée, submergée, je ne peux mourir,
Il faut vaincre, c’est tout, c’est vivre.

A midi, un arrêt, une accalmie.
L’ennemi reprend des forces,
Forces démesurées cette après-midi
Vague qui m’entraîne loin du port;

Je rame avec rage, je connais les pièges
La persévérance, c’est la force du faible
Le soir arrive, je pose ma laine;
La bête est matée pour un instant,à peine.

vendredi 3 juillet 2009

J’ai pu regarder le soleil de face



Je suis sortie, l’entraînant avec moi ce soir
Dans quelques pas, le long des champs de blé,
Nous nous sommes un court instant échappés
De la maison , contempler le soleil en gloire..

Quelle beauté inouïe j’admirais, me serrant
Contre lui, l’horizon pur, les arbres découpés
Et la belle plaine apaisante, le regard levé
Vers lui qui me souriait et moi soudain songeant

Que si guerre il y aura, je ne mourrai jamais
Parce que j’ai pu regarder le soleil de face
Sans être aveuglée ! Tout était donc vrai !
Je l’aimais, il m’aimait, nous étions plein de Grâce…


(en écoutant quelques nocturnes de Chopin)

jeudi 2 juillet 2009

Pétition Fofana : pour une vraie perpétuité

Pétition à propos de l'affaire Fofana en ligne là :

http://www.institutpourlajustice.com/survey/details/que-faut-il-faire-des-criminels-comme-fofana

Il s'agit de réaliser que la perpétuité requise pompeusement à l'encontre de ce criminel dangereux n'est qu'un leurre : la perpétuité n'existe pas en France. Fofana, avec des remises de peine automatiques (dont le calendrier lui est remis à sa sortie de tribunal) sortira un jour.

mercredi 1 juillet 2009

Savoir écouter, savoir regarder un tableau, savoir lire.


Chet Baker, "Comme si j'avais des ailes"

"A cette époque, cela faisait environ trois ans que je jouais de la trompette. Un jour, quand j'avais treize ans, mon père avait ramené un trombone à la maison. Je m' y étais essayé - sans grand succès - pendant deux semaines. Comme j'étais petit pour mon âge, je n'arrivais pas bien à atteindre la dernière position et l'embouchure étais trop grande pour mes lèvres. Après une quinzaine de jours, le trombone disparut et fut remplacé par une trompette. Elle était beaucoup mieux adaptée à ma taille et je fus tout de suite capable d'en tirer quelques sons. Je me mis à suivre des cours d'instrument à l'école, mais j'avais énormément de mal à lire la musique. Je dépendais entièrement de mon oreille, ce qui créait des problèmes constants avec M. Kay, le directeur de l'orchestre. Je faisais partie de la fanfare, où j'appris toutes les marches de Sousa d'oreille, et aussi la formation de danse de l'école. A l'origine, mon père voulait que j'étudie le trombone parce qu'il admirait énormément Jack Teagarden, mais sa déception diminua peu à peu quand il constata mes progrès à la trompette - en fait, il appréciait aussi Bix.
Quand je revins en Californie après ma démobilisation, mes parents avaient réussi à s'acheter une jolie petite maison avec deux chambres située au 1011 de la 16è Rue, à Hermosa Beach, sur la colline surplombant le Highway 101. Ce fut le premier logement qu'ils soient parvenus à posséder. En 1949 je décidai de tirer parti des allocations de CI auxquelles j'avais droit et je m'inscrivis à El Camino Junio Collège, à Lawndale. Je choisis la musique comme matière principale et l'anglais comme matière secondaire. De nouveau, je fus confronté au même vieux problème : mon oreille. El Camino, à cette époque, n'était pas vraiment une université comme les autres : les cours avaient lieu dans ce qui ressemblait pour moi de façon suspecte à de vieux baraquements militaires.
C'est à El Camino que je fis la connaissance d'Andy Lambert. Il avait un frère nommé Jack qui commençait à avoir du succès comme acteur de cinéma. Andy jouait de la basse dans un trio à Hermosa Beach, dans un bar appelé le High Seas. Il avait une trentaine d'année et s'était engagé dans la Navy, où il avait perdu une jambe. Il se débrouillait assez bien avec une jambe en bois. Nous devînmes amis et il m'invita à venir faire le boeuf au club avec son orchestre.
Andy fut aussi la première personne à me faire découvrir l'herbe - que Dieu le bénisse! J'adorai cela et continuai à en fumer pendant les huit années suivantes, jusqu'à ce que je commence à prendre des substances plus dures et finisse par être accro à la came. J'aimais beaucoup l'héroïne et l'utilisai presque constamment, sous une forme ou une autre, pendant les vingt années suivantes (y compris la méthadone, qui ne procure, cela dit, aucun sentiment d'euphorie, sauf si l'on est clean).
(...)
Après cela, chaque fois que je pouvais, je passais chez Jimmy Rowles entre midi et une heure - parfois il dormait quand j'arrivais -, mais il me traitait toujours bien et m'invitait toujours à rester. J'attendais qu'il ait pris son petit déjeuner puis je lui demandais de me jouer quelque chose. J'avais l'impression qu'il connaissait plus de morceaux que n'importe qui d'autre que j'aie recontré. Les morceaux intéressants, en tout cas. J'appris énormément de lui; comment, notamment, rester simple, comment ne pas en faire trop à la trompette.
Il me semble que la plupart des gens sont impressionnés par seulement trois choses : quand on joue vite, quand on produit des notes aiguës et quand on joue fort. Je trouve cela un peu exaspérant, mais j'ai beaucoup plus d'expérience maintenant, et je réalise que probablement moins de deux pour cent du public sait vraiment écouter. Par écouter, je veux dire suivre un musicien dans ses idées en relation avec la structure harmonique, et si elle est complètement moderne.

http://video.google.fr/videosearch?q=chet+baker&hl=fr&emb=0&aq=f#
http://video.google.fr/videosearch?q=chet+baker&hl=fr&emb=0&aq=f#
http://video.google.fr/videosearch?q=chet+baker&hl=fr&emb=0&aq=f#