mardi 29 septembre 2009

synthèse de commentaires sur Ilys.

XP :" Si l’on en croit Philippe de Villiers, Sarkozy lui aurait dit un jour”Philippe, tu as de la chance: tu es attaché à la France charnelle, ses terroirs, ses paysages, et moi, tout ça me laisse froid. Je ne m’intéresse qu’à l’avenir”."


Petite synthèse du fil "la bonne étoile" : http://ilikeyourstyle.net/2009/09/19/bonne-nouvelle-des-etoiles/

Les électeurs de Sarko : des gens qui ont compris que le bateau a coulé depuis belle lurette et qu'on sauve ceux qui flottent à la surface. C'est pas joyeux mais réaliste.On cherche à sauver ses meubles, ses proches, sa famille. Sarko. parait le mieux placé pour aider matériellement à la manœuvre, le discours anti-immigrationiste de LePen est has been : les cpf sont là, et l'immigration massive ne va tout simplement pas stopper net (ce qu'il faudrait) et de plus, ces derniers ont une démographie nettement supérieure à celles des français de souche. Pour un lepéniste, le bateau navigue encore, pour un sarkosyste, il est au fond de l'eau, en quelque sorte.
XP : "Vous vous trompez sur un point, en laissant entendre que les français s’illusionnent en s’imaginant que la solution est viable à long terme. Ils savent que le long terme leur échappe, alors ils pensent au moyen terme et à leurs familles, et ils s’en vont… Exactement comme en 40, les paysans pensaient à sauver les récoltes… Aucune indifférence au sort du pays là-dedans, seulement le fait qu’ils avaient pris acte que la solution politique et militaire n’étaient pas de leur ressort. Et c’est très bien, que ça se passe comme ça. Compte tenu des circonstances, ça ne pouvait pas mieux se passer.Les français ne baissent pas les bras, il se trouve seulement que les contingences matérielles, les réalités, le souci de leurs familles leur a fait comprendre qu’il ny a pas de solution politique à terme et qu’il faut mieux se préoccuper de ce sur quoi on a prise. Qu’il y en aura une un jour s’il se passe un événement extraordinaire, imprévisible à ce jour, dont ne sait pas s’il aura lieu, quelle forme il prendrait, quand il se produirait, et qu’il est raisonnable de faire comme s’il n’aura pas lieu…. Un peu comme il était raisonnable, en 40, de penser aux récoltes avant de penser à une hypothétique défaite de l’envahisseur."
La difficulté pour certains est de prendre acte de cette "défaite" ou naufrage. L'immigration ne serait pas si massive que cela.Vae Victis écrit à juste titre : "Il suffit de marcher dans les rues pour le voir. Ouvrir les yeux. Vendredi je rentrais avec un collègue Gabonais. Encombrait le trottoir une gamine métissée avec sa mère blonde. Il m’a glissé fièrement : “Un noir a encore frappé”. Si lui le voit, si moi je le vois, pourquoi pas vous ?"
Autre objection : l'immigration n'est pas grave si elle bien gérée et si les immigrants réussissent leur intégration. VV répond : "C’est justement ce qui en a fait des gens si dangereux. Justement parce qu’ils nous ressemblaient, qu’ils connaissaient nos points faibles et la manière de les exploiter, qu’ils maitrisaient nos techniques industrielles ou militaires.La racaille de banlieue, ce n’est rien d’autre que de la piétaille. Il lui manque des chefs pour devenir une force politique. Peut-être ne sont-ils pas encore nés. Mais en dégageant une élite chez ces étrangers, nous y œuvrons assidument. Plus ils nous ressemblent, mieux ils s’expriment, plus ils sont aptes à manier la plume et les concepts, plus ils sont occidentaux en un mot, plus ils sont dangereux."
Troisième objection, assez courante : c'est le libéralisme qui mène à cette mondialisation et à l'uniformisation des hommes et des valeurs. Laurent : "“puisque tout le monde sait que c’est le libéralisme marchand qui prépare tout cela dans le monde : le métissage, l’uniformisation des identités et des valeurs…” Ne pas oublier, répond Vae Victis que la mondialisation est d'abord un fait, pas une idéologie au service des puissants de ce monde (comme le dirait n'importe quel socialiste ou marxiste, disons ceux qui ont une vision binaire, dualiste du monde) : "La mondialisation – ce que personne ne semble s’apercevoir – c’est moins un concept, qu’une réalité technique. Ce qui fait la mondialisation ce sont des porte-conteneurs, et des avions en moindre partie. C’est du technique, qui raccourcit les distances et réduit les coûts de transport. Mais des mondialisations à différentes échelles l’humanité en a déjà vécues des milliers. Quand nos ancêtres faisaient le commerce des esclaves et du sucre sur des navires hauturiers, ils participaient à la mondialisation de leur temps. Quand plus tard ils ont colonisé l’Asie, fait le commerce du thé et du caoutchouc, implanté des fabriques et des tramway à Colombo, ils ont encore réalisé une nouvelle mondialisation." Il n'y a pas à moraliser quoique ce soit là-dedans; la mondialisation existe, elle est neutre. Par contre, ajoute VV, si on on idéologise ou plutôt si on psychologise ce fait, on en tire une religion (Steiner dirait une théologie de substitution), un impératif et le métis devient obligatoirement l'aryen du XXIè siècle pour reprendre la formule d'Xyr. De plus, cette soi-disant uniformisation des valeurs et des identités ne tient pas face à la réalité : depuis que la mondialisation (qui a toujours existé) a pris de l'ampleur , on peut constater que la distinction des identités est de plus en plus marquée.XP explique : " L’arrivée des fast-food coïncide rigoureusement avec l’implantation des bouchons lyonnais en dehors du lyonnais, pour ne prendre qu’un exemple.Depuis la fameuse américanisation/mondialisation, on en a jamais autant bouffé du terroir, de la diversité."

Notes :
1/Petit passage de Delsol dans "Eloge de la singularité" à propos des particularismes ou des "collectifs identitaires".(Chapitre : "Les valeurs communes comme langage") "Nous passons d'un type de querelle à un autre : de la lutte des universels à la lutte des particuliers. Dans la société de la modernité tardive, on ne s'invective plus au nom des idéologies, mais au nom des identités. Les individus se regroupent autour de leurs préférences pour tel ou tel mode de vie, autour de leurs appartenances culturelles ou d'un statut de victime historique à revendiquer : je ne suis plus adepte de tel ou tel Grand Soir, je suis jeune, basque, femme, ou protecteur de la nature.

(...)
La société contemporaine des identités additionnées traduit la réduction de la figure européenne de l'être humain, son extrême appauvrissement.... Au cours du siècle écoulé, on a réduit l'être humain tantôt à sa classe, tantôt à sa race
(...)
L'individu revendique sa particularité dans un ensemble plus général où il s'additionne aux autres - le groupe identitaire résumé dans un caractère. Mais le sujet personne revendique sa singularité en désignant des référents universels auxquels il ne se réduit pas.Le particulier n'est que partie d'un tout, le singulier est un tout en lui-même, d'où l'unité de la personne."

2/ l'article passionnant de Vertumne ( http://ethnocide.blogspot.com/2009/09/tropicalisation-de-leurope.html ) sur la tropicalisation de l'Europe, ceci à mettre en lien directement avec la remarque de VV sur la "substitution ethnique". Avec quelques idées pour combattre efficacement cette fameuse tropicalisation dans ce commentaire : https://www.blogger.com/comment.g?blogID=3134568164781502698&postID=5819831531963892781&isPopup=true&pli=1

Aux dernières nouvelles le monde va très mal.

http://www.youtube.com/watch?v=DijFcEg-f34&feature=related

Ou cette vidéo, plus explicite :
http://www.youtube.com/watch?v=fxs37SzUo7A

Ensuite la machine à écrire vivante se branche sur le réseau mondial du flux satellitaire de l'information permanente : les Troupes de la République corse du Val-de-Marne appellent à marcher sur les lignes tenues par la Fraction Révolutionnaire Anarchiste de Disneypolis. En réponse le Rassemblement Unitaire anti-fédéral a repris sa campagne contre les positions tenues par la Garde François Mittérand du Front Socialiste pour l'Instauration Obligatoire de la Liberté, et ce dans toute la banlieue est.La machine zappe, court d'une fréquence à l'autre: le Groupe Salafiste pour le jihâd et la conservation de la foi dans les territoires occupés de la Seine-Saint-Denis a semble t-il entrepris des représailles contre ses rivaux du Mouvement Islamique pour l'instauration immédiate de la charia-Commandement Général Nord. Mais la pression exercée sur lui d'autre part par les soldats de l'Union pour la Croisade Républicaine l'oblige à interrompre ses opérations. Il semblerait également que les milices du docteur Kissplin, un journaliste-écrivain reconverti dans la politique, les Gardiens de la Démocratie Eclairée, se soient emparées d'un point stratégique de Lamotte-Beuvron tenu par la formation paramilitaire du "capitaine" Moquette, un ancien politicien reconverti dans le sport de masse, les affaires mafieuses, puis leur consécration dans la guerre civile, la Coalition Libérale pour la Dictature du Peuple. D'autre part les Forces Unies pour le Droit Humain et contre la Civilisation Oppressive se sont associées avec les Groupes Autonomes pour le Changement Général et seraient aux prises avec l'armée naturelle-socialiste du prédicateur boudhisto-écologiste Boris Videl, pour le contrôle du Massif Central.On dit que le groupe Défense des Valeurs Patriotiques-Contemporaines se serait joint à ce dernier, mais que les Cellules de Combat de la Confédération Occitane auraient quant à elles pactisé avec l'autre bord. Un peu au nord de Compiègne, des combats font rage entre les troupes des séparatistes de Picardie, et les forces du Front Parisien. On note aussi, dans la région du Pas-de-Calais, de nombreuses opérations menées de part et d'autre de la "frontière" avec la République Wallonne par des éléments de l'Alliance pour la Désunification de l'Europe de concert avec le Parti Social-Régional Autarcique contre les unités de mercenaires bruxelloises conduites par le condottiere serbe Pavel Gorkic.
Lyon est depuis le début des hostilités la proie d'au moins une dizaine de groupes rivaux d'importance, dont deux factions militaires ennemies, celle des "capitaines rebelles du Rhône" contre celle de l'Autonomie Générale Lyonnaise.Les formations du Centre des Ultra-Républicains y combattent les Noyaux Nihilistes "Netchaiev" et l'Organisation Révolutionnaire Populaire de tendance néoguévariste. Les Islamistes du Commandement Général Sud y combattent tout le monde.
A l'est de l'arc conurbain, les partitionnistes germanophobes du lieutenant-colonel Rossberg et du Mouvement pour l'Indépendance Totale de l'Alsace-Lorraine affrontent les partisans de la Nouvelle-Bourgogne rassemblés sous la bannière du nouveau"Sanglier des Ardennes", un soi-disant descendant du fameux Connétable, et ses unités de "Téméraires".
La machine semble aussi confirmer la rumeur d'une reprise des combats pour le contrôle de Neuilly sur Seine et de Saint Germain-en-Laye entre la Ligue Luddite Néo-Nihiliste, alliée au Front Uni Contre l'Impérialisme Andocentriste, et l'Armée Rouge des Post-Bolchéviques Pop.
Au sud du pays, les hommes de main de l'Union des syndicats du Tourisme Universel ont déployé leurs formations paramilitaires à partir de Saint-Tropez, et combattent maintenant les unités du Groupe Armé pour la Défense de la Ruralité Convivialiste;
La désagrégation est si totale qu'on ne peut plus recenser les milices privées, les bandes armées, les factions militaro-politiques, les organisations fanatiques qui s'affrontent sur ce qui ne peut plus s'appeler une nation, ni même un territoire.
Après la division initiale du pays entre partisans du premier ministre (Gouvernementaux), la téralogie finale du progrès a poursuivi son mouvement infini de division cancérigène.
On sait que les vigilantes de l'Église de Scientologie combattent avec les Forces du Conseil Militaire de Restauration Nationale du général Debrelle, par contre les militants francs-maçons du Rite Ecossais Rectifié se sont rangés aux côtés de la "Junte des Colonels" du Comité Populaire du Salut public.On dit que les Raéliens entreprennent des négociations avec les Brigades Vertes de la coalition écologiste radicale dirigée par Jacinto Ramirez, alors que les adhérents de la secte Moon prêtent depuis longtemps main-forte aux unités de l'Armée de Libération du Seigneur, importée depuis l'Ouganda par un marabout de la porte de Clignancourt.
Les Basques ont autodécrété leur indépendance dès le début de la guerre civile mais font désormais face à de très violentes luttes de factions, en particulier entre l'Euzkadi-Nord et son homologue du Sud. D'autre part, des Béarnais anti-indépendantistes se sont regroupés dans les Forces Libres de Navarre et avec l'appui de supplétifs espagnols ne cessent d'opérer de part et d'autre des Pyrénées;
Des volontaires russes, serbes, croates et des mercenaires hindous et népalais combattent dans les Alpes au sein des divisions sécessionnistes de l'Union Démocratique Transalpine, ou bien dans la Légion Française des Volontaires Occidentaux, contre les maquis islamistes du sheik whahhabite Omar Kajhkhali, un mollah d'origine algérienne venu de la banlieue de Toulouse, mais aussi contre les Réseaux Armés de la Résistance Maoïste du Dauphiné.
Les forces du Front Uni-Languedoc guerroient contre les colonnes de la Province Libre d'Aquitaine, les sécessionnistes de la République Celtique du Finistère affrontent les guérilleros de la Division "Du Guesclin", les Groupes Armés pour la Libération des Animaux sont désormais aux prises avec la police militaire de l'Etat Libre de Monaco.
A Marseille ce sont les militants locaux du jihâd Islamique des Quartiers Nord qui se sont divisé la ville avec d'une part la Phalange Provençale du professeur régionaliste Plantinet, d'autre part les supporters de l'Olympique de Marseille regroupés sous le nom d'Union des Combattants Phocéens.
Les autonomistes monarchistes de Vendée affrontent les troupes loyalistes gouvernementales, alors que dans la région du Val-de-Loire, les forces légalistes présidentielles sont aux prises avec les néo-paganistes zoroastriens du Nouvel Ordre Solaire d'un côté, et les suprématistes noirs de la Malcolm-X-Organisation de l'autre.
L'eurodollar a été officiellement introduit dans les zones sous contrôle du Protectorat de l'ONU, c'est-à-dire le Mont-Saint-Michel et Paris intra-muros, mais partout ailleurs c'est la confusion la plus totale, documentation en ligne sur l'écran-organe de la machine : les Gouvernements continuent d'utiliser l'euro, mais leur première scission (Armée Républicaine National-Progressiste)a rétabli le franc. Les Royalistes sont revenus aux anciennes mesures d'avant l'introduction du système métrique.Leur monnaie officielle est le nouveau-louis. A l'Est on sert de l'euromark, la monnaie euro-germanique nouvellement introduite sur les marchés. Les Islamistes ont leur dinar. Les mercenaires slaves viennent avec des roubles et des zlotys. Dans le coin, selon les espèces étalées par petites liasses sur le bureau, près de la machine-organisme, on sert de la manne de l'ONU, de l'argent des Gouvernements, comme des divers assignats locaux, tel celui, rutilant, avec la tête de Karl Marx, et l'acronyme de la Banque Internationale de la Révolution, sponsorisée par un pool d'organismes financiers "éthiques".
Aux dernières nouvelles le monde va très mal.
(Villa Vortex, Dantec)

jeudi 24 septembre 2009

Souvenir (à partir de Spieluhr)

(Hoppe, Hoppe Reiter,

Hue Hue Cavalier,

Ta vie a commencé,

Surtout ne pas t’arrêter.)


Il a bougé, cette nuit, il a gigoté, joyeux et ravi.

Parfois avec un pied, souvent en prenant appui

Sur les deux il veut s’étendre et fait son caprice.

De mes mains, je l’englobe, il se fige, tout surpris.


Et là, c’est une avalanche de signes et de quêtes

Il se tourne en tous sens, s’agite et me guette

Je le caresse avec force, avec amour, avec rage

Mon bébé, mon amour, ma paix, mon orage.


Au cœur de la nuit, allongée, l’étrange agitation

Mouvante, douloureuse, brutale et éperdue

Délicieuse, évidente, douce, pleine de retenue

Je le sens grandir, irrésistible actualisation.


Parfois, épuisé, il s’endort et ne bouge plus.

Inquiète, c’est à mon tour de m’agiter,

La main sur le ventre, instinctive et pressée

Donne vie à celui qui n’en peut déjà plus.


De nouveau alors, mollement, il remue

Un peu, se laisse porter par l’onde lourde

Pleurniche en silence, suçote son pied, son poing

Tourne sur lui-même et se niche dans un coin.


Double vie à mener, à porter jusqu’à la fin

Trop intense, trop immense et cependant si simple.

Autour de moi, les autres, tout est vain.

C’est un monde si vaste que mon ventre contient.

mardi 22 septembre 2009

être mère

-Fiston, j'ai commandé un CD de Rammstein.
-quoi?! mais tu peux pas écouter ça m'man!!
- mais pourquoi?
- ben t'es maman! Tu dois écouter des trucs de mamans!!

Action : à lire simplement.

J'ai écrit au patron de l'hébergeur Haut et Fort ce mot.Je vous invite à faire de même.Il faut aller sur le blog du Stalker pour bien comprendre les enjeux.
http://stalker.hautetfort.com/archive/2009/09/10/s-il-ne-doit-en-rester-qu-un.html#comments

Dernière minute : ne plus écrire à ce fameux patron de Haut et Fort, à la demande même du Stalker. Ne pas commenter ni réagir.

Monsieur,
je lis depuis deux ans environ le blog de Monsieur Juan Asensio, le Stalker et je regrette que sur simple plainte de deux personnes strictement inconnues du grand public et de lecteurs plus avertis vous ayez jugé bon de supprimer 4 notes du Stalker. Ces notes étaient des réponses à des attaques pour le moins douteuses (et ad hominem) de V. S. et des réponses pour le moins argumentées et précises.
Vous prenez le risque de voir se fermer la Zone de Monsieur Asensio, et ce blog, je le dis sans fard ni grandiloquence, justifie à lui tout seul l'intérêt d'internet.
Vous avez pris un risque immense, une décision grave dans ce qui n'est pas une simple "guéguerre" entre deux personnes mais quelque chose de profondément métaphysique (là aussi je pèse mes mots) et vous pouvez rattraper ce qui est sans doute une erreur de jugement car je veux croire que les enjeux intellectuels, moraux et donc spirituels (n'ayons pas peur des mots) ne vous ont pas échappés.
Bien à vous,
***
Mère de famille nombreuse, lectrice.

samedi 19 septembre 2009

Le bonheur est un péché.

"Prenez n'importe quel grand système d'éthique.Est-ce que tous ne recommandent pas de renoncer à toute joie personnelle? Sous des formes différentes, ne retrouvez-vous pas toujours le même leitmotiv : le sacrifice, le renoncement, l'oubli de soi? N'es-ce pas notre époque. Tout ce qui est agréable, de la cigarette aux plaisirs physiques, et à la recherche des joies de ce monde, est considéré comme répréhensible.Comme dangereuse. Voilà où nous en sommes arrivés, à considérer le bonheur comme péché. Nous avons pris l'humanité à la gorge.Offrez votre premier-né en sacrifice expiatoire; couchez-vous sur un lit de clous; allez dans le désert mortifier votre chair; ne dansez pas; n'allez pas au cinéma le dimanche; n'essayez pas de devenir riche; ne fumez pas; ne buvez pas. Et tout cela relève de la même idée. Une grande idée! Les imbéciles s'imaginent que ces tabous sont des non-sens, les reliquats d'une époque disparue. Mais il y a toujours un but à ces non-sens. Chacun de ces systèmes d'éthique qui prêchait le sacrifice de soi a régné sur des millions d'hommes.Bien entendu, il faut déguiser votre pensée. Dire aux gens par exemple qu'ils parviendront à une forme de bonheur plus haute s'ils renoncent à tout ce qui les rendrait heureux. Vous n'avez pas besoin de vous exprimer très clairement.Employez de grands mots vagues tels que "Harmonie universelle", "Esprit éternel", "But divin", "Nirvana", "Paradis", "Suprématie raciale", "Dictature du Prolétariat".La corruption intérieure, Peter, le moyen le plus ancien, la farce qui a réussi et qui réussira toujours. Et pourtant le piège serait si facile à éviter.Lorsque les hommes entendent un prophète leur parler de sacrifice, ils devraient s'enfuit comme devant la peste.Car là où il y a sacrifice, il y a quelqu'un à qui ce sacrifice profite.L'homme qui exalte le sacrifice parle en réalité de maîtres et esclaves avec l'intention, bien entendu, d'être le maître.Mais si vous entendez au contraire un homme vous dire que vous devez être heureux, que c'est votre droit naturel, votre premier devoir envers vous-même, alors vous pouvez être sûr que cet homme n'a aucune mauvaise intention et qu'il n'a rien à gagner de vous. Mais lorsqu'un homme parle ainsi on dit de lui qu'il est un monstre d'égoïsme."
(La Source vive d'Ayn Rand)

vendredi 18 septembre 2009

Tous les péchés sont des péchés mortels.

"On tendit une tasse de café au prêtre, qui sortit de sa poche une petite flasque et se versa une copieuse ration dans la tasse.
"Blague à part, dit-il, cette affaire de péché véniel-péché mortel, c'est dépassé. Quelque chose que les scolastiques ont inventé pour faire passer les longues soirées d'hiver. Tous les péchés sont des péchés mortels. En d'autres termes, tous les péchés sont des péchés véniels. Ce qui importe, c'est l'amour. Plus il y a d'amour, moins il y a de péché.Je prêchais l'autre jour dans une retraite pour hommes et je leur ai dit, mieux vaut coucher avec une prostituée par amour en quelque sorte, qu'avec sa femme par habitude. Il semble que certains m'aient pris au mot, et l'évêque est plutôt fâché!"
(La chute du British Museum, de David Lodge)

Make my day


Ruines sur ruines, dans ma vie et mon pays

Doucement le poison se répand et produit son effet

Dans mes veines, mon cœur et mon esprit

Je m’endors, ferme les yeux sur la réalité, les faits.


Tout le sel de la terre, les joies les plus simples

Un bon repas mitonné, une bouteille de rouge vin

Qui cale son homme et réchauffe son sang et ses nerfs

Et qui transforme sa sauvagerie en amour dont il a faim


Tous les plaisirs, tous nos plaisirs calculés et comptés

A l’aune de la maladie, de la morale, de la mort !

Fumer tue, manger mais pas trop car pour la santé

C’est mauvais ! Boire sans ivresse, avec remord…


Ruines sur ruines, dans ma vie et mon pays

Doucement le poison se répand et produit son effet

Dans mes veines, mon cœur et mon esprit

Je m’endors, ferme les yeux sur la réalité, les faits.


Derniers espaces de liberté, ma forêt inaccessible

Et secrète, ma demeure cachée, mon village oublié

Mais là aussi le poison mortel veut se glisser :

Trop d’enfants, c’est bizarre, chez vous, madame !


Je m’échappe en voiture et nul ne peut me rattraper

Ils l’ont bien compris et veulent donc m’arrêter !

Un seul moyen : briser les ailes de mon destrier

Et leur armée de papiers guette dans ma forêt…


Sur les ruines de ma vie et de mon pays je m’éveille

Et me dresse : le serpent siffle et crache son venin

Mais avec mon amour, mes enfants et mon Ciel

Je l’écrase, et lui tord le cou de mes deux mains !







Go ahead, make my day



Trouvé là cet article :
http://www.francbelge.be/2009/08/08/go-ahead-make-my-day/

Go ahead, make my day

Le Monde diplomatique a publié récemment une critique de l’œuvre de Clint Eastwood. Si son analyse est assez pertinente sur les caractéristiques des sujets que le cinéaste a traités en quarante ans de carrière, leur lecture marxiste est assez irritante.

Philippe Person commence par rendre hommage au talent de faiseur du cinéaste et à son charisme. Ce point est difficilement contestable, même si l’on peut lui reprocher un certain académisme. La critique porte en fait exclusivement sur les thèmes du cinéma Eastwoodien : d’abord, une vision passéiste et réactionnaire de l’Amérique ; ensuite, une fascination pour l’individu, sans égard pour la société ; puis, son attitude élitiste et aristocratique ; finalement, son goût prononcé pour la liberté.

Eastwood est peut-être le cinéaste de la nostalgie. Avec une telle carrière, tant de rôles archétypes, ce n’est pas surprenant. Cela n’en fait pas automatiquement un cinéaste réactionnaire. En s’attachant à l’individu plus qu’à la société, il se pourrait qu’Eastwood soit avant tout un cinéaste de l’intime. En s’attachant à des héros qui s’écartent du troupeau, il se pourrait qu’au lieu d’être un fasciste, il soit plus intéressé par la transcendance que le matérialisme. Enfin, son goût pour la liberté n’est égalé que par son insistance sur la responsabilité personnelle. Son héros finit souvent par payer son intransigeance.

En somme, ce qui échappe au critique, c’est le sourd désespoir, la profonde désillusion des films de Clint Eastwood. Tous ces héros solitaires, cherchant vengeance et rédemption, expriment aussi le désarroi de l’Homme face à son époque : un héros seul face à ses démons, à son destin, que la société rejette. Eastwood n’est jamais très loin de la tragédie et ses héros se débattent dans la mélasse morale, contre eux-mêmes tout autant que contre la société. Ce désespoir fait du cinéma eastwoodien un récit paradoxalement très contemporain. En montrant les turpitudes de losers célestes dans un monde tel qu’il est, froid et individualiste, il est bien plus actuel qu’un cinéma social à message, désincarné dans l’idéologie.

mardi 15 septembre 2009

Rendre justice au passé

"On croit couramment que c'est cela la transmission : cet embaumement d'un passé que l'on se passe avec soin, comme une momie. Mais tout au contraire, cette sacralisation des œuvres du passé signifie que l'on ne sait plus transmettre des choses vivantes, susceptibles de subir les transformations nécessaires et de susciter le désir de permanente création.Si les époques de doute sont aussi celles où l'on sacralise les contenus de la tradition culturelle, c'est que l'éducateur privé de ferveur vit sur les œuvres de ses ancêtres fervents, il se repaît sans le savoir de leur enthousiasme qu'il méprise. Celui qui se veut délivré de toute transmission devient paradoxalement un idolâtre, car il ne connaît plus les gestes inauguraux de la création. Il conserve fiévreusement ce qu'il ne peut plus remplacer. Il refuse de jeter parce qu'il se sent incapable de créer à nouveau. Peut-être la floraison et le succès des musées indiquent-ils paradoxalement la fin de l'art."
(Delsol, "Qu'est-ce que l'homme?")

Inspecteur Harry (dans "l'inspecteur Harry ne renonce jamais") :
"Nous bricolons quand la baraque fout le camp"
"Rendre justice aux choses du passé"
"Ils veulent des résultats mais chipotent sur les moyens."
"J'ai fini de philosopher."



vendredi 11 septembre 2009

C'est vraiment pas gagné.

Poésie, de nouveau :

Maman :
-"Déjà septembre,
Finies les vacances,
L'école recommence."

Les jumeaux, ensembles :
-Dézà les vacances...

Maman, un peu lassée, fatiguée même, impatientée, au bout du rouleau :
-Bon, allez jouer dans le jardin...

jeudi 10 septembre 2009

Après prendre un bon café*, s'habiller.



*Prendre un bon café
http://oralaboraetlege.blogspot.com/2009/08/prendre-un-bon-cafe.html

mardi 8 septembre 2009

C'est pas gagné.

Première poésie des jumeaux :

"Déjà septembre,
Finies les vacances,
L'école recommence."

-Basile, mon chéri, répète après maman.

-Dézà septembre,
Les vacances recommencent...

- non non mon chou, tu te trompes!

Quelques minutes plus tard, Grégoire se lance :
-Déjà septembre,
Les vacances recommencent...

-toi aussi! Arg!! Je sens que ça va être très long et compliqué, cette année...

samedi 5 septembre 2009

Compagnons d'arme.

Après la journée de travail, quatre personnes restaient souvent sur le chantier : Roark, Mallory, Dominique et Mike Donnigan. Mike s'était trouvé jusqu'à présent sur tous les chantiers de Roark.
Ils s'installaient tous les quatre dans le studio de Mallory, après que tout le monde était parti. Une toile humide recouvrait la statue inachevée.La porte du hangar restait ouverte sur la première tiédeur d'une nuit de printemps.Sur une branche qui se détachait sur l'ouverture, on distinguait trois feuilles pareilles à des gouttes d'eau. Il n'y avait pas de chaises dans le hangar. Mallory, debout devant le poêle, faisait rôtir des saucisses et préparait du café. Mike, assis sur la sellette, fumait sa pipe. Roak était couché sur le sol, appuyé sur un coude. Dominique était assise sur un tabouret de cuisine, enveloppée d'une blouse, ses pieds nus sur le plancher nu.
Ils ne parlaient pas travail.Mallory racontait des histoires scandaleuses et Dominique riait comme un enfant.Ils parlaient de tout et de rien, et les mots se chargeaient de sens par le son de leur voix, par leur chaude gaité, par leur confiant bien-être.C'était tout simplement quatre personnes qui avaient du plaisir à être ensemble. Les murs qui s'élevaient dans l'obscurité, à quelques pas d'eux donnaient un sens à leur repos, leur donnaient le droit d'être gais; ce travail auquel tous contribuaient formait comme un accompagnement sensible au son de leurs voix. Roark riait comme jamais Dominique ne l'avait vu rire et il paraissait si jeune.
Ils restaient là très tard, dans le nuit qui s'avançait. Mallory leur versait du café dans un assortiment hétéroclite de tasses ébréchées. L'odeur du café se mêlait à celle de la nuit et de la verdure neuve.
(La Source vive, Ayn Rand)

vendredi 4 septembre 2009

De la recherche de la Beauté : de la nécessité absolue des artistes, des écrivains et des poètes.

"De Roux écrit dans son Ouverture de la chasse que la «liberté, aujourd'hui est dévastation». J'ajouterai qu'elle ne peut être que cela, ruine. Ruine et errance, quête errante d'absolu, comme le combat mené par l'écrivain, selon Soulié, pour «la Dame Beauté», qui prendra «toutes les formes extrêmes, politiques, religieuses, physiques». «La laideur, ajoute l'auteur, ce n'est rien d'autre que la tiédeur» (p. 74), car la beauté, comme chacun le sait parfaitement ou devrait s'appliquer bien le savoir, étant toujours extrême comme la métaphysique, est de droite selon De Roux. Notez que je parle de la droite idéale, c'est-à-dire métaphysique, non pas de celle qui afflige notre patience, droite bien-pensante, veule, aguicheuse et stupide."

(extrait d'un article du Stalker sur Dominique de Roux :
http://stalker.hautetfort.com/archive/2004/05/18/dominique-de-roux-immediatemen.html )

mercredi 2 septembre 2009

Les enfants : nos rats de laboratoire

Demain, rentrée des classes et j'en entends des vertes et des pas mûres à la radio ce matin : coupler l'enseignement général avec de l'éducation au développement durable : ça va être le challenge, le défi de l'EN des prochaines années. La prof. qui parlait à la radio ce matin regrettait "qu'il n'y ait pas assez de stages organisés pour les professeurs (sur les heures de cours bien sûr, ils appellent ça de la formation continue) sur le développement durable"!! Comme si le fait d'être écolo nécessitait une formation particulière!! J'ai toujours été écolo, personnellement, c'est à dire économe de geste, propre sur moi et autour de moi, c'est une question d'éducation familiale, pas une histoire de propagande marxiste!! Incroyable qu'on en soit encore là de nos jours.

Des gamins embrigadés dès la maternelle (avec des dessins du style : "sauvons la planète", j'y ai eu droit, je sais de quoi je parle!!), qui reviennent à la maison avec des documents édités à grands frais par je ne sais quel ministère sur l'art et la manière de faire ses poubelles, avec des menus alimentaires à suivre à la lettre sinon "t'es une mauvaise maman" parce que tu donnes du coca et des ships et même (le comble!!) du PAIN à tes moufflets. Et pire que tout, ce ton mécanique, définitif, glaçant des enfants qui répètent à l'envie :" la planète c'est fragile et il faut la sauver parce qu'on fait tout pour la détruire et c'est pas bien et le plastique c'est vraiment dégoûtant."; Je pense à SK* qui terminait un de ses textes en disant : "elle avait les yeux rouges". Oui, nos gosses, on ne les reconnait plus, ils sont des espèces de zombies incapables de penser par eux-mêmes, dressés, dirait le professeur x.*

J'adore les objets en plastique, cette invention merveilleuse et géniale dans sa simplicité, le plastique quasi éternel , indestructible,quand on y pense c'est vertigineux! Le plastique, c'est la terre, c'est fait avec du pétrole, et le pétrole, c'est quoi, si ce n'est la terre fossilisée!!

Ramon Mercader* a conclu ma charge contre l'EN sur Ilys en disant : "peu importe, du moment que les enfants ne sont pas dupes". Il n'a pas tort, c'est vrai que la plupart des gamins, avec des familles comme les nôtres qui "réagissons" point par point, ces enfants prennent l'habitus de ne pas être dupes. Mais jusqu'à quel point? Pas assez. Je repense, encore une fois à ce soir d'hiver où j'ai failli planter ma pioche dans la tronche de ce que je prenais pour un cambrioleur. Mon inquiétude venait de ce que je savais que j'aurais été incapable de faire mon geste jusqu'au bout. Je savais, théoriquement, que ce geste était bon, nécessaire. Mais j'étais freinée par des années de propagande stupide, lénifiante, insidieuse : "la légitime défense est un concept immoral, indéfendable, nocif..." Je n'y serais sans doute pas arrivée, même moi qui ait pourtant reçu une éducation pas trop dévoyée!!

J'ai toujours pensé, je pense toujours, je VEUX croire que la famille reste en dernier ressort ce que retient l'enfant face à la pression de l'Opinion. Mais je me demande aujourd'hui si j'ai raison...



*SK, de chez Ilys, dans un de ses textes.
*professeur x, un commentateur chez Ilys qui expliquait qu'il était professeur dans un IUFM et qu'il "dressait" les profs.
*Ramon Mercader, commentateur de chez Ilys., à propos de l'Education Nationale et de sa Novlangue.

mardi 1 septembre 2009

Les lecteurs : "Ils cherchent, en un mot, toute la magie de la poésie."

"Ici ma façon de voir les choses me contraint à sûrement commencer par vous surprendre en affirmant que la lecture, cette habitude immodérée, cette immense maladie de la lecture, si vous voulez, ce phénomène de notre temps qu'on abandonne trop à la statistique et à la théorie des échanges commerciaux et dont on considère trop peu les côtés plus subtils, n'exprime rien d'autre qu'une aspiration insatiable à jouir de la poésie. Cela doit vous surprendre et vous me dites qu'à aucune époque précédente, la poésie n'a joué un rôle aussi modeste que celui qu'elle joue dans la lecture de notre époque, où elle disparaît sous la masse énorme de ce qu'on lit. Vous me dites que mon affirmation convient peut-être aux auditeurs des conteurs arabes ou en tout cas aux contemporains de La Princesse de Clèves ou à la génération de Werther, mais sûrement très peu à notre temps, celui des manuels scientifiques, des encyclopédies et des innombrables revues où il n'y a pas place pour la poésie. Vous me rappelez que ce sont les femmes et les enfants qui lisent aujourd'hui des drames et des poèmes. Mais je vous ai demandé la permission de parler des choses qui n'effleurent pas tout à fait et j'aimerais que nous pensions un instant combien la manière de lire de notre temps est différente de celle des époques antérieures. Plus la manière de lire de notre temps est agitée, sans but vraisemblable, plus elle me paraît remarquable. Nous sommes infiniment loin de l'amoureux paisible des belles lettres, de l'amateur d'une science populaire, du lecteur de Mémoires, d'une époque antérieure plus paisible. Justement par ce qu'elle a de fiévreux, par son absence de choix, son incessant abandon des livres à peine pris en main, par l'activité qu'elle consacre à fouiller, à chercher, la lecture à notre époque me paraît un acte de la vie, une attitude digne d'attention, un geste.
Je vois presque comme le geste de notre temps l'homme tenant un livre entre ses mains, comme l'homme agenouillé, les mains jointes, fut le geste d'un autre temps. Naturellement, je ne pense pas à ceux qui veulent apprendre une chose déterminée dans des livres déterminés. Je parle de ceux qui, selon le différent degré de leurs connaissances, lisent des livres tout à fait différents, sans plan déterminé, changeant incessamment, goûtant rarement un long repos dans un livre, poussés par un désir incessant, jamais bien assouvi. Mais le désir de ceux-là, semblerait-il, ne se porte nullement vers le poète. C'est l'homme de science qui est capable d'assouvir ce désir ou, pour quatre-vingt-dix pour cent d'entre eux, le journaliste. Ils aiment encore mieux lire des journaux que des livres et, bien qu'ils ne sachent pas précisément ce qu'ils cherchent, ce n'est sûrement en aucun cas la poésie mais des renseignements superficiels, tranquillisants, pour le moment présent, l'assemblage de faits réels, des "vérités" compréhensibles et en apparence nouvelles, la matière brute de l'existence. Je dis cela comme nous le disons couramment et comme nous le croyons à la légère. Mais je crois, non, je sais que cela c'est seulement l'apparence; Car ils cherchent plus, ils cherchent quelque chose d'autre, ces centaines de milliers, dans les milliers de livres qui se transmettent de main en main jusqu'à ce qu'ils tombent en morceaux, salis, usés par la lecture. Ils cherchent quelque chose d'autre que les choses prises isolément, que les théories courtes de souffle, flottant dans l'air, que leur offrent les livres l'un après l'autre. Ils cherchent mais ils ne leur est pas donné de dialectique assez subtile pour s'interroger et dire ce qu'ils cherchent, pas de vue d'ensemble, de puissance de synthèse. La seule chose par laquelle ils peuvent exprimer ce qui se passe en eux est le geste d'une muette éloquence avec lequel ils abandonnent le livre ouvert et en ouvrent un nouveau. Et il est impossible que cela s'arrête car ne cherchent-ils pas de livre en livre ce que le contenu d'aucun de leurs mille livres ne peut leur donner? Ils cherchent une chose qui flotte entre les contenus de chacun des livres isolés, une chose qui serait capable de nouer ensemble ces contenus en une unité. Ils engloutissent les livres les plus positifs, la littérature la plus dépourvue d'âme entre toutes et cherchent une chose douée de la plus haute spiritualité. Ils cherchent sans cesse ce qui relierait leur vie aux artères de la grande vie dans une transfusion magique de sang vivant. Ils cherchent dans les livres ce qu'ils cherchaient jadis devant les autels fumants - dans la pénombre des églises tirées vers les cieux par une fervente aspiration. Ils cherchent ce qui peut les attacher au monde plus fortement que tout et qui, en même temps, leur ôte subitement la pression du monde. Ils cherchent un Moi, sur la poitrine duquel leur Moi s'appuie pour se tranquilliser. Ils cherchent, en un mot, toute la magie de la poésie."

Hugo von Hofmannsthal, "Le poète et l'époque présente"